jeudi 22 juin 2017

Le Langage des Signes pour Bébés



Les signes aident à un développement intellectuel et émotionnel plus précoce


Le langage des signes est une façon de communiquer avec le bébé avant qu’il puisse parler. Généralement utilisé chez l’enfant de 6 à 24 mois, ce mode de communication regroupe des signes correspondants à des mots courants comme dodo, lait, manger, etc. Afin que le bébé puisse exprimer ses besoins, les gestes enseignés sont adaptés à son développement et à sa motricité. Cette communication gestuelle permet aux tout-petits de s’exprimer et se faire comprendre avant l’arrivée du langage.

Plus de 30 années de recherches ont montré que la langue des signes peut aider à combler le fossé entre la compréhension et la production de la parole. En effet, le développement psychomoteur permet de mobiliser les mains et de réaliser des gestes pour communiquer. Même si les bébés ne parlent pas encore, ils comprennent tout et sont déjà capables d’apprendre une langue. Utilisée précocement, la langue des signes équilibre les émotions et favorise l’estime de soi du bébé grâce à sa capacité à se faire comprendre sans frustration.


Origine de la langue des signes pour bébés


Dans les années 80, Joseph Garcia, un universitaire américain, s'est penché sur les effets que la langue des signes engendre sur les tout-petits. Il y a découvert que les enfants issus des familles de malentendants arrivent plus tôt à communiquer notamment par un langage des signes simplifié.

Effectivement, à partir de 5 à 6 mois les enfants partent à la découverte de l’univers qui les entourent. Ils bougent, tapent dans leurs mains, observent, écoutent, c’est le moment opportun pour essayer d’entrer en contact avec eux.

A la suite de son observation, Joseph Garcia publie “Sign with your baby”, et créé la langue des signes pour bébé (LBS). Ce n’est qu’en 2005 que la LSB arrive en France.


Application


La langue des signes pour les bébés emprunte à la Langue des Signes Française  la langue des sourds  des éléments de vocabulaire choisis pour correspondre à la vie quotidienne des tout-petits. Elle consiste à traduire uniquement des mots et non pas des phrases. Ce vocabulaire, utilisé correctement, permettra à un enfant de mieux comprendre le monde dans lequel il grandit, puis de s'exprimer, en attendant de maîtriser suffisamment la mécanique complexe de la parole pour pouvoir parler.

L’acquisition du langage parlé n’est pas qu’une question de bonne volonté du nourrisson, il s’agit du résultat d’une maturation physique, d’un travail moteur et d’un mimétisme acoustique. L’utilisation des mains, que se soit pour attraper, caresser quelque chose ou pointer du doigt, se fait beaucoup plus tôt et c’est en exploitant cette compétence que l’on peut permettre à un jeune bébé ou à un tout-petit entendant de s’exprimer sur des thématiques qu’il ne pourrait aborder verbalement.

Durant cette période, le bébé comprend plusieurs mots, mais n’est pas en mesure de les dire, ce qui peut être frustrant. Il est toutefois déjà capable de communiquer à l’aide de gestes. Par exemple, il montre du doigt, ou tend les bras. L’apprentissage de nouveaux signes peut donc l’aider à communiquer plus clairement ses besoins. Toutefois, même si les signes peuvent être utiles pour aider la communication au début, leur apprentissage n’est pas essentiel.

Utiliser des signes avec le bébé peut aussi aider les parents à adopter de bonnes attitudes de communication. Lorsqu’on fait le signe, cela incite en effet à attendre que l’enfant nous regarde pour lui parler, à se mettre à sa hauteur ou encore à parler moins vite.

Les signes facilitent les échanges, la compréhension entre l’enfant et ses parents et permettent parfois d’éviter les pleurs, les colères et la frustration chez le tout-petit.

Aucun impact sur l’acquisition du langage. Contrairement à ce que pourrait penser certains parents, la langue des signes n’empêche pas les enfants de développer le langage. Le signe est un outil qui accompagne la parole, en aucun cas il ne la remplace. Les bébés qui signent ont plus d’aisance à l’oral et ont même tendance à parler plus tôt que les autres.

L’enfant qui signe a davantage confiance en lui. Il n’aura plus à se focaliser sur la communication de base et développera, par ailleurs, sa curiosité. Quand il parviendra à prononcer les mots, l’enfant abandonnera progressivement les signes car il n’en aura plus besoin.


Quand commencer ?


Il est conseillé de commencer l’apprentissage du langage des signes à partir de l’âge de 6 mois. C’est vers cette période que le bébé commence à être plus attentif aux demandes. C’est également à cet âge qu’il amorce tranquillement son réflexe d’imitation en reproduisant quelques-uns de vos gestes. Puisque le bébé développe davantage ses aptitudes psychologiques et sa motricité vers l’âge de 8 mois, il faut s’attendre à ce qu’il émette ses premiers signes entre 8 et 14 mois.

Si on le souhaite, on peut commencer à signer dès la naissance de l'enfant. Cela va lui permettre d'enregistrer les signes et aux parents de bien les maîtriser pour se sentir ensuite plus à l'aise. Mais, la plupart des parents commencent à signer quand l'enfant a autour de 10 mois.

Le bon indicateur c'est quand l'enfant se met à pointer du doigt. Cela signifie qu'il a suffisamment développé la motricité de ses mains pour le faire et qu'il est capable d'associer intellectuellement un geste à une action. Enfin, si les deux parents signent, c'est mieux. L'enfant apprendra plus vite.


Comment apprendre les signes de base ?


Pour débuter, on choisit dans le langage des signes pour bébé les mots les plus courants que l’on estime importants dans les interactions familiales quotidiennes, afin que le bébé nous communique ses besoins essentiels : téter, dodo, maman, papa, boire, manger, mal, etc.

On parle à son bébé en associant un signe avec un mot. Refaire systématiquement le signe lorsque le mot est employé.

En général les enfants commencent à signer vers l’âge de 10 à 12 mois. Donc bien avant l’acquisition d’un langage parlé élaboré.

Pour que l’expérience soit un succès, une règle demeure essentielle : prononcer le mot à enseigner en faisant le geste en même temps.


Quelques conseils


* Il est important de toujours dire le mot en même temps que l’on exécute le geste afin que le bébé fasse la bonne association et d’encourager l’expression verbale.

* Répéter le mot et le signe à quelques reprises lors de l’apprentissage.

* Intégrer graduellement d’autres mots.

* Se limiter à 4 ou 5 mots au début, les plus courant et augmenter petit à petit… Certains enfants signent plus de 50 mots.

* Lors de l’apprentissage, éviter les longues phrases. Dire le mot et faire le signe.

* Aider le bébé à faire le signe, s’il est coopératif.

* Ne pas manipuler soi-même les mains de son bébé car il a besoin d'apprendre par lui-même.

* Cesser de signer un mot dès que l'enfant sait le prononcer. Et à mesure que l'enfant apprend à parler, le langage des signes disparaît naturellement.


Les bienfaits de la langue des signes pour le bébé


* Permet au bébé d’exprimer ses besoins et réduit les frustrations.

* Permet d’établir un lien d’attachement plus fort et unique avec le bébé.

* Aide au développement de la confiance en soi.

* Aide à un développement intellectuel et émotionnel plus précoce.

* Permet de mieux comprendre les premiers mots parlés.

* Stimule l’apprentissage du langage oral car le bébé comprend mieux les principes de la communication et il y prend une part active.


Le signe crée un lien plus fort


Pratiquer la langue des signes avec son bébé a plus d’un avantage, pour lui comme pour la mère. En utilisant la langue des signes, le petit peut facilement dire qu’il a faim, qu’il a sommeil, qu’il faut lui changer la couche ou qu’il a eu peur de quelque chose que l’on n’avait pas remarquée. La communication est facilitée, on comprend mieux le bébé.

Cela permet de renforcer les liens. En s’exprimant avec les signes, le tout-petit se fait comprendre plus rapidement et n’a alors plus besoin de recourir aux pleurs. Il se sent plus écouté, plus en confiance aussi. Il est moins frustré de faire passer un message et d’être incompris, d’où également une diminution des colères.

Pratiquer la langue des signes avec son enfant, c’est vraiment le considérer comme une personne à part entière, avec des désirs, des émotions et des envies, et c’est lui donner la possibilité de les exprimer. Le langage des signes permet d'améliorer les interactions entre les parents et leur bébé à un âge où celui-ci a du mal à exprimer ce qu'il ressent et ce qu'il pense. A condition que cela reste ludique et transitoire. Cela ne doit pas devenir un langage codé.

On crée ainsi un lien plus fort avec lui en se mettant à son niveau, dans son champ de vision afin de mieux capter son attention. Par ce biais, on s'aperçoit d'ailleurs que les bébés ont une compréhension beaucoup plus précoce qu'on ne l'imagine.


En savoir plus :


* Pour apprendre la langue des signes, le diaporama : "Langue des signes pour bébés : mode d’emploi".

* 10 gestes essentiels pour communiquer avec Bébé par Sandy Lemée :

* Afin de vous faciliter la tâche et d’avoir toujours une référence visuelle sous les yeux, il est possible de se procurer une affiche de signes.

* Camille Beunier, formatrice en Langue des Signes Bébé (www.par-le-signe.fr)


samedi 10 juin 2017

Recherche sur le Dommage Cérébral Causé par par la Consommation des Drogues





Les drogues sont des produits chimiques qui affectent le cerveau en pénétrant dans son système de communication et en interférant avec la façon dont les neurones envoient, reçoivent et traitent normalement des informations.


Certaines drogues, tels que la marijuana et l'héroïne, peuvent activer les neurones car leur structure chimique imite celle d'un neurotransmetteur naturel. Cette similitude dans la structure trompe les récepteurs et permet aux drogues d'adhérer et d'activer les neurones. Bien que ces drogues imitent les produits chimiques du cerveau, elles n'activent pas les neurones de la même manière qu'un neurotransmetteur naturel, et conduisent à des messages anormaux transmis sur le réseau.

D'autres drogues, tels que l'amphétamine ou la cocaïne, peuvent provoquer que des neurones libèrent des quantités anormalement élevées de neurotransmetteurs naturels ou empêcher le recyclage normal de ces substances chimiques du cerveau. Cette modification produit un message fortement amplifié qui perturbe finalement les canaux de communication.


La cocaïne séquestre le cerveau en affaiblissant nos souvenirs


Des chercheurs de la State University à Washington, dans une étude publiée dans le Journal of Neuroscience en mars 2015, ont découvert que les drogues “piratent” le cerveau par un mécanisme qui modifie le rôle de la mémoire, en particulier les circuits du cerveau responsables de la perte émotionnelle.

Cette découverte ouvre un nouveau domaine de recherche de la thérapie ciblée, soit en modifiant ou en désactivant ce mécanisme. Les experts expliquent qu'il reste à déterminer si les changements structurels observés affectent d'autres parties du cerveau et si elles sont irréversibles.

L'utilisation continue de la cocaïne peut provoquer des états d'irritabilité, d'agitation et paranoïa, même jusqu'à ce que la personne perde le sens de la réalité et souffre d'hallucinations auditives.

Ces souvenirs associés à la consommation de drogues sont ceux de la dépendance aux mêmes, puisque le cerveau renforce les souvenirs, leur donnant un grand poids émotionnel et se connectant avec le signal de récompense. Les experts ont constaté que la consommation de drogue crée des souvenirs si forts qu’ils détournent complètement notre mémoire.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mené une expérience avec des souris auxquelles ils ont fourni de la cocaïne dans une “cage de drogues”, afin d'associer l'expérience de la drogue avec ce même endroit. Chaque fois qu’ils leur ont fourni de la drogue, les rats renforçaient le souvenir associé à cet environnement spécifique. Pour tester leur hypothèse, ils ont extrait les structures appelées des réseaux péri-neuronaux  une région clé du cerveau pour des tâches comme l'attention la cognition, le comportement inhibitoire, l’apprentissage et la mémoire  et ils ont découvert que lorsqu’ils manipulaient et supprimaient ces réseaux du cortex préfrontal, ils ont constaté que les animaux avaient des souvenirs plus pauvres.

Cette expérience n'a pas éliminé le souvenir des drogues mais a réduit sa puissance émotionnelle, ce qui pourrait aider à neutraliser l'influence des drogues sur les souvenirs.


Fumer endommage les capacités du cerveau


Des chercheurs du King's College de Londres dans une étude publié dans la revue Age and Ageing en 2012, ont révélé que le fait de fumer nuirait à la mémoire, à la capacité d'apprentissage et au raisonnement intellectuel.

Pour l’étude, 8.800 personnes de plus de 50 ans ont été soumises à des tests sur une période de 8 ans tels qu’apprendre des nouveaux mots ou nommer le plus d’animaux possibles. Les participants étaient aussi divisés en deux catégories: les non-fumeurs et les fumeurs.

Il existerait une forte relation entre le fait de fumer et des mauvais résultats aux tests même si une pression artérielle élevée et un surpoids peuvent aussi affecter le cerveau, mais dans une moindre mesure.

Les scientifiques ont constaté qu'un risque de maladie cardio-vasculaire élevé était directement associé à un déclin accéléré du fonctionnement cognitif. Or, ce résultat était particulièrement vrai chez les personnes qui n'avaient pas une bonne hygiène de vie. De même, les fumeurs ont présenté de moins bons résultats aux tests de mémoire.

En établissant un lien direct entre une mauvaise hygiène de vie et de mauvaises performances cérébrales, l’étude semble confirmer que fumer augmente le risque de maladies cardio-vasculaires. Ces dernières favorisent à leur tour le déclin cognitif d’où le résultat suivant : fumer endommage indirectement le cerveau.


Le cerveau des adolescents est modifié par la cigarette


Une équipe de chercheurs de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), dans une étude publiée dans la revue Neuropsychopharmacology en mars 2014, ont découvert qu’une partie du cerveau s’atrophie chez les jeunes fumeurs, ce qui affecte leur capacité de décision.

Après avoir étudié la structure neuronale du cortex insulaire des 42 participants âgés de 16 à 22 ans, les chercheurs ont constaté que l’épaisseur corticale de l’insula de fumeurs était beaucoup plus mince que pour les non-fumeurs.

Les résultats de l’étude concluent que les jeunes fumeurs peuvent éprouver certains changements dans la structure du cerveau et que cette modification se produit non seulement auprès des jeunes qui ont fumé pendant une longue période de temps, mais aussi avec ceux qui l’ont fait récemment.

L’insula  une partie du cortex cérébral située profondément dans la surface latérale du cerveau  est impliquée dans les sentiments et dans la prise des décisions qui leur sont liées (douleur, haine, peur, joie, tristesse...).

L’étude ne dit pas si cette atrophie est due à la cigarette ou si les fumeurs ont naturellement un comportement plus addictif parce que leur cortex insulaire est plus petit. Mais les chercheurs sont unanimes sur un point : c’est au fond de notre cortex insulaire que nous prenons les décisions, c’est aussi dans cette partie du cerveau que réside notre conscience de notre propre état.

L’étude suggère que les modifications neurobiologiques produites par le tabagisme au cours de cette période critique du développement, pourrait expliquer pourquoi les adultes qui ont commencé à fumer à un âge précoce ont été finalement dépendants au tabac tout au long de leur vie.

La nicotine amoindrit leur capacité de décision, et leur cerveau a moins conscience de l’état de dépendance dans lequel ils se retrouvent.


Le cerveau souffre de l'excès d'alcool au cours de l'adolescence


Selon une étude de l'École de médecine de l'Université Duke, publiée dans la revue Alcoholism: Clinical & Experimental Research en mai 2015, la consommation excessive d'alcool pendant l'adolescence peut avoir des conséquences très négatives pour le développement du cerveau.

L'adolescence est non seulement une période cruciale en termes de maturation cognitive, émotionnelle et sociale, mais coïncide avec le réveil de la consommation d'alcool pour beaucoup d'entre eux, et souvent, cette consommation commence généralement très fort sans tenir compte des conséquences à long terme.

Les chercheurs ont mené une expérience dans laquelle ils ont exposé de jeunes rats à certains niveaux d'alcool pendant 16 jours, avec un temps semblable à l'adolescence humaine. Après cela, ils n’ont reçu plus d'alcool, permettant aux rats arriver à l'âge adulte durant 24 à 29 jours. Pendant la recherche, les chercheurs ont mesuré un mécanisme cellulaire appelé potentialisation à long terme (LTP) dans l'hippocampe, l'une des bases moléculaires de la mémoire.

Ainsi, une activité synaptique haute est le meilleur signe que l'apprentissage est  efficace, d'où la LTP est plus élevée chez les jeunes car ils ont tendance à acquérir de grandes quantités de données dans la mémoire; beaucoup plus que lorsque ils s’approchent de l'âge adulte.

Les résultats de l'étude ont révélé un changement structurel dans les cellules nerveuses dans l'hippocampe avec une LTP hyperactif; ainsi les épines dendritiques, où la plupart des synapses des neurones se produisent, apparaissent comme si elles étaient immatures, dégingandées et longues (les matures sont courtes et avec un aspect semblable à un champignon). Un animal qui produit trop de LTP cessera finalement d'apprendre, car pour apprendre à être efficace, le cerveau a besoin d'un équilibre délicat entre excitation et d'inhibition et  si c’est en trop, les circuits du cerveau ne fonctionnent pas de façon optimale.


L'alcool modifie la structure neuronale du cerveau


Une équipe de chercheurs de l'Université du Pays Basque (Espagne) et de l'Université de Nottingham (Royaume-Uni), dans une étude publiée dans la revue Plos One en janvier 2015, a révélé que des dommages structurels au niveau moléculaire peut provoquer cet excès d’alcool dans le cerveau.

Les chercheurs ont analysé les cerveaux de 20 personnes décédées qui ont été diagnostiquées avec abus d'alcool ou de dépendance à l'alcool, ainsi que d'autres 20 cerveaux de personnes décédées, qui ne sont pas alcooliques. Après avoir étudié le cortex préfrontal de tous, les experts ont identifié diverses modifications dans le cytosquelette des neurones des patients alcooliques ; en particulier, dans les protéines alpha et bêta nommées tubuline et spectrine.

Ils ont découvert que la zone du cerveau qui contrôle les fonctions exécutives telles que la conception de stratégies, la mémoire de travail, la planification ou le contrôle du comportement n'a été altéré que chez les patients alcooliques. Ainsi, en utilisant des techniques protéomiques (étude de l'ensemble des protéines d'une cellule) pour localiser et marquer les protéines modifiées dans ces neurones, ils ont constaté que les éléments modifiés appartenaient aux familles des protéines tubuline et spectrine, qui facilitent l'interaction et l' activité entre les composantes du réseau de neuronal du cerveau.

Selon les experts, cette altération de la structure neuronale du cerveau causée par l'éthanol, pourrait expliquer les problèmes comportementaux, cognitifs et d'apprentissage, qui présentent souvent les personnes alcooliques.


L’abus de marijuana peut endommager le centre du plaisir du cerveau


Une étude menée par l'Institut national sur l'abus des drogues à Bethesda (Etats-Unis), publiée dans la revue Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS) en juillet 2014, vient de déterminer que fumer de grandes quantités de marijuana pendant un temps prolongé endommage le centre du plaisir du cerveau, responsable des sentiments de plaisir et de récompense.

Les scientifiques savent que l'abus de drogues peut causer des ravages sur le système de la dopamine, un ingrédient principal dans le système de récompense du cerveau. Les gens qui abusent de l'alcool et de la cocaïne, par exemple, produisent beaucoup moins de dopamine dans leur cerveau que ceux qui ne le font pas. Maintenant, cette étude, voulait à voir si le même effet se produit chez ceux qui fument de grandes quantités de marijuana.

Pour ce faire, ils ont travaillé avec du méthylphénidate, un stimulant qui augmente la quantité de dopamine dans le cerveau, qui a été distribué parmi 24 gros fumeurs de marijuana (avec une moyenne de 5 joints par jour, 5 jours par semaine pendant 10 ans) et 24 personnes dans le groupe de contrôle.

L'imagerie cérébrale a révélé que les deux groupes ont produit la dopamine supplémentaire après la prise du médicament. Mais alors que le groupe témoin a montré une augmentation de la fréquence cardiaque et des lectures de la pression artérielle, et ils ont déclaré se sentir agités, les utilisateurs de marijuana n'ont pas été affectés. Leurs réponses étaient si faibles que les enquêteurs sont venus à se demander si le méthylphénidate serait périmé (il ne l’était pas).

Cette absence de réponse physique suggère que les personnes qui abusent de la marijuana pourraient avoir endommagé le circuit de récompense du cerveau. Leur cerveau, en dépit de la production de la même quantité de dopamine que ceux qui ne prennent pas de médicaments, ne sait pas quoi à faire avec elle, se produisant une sorte de “déconnexion”.


Consommer régulièrement du cannabis modifie la structure du cerveau


Selon une étude réalisée par des chercheurs des universités du Texas et du Nouveau-Mexique, publiée dans les Actes de l'Académie des Sciences Américaine (PNAS) en novembre 2014, fumer régulièrement du cannabis a un impact sur le volume de la matière grise du cerveau et sur la connectivité entre les neurones.

En effet, la substance psychotrope du cannabis, le THC réduirait le volume de matière grise du cerveau, mais augmenterait la connexion entre les neurones.

Les chercheurs ont comparé par IRM (imagerie par résonance magnétique), la structure du cerveau et les connexions neurologiques de 48 participants consommateurs de cannabis et de 62 non-fumeurs. Les scientifiques ont aussi évalué le type de consommation, le QI et les troubles socio-psychologiques des participants grâce à des questionnaires.

Les résultats de l'étude révèlent que le volume du cortex orbitofrontal  la région-clef du cerveau pour des prises de décision, le système de récompense et les comportements addictifs  des fumeurs était moins volumineux que celui des autres. Et que ces modifications étaient corrélées à l'âge du premier joint et à la durée de la consommation de cannabis.

Les chercheurs ont aussi observé que la connexion entre les neurones des fumeurs était plus importante que les autres.

La consommation de cannabis conduit à des altérations neuronales qui sont modulés selon l'âge de début et la durée d'utilisation. Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent que la consommation chronique génère des processus neuro-adaptatifs complexes. En effet, cette sur-connectivité entre les neurones serait un moyen pour le cerveau de compenser la mauvaise performance de la matière grise moins volumineuse selon les chercheurs.


L’exposition à la nicotine pendant la grossesse est liée aux changements génétiques qui peuvent augmenter le risque de TDAH


Selon une étude sur les animaux réalisée par des chercheurs de l'Université de Yale, publiée dans le journal en ligne Nature Neuroscience en juin 2016, l'exposition chez l'utérus à la nicotine peut déclencher des changements génétiques répandus qui affectent la formation de connexions entre les cellules du cerveau tout au long de la vie d'un animal  un changement qui pourrait être lié à l'attention et aux problèmes de comportement plus tard chez les enfants de mères fumeuses.

Pour l'étude, les chercheurs ont exposé des souris enceintes à la fumée de tabac pour voir quel effet durable l'exposition à la nicotine prénatale a eu sur les fœtus en développement. Une fois que les souris sont nées, l'équipe a noté que celles exposées à la nicotine dès le début ont développé des problèmes de comportement qui imitaient les symptômes d’un déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’homme.

Ils ont fait des projections génomiques étendues des souris exposées à la nicotine et ont trouvé des niveaux d'activité plus élevés dans une zone clé du cerveau qui régule la méthylation d'histone. La méthylation d'histone contrôle l'expression des gènes en modifiant la façon dont l'ADN enveloppe les chromosomes, principalement dans les gènes responsables de la création de synapses cérébrales.

*
*     *

Les effets de la cocaïne sur le cerveau

Notre système nerveux central, dont l’organe principal est le cerveau, est formé de neurones qui communiquent entre eux grâce à des impulsions électriques ou chimiques afin de transmettre des messages et des informations sur notre environnement et sur ce qu’il se passe dans notre corps.

Il existe entre les neurones un espace synaptique dans lequel passent des substances chimiques nommées neurotransmetteurs. Ces neurotransmetteurs agissent comme des messagers qui transmettent les informations entre les neurones. Il existe différents types de neurotransmetteurs selon le type de message à transmettre.

La dopamine est le neurotransmetteur qui est le plus affecté par la consommation de cocaïne (tout comme pour la consommation d’autres drogues comme l’alcool et l’héroïne). La dopamine est présente dans la régulation du comportement émotionnel (par exemple pour le bonheur ou le stress), dans la régulation des mouvements et dans les fonctions mentales supérieures comme la mémoire, le comportement ou la motivation. Cette substance joue également un rôle très important dans ce que l’on nomme le système de récompense du cerveau, c’est à dire dans les sensations de plaisir que nous procure notre cerveau face à des situations précises ou à des substances déterminées comme la nourriture, le sexe, ou dans ce cas-là la cocaïne.

L’effet qu’a la cocaïne dans notre cerveau est d’empêcher que la dopamine soit capturée par les neurones, ce qui provoque une accumulation d’une grande quantité de dopamine dans l’espace synaptique, entraînant une augmentation des fonctions qui sont liées à ce neurotransmetteur.

La cocaïne modifie les systèmes de notre cerveau chargés du plaisir, de la motivation et des récompenses. Sa consommation sur le long terme rend les personnes moins sensibles à l’expérimentation de la sensation de plaisir naturelle due par exemple au sexe, à la pratique du sport ou au fait de manger. La consommation prolongée rend également moins sensible aux sensations agréables et aux émotions.


Les effets du cannabis sur la chimie du cerveau

Le tétrahydrocannabinol (THC) qui est la molécule à caractère psychotrope se substitue à des substances régulatrices  les endocannabinoïdes  produites naturellement par l’organisme. Elle interfère avec un type particulier de récepteurs situés dans plusieurs parties du cerveau.

Il existe de nombreux récepteurs à endocannabinoïdes dans le néocortex. Cette partie du cerveau  la couche externe des hémisphères cérébraux  est impliquée dans les fonctions cognitives dites supérieures comme les perceptions sensorielles, les commandes motrices volontaires, le raisonnement spatial, la conscience ou le langage.

Sous la prise de drogue, certaines personnes voient ainsi leur vigilance diminuer, spécialement pour les tâches longues et ennuyeuses, elles éprouvent des difficultés à réaliser des calculs mathématiques complexes et à réagir dans le temps imparti.

Sous l’effet du cannabis, l’activité cérébrale se réorganise


L’activité cérébrale  notamment celle mobilisée par les tâches d’attention visuelles et auditives  d’individus adultes consommant régulièrement et depuis longtemps de la drogue (plus de deux ans, 5 joints par semaine) se réorganise, cependant que l’activité du cervelet  zone impliquée dans la coordination des mouvements  diminue.

En cas d’intoxication aigüe  c’est-à-dire tant que le THC est présent dans l’organisme  la mémorisation est un processus cognitif qui est largement altéré, en particulier l’encodage des informations, leur stockage ainsi que leur recouvrement. Les capacités de concentration  la possibilité de réaliser des choses avec précision  sont diminuées ainsi que les réflexes et le temps de réaction. Les capacités arithmétiques sont, elles aussi, affectées.

Des consommateurs de longue durée ne prenant plus de drogues peuvent toujours présenter des séquelles. Après deux ans d’abstinence et cinq années de consommation, certains adultes présentent encore des difficultés sensorielles telles que la perception sonore. D’autres, ayant commencé à consommer durant l’adolescence, gardent après un mois d’abstinence une intelligence verbale relativement plus faible que la moyenne.

Le cannabis pendant l’adolescence pourrait perturber la maturation du cerveau


La consommation régulière et prolongée de cannabis pendant l’adolescence, voire avant, semblerait constituer une véritable cause de déficit intellectuel pour les individus une fois devenus adultes. L'arrêt ou la réduction de la consommation de la drogue ne restaure pas complètement les capacités intellectuelles.