dimanche 17 mai 2015

Développement Cérébral : Différence entre Petits Garçons et Petites Filles




Les petits garçons et les petites filles se comportent-ils de manière égale ? 
Est-ce que les garçons sont plus remuants et les filles plus tranquilles ? 
Sont-elles verbalement plus dégourdies et plus compétentes ?



Quand le nouveau-né voit le jour, son cerveau compte cent milliards de neurones. Les connexions entre les neurones, ou synapses, commencent à se former : seulement 10% d’entre elles sont présentes à la naissance ; les 90% restantes se construiront plus tard. Dans les processus éminemment complexes du développement du cerveau, les stimulations de l’environnement sont indispensables pour guider la mise en place de réseaux de neurones permettant d’assurer les grandes fonctions sensorielles, motrices et cognitives.

C’est l’environnement dans son ensemble qui participe à la construction du cerveau. Grâce aux nouvelles techniques d’imagerie cérébrale, comme l’IRM, on peut désormais voir le cerveau se modifier en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue.

Les cerveaux des bébés filles et garçons sont différents : par exemple, le cortex cérébral, qui détermine l’intelligence, se développe plus tôt chez le fœtus fille, notamment la partie gauche, responsable de la pensée. Par contre, le poids et le volume du cerveau du garçon sont supérieurs de 10 à 15 % par rapport à celui de la fille.

Les changements qui surviennent dans le développement de l'enfant au cours des premières années de sa vie sont exceptionnels. On constate l'évolution de l'enfant à mesure que celui-ci commence à sourire, à rire, à s'asseoir, à ramper, à gazouiller et à parler. L'enfant commence à socialiser et à jouer en collaboration avec d'autres enfants. Il acquiert les capacités nécessaires pour s'entendre avec les autres, comme attendre son tour, partager et suivre des instructions. Il apprend également les compétences qui l'aideront dans son parcours scolaire telles que dessiner, compter, lire et écrire.

C'est important de laisser l'enfant libre dans ses choix, parce que ses options sont un reflet de ce qu'on trouve dans la société. Un garçon qui joue à la poupée, c'est aussi un garçon qui se familiarise avec un rôle de père.

Si le garçon est du type contemplatif, il est préférable de respecter cette facette de sa personnalité plutôt que de le forcer, par exemple, à se lancer dans la pratique d'un sport.

Par exemple, les filles sont en moyenne meilleures que les garçons en lecture, en écriture et en aisance verbale, alors que les garçons sont meilleurs en moyenne aux tests demandant de manipuler et d’utiliser des représentations dans l’espace. Les résultats sur la mémoire sont partagés, avec des différences de sexe allant dans des directions opposées selon les types de mémoire.

Les différences


Des études à partir de l’imagerie cérébrale (IRM) indiquent que certaines aires se développent plus rapidement dans le cerveau féminin tandis que d’autres grandissent avec une plus grande rapidité dans le cerveau masculin :

* Le lobe cérébral gauche des garçons (la zone responsable du contrôle de la pensée) se développe plus lentement que le droit (le responsable du contrôle des relations spatiales). Grâce à cette maturation asymétrique des lobes cérébraux, les garçons sont plus habiles pour les mathématiques et moins pour le langage et la littérature.

* Les petites filles ont une maturation cérébrale plus homogène. Les deux lobes cérébraux mûrissent en même temps, permettant d’utiliser les deux hémisphères pour la lecture et la conscience émotive.

* Le cerveau féminin, secrète plus de serotonine, un neurotransmetteur qui, parmi ses fonctions, est chargé d'inhiber l'agressivité.

* Le cerveau masculin produit de plus grandes quantités de testostérone, une hormone qui favorise l'agressivité.

Les cerveaux de petits garçons et de petites filles du même âge pourraient être dans différentes étapes de développement. Cependant, avec le temps l'un rejoint l'autre.

L’existence de facteurs biologiques et sociaux semble aujourd’hui établie, mais on ne connaît pas leur poids respectif.

L’impact du biologique


Les dernières études montrent que les hormones ont un impact sur le développement du cerveau, spécialement l’orientation spatiale et le langage.

Ces différences anatomiques sont à l’origine de différences comportementales et non de différences intellectuelles. Chaque sexe évolue à un rythme différent et développe des aptitudes dans des domaines différents.

La influence de la testostérone


Le développement du cerveau chez le fœtus garçon dans l'utérus est stimulé par la testostérone. Une étude de l'Université de Maryland a conclu que les nouveau-nés ont le même niveau de testostérone que celui d'un homme adulte. Cela s'estompe rapidement et il ne recommencera pas à se élever jusqu'à la puberté, mais la présence de la testostérone dans le développement fœtal influence sur le cerveau en 'renforçant' certaines aires, telles quelles le raisonnement spatial. Les filles ont aussi de la testostérone, mais dans une très moindre quantité que celle des garçons.

Apparemment, c'est la responsable de la ‘masculinisation’ du cerveau, la raison pour laquelle les garçons auraient plus d'habileté que les petites filles, sur l’aspect moteur et la visuo-perception (vision en profondeur) que les petites filles. Par exemple, cette habileté pour se mettre sous une table quand il marche à quatre pattes.

Il a été démontré que dans le développement du langage, les hormones féminines sont un facteur facilitateur. C'est-à-dire, l'estrogène a de l'influence sur le développement cérébral, ce qui facilite le développement du langage. C'est pourquoi, les filles ont plus de facilités communicatives que les garçons et elles développent le langage plus rapidement.

L'amygdale est plus développée chez le petit garçon  une aire du cerveau, placée près du lobe temporel, où les fortes émotions sont générées et contrôlées. Les garçons réagissent avec des émotions et des impulsions plus intenses et plus fortes, comme l'agressivité.

Quelques études signalent que la zone du cerveau chargée de contrôler les émotions et le langage –  le noyau caudal  tend à être plus grande chez les petites filles.

Le corps calleux  la structure qui se trouve dans la moitié du cerveau et qui permet la connexion entre les deux hémisphères  est fonctionnel plus tôt chez la petite fille, et elles montrent généralement de meilleures aptitudes en lecture. 

Les filles ont plus d'habileté pour faire certaines tâches en même temps, tandis que pour les garçons cela est plus compliqué. Des études décrivent que cela pourrait être dû à ce que le corps calleux est plus grand chez les petites filles que chez les garçons. Plus les connexions du corps calleux sont mieux établies, plus elles seront habiles pour faire des choses de manière simultanée.

Le développement de l’hémisphère gauche, plus avancé chez la fille, lui confère de meilleures compétences liées au langage. Quant au garçon, son hémisphère droit possède plus de connections nerveuses, ce qui pourrait expliquer qu’ils possèdent une meilleure perception spatiale.

Le cortex des filles s’épaissit nettement dans certaines zones clés intervenant dans le langage et le contrôle des émotions. Cela conduit les filles à parler mieux et plus tôt que les garçons.

Le cortex des garçons devient plus épais que celui des filles dans des zones dédiées à la visualisation tridimensionnelle et aux opérations mentales, telles les rotations virtuelles d’objets complexes.

Les filles s'expriment mieux que les garçons


Des chercheurs de l’Université de Northwestern aux États-Unis et de l’Université d’Haifa en Israël  ont ausculté à la lumière de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle et découvert que chez les garçons, le langage parlé et le langage écrit ne stimulent pas les mêmes régions du cerveau.

Elles commencent à parler plus tôt, acquièrent plus vite du vocabulaire et parlent plus spontanément. Les filles sont donc mieux armées que les garçons pour parler, écrire ou lire.

Les filles montrent plus d’activité que les garçons dans certains centres du langage, tandis que les garçons activent des aires supplémentaires en fonction de la modalité, visuelle ou auditive, dans laquelle l’information leur est présentée. Ainsi, peu importe si les mots sont lus ou entendus, les filles convertissent l’information en une pensée abstraite, défaite de son contexte d’apprentissage. Pour les garçons, selon si l’information est parlée ou lue, ils ne la retiendront pas de la même façon ; elle est filtrée. Les chercheurs ont également constaté que dans les tests de Q.I., les filles ont de meilleures performances.

La conclusion des auteurs est que les garçons activent des zones cérébrales liées aux perceptions sensorielles. Selon que le mot est vu ou entendu, l'enfant utilise son système visuel ou auditif. Les filles, en revanche, font dans les deux cas appel aux mêmes régions du cerveau, celles liées à l'analyse du langage, qu'elles lisent ou qu'elles écoutent. Plus précisément, les résultats aux tests étaient, chez les filles, corrélés à la plus ou moins grande activation de ces zones du langage.

Selon les auteurs, ces différences ne persisteraient pas nécessairement chez l'adulte. Elles traduiraient surtout un décalage de la maturité du cerveau entre filles et garçons du même âge, ces derniers présentant un développement plus lent.

Les garçons retiennent l’essentiel. Pour que les garçons retiennent l’information parfaitement, il faudrait qu’elle soit à la fois lue et écrite. Les garçons réagissent par rapport à des associations. Ils voient un objet ou un mot et cela leur fait penser à quelque chose. Toute information supplémentaire est vécue comme une distraction de l’information principale.


L’impact social


La science moderne tend à démontrer que les différences entre garçons et filles sont essentiellement issues de la société.

Les interactions avec l’environnement détermineraient l’essentiel de la construction du cerveau.

La socialisation liée au genre réfère au processus par lequel les enfants apprennent les attentes sociales, les attitudes et les comportements typiquement associés aux garçons et aux filles.

Les études démontrent que la plupart des différences psychologiques entre les filles et les garçons viennent de l’éducation et des attitudes sociales. Les adultes ont une attitude différente envers les deux sexes. Par exemple, on parle davantage aux filles, ce qui favorise l’acquisition de leurs compétences verbales. Tandis qu’avec les garçons, la force physique est valorisée et l’agressivité physique est plus tolérée. Les filles aussi sont agressives, mais autrement. Dès 4 ans, elles pratiquent davantage une agressivité indirecte (et verbale), comme parler dans le dos ou monter un groupe contre quelqu’un.

Quant aux autres habiletés sociales comme le partage, la coopération et l’empathie, les différences seraient moins grandes. Une étude réalisée à l’Université Laval est arrivée à cette conclusion en observant des tout-petits de 4 ans. Bien que les éducatrices percevaient les filles comme plus sociables que les garçons, les chercheurs n’ont noté aucune différence significative dans les comportements des enfants.



Garçons




1. Ils sont plus impulsifs et inquiets.

2. Ils sont moins ordonnés.

3. Ils tendent à chercher la gratification immédiate. Ils mangent vite, sautent d'une activité à l'autre.

4. Ils se concentrent tout de suite à résoudre un problème, même en situation très émotive.

5. Ils préfèrent participer aux activités qui créent une tension (un sport, une bagarre et des jeux) ce qui leur permet de libérer de l'énergie.

6. Ils se concentrent sur une seule tâche et réagissent avec plus d'agressivité devant les interruptions.

7. Ils participent à des jeux qui requièrent plus d’espace.

8. Ils ont besoin d'être plus longtemps à l'extérieur.

9. Ils ont un meilleur raisonnement arithmétique.

10. Ils excellent dans les habiletés mécaniques et visuo-spatiales.

11. Ils ont de plus grandes difficultés à exprimer leurs sentiments.

12. Ils peuvent avoir des problèmes de discipline et d'agressivité.


Filles




1. Les activités motrices des petites filles sont plus lentes, moins vigoureuses.

2. Elles utilisent plus les cinq sens.

3. Elles ont une plus grande fluidité verbale, leur langage apparaît et se développe avant que celui des garçons.

4. Elles ont des facilités pour le calcul arithmétique.

5. Elles ont une meilleure habileté manuelle : un meilleur contrôle du poignet et de doigts, c'est de la psychomotricité fine (elles apprennent à boutonner et à déboutonner avant les garçons).

6. Elles apprennent à s'habiller seules avant et mieux que les garçons.

7. Elles sont plus habiles dans tous les travaux qui requièrent une dextérité et une rapidité manuelle.

8. Elles excellent dans la perception rapide de détails et dans des tâches qui impliquent de l’attention et de la mémoire.

9. Elles ont une meilleure coordination physique et un développement plus précoce.

10. Elles  se calment plus facilement de leurs colères.

11. Elles sont plus expressives dans le langage verbal et gestuel.

12. Elles sont plus disciplinées, obéissantes et, en général, plus tranquilles.

Les différences qui existent au départ entre un cerveau de petite fille et un cerveau de petit garçon sont minimes. Il apparaît, que généralement, les petits garçons effectuent leurs étapes de maturation plus tard que les filles. Cela ne veut pas dire qu’ils sont moins performants, mais seulement qu’ils ont un rythme de croissance différent.

Entre 8 et 13 ans, les cerveaux demeurent assez ressemblants selon les sexes. En revanche, ils sont les plus dissemblables entre 14 et 17 ans, en plein milieu de l’adolescence avant que les différences ne s’atténuent un peu chez les jeunes adultes.



Malgré les différences mentionnées, les cerveaux de tous les petits garçons et petites filles sont différents et malléables, et ils sont en développement constant, grâce à la stimulation et à l'environnement dans lequel ils vivent. Qu'un bébé ait une plus grande habileté cela ne veut pas dire que l'autre ne puisse pas la développer. Même au niveau du coefficient intellectuel, l'homme et la femme sont dans une égalité absolue.

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