vendredi 31 juillet 2015

Les Réseaux Sociaux Dépriment



Les adolescents qui passent trop de temps sur les réseaux sociaux
présentent des symptômes classiques de dépression


Les adolescents, parce qu’ils sont en période de transition, ont besoin de ces réseaux sociaux. Lorsqu’un enfant de 8 ans est sur Facebook, il est forcément “ami“ avec ses parents. Ensuite, il s’en détache et cherche une part de famille autre part, chez des amis virtuels.

Les études sont déjà nombreuses pour prouver que passer trop de temps à regarder la vie des autres sur les réseaux sociaux peut être déprimant.

Qui n’a pas été frustré en voyant les photos de vacances de rêve, de dîner dans un restaurant gastronomique ou de visages radieux... sur les “profils” de personnes qui  les chanceux  n’auraient absolument aucun problème dans la vie. A ce petit jeu, certains deviennent frustrés, voire déprimés, et on le comprend volontiers. Les moins actifs sont les plus malheureux.


La Dépression Facebook


Selon une étude de l’American Academy of Pediatrics, publiée en mars 2011 dans la revue Pediatrics, la pratique assidue des réseaux sociaux pourrait amplifier le mal-être de certains adolescents. Les chercheurs ont surnommé cette pathologie “Dépression Facebook“.

A la période de l'adolescence, les réseaux sociaux prolongeraient les rapports parfois difficiles à l'acception de soi vis-à-vis du regard des autres. Comme dans la vie, selon l'étude, les jeunes retrouvent sur Internet les mécanismes d'interactions sociales, notamment au sujet de l'acceptation et de la reconnaissance par autrui.

Des sites tels que Facebook agiraient dès lors comme une loupe sur la vie réelle. Un adolescent ayant peu d'amis se verra retranscrire cette triste réalité sur le réseau. Un constat amplifié de surcroît par la vue de son profil aux yeux de camarades. Assister à la riche vie sociale des autres pourrait également renforcer le sentiment d'isolement social de certains adolescents et pré-adolescents fragiles, averti en outre l'étude.

L’étude décrit principalement les défis pour les enseignants et les pédiatres face au nouveau monde numérique et à l’émergence des réseaux sociaux et, parmi ces défis, la prévention de la forme de dépression qui se développe lorsque les adolescents passent trop de temps de leur vie sur les sites de médias sociaux tels que Facebook jusqu’à présenter des symptômes classiques de dépression.

Encore aucun critère pour effectuer le diagnostic. Ce qui préoccupe les chercheurs, c’est qu’il n’y a aucune étude scientifique de ce diagnostic, ni de critères pour effectuer ce diagnostic. Si les parents et les cliniciens sont sensibilisés, avec le même niveau d’importance, sur le sexting (envoi de photos sexuellement explicites), la cyber-intimidation ou d’autres comportements préjudiciables aux enfants et aux jeunes, la “dépression Facebook“, déforme le vrai sens de la dépression. Car un diagnostic de dépression ne doit pas être basé sur une durée passée avec un média en particulier.

Encore aucun descriptif clinique. Les auteurs précisent que l’utilisation excessive des médias sociaux peut être apparentée à une forme de “dépendance” ou de “désordre" lorsqu’il perturbe le fonctionnement social, scolaire ou les loisirs, mais une clarification des comportements engendrés doit encore être effectuée avant de pouvoir classer la "dépression Facebook" comme un trouble valide.

Dans le travail avec les adolescents déprimés et les adolescents ayant des comportements d’addiction à Internet, les cliniciens ont identifié un grand nombre de facteurs qui pourraient contribuer à ce temps passé en ligne : l’anxiété sociale ou gêne sociale, le sentiment d’insécurité à l’école, et, aussi la dépression. Ils interprètent l’utilisation démesurée de Facebook comme un moyen, pour l’adolescent de lutter contre une anxiété sociale sévère et la peur de l’interaction en face à face avec d’autres jeunes et, finalement, comme un moyen “d’ouvrir une porte", un acte trop difficile à accomplir dans la réalité.

Que peut faire un parent ou un clinicien avec ce “nouveau diagnostic” de l’AAP de dépression Facebook ? Les parents doivent être conscients du temps passé par leurs enfants en ligne, suivre les différents types d’activités de leurs enfants et discuter avec eux de l’utilisation d’Internet.

Les pédiatres devraient aussi intégrer dans leurs évaluations de santé, le temps passé sur Internet.


Plus les étudiants visitent les réseaux sociaux, plus ils dépriment


Selon une étude de l’université de Stanford, dirigée par Alex Jordan et publiée dans  la revue Personnality and Social Psychology Bulletin en 2011, il existe d’innombrables moyens de faire en sorte de se sentir minable, comme croire que l’on est seul dans le malheur. L'article «Le malheur est une chose plus partagée que les gens le ne pensent» s’appuie sur une série d’études portant sur la manière dont les étudiants évaluent leur humeur et celle des autres.

Dans une première étude les chercheurs concluent que leurs sujets sous-estiment constamment le découragement chez les autres  et s’en sentent dès lors d’autant plus découragés eux-mêmes.

Cette tendance humaine à surestimer le bonheur des autres n’a évidemment rien de neuf. Les réseaux sociaux pourraient bien renforcer cette tendance. Les recherches ne s’intéressent pas spécifiquement à Facebook, mais si ses conclusions sont correctes, elles suggèrent que ce site aurait le pouvoir de faire sentir les personnes plus tristes et plus seules.

En présentant en vitrine une version spirituelle, joyeuse et bien organisée de la vie des gens et en invitant les autres à des comparaisons dont ils sortent avec l’impression qu’ils sont des ratés, Facebook semble exploiter le talon d’Achille de la nature humaine.

Dans une des études de Stanford, les chercheurs ont demandé à 80 nouveaux étudiants de leur indiquer si eux-mêmes ou leurs camarades de promotion avaient été confrontés récemment à des événements positifs ou négatifs sur le plan émotionnel. À maintes reprises, les sujets sous-estimaient le nombre d’expériences négatives  “une dispute pénible“, “se sentir triste parce que ses amis lui manquent“  endurées par leurs camarades. Ils surestimaient également les activités distrayantes  “sortir avec des amis“, “aller à une soirée“ – de ces mêmes camarades.

Une autre étude a permis de déterminer qu’un échantillon de 140 étudiants de Stanford était incapable de jauger convenablement le degré de bonheur des autres, y compris des gens dont ils étaient proches  amis, colocataires et personnes avec qui ils ou elles entretenaient une relation.

Une troisième étude a également démontré que plus les étudiants sous-estimaient les émotions négatives des autres, plus ils avaient tendance à se sentir seuls et à ruminer leurs propres malheurs.

Il s’agit d’une corrélation, pas d’une causalité : il est fort possible que les sujets qui s’imaginent que leur situation empire pensent que tous les autres vont bien, et pas l’inverse. Mais l’idée que le fait de se sentir seul face à ses propres souffrances quotidiennes augmente ces souffrances, semble faire sens.

Facebook se caractérise par le déploiement public des atouts de chacun sous la forme de liste d’amis, de photos, d’éléments biographiques, de projets réalisés, observations savoureuses et même des livres préférés.

La fadeur n’a pas sa place et, à de rares exceptions près, les choses tristes n’ont pas lieu d’être exposées. Le design même du site  la présence d’un bouton «j’aime» et l’absence d’un bouton «je déteste» correspondant  renforce cette manipulation positive.


Fiction et compétition dans Facebook


Le professeur Sherry Turkle du MIT dans son nouveau livre consacré à la technologie, «Alone Together», y évoque la fatigue ressentie par les adolescents qui doivent sans cesse retoucher leur profil Facebook pour apparaître au maximum de la “coolitude“. Elle appelle cela “l’angoisse de l’impression“ et suggère que l’élément de performance constante véhiculé par le site provoque des phénomènes d’auto-aliénation.


La jalousie Facebook


Une étude menée par deux universités allemandes, l’université Humboldt à Berlin et l’université Technique de Darmstadt analyse chez les adolescents la tendance à se comparer aux autres, et à chercher à faire aussi bien, est plus forte que jamais. Aujourd'hui pour les adolescents, les autres représentent des dizaines (voire des centaines) de contacts Facebook dont les vies sont retouchées, éditées et parfaitement lisses en apparence.

Chaque fois que l’adolescent se connecte sur Facebook, il est soumis à la compétition de celui qui saura le mieux se mettre en valeur.

Selon leur sondage effectué auprès de 600 utilisateurs Facebook, près de 30% des adolescents interrogées décrivent leur état émotionnel après être allés sur Facebook comme plutôt négatif. Et ces adolescents identifient le sentiment de jalousie comme étant à la source de cette négativité.

Les voyages et loisirs des autres, ainsi que leur bonheur et leurs relations sociales sont les motifs de jalousie les plus souvent mentionnés. Et ces sentiments négatifs ne s'arrêtent pas là. La racine toxique de cette jalousie grandit et commence à avoir des effets profonds et un impact direct sur la vie de ces adolescents.

Tout d'abord, cela entraîne ce que les chercheurs allemands appellent le cercle vicieux de “l'auto-promotion/jalousie“ chez les utilisateurs Facebook qui répondent à l'auto-promotion de leurs contacts en se mettant encore plus en avant pour pouvoir rivaliser. Commence alors un jeu épuisant de surenchère. Ensuite, l'étude révèle que les utilisateurs des réseaux sociaux font face à un état émotionnel en dents de scie : plus ils sont jaloux, moins ils sont satisfaits de leur vie.

Ces comportements sont les faces d’une même pièce : la pathologie narcissique. Une personne a besoin d’un “audimat intime“. Lorsqu’elle raconte sa vie sur Facebook, il y a quelque chose de narcissique. Les contenus publiés n’ont pas de filtre : c’est de l’internet-réalité à l’instar de la télé-réalité. La dépression est liée à ce comportement puisqu’elle émane d’un besoin d’une plus grande estime de soi, rendue possible grâce au regard des autres. L’addiction répond à ce besoin de reconnaissance. L’égoïsme lui, dépend bien souvent du narcissisme et inversement.


L'estime de soi et la course aux “J’aime“


Le réseau social Facebook a par nature deux côtés, et peut être utilisé tant de manière saine que de manière malsaine. D'un côté, Facebook, c'est une façon sympathique de partager ses expériences de vie avec ses amis et sa famille. Mais le problème, c'est que nombre d'adolescents détournent cet usage de Facebook en l'utilisant de manière inappropriée et commencent à baser leur estime personnelle sur ce réseau social, transformant les avantages de Facebook en venin.

Nombre d'adolescents mettent tous leurs efforts pour correspondre aux standards en constante évolution de Facebook. Leur estime personnelle et leur humeur sont conditionnées par les mises à jour de “leur mur“. Recevoir des commentaires flatteurs provoque une augmentation de leur satisfaction personnelle. Inversement, quand leurs contacts ne laissent pas de commentaires, ce manque d'attention peut être interprété comme un rejet virtuel, un manque d'amitié, ou un jugement sur soi.

Les “j'aime“ sur Facebook sont un bien particulièrement prisé. Des adolescents participant à un sondage mené en 2013 par un centre de recherche américain ont admis qu'ils modifiaient le contenu de leur profil pour obtenir un maximum de “j'aime“, supprimant par exemple les photos qui n'étaient pas à la hauteur.

Sur Facebook, les adolescents ont l'impression que leurs succès sont diminués et leurs échecs amplifiés. Le sentiment d'échec qui en résulte conduit à “la déprime Facebook“.


Facebook rendrait malheureux


D’après une étude menée par des psychologues de l’Université du Michigan, publiée dans PLoS One en août 2013, plus on utilise Facebook, plus on est de mauvaise humeur.

Ces conclusions ont été déduites après que les chercheurs se soient penchés sur la manière dont 82 jeunes adultes utilisent le réseau social Facebook, pendant une période de 2 semaines. Lorsque les participants à l’expérience ont commencé, on leur a demandé de noter leurs humeurs et la satisfaction qu’ils ressentaient par rapport à leurs vies. Durant les deux semaines, les chercheurs ont demandé aux participants de répondre à des questions relatives à leur humeur générale et sur le temps qu’ils ont passé sur Facebook depuis le dernier check, à intervalle de 2 heures.

La conclusion de l’étude : plus les gens passaient du temps sur Facebook, pendant la période de 2 heures, plus ils se sentaient mal.

Le résultat fût le même lorsqu’on a relevé le temps moyen passé sur Facebook, pour une personne, et son “humeur moyenne“. Ceux qui passaient le plus de temps sur le réseau social avaient les pires humeurs.

Selon l’un des auteurs de l’étude, Ethan Kross, ce phénomène pourrait mettre une multitude de facteurs en jeu. Parmi les raisons évoqués par le chercheur, il y a les comparaisons sociales qui peuvent être faites lorsque on va sur Facebook, la réduction du temps passé à mener des activités supposées bénéfiques comme le fait de sortir, de faire de l’exercice ou encore la réduction des interactions directes avec des gens.


L’abus du réseau social peut favoriser la dépression


Selon une nouvelle étude par des chercheurs de l'université de Houston, dirigés par Mai-Ly Steers, publiée dans le Journal of Social and Clinical Psychology en avril 2015, plus on passe de temps sur les réseaux sociaux, plus on a de chances de développer des symptômes de dépression.

D’après les résultats de leur étude sur les habitudes de navigation sur Facebook des centaines de personnes, cela signifie que les sentiments dépressifs sont étroitement associés au temps passé sur ce réseau social, et au fait de se comparer avec ses amis.

L’étude américaine a consisté à prendre un groupe de 84 étudiants, puis à les séparer en deux groupes de 42 personnes, qui devaient ensuite surfer sur Facebook pendant dix minutes.

* Dans le premier groupe, les personnes pouvaient poster des statuts, en commenter d’autres, bref, être actifs.

* Dans le deuxième groupe, sur le même temps donné, les participants devaient se contenter de regarder le fil d’actualités sans faire aucun commentaire.

À la fin de la journée, ceux qui n’avaient rien fait voyaient leur humeur dégradée par rapport à ceux qui avaient été actifs sur Facebook.

Comme toute pratique abusive, trop de Facebook peut avoir des effets négatifs sur la santé et peut notamment conduire à un état dépressif chez certains utilisateurs.

Le mécanisme est simple. En surfant sur Facebook, les internautes comparent inévitablement leur vie avec celle de leurs contacts Facebook. Le problème, c’est qu’en général, Facebook n’est utilisé que pour poster les moments les plus intéressants de leur vie. Les utilisateurs comparent inévitablement leur vie personnelle à celle que leurs amis veulent bien afficher sur le réseau social, et le sentiment d’avoir une vie moins trépidante peut alors faire apparaître une forme de frustration et l’apparition de symptômes liés à la dépression.

 Les chercheurs néanmoins signalent que cela ne signifie pas que Facebook cause la dépression, mais plutôt que les sentiments de dépression sont intimement associés à beaucoup de temps passé sur Facebook et au fait de se comparer avec ses amis, même si un lien entre temps passé sur Facebook et dépression existe effectivement.

Le danger c’est que Facebook divulgue souvent de l’information à propos des amis qui seraient inconnus en temps normal, ce qui offre encore plus d’occasions pour se comparer socialement.

Les chercheurs espèrent que les conclusions de leur étude permettront de développer de nouveaux outils permettant d’anticiper les risques de dépressions liées aux réseaux sociaux.


Un accompagnement parental recommandé


En tant que parents, leur rôle est d'aider l’adolescent à ne pas associer son estime personnelle aux réseaux sociaux et de l'équiper afin qu'il prenne conscience des mensonges et des illusions de Facebook.

Il faut être attentif sur les signes qui pourraient indiquer que l’adolescent souffre de “déprime Facebook“. Par exemple s'il change soudain d'humeur (en particulier s'il est renfrogné après être allé sur les réseaux sociaux), s'il se replie sur lui-même ou change ses habitudes alimentaires.


Comme dans tout concept il y a du bon comme du mauvais, le tout est de prendre du recul et d’utiliser ces réseaux à bon escient, en gardant toujours à l’esprit tout de même que nous sommes des êtres vivants, des vrais, et que rien ne remplace les relations véritables avec nos proches. Rien ne vaut une belle balade en forêt, une sortie en famille, une soirée au théâtre ou au cinéma. Qu’il est bon de s’installer confortablement et de prendre un bon livre pour s’évader intellectuellement et de rêver.

Les réseaux sociaux font partie de notre vie certes, mais on peut aussi faire le choix de ne pas les utiliser ou de le faire avec mesure pour qu’ils n’empiètent pas sur notre quotidien.


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