lundi 10 novembre 2014

Le Cerveau de l'Adolescent





Tout au long de l’adolescence, de gros changements ont lieu dans la tête des jeunes.
Le réseau de connexions dans leur cerveau se met à jour.

L'adolescence est la période de croissance et de développement humain qui se situe entre l’enfance et l’âge adulte, entre les âges de 10 et 19 ans. Elle représente une période de transition critique dans la vie et se caractérise par un rythme important de croissance et de changements qui n’est supérieur que pendant la petite enfance. L'adolescence s'accompagne de nombreux changements aussi bien physiques que psychologiques.

À l’adolescence, le cerveau est un organe encore en chantier où neurones et connexions entre les neurones vont mourir en grand nombre. Les connexions les plus utilisées se renforceront, les autres disparaîtront.

Un cerveau immature

À 6 ans le cerveau atteint 90% de sa taille adulte, et est pleinement constitué entre 11 et 12 ans. Après cet âge la matière grise (constituée de neurones) diminue inexorablement. Cela montre entre autres que les capacités intellectuelles ne sont pas directement liées à la quantité de neurones.

Par contre, en se dirigeant vers l’âge adulte, les connexions neuronales (qui constituent la matière blanche) deviennent, elles, de plus nombreuses. La circulation de l’information entre les neurones se fait plus rapidement. Ce qui est particulier est que cette perte de matière grise ne se fait pas tout à fait au hasard. Pour le chercheur en neurologie Jay Giedd, qui a mené ces travaux sur la plasticité du cerveau et sur les adolescents, la perte de cellules grises répondrait à la loi du «soit on s’en sert soit ça se perd». En d’autres termes les neurones qui ne sont pas utilisés sont détruits. Il y a une forme d’élagage des cellules non utilisées. L’immaturité du cerveau adolescent (entre 10 et 20 ans d’âge) et en particulier du cortex préfrontal est révélée par l’imagerie cérébrale et explique en partie l’instabilité de son comportement. Jusqu’à 20 ans, le cerveau continue à fabriquer de la myéline et les substances blanches et grises subissent d’importantes modifications.

Au cours de l'adolescence, le cerveau subit des modifications à la fois dans sa structure et dans son fonctionnement. Tout se passe sous l'influence des hormones associées à la maturation du système reproducteur pendant la puberté.

La très grande quantité d’hormones dans le cerveau influence directement la production de sérotonine (neurotransmetteur régulant l’humeur), ce qui peut expliquer l’instabilité des comportements à cette période. C’est aussi la raison pour laquelle le cerveau adolescent ne peut effectuer le même type de tâches que le cerveau adulte (ou du moins avec la même efficacité), surtout lorsqu’elles sont combinées avec certains comportements comme l’attention, la planification, le multitâches, l’inhibition de certains comportements ou la socialisation.

Dès la puberté, vers 12 ans, les ovaires et les testicules commencent à fonctionner à plein régime. Les hormones qu’ils libèrent dans la circulation baignent les neurones du cerveau émotionnel et stimulent le besoin de s’affirmer, d’être pris au sérieux, de découvrir ce qui existe au-delà des frontières familières et de tester son appartenance au groupe.

Il y a un décalage entre la maturation hormonale, qui pousse les adolescents à prendre des risques, et la maturation de la région du cerveau, qui pourrait leur permettre de réfléchir avant de se lancer. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les deux premières causes de mortalité chez les adolescents sont les accidents et le suicide.

Cet âge a un impact considérable sur le développement psychologique et comportemental, ainsi que sur la capacité à s'adapter, et il peut influencer l'émergence de problèmes dépendant du sexe, tels que les troubles alimentaires, l'automutilation et la dépression chez les filles, et les problèmes de comportement chez les garçons.

Changements cérébraux chez l’adolescent

Dans les trois premières années de la vie, les enfants développent des connexions sans fin dans leurs circuits cérébraux. Puis, au début de l’adolescence, le cerveau commence à jeter un grand nombre de ces connexions.

Le cerveau adolescent élague les neurones et les synapses excédentaires. Les scientifiques nomment ce processus l’élagage synaptique.

Tout au long de l’adolescence, de gros changements ont lieu dans la tête des jeunes. Le réseau de connexions dans leur cerveau se met à jour. Le cerveau de l’adolescent n’a pas fini sa maturation qui se poursuit bien au-delà de la période d’adolescence

Les changements débutent dans la partie du cerveau responsable des fonctions de base comme la coordination, le sommeil et l’éveil.

Le rythme des changements est très rapide durant l’adolescence, et il continue sur son élan jusqu’au milieu de la vingtaine. Les changements qui surviennent dans le cerveau sont nécessaires pour que les jeunes deviennent des adultes matures et responsables.

Dans une épreuve de contrôle visuel, plus de régions cérébrales sont connectées chez les adolescents (centre)
que chez les enfants, mais beaucoup moins que chez les adultes, qui ont distribué mieux la charge de travail

La coordination et l’équilibre se développent le mieux au courant de l’adolescence, et c’est pourquoi les jeunes excellent dans des sports de tous types, la danse et le maniement d’instruments de musique.

Les parties du cerveau qui régissent les émotions changent également; elles se révèlent plus sensibles à l’adolescence qu’à l’âge adulte. Les adolescents ressentent les émotions avec plus d’intensité et de profondeur que les adultes.

Les dernières parties du cerveau à se mettre à jour sont celles qui sont responsables du jugement, de la planification et des prises de décisions complexes. Les adolescents apprennent progressivement à équilibrer leurs émotions et les expériences passées avec les exigences du présent pour prendre de meilleures décisions. Les risques, et non seulement les reconnaissances, sont dorénavant pris en compte. Le comportement devient plus réfléchi, moins impulsif. Les jeunes deviennent plus prévisibles et logiques.

Développement du cerveau durant l’adolescence

Pendant l'adolescence et au début de l'âge adulte, les aires cérébrales liées aux mêmes fonctions cognitives se développent de façon coordonnée.

Étude publiée dans Nature Neuroscience en1999 : «Brain Development During Childhood and Adolescence – a Longitudinal MRI Study» par des neuroscientifiques américains et canadiens, dirigée par Jay Giedd, de l'Institut national de la santé mentale de Bethesda aux Etats-Unis.

Les scientifiques ont mesuré l'épaisseur du cortex cérébral, marqueur de la maturation du cerveau. On sait que le cortex s'épaissit dans la petite enfance puis s'amincit à l'adolescence et à l'âge adulte.

Ils ont découvert que certaines régions du cortex cérébral se développent de manière coordonnée. Ils ont notamment observé une forte corrélation entre la maturation des régions frontales et celle des régions temporales. Ils ont constaté que les aires qui se développaient en synchronie étaient impliquées dans les mêmes fonctions cognitives.

Matière grise. Certaines des aires du cerveau impliquées dans la cognition sociale subissent un développement prolongé tout au long de l’adolescence. Dans certaines parties du lobe frontal, du lobe temporal et du lobe pariétal, l’épaisseur de la couche de matière grise à la surface du cerveau évolue selon une courbe en forme de U inversé, son apogée intervenant à l’adolescence.

Dans ces aires sociales du cerveau, l’épaisseur de la matière grise augmente tout au long de l’enfance, atteignant son maximum aux environs de la puberté ou durant le début de l’adolescence. Cette couche de matière grise subit ensuite un amincissement graduel tout au long des années restantes de l’adolescence.

Ceci contraste avec les aires sensorielles primaires du cerveau, qui reçoivent les signaux bruts en provenance des yeux, des oreilles et des autres organes des sens. Dans ces aires sensorielles primaires, le pic d’épaisseur de matière grise est atteint durant l’enfance.

La matière grise contient des corps cellulaires, des dendrites et les connexions synaptiques entre neurones. L’augmentation locale de l’épaisseur de la matière grise jusqu’à et aux environs de la puberté est due à l’augmentation du nombre de connexions synaptiques (synaptogenèse). L’amincissement de la matière grise qui intervient par la suite durant le reste de l’adolescence reflète l’élimination ou «élagage» de certaines de ces synapses  aboutissant à des circuits neuronaux plus finement adaptés, qui répondront de manière optimale à la tâche en cours. Le cortex préfrontal est impliqué, entre autres, dans l’intelligence sociale ainsi que dans la planification et le contrôle du comportement. Ces aptitudes de haut niveau peuvent être encore en cours de maturation pendant l’adolescence.

Matière blanche. Un autre changement neuroanatomique majeur, qui a été observé grâce à l’IRM, est le fait que, tout au long de l’adolescence (et même passé vingt ans), le volume de la matière blanche constituant le cœur du cerveau augmente régulièrement. Cette augmentation constante du volume de matière blanche au cours de l’enfance, de l’adolescence et au-delà, reflète la myélinisation.

La myéline recouvre petit a petit les fibres neuronales, multipliant ainsi par cent les transmissions nerveuses. Les neurones se développent pour mieux recevoir les signaux, les liens entre les cellules nerveuses (synapses) se renforcent, la couche extérieure de la matière grise s'amincit, et devient plus efficace. Le cerveau en général devient donc beaucoup plus complexe et performant.

Structure d'un neurone avec gaine de myeline
La myéline isole les axones et améliore considérablement la vitesse de circulation des influx nerveux. À partir de la naissance et jusqu’au début de l’âge adulte, la myéline s’enroule progressivement autour des fibres axonales, accélérant la transmission des signaux à l’intérieur du cerveau, particulièrement dans les aires cérébrales associatives d’ordre supérieur, qui gèrent les fonctions cognitives complexes, contrairement aux aires de traitement sensoriel primaire qui sont totalement myélinisées relativement tôt dans la vie. Ce qui est important ce n’est pas tant la quantité de matière grise que de conserver, dans ce processus de destructions, les cellules de certaines facultés intellectuelles et d’y développer les connections neuronales (matière blanche).

À l'adolescence, le cerveau crée de nouvelles cellules pour mieux communiquer

L'adolescence est une période charnière durant laquelle l'organisme se prépare à entrer dans la vie adulte. Une phase qui implique de nombreux changements, notamment au niveau des relations sociales et de la communication avec autrui. Peu à peu, les interactions se font plus complexes et le regard change vis-à-vis des personnes rencontrées, particulièrement celles du sexe opposé.

Des chercheurs de l'Université d'Etat du Michigan ont découvert un lien entre la puberté et la capacité à communiquer. Plus précisément, ils ont constaté que le cerveau développait de nouvelles cellules à l'adolescence, qui apporteraient davantage des facultés dans ce domaine.

D'après l'étude, ces nouvelles cellules sont situées dans l'amygdale et des régions associées, déjà connues pour jouer un rôle dans les interactions sociales. Les chercheurs ont également indiqué que plusieurs de ces cellules contenaient des protéines témoignant d'une activation cellulaire.

L'amygdale joue un rôle important en aidant le cerveau à interpréter les signaux sociaux. Évalue les expressions faciales et le langage du corps. Ces régions sont importantes pour les comportements sociaux, particulièrement le comportement sexuel.


Adolescents immatures et turbulents


La maturation du cerveau des adolescents n’est pas encore terminée. Le cortex préfrontal (contrôle exécutif central) n’est pas aussi  fini  que le système limbique, le cerveau émotionnel. D’où la difficulté des adolescents à inhiber (fonction préfrontale) des pensées et des actes impulsifs.

Un autre réseau du cerveau situé sous le front est responsable de l’évaluation des impulsions contradictoires. Ce réseau de contrôle cognitif permet de retenir une action qui pourrait offrir une récompense à court terme si elle interfère avec un objectif à long terme. Ce réseau se développe très lentement au cours des 25 premières années de notre vie. En conséquence, il fonctionne mal dans l’enfance, un peu mieux chez les adolescents, et correctement chez les adultes.

Béatrice Luna, professeur de l'université de Pittsburgh a réalisé des expériences sur le cerveau des adolescents dont les résultats sont particulièrement intéressants. Lors de l'expérience, le sujet testé doit fixer une croix sans se laisser distraire par des flashs lumineux apparaissant dans le coin de l'écran qu'il regarde. L'expérience a montré que les adolescents ne pouvaient s'empêcher de regarder la lumière, un peu comme lorsqu'ils reçoivent un texto en conduisant et qu'ils ne peuvent s'empêcher de le lire.

Le développement du cerveau au cours de l'adolescence altère les facultés de concentration car ils ne sont pas habitués à sa nouvelle forme ce qui peut donc les pousser à faire des erreurs.

Ce développement affecte aussi l'impulsivité de l'adolescent, celle-ci évolue avec l'âge. Elle commence vers 10 ans, et atteint un pic à 15 ans avant de diminuer. C'est pour cette raison que les jeunes sont plus enclins à se mettre en danger.

Le goût du risque

Le cerveau est équipé d’un centre de la récompense, qui s’illumine avec la présence de dopamine, produite lorsque nous trouvons quelque chose excitant, intéressant ou agréable.

Une étude démontre que le cerveau des adolescents ne peut retirer du plaisir des choses qui ne sont que légèrement ou moyennement gratifiantes.

Le docteur Adriana Galvan de UCLA, a réalisé une étude avec des participants divisés en trois groupes; enfants, adolescents et adultes. Elle leur a fait jouer un jeu  vidéo de pirates alors qu’ils étaient connectés à une machine IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Le but du jeu était d’amasser le plus de pièces d’or possible. Les récompenses étaient une pièce d’or, une pile de pièces d’or ou une marmite remplie d’or.

Lorsque les enfants jouaient, leur cerveau s’illuminait pour toute récompense reçue, de l’unique pièce d’or à la marmite, sans distinction. Les enfants s’enthousiasment et s’excitent pour la moindre chose et ne sont pas difficiles  à combler ou  à satisfaire.

Chez les adultes, le cerveau s’illuminait en proportion de la grosseur de la récompense, Plus la récompense était grande, plus il y avait une activation du centre du plaisir dans le cerveau.

Chez les adolescents cependant, leur cerveau réagissait de façon différente. Il ne s’activait que pour la plus grande récompense, la marmite. Par contre, leur cerveau réagissait beaucoup plus fortement à cette récompense que celui des enfants et des adultes en démontrant une plus grande activité. À l’occasion, les récompenses moindres allaient même jusqu’à provoquer une baisse en dessous de la ligne de référence dans le centre du plaisir.

Cela confirme ce que l’on peut noter en regardant le comportement des jeunes adolescents. Ils ont tendance à réagir très fortement aux événements, qu’ils soient positifs ou négatifs, souvent de façon disproportionnée aux yeux d’un adulte.

Pour un adolescent, quels sont les choses qui activent la sensation de plaisir? Il y aurait le risque, les choses excitantes ou dangereuses et l’interaction sociale avec leurs pairs.

Tout en recherchant le danger, les adolescents ont aussi intensément besoin de l’approbation de leurs pairs. Certains n’hésiteront pas à faire le clown en classe ou à conduire dangereusement si l’approbation de leurs amis est présente.

Plus le niveau de dopamine est élevé, plus un adolescent sera porté à croire qu’un comportement risqué qui s’est bien terminé (une balade à haute vitesse par exemple) en valait le coup.

Le développement positif des jeunes


Chaque jeune a un développement qui lui est propre

Même si un certain nombre d'événements liés au développement sont communs à la plupart des jeunes de notre époque, de nombreux facteurs personnels entrent également en jeu. Certaines personnes vont atteindre des jalons à un âge précoce, alors qu'il faudra plus de temps à d'autres et certains ne les atteindront peut-être même pas du tout.


Il n'existe pas une seule voie pour réussir. Chaque personne commence son chemin à partir d'un point de départ unique et se dirige probablement de la même façon vers une destination qui lui est propre. Les caractéristiques d'une personne, les choix de vie et les facteurs environnementaux interagissent pour donner une direction générale à la vie d'un jeune. Même si certains chemins sont plus susceptibles que d'autres de mener à des résultats positifs, cela n'implique pas nécessairement qu'il n'y a qu'une seule voie vers l'âge adulte. Un jeune qui emprunte un certain chemin peut toujours prendre une nouvelle direction avec de l'aide et des conseils.



L'adolescence est une période de changements rapides

Les adolescents et jeunes adultes vivent de nombreux changements, qui surviennent souvent de façon simultanée ou qui s'enchaînent rapidement.

À la puberté, les jeunes présentent des changements physiques majeurs en même temps que :

* Leurs capacités de pensée et de raisonnement commencent à croître
* Leurs réponses émotionnelles s'intensifient
* Leur univers social s'étend, avec l'importance plus grande des groupes de pairs et le début des relations amoureuses.

Alors qu'ils négocient ces évolutions, les jeunes doivent également gérer leur identité émergente, prendre des décisions importantes pour leur avenir et faire face à un certain nombre de passages transitionnels:

* Entrée et sortie de l'école secondaire
* Entrée dans le système d'éducation post secondaire ou sur le marché du travail
* Arrivée à l'âge légal pour pouvoir conduire, puis à l'âge adulte légal
* Départ du foyer familial et établissement de leur indépendance.

Ces stades de développement se chevauchent délibérément, pour rappeler que chaque jeune a un rythme de développement différent.

Évolutions au niveau cérébral

Le cerveau continue de s'adapter après les premières années

Le cerveau continue de s'organiser, de s'adapter et de se modifier bien après les premières années de la vie. De fait, les changements qui surviennent dans le cerveau à la fin de l'enfance,  à l'adolescence et au début de l'âge adulte sont particulièrement importants.

La fonction cérébrale devient de plus en plus efficace et spécialisée

Le cerveau humain atteint sa taille adulte juste avant la puberté. Dans plusieurs régions du cerveau, la matière grise s'accroît jusqu'au début de la puberté, puis décroît alors que les neurones sont éliminés s'ils ne sont pas sollicités. Ce processus contribue à l'accroissement de l'efficacité de la fonction cérébrale pendant l'adolescence et à l'augmentation de la capacité des adolescents à traiter des données complexes et à apprendre de nouveaux concepts. En même temps, la substance blanche s'accroît, accélérant la transmission des signaux entre les cellules cérébrales, ce qui contribue à l'efficacité accrue du cerveau.

Les fonctions exécutives arrivent lentement à maturité

La région du cerveau qui connaît les plus grands changements après la puberté est le cortex préfrontal. Elle est associée aux fonctions exécutives. À savoir, la surveillance, l'organisation, la planification, la prise de décisions, l'anticipation des conséquences, le contrôle des pulsions et le report de la satisfaction. La maturation du cortex préfrontal est un processus lent qui a lieu pendant toute la durée de l'adolescence et au début de l'âge adulte. Ce processus de maturation dépend dans une vaste mesure de l'expérience forgée  les fonctions exécutives sont acquises et perfectionnées grâce à la pratique. Les ressources et les diverses expériences auxquelles accèdent les adolescents et les jeunes adultes, ainsi que la façon dont ils décident de passer leur temps, contribuent à la diversité existant entre les individus en ce qui concerne le développement cérébral.

La vitesse de traitement de l'information, la concentration et la mémoire s'améliorent


La vitesse de traitement de l'information, c'est-à-dire la rapidité avec laquelle une nouvelle information est intégrée, s'accroît jusqu'au milieu de l'adolescence. Les adolescents améliorent progressivement leurs capacités à ignorer les renseignements non pertinents afin de se concentrer sur les renseignements pertinents à la tâche demandée. En outre, les jeunes parviennent de mieux en mieux à remplacer une réponse déjà établie lorsqu'une réponse nouvelle et différente est nécessaire. La mémoire de travail et la capacité à mener plusieurs tâches de front s'améliorent pendant l'adolescence et au début de l'âge adulte.



Les capacités de raisonnement s'améliorent

L'amélioration de ces capacités s'accompagne d'améliorations au niveau des capacités de raisonnement. La capacité d'abstraction devient plus importante à l'adolescence, de même que la capacité de penser logiquement et d'envisager différents points de vue. Les jeunes deviennent également mieux à même d'entreprendre des raisonnements scientifiques  de formuler et de vérifier des hypothèses pour en tirer des conclusions.

Les émotions, la motivation et le stress sont accrus

Les adolescents ressentent souvent plus intensément les émotions et sont plus sensibles au plaisir et aux récompenses que les enfants ou les adultes. De plus, ils sont souvent particulièrement vulnérables au stress.

Les adolescents sont moins capables de réguler leurs désirs et leurs émotions
Les adolescents ne sont pas aussi capables que les adultes de limiter leurs envies de se faire plaisir, ce qui peut entraîner une hausse des comportements à risque. De la même façon, ils ne savent pas non plus gérer aussi bien leurs émotions et leur niveau de stress que les adultes, ce qui les rend plus vulnérables aux problèmes de santé mentale. De fait, le risque de survenue d'un trouble mental (par exemple, une anxiété ou une dépression) atteint un pic à l'adolescence.

Bien que les comportements à risque soient souvent associés à des résultats négatifs (par exemple, accidents de la route ou dépendances), la curiosité et le désir de vivre de nouvelles expériences qui alimentent cette prise de risques offrent également de formidables possibilités d'exploration, d'apprentissage et d'épanouissement pour les jeunes. Ainsi, apprendre à être indépendant est une entreprise très risquée, mais c'est aussi une partie essentielle de l'adolescence.

Apprendre à gérer ses émotions est une étape clé de l'adolescence
La principale tâche des jeunes en matière de développement émotionnel est de parvenir à réguler eux-mêmes leurs émotions. Alors que les adolescents sont davantage en mesure de vivre des émotions, leurs capacités à les réguler et à prendre des décisions continuent de faire quelque peu défaut. Par conséquent, apprendre à réguler ses émotions est une tâche qui s'avère de prime abord très difficile pour les adolescents.

Les stratégies de régulation des émotions s'élargissent. Elles passent de stratégies principalement externes, axées sur le comportement et mises en place pendant l'enfance (lorsque les parents et d'autres adultes importants aident les enfants à réguler leurs émotions) à des stratégies plus intérieures et cognitives (basées sur la pensée) à l'adolescence et au début de l'âge adulte, lorsqu'il devient important de réguler ses émotions de manière autonome.

L'empathie se manifeste tardivement à l'adolescence

L'empathie, à savoir la capacité à reconnaître et à partager les émotions qu'une autre personne ressent, n'atteint généralement son plein potentiel qu'au début de l'âge adulte. Pendant l'enfance, une forme rudimentaire d'empathie émerge lorsque les enfants commencent à se sentir mal quand ils perçoivent la détresse émotionnelle d'une autre personne. Plus tard dans l'enfance et au début de l'adolescence, cette détresse est remplacée par une empathie lorsque le jeune fait la distinction entre ses propres réactions émotionnelles et celles de l'autre. L'empathie à l'adolescence met en jeu une réponse fortement émotionnelle, alors que le sentiment mature d'empathie ressenti au début de l'âge adulte implique une évaluation de nature plus cognitive de la réponse émotionnelle de l'autre personne.

Les relations avec les parents peuvent souffrir

Alors que les adolescents consacrent plus de temps et d'énergie à leurs relations avec leurs pairs et à leurs relations amoureuses, cela peut correspondre à une période de conflits exacerbés au niveau des relations avec leurs parents. Bien que des conflits fréquents, d'intensité élevée et imprégnés de colère ne soient pas nécessairement une caractéristique de l'adolescence, la fréquence des conflits quotidiens sur des sujets aussi bien importants qu'anodins a souvent tendance à s'intensifier. Les conflits avec les parents tendent à être plus fréquents au début de l'adolescence jusqu'au milieu de l'adolescence, et diminuent généralement par la suite.

Aider les jeunes à réussir leur passage à l'âge adulte nécessite de bien comprendre les stades de développement prévisibles. Même si chaque jeune est unique et a une histoire, des capacités, des caractéristiques, un vécu et un contexte qui lui sont propres, il existe des événements majeurs liés au développement, communs à tous les adolescents et qui sont susceptibles de survenir au moment de la transition entre l'enfance et l'âge adulte.


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