vendredi 20 février 2015

Le Cerveau Vieillit-il ? – Des Neurones Continuent à se Développer




Le cerveau est capable de se régénérer et de progresser tout au long de la vie. Il suffit qu’il reste actif.


De nombreuses études ont démontré que le cerveau vieillissant est en quelque sorte malléable et peut continuer à se transformer même à un âge avancé. Il y a une trentaine d’années, on croyait que le cerveau vieillissant était rigide, c’est-à-dire qu’il ne pouvait plus apprendre de nouvelles choses ou apprendre à faire les choses différemment.

Le cerveau est capable de produire de nouveaux neurones tout au long de la vie, pour réparer une lésion ou pour faire face à un nouvel influx d’informations. Les neurones nouvellement produits sont capables de réagir plus efficacement aux stimulations. Ils sont cependant naturellement détruits s’ils ne sont pas utiles pour conserver une information. Le cerveau ne s’encombre pas de neurones inutiles.


Comment vieillit le cerveau

Un cerveau qui vieillit est un cerveau qui rétrécit. De manière générale, et surtout au-delà de 60 ans, certaines parties du cerveau peuvent perdre jusqu’à 2% de leur taille par an. Parmi les aires du cerveau les plus touchées, on compte l’hippocampe, centre important de la mémoire, et le lobe frontale qui soutient les fonctions exécutives.

D’un point de vue biologique, cette perte se caractérise par deux phénomènes. D’une part, les neurones voient leur taille et leur nombre diminuer. D’autre part, les vaisseaux sanguins du cerveau  apportant aux neurones les nutriments nécessaires pour leur survie  rétrécissent, voire disparaissent.

D’un point de vue psychologique, ces pertes s’associent à une diminution des facultés intellectuelles (raisonnement, organisation, mémoire), du comportement (humeur et personnalité) et des facultés physiques (vitesse et précision des mouvements).

Le rétrécissement du cerveau dans le temps dépend de facteurs génétiques mais aussi de facteurs environnementaux. Ces derniers rendent le cerveau plastique, c’est-à-dire modulable.

Un comportement actif, ouvert à de nouvelles expériences, stimule le cerveau et augmente son activité biologique. En conséquence, le cerveau créé d’avantage de neurones, améliore leurs connections et augmente son nombre de vaisseaux sanguins.

La perte neuronale est largement compensée par l'augmentation du champ dendritique : les neurones continuent de pousser des prolongements de manière très active, jusqu'à un âge très avancé et pas seulement, comme on le voyait encore récemment, pendant la plus jeune enfance. Les cerveaux de sujets morts de la maladie d'Alzheimer ont peu de neurones et des "branches" dendritiques beaucoup moins nombreuses et plus courtes que ceux de sujets âgés morts avec un cerveau normal.

Il existe  deux types de neurones corticaux : certains seraient condamnés à disparaître avec l'âge, alors que d'autres, au contraire, continueraient à émettre des ramifications dendritiques jusqu'à un âge encore difficile à fixer (au-delà de 80 ans). La démence sénile correspondrait à la disparition des neurones du second groupe, laissant également ceux du premier à leur destin irréversible.

Le vieillissement des sujets sains correspondrait au moment où les neurones du second groupe passeraient dans ceux du premier, l'heure de ce passage étant génétiquement programmée, mais très largement modulable en fonction des conditions plus ou moins stimulantes de l'environnement psychoaffectif.

Toutefois, le pouvoir des neurones à développer de nouveaux prolongements diacritiques serait directement lié à l'activité cérébrale, c'est-à-dire aux conditions dans lesquelles se déroule la transmission de l'influx nerveux. L'oxygénation du cerveau, en favorisant le métabolisme cellulaire, contribuerait ainsi au maintien des aptitudes d'apprentissage et jouerait donc un rôle non négligeable parmi les facteurs déterminant la sénescence.


Neurogenèse ou la naissance de nouvelles cellules du cerveau

Dans le milieu des chercheurs, la théorie officielle était que l'être humain naissait avec une quantité fixe de neurones, qui s'épuisaient graduellement tout au long de notre vie sans aucune chance de régénérescence.

Un fait pourtant démenti par quelques personnalités : Albert Einstein a publié sa théorie de la physique unifiée à 74 ans. Freud et Carl Jung ont écrit des ouvrages majeurs alors qu'ils avaient plus de 80 ans.

En 1969, le biologiste américain Joseph Altman décrit l'existence d'une prolifération de neurones dans le cerveau des rats adultes. Et ce n'est qu'en 1980 que l'on découvre que chez l'homme il existe également des neurones qui continuent à se développer tout au long de sa vie. On constate même des phénomènes de régénérescence dans l'hippocampe, une zone liée aux souvenirs, prouvant que nous avons la faculté de mémoriser jusqu'à la fin de notre vie.

Le cerveau est le chef d’orchestre de toutes nos fonctions vitales, qui nous permettent de bouger, de parler, de reconnaître les visages, de mémoriser. Cet organe, le plus compliqué de l’univers, comporte 100 milliards de cellules nerveuses dont chacune envoie 1.000 signaux par seconde à ses voisines. Ce formidable ordinateur fonctionne grâce aux neurones. Le neurone peut être comparé à un arbre avec son tronc, l’axone, ses racines, les dendrites, et ses branches, les terminaisons nerveuses qui se multiplient. Les neurones communiquent entre eux par l’intermédiaire des dendrites et des terminaisons nerveuses.

Passé un certain âge, les neurones deviennent moins vigoureux et commencent à perdre leurs terminaisons nerveuses, de la même façon que les arbres perdent peu à peu leurs feuilles. Mais cette perte ne s’effectue pas de la même façon chez tout le monde : certaines personnes gardent une très bonne mémoire à 90 ans. Chaque fonction mentale s’altère différemment selon les individus.

Même si nous perdons progressivement des neurones tout au long de la vie, le cerveau a la capacité de multiplier et de modifier les connexions entre les cellules nerveuses, mais celles-ci ne répondent qu’à la demande. Autrement dit, un cerveau qui n’est pas stimulé voit ses performances diminuer.

Le cerveau conserve sa plasticité durant toute la vie, c’est-à-dire qu’il continue de s’adapter. Les êtres humains continuent à fabriquer de nouveaux neurones pendant toute leur vie en réponse à l'activité mentale et nous pouvons créer de nouvelles cellules du cerveau à n'importe quel âge.

La neuroplasticité est la capacité du cerveau à se reprogrammer lui-même  en fonction des expériences de la vie.

Les neurones ont la capacité de réorganiser tout au long de la vie des routes neuronales, basées sur des nouvelles expériences et des nouvelles connaissances. Chaque fois que nous nous rappelons un souvenir ou que nous avons une nouvelle pensée, nous créons une nouvelle connexion dans notre cerveau.  Lorsque nous apprenons, nous créons de nouvelles connexions en acquérant de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences pendant toute notre vie.


Recherche


Le cerveau vieillit à partir de 24 ans


Des chercheurs canadiens de l'université Simon Fraser, dans une étude publiée dans PlosOne en avril 2014, ont trouvé  que 24 ans c'est l'âge à partir duquel le cerveau réagit moins vite. Mais cela ne l'empêche pas de s'adapter pour mieux répondre à ses besoins.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont observé 3.305 personnes de 16 à 44 ans jouant à StarCraft 2. Ce jeu vidéo de guerre exige concentration, habileté, stratégie et vitesse. Les chercheurs ont analysé la vitesse de réaction du cerveau des joueurs, mais aussi celle à laquelle il transmet des ordres au corps. Et, à partir de 24 ans, le cerveau est plus lent.

Mais le cerveau a ses astuces pour compenser ce déclin. Les joueurs plus âgés, bien que plus lents, semblent compenser en employant des stratégies plus simples et en utilisant l'interface du jeu plus efficacement que les joueurs plus jeunes, leur permettant de conserver leur habilité, malgré une perte de vitesse psychomotrice de leur cerveau.

Le cerveau s'adapte. Les capacités psychomotrices ne sont pas stables à travers l'âge adulte, mais fluctuent constamment. Et les performances au jour le jour sont le résultat des interactions constantes entre le changement et l'adaptation.


Des chercheurs identifient la signature du vieillissement dans le cerveau  «L’âge immunologique»


Des chercheurs de l’Institut Weizmann, dans une étude publiée dans la revue Science en septembre 2014, ont découvert la preuve d’une «signature» particulière qui pourrait être le «chaînon manquant» entre le déclin cognitif et le vieillissement.

Il y a une dizaine d’années encore, selon un dogme scientifique, on considérait que la barrière sang-cerveau empêchait les cellules immunitaires apportées par le sang d’attaquer et de détruire le tissu cérébral. Mais les chercheurs ont montré que le système immunitaire joue en fait un rôle important aussi bien dans la guérison du cerveau après un traumatisme que dans le maintien du fonctionnement normal du cerveau. Le groupe a découvert que l’interaction du cerveau avec le système immunitaire se produit à travers une barrière qui est en fait une interface unique à l’intérieur du cerveau.

Cette interface, connue sous le nom de «plexus choroïde» se trouve dans chacun des quatre ventricules du cerveau, et sépare le sang du liquide cérébrospinal. Le plexus choroïde agit comme une télécommande permettant au système immunitaire d’intervenir dans l’activité du cerveau. Les signaux biochimiques de ‘danger’ envoyés par le cerveau sont détectés à travers cette interface ; à leur tour, les cellules immunitaires transportées par le sang interviennent en communiquant avec le plexus choroïde. Ce dialogue croisé est important pour préserver les capacités cognitives et promouvoir la génération de nouvelles cellules cérébrales.

Cette découverte a mené les chercheurs à l’idée qu’un déclin cognitif au fil des ans pourrait être lié non seulement à «l’âge chronologique» mais aussi à «l’âge immunologique» d’une personne, ce qui signifie que des changements dans le fonctionnement du système immunitaire pourraient avec le temps contribuer à des changements dans le fonctionnement du cerveau, sans que ce soit nécessairement en phase avec l’âge des personnes.

Ils ont identifié une «signature du vieillissement» tout à fait particulière qui existe seulement dans le plexus choroïde, et qui ne se trouve dans aucun autre organe. Ils ont découvert que l’un des éléments les plus importants de cette signature est l’interféron bêta, une protéine normalement produite par le corps pour lutter contre les infections virales. Cette protéine semble avoir un effet nocif sur le cerveau : lorsque les chercheurs injectent un anticorps qui bloque l’activité de l’interféron bêta dans le liquide cérébrospinal des souris âgées, leurs capacités cognitives sont rétablies, de même que leur capacité de former de nouvelles cellules cérébrales. Les chercheurs ont aussi réussi à identifier cette signature unique dans le cerveau de personnes âgées.

Ils espèrent que cette découverte pourra à l’avenir aider à empêcher ou à inverser le déclin cognitif à un âge avancé, en trouvant des moyens de rajeunir «l’âge immunologique» du cerveau.


Des "supervieillards" avec des cerveaux éternellement jeunes

Selon une étude réalisée par des experts de l'Université Northwestern, publiée en 2012 dans la revue Journal of the International Neuropsychological Society, il existe un groupe particulier de personnes âgées de plus de quatre-vingts ans, connues comme les "superagers" ou  les "supervieillards", qui disposent d'une anatomie cérébrale spéciale leur permettant de penser et de se rappeler même mieux que les personnes vingt ou trente ans plus jeunes.

En étudiant leurs cerveaux avec l'aide de la résonance magnétique dans trois dimensions, les hommes de science ont démontré qu'il existe plus de vitalité dans leur cortex, la couche la plus externe du cerveau  clé de la mémoire, de l'attention et du raisonnement  qui est beaucoup plus épaisse que celle d'autres personnes du même âge, très similaire à celle de sujets autour des cinquante ans. Un cortex aminci suggère la perte de neurones ou de matière grise. Les examens cérébraux ont aussi montré que les personnes de 80 à 99 ans qui souffraient d'une descente dans la mémoire avaient des cortex plus fins.

Les images cérébrales obtenues dans l'étude montrent qu'il existe une région profonde du cerveau, le cortex cingulaire antérieur qui est plus gros chez les 'supervieillards' que chez n'importe quel adulte de 50 ans. Cette région est importante pour l'attention. Peut-être les supervieillards se différencient-ils surtout parce qu'ils ont une capacité d'attention très pointue, leur donnant un support à leur extraordinaire mémoire.

Les chercheurs espèrent que, après avoir identifié ces 'supervieillards'  qui ont l'intention de donner leurs cerveaux après leur décès pour l'étude cellulaire de leurs structures  il soit possible de découvrir les secrets pour maintenir un cerveau jeune, et ainsi protéger le reste de la population des problèmes dus à la perte de mémoire, propres du vieillissement et de maladies neuro-dégénératives comme l'Alzheimer. Au lieu d'étudier ce qui va mal dans le cerveau, ils ont analysé des cerveaux vieux mais exceptionnellement sains. Dans ce sens leur travail est unique.


La méditation préserve la jeunesse du cerveau


Des chercheurs de l'Université de Californie, dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology en février 2015, ont démontré qu’il serait possible de protéger la matière grise cérébrale grâce à la méditation.

Passé la vingtaine, le cerveau affiche déjà des signes de vieillissement, son volume et son poids commencent à diminuer.

Pour les besoins de cette étude et afin de comprendre les relations entre l'âge et la matière grise, 50 participants ayant l'habitude de méditer ont été placés face à 50 novices en la matière. Ces participants sont 28 hommes et 22 femmes âgés de 24 à 77 ans.

Les aires du cerveau
affectées par le vieillissement (en rouge)
sont moins étendues chez les personnes
qui méditent (celles de la file inférieure)
Grâce à l'IRM, les chercheurs ont surveillé l'activité du cerveau des participants. Ils ont constaté que la matière grise décline bien avec l'âge, mais de façon moindre chez ceux qui méditent.

Les chercheurs ont étudié les cerveaux des volontaires en utilisant des images de résonance magnétique de dernière génération. Ainsi ils ont pu constater que même si tous avaient une diminution de la matière grise qui est riche en neurones, ceux qui méditaient perdaient moins de cellules nerveuses, phénomène observé dans tout le cerveau et pas seulement dans quelques zones.

La méditation modifie l'activité cérébrale et ce type d'activité augmente le nombre de connexions entre les neurones, diminue le stress  qui tue les cellules nerveuses  et la tension artérielle.


Le Taï Chi efficace contre le déclin cognitif


Des chercheurs de l’University of South Florida et de la Fudan University à Shangaï, dans une étude publiée dans Journal of Alzheimer’s Disease en 2012, ont révélé que la pratique régulière de Taï Chi  au minimum 3 fois par semaine  avait une influence sur la taille du cerveau et sur les capacités cognitives de personnes âgées.

Dans le groupe qui n’a pas pratiqué cet exercice les chercheurs ont observé une diminution de la taille du cerveau.

Les chercheurs se sont dits surpris par l’ampleur des bénéfices observés chez les adeptes du Taï Chi. Selon eux, le Taï Chi est une juste combinaison d’exercices physiques et mentaux, qui nécessite une concentration et une attention de chaque instant pour maintenir les positions requises.

Plusieurs formes de démence et de détérioration cognitive sont liées à une diminution importante de la taille du cerveau à mesure que les neurones et leurs connexions se perdent. La capacité à inverser cette tendance grâce à de l’exercice physique ou une activité mentale accrue implique qu’il est possible de retarder l’arrivée des démences chez les personnes âgées.


Apprendre une deuxième langue  Une seconde jeunesse pour le cerveau


Des chercheurs de l’université d’Edimbourg, dans une étude publiée en juin 2014 dans la revue Annals of Neurology, ont démontré que les capacités cognitives des personnes bilingues maintiennent plus longtemps leur degré de performance.

Le fait de parler deux langues freine le déclin de ces facultés (mémoire, raisonnement, concentration, résolution de problèmes, attention, prise de décision). Les effets ainsi constatés du bilinguisme sont les plus forts en matière d’intelligence générale et de capacités à la lecture.

L’évaluation des facultés cognitives montre non seulement que les bilingues affichent globalement de meilleures performances que la moyenne des personnes du même âge, mais aussi que cet avantage se maintient (à des degrés divers) quel que soit l’âge d’acquisition de la seconde langue. Les capacités de départ peuvent être modulées par le bilinguisme et celui-ci contribue à lutter contre le vieillissement cérébral.

L’étude conclue que le bilinguisme, même acquis sur le tard, a un impact positif sur les facultés cognitives, y compris sur les débuts de la démence.

Apprendre une autre langue  même tardivement dans la vie  améliore l’attention et la concentration, et en plus retarde les effets néfastes du vieillissement, y compris Alzheimer.


Les acides Omega 3 aident le cerveau à mieux vieillir


Une étude américaine des chercheurs de l’Université du Dakota du Sud, publiée dans la revue spécialisée Neurology en janvier 2014, révèle qu'un niveau élevé de ces acides gras permet de retarder la destruction des cellules du cerveau liée au vieillissement ou à la maladie d'Alzheimer.

Les chercheurs ont effectué des analyses sanguines auprès de plus de 1.100 femmes, afin d'examiner le niveau d'acides gras EPA et DHA. Ces deux acides gras sont produits par le corps lorsqu'il assimile les omégas 3.

Huit ans après ces analyses, les femmes ont subi une IRM (imagerie à résonance magnétique) pour mesurer le volume du cerveau. Ils ont constaté que les femmes avec des niveaux significativement plus élevés de ces deux acides gras dans leurs globules rouges avaient tendance à avoir un plus gros cerveau, et des hippocampes plus grands, la partie du cerveau associée à la formation des souvenirs. Alors que naturellement chez les personnes âgées, le cerveau a tendance à se rétrécir.

Ces plus hauts niveaux d'acides gras peuvent être obtenus à travers les habitudes alimentaires et la consommation de poisson gras non frits, comme le saumon, le thon, le hareng ou la sardine au moins deux fois par semaine et  de compléments alimentaires à base d’huile de poisson. On trouve aussi ces acides gras dans les huiles végétales (lin, canola, soja) et les noix de Grenoble.

Les résultats suggèrent que l'effet sur le volume du cerveau revient à retarder d'un ou deux ans la perte normale des cellules cérébrales qui apparaît avec le vieillissement.

Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la présence de l’EPA et le DHA peut aider à prévenir la rétraction dans le cerveau, soit parce que le DHA est utilisé dans les composés anti-inflammatoires qui empêchent la mort cellulaire, ou parce qu’il est utilisé dans la construction des membranes de cellules du cerveau.





On peut apprendre à tout âge

La plasticité cérébrale permet d’apprendre à tout âge. Active pendant toute la vie, la plasticité cérébrale est le support neurobiologique à la base des phénomènes d'apprentissage et de mémorisation tout au long de la vie.

L’attention est au cœur du fonctionnement cognitif. Des tâches attentives modifient le cerveau à long terme.

Apprendre est déstabilisant, et renvoie aux limites, aux phobies, aux doutes de la personne. Ce n’est pas le cas dans l’enfance. Soumis au diktat de ses émotions et de ses représentations, l’adulte hésite à se lancer dans l’inconnu. Mais il est toujours possible d’apprendre quelque chose de plus.

Plus on mémorise, plus on peut mémoriser. De plus, une information stockée dans le cerveau ne subit aucune dégradation particulière avec l’âge. En revanche, la courbe de l’oubli est la même pour tout le monde.

Apprentissage Hebbien. La majorité des travaux sur la plasticité synaptique est basée sur le postulat de Hebb (1949) qui a proposé que, lorsqu'un neurone prend part de façon répétée à l'activation d'un autre neurone, l'efficacité des connexions entre ces neurones est augmentée.

Deux neurones en activité au même moment créent ou renforcent leur connexion de sorte que l'activation de l'un par l'autre sera plus facile à l'avenir. Ce mécanisme est celui utilisé par le cerveau pour la mémoire.

Les neurones créent de nouvelles
connexions pendant l'apprentissage
La mémoire à long terme est constituée de l'ensemble des informations stockées à l'intérieur du cerveau. L'apprentissage se développe à travers un grand nombre de répétitions. Au sein du système nerveux du cerveau ce sont les formes de connexion dont l'intensité va croissante qui va permettre le phénomène d'acquisition des souvenirs. Le cœur du système d'acquisition de l'information est l'hippocampe.

Ce processus permet que les nouvelles expériences de vie, les conversations tenues, les nouvelles connaissances acquises, remodèlent à plusieurs reprises le cerveau. Bien que les gènes puisent prédéterminer certaines caractéristiques de la personnalité, ils ne sont pas les responsables finaux de la majorité des qualités que celle-ci possède.

Il est connu maintenant, que la génétique est responsable de 10% des réseaux hebbiens, mais que les 90% restants se forment sous l'influence d'autres deux facteurs qui, à la différence du premier, peuvent être modifiés par la volonté : les expériences de vie et les connaissances acquises.

Il est connu aussi que ceci dépend d'une structure cérébrale modulable connue comme les lobes préfrontaux. Ils sont les derniers à se développer dans le cerveau, ils complètent plus ou moins leur maturation à 21 ans  de là le concept de majorité  en occupant à peu près 30% de son volume.

Les experts ont démontré que les personnes ayant une formation faible ou qui vivent dans un environnement avec peu de stimulation intellectuelle souffrent d'une perte dans leur capacité de comprendre, de se souvenir et de penser. Indépendamment de l'âge.


Facteurs de protection

Il peut arriver qu’en vieillissant le cerveau subisse des transformations qui entraînent ce que l’on appelle des troubles cognitifs. Un trouble cognitif représente un dysfonctionnement dans les capacités du cerveau, ou autrement dit un déclin quant aux capacités intellectuelles antérieures. Ces troubles cognitifs peuvent avoir différentes causes et différentes intensités. Ils peuvent toucher une ou plusieurs fonctions, telles que l’attention, la concentration, la mémoire, le langage, la planification, etc.

Bien que nous ayons peu de contrôle sur certains de ces facteurs de risque, il demeure tout de même possible de réduire les menaces à notre santé cognitive en adoptant de saines habitudes de vie.

Au cours de notre vie, notre niveau de scolarité et les exigences de notre métier influencent aussi notre cerveau en permettant la construction d’une réserve cognitive avec le cumul des années. La réserve cognitive, c’est la capacité du cerveau à compenser des lésions qui pourraient survenir. Plus cette réserve est élevée, plus elle est susceptible de retarder l’apparition des signes d’une éventuelle maladie touchant la mémoire.


Pour maintenir de bonnes capacités cognitives


L'influence de l'alimentation


Elle apporte les éléments métaboliques qui vont permettre au cerveau de bien fonctionner. Il faut éviter les sucres rapides, les graisses cuites qui lui sont néfastes. Le cerveau a besoin d'une alimentation tonique. La cervelle représente 2% du poids du corps, mais elle consomme 20% de l'énergie qu'il dépense. La substance nerveuse contient des matières grasses, des protéines, des vitamines C et E, du glucose, du calcium.

Les acides gras oméga 3 sont très bons pour la santé. Grâce à de bons niveaux sanguins, l'hippocampe est également préservé. C'est la première zone du cerveau à être touchée chez un patient souffrant d'Alzheimer. On les trouve dans les poissons gras ou certaines huiles telles que l’huile de noix et l’huile de colza. Ce sont des antioxydants naturels à consommer au moins deux fois par semaine.

Il faut consommer des aliments qui ont des propriétés anti-oxydantes, une consommation régulière de cinq fruits et légumes par jour, des noix, graines de sésame, olives, des produits à base de soja, car riches en antioxydants qui combattent la production de déchets toxiques pour les neurones : les radicaux libres en excès. Une oxydation excessive nuit très fortement aux neurones.

Quant à l’alcool, consommer de façon excessive de l’alcool peut diminuer la mémoire en endommageant le cerveau, en perturbant l’appétit et en interférant avec l’absorption de vitamines essentielles. Une consommation modérée de vin rouge (et non blanc ou autre alcool) semble en revanche bénéfique, par l’effet antioxydant et protecteur contre le risque de maladie cardiovasculaire.


Faire de l’exercice physique



Être actif physiquement garde en meilleure santé générale et cardiovasculaire, diminue le stress et augmente l’apport sanguin au cerveau. Des exercices aérobiques principalement (marche, vélo, natation, danse, etc.), à raison de trois fois par semaine, sont bons pour l’oxygénation du cerveau.

Un exercice régulier diminue l’apparition de troubles cognitifs (type démence), et peut même mener à l'apparition de nouvelles connexions neuronales dans l'hippocampe, la zone du cerveau concernée par la mémoire.


S’occuper de sa santé


Maintenir un suivi médical régulier, bien traiter les facteurs de risque cardio-vasculaires, ne pas fumer, garder un poids santé, se protéger la tête avec un casque lors d’activités qui le requiert pour éviter les commotions cérébrales sont tous des éléments gagnants.

Par ailleurs, avec l’âge, on prend souvent plus de médicaments. Les organes qui métabolisent et éliminent ces médicaments sont toutefois plus lents, alors il faut faire attention aux doses. Certains médicaments pour dormir peuvent affecter la mémoire, en provoquant de la somnolence et en diminuant la vigilance. Par contre, d’autres médicaments sont essentiels pour contrôler des maladies qui sont des facteurs de risque pour des troubles cognitifs : les médicaments pour le diabète, l’hypertension et les anti-inflammatoires sont donc essentiels dans la prévention de problèmes secondaires.


Socialiser


Entretenir des liens fréquents avec les personnes du réseau social stimule le cerveau et le protège du déclin cognitif. Les activités sociales comme le fait de partager des repas, des loisirs, des sorties, des discussions, soutiennent un mode de vie actif, améliorent la qualité de vie, augmentent l’estime de soi, préviennent l’isolement et diminuent le stress et le risque de dépression.


Des jeux pour stimuler le cerveau


Étant donné que, chaque fois que le cerveau apprend quelque chose, construit de nouveaux réseaux de neurones, les recherches se sont concentrées ces derniers temps sur la création de jeux qui favorisent cette création de nouveaux réseaux et font travailler le "muscle" cérébral chez des personnes âgées.

Des mots croisés, des puzzles, des jeux mathématiques stimulent le cerveau. Les jeux vidéo proposent des challenges intellectuels capables de développer le cerveau. Désormais les fabricants de jeux vidéo pensent aux seniors et proposent des jeux d'entraînement cérébraux permettant de garder les facultés intellectuelles en éveil.

L'entraînement cérébral est en vogue et on peut trouver facilement des exercices de stimulation variés qui permettent de conserver une plus grande attention, une mémoire plus performante.


Apprendre une langue


L’âge n’est pas une barrière pour apprendre une langue. Apprendre une nouvelle langue, y compris à l’âge adulte, aurait des bénéfices non négligeables d’un point de vue cognitif.

Certaines parties du cerveau se développent, et plus particulièrement l’hippocampe, la partie du cerveau impliquée dans l’acquisition de nouvelles connaissances et dans la consolidation de la mémoire. Parler plusieurs langues permettrait par ailleurs de retarder les effets de l’âge.

Lorsqu’un adulte apprend des langues il y a une amélioration de l’intégrité de la matière blanche. La matière blanche est celle qui connecte les cellules nerveuses, donc plus elles sont connectées, meilleure est la possibilité d’accomplir une tâche cognitive.

Apprendre des langues développe la réserve cognitive, ce qui rend plus résistant aux lésions cérébrales.

L’acquisition d’une nouvelle langue permet d’exercer et de développer le cerveau, et ainsi d’être plus performant et même de rester jeune plus longtemps.


Méditation


En vieillissant, le cerveau devient plus vulnérable aux effets des hormones de stress produites par le corps. Une des hormones du stress le cortisol –, peut perturber la mémoire si elle est produite de façon intense et chronique. De façon générale, l’anxiété et la dépression altèrent la concentration et la mise en place de stratégies nécessaires pour bien mémoriser.

La méditation consiste à faire le vide total en soi et à se concentrer sur ce qui passe à l'intérieur du corps (respiration, fonctions vitales, etc.). Elle aide à faire abstraction de tout ce qui stresse et à chasser de l’esprit les émotions, idées, tracas, etc., et à se concentrer sur l'intérieur.

La méditation permet non seulement la création de nouveaux circuits neuronaux mais également d'apaiser les charges émotionnelles. Elle stimule l'activité de la partie prépondérante du cortex préfrontal dans le cerveau, améliorant ainsi la santé du cerveau, le rendant plus intégré, et capable de fonctionner davantage dans sa globalité.


Pratiquer le Taï Chi


Le tai chi se compose d'un enchaînement de mouvements qui sont exécutés de manière continue et fluide. Ces mouvements sont pratiqués lentement. Durant l'exercice tous les muscles travaillent d'une manière harmonieuse avec des tensions graduelles et des relaxations graduelles.

Durant la pratique du Tai Chi, le corps et le cerveau travaillent en même temps; ce genre d'exercices stimule le cortex en activant certaines parties du cerveau tout en relaxant d'autres parties. Ceci permet au cerveau de calmer les régions du cortex qui souffrent de tensions dues au stress ou à de mauvaises influences.


Des conseils pour aider à se souvenir


Même en travaillant d’arrache-pied sur votre mémoire, vous ne serez jamais à l’abri des petits oublis… Voici quelques outils pour réduire les trous de mémoire.

Être attentif. Faire deux choses en même temps devient de plus en plus complexe en vieillissant. Si vous voulez retenir une information, assurez-vous d’y porter une grande attention et, si possible, réduisez le bruit ambiant.

Répéter. Donnez-vous le temps de retenir une information en la répétant plusieurs fois, puis testez votre mémoire. Vous venez d’être présenté à votre nouveau voisin? Répétez son nom plusieurs fois, d’abord à quelques secondes d’intervalle, puis quelques minutes, puis quelques heures, ainsi de suite.

Mnémotechnique. Au centre commercial, vous avez garé votre voiture dans l’allée C. Faites une association avec ce qui vous est familier en pensant, par exemple, à votre fille dont le prénom est Christine. Vous oubliez fréquemment de prendre vos médicaments? Associez cette activité à une autre : une émission de télé que vous écoutez religieusement, l’heure où vous allez chercher votre courrier, etc.

S’organiser. Agendas, calendriers et tableaux d’affichage sont précieux. Écrivez-y vos rendez-vous, vos sorties, les comptes à payer, etc. Prenez l’habitude de le consulter à une heure fixe et d’y inscrire des notes complètes: heure du rendez-vous, personne à rencontrer, lieu, numéro de téléphone, etc. Aussi, décidez d’un endroit précis où déposer vos clés, vos lunettes, vos papiers et tout autre objet d’importance.

Se donner une chance. Soyez indulgent envers vous-même et ne paniquez pas si c’est un peu plus long pour retrouver un mot ou un nom. Surtout, acceptez que votre mémoire ne soit pas infaillible et… gardez le sourire.


Le processus de vieillissement fait partie de la vie et il agit inexorablement sur notre corps, y compris notre cerveau. Cependant, bien que certaines fonctions diminuent avec l’âge, d’autres demeurent intactes et peuvent même profiter du cumul des expériences. Prévenir le déclin cérébral dû à l’âge, finalement, c’est comme devenir plus intelligent. Il n'est jamais trop tard pour changer, construire de nouvelles et meilleures habitudes et apprendre de nouvelles compétences qui nous permettent de recréer nos vies.

Alimentation et
fonctionnement cérébral
Le cerveau a un
grand besoin d'énergie
Neuronas y glucosa



L'importance du
petit déjeuner pour le bon
 fonctionnement du cerveau

L'importance
de la sieste
L'huile de noix de coco
propriétés et bienfaits




L'exposition aux polluants
 atmosphériques a un
impact sur le cerveau humain
Intoxication aux
 métaux lourds
Neurotoxines





Le système glymphatique
 nettoie le cerveau

Aliments nocifs
pour le cerveau
Additifs alimentaires
 toxiques



Deuxième cerveau
L'intestin
Des activités pour
 exercer le cerveau
La lecture stimule l'activité
 cérébrale et renforce
les connexions neuronales

Auto réparation
 du cerveau
Le neurotransmetteur
 glutamate et
 l'acide glutamique



La glie : les autres
 cellules du cerveau

Substance blanche
 et substance grise
 du cerveau

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