samedi 20 juin 2015

Dangers des Pesticides Néocotinoïdes pour la Santé et l'Écosystème




Les néocotinoïdes sont les destructeurs silencieux de la santé humaine et de la biodiversité globale


Cette nouvelle classe d’insecticides débute avec la découverte de l’imidaclopride et sa mise sur le marché en 1991. Très efficaces, ils s’utilisent à très faibles doses en remplaçant les insecticides antérieurs, jusqu’à 8.000 fois plus toxique que le DDT.

Sous la dénomination de «néonicotinoïdes», on trouve plusieurs substances actives, à savoir le thiaméthoxam, l’imidaclopride, le thiaclopride, le dinotéfuran, l’acétamipride et le clothianidine. Ces néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques. En tant que tels, ils sont présents dans et sur la plante tout au long de sa vie. Ils sont repris par la plante et transportés dans tous les tissus de façon préventive, même en absence de ravageurs. On les retrouve sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar. Persistants dans l’environnement, ils contaminent le sol, l’eau et l’air.

Les néonicotinoïdes se présentent souvent sous la forme d’un enrobage pour les semences. Lorsque ces dernières germent, les molécules toxiques sont captées par les racines, puis circulent dans la plante avec la sève. Selon de très nombreuses études, 5% seulement des molécules toxiques de l’enrobage des semences pénètre dans la plante. Tout le reste, soluble dans l’eau puisqu’il doit circuler avec la sève, contamine le sol, puis les eaux de surface, et enfin les eaux souterraines. La toxine de l’insecticide reste active dans le sol ou la plante pendant de nombreux mois (ou des années), protégeant la culture tout au long de la saison.

Ils sont utilisés dans les vergers ou pour les légumes. Les jardiniers amateurs s’en servent. Les chiens et les chats sont protégés des puces avec eux. Et jusqu’aux charpentes de bois.

Ces pesticides ont les noms comerciaux suivants: Roundup, Gaucho, Prestige, Admire, Marathon, Cruiser et Platinum. Mais leurs noms peuvent changer d’un pays à l’autre.


Les pesticides systémiques et la biodiversité


Plusieurs études parues depuis deux ans sont mises en perspective par F. Sanchez-Bayo et Goka, de la faculté d’agriculture et d’environnement de l’université de Sydney, dans la revue Plos One d’avril 2014. Parmi lesquelles une énorme «méta analyse» conduite par une «task force» mondiale  plus de 800 articles parus dans des revues à comité de lecture  réalisée par une équipe internationale.

Selon les études ces insecticides seraient responsables d'un effondrement des populations d'insectes, nuisibles ou non pour l'agriculture, mais aussi, directement et indirectement, d'invertébrés aquatiques et du sol (lombrics) et des oiseaux communs. L’effondrement des colonies d'abeilles domestiques ne serait qu'un exemple, plus visible, d'un massacre général. Les molécules néonicotinoïdes et le fipronil sont très toxiques et s'attaquent au système nerveux des insectes.

Treize chercheurs d'académies nationales de sciences, réunies au sein de l'association européenne EASAC, ont analysé plus d'une centaine d'études relatives à l'impact des néonicotinoïdes sur l'écosystème.

Les experts concluent qu'il y a de plus en plus de preuves attestant que l'usage des néonicotinoïdes a des conséquences graves sur des organismes qui ne devraient pas disparaitre. Il s'agit par exemple des pollinisateurs ou d'insectes contribuant à lutter contre les maladies. Il serait en outre prouvé scientifiquement que même d'infimes quantités de néonicotinoïdes peuvent être nocives.

Une étude dirigée par Nicolas Deguines et al, publiée dans Frontiers in Ecology and the Environment en mai 2014, sur 54 cultures majeures en France de 1989 à 2010 montre que les rendements de celles qui dépendent de la pollinisation ont décru avec l’usage des néonicotinoïdes, ce qui n’est pas le cas des autres.

Bien que ces problèmes continuent d’être soumis à des investigations, les connaissances actuelles conduisent à reconsidérer les traitements préventifs actuels des semences avec des néonicotinoïdes.

Ces résultats de recherche, nombreux et convergents, ne peuvent plus être ignorés des pouvoirs publics. Même si certaines restrictions aient été mises en place, par exemple par la Commission européenne, les gouvernements hésitent à établir que la science est suffisamment concluante et à donner suite à ces conclusions en prenant des mesures.


L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) identifie les risques associés aux néonicotinoïdes pour les abeilles


Les scientifiques de l’EFSA ont identifié un certain nombre de risques associés à trois types d’insecticides néonicotinoïdes : imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame. Leur utilisation est interdite à partir de décembre 2013 pour deux ans.

L'interdiction porte sur les cultures qui attirent principalement les insectes pollinisateurs, comme les abeilles.

Ces restrictions d’usage portent sur trois types d’usages  traitement des semences, traitement au sol et foliaire  et concerne plus de 75 cultures différentes dont notamment des cultures fruitières (abricots, poires, pommes, pêche et nectarines, prunes), des cultures de fruits à coque (noix, noisettes amandes) ou des cultures de fruits rouges (fraises, myrtilles) qui sont jugées attractives pour les abeilles.

Lorsque les évaluations des risques ont pu être finalisées, l’EFSA, en coopération avec des experts scientifiques des États membres de l’UE, a rendu les conclusions suivantes pour les trois substances:

* Exposition au pollen et au nectar : seule l’utilisation sur des cultures n’attirant pas les abeilles a été considérée comme acceptable.
* Exposition à la poussière : un risque pour les abeilles a été signalé ou n’a pas pu être exclu, avec certaines exceptions telles que l’utilisation sur les betteraves sucrières et les cultures sous serre, ainsi que l’utilisation de certains granules.
* Exposition à la guttation : la seule évaluation des risques ayant pu être finalisée concerne le maïs traité avec du thiaméthoxame. Dans ce cas, les études sur le terrain démontrent un effet aigu sur les abeilles exposées à la substance par la voie de la guttation (gouttelettes d'eau).

Compte tenu de l’importance des abeilles dans l’écosystème et la chaîne alimentaire, ainsi que des multiples services qu’elles rendent aux êtres humains, leur protection est essentielle. Dans le cadre de sa mission consistant à améliorer la sécurité des aliments de l’UE et à garantir un niveau élevé de protection des consommateurs, l’EFSA joue un rôle important afin de garantir leur survie.

Le Sénat français a rejetté l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes. Cette décision étant susceptible d'être revue  à la lumière d'informations scientifiques nouvelles  en 2015, lors de son examen au Sénat, la proposition de résolution visant à faire interdire les néonicotinoïdes au niveau européen a été rejetée en février dernier.

A quoi ressembleraient nos supermarchés sans les abeilles ?


La chaîne de supermarchés américaine Whole Foods, spécialisée dans le bio et l’équitable, a imaginé à quoi ressembleraient ses étals si les abeilles venaient à s’éteindre. L'un de ses magasins, situé à Providence (Rhode Island), a temporairement enlevé tous les produits venant de plantes pollinisées par des abeilles et autres insectes pollinisateurs. Résultat : 237 des 453 produits proposés à l'accoutumée, soit 52% des récoltes, ont disparu. Parmi eux : les pommes, oignons, carottes, citrons, brocolis, avocats, concombres.

Les pollinisateurs sont indispensables pour la production de l’alimentation, mais c’est aussi la biodiversité qui est en jeu et, à travers elle, l’avenir de l’humanité et de son environnement. A cela s’ajoute une question de santé publique car l’usage des pesticides a des effets particulièrement nocifs pour la santé des agriculteurs et de leurs proches.



Selon des données de la FAO, de 100 cultures qui fournissent 90% des aliments dans le monde, 71 sont pollinisés par des abeilles. En Europe 84% des espèces de 264 cultures sont pollinisés par des insectes. Il en est de même quant à l'impact qui pourrait y avoir sur la flore sauvage. Des milliers d'espèces végétales existent grâce aux insectes. Pas moins de 87% des plantes avec des fleurs dans le monde dépendent des insectes pollinisateurs.





Les risques des pesticides pour la santé humaine


Les pesticides posent un véritable problème de santé publique. Ils seraient à l’origine de plusieurs maladies, souvent chroniques et invalidantes, tels que déficits immunitaires, anomalies congénitales, développement de certains cancers, maladies neurologiques, diminution de la fertilité.

Les pesticides sont des produits toxiques par nature qui, en se dispersant dans l'environnement, sont susceptibles de contaminer les milieux et les chaînes alimentaires.

Selon l'OMS, les facteurs influant sur la toxicité des pesticides pour l’homme sont :

* la dose,
* les modalités de l’exposition,
* le degré d’absorption,
* la nature des effets de la matière active et de ses métabolites,
* l’accumulation et la persistance du produit dans l’organisme.


Des publications récentes font craindre que ces produits affectent également la santé humaine


L’agence canadienne de réglementation sur la lutte antiparasitaire classe la clothianidine, le thiaclopride et le thiaméthoxam comme perturbateurs endocriniens potentiels et indique des effets suspectés sur la reproduction chez l'animal pour l’acétamipride, la clothianidine et le thiaméthoxam.

L’agence pour la protection de l’environnement des Etats-Unis (US EPA) classe le thiaclopride comme cancérigène probable.

Greenpeace, a testé 11 marques de thé faites par huit fabricants en Inde. La collecte des échantillons a été faite entre juin 2013 et mai 2014. Au moins 94% des échantillons de thé contenaient des pesticides.

Des insecticides néonicotinoïdes étaient présents dans une grande partie des échantillons, produit chimique interdit récemment par le US Fish and Wildlife Service et dont l’utilisation est interdite dans de nombreux autres pays en développement.

Les échantillons prélevés par Greenpeace fabriqués en Inde sont bien connus et sont reliés aux marques suivantes: Hindustan Unilever Ltd, Tata mondial Beverages Limited, Wagh Bakri thé, Goodricke thé, Twinings, Conseils d’or, Kho-Cha, Girnar.

Au vu des résultats des tests de Greenpeace en Inde, certaines des entreprises ont promis de mettre fin à l’utilisation de pesticides dangereux et promis d’atteindre une culture de thé durable d’ici à 2020.

Le glyphosate : un danger pour la santé


Le glyphosate est un herbicide systémique à large spectre qui bloque un enzyme dont la plante a besoin pour fabriquer des acides aminés et des protéines. Ce produit est toxique pour toute plante qui n'a pas été modifiée génétiquement pour le tolérer.

Les propriétés herbicides du glyphosate ont été brevetées par Monsanto dans les années 70 et le Roundup devint un succès commercial. Monsanto vend près de la moitié des herbicides à base de glyphosate commercialisés dans le monde. D'autres firmes comme Syngenta, Bayer, BASF et Dow vendent aussi leurs propres produits à base de glyphosate.

Le glyphosate est utilisé sur les OGM agricoles, dont 85% sont modifiés génétiquement pour tolérer un herbicide. Il est aussi utilisé pour contrôler les adventices dans les vignobles et les vergers. On l'emploie aussi couramment dans les jardins, les parcs, les espaces publics et sur les voies ferrées.

Les résultats des expérimentations animales laissent à penser que lorsqu'on consomme du glyphosate, de 15 à 30 % sont absorbés par le corps. On peut alors le retrouver dans le sang et les tissus, et il a été démontré qu'il pouvait aussi traverser le placenta durant la grossesse. Les recherches montrent qu'après une semaine, 1% du glyphosate demeure dans le corps, mais comme ce produit est largement utilisé, la majorité des personnes est exposée de façon régulière.

Le Professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe de recherche de l’université de Caen en France, ont de leur côté décider d’approfondir les effets de cet herbicide sur les cellules du placenta humain.

Ils ont maintenant prouvé que le glyphosate est toxique pour les cellules placentaires humaines, tuant une grande proportion de celles-ci après 18 heures d’exposition à des concentrations inférieures à celles qui sont employées en agriculture. De plus, le Roundup est toujours plus toxique que sa matière active, le glyphosate : sa toxicité est au moins le double. Cet effet augmente au cours du temps et il a été obtenu avec des concentrations de Roundup 10 fois plus faibles que celles utilisées dans les pratiques agricoles.

Les herbicides à base de glyphosate ont des niveaux de toxicité très variables, mais peuvent être mortels chez l'humain. En plus d'être toxiques sur des cultures de cellules humaines, notamment sur des cellules du placenta et de l'embryon, le glyphosate peut perturber le système endocrinien, ce qui peut avoir des conséquences irréversibles à certaines phases du développement, comme la grossesse.

Dans les secteurs d'Amérique du Sud où est cultivé le soja, le nombre de malformations congénitales a augmenté. Une étude menée au Paraguay constatait que les femmes qui vivent à moins d'un kilomètre des champs sur lesquels le glyphosate est épandu, ont plus de deux fois plus de risques d'avoir des bébés malformés. En Equateur et en Colombie, où des herbicides à base de glyphosate ont été utilisés pour contrôler la production de cocaïne, il y avait un taux plus élevé d'altérations génétiques et de fausses-couches durant la saison d'épandage. Le Chaco est une région d'Argentine où l'on cultive le soja. Les taux de cancer ont été multipliés par 4 durant ces dix dernières années.

3 français sur 10 sont contaminés par le glyphosate


Les résultats des analyses commandées par Les Amis de la Terre (en 2013) sont en concordance avec les tests menés dans 17 autres pays européens, qui montrent que 43,9% de tous les échantillons contiennent des traces de ce produit chimique.

Tous les volontaires qui ont donné des échantillons d'urine vivent en ville et aucun d'entre eux n'a utilisé, ni manipulé des produits à base de glyphosate dans la période précédent les tests. C'est la première fois qu'un tel test de contrôle est mené en Europe pour détecter la présence de ce désherbant dans le corps humain.

Impact  sur le système nerveux


Les néonicotinoïdes sont des neurotoxines, des substances influençant le système nerveux. L'exposition à ces produits peut avoir des conséquences chroniques.

Deux insecticides jugés dangereux pour le cerveau


Dans un communiqué du 17 décembre 2013, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) déclare que deux néonicotinoïdes  l'acétamipride et l'imidaclopride  peuvent avoir une incidence sur le développement du système nerveux humain. Ils peuvent affecter de façon défavorable le développement des neurones et des structures cérébrales associées à des fonctions telles que l'apprentissage et la mémoire et a recommandé la réduction des seuils d’exposition pour l’homme.

L’imidaclopride est l’un des insecticides les plus utilisés dans le monde pour lutter contre les insectes suceurs dans de nombreuses cultures de végétaux feuillus, d’agrumes, de piridions, dans la vigne, dans la culture de coton, etc. mais aussi dans les cerisiers pour combattre la larve de la mouche.

Les experts de l’agence européenne ont conclu que certains des niveaux actuels recommandés d’exposition acceptable à l’acétamipride et à l’imidaclopride pourraient ne pas constituer une protection suffisante pour éviter toute neurotoxicité développementale et qu’ils devraient être abaissés. Ces valeurs appelées «valeurs de référence toxicologiques» fournissent des orientations claires sur la dose d’une substance à laquelle les consommateurs peuvent être exposés à court et à long terme sans risque notable pour la santé.

Les liens entre pesticides et autisme


D'après une étude de chercheurs de l'université Davis publiée dans Environmental Health Perspectives en juin 2014 une femme enceinte qui vit près d'une ferme utilisant ces produits chimiques a un risque 66% plus élevé de voir son enfant développer la maladie.

Un enfant américain sur 68 est autiste, soit 30 % de plus qu'en 2012, et au lieu d'un sur 150 en 2000. L'autisme a fortement augmenté ces dernières décennies aux Etats-Unis. Une progression qui serait en partie corrélée au développement des pesticides.

Les chercheurs ont confronté des données sur les utilisations de pesticides en Californie aux adresses de 1.000 personnes. La loi en Californie requiert de préciser les types de pesticides pulvérisés, où, quand et dans quelles quantités.

Ils ont constaté que plusieurs types de pesticides ont été plus couramment utilisés près des habitations où les enfants ont développé le syndrome de l'autisme ou ont eu des retards de développement. Environ un tiers des participants à l'étude vivaient dans un rayon de 1,25 à 1,75 kilomètre de l'endroit où les pesticides ont été utilisés.

Les chercheurs ont découvert que les risques d'autisme étaient d'autant plus élevés que le contact avec les pesticides se faisait au deuxième et au troisième trimestre de la grossesse. Le développement du cerveau du fœtus pourrait être particulièrement sensible aux pesticides.


Des alternatives existent



L’expérimentation grandeur nature en Italie de la suppression des traitements de semences avec des insecticides systémiques (néonicotinoïdes et fipronil) et les résultats obtenus  baisse de la mortalité des ruches de 37,5% à 15%, maintien des rendements de production de maïs, diminution importante des chrysomèles  rappelle que des alternatives existent. Mais l’intérêt des industriels de la chimie et des tenants de l’agriculture toxique prime sur la santé des personnes exposées.


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