vendredi 8 mai 2015

Le Stress Prénatal Maternel Affecte le Bébé




Le stress et l'anxiété de la mère peuvent avoir des répercussions significatives sur l’état de santé de l’enfant


Il arrive que les futures mamans aient des niveaux de stress plus importants. Chômage, problèmes familiaux ou conjugaux, deuil, accident… ces événements angoissants peuvent avoir de véritables répercussions chez la femme enceinte et son fœtus. Il en est de même lors d’un stress aigu provoqué par une catastrophe naturelle, une guerre… Des travaux montrent que ces angoisses sont effectivement associées à des complications de la grossesse : accouchement prématuré, retard de croissance, petits poids à la naissance.

Le stress durant la grossesse peut avoir des séquelles durables sur l’enfant, notamment sur son état de santé, le développement et la fonction de son système immunitaire et son développement cognitif.

Le stress peut prendre une intensité variable, depuis le stress léger jusqu’à l’angoisse, l’anxiété et la dépression. Il peut être causé par des facteurs aussi mineurs que les tracas quotidiens ou aussi majeurs que des relations dysfonctionnelles ou l’adversité.

Plus d’un quart des femmes en âge de procréer rapportent ressentir un stress élevé au quotidien. Ceci peut devenir un problème de santé pour les femmes enceintes, car celles qui travaillent dans un environnement stressant ou bruyant sont 70% plus susceptibles d’accoucher prématurément.

La vie moderne peut être stressante. Il faut identifier des moyens d’aider les femmes enceintes et les nouvelles mères à gérer leur stress, car ceci peut améliorer leur santé et, de façon ultime, celle de leurs enfants.

Le stress aigu se définit par un stress soudain dans l’environnement d’une personne. Certains événements de la vie, comme le décès d’un conjoint, une guerre ou un désastre naturel, procurent des conditions très similaires à celles obtenues en laboratoire.

Dans le but d’évaluer pleinement les effets du stress prénatal, il est important de comprendre la différence entre le stress objectif et le stress subjectif.

Stress objectif

Le stress objectif se rapporte à une quantité mesurable d’épreuves difficiles auxquelles doit faire face une personne. Voici les facteurs pouvant contribuer au stress :

* Nombre de jours sans électricité après une tempête
* Pertes engagées (financières ou biens personnels)
* Changements de la vie quotidienne
* Menaces éventuelles (sécurité générale)
* Durée de l’événement

Stress subjectif

Le stress subjectif quantifie la réaction individuelle à un événement traumatique. Le stress subjectif peut être évalué par des questionnaires qui déterminent la réponse psychologique aux événements.

La dépression prénatale


La dépression prénatale survient durant la grossesse. Elle est caractérisée par des sentiments et des comportements troublants marqués par une humeur dépressive pratiquement au cours de toute la journée pendant au moins deux semaines.

Les symptômes


La femme déprimée pendant la grossesse se sent triste, anxieuse avec des crises de larmes sans raison apparente et une perte de la confiance en soi. D'autres syndromes dépressifs peuvent apparaître lors de la période entourant la grossesse, notamment les troubles de sommeil ou de la concentration, la perturbation de l'appétit et la perte de jouissance pour les activités, des pensées récurrentes de mort ou des pensées suicidaires. L'un des signes évocateurs de la dépression prénatale est le sentiment de dissociation d'avec le fœtus.

Les causes


Plusieurs facteurs sont susceptibles de contribuer à l'apparition d'une dépression pendant la grossesse. Ils peuvent faire varier l’intensité du stress et par conséquent causer plus ou moins de dommages. Ce sont des facteurs de risque:

Des antécédents familiaux ou personnels d'épisodes dépressifs,
* la grossesse non-planifiée ou non-désirée,
* le manque de soutien social,
* des problèmes financiers, interpersonnels ou professionnels.

Les autres causes qui peuvent précipiter la survenue de la dépression chez la femme enceinte, sont les anomalies fœtales, la perte d'un être cher, l'abus des stupéfiants.

Cortisol. C’est l’hormone du stress la plus importante chez l’humain et celle-ci peut avoir des effets néfastes, tant chez la mère que chez l’enfant qu’elle porte. Pour ce faire, le cortisol dans le corps doit être à un niveau considéré comme étant élevé, donc la mère doit vivre un stress relativement soutenu.


Des études sur l’effet du stress et l’anxiété pendant la grossesse

Les études explorant les effets du stress prénatal sur l’enfant à naître se développent depuis une quarantaine d’années. D’abord centrées sur la période périnatale, les recherches explorent désormais les effets à plus long terme sur le développement de l’enfant au niveau cognitif et psychoaffectif.

Sur le plan cognitif, les résultats montrent des effets du stress prénatal sur les capacités intellectuelles, langagières et attentionnelles de l’enfant.

Sur le plan psychoaffectif, l’impact du stress prénatal sur le tempérament de l’enfant ainsi que sur le risque psychopathologique a été mis en évidence.

Il ressort que le moment de survenue du stress a une incidence notable sur les effets qu’il produira sur l’enfant à venir, effets qui peuvent aussi varier en fonction du sexe du fœtus. Des hypothèses physiologiques et de programmation du développement fœtal peuvent en partie expliquer ces résultats. Toutefois, d’autres variables peuvent pondérer les effets du stress prénatal sur la femme et sur le développement de l’enfant.

Le stress maternel prénatal influe sur le développement du cerveau du fœtus. L’activité et la sensibilité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien peuvent ainsi être intégrées à la théorie de la programmation fœtale (théorie de Barker). Ainsi, un haut risque de déclarer une maladie psychique peut être préprogrammé, et celle-ci pourra alors survenir dans la vie future.

Des implications de la théorie de la programmation


Les investigations les plus récentes démontrent que le stress et l'anxiété de la mère peuvent avoir des répercussions significatives sur la santé mentale infantile. En somme il semble probable que l'anxiété maternelle dans la deuxième moitié de la grossesse peut produire des changements persistants dans le système d'adaptation au stress de l'enfant  au niveau de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien  des changements qui le rendront plus vulnérable et augmenteront considérablement le risque de souffrir des dérangements de conduite, émotifs ou d'une hyperactivité. Cette découverte confirme la nécessité de prévenir, de diagnostiquer et de traiter précocement les troubles d'anxiété durant la grossesse.

Le développement du système limbique et du cortex préfrontal semblent être aussi affectés par l'anxiété prénatale et le stress. Tout cela semble appuyer la théorie de la programmation fœtale, selon laquelle quelques structures cérébrales comme l'hypothalamus ou l'hypophyse resteraient programmées pour la vie adulte lors de quelques semaines critiques du troisième trimestre de la grossesse : le stress maternel pendant ces semaines pourrait donc avoir des conséquences ineffaçables. À cause de cela il est nécessaire de développer des programmes d'intervention destinés à prévenir et à diminuer le stress et l'anxiété des mères enceintes ainsi qu'à la détection et au traitement précoce de ces troubles.

Un autre aspect à tenir en compte c'est l'évolution et la continuité de l'anxiété après l’accouchement. Les femmes ayant été très anxieuses durant la grossesse ont trois fois plus de probabilité d'avoir une dépression post-partum. Il convient que ces mères reçoivent un suivi psychologique pendant les premières semaines après l’accouchement.

L'autre implication de la théorie de la programmation fœtale concerne la méthode de soins des nouveau-nés prématurés. Les enfants prématurés, de par leur fragilité et les soins qu’ils nécessitent, sont soumis à de nombreux facteurs de stress au cours de leurs premiers mois de vie, tels que l’adaptation à l’environnement, ou les stimulations visuelles, auditives et tactiles intenses. Le bruit ambiant, la lumière, les interventions des infirmières, les manipulations et les procédures de soin, de même que certains syndromes inhérents à la santé du bébé, tels que les détresses respiratoires ou les entérocolites ulcéro-nécrosantes (perte de tissu de la muqueuse intestinale), sont la source d’un stress intense vécu par les bébés prématurés.

La méthode de contact peau à peau


Cette méthode «kangourou» de contact peau contre peau entre l’enfant et sa mère, comme son nom l’indique, applique le principe de croissance extra-utérine des bébés kangourous à l’être humain. L’enfant né prématurément est positionné sur le ventre de sa mère, tête en haut, conservant un contact direct de la peau de la mère avec celle du bébé. Il a été démontré que cette méthode possède les mêmes propriétés de régulation de la chaleur qu’un incubateur.

Le contact peau à peau entre l’enfant et sa mère génère de nombreuses stimulations sensorielles, émotionnelles, tactiles, proprioceptives, vestibulaires, auditives, visuelles et thermales, dans un style interactif unique.

Dans ce sens les études réalisées avec la méthode de la mère kangourou sont révélatrices : les prématurés séparés de leurs mères présentent des niveaux de glucocorticoïdes (cortisol) dans le sang jusqu'à 10 fois de plus que s'ils restaient en contact peau à peau.

Étant connus les effets hautement neurotoxiques des hormones du stress pour le bébé pendant le troisième trimestre de la grossesse, il semble urgent de remodeler les services de néonatologie afin d’instaurer dans tous la méthodologie de la mère «kangourou», tel qu’il est recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé.


La dépression de la mère fait la dépression de l’Enfant

Une étude menée par des chercheurs des Universités de Bristol, de Londres, d’Oxford et de Rochester (USA), présentée dans les Archives of Psychiatry du Journal of the American Association (JAMA) en octobre 2013, conclut que si certaines femmes se sentent déprimées pendant ou après la grossesse, leurs enfants auront un risque accru de dépression à l'âge adulte.

Les chercheurs ont examiné si la dépression prénatale et postnatale chez les femmes est associée à un risque accru de dépression chez les enfants à l'adolescence, à partir des données de la cohorte ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Parents and Children) de 8.937 femmes pour lesquelles les informations sur la dépression prénatale et postnatale étaient disponibles.

Ils suggèrent que la dépression prénatale pourrait augmenter les niveaux d'hormones de stress qui pourraient influer sur le développement du bébé, mais d’autres facteurs génétiques et environnementaux sont à prendre également en compte. Des résultats qui rappellent l’importance de détecter et prendre en charge la dépression prénatale chez les parents pour prévenir la dépression de leurs enfants à l'âge adulte. Avec un effort particulier vis-à-vis des parents les moins favorisés. 


Le développement psycho-physique du fœtus est affecté par le stress maternel

Les expériences stressantes vécues par la maman durant la grossesse affectent le bébé dès les premiers mois de la conception et peuvent même entraîner des problèmes de développement.

Des études ont démontré que le cortisol sécrété par les glandes surrénales pour aider dans une situation d’urgence peut se retrouver présent dans le liquide amniotique, substance dans laquelle le fœtus baigne tout au long de sa vie intra-utérine. En grossissant, le bébé se retrouve de plus en plus en contact avec le cortisol présent dans le liquide. Il a été démontré que le niveau de stress maternel élevé durant la grossesse affecte la fonction cérébrale, l’intelligence et le comportement de l’enfant. À long terme, le cortisol entraîne de la fatigue, de la dépression et rend les individus plus vulnérables à la maladie.

Les chercheurs Vivette Glover du Collège Imperial à Londres et Pampa Sarkar de l’hôpital Washam Park, à Berkshire, en Angleterre, dans une étude publiée dans le journal Clinical Endocrinology, ont mesuré le taux du cortisol chez 267 femmes enceintes. Le stress vécu par une femme pendant la grossesse peut affecter son bébé à naître dès les 17 semaines après la conception, avec des effets potentiellement nocifs sur le cerveau et le développement.

Les scientifiques ont prélevé des échantillons de sang des femmes enceintes de 17 semaines ainsi que du liquide amniotique entourant le bébé dans leur utérus. Ce liquide est produit principalement par le fœtus et fournit des informations précieuses sur l’exposition du bébé à plusieurs substances, incluant les hormones. Les chercheurs ont découvert une corrélation entre le taux de cortisol présent dans le sang des mamans et celui détecté dans le liquide amniotique. La recherche démontre que le fœtus est exposé au cortisol sécrété par sa mère. Plus le fœtus grandit dans l’utérus, et plus le taux de cortisol dans le liquide amniotique tend à être aussi élevé que celui détecté dans le sang de la maman.

Cette étude est la première à faire la preuve que les fœtus réagissent aux hormones de stress aussitôt durant la grossesse. Des recherches précédentes réalisées avec des animaux démontraient qu’un niveau de stress maternel élevé durant la grossesse pouvait affecter la fonction du cerveau, le quotient intellectuel et le comportement des rejetons. Les chercheurs affirment que de nouvelles études sont nécessaires pour mieux comprendre l’impact du stress sur le développement du fœtus et du bébé.


Le stress prénatal serait à l'origine des problèmes de sommeil des bébés

Selon une étude menée par des chercheurs de l'University of Rochester Medical Center (Etats-Unis), publiée dans la revue Early Human Development en 2009, les futures mères en état d'anxiété ou dépressives augmentent le risque de voir leur bébé souffrir de troubles du sommeil. La qualité de sommeil chez un nouveau-né influe considérablement sur sa santé et son développement.

Cette étude est basée sur le suivi de 14.000 femmes enceintes vivant à Avon en Angleterre. Celles-ci ont répondu à un questionnaire sur leur état d'anxiété et de dépression durant leur grossesse. Après la naissance de leur enfant, elles ont ensuite rapporté aux chercheurs combien de temps leur enfant dormait, combien de fois il se réveillait et quels types de problèmes de sommeil étaient rencontrés (cauchemar, refus de dormir, problème d'endormissement, etc.). Et ce lorsque leur enfant avait 6, 18 et 30 mois.

Les résultats montrent que parmi les mères ayant été anxieuses durant 18 semaines au cours de leur grossesse, 40% d'entre elles avaient un bébé de 18 mois qui refuse d'aller dormir, se lève tôt et tente de sortir du lit. Ces problèmes ont même perduré jusqu'à l'âge de 30 mois. Un effet similaire a été constaté chez les femmes enceintes dépressives.

Des études montrent par ailleurs que ce stress, associé à une forte exposition d'hormones du stress, comme la cortisol, peut perturber la formation de cellules nerveuses chez l'enfant comprises dans le noyau suprachiasmatique. Ces dernières agissent comme un système de signaux réglant l'horloge interne du bébé. Ce système aide à réguler correctement les rythmes quotidiens du réveil, du sommeil et même de la faim.


Le stress prénatal aurait des effets sur les  structures cérébrales du bébé

L’exposition d’une femme enceinte à des situations de stress peut influer sur le développement cognitif, comportemental et physique des enfants. Par ailleurs, il peut en résulter un risque accru de troubles de santé mentale, comme l’autisme et la dépression.

L’équipe de recherche de Suzanne King à l’Institut Douglasmené un projet de recherche dont les résultats indiquent que le stress objectif nuit davantage au fœtus en développement que le stress subjectif.

Le Projet Verglas a débuté en 1998, année où le Québec a été frappé par l'une des pires tempêtes de verglas de son histoire. Son principal objectif était d'étudier les conséquences développementales du stress maternel prénatal chez les enfants, notamment aux niveaux cognitifs, comportementaux, moteurs et physiques.

La réponse au stress fait intervenir divers organes et systèmes de l’organisme: du cerveau aux organes spécialisés, comme les glandes surrénales qui coiffent les reins.

Le processus se met en branle lorsqu’un motif de stress stimule le cerveau, lequel évalue la menace et enclenche une réponse appropriée, physiologique et comportementale. Les surrénales libèrent des corticoïdes dans la circulation sanguine, comme le cortisol et les gluco-corticostéroïdes. Déclenchés sous des conditions de stress, les corticoïdes sont des molécules qui provoquent une réaction «d’attaque ou de fuite».

Le cortisol est le lien entre le stress prénatal et le devenir du nourrisson. Le stress maternel prénatal est associé à des taux accrus de cortisol chez la mère. L’on croit que cette molécule exerce un effet direct sur le fœtus. Par ailleurs, puisqu’un lien linéaire existe quant aux taux de cortisol chez la mère et le fœtus, des hausses relativement faibles de cortisol chez la mère se traduisent par des taux relativement élevés de cortisol chez le fœtus.

Les chercheurs ont suivi des femmes enceintes et leurs enfants durant et après la tempête. Les enfants ayant été exposés à des niveaux élevés de stress prénatal objectif ont présenté des habiletés cognitives et linguistiques moindres comparativement aux enfants nés de mères ayant été exposées à de faibles niveaux de stress. Cette tendance a été observée à l’âge de 2, 5 ½ et 8 ½.

Les deux premiers trimestres constituent les périodes les plus sensibles au stress prénatal. Deux périodes sont particulièrement critiques :

* À la semaine 10, l’embryon devient un fœtus et commence à bouger. Les organes vitaux sont maintenant solidement constitués. Durant cette période, le cerveau produit quelque 250.000 neurones chaque minute. C’est ce que l’on appelle la neurogenèse.

* Des semaines 24 à 30, la connexion cellulaire entre neurones se multiplie. Guidés par des signaux chimiques, les processus nerveux repèrent leur cible et établissent le contact. La communication s’amorce entre les neurones. À la naissance il y a une surproduction initiale de connexions nerveuses; celles qui ne sont pas utilisées dégénèrent. C’est ce que l’on appelle la synaptogenèse.

Le stress prénatal objectif élevé est associé à un fonctionnement intellectuel et linguistique plus faible chez l’enfant à l’âge de deux ans. Cet effet était observé uniquement chez les enfants ayant été exposés durant le premier ou le deuxième trimestre.


Le stress traverse le placenta

Deux études américaines réalisées par des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie, présentées au Congrès annuel Neuroscience  de San Diego en mars 2013, apportent de nouvelles précisions sur la transmission du stress de la mère à l’enfant.

Les bactéries vaginales et une protéine spécifique du placenta pourraient communiquer le stress de la mère au bébé et augmenter le risque de troubles neurologiques, comme l'autisme ou la schizophrénie.

Les auteurs de la première étude, dirigée par le Pr Tracy L. Bale, ont montré que le stress prénatal précoce bouleverse, chez la mère et chez l’enfant, les niveaux de lactobacillus, une bactérie produisant de l'acide lactique impliqué dans la chimie du système nerveux. Des niveaux trop élevés auraient un impact sur le développement neurologique du cerveau.

Les chercheurs de la seconde étude ont démontré qu’une protéine présente dans le placenta, l’OGT (O-linked-N-acetylglucosamine transferase), peut elle aussi affecter le développement cérébral de l’enfant, en fonction de sa concentration, plus faible chez les mamans stressées.


Stress et grossesse : des risques d'asthme pour le bébé

Des scientifiques de Bristol ont présenté, dans le cadre du congrès européen de pneumologie 2008, une étude qui relie le stress pendant la grossesse à un risque d'avoir un enfant asthmatique.

Pour évaluer l'effet du stress avant la naissance de l'enfant, l'équipe s'est appuyée sur le suivi d'une vaste cohorte de femmes enceintes vivant dans l'ancien comté d'Avon et qui devaient accoucher entre le premier avril 1991 et le 31 décembre 1992. Au total, 5 810 des couples mère/enfant ont été retenus pour explorer les liens entre stress prénatal et asthme infantile.

L'anxiété maternelle a été évaluée par des auto-questionnaires remplis à 18 et 32 semaines de grossesse. Les femmes ont ainsi été réparties en 4 groupes d'anxiété croissante. L'asthme infantile a été recherché vers l'âge de 7,5 ans grâce à des questionnaires soumis à la mère. Sur le plan clinique, une recherche d'hyperréactivité bronchique et des tests cutanés (destinés à déterminer si l'asthme était d'origine allergique et à quels allergènes) ont été réalisés. Un asthme a été mis en évidence chez près de 13% des enfants.

Mais cette proportion passe à 17% si la mère était stressée à 32 semaines de grossesse et à 14% pour un stress à 18 semaines. Le lien entre asthme et stress prénatal est encore plus flagrant lorsque la future mère fait partie du groupe des mères les plus anxieuses : le risque d'asthme peut alors augmenter de + 65% pour un stress maximal à 32 semaines, et de + 53% pour une forte anxiété à 18 semaines de grossesse.

Les scientifiques rappellent que des études conduites chez l'animal ont mis en évidence qu'un stress prénatal entraîne une perturbation de l'axe hypothalamo-hypophysaire  qui contrôle les hormones liées aux grandes fonctions de l'organisme  et du système immunitaire. Selon eux, ces bouleversements prédisposeraient la progéniture à une inflammation des voies aériennes et à une hyperréactivité bronchique, c’est à dire à souffrir d'asthme.


Le stress maternel prénatal pourrait influencer le microbiote intestinal du nourrisson

Une étude menée par l’Institut des sciences du comportement de l’Université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas, parue dans le journal Psychoneuroendrocrinology en mars 2015, a apporté quelques éclaircissements au sujet de ce lien entre le stress des femmes enceintes et le microbiote (flore intestinale) de leurs bébés.

Selon les auteurs de l’étude, les bébés de mères ayant subi des niveaux de stress élevés pendant de longues périodes au cours de leur grossesse ont davantage de probabilités d’être atteints de troubles intestinaux et de réactions allergiques.

Les scientifiques ont recruté 56 femmes enceintes et ont évalué le niveau de stress de la mère au moyen d’un questionnaire et de l’analyse de leur salive pour mesurer la concentration en cortisol. Les chercheurs ont par la suite prélevé des échantillons de selles des nourrissons de 7 jours à 4 mois après leur naissance, afin d’examiner leur microbiote.

Il existerait une corrélation entre les mères enceintes soumises à un niveau élevé de stress et la composition du microbiote dans l’intestin des nouveau-nés. Ces enfants avaient des concentrations relativement plus élevées de bactéries du groupe des Proteobacteria, famille qui contiendrait davantage d’agents pathogènes (Escherichia, Serratia et Enterobacter) et moins de bactéries lactiques telles que Lactobacillus, Lactococcus, Aerococcus et Bifidobacterium.

Les experts considèrent que cette somme de facteurs est liée à des risques plus élevés d’inflammation. Ce modèle de colonisation atypique a été lié également à une présence plus importante de symptômes gastro-intestinales et de réactions allergiques. Ils ont aussi remarqué qu’en dépit de sa capacité pour augmenter la proportion des microbes bénéfiques dans l’intestin grâce au contenu prébiotique du lait, l’allaitement ne suffisait pas à protéger le nourrisson des effets négatifs du stress de sa mère.

Les chercheurs spéculent sur le fait que le cortisol pourrait interférer avec la production de bile, ce qui à son tour influerait sur les bactéries intestinales. Ils soulignent également que cette hormone du stress pourrait traverser le placenta et augmenter les niveaux de cortisol du fœtus, affectant ainsi le développement du tractus gastro-intestinal.

Les résultats suggèrent qu’il existerait un possible mécanisme par lequel le stress maternel prénatal influencerait le développement du fœtus. Mais celui-ci demeure cependant inconnu à ce jour et sa compréhension nécessiterait de recherches plus poussées. Les découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles interventions bactériennes dans le but d’améliorer la santé et le développement des nouveau-nés issus de mères stressées.


Interventions possibles en matière de stress maternel prénatal

Favoriser un environnement relaxant permet de réduire l’exposition d’une femme enceinte à un stress aigu. Certaines interventions peuvent modérer la réponse que pourrait avoir une femme enceinte en situation de crise. Ces interventions visent à abaisser le niveau d’anxiété et à procurer la sensation de maîtrise des événements.

Les interventions en situation de crises peuvent inclure une thérapie, une démarche de résolution de problèmes à l’aide de conseils, le recours à des groupes d’entraide, des séances de formation et une psychothérapie.


Comment gérer le stress ?



Bien qu'il ne soit pas toujours facile de contenir son anxiété, certaines mesures peuvent être prises pour en limiter les effets. Il est avant tout primordial d'avoir une hygiène de vie saine, qui pourra aider à se sentir mieux et en meilleure forme.



Prendre le temps de se reposer


Garder du temps pour soi. Au travail, essayer de surélever les pieds et de se détendre vraiment pendant la pause-déjeuner. Une fois à la maison, limiter, si possible, les tâches ménagères.

Si on se sent épuisée, se coucher tôt. Le corps travaille dur pour nourrir le bébé en développement et il a besoin d’un maximum de sommeil.

Manger bien


Il est important de bien manger, pour l’esprit comme pour le corps. Une alimentation saine, riche en acides gras essentiels oméga-3, vitamines et minéraux, aide à se sentir bien.

Le tryptophane, acide aminé essentiel, augmenterait ainsi le taux de mélatonine et de sérotonine dans le cerveau. Ces substances chimiques aident à bien dormir et augmentent le sentiment de bien-être. On trouve le tryptophane à l’état naturel dans de nombreux aliments, dont les noix et les graines, faciles à grignoter.


Faire de l’exercice


L’exercice peut vraiment influer sur l’humeur. Il est tout à fait sans danger de faire de l’exercice pendant la grossesse tant que l’on ne choisit pas des activités trop intensives. La natation est idéale, elle tonifie les muscles tout en préservant les articulations.

Essayer d’intégrer des exercices à la vie quotidienne. Au travail, se lever et marcher régulièrement, surtout si l’on est assise toute la journée à un bureau. Sortir déjeuner pour prendre l’air, même si ce n’est que pour 10 minutes.


Méthodes de relaxation

Bienfaits du massage prénatal

Le massage prénatal est spécialement conçu pour accompagner la femme enceinte à partir du 4ème mois de grossesse, après la stabilisation du fœtus.

Les hormones de stress tel que le cortisol sont présentes dans le sang et traversent la barrière placentaire. Le massage prénatal permet à la future maman de retrouver de la sérénité et favorise la diminution de ces hormones.

Il est important de demander l'avis de la sage-femme ou du médecin afin de s’assurer que le massage ne présente aucun risque pour la future mère et le bébé.

Sophrologie


Le terme sophrologie est inspiré du mot grec sôphrosunè qui signifie «paix spirituelle», «repos». La sophrologie prépare le corps et l’esprit à l’arrivée du bébé en mettant en harmonie le physique et le mental. L’utilisation de la sophrologie permet de vivre pleinement l’enfantement et l’accouchement en restant maître de son corps.

La pratique de la sophrologie vise à rétablir l’équilibre du corps et de l’esprit pour développer une sensation de bien-être durable. La préparation par la sophrologie se pratique à partir du 4ème mois de grossesse, en groupe ou individuellement.


La relaxation par la musique

Une équipe de chercheurs de l’Université McGill au Québec a mené des recherches sur les bienfaits de la musique pour la diminution du stress en analysant plus de 400 documents et études. Les chercheurs ont découvert que le cortisol diminuait à l'écoute d'une musique relaxante.

Weightless  La musique la plus relaxante

Le morceau musical Weightless, littéralement "en apesanteur" ralentit le rythme respiratoire et réduit l’activité du cerveau à un tel point que des chercheurs affirment qu’il s’agirait de la musique la plus relaxante du monde.

Composé par Marconi Union (un groupe de Manchester), le morceau Weightless serait le fruit de la collaboration entre le groupe de musique et des professionnels de la thérapie par le son. Le but étant de tirer le meilleur parti des harmonies, des rythmes et des lignes de basse.

Cette musique de huit minutes alternant des rythmes ressemblant aux battements du cœur, réduit la pression sanguine et baisse les niveaux de stress allant jusqu'à provoquer des effets de somnolence. Le morceau Weightless s’est avéré 11% plus relaxant que n’importe quelle autre chanson utilisée. Elle produirait une baisse de l’anxiété de 65%. Le rythme de la musique passe de 60 pulsations par minute et ralentit progressivement à 50 pulsations par minute. Pendant qu’on écoute ce morceau, le rythme cardiaque se calerait sur ce rythme.

Les vertus apaisantes du morceau musical Weightless ont été prouvées par des scientifiques après avoir mené une étude sur 40 femmes en prenant en compte leur fréquence cardiaque, pression artérielle, respiration et activité cérébrale.


Petites astuces


* Éviter de manger trop lourd avant de se coucher.
* Prendre soin de soi et se relaxer autant que possible avant la nuit, en prenant un bon bain, par exemple.
* Se ménager des instants de repos et de relaxation dans la journée.

Durant le dernier semestre :
* Améliorer le confort des nuits en investissant dans un coussin d’allaitement, qui permettra de caler le ventre pour un sommeil plus doux.
* Boire du lait ou des infusions à base de tilleul ou de verveine.
* Pratiquer des activités relaxantes comme le yoga.
* Faire 2 siestes de 20 minutes par jour.


1 commentaire:

  1. bien bien... et comment fait-on quant on a ignoré tout ça au moment d'une grossesse bien antérieure à 2008 ? comment peut-on rattraper les choses pour remettre les petiots sur les rails du coup ?

    RépondreSupprimer