mercredi 28 janvier 2026

Maintenir une Bonne Santé Cognitive à Tout Âge




Pour maintenir une bonne santé cognitive à tout âge, il est essentiel d'adopter un mode de vie actif combinant activité physique régulière, stimulation intellectuelle par des activités variées et interactions sociales.

De plus, une alimentation équilibrée et un sommeil suffisant sont cruciaux pour soutenir les fonctions cérébrales et ralentir le déclin cognitif.

Vieillir tout en restant mentalement alerte, est-ce un objectif atteignable ou une utopie ? À la lumière des avancées scientifiques récentes c’est tout à fait possible, à condition de cultiver des habitudes bénéfiques pour le fonctionnement cérébral tout au long de la vie.


L’importance de la réserve cognitive


Parmi les stratégies les plus efficaces identifiées par la recherche, le développement et le maintien d’une bonne réserve cognitive se démarquent.

La réserve cognitive désigne la capacité du cerveau à résister aux effets du vieillissement ou des maladies neuro-dégénératives, sans qu’ils ne se traduisent par un déclin fonctionnel marqué. Ce concept est désormais central dans les approches de prévention du déclin cognitif.

Dans son rapport mis à jour en 2024, la commission permanente de la revue scientifique The Lancet sur la prévention, l’intervention et les soins liés à la démence a mis en évidence qu’environ 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables.

Ces facteurs incluent notamment l’inactivité physique, la dépression et l’isolement social. Mais l’un des facteurs les plus précoces et les plus significatifs est le faible niveau d’éducation.

L’éducation a longtemps été considérée comme le principal indicateur de la réserve cognitive. Elle reflète une exposition prolongée à des activités intellectuellement stimulantes qui favorisent le développement de réseaux cérébraux efficaces.

Toutefois, cette vision s’avère aujourd’hui partielle. La réserve cognitive n’est pas figée à l’enfance ni à l’âge adulte : elle peut se construire, se maintenir et même s’amplifier tout au long de la vie grâce à des expériences variées comme l’apprentissage, les interactions sociales riches et les loisirs cognitivement stimulants. On peut par exemple penser à la pratique d’un instrument de musique, la réalisation de jeux de société complexes comme les échecs, ou encore la participation à des activités bénévoles qui nécessitent des notions de planification et de résolution de problèmes.

Comprendre la réserve cognitive

La littérature scientifique propose plusieurs modèles complémentaires pour comprendre les mécanismes de la réserve cognitive.

Modèle de la réserve cérébrale. Certains mettent l’accent sur la structure même du cerveau, en suggérant que des caractéristiques, comme le nombre de neurones, influencent la capacité de tolérance aux lésions cérébrales. Certaines personnes disposent dès la naissance d’un plus grand nombre de neurones, ce qui leur permettrait de mieux faire face au vieillissement.

Modèle du maintien cérébral. D’autres avancent que des modes de vie actifs peuvent ralentir les effets du vieillissement cérébral en renforçant la résistance biologique, c’est-à-dire la capacité du cerveau à rester intact et fonctionnel en vieillissant, en montrant peu de signes visibles de détérioration malgré l’âge.

Modèle de la réserve cognitive. Un troisième ensemble de modèles insiste sur la souplesse fonctionnelle du cerveau, qui lui permet de mobiliser différemment ses ressources ou de recruter des réseaux neuronaux alternatifs pour compenser les pertes liées à l’âge.

Chaque modèle repose sur une idée spécifique, mais ils sont complémentaires et soutenus par des données empiriques.

Le modèle de la réserve cognitive reste le plus étudié, notamment en raison de son lien avec des facteurs modifiables comme le niveau d’éducation ou la pratique régulière d’activités cognitivement stimulantes.

La réserve cognitive est dynamique

Cette clarification aide à harmoniser les recherches et à orienter efficacement les stratégies de prévention. Elle rappelle surtout que la réserve cognitive, loin d’être une entité figée, évolue en interaction avec l’expérience et les apprentissages et peut donc être renforcée tout au long de la vie.

Des travaux récents appuient cette vision dynamique. Une équipe de chercheurs québécois a montré que l’apprentissage structuré de stratégies de mémoire, telles que la méthode des lieux – associer chaque information à un lieu familier – ou la visualisation mentale – transformer l’information en images pour mieux la retenir –, pouvait induire des modifications significatives de l’activité cérébrale.

D’autres recherches ont également souligné le rôle de l’éducation dans la structure et le fonctionnement cérébral. Une étude a mis en évidence une association entre le nombre d’années de scolarité, le volume de matière grise et l’activation cérébrale en contexte de mémoire. Une autre étude a montré une plus grande flexibilité d’activation selon la complexité des tâches chez les individus plus éduqués.

L’ensemble de ces travaux confirme que la réserve cognitive peut se développer avec l’expérience et être modulée par l’entraînement cognitif à tout âge.

Stimuler son cerveau tout en s’amusant

L’étude “Engage” du Consortium canadien en neuro-dégénérescence associée au vieillissement vise à étudier les effets comportementaux et neurophysiologiques de la pratique de loisirs cognitivement stimulants chez les personnes âgées.

Cette intervention hybride associe des entraînements cognitifs formels – stratégies de mémorisation, attention – à des loisirs structurés tels que l’apprentissage de la musique, d’une langue seconde ou des jeux vidéo.

Elle offre un modèle écologique, c’est-à-dire une approche qui se rapproche des conditions réelles de la vie quotidienne, plaisant et motivant, propice à un engagement soutenu.

En démontrant que ces interventions naturelles produisent des effets comparables à ceux des programmes classiques d’entraînement cognitif qui consistent souvent en des exercices répétitifs faits sur ordinateur ou sur papier, pour travailler des fonctions comme la mémoire ou la concentration, Engage pourrait transformer les approches de prévention du déclin cognitif lié à l’âge.

Les effets du vieillissement sur le cerveau et la cognition

Une équipe de recherche en neuropsychologie du vieillissement à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), dans le laboratoire en neuropsychologie du vieillissement – NeuroAge – mène un projet complémentaire sur les effets du vieillissement sur le cerveau et la cognition.

Les chercheurs explorent les effets de l’apprentissage de l’anglais comme langue seconde sur la cognition et l’activité cérébrale chez les personnes âgées.

Grâce à un protocole intégrant cours, tutorat et mesures cognitives et en électroencéphalographie, ce projet vise à documenter les bénéfices cognitifs et neuronaux d’un apprentissage significatif, motivant et accessible.

Les résultats préliminaires sont prometteurs et soutiennent l’idée que l’engagement intellectuel, même tardif, peut générer des bénéfices mesurables.

Maintenir une bonne santé cognitive à tout âge passe par une combinaison d’interventions accessibles, motivantes et stimulantes.

La réserve cognitive, loin d’être figée, se construit tout au long de la vie. Les avancées de la recherche nous offrent aujourd’hui des outils concrets pour vieillir en santé et notamment, en bonne santé cognitive.

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Prévention, intervention et prise en charge de la démence : Rapport 2024 de la Commission permanente du The Lancet



Des chercheurs de l’University College London, University of Exeter, University of Oslo, National Institute of Mental Health and Neurosciences, (Bangalore, India) ont participé à la mise à jour du rapport 2024 de la Commission permanente de la revue scientifique The Lancet, publié en août 2024, sur la démence.

Ce rapport apporte de nouvelles données encourageantes concernant la prévention, l'intervention et la prise en charge de la démence. Avec l'allongement de l'espérance de vie, le nombre de personnes atteintes de démence continue d'augmenter, même si l'incidence par tranche d'âge diminue dans les pays à revenu élevé, soulignant ainsi la nécessité d'identifier et de mettre en œuvre des stratégies de prévention.

Les chercheurs ont synthétisé les nouvelles recherches menées depuis le rapport 2020 de la Commission Lancet sur la démence, en privilégiant les revues systématiques et les méta-analyses et en croisant les résultats de différentes études. Ces synthèses montrent comment les réserves cognitives et physiques évoluent tout au long de la vie et comment la réduction des lésions vasculaires – par exemple, en diminuant le tabagisme et en traitant l'hypertension artérielle – a probablement contribué à la diminution de l'incidence de la démence liée à l'âge.

Les preuves s'accumulent et sont aujourd'hui plus solides qu'auparavant : la prise en charge des nombreux facteurs de risque de démence modélisés précédemment réduisent le risque de développer une démence.

Facteurs de risque modifiables

* un faible niveau d'instruction
* une perte auditive
* l'hypertension
* le tabagisme
* l'obésité
* la dépression
* la sédentarité
* le diabète
une consommation excessive d'alcool – soit plus de 21 unités britanniques, équivalent à plus de 12 unités américaines
* un traumatisme crânien
* la pollution atmosphérique
* l'isolement social.

Dans ce rapport, les chercheurs ajoutent de nouvelles preuves convaincantes que la perte de vision non traitée et un taux élevé de cholestérol LDL constituent des facteurs de risque de démence.


Livre blanc : Définition et étude de la réserve cognitive, de la réserve cérébrale et du maintien du cerveau



Une équipe de chercheurs de Columbia University (New York), Mayo Clinic, (Rochester, MN), Medical School (New Brunswick, NJ,USA), Universitat de Barcelona, Université de Montréal, Université de Caen-Normandie, University LMU (Munich), Technische Universität Dresden (Germany), ont participé à la rédaction d’un livre blanc, publié par Alzheimer & Dementia en janvier 2020.

Plusieurs concepts, qui, pris ensemble, pourraient expliquer la “résilience” face aux changements liés à l'âge et à la maladie, ont fait l'objet de nombreuses recherches. Il s'agit notamment de la réserve cérébrale, de la réserve cognitive et du maintien des fonctions cérébrales.

Cependant, ces termes ont été utilisés de diverses manières par différents chercheurs, et aucune tentative n'a jamais été faite pour parvenir à un consensus sur leur définition. De plus, la mesure de ces concepts et leur application à la recherche restent sources de confusion.

L'Association Alzheimer, a mis en place ce groupe de travail “Réserve, résilience et facteurs de protection”, afin d'élaborer des définitions consensuelles de la réserve cognitive, de la réserve cérébrale et du maintien des fonctions cérébrales.

Le groupe de travail a également évalué les mesures mises en œuvre pour appliquer ces concepts dans le cadre de la recherche et a élaboré des lignes directrices pour les recherches explorant ou utilisant ces concepts.

Le groupe de travail espère que ce document de référence servira de point de départ aux chercheurs dans ce domaine et facilitera la recherche en fournissant un langage commun.


Vieillissement de la mémoire et maintien du cerveau



Des chercheurs de la Lunds Universitet (Suède) dans une étude, publiée par Elsevier en avril 2012, abordent le concept du maintien cérébral, ou de l'absence relative de pathologies cérébrales, et soutiennent qu'il constitue le principal déterminant d'un vieillissement mnésique réussi.

La mémoire épisodique et la mémoire de travail déclinent avec l'âge. Cependant, des études populationnelles à grande échelle documentent une fonction mnésique bien préservée chez certaines personnes âgées.

La notion influente de “réserve” postule que les différences individuelles dans les caractéristiques cérébrales ou dans la manière dont les individus traitent les tâches permettent à certains de mieux faire face aux pathologies cérébrales et, par conséquent, de conserver leurs performances mnésiques.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé les volumes de matière grise mesurés par IRM, à l'échelle du cerveau, chez 262 participants sains âgés de 55 à 80 ans au début de l'étude, afin d'étudier les différentes dimensions de l'atrophie cérébrale et d'explorer leurs liens avec diverses dimensions du changement cognitif.

Ils examinent les preuves du maintien cérébral à différents niveaux : cellulaire, neurochimique, intégrité de la substance grise et blanche, et schémas d'activation systémique.

Ils ont ajusté statistiquement les causes communes de changement cérébral et cognitif afin de révéler une signature potentiellement unique du maintien des fonctions cérébrales, liée à un vieillissement réussi de la mémoire.

De manière cruciale, les modifications du lobe temporal médian (LTM)/hippocampe et de la mémoire épisodique se caractérisaient par une variance résiduelle unique, au-delà des facteurs généraux de changement cérébral et cognitif. Une association significative entre ces deux variables résiduelles a été établie.

Les scientifiques concluent que le maintien des fonctions cérébrales spécifique à l'hippocampe est lié à la préservation spécifique de la mémoire épisodique chez les personnes âgées, conformément à l'idée que le maintien des fonctions cérébrales opère à la fois à des niveaux généraux et spécifiques à certains domaines.

Divers facteurs génétiques et liés au mode de vie favorisent le maintien cérébral au cours du vieillissement, et des interventions pourraient être conçues pour promouvoir le maintien de la structure et de la fonction cérébrales en fin de vie.

Le maintien des fonctions cérébrales est reconnu comme un déterminant majeur du vieillissement mnésique réussi. Cependant, on ignore encore si ce maintien est spécifique aux régions cérébrales impliquées dans la mémoire ou s'il s'inscrit dans un phénomène plus global.

Cette étude est la première à fournir des preuves solides d'une association spécifique entre les modifications de la mémoire à long terme/hippocampe et la mémoire épisodique au cours du vieillissement humain normal.


Les modifications de l'activation induites par l'entraînement cognitif sont cohérentes avec une amélioration de la réserve cognitive chez les personnes âgées présentant un déclin cognitif subjectif



Des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université du Québec à Trois-Rivières dans une étude publiée, dans Neurobiology of Aging en janvier 2023, révèlent qu'un entraînement cognitif peut améliorer la réserve cognitive chez les personnes âgées présentant un déclin cognitif subjectif.

Déclin cognitif subjectif. Ce terme désigne les premiers signes de déclin cognitif, où les personnes ont l'impression d'avoir des pertes de mémoire ou d'autres difficultés cognitives, mais sans qu'il y ait un diagnostic de trouble neurologique.

Des recherches ont montré que combiner l'entraînement physique et cognitif peut améliorer les capacités cognitives chez les personnes âgées, et qu'une activité physique régulière favorise la plasticité cérébrale et réduit le déclin cognitif.

Entraînement physique et cognitif. Certaines études suggèrent que la combinaison de l'activité physique et de l'entraînement cognitif est particulièrement efficace pour améliorer les capacités cognitives chez les les personnes âgées présentant un déclin cognitif léger.

L'étude a analysé les effets d'un programme d'entraînement cognitif sur les changements de l'activation cérébrale chez les personnes âgées présentant un déclin cognitif subjectif.

L'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) a été utilisée pour évaluer l'effet d'un entraînement cognitif sur l'activation cérébrale en fonction de la phase d'apprentissage et du niveau d'études.

Quarante personnes âgées présentant un déclin cognitif subjectif (DCS) ont suivi six séances d'entraînement de la mémoire d'une heure chacune, selon la méthode des loci.

La méthode des loci, ou palais mental, est une technique de mémorisation qui consiste à associer des informations à des lieux familiers dans un parcours mental défini. L'imagerie cérébrale a été mesurée lors de l'encodage et de la récupération d'une liste de mots avant l'entraînement (PRE), après trois séances (POST3) et après six séances (POST6).

Les participants ont présenté une activation accrue du gyrus préfrontal inférieur gauche entre PRE et POST6 lors de l'encodage, ainsi qu'une activation frontostriatale bilatérale réduite entre PRE et POST3 lors de la récupération, indépendamment de leur niveau d'études.

Les modifications d'activation entre les mesures pré-interventionnelles (PRE) et post-interventionnelles (POST3) variaient en fonction du niveau d'éducation dans deux régions du lobe temporal droit : les participants moins instruits présentaient une activation accrue, tandis que ceux ayant un niveau d'éducation plus élevé présentaient une activation réduite. Ces régions étaient initialement moins actives chez les personnes moins instruites.

Une combinaison d’augmentations et de diminutions d’activation, c’est-à-dire de variations dans le niveau d’activité des régions du cerveau, a été observée dans différentes zones cérébrales lors des phases d’apprentissage de l’information à mémoriser et de rappel de cette information. Cette observation reflète que l’utilisation de stratégies de mémoire permet une meilleure souplesse fonctionnelle du cerveau.

L'étude a révélé que des modifications de l'activité cérébrale observées après un entraînement cognitif sont associées à des améliorations de la performance cognitive.

Entraînement cognitif. Il s'agit d'un entraînement qui repose sur le principe que le cerveau, tout comme le corps, peut être amélioré grâce à des exercices ciblés. L'entraînement cognitif contribue à l'amélioration de la réserve cognitive, qui est la capacité du cerveau à compenser les lésions cérébrales et le vieillissement.

Les résultats suggèrent que l'entraînement cognitif peut renforcer la réserve cognitive, qui est la capacité du cerveau à maintenir des performances cognitives malgré des dommages ou une détérioration.

Plasticité cérébrale. L'exercice physique régulier, par exemple, améliore la connectivité entre les neurones et favorise la formation de nouveaux neurones, ce qui est essentiel pour la plasticité cérébrale.

Ces résultats suggèrent un changement de stratégie chez les personnes moins instruites et un développement des compétences chez les personnes plus instruites, ainsi qu'un retour aux différences initiales liées au niveau d'éducation.

Les résultats ont également montré que chez les personnes plus scolarisées, certaines régions s’activent de manière plus ciblée pendant l’apprentissage et le rappel, ce qui laisse penser que leur cerveau utilise des stratégies plus efficaces.


Relations entre le niveau d'études, le volume régional de matière grise et l'activité cérébrale liée à la mémoire de travail chez les personnes âgées en bonne santé



Des chercheurs de l’Université du Québec, l’Université de Montréal et de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal dans une étude, publiée par Brain Imaging and Behavior en avril 2017, examinent que l’éducation est non seulement associée au maintien de la structure cérébrale, mais aussi à la capacité du cerveau à compenser fonctionnellement les changements liés à l’âge.

L'objectif de cette étude était d’examiner les relations entre le niveau d'études, le volume de matière grise régionale et l'activation cérébrale fonctionnelle liée à la mémoire de travail chez les personnes âgées.

L'échantillon final comprenait 32 personnes âgées en bonne santé, ayant un niveau d'études compris entre 8 et 22 ans. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) structurelle a été utilisée pour mesurer le volume régional et l'IRM fonctionnelle pour mesurer l'activation associée à la réalisation d'une tâche N-back (test cognitif utilisé pour évaluer la mémoire de travail, l'attention et la concentration).

Une corrélation positive a été observée entre le niveau d'études et le volume de matière grise corticale dans les gyrus frontaux moyen et médian droits, dans les gyrus cingulaires moyen et postérieur, ainsi que dans le lobule pariétal inférieur droit.

L'interaction entre le niveau d'éducation et l'âge était significative pour le volume de matière grise corticale dans le gyrus frontal moyen gauche et le gyrus cingulaire médian droit. Dans cette région, la perte de volume liée à l'âge était plus importante dans le groupe ayant un faible niveau d'éducation que dans celui ayant un niveau élevé.

L'interaction entre le niveau d'éducation et l'âge était également significative pour l'activité liée à la tâche dans les gyrus frontaux supérieur, moyen et médian gauches, car l'activation augmentait avec l'âge chez les personnes ayant un niveau d'éducation plus élevé.

Aucune corrélation n'a été trouvée entre les régions structurellement liées au niveau d'éducation et celles fonctionnellement liées au niveau d'éducation et à l'âge. Les données suggèrent un effet protecteur du niveau d'éducation sur le volume cortical. De plus, les régions cérébrales impliquées dans le réseau de la mémoire de travail sont davantage activées avec l'âge chez les personnes ayant un niveau d'éducation plus élevé.

Un niveau d'études supérieur est associé à un volume de matière grise plus important dans des régions telles que les cortex frontal, temporal et cingulaire, ainsi qu'à une meilleure réponse cérébrale liée à la mémoire de travail chez les personnes âgées. Cela suggère que l'éducation pourrait avoir un effet protecteur, retardant le déclin cognitif lié à l'âge en préservant la structure cérébrale et en renforçant la capacité du cerveau à compenser les changements liés au vieillissement grâce à une activation accrue de réseaux clés comme celui de la mémoire de travail.

Éducation et structure cérébrale

Volume de matière grise plus important. Un niveau d'études supérieur est associé à des volumes de matière grise plus importants dans certaines régions cérébrales, notamment le gyrus temporal supérieur, l'insula, le cortex cingulaire antérieur et les gyrus frontal et médian.

Effet protecteur contre la perte de volume liée à l'âge. Le déclin du volume de matière grise corticale lié à l'âge est moins marqué chez les personnes ayant un niveau d'études supérieur. Cela signifie que l'éducation peut contribuer à préserver le tissu cérébral au fil du vieillissement.

Éducation et fonctions cérébrales

Activation cérébrale accrue pour la mémoire de travail. Chez les personnes âgées, un niveau d’éducation plus élevé est associé à une activité cérébrale accrue dans les régions impliquées dans la mémoire de travail, comme le cortex préfrontal gauche, lors de tâches telles que la tâche N-back.

Compensation et résilience. Cette activation accrue suggère un mécanisme de compensation par lequel le cerveau utilise davantage de ressources pour maintenir ses performances avec l’âge. Ce recrutement compensatoire semble plus marqué plus tard dans la vie, lorsque le système est soumis à une plus grande pression.

Connectivité fonctionnelle améliorée. L’éducation est également associée à une connectivité fonctionnelle accrue entre les régions cérébrales. Par exemple, un niveau d’éducation plus élevé est lié à une connectivité plus forte entre le cortex cingulaire antérieur et d’autres zones comme l’hippocampe et le lobe frontal inférieur, ce qui est à son tour lié à de meilleures performances cognitives.

Conclusion. L’éducation est non seulement associée au maintien de la structure cérébrale, mais aussi à la capacité du cerveau à compenser fonctionnellement les changements liés à l’âge. On pense que la combinaison d’une structure préservée et d’une activation fonctionnelle accrue sous-tend la réserve cognitive qui protège contre le déclin cognitif lié à l’âge.

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La réserve cognitive



La réserve cognitive est la capacité de notre cerveau à faire face aux différentes agressions qu'il peut subir, comme la perte de capacités cérébrales ou des transformations négatives dans cet organe.

Effectuer des activités qui exercent nos capacités cognitives – comme celles impliquant la lecture ou le calcul – peut nous protéger habituellement du vieillissement et de la démence, en augmentant la plasticité de notre cerveau et en établissant de nouvelles connexions synaptiques lorsque d'autres se détériorent.

L'accumulation d'expérience et la stimulation des capacités mentales tout au long de la vie se reflètent dans la réserve cognitive. C'est comme un capital mental que, plus il est grand, plus il aidera à compenser les effets sur l'efficacité de nos capacités cognitives, à la fois du vieillissement ou des altérations du cerveau, ainsi que de celles causées par la maladie d'Alzheimer.

La réserve cognitive ne sert pas d'antidote pour prévenir les maladies du cerveau ou le vieillissement neuronal, mais c'est un facteur qui contribue à retarder la possible détérioration cognitive, en favorisant un réseau neuronal plus résistant.

Dans certains cas, une réserve cognitive élevée permet au cerveau de fonctionner normalement après une maladie. Cela permet également à ce fonctionnement de rester totalement actif, même en cas de détérioration naturelle due au vieillissement. C'est une capacité très importante, qui mérite d'être cultivée et maintenue.

Facteurs influençant la réserve cognitive

Lorsque vous avez une bonne réserve cognitive, le cerveau peut établir de nouvelles connexions entre neurones pour remplacer ceux qui peuvent être abîmés ou endommagés. Ce processus est beaucoup plus facile pour ceux qui ont déjà effectué certaines de ces activités ou qui présentent l’une de ces caractéristiques.

Niveau culturel supérieur. Par niveau culturel, on entend l'ensemble des études, lectures et activités de type intellectuel accumulées. Un niveau plus élevé protège le cerveau des troubles cognitifs légers, c'est-à-dire de ce qui est produit par l'âge.

Relations sociales. Il est prouvé que ceux qui bénéficient du soutien d'un bon cercle social, avec lequel ils interagissent fréquemment, ont 38% moins de chances de souffrir de démence.



Exercice physique. Il favorise la circulation sanguine dans le cerveau, protège contre le stress oxydatif et les autres facteurs de détérioration associés au vieillissement.

Exercice mental. Il est définitif pour augmenter la réserve cognitive. Cela inclut des activités telles que jouer d'un instrument de musique, pratiquer des passe-temps intellectuels, etc.

Une alimentation saine aide également à renforcer le cerveau. La consommation de tabac, d'alcool ou d'autres substances psycho-actives doit être évité. Les promenades, randonnées et excursions font également partie des facteurs favorables.


Pour maintenir une bonne santé à tout âge



Stimuler le cerveau et les connexions neuronales

Apprentissage continu. Apprenez une nouvelle langue, un instrument de musique, ou suivez des cours pour stimuler votre cerveau.

Activités variées. Lisez, faites des mots croisés, des sudokus, des casse-têtes, ou pratiquez des loisirs créatifs comme la peinture, le bricolage ou le tricot.

Expériences nouvelles. Voyagez, cuisinez de nouvelles recettes ou participez à des activités comme le bénévolat pour sortir de votre routine.

Évitez les logiciels d'entraînement. Bien que populaires, les études montrent peu d'avantages durables et généralisables pour la vie quotidienne par rapport aux activités variées, selon l'Association québécoise des neuropsychologues.

Rester physiquement actif

Exercice régulier. Visez au moins 30 minutes d'activité physique par jour, comme la marche rapide, la natation ou la danse, pour améliorer l'oxygénation du cerveau et favoriser la création de nouveaux neurones.

Varier les activités. Combinez des exercices aérobiques avec des exercices musculaires et d'équilibre, comme le yoga ou le Tai-chi, pour un bénéfice plus complet.

Fractionner l'activité. Si vous n'avez pas 30 minutes d'un coup, fractionnez l'activité en périodes plus courtes (par exemple, 10 minutes) plusieurs fois par jour.

Maintenir un réseau social actif

Interactions régulières. Maintenez le contact avec vos amis et votre famille. Des interactions régulières peuvent réduire le stress et diminuer le risque de troubles neuro-cognitifs.

Rejoindre des groupes. Participez à des clubs de lecture, des groupes de chorale, d'artisanat ou d'autres activités de groupe.

Utiliser la technologie. Utilisez la technologie, comme les appels vidéo, pour rester en contact avec les personnes qui vous sont chères, surtout si elles sont loin.

Adopter une bonne hygiène de vie

Alimentation équilibrée. Adoptez un régime riche en fruits, légumes, oméga-3 et antioxydants pour soutenir la fonction cérébrale.

Sommeil de qualité. Assurez-vous d'avoir un sommeil réparateur.

Éviter le tabac et l'alcool. Limitez la consommation d'alcool et évitez le tabac pour prévenir le déclin cognitif.



L’important est de déjouer la routine du cerveau et de lui imposer des défis. 
Si elles ne sont pas aux prises avec des limitations physiques, les personnes qui vieillissent 
en bonne santé cognitive peuvent se livrer à leurs occupations de manière autonome.


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dimanche 28 décembre 2025

Le Brain Freeze ou Céphalée Due à un Stimulus Froid – Relation avec les autres Céphalées et la Douleur



Pourquoi a-t-on mal à la tête en consommant une glace ou une boisson très froide ?


Une glace en été, et c’est le drame : une douleur fulgurante vous transperce le front comme une lame de froid. Ce phénomène, connu sous le nom de “brain freeze” ou “gel du cerveau”, est une réaction neurologique bien réelle, déclenchée par le froid extrême au contact du palais.

Une douleur bien réelle, reconnue médicalement

Le brain freeze, ou céphalée de la crème glacée, est une forme de mal de tête déclenchée par l’ingestion rapide d’un aliment ou boisson très froid. La Classification internationale des céphalées (CIC) le répertorie sous le nom de “céphalée de la crème glacée”, et la CIM (Classification internationale des maladies) le classe comme une douleur causée par un stimulus froid. En langage médical, cette réaction est appelée ganglioneuralgie sphénopalatine.

Un signal envoyé au cerveau

Le mécanisme débute dès qu’un aliment très froid touche le palais. Chez les personnes sensibles, elle est provoquée par le passage d’un élément froid – solide, liquide ou gazeux – au niveau du palais et/ou de la paroi postérieure du pharynx.

Ce changement brusque de température provoque un refroidissement brutal de la muqueuse buccale, entraînant une vasoconstriction – resserrement des vaisseaux sanguins –, suivie d’une vasodilatation des vaisseaux sanguins dans cette zone. Ce changement rapide de diamètre des vaisseaux active le nerf trijumeau, cinquième nerf crânien, qui relie le visage au cerveau, interprète ce changement comme une menace thermique et envoie un signal de douleur” au cerveau.

Le nerf trijumeau est l'un des plus gros nerfs crâniens, responsable de la transmission des sensations faciales, notamment la douleur, la température et la pression. La branche supérieure de ce nerf se trouve près du ganglion sphéno-palatin, un ensemble de nerfs qui transmet les signaux du visage et de la tête au cerveau.

Ce qui est curieux, c’est que cette douleur n’est pas ressentie dans la bouche, mais au niveau du front ou des tempes. C’est ce qu’on appelle “une douleur référé” ou “douleur projetée” : le cerveau interprète mal la source du stimulus, ce qui est très courant dans d’autres types de douleurs viscérales.

Le “gel du cerveau” est différent des autres maux de tête

Le ‘’brain freeze’’ se distingue par sa brièveté et son intensité. Contrairement à une migraine ou à d’autres céphalées, il survient soudainement mais ne dure que quelques secondes à deux minutes. Il disparaît de lui-même, sans traitement, ni repos nécessaire.

Autre différence majeure : l’absence de symptômes associés. Alors qu’une migraine peut s’accompagner de nausées, d’une sensibilité à la lumière ou au bruit, le gel du cerveau reste localisé, sans effets secondaires. C’est une douleur brève, brutale, mais sans suite.

Le brain freeze partage ainsi des points communs avec les migraines : il implique les mêmes circuits nerveux et une dynamique vasculaire similaire. Il pourrait même être considéré comme une mini-migraine provoquée par le froid.

Les symptômes

La douleur est brutale, pulsatile (animé de pulsations) et localisée au front, aux tempes, ou derrière les yeux. Elle apparaît en moyenne 12 secondes après ingestion, dure une vingtaine de secondes, puis disparaît spontanément. Aucun autre symptôme n’y est associé.

Le phénomène s’appelle en réalité céphalée provoquée par le froid. Voici le mécanisme :

Refroidissement du palais. En consommant un aliment très froid, le liquide touche rapidement le palais.

Vasoconstriction soudaine. Le froid provoque une constriction rapide des vaisseaux sanguins dans cette zone pour limiter la perte de chaleur.

Vasodilatation de compensation. Juste après, le corps réagit en dilatant rapidement ces vaisseaux pour réchauffer la zone. Ce va-et-vient rapide provoque une pression soudaine.

Transmission du signal au cerveau. Cette pression stimule le nerf trijumeau, un nerf facial qui relaie aussi les sensations de douleur à la tête. Le cerveau interprète alors cette douleur comme venant du front ou des tempes, d'où la sensation de mal de tête soudain.

Est-ce dangereux ?

En général, non. Il s’agit d’un phénomène bénin, qui disparaît spontanément et sans conséquences médicales.

Comment l’éviter ?

La stratégie la plus efficace consiste à manger ou à boire lentement. Lorsque nous ingérons des aliments froids à grande vitesse, le stimulus thermique au niveau du palais est trop brusque pour que le corps puisse le compenser à temps, ce qui déclenche la réponse douloureuse.

Il est également important d’éviter que les aliments dont la température est basse entrent en contact direct avec le palais supérieur, car cette zone est très vascularisée et proche du trajet du nerf trijumeau. Utiliser une paille, garder le liquide sur la langue avant d’avaler ou ne pas laisser la glace fondre trop rapidement dans la bouche peut aider.

Et si la douleur s’est déjà manifestée, il existe une astuce simple : appuyez votre langue contre le palais. Ce contact aide à rétablir la température et à soulager la gêne en quelques secondes.

Donc la prochaine fois qu’une cuillère de glace vous gèle le front, rappelez-vous : ce que vous ressentez n’est pas exagéré.

Que faire pour soulager le brain freeze ?

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Appuyer sa langue contre le palais pour le réchauffer plus rapidement. Ce contact aide à rétablir la température et à soulager la gêne en quelques secondes.

* Boire quelque chose de tiède ou garder sa bouche fermée pour conserver la chaleur.

* Manger ou boire plus lentement pour éviter de refroidir la bouche d’un seul coup.

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Le brain freeze : l’expression de processus neurologiques complexes


Le système nerveux est juste en train de tester une réaction que les scientifiques tentent encore de comprendre… et peut-être d’exploiter. Les études menées sur ce phénomène, généralement sans gravité mais soutenu par des mécanismes neurologiques plus complexes qu’il n’y paraît, aident à approfondir les connaissances sur les réactions du cerveau soumis au froid, mais aussi sur les facteurs de risque de migraine. Et bien que cela puisse paraître trivial, ce phénomène révèle une complexité neurologique et médicale surprenante.

Ces dernières années, plusieurs recherches ont révélé que ce petit “mal de l’été” pourrait nous en apprendre davantage sur le traitement des migraines, les réactions cérébrales au froid et, de manière surprenante, sur la manière de protéger le cerveau dans des situations critiques.

Toutes ces recherches révèlent que ce qui est souvent perçu comme une simple “douleur due à la glace” est en réalité l’expression de processus neurologiques complexes. Loin d’être banale, cette sensation pourrait aider à mieux comprendre les seuils de douleur et la prédisposition à des troubles neuro-sensoriels plus larges.


Un mal de tête causé par une glace peut-il vous sauver la vie ?


Des chercheurs de l’Université de Californie (San Diego) dans une étude, publiée par Critical Care Medicine en mars 2010, suggéraient que les mécanismes à l’origine du brain freeze pourraient inspirer des stratégies cliniques visant à protéger le cerveau après un arrêt cardiaque.

L’objectif était d'étudier si les mécanismes neuro-vasculaires rapides à l'origine des céphalées provoquées par le froid pouvaient être utilisés pour développer des stratégies cliniques visant à protéger le cerveau après un arrêt cardiaque, notamment par le biais de l'hypothermie thérapeutique.

Ce type de réactions neuro-vasculaires rapides aiderait à réguler la pression intracrânienne, le flux sanguin cérébral et les réflexes autonomes.

Les conclusions de l'étude suggèrent que :

La réaction au froid provoquée par la crème glacée entraîne des changements brusques dans la circulation sanguine cérébrale.

L'activation du nerf trijumeau et du ganglion sphéno-palatin, structures impliquées dans les céphalées, pourrait être à l'origine de la douleur.

Les mécanismes de réponse neuro-vasculaire observés dans le “brain freeze” pourraient inspirer de nouvelles techniques pour réguler la pression et le flux sanguin cérébral dans des situations critiques telles qu'un arrêt cardiaque.

En d’autres termes, une glace peut activer des mécanismes que les médecins tentent de reproduire de manière contrôlée en soins intensifs.


Céphalées induites par le froid chez les enfants et les adolescents


Des chercheurs de l’University Hospital of Padua (Italie) dans une étude, publiée par Life en avril 2023, ont fait synthèse sur la bibliographie disponible sur la douleur et examiné comment des structures profondes du crâne telles que le nerf trijumeau et le ganglion sphénopalatin – tous deux connus pour être impliqués dans les migraines, les céphalées en grappe et les névralgies faciales – peuvent jouer un rôle dans ce phénomène.

La littérature sur les céphalées induites par le froid (CIF) est relativement peu abondante par rapport à d'autres troubles de céphalées primaires, et les études sur la population pédiatrique sont très limitées.

La céphalée induite par le froid (CIF) est un trouble céphalalgique primaire provoqué par un stimulus froid appliqué à l'extérieur de la tête, ingéré ou inhalé. La littérature sur la CIF est relativement rare par rapport à d'autres troubles céphalalgique primaires, car il s'agit d'une affection difficile à étudier, principalement en raison de sa courte durée. De plus, les travaux sur la population pédiatrique sont très limités et aucun d'entre eux ne porte sur les enfants de moins de 8 ans.

La prévalence des cellules souches hématopoïétiques (CSH) au cours de la vie est plus élevée chez les enfants que chez les adultes. Contrairement à la population adulte, où les femmes sont plus touchées par les CSH que les hommes, il n'existe pas de différence significative entre les sexes chez les enfants.

Cette revue systématique vise à analyser les données disponibles sur les CIF chez les enfants et les adolescents, en mettant l'accent sur l'épidémiologie, les caractéristiques cliniques, les mécanismes pathogéniques et les traitements.

De plus, de nombreux travaux de recherche ont montré que la réponse douloureuse au froid pourrait révéler une hypersensibilité du système trigéminal, en particulier chez des personnes prédisposées. La prévalence de ce phénomène varie entre 15 et 37% dans la population générale. Mais elle est nettement plus élevée chez les enfants et les adolescents, chez qui elle atteint des chiffres compris entre 40,6% et 79%, selon les données recueillies dans la littérature scientifique.

La revue a porté sur 25 études, dont 9 articles incluant des cas pédiatriques (4 échantillons pédiatriques, 5 échantillons mixtes d'enfants et d'adultes). L'objectif de ce travail est de mettre en évidence les caractéristiques des CSH chez les enfants et les adolescents. Chez les enfants, la prévalence des CSH est plus élevée que chez les adultes et n'est pas spécifique au sexe.

Il existe des antécédents familiaux pertinents pour les CSH et la comorbidité avec la migraine est significative. Les facteurs déclenchants et les caractéristiques cliniques des CSH due à l'ingestion d'un stimulus froid chez les enfants sont similaires à ceux observés chez les adultes.

Les CSH due à l'application externe d'un stimulus froid, ou à des températures ambiantes basses, n'a pas été étudiée chez les enfants et les adolescents. Les chercheurs décrivent en détail un nouveau cas pédiatrique des CSH déclenché par de basses températures ambiantes ; à leur connaissance, il s'agit de la première description dans la littérature.

En conclusion, les CSH chez les enfants sont probablement sous-estimées et présentent des caractéristiques particulières par rapport aux adultes. Ds études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ses caractéristiques cliniques et sa physiopathologie.


Céphalées dues à la crème glacée chez les étudiants et antécédents familiaux de céphalées : une étude épidémiologique transversale


Des chercheurs de Martin Luther University Halle-Wittenberg (Allemagne) dans une étude, publiée dans le Journal of Neurology en juin 2016, ont révélé que la prévalence des maux de tête liés à la consommation de crème glacée était significativement associée à des antécédents familiaux de migraine.

Cette étude épidémiologique transversale a porté sur 283 élèves – âgés de 10 à 14 ans – fréquentant un lycée en Allemagne, leurs parents et leurs enseignants, a montré une prévalence de 62% chez les enfants et de 31% chez les adultes. Cette différence pourrait s’expliquer par une combinaison de facteurs : l’apprentissage comportemental visant à éviter les déclencheurs de la douleur, une plus grande stabilité neuronale face au froid avec l’âge et des différences anatomiques qui rendent les enfants plus sensibles à une stimulation rapide des récepteurs du froid.

Les chercheurs suggèrent que ce type de céphalée “congélation cérébrale” peut être un indicateur d'une sensibilité trigéminale accrue ou d'une prédisposition à d'autres troubles neuro-sensoriels. L'étude a observé que les enfants dont les parents avaient des antécédents familiaux de ce type de douleur présentaient un risque plus élevé, ce risque étant multiplié si la mère était touchée.

Les résultats suggèrent que les maux de tête liés à la consommation de glaces ne sont pas seulement une simple réaction, mais le reflet de processus neurologiques complexes et un signe possible d'une sensibilité trigéminale accrue ou d'une prédisposition à d'autres troubles neurologiques.

L'étude souligne que cette manifestation peut être un marqueur clinique d'une sensibilité accrue aux stimuli froids, similaire à la sensibilité observée chez les personnes souffrant de migraines et d'autres maux de tête.


Céphalée idiopathique en coup de poignard et céphalée expérimentale provoquée par la consommation de crème glacée (céphalées de courte durée)


Des chercheurs de Kocaeli University (Turquie) dans une étude, publiée par European Neurology en janvier 2004, comparent la céphalée pulsatile idiopathique à la céphalée due à des stimuli froids, toutes deux considérées comme des céphalées de courte durée.

Les chercheurs analysent et comparent la céphalée pulsatile idiopathique, également appelée primaire, à la céphalée due à des stimuli froids ou “céphalée glacée”, en documentant ces deux types de céphalées de courte durée et leurs caractéristiques.

Les céphalées idiopathiques en poignard (ISH) et les céphalées expérimentales provoquées par la consommation de crème glacée sont dues à une activation paroxystique des voies trigéminales et à un dysfonctionnement des mécanismes de contrôle de la douleur. Tout dysfonctionnement des mécanismes de contrôle de la douleur semble être localisé dans les zones touchées.

Les chercheurs ont comparé les localisations des ISH et des céphalées expérimentales provoquées par la consommation de crème glacée chez le même groupe de personnes souffrant de migraine afin d'étudier les similitudes et les différences entre ces céphalées.

Le pourcentage de localisations des maux de tête liés à la consommation de crème glacée limitées à devant le sommet du crâne/sur le sommet du crâne était de 94%, contre 45% pour les ISH. Le pourcentage d'occurrence des maux de tête liés à la consommation de crème glacée derrière le sommet du crâne était de 6% et de 55% pour les ISH.

En raison de la distribution étendue de l'ISH dans la tête, il pourrait y avoir une irritation de diverses branches du nerf trijumeau, tandis que les localisations restreintes des maux de tête liés à la consommation de crème glacée suggèrent une irritation d'une ou plusieurs branches spécifiques du nerf trijumeau, par exemple dans l'oropharynx.

Une irritation étendue ou restreinte des voies trijumeaux provoque soit une ISH, soit des maux de tête liés à la consommation de crème glacée, dans lesquels des déficits intermittents des mécanismes centraux de contrôle de la douleur semblent jouer un rôle clé.

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Des études scientifiques démontrent aussi que les personnes qui souffrent de migraines à répétition sont parfois plus souvent victimes de gel du cerveau, en raison d’une sensibilité accrue à ce type de douleur. Malgré son caractère quotidien et inattendu, le mal de tête dû à la consommation de glace est une réaction normale du système nerveux face à un stimulus thermique intense.

L'intérêt scientifique pour ses mécanismes et ses applications cliniques potentielles persiste, ce qui démontre que les expériences les plus courantes peuvent fournir des informations précieuses sur le cerveau humain.




Le brain freeze est une douleur transitoire, provoquée par une réaction vasculaire au froid. 
Il n’est ni imaginaire ni grave, mais peut être très désagréable. 
Une meilleure connaissance du phénomène permet de l’éviter, ou du moins, de l’atténuer. 
Alors, la prochaine fois que vous dégusterez une glace, allez-y doucement… 
Votre cerveau vous remerciera !


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