lundi 23 mai 2016

Les Effets de la Consommation de Drogues Pendant la Grossesse





La consommation de substances peut entraîner de graves répercussions dès les premiers stades du développement du fœtus, ainsi que des effets nocifs qui se répercutent à long terme dans la petite enfance et même bien plus tard.

Toutes les drogues consommées de façon abusive peuvent avoir des conséquences négatives sur le déroulement de la grossesse et le développement du fœtus. Toute substance peut traverser la barrière placentaire et affecter le fœtus.

Selon le type de drogue et la quantité consommée, il est aussi possible que le bébé souffre de sevrage à la naissance, c’est-à-dire de privation (pleurs inconsolables, irritabilité, tremblements, difficultés à s’alimenter, etc.).

Certaines drogues peuvent également avoir des effets à plus long terme chez les enfants (troubles d’apprentissage, troubles de comportement, hyperactivité, etc.).

La consommation de drogues illicites pendant la grossesse peut entraîner des complications médicales comme la fausse couche précoce, le décollement du placenta, le retard de croissance du fœtus, la formation de caillots, l’hypertension, la mort intra-utérine, le travail avant terme et l’hémorragie de la délivrance. L’exposition in utero peut rendre le fœtus dépendant aux drogues transmises par voie sanguine.

Les conséquences de l’exposition du fœtus à la drogue dureront toute sa vie


Parmi celles-ci, les plus fréquentes sont :
* un avortement spontané;
* un accouchement prématuré;
* un retard de croissance chez le fœtus.

Effets de la consommation de médicaments et drogues avant et pendant la grossesse


Les médicaments sur ordonnance et en vente libre, peuvent traverser le placenta et atteindre la circulation sanguine du bébé.

Parce que l’enfant à naître traverse des étapes cruciales de son développement, les médicaments ou produits, peuvent l’affecter d’une façon différente par rapport à la mère, causant parfois des déficiences congénitales ou d’autres problèmes considérables.

Avant de commencer à prendre tout type de médicaments sur ordonnance ou en vente libre, il est très important d’en parler à un professionnel de la santé et ce, tout au cours de la grossesse, surtout durant les trois premiers mois, lorsque les principaux systèmes de l’organisme du bébé se forment.

Syndrome de sevrage néonatal


Le syndrome de sevrage néonatal ou syndrome de pharmacodépendance est un trouble affectant les bébés nés de mères qui ont consommé des substances pendant la grossesse. Le bébé en gestation s’habitue éventuellement à la drogue qu’il reçoit tandis qu’il est dans l’utérus. Après sa naissance, le bébé, devenu dépendant de la drogue à laquelle il n’a plus accès, manifeste des symptômes de sevrage.

Les bébés atteints du syndrome de sevrage néonatal peuvent sembler tout à fait normaux à la naissance. D’ordinaire, les symptômes du sevrage se manifestent dans les 24 à 48 heures de vie, mais parfois, ils n’apparaissent que dix jours après la naissance. La plupart du temps, les symptômes sont légers et s’estompent au bout d’une semaine, mais il peut arriver qu’ils durent jusqu’à trois semaines.

Les drogues suivantes sont fréquemment associées au syndrome de sevrage néonatal :

* la codéine
* le fentanyl
* l’héroïne et la méthadone
* la mépéridine (Demerol)
* la morphine
* la pentazocine
* le propoxyphène
* les barbituriques
* la caféine
* le chlordiazépoxide
* la cocaïne
* les amphétamines
* le diazépam et le lorazépam
* la diphénylamine
* l’alcool éthylique
* la marijuana
* la nicotine
* la phencyclidine
* les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (fluoxétine, paroxétine, la sertraline, citalopram).


Consommation d'alcool


Les femmes enceintes qui consomment de l'alcool risquent de donner naissance à un enfant atteint du syndrome d'alcoolisme fœtal (SAF).


Le syndrome d'alcoolisme fœtal est le seul défaut de naissance lié à la consommation des psychotropes qui peut être diagnostiqué à partir de critères spécifiques. Ceux-ci sont au nombre de trois : troubles de croissance, traits du visage caractéristiques et détérioration du système nerveux central, dont la gravité peut aller de légère à grave, et qui peut entraîner des problèmes tels que l'affaiblissement des facultés intellectuelles, les troubles d'apprentissage, les problèmes de mémoire, ainsi que la difficulté à distinguer la cause de l'effet.


Le tabac


On associe la consommation du tabac pendant la grossesse aux risques d'accouchement avant-terme, au poids insuffisant à la naissance  plus sensibles aux infections  et à un risque élevé de mort au berceau.

Le risque pour l'enfant de contracter des infections de l'appareil auditif et de souffrir de troubles respiratoires augmente également avec l'exposition du fœtus au tabac. Il existe un lien possible entre la consommation du tabac et d'éventuels troubles déficitaires de l'attention, de même qu'avec les retards de développement.


Le LSD et les amphétamines


Le LSD (acide lysergique diéthylamine) et les amphétamines sont d’autres drogues dont on ne connaît pas clairement les effets sur la grossesse.

Cependant, des anomalies congénitales ont été constatées sur les bébés de femmes prenant du LSD et d’autres drogues. Il est impossible d’établir un lien certain entre ces anomalies et la consommation de ces drogues. La plupart des femmes qui prennent du LSD ou des amphétamines consomment aussi de l’alcool, d’autres drogues ou fument.

Les études divergent quant aux effets constatés. On peut quand même affirmer que la consommation de plus d’une drogue douce semble augmenter le risque d’anomalies congénitales.

D’une manière générale, sans certitude sur l’effet exact de ces drogues sur les bébés à naître, mieux vaut les éviter.


La cocaïne


La cocaïne est un puissant stimulant du système nerveux central. En consommer pendant la grossesse peut provoquer de sérieux problèmes. En début de grossesse, elle peut augmenter le risque de fausse couche. Consommée plus tard dans la grossesse, elle risque de déclencher le travail prématurément. Des études montrent que les femmes qui consomment de la cocaïne pendant leur grossesse présentent deux fois plus de risques que les autres femmes d’avoir un bébé prématuré.

La consommation de cocaïne peut aussi être à l’origine d’un décollement du placenta de la paroi utérine avant le début du travail. Cette affection (abruptio placentae) peut entraîner d’importants saignements et être fatale à la mère et au bébé. La diminution d'apport en oxygène provoquée par ce décollement du placenta expose le fœtus à une mort in utero.

La cocaïne traverse le placenta et circule dans le sang du bébé. Elle peut provoquer des dommages irréversibles au cerveau, voire la mort d’un bébé à naître. Ces problèmes concernent plus les bébés des femmes qui ont continué à consommer de la cocaïne tout au long de leur grossesse.

Les anomalies congénitales associées à la prise de cocaïne par la mère incluent des malformations : du cerveau, du crâne, du visage, des yeux, du cœur, des membres, des intestins, des organes génitaux, de l’appareil urinaire.

Risques pour le nouveau-né. La drogue peut diminuer l’apport en nutriments et en oxygène du bébé en développement. Il risque d’être beaucoup plus petit à la naissance, même s’il naît à terme. Le risque de mortalité des bébés de faible poids de naissance au cours de leur premier mois est supérieur à celui des bébés de poids de naissance normal. Les femmes qui arrêtent de prendre de la cocaïne en début de grossesse risquent moins d’avoir un bébé prématuré ou de faible poids de naissance.

Un enfant dont la mère a consommé de la cocaïne peut souffrir de handicaps comme une paralysie cérébrale, un handicap visuel ou auditif. Ce sont des bébés qui souffrent souvent de troubles divers : ils ont du mal à trouver le sommeil ou à se nourrir. Et ils peuvent être sujets à un état comparable à l'état de manque. On constate souvent qu'ils sont dotés d'un caractère particulier : nerveux, irritables, inconsolables, ils se mettent souvent à pleurer au moindre bruit ou contact.

La cocaïne passe dans le lait maternel en quantités importantes. Ses effets sur le bébé continuent à être nocifs.


L’héroïne


De nombreuses études scientifiques ont démontré les dangers potentiels de l'héroïne consommée par les femmes enceintes. Il est fortement conseillé aux femmes enceintes qui prennent de l’héroïne de passer à la méthadone. Cette dernière est administrée à intervalles réguliers. Elle permet de stabiliser le taux de drogue dans le sang, limitant ainsi les problèmes pour la mère et le bébé.

Avec l’aide de professionnels, une femme devrait être capable de diminuer la quantité d’héroïne qu’elle prend. Il n’est pas conseillé aux femmes dépendantes d’arrêter l’héroïne une fois enceinte. Cela risquerait de provoquer une souffrance et un état de manque chez le bébé en développement, ce qui pourrait être très dangereux.

Le fœtus exposé à l'héroïne peut voir sa croissance limitée. L’héroïne a de nombreux effets indésirables sur un bébé en développement. Elle peut limiter sa croissance, entraîner un accouchement prématuré et des enfants mort-nés. La moitié environ des bébés nés de mères dépendantes à l’héroïne sont des prématurés.

Un bébé dont la mère a consommé de l'héroïne risque de connaître un certain nombre de problèmes. Au niveau respiratoire, il peut éprouver des difficultés pour respirer, ou pour se nourrir. Ce qui peut être dangereux durant les premiers mois car cela entraîne fatalement des soucis de développement. Par ailleurs, ces bébés sont souvent sujets à une grande agitation et une forte irritabilité. Enfin, comme pour la cocaïne, l'héroïne passe dans le lait maternel, l'allaitement doit aussi être exclu.

Les bébés exposés à l’héroïne ou à la méthadone avant la naissance souffrent de forts symptômes de manque une fois nés. Ils requièrent un traitement pouvant durer plusieurs semaines.


La marijuana


Plusieurs études scientifiques démontrent qu'une consommation régulière de cannabis expose la mère et l'enfant à plusieurs risques car le principe actif contenu dans cette substance traverse la paroi du placenta pour atteindre le sang du fœtus.

Risques pour le fœtus. La prise régulière de cannabis peut provoquer un retard de croissance intra-utérine. Le fœtus est ainsi exposé, comme la mère, au monoxyde de carbone. De plus, le principe actif contenu dans le cannabis passe la paroi du placenta pour se retrouver dans le sang du fœtus à doses variables. Ce qui peut occasionner un hématome rétro-placentaire. Ce dernier se caractérise par un décollement du placenta, lequel entraîne une diminution des apports en oxygène du fœtus, ce qui peut conduire à sa mort in utero. Cet hématome est souvent à l'origine d'hémorragies pour la mère, qui lui sont parfois fatales.

Risques pour le nouveau-né. Les mères qui consomment du cannabis donnent naissance à des bébés avec un poids plus faible que celui des autres. Cette faiblesse engendre une plus grande sensibilité aux infections durant les premiers mois. D'autre part, les cas de bébés prématurés se révèlent beaucoup plus fréquents avec cette drogue.

Cannabis et grossesse : le cerveau du fœtus en danger


Une étude menée par des chercheurs de l'Institut Karolinka (Suède), dont les résultats sont parus dans l'EMBO Journal en janvier 2014, démontre que le cannabis entraîne un retard dans le développement cérébral.

Ils ont tenté d'évaluer les effets d'une telle consommation sur le fœtus, en étudiant des souris et des tissus humains. Leur but était de déterminer comment le THC présent dans le cannabis affecte le cerveau du bébé à naître, notamment son développement. Ils ont découvert que le THC agit sur une protéine qui aide les cellules à croître.

Tetrahidrocarbocannabinol – THC
Lorsque la future mère consomme du cannabis alors que le cerveau du fœtus est en phase de développement, le cortex cérébral du fœtus souffre d'un développement défectueux. Cette région du cerveau organise la fonction cognitive et la formation de la mémoire. Chez le bébé, cela se traduit notamment par un déficit de connexions entre les neurones.

Sur le court terme, cela peut ne pas avoir d'effets immédiats sur la cognition. Mais ce retard de développement peut s'observer sur le long terme, même si le THC seul peut causer de légères modifications, son effet peut suffire à sensibiliser le cerveau aux facteurs de stress ou aux maladies, et provoquer à l'avenir des pathologies neuropsychiatriques (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, etc.).


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Au vu des complications potentielles qu'entraîne la consommation de drogues pendant la grossesse, que ce soit pour la mère, le fœtus ou le bébé une fois né, il apparait évident de déconseiller fortement l'usage de substances illicites pendant cette période. Toutefois, la dépendance restant très compliquée à gérer, une aide extérieure médicale doit être sollicitée.

Les futures mamans qui consomment des drogues douces ou plus dures sont en général des femmes en grande détresse sociale. Parfois, ces grossesses ne sont même pas désirées. Et très souvent, il est difficile pour elles d'en parler et d'avouer ainsi leurs addictions aux personnels médicaux. Il est impératif qu'elles trouvent des structures pour se faire aider afin de passer ce cap en limitant les effets néfastes pour leur santé et celle de leur enfant à naître.

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