vendredi 7 octobre 2016

De Nouvelles Preuves Signalent que l'Autisme Commence Pendant la Grossesse



L'autisme commence dans l'utérus


Un développement anormal du cortex cérébral pendant la grossesse


L’autisme est l’un des trois troubles reconnus sous le terme générique du Spectre de l’autisme et c’est un trouble du développement neurologique. Les personnes avec autisme montrent une interaction sociale et communication endommagées et affichent souvent certains comportements caractéristiques. Bien qu’il y ait eu quelques informations sur le cerveau des personnes autistes, quand et comment l’autisme se développe était peu connu. De nouvelles preuves signalent que l'autisme se développe très précocement durant la grossesse. Et celles-ci offrent l'espoir d'un dépistage "à la source" de l'autisme et donc celui d'un traitement efficace.

Des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego dans une étude publiée dans le New England Journal of Medicine en mars 2014, expliquent qu’une désorganisation de l'architecture cérébrale a été détectée dans des échantillons de cerveau d'enfants autistes.

L'autisme résulterait ainsi d'anomalies dans le développement de certaines structures cérébrales du fœtus. Une découverte qui pourrait contribuer à détecter ce syndrome de façon bien plus précoce.

Un processus qui se produit longtemps avant la naissance


Cela reflète un processus qui se produit longtemps avant la naissance. Actuellement l'autisme peut être dépisté à partir de deux ans. Mais on sait qu'un dépistage plus précoce permettrait de mettre en place des stratégies thérapeutiques bien plus efficaces.

Les flèches montrent les “patchs”
dans le cerveau d'un enfant autiste
Les médecins ont analysé des échantillons de tissu cérébral post-mortem provenant de 11 enfants autistes âgés de 2 à 15 ans au moment de leur décès. Ils les ont comparés à des prélèvements sur un groupe témoin de 11 autres enfants qui n'étaient pas autistes.

Le développement du cerveau d'un fœtus pendant la grossesse comprend la création d'un cortex  ou écorce cérébrale  formé de six couches distinctes de neurones. Les chercheurs ont découvert, par endroits seulement, des anomalies dans le développement de ces couches corticales chez la majorité des enfants autistes.

Dans les cerveaux des enfants autistes, des
marqueurs génétiques clés étaient absents
 dans les cellules de plusieurs couches
L'analyse d'une série de 25 gènes qui servent de bio-marqueurs pour certains types de cellules cérébrales formant les six différentes couches du cortex a permis de constater que ces bio-marqueurs étaient absents dans 91% des cerveaux des enfants autistes contre 9% dans le groupe témoin.

Au cours du développement précoce du cerveau, chaque couche corticale développe ses propres types de cellules spécifiques, chacune avec des modèles spécifiques de connectivité qui jouent des rôles uniques et importants dans le traitement de l'information.

En se développant en un type spécifique, les cellules acquièrent une signature génétique distincte (marqueur) qui peut être observée. Dans les cerveaux des enfants autistes, des marqueurs génétiques clés étaient absents dans les cellules de plusieurs couches. Ce qui indique que l'étape précoce du développement des ces couches distinctes, qui commence dans la vie prénatale, a été perturbé.

Ces défauts ne sont pas présents de façon uniforme mais se présentent "en patchs". Les régions les plus affectées sont les cortex frontal et temporal.

Le cortex frontal est associé à des fonctions cognitives dites de niveau supérieur, qui incluent la communication et la compréhension complexe des indices sociaux.

Le cortex temporal est associé au langage. Le cortex visuel, associé aux perceptions, ne présentait aucune anomalie.

Deux types de cellules sont présents dans le cortex. Les cellules nerveuses (neurones) étaient affectées mais pas les cellules gliales.

Ces anomalies présentes de façons inégales, par opposition à une pathologie corticale uniforme, peuvent aider à expliquer pourquoi de nombreux enfants autistiques en bas âge montrent une amélioration avec un traitement précoce et au fil du temps, estiment les chercheurs.

Les signes de désorganisation des cellules cérébrales apparaissaient sous forme de tâches de 5 à 7 millimètres de longueur à divers endroits dans les différentes couches des lobes frontal et temporal du cerveau. Ces régions cérébrales sont le siège des fonctions sociales, des émotions, de la communication et du langage, qui connaissent des dysfonctionnements chez les autistes. Le mécanisme responsable de cette désorganisation des structures corticales est un dysfonctionnement des réseaux de gènes qui contrôlent la production de cellules cérébrales et la formation des six différentes couches du cortex.

Selon les chercheurs, cette découverte a le potentiel non seulement d'identifier quand et où ces anomalies se développent mais aussi leur cause, ouvrant peut-être la voie à une détection beaucoup plus précoce de l'autisme.

En outre, le fait que ces anomalies soient clairsemées et n'affectent pas l'ensemble des couches du cortex devrait permettre au cerveau de reconstituer ces branchements défectueux en utilisant des tissus corticaux sains.

Ces résultats soutiennent l'idée que chez les enfants atteints d'autisme, le cerveau peut parfois développer de nouvelles connexions pour contourner les anomalies, ce qui donne espoir que la compréhension de ces anomalies puisse éventuellement ouvrir de nouvelles voies pour mieux comprendre comment ces améliorations se produisent.

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