samedi 14 octobre 2017

L'Ocytocine Protège le Cerveau du Nouveau-né


L'ocytocine met le cerveau fœtal en silencieux pendant le processus
 de l'accouchement et réduit sa vulnérabilité au manque d'oxygène


L’ocytocine est une molécule produite naturellement dans l’hypothalamus, à la base du cerveau et est stocké dans le lobe postérieur de l’hypophyse, la “glande maîtresse“ du système endocrinien (hormonal), d’où elle est libérée par pulsations.

Découverte. Le Britannique Henry Dale extrait du cerveau humain, en 1906, une substance provoquant les contractions chez des chattes sur le point de mettre bas. Cette substance fut nommée ocytocine d’après le mot grec õkytokíne, qui signifie “naître rapidement” ou “accouchement rapide”. Elle est aussi associée à l’allaitement car elle stimule les glandes mammaires, une propriété qui fut découverte par Otto et Scott en 1910 et par Schafer et Mackenzie en 1911.

L’ocytocine fut également la première hormone peptidique dont Vincent de Vigneaud et al. ont pu déterminer la séquence des neuf acides aminés en 1953 et qu’ils ont  réussi à synthétiser la même année.

La mère informe et prépare le fœtus à l’accouchement grâce à l’ocytocine, hormone responsable de la survenue des contractions. Sous l’action de l’ocytocine, les neurones fœtaux sont anesthésiés et prêts à affronter le traumatisme et/ou le manque d’oxygène inhérents à la naissance.

Les complications lors de l’accouchement sont les causes majeures de séquelles neurologiques graves : épilepsie, handicap moteur, retard mental, etc. En cause, le choc traumatique et/ou le manque d’oxygène au moment de la naissance qui affecte le développement du cerveau du nourrisson.

Quelques heures avant l'accouchement chez la future mère, sous l'action d'une cascade d'événements et de la diminution de la progestérone (l'une des deux hormones de la grossesse), l'hypothalamus – le chef d'orchestre central de la sécrétion de toutes les hormones  fabrique puis libère l'ocytocine. Une hormone essentielle, à l'origine des contractions de l'utérus nécessaires à la mise en route du “travail” et à l'expulsion, mais aussi responsable de la montée de lait chez la future mère.

La sécrétion d’ocytocine augmente substantiellement durant la grossesse, favorisant l’absorption des nutriments, réduisant le stress et conservant l’énergie en améliorant le sommeil.

Au cours des premières semaines après l’accouchement, la production soutenue d’ocytocine va favoriser l’attachement mère-enfant. Il s’agit ici d’effets centraux de l’ocytocine, c’est-à-dire de modification dans les circuits mêmes du cerveau.


Comment le fœtus se prépare à l'accouchement


Des chercheurs de l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée à Marseille dans une étude publiée dans la revue américaine Science en 2006, ont démontré le rôle de l'ocytocine sur le fœtus à l'aube de sa venue au monde. Grâce à cette hormone, la mère informe et prépare le bébé à l'imminence de l'accouchement en “anesthésiant” les neurones de son enfant. C'est un peu comme si le bébé entrait en hibernation durant cette phase cruciale. Il est alors paré à affronter le traumatisme de la naissance, voire même celui d'éventuelles complications comme le manque d'oxygène.

Des enregistrements de neurones de souriceaux, à partir de coupes de cerveau à différents stades de la vie prénatale, réalisés par les chercheurs, montrent que cinq à six heures avant la naissance, ces neurones sont particulièrement inhibés. Un peu comme s'ils avaient été soumis à un traitement fortement anesthésiant. Pour savoir si l'ocytocine libérée par la mère juste avant l'accouchement est bien à l'origine de ce phénomène, ils ont ensuite administré à la femelle une substance qui bloque les récepteurs à l'ocytocine. Par exemple un médicament utilisé en médecine humaine pour retarder le déclenchement du travail et empêcher une naissance prématurée.

Ils ont alors observé une suppression de l'inhibition de ces neurones. Cela suggère très fortement que l'ocytocine joue un rôle primordial dans cette “anesthésie” neuronale juste avant l'accouchement.

Le cerveau du nouveau-né est beaucoup plus résistant à des phases d'anoxie  baisse de l'oxygénation du cerveau  lorsque les neurones sont correctement endormis sous l'effet de cette hormone maternelle.


Hormone du comportement maternel


Au cours des premières semaines après l’accouchement, la production soutenue d’ocytocine va favoriser l’attachement mère-enfant. Il s’agit ici d’effets centraux de l’ocytocine, c’est-à-dire de modification dans les circuits mêmes du cerveau. Chaque fois que la mère allaite son enfant, celui-ci améliore en retour, par l’entremise de l’ocytocine, le lien qui l’unit à sa mère. Durant les mois ou les années où l’allaitement va se poursuivre, l’ocytocine va continuer de garder la mère bien nourrie et détendue malgré les nouveaux défis apportés par la présence du bébé.


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