jeudi 9 novembre 2017

«Sels de Bain» : Nouvelle Drogue Synthétique Methylene-dioxy-pyro-valerone ou MDPV




La lutte contre les dépendances fait partie de principaux problèmes de santé dont le monde souffre aujourd'hui. Des addictions telles que la toxicomanie compromettent la santé physique de la personne, car elles peuvent endommager les organes vitaux tels que le cerveau, les reins, le foie et les poumons.

Bien qu'il existe une différence entre les soi-disant “drogues naturelles” et “drogues synthétiques”, les deux compromettent la santé de l'utilisateur. Les drogues synthétiques sont celles qui sont fabriquées de manière artificielle. En revanche, les drogues naturelles sont présentes dans les plantes et sa préparation est minime.

On appelle drogues de synthèse  souvent désignées par leur nom anglais, designer drugs  des substances psychotropes synthétisées artificiellement par opposition aux drogues d'origine végétale.

Fabriquées à partir de précurseurs produits par l'industrie chimique, les drogues de synthèse ont connu un développement considérable de leur production au cours des dernières années et le nombre de leurs consommateurs, qui est de l'ordre de 30 millions aujourd'hui dans le monde, est désormais en deuxième position derrière celui des consommateurs de cannabis chez les utilisateurs de drogues illicites.

Parmi les plus répandues de ces substances, on compte notamment les stimulants de type amphétamine et leurs différents dérivés (métamphétamine, MDA, ecstasy etc.)

Les nouvelles “drogues légales”


Une nouvelle génération de substances promet l’ivresse en toute légalité. Totalement chimiques, ces “drogues légales” ont des conséquences physiques et psychiques désastreuses. Difficile pourtant de les interdire, leurs fabricants modifiant sans cesse leur composition pour contourner les lois.


Souvent vendues comme une alternative légale "sûre", ces drogues peuvent en réalité avoir sur le cerveau un effet plus puissant que la marijuana et les effets peuvent être, dans certains cas, plus graves, voire même mortels.

Elles inquiètent les autorités car elles sont représentatives d'un nouveau phénomène : l'accessibilité de ces drogues de synthèse via Internet. Un marché où tout s'achète et tout se vend et sur lequel les autorités n'ont aucun contrôle. Toute substance déclarée illicite engendre de nouveaux produits qui circulent sur Internet et dont on ne mesure pas les conséquences dévastatrices sur la santé des usagers.


Sels de bain

“Sels de bain” est le nom d'une famille de drogues. Ses effets à court et à long terme sont semblables à ceux de la cocaïne, de la méthamphétamine (meth) et de l'ecstasy.

Il s'agit d'une drogue de synthèse produite en Chine, dont la consommation est en hausse aux États-Unis. En France, on la connaît sous son nom scientifique d'alpha-PVP. Elle se présente sous la forme d'une poudre ou de petits cristaux qui peuvent être sniffés, avalés, fumés ou injectés. Si elle rencontre le succès, c'est notamment pour son faible coût, inférieur à celui de la cocaïne ou de la MDMA, vendus entre 18 et 40 euros le gramme.

Identifié en 2007, le produit contient des substances chimiques dérivées du khat, une plante stimulante dont les effets se rapprochent de ceux de l'ecstasy. Le khat est un arbre de 5 à 7 mètres de haut qui pousse en Afrique de l’Est et dans la péninsule arabique. Les feuilles ont un goût astringent (âpre) et une odeur aromatique.

La majeure partie de la production vient de Chine et d'Inde, où les entreprises chimiques sont soumises à un contrôle moins rigoureux.

Les sels de bain tiennent leur nom de leur forme poudreuse. La poudre blanche ou brune ressemble aux sels qu'on met dans l'eau du bain.


"non destiné à la
consommation humaine"
Cette drogue est aussi connue sous les noms de 7e ciel, Meow Meow, MC-cat, Ivory wave, drone, ciel vanille, magie bleue.

Les sels de bain sont produits dans des laboratoires illégaux. La poudre cristalline est vendue dans de petits emballages de plastique ou de feuilles métalliques et étiquetés “non destiné à la consommation humaine”. Ils sont également vendus sous forme de gélules.

Sous forme de poudre, les sels de bain peuvent être consommés de différentes façons :

* aspirés par le nez (sniffés)
* roulés dans un papier de cigarette et avalés
* dissous dans un liquide et avalés
* dissous dans un liquide et injectés dans les veines.

Les sels de bain contiennent principalement de la méthylenedioxypyrovalerone (MDPV), de la cathinone et de la méphédrone, toutes les trois liées au khat.

La cathinone est un principe psychoactif présent à l’état naturel dans les feuilles de khat. C’est un très puissant alcaloïde  substance organique d’origine végétale, contenant au moins un atome d’azote dans la molécule . Les alcaloïdes ont une forte action toxique ou thérapeutique (caféine, morphine, quinine). La cathinone est semblable aux amphétamines.

La méphédrone, dont le nom complet est 4-méthylméthcathinone, est une drogue stimulante synthétique contenant des amphétamines et de la MDMA (stupéfiant, stimulant). Les consommateurs s’en procurent pour ses vertus énergisantes et euphoriques. On lui prête également des effets proches du LSD et de l’ecstasy qui sont de puissants hallucinogènes.

La méthylenedioxypyrovalerone (MDPV) est une molécule d’amphétamine légèrement modifiée, ce qui lui permet d’être légale. Elle se présente sous forme de poudre à prendre par voie intra-nasale. Cette drogue a des effets stimulants semblables aux effets de l’ecstasy ou de la cocaïne.

Effets des sels de bain


Ce que recherchent les consommateurs, ce sont ses propriétés stimulantes. Mais la drogue comporte aussi de nombreux effets secondaires. La substance peut engendrer la paranoïa, de fortes hallucinations ou des psychoses. En outre, elle décuple la force et inhibe la douleur et provoque une hausse du rythme cardiaque et de la température du corps. Si la substance est prise par des individus qui ne la supportent pas, ou simplement à trop haute dose, elle peut fortement perturber le discernement de ses consommateurs.

La méphédrone entraîne une libération importante de trois neurotransmetteurs : la dopamine, la noradrénaline et surtout la sérotonine, ce qui va provoquer des états d'excitation, de psychoses et de fortes hallucinations. Les principaux effets constatés lors de la prise sont de l'agitation, de l'insomnie, de l'irritabilité, des vertiges, de la dépression, de la paranoïa, des hallucinations, des pensées suicidaires et des crises de panique.

La méphédrone est euphorisante,  anorexigène (coupe-faim) et désinhibante, mais elle a aussi ses revers.

Les effets surviennent quelques minutes après une prise de méphédrone (par sniff) ou après 45 minutes (voie orale). L’effet propre du produit dure 2 à 3 heures. Le temps de retour à un état normal est très variable selon les personnes. Certains décrivent une deuxième phase très violente, caractérisée par des crises d’angoisse et de paranoïa, des maux de tête importants, notamment avec des effets de "brainzap"  sensation de recevoir des décharges électriques . Cette phase est décrite comme longue, pouvant s’étendre sur plusieurs jours.

Les effets secondaires possibles sont des tachycardies, une forte irritation nasale suite à l’inhalation de la poudre, un bruxisme  grincement compulsif des dents  ainsi qu’une nervosité et une forte envie de reprendre immédiatement une autre dose. Une vasoconstriction périphérique ainsi qu’une perte de mémoire (réversible) à court terme ont également été signalés. Il existe très peu d’informations sur sa toxicité à long terme, sur son potentiel de dépendance et sur ses interactions avec d’autres psychotropes.

Effets à long terme


Une consommation régulière à long terme peut causer des effets à long terme. Cependant, certains effets à long terme peuvent se produire après avoir consommé des sels de bain une seule fois. De plus, certains effets peuvent persister après qu'une personne a cessé de consommer cette drogue.

Effets mentaux. Peuvent comprendre les suivants : dépression, changements d'humeur fréquents, insomnie, psychose, comportement erratique ou violent. Dans certains cas, la consommation peut mener au suicide ou à la mort. Dans quelques cas, la consommation de plusieurs cathinones synthétiques au même moment a entraîné la mort.

Effets physiques. Peuvent comprendre les suivants : des problèmes rénaux ou une insuffisance rénale, des blessures aux muscles ou de la dégradation musculaire, des éruptions cutanées ou des infections graves de la peau.

Les effets de la consommation pendant la grossesse sont inconnus. Cependant, la consommation de stimulants comme la cocaïne et la méphédrone a été associée à :

* un risque accru de fausse couche
* un accouchement prématuré
* une insuffisance de poids à la naissance

Les nouveau nés sont également plus nombreux à :

* être mal nourris à la naissance
* être irritables
* avoir des troubles du sommeil.


Comment sont-elles diffusées ?


Trafic de drogues
sur le web profond
Le fabricant et le livreur associé sont sur la toile. Un clic et toutes ces nouvelles substances, tant qu'elles n'ont pas été interdites, peuvent être commandées sur Internet, sur des sites dits spécialisés en "Pills Party" et livrées en 48 heures à domicile. Tant qu'elles ne sont pas interdites, ni les sites ni les petits chimistes ne craignent la police ou les douanes : ils vendent des substances pour nettoyer des alliages, pour faire pousser des plantes, pour vaporiser des encens, des parfums d'ambiance ou des sels de bains et souvent, la mention "attention, cette substance ne doit pas être consommé par l'homme" est subtilement ajoutée.

Cette drogue est quasi-incontrôlable. En effet, les autorités anti-drogue mettent environ 6 mois à analyser les molécules d’une drogue afin de pouvoir l’interdire. Or, les créateurs, les chimistes, à l’origine de ce type drogue changent la composition chimique à chaque fois que la drogue est répertoriée, ce qui, en revanche, ne modifie pas les effets occasionnés sur la personne qui en consommera. Cette drogue est en forte extension et la  lutte contre ce sel de bain paraît impossible.


L’incidence des sels de bain sur le cerveau


Les cathinones sont des stimulants du système nerveux central. Ils augmentent la vigilance et diminuent la sensation de fatigue et de sommeil, comme les amphétamines et la cocaïne.

Tout comme les amphétamines, la méphédrone provoque la libération de dopamine et de noradrénaline par les neurones  des neurotransmetteurs qui sont impliqués dans la sensation de plaisir. On l’appelle “agoniste” de la dopamine, car sa structure moléculaire imite celle de la dopamine elle-même, lui permettant de s’infiltrer au sein des neurones dopaminergiques.

La MDPV, de son côté, agit davantage comme la cocaïne. Il s’agit d’un “inhibiteur de la recapture” de dopamine. Il n’augmente pas la quantité libérée, mais au contraire empêche la dopamine d’être évacuée. En temps normal, la dopamine est d’abord libérée dans la fente synaptique entre deux neurones, puis recapturée afin de ne pas être transmise en trop grande quantité. Le MDPV empêche cette recapture, et fait augmenter la concentration de dopamine transmise entre les neurones.

Ces deux effets se cumulent et se renforcent mutuellement. Dans les deux cas, la libération de  grandes quantités de dopamine stimule un réseau de neurones bien particulier, responsable du plaisir et du bien-être, baptisé “circuit de la récompense”, qui provoque l’euphorie.


La drogue synthétique sels de bain pourrait être plus addictive que la méthamphétamine

Des chercheurs de l'Institut de Recherche Scripps (TSRI), dont  les résultats sont décrits par la revue Neuropharmacology en ligne en août 2013, ont confirmé que la drogue MDPV pourrait être plus addictive que la méthamphétamine  connue comme “Speed” , une des substances les plus addictives à ce jour.

La recherche est l'une des premières études de laboratoire sur MDPV, dont la consommation augmente de façon remarquable.

Dans cette étude, les chercheurs ont directement comparé certains des principaux effets stimulants du MDPV à ceux de la méthamphétamine sur des rats.

Dans une méthode standard pour évaluer les drogues stimulantes, les animaux ont pu se doser par voie intraveineuse en appuyant sur un levier. Comme c'est typique pour les stimulants addictifs, les rats ont maintenu une auto-administration régulière de chaque drogue chaque fois qu'ils le pouvaient.

La tendance a été mise en évidence à travers d’une large gamme de dosages.

MDPV a augmenté le niveau d'activité moyen des animaux. Mais à des doses plus élevées, quoique encore modestes, elle a produit des comportements répétitifs similaires à ceux de la peau broyée et compulsive observée chez les utilisateurs de méthamphétamine humaine et de MDPV.

Les rapports sur les utilisateurs de MDPV humains suggèrent que les effets comportementaux de la drogue peuvent persister pendant de longues périodes après l'arrêt de sa consommation.



L'immense difficulté de contrôler le problème du trafic de drogue et la consommation incontrôlée de substances toxiques est évidente. Les sels de bain sont juste un de ces produits avec lesquels les groupes mafieux sont remplis d'argent. Peut-être même plus nocifs que ceux créés plus tôt, mais certainement moins que d'autres à venir, dont la fabrication semble inévitable.


Il est important que les enseignants et les parents disposent d'informations réelles et concrètes sur la dépendance aux sels de bain car ils sont vendus de manière trompeuse et s'avèrent être des substances plus puissantes que la cocaïne. Avoir la bonne information empêchera sa consommation qui génère des épisodes sévères d'attaques psychotiques.


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