dimanche 29 novembre 2015

Développement Cérébral du Fœtus





Le développement du système nerveux central débute précocement et se poursuit tout au long de la vie fœtale et pendant les premières années de la vie extra-utérine. La multiplication des neurones est précoce et s'achève vers la 20e semaine. Ensuite, les connections cellulaires entre neurones se multiplient pendant quelques années. Les cellules gliales se multiplient jusqu'à l'âge de 2 ans. La myélinisation des neurones commence à partir de la 30e semaine et se poursuit jusque l'âge de 4 ans. L'augmentation rapide du poids du cerveau qui est constatée dans la deuxième moitié de la grossesse et pendant les deux premières années de la vie extra-utérine correspond à ces phénomènes.


Dans l’utérus maternel


La construction du cerveau démarre dès la 5e semaine de grossesse : ébauche rudimentaire du système nerveux, le tube neural se forme et les grandes régions du futur cerveau sont déjà reconnaissables.

Chacune de ses quatre zones, appelées “lobes“, sera plus tard vouée à une fonction. Le lobe frontal à l’avant du crâne à la motricité, le lobe pariétal à la sensibilité, l’espace. Plus en arrière encore, le lobe occipital sera le futur siège de la vision. Et sous la tempe, le lobe temporal qui est chargé notamment de l’audition, de l’olfaction et de la mémoire. Au cours du 2e mois de grossesse, le cerveau se structure en deux hémisphères.

Le tube neural. Tout le système nerveux se développe à partir de cette structure : le cerveau, à l’une des extrémités du tube, de même que la moelle épinière et les nerfs. Les extrémités du tube se refermeront à la fin de la 6è semaine.

A peine formés, les neurones se déplacent pour gagner la périphérie et y former le cortex. Cette migration se fait grâce à des cellules spéciales, les fibres gliales, une sorte de câbles tendus entre le tube neural et la superficie du cerveau en développement. Une première ébauche du cortex se profile avec le développement des deux hémisphères, de l’écorce cérébrale et de la matière grise.

Vers les 3e et 4e mois, les neurones vont se multiplier à grande vitesse et se relier les uns aux autres en créant de nombreuses synapses. A ce stade, 100 milliards de neurones sont produits le long du tube neural à un rythme de 5.000 neurones à la seconde.

Myélinisation
La myéline. Vers la 18e semaine, une gaine graisseuse s’installe autour des nerfs et protège les fibres nerveuses (un peu comme une gaine de plastique autour d’un fil électrique). La myéline sert à conduire les influx nerveux, c’est-à-dire l’information échangée entre le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et le système nerveux périphérique.

Bientôt, ce sera au tour des cellules du système nerveux central, notamment celles du cerveau, d’être enveloppées de myéline. Ce sera le signe que des liens se créent et que les réseaux de neurones se consolident.

23e semaine
Durant la seconde moitié de la grossesse, le développement du cerveau du fœtus est en plein essor. Les zones spécialisées des 5 sens se mettent en place. Le fœtus commencera à traiter l’information sensorielle qu’il reçoit. La production de neurones ralentit. La prochaine étape, c’est de créer et de consolider de nombreuses connexions entre les neurones de son cerveau.

Les nerfs achèvent leur développement vers la 26e semaine. Le cerveau présente maintenant de plus en plus de circonvolutions (ensemble de replis sinueux du cortex cérébral). Elles sont aussi plus profondes. De plus, jusqu’à la 32e semaine, le développement des synapses s’accélèrera. Les synapses sont les connexions entre les cellules du cerveau qui permettent l’échange d’informations. Le système nerveux est le système qui se développe le plus graduellement jusqu’à la fin de la grossesse.

40e semaine
À 6 mois de grossesse, toutes les cellules nerveuses du futur bébé sont là. Ensuite, on assiste à une phase d’élimination des neurones en excès. Selon les régions, 15 à 50% meurent avant la naissance, c’est la mort par apoptose, un terme dont l’étymologie vient de la chute des feuilles en automne pour bien signifier le caractère naturel du processus. Ils meurent probablement parce qu’ils ne se sont pas connectés et qu’ils sont inutiles au fonctionnement des réseaux cérébraux. Cette perte massive de neurones se poursuit pendant la première année de l’enfant.

Un cerveau à maturité. Le cerveau a terminé son développement fœtal vers la 35e semaine. Mais il continuera de se transformer tout au long de la vie.


Bon développement du fœtus

La nutrition et l’environnement influent sur le fonctionnement du système nerveux central, dont la maturation n’est pas un processus linéaire. Chaque étape du développement cérébral est décisive, unique et irréversible. Le développement cérébral s’inscrit dans un continuum ponctué de diverses étapes dont l’importance est critique pour les étapes ultérieures, et qui sont toutes susceptibles d’être perturbées et d’influer sur la maturation et l’organisation du cerveau.


Nutrition pour le développement cérébral


La nutrition prénatale influe sur la croissance et le développement physiologique normal du fœtus.

La nutrition est l’un des principaux facteurs non génétiques déterminants pour le développement cérébral. La sous-nutrition (et la malnutrition) induit des effets à long terme sur le cerveau en développement, qui peuvent se traduire par des troubles d’apprentissage et des problèmes de comportement permanents.

Conexiones neuronales
La malnutrition maternelle, dont l’insuffisance placentaire, compte parmi les principales causes de retard dans le développement cérébral du fœtus. Les protéines semblent être l’élément le plus important du développement de la fonction neurologique, et une carence protéique prénatale peut altérer le développement cérébral à des étapes décisives.

Les carences nutritionnelles semblent associées à divers degrés de perturbations intellectuelles, dont les troubles cognitifs et les déficits d’attention. Le développement sous-optimal du fœtus souffrant de carences nutritionnelles ne se traduit pas immédiatement par un dysfonctionnement cérébral. Les conséquences de la malnutrition peuvent demeurer silencieuses, prendre la forme de prédispositions et se manifester uniquement lorsque l’organisme est soumis à un stress provoqué par des circonstances inhabituelles.

Acides gras insaturés

Une carence en oméga 3 au cours des phases clés du développement, c'est-à-dire la vie fœtale et la vie post natale pendant les deux premières années de vie, peut altérer le développement des fonctions visuelles et cognitives. Le DHA (acide docosahexanoïque) est un acide gras de la famille des omégas 3 à longue chaîne. Il joue un rôle clé dans le développement du cerveau et de la rétine.

C'est au cours du dernier trimestre de la grossesse que s'effectue le transfert des acides gras de la mère à l'enfant. La mère modifie son métabolisme et les acides gras stockés dans son tissu adipeux vont être transférés préférentiellement au fœtus. La femme doit disposer de réserves suffisantes et avoir un apport alimentaire équilibré pendant toute la grossesse.

L’acide folique (vitamine B9 appelée aussi folates)

La prise de suppléments d’acide folique avant et durant la grossesse sert entre autres à éviter des malformations lors de la formation du tube neural, comme le spina-bifida (malformation de la moelle épinière du bébé).

Fer et zinc

Le fer intervient dans la formation de l’hémoglobine, qui assure une bonne oxygénation des tissus. Une carence en zinc pourrait réduire le périmètre crânien.

Choline

Pendant la grossesse et l’allaitement, la choline (vitamine B) joue un rôle crucial dans la formation du système nerveux du futur bébé et permet de prévenir la spina bifida. Une déficience en choline pendant la gestation provoque dans la descendance des troubles de l'apprentissage pendant toute la vie.

L’iode

L’iode est un constituant essentiel des hormones thyroïdiennes et contribue à réguler le volume et la fonction de la glande thyroïdienne.  Une carence grave en iode peut être la cause d’un retard mental et de crétinisme.

Protection contre les substances toxiques


Le cerveau humain en plein développement s’avère très vulnérable aux expositions chimiques toxiques et y est le plus sensible pendant la grossesse et la petite enfance. Le placenta est incapable d’empêcher le passage d’agents toxiques environnementaux de la mère à la circulation fœtale.

Les principales substances en cause sont le plomb, le mercure, l’arsenic, l’éthanol (alcool), le cannabis.

Étant donné que les fonctions du cerveau se développent par séquences, l’étendue des effets de dommages neurotoxiques précoces peuvent ne devenir apparents qu’à l’âge scolaire ou au-delà.


Stimuler le bébé pendant la grossesse


Les échanges avec le bébé commencent dès le deuxième trimestre de la grossesse. Une bonne raison d’une stimulation in-utéro est la création du lien mère/enfant. Les expériences sensorielles et la stimulation du bébé dans l'utérus sont vitales pour son développement physique, émotionnel et intellectuel. Ces  stimulations se font en général naturellement, mais on peut beaucoup y contribuer.

Le stimuler pendant la grossesse peut optimiser considérablement son potentiel intellectuel. Cela pourrait également réduire les risques de dyslexie et de troubles de l'attention.

Il existe de nombreuses manières de stimuler le bébé de façon douce et bienfaisante, sans trop en faire.

A partir du 5e mois de la vie utero du fœtus, il a une ouïe très développée et va réagir quasiment systématiquement à la voix de la mère. Caresses, musiques douces, berceuses, massages, mots doux… Stimuler le bébé doucement et à petites doses ne peut être que bénéfique.

Mais il faut respecter le bébé dans le ventre, le laisser dormir la plupart du temps, il en a besoin pour se développer. Ne chercher pas à le sur-stimuler, il en deviendrait stressé.

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