dimanche 1 novembre 2015

La Carence en Iode Cause des Lésions Cérébrales




L'Iode est un minéral non métallique dont les êtres humains ont besoin en petites quantités pour la croissance et le développement optimal. Il est également nécessaire pour tous les tissus du corps. L'iode est appelé minéral endocrinien car il est important non seulement pour la glande thyroïde  qui régule la croissance et le métabolisme , mais aussi pour les glandes surrénales, les ovaires, la prostate et le système hormonal de l'organisme entier.

C’est un des minéraux les plus importants et négligés aujourd'hui. La carence en iode a de conséquences sur la santé, l’éducation et la productivité.

La carence en iode est la principale cause des troubles de l’apprentissage et des lésions cérébrales pouvant être évités, les effets les plus néfastes se produisant sur le cerveau du fœtus. Une carence en iode au cours de la grossesse et la vie du nourrisson risque d’entraîner des lésions cérébrales irréversibles. Chez les adultes, un apport insuffisant en iode peut provoquer une hypothyroïdie, le crétinisme, des fausses couches et le goitre.


Fonctions de l'iode


L'iode est d'une importance pour :

Les glandes endocrines. L’iode aide au bon fonctionnement des glandes endocrines notamment l’hypophyse, le pancréas et la thyroïde. On peut considérer que l’iode est un stimulant de glandes endocrines.

Le système nerveux. L’iode est indispensable pour le bon développement du cerveau notamment pendant la vie intra utérine. Il sert au développement intellectuel, participe à l’idéation, la concentration et à l’ensemble des fonctions cérébrales.

La peau. L’iode favorise l’hydratation de la peau, ses échanges énergétiques et stimule son activité sécrétrice.

Les infections. Associé à d’autres oligo-éléments, comme le cuivre, le zinc ou le sélénium, l’iode aide l’organisme à éliminer les germes, notamment les mycoses et les infections bactériennes.

Le métabolisme. L’iode favorise la production d’énergie car il est oxydé dans l’organisme pour accélérer l’utilisation des graisses et des sucres.


Troubles de la carence en iode (TCI)


Goitre. Il se caractérise par un gonflement de la partie antérieure du cou, Du latin “guttur” ou gorge, le goitre résulte d’une augmentation du volume de la glande thyroïde, qui gonfle de façon à extraire le peu d’iode présent dans le sang. C’est un symptôme fréquent de carence chronique en iode.

Hypothyroïdie. La diminution de la sécrétion des hormones thyroïdiennes entraîne une baisse du métabolisme basal et des signes cliniques d'hypothyroïdie qui peuvent évoluer jusqu'au myxœdème. Chez l'adulte, l'hypothyroïdie se manifeste par des traits plus grossiers, une peau sèche et parfois un visage bouffi. Le patient prend du poids, il a un pouls lent et se sent léthargique. Des examens montreraient un métabolisme basal abaissé et une diminution du taux sanguin des hormones thyroïdiennes.



Crétinisme. Il se caractérise par une diminution ou une absence totale des facultés intellectuelles, une dégénérescence physique (nanisme, arrêt du développement des organes génitaux, ralentissement de diverses fonctions). Il est lié à une insuffisance thyroïdienne se révélant le plus souvent par la présence d'un goitre.

Arriération mentale. La carence en iode est la principale cause d'arriération mentale et de lésions cérébrales que l’on peut éviter. Son impact est particulièrement dévastateur sur le cerveau du fœtus et des jeunes enfants, lors de leurs premières années de vie. La perte de potentiel intellectuel est peut-être la conséquence la moins visible, mais la plus courante, de la carence en iode  les enfants atteints risquent de perdre de 10 à 15 points de quotient intellectuel (QI).


Causes


La cause principale du goitre endémique et des autres troubles est l'insuffisance d'apport alimentaire en iode. La quantité d'iode présente dans le sol varie et influence la concentration d'iode dans les aliments, en fonction de leur lieu de culture, et dans l'eau. L'iode est lessivé des sols et rejoint les rivières pour finir dans les océans.

Les zones où le goitre endémique est très répandu correspondent généralement à des plateaux, des montagnes ou des plaines intérieures éloignés de la mer: les Alpes, l'Himalaya et les Montagnes Rocheuses; des chaînes de montagnes plus modestes en Chine, en Tanzanie, en Nouvelle-Zélande, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les pays d'Afrique Centrale; enfin, les plaines intérieures des Etats-Unis, d'Asie centrale et d'Australie.

La consommation d'aliments dits goitrogènes constitue une cause moins importante de TCI. Ce sont des anti-nutriments qui inhibent l'absorption ou l'utilisation de l'iode ou ont une activité antithyroïdienne. Les aliments du groupe Brassica comme le chou, le kale, les graines de colza ou de moutarde en contiennent tout comme le manioc et les navets. Contrairement aux légumes précités, le manioc est un aliment de base dans certaines régions et, en Afrique, notamment au Zaïre, sa consommation est considérée comme une cause majeure de goitre endémique.


Carence d’iode chez le fœtus


L'iode joue un rôle important dans le développement du cerveau et du système nerveux du futur bébé lors de la grossesse.

Il est particulièrement important pour la femme enceinte d'avoir suffisamment d'iode dans son alimentation. C'est un nutriment essentiel pour le développement du fœtus, notamment au niveau du cerveau. En dehors des lésions cérébrales pour le fœtus, la carence en iode pendant la grossesse entraîne aussi des problèmes de petit poids à la naissance, de prématurité et une augmentation de la mortalité périnatale et infantile.

La carence en iode accroît également le risque de décès maternel, de fausses couches et de mortinatalité. 38 millions de nourrissons naissent sans la protection que l’iode constitue pour le cerveau en développement.

L'étude britannique de l'université de Birmingham, Diabetes and Endocrinology, publiée dans The Lancet, spécifie qu'à l'égard de la grossesse, le manque d'iode constitue la cause principale de retard mental évitable.

Selon les auteurs de l'étude, même une carence très légère en iode est associée à un QI plus faible chez les enfants. Les chercheurs voulaient examiner les bienfaits potentiels pour la santé publique d'une supplémentation en iode chez les femmes enceintes. Pour cela, les chercheurs ont mesuré à quel point le QI d'un enfant pouvait augmenter avec suffisamment d'iode et l'impact que cela aurait sur ses revenus à l'âge adulte et sur la société en général

L'OMS et l'Autorité européenne de sécurité des aliments encouragent les femmes enceintes à prendre une supplémentation en iode pour donner à leurs enfants les nutriments dont ils ont besoin.


Carence d’iode chez les enfants


Les jeunes enfants sont aussi particulièrement exposés car leur cerveau a encore besoin d'iode pour se développer au cours des deux premières années de vie. La carence en iode perturbe le développement physique et peut provoquer une hypothyroïdie.

Elle représente la première cause de lésions cérébrales dans la population infantile. Il en résulte une altération du développement cognitif et moteur compromettant les résultats scolaires. Les enfants nés de mères présentant des carences en iode risquent d’être atteints de crétinisme, de troubles du langage, de surdité et de nanisme.


Prévention


La prévention n'est ni difficile, ni coûteuse. L'une des méthodes les meilleures et les moins onéreuses consiste tout simplement à ioder le sel de table, ce que font actuellement beaucoup de pays. On a constaté une amélioration impressionnante du bilan iodé dans toutes les populations où l'on a procédé à l'iodation du sel pendant au moins un an.

Il suffit d’une cuillère à café d’iode  consommée régulièrement en quantité minuscule toute une vie durant  pour prévenir les troubles dus à la carence en iode. L’iodation du sel est la solution la plus logique et la plus efficace à ces problèmes car l’iode est alors consommée progressivement, et est sûre, viable et peu chère.

Besoins quotidiens en iode 


Les besoins quotidiens en iode sont exprimés en microgrammes. La recommandation de l'Organisation mondiale de la santé est maintenue de 150 à 300 microgrammes par jour.

Les enfants ont des valeurs inférieures. Un adulte a un quotidien de 150 à 200 microgrammes. Les femmes enceintes et les femmes allaitantes, ont besoin de plus. Trois tranches de pain fournissent une moyenne de 90 grammes d'iode. Une cuillère à café de sel offre encore 100 microgrammes d'iode.

Les aliments riches en iode 


L'iode est présent dans la plupart des sols, et est absorbé naturellement par les plantes. L'iode est principalement dans les denrées alimentaires à l'endroit où l'iode est ajouté. Rare dans le milieu naturel, l’iode est essentiellement d’origine marine.

Les principales sources en iode sont issues des aliments de la mer. On peut citer les algues, les fruits de mer, le poisson, sans oublier le sel de mer gris complet, les crevettes et la morue qui sont particulièrement riches en iode.

D’autres sources alimentaires d'iode comprennent les produits laitiers (lait et yaourt), les fruits et les légumes, les légumineuses, certaines noix.

En suivant une alimentation riche en fruits et en légumes crus, et faible en viandes et en produits industriels, il est certain d'obtenir suffisamment d'iode dans l’alimentation.



Les régions les plus pauvres en iode

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 2 milliards de personnes sont concernées par le risque de carence en iode, soit un tiers de la population mondiale et 54 pays sur 197 se trouvant dans une situation alarmante. Les pays développés, en dépit de programmes visant à limiter cette affection, y sont également exposés. En Europe, elle touche cent cinquante millions de sujets, notamment en Bulgarie, Espagne, Italie, Portugal et Roumanie.

Dans de nombreuses régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, les TCI sont à l'origine de retards mentaux et empêchent les enfants de se développer psychologiquement comme leur potentiel initial le permettrait. Les TCI sont aussi associés à des fausses-couches plus fréquentes, à une mortinatalité plus élevée, à la surdimutité, à différentes anomalies congénitales, notamment neurologiques.

Les populations les plus susceptibles d’être atteintes de carence en iode vivent notamment dans des régions montagneuses reculées privées des aliments contenant de l’iode que sont les poissons de mer et les algues, et dans les régions fréquemment inondées, où le sol est privé de micro-nutriments.

La carence en iode est la principale cause de lésions cérébrales dans l'enfance. Chez l'adulte, elle nuit à la productivité et à la capacité de trouver un emploi. Elle peut entraîner une perte de 15 points de QI et près de 50 millions de personnes souffrent à des degrés divers de lésions dues à ce problème.

Dans de nombreuses populations, surtout dans les pays industrialisés et chez les gens les plus fortunés partout, les aliments consommés ne sont pas d'origine exclusivement locale. Ils ont donc des teneurs en iode variées et contribuent à un apport final suffisant. Par exemple, les populations vivant dans les Montagnes Rocheuses, où le goitre était endémique, ne consomment plus seulement des aliments locaux; ils peuvent manger du pain fait de blé récolté dans les plaines du centre des Etats-Unis, du riz de Thaïlande, des légumes de Californie ou du Mexique, des fruits de mer de la côte atlantique etc. De même, les gens fortunés de La Paz, en Bolivie, consomment toutes sortes d'aliments qui ne viennent pas de l'altiplano et qui contiennent assez d'iode. Par contre, les pauvres de la même région ne consomment que des aliments locaux et ont toujours des goitres.

C'est à cause de ces effets indésirables sur le développement cérébral que la Cinquante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution invitant la communauté internationale, et notamment l'OMS et l'UNICEF, à redoubler d'efforts pour combattre la carence en iode dans les 54 pays les plus touchés. L'action doit comprendre :

* Un engagement résolu des autorités sanitaires publiques
* L'éducation du public
* Une collaboration efficace entre tous les partenaires impliqués, notamment l'industrie du sel
* Un bon système de contrôle pour veiller à ce que le sel soit correctement iodé
* Des législations nationales sur le sel iodé et les mesures pour les faire respecter.

Sources

Organisation mondiale de la Santé
Unicef
FAO

Il est évidemment préférable de prévenir la carence en iode dans une communauté ou un pays que de traiter chaque sujet porteur d'un goitre. La mesure la plus utilisée, et souvent la meilleure, est l'iodation du sel.


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