La sédentarité est associée au déclin des fonctions cérébrales, même si l'on fait de l'exercice
La sédentarité désigne un mode de vie caractérisé par un temps prolongé passé assis ou allongé en position d'éveil, impliquant une très faible dépense énergétique. Contrairement à l'inactivité physique – qui correspond au non-respect des recommandations quotidiennes de sport – une personne peut être considérée comme sédentaire même en pratiquant une activité physique régulière.
Comportement sédentaire
Le comportement sédentaire désigne les occupations auxquelles nous nous adonnons en position assise ou allongée et qui nous font dépenser très peu d’énergie, comme regarder la télévision, utiliser un ordinateur ou une tablette, se déplacer en autobus, en voiture ou en train.
Le comportement sédentaire ne désigne pas seulement une absence d’activité physique, mais il est en effet un facteur de risque pour plusieurs maladies chroniques comme les cardiopathies, le diabète et le cancer, même si vous faites de l’exercice.
* Travail de bureau, utilisation d'ordinateurs.
* Regarder la télévision ou écrans.
* Transports motorisés.
* Lecture ou repos en position assise/allongée.
Risques pour la santé
* Maladies chroniques. Augmentation du risque de diabète de type 2, maladies cardiovasculaires et certains cancers.
* Impact physique. Prise de poids, fatigue chronique, douleurs musculaires et articulaires.
* Mortalité. Un temps d'assise supérieur à 7-8h par jour augmente le risque de mortalité prématurée.
Actif mais sédentaire : un danger invisible pour votre santé et vos capacités cognitives
Lutter contre la sédentarité, qu’il ne faut pas confondre avec l’inactivité physique, est un enjeu crucial de santé publique à tous les âges. Rester trop longtemps assis ou allongé dans la journée augmente en effet le risque de maladies chroniques et peut aussi affecter les capacités cognitives. Il existe des méthodes adaptées aux différents publics – étudiants, travailleurs… – pour rompre les mauvaises habitudes.
Ne pas confondre sédentarité et inactivité physique
Activité physique. Toute activité où une proportion importante de notre corps est en mouvement.
Sédentarité. Tous les moments où nous sommes assis ou allongés – hors temps de sommeil – et où nous dépensons très peu d’énergie.
Il est important de différencier la sédentarité, qui consiste à être assis ou allongé pendant la journée, de l’inactivité physique, qui est le fait de ne pas atteindre les recommandations d’activité physique formulées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces dernières sont, pour un adulte âgé de 18 à 65 ans, de 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, avec un ajout de renforcement musculaire et de travail d’équilibre 2 à 3 fois par semaine pour les plus de 65 ans.
Ainsi, une personne peut être considérée comme active mais sédentaire. Elle respecte les recommandations en termes d’activité physique, mais elle reste assise plus de 7 heures par jour au quotidien.
Les méfaits de la sédentarité sur la santé physiologique
Il est maintenant bien établi que la sédentarité a des effets néfastes sur la santé physiologique. On parle alors d’augmentation de la glycémie – le taux de sucre dans le sang – et d’augmentation des troubles musculosquelettiques, avec comme conséquences sur le long terme un risque plus prononcé de développer des maladies chroniques (diabète de type 2, cancers, accident vasculaire cérébral, mal de dos, etc.).
En effet, notre organisme n’a quasiment pas évolué depuis l’époque de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il est adapté pour bouger régulièrement et souffre lorsque nous ne l’activons pas.
Les autorités de santé considèrent que passer plus de 8 heures en position assise ou allongée dans la journée relève d’un comportement sédentaire et devient potentiellement délétère pour la santé. En revanche, limiter la sédentarité à quatre heures ou moins par jour permet de réduire de 32 % le risque de mortalité par maladie cardiovasculaire.
Les méfaits de la sédentarité sur la santé psycho-cognitive
Au-delà des effets aujourd’hui bien connus sur les capacités physiologiques et les maladies chroniques, la sédentarité peut également avoir des effets délétères sur nos capacités psycho-cognitives, et ce à tous les âges de la vie. Au niveau psychologique, on parle d’augmentation du risque d’anxiété et de dépression.
Concernant l’aspect cognitif, une récente étude française met en avant que la capacité à inhiber un mouvement dépend de l’âge mais aussi du taux de sédentarité. 78 personnes, âgées de 18 à 88 ans, ont passé un test sur ordinateur pour déterminer leur capacité à stopper une action qui était déjà enclenchée, comme si elles devaient s’arrêter de traverser la rue car une voiture arrivait trop vite alors que le feu piéton était passé au vert.
L’inhibition est essentielle dans la cognition car elle permet de résister aux distractions et aux impulsions automatiques afin de se concentrer, réfléchir et prendre des décisions adaptées. La recherche a montré que la capacité d’inhibition diminuait avec l’âge, mais surtout que cette capacité diminuait également avec la sédentarité. Ainsi, plus une personne passe de temps assise ou allongée durant la journée, moins elle aura la capacité d’inhiber ses mouvements.
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Sédentarité et santé cérébrale : une préoccupation croissante
Des chercheurs du Centre médical de l’Université Vanderbilt et de l’Université de Pittsburgh (États-Unis) dans une étude, publiée dans la revue Alzheimer’s & Dementia en mai 2025, fournissent certaines des preuves les plus solides à ce jour indiquant que rester assis pendant de longues périodes peut entraîner des modifications physiques au niveau du cerveau et accélérer le déclin cognitif.
Cette étude s'inscrit dans le cadre du projet Vanderbilt sur la mémoire et le vieillissement, une vaste initiative longitudinale qui suit l'évolution de la santé cérébrale chez les personnes âgées.
Bien que l’âge et la génétique restent des facteurs de risque majeurs, de plus en plus de données suggèrent que les habitudes quotidiennes peuvent jouer un rôle important dans la santé cérébrale. Parmi celles-ci, la sédentarité, définie comme le temps passé assis ou allongé pendant les heures de veille, est devenue une menace silencieuse.
Cette étude longitudinale a révélé que rester assis pendant de longues périodes, même chez les personnes qui font de l'exercice quotidiennement, peut réduire la taille des zones du cerveau liées à la mémoire et augmenter le risque de déclin cognitif, en particulier chez les adultes de plus de 50 ans.
Les chercheurs ont découvert que cet effet était plus prononcé chez les personnes présentant une prédisposition génétique à la maladie d'Alzheimer, ce qui souligne l'importance de réduire la sédentarité en tant que stratégie préventive contre le vieillissement cérébral.
Le coût caché d'une position assise prolongée
Au total, 404 adultes âgés de 50 ans ou plus ont participé à cette étude. Chaque participant a porté un actigramme pendant une semaine complète, ce qui a permis aux chercheurs de mesurer avec précision le temps passé en position assise. Sur une période de sept ans, les participants ont également subi des tests neuro-psychologiques et des IRM cérébrales à 3 teslas, fournissant ainsi aux chercheurs des données sur les performances cognitives et les changements structurels du cerveau.
L'étude s'est concentrée sur les zones du cerveau les plus vulnérables à la maladie d'Alzheimer, notamment l'hippocampe, qui joue un rôle essentiel dans la formation de la mémoire. Les chercheurs ont suivi le rétrécissement de ces zones et l'ont mis en relation avec le temps passé en position assise.
Conclusions
Selon les chercheurs, les mécanismes sous-jacents aux effets négatifs d'une sédentarité accrue pourraient agir indépendamment des mécanismes sous-jacents aux effets positifs de l'activité physique, et il se pourrait que l'activité physique n'atténue pas tous les effets néfastes de la sédentarité. Ce constat concorde avec d'autres études suggérant un impact indépendant et néfaste de l'augmentation de la sédentarité sur les résultats de santé.
Ils ont observé qu'une sédentarité accrue était associée à une aggravation de la neuro-dégénérescence et des troubles cognitifs, tant sur le plan transversal que longitudinal, malgré les niveaux élevés d'activité physique de la cohorte. Ces résultats sont particulièrement importants dans le contexte du vieillissement, car les limitations de mobilité et l'augmentation du temps passé en position assise sont plus marquées chez les personnes âgées.
Cette étude apporte également des informations nouvelles et préliminaires permettant de comprendre comment la sédentarité peut interagir avec le risque génétique de développer la maladie d'Alzheimer. Dans une optique de médecine personnalisée, les professionnels de santé pourraient envisager d'évaluer non seulement le niveau d'activité physique des patients, mais aussi le temps qu'ils passent en position assise au cours de la journée, et recommander une réduction de cette sédentarité, en plus d'une augmentation de l'activité physique quotidienne.
Ces résultats sont importants pour la santé publique, la recherche et la vie quotidienne
Les implications de cette étude vont bien au-delà du laboratoire. À mesure que l'espérance de vie augmente et que les cas de maladie d'Alzheimer se multiplient, il devient de plus en plus urgent de comprendre comment les habitudes quotidiennes affectent la santé cérébrale.
Dans le domaine scientifique, ces découvertes viennent étayer le consensus de plus en plus large selon lequel la sédentarité constitue un facteur de risque indépendant de déclin cognitif. Ces résultats encouragent les chercheurs à inclure le temps passé en position assise comme variable clé dans les études sur le vieillissement et les fonctions cérébrales.
En médecine, cette recherche souligne la nécessité d'aller au-delà des routines d'exercice et de prendre en compte le temps total que les patients passent assis lors de leurs évaluations. Réduire le temps passé en position assise pourrait devenir une stratégie précieuse et économique pour préserver la santé cognitive, en particulier chez les personnes âgées.
Dans les domaines de l'éducation et du travail, l'étude souligne les avantages d'intégrer davantage de mouvement dans les routines quotidiennes. Cela inclut des mesures simples telles que l'utilisation de bureaux debout, la promotion des réunions en marchant ou l'intégration de courtes pauses pour réaliser des activités dans les salles de classe et les bureaux.
Pour la société en général, le message clé est clair : préserver la santé cérébrale ne consiste pas seulement à faire de l'exercice régulièrement, mais aussi à rester actif tout au long de la journée. Encourager les gens, en particulier les personnes de plus de 50 ans, à rompre les longues périodes de sédentarité peut contribuer à retarder le vieillissement cognitif et à alléger le fardeau croissant que représentent les maladies neuro-dégénératives.
Cette étude menée par l'université de Vanderbilt et l'université de Pittsburgh transmet un message clair : le temps que vous passez assis est tout aussi important que la fréquence à laquelle vous bougez. En particulier pour les adultes de plus de 50 ans, et notamment pour ceux présentant une prédisposition génétique à la maladie d'Alzheimer, réduire le temps passé assis n'est pas facultatif, c'est essentiel.
En résumé, cette étude contribue à notre compréhension de la manière dont un comportement sédentaire accru est associé à la neuro-dégénérescence et aux changements cognitifs liés à la maladie d'Alzheimer.
Le cerveau en pause : comment la sédentarité affecte le contrôle inhibiteur tout au long de la vie
Des chercheurs de l'Université Lyon 1 (France), dans une étude publiée par Peer Community Journal en octobre 2025, révèlent que le temps passé assis, plutôt que le manque d'activité physique, est le principal facteur prédictif du déclin du contrôle inhibiteur entre 18 et 88 ans. Cette sédentarité nuit directement aux fonctions cognitives de manière continue tout au long de la vie.
Le contrôle inhibiteur, indicateur important de l'autonomie dans la vie quotidienne, se détériore avec l'âge. Cependant, le rôle du niveau d'activité physique et de la sédentarité dans le déclin progressif de cette fonction cognitive-motrice reste à élucider. Dans cette étude, les chercheurs ont examiné l'association entre le contrôle inhibiteur et trois prédicteurs : l'âge, l'activité physique et la sédentarité, au moyen de régressions multiples.
Soixante-dix-huit personnes, âgées de 18 à 88 ans, ont réalisé les tâches “Go-No-Go” et “Stop-Signal” afin d'évaluer respectivement le contrôle des impulsions motrices et l'inhibition réactive. Les chercheurs ont mesuré les niveaux de sédentarité (SB) et d'activité physique (PA) pendant quatre jours consécutifs à l'aide d'accéléromètres.
Le principal résultat est que la sédentarité, mais pas l'activité physique, prédit l'inhibition réactive, de façon similaire à l'âge. Autrement dit, une personne très âgée présentant une faible sédentarité serait plus susceptible d'interrompre une action qu'une personne plus jeune présentant une sédentarité plus élevée. Les données suggèrent qu'atteindre le niveau d'activité physique recommandé ne permet pas nécessairement d'atténuer l'association entre une faible fonction inhibitrice et une sédentarité élevée.
Plus intéressant encore, les méfaits de la sédentarité n’étaient pas contrecarrés par le niveau d’activité physique. En d’autres termes, même si une personne active atteignait les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé en réalisant plus de 150 min d’activité physique modérée par semaine, le fait qu’elle soit sédentaire pourrait réduire sa capacité d’inhibition, quel que soit son âge. Dans cette étude, des personnes âgées de 80 ans et non sédentaires avaient ainsi de meilleurs scores d’inhibition que des jeunes de 20 ans ayant un comportement sédentaire.
Concernant la sédentarité chez les jeunes et, plus particulièrement chez les étudiants, en moyenne, les étudiants passent huit heures par jour en position assise ou allongée. Ils sont plus sédentaires les jours de cours que les jours de repos. Ces comportements sont accentués en fonction de l’année d’étude.
Il est donc primordial de trouver des solutions adaptées à chaque public pour réduire le taux de sédentarité.
Comportement sédentaire et santé cérébrale tout au long de la vie
Une équipe des chercheurs de Shenzhen University (Chine), University of Potsdam (Allemagne), Université de Rennes (France), University of Southern California (USA) et al dans une étude, publiée dans Trends in Cognitive Sciences en avril 2024, associe la sédentarité à une dégradation de la santé cérébrale, notamment par une baisse des performances cognitives et des risques de démence.
L’étude analyse l'impact de la sédentarité sur la structure et le fonctionnement du cerveau tout au long de la vie, en soulignant que cet impact varie selon que l'activité soit cognitivement active ou passive. Elle souligne que les comportements sédentaires passifs, comme la télévision, sont plus néfastes que les activités sédentaires actives et préconise des interruptions régulières pour protéger le cerveau.
Il est établi que des niveaux élevés d'activité physique ont des effets bénéfiques sur la santé cérébrale tout au long de la vie. Cependant, le rôle de la sédentarité est moins bien compris.
Dans cette revue, les chercheurs résument et analysent les données probantes concernant l'impact de la sédentarité sur la santé cérébrale, notamment les performances cognitives, les mesures structurelles et fonctionnelles du cerveau et le risque de démence, pour différents groupes d'âge.
Ils comparent de manière critique les méthodes d'évaluation de la sédentarité et proposent des perspectives sur les nouvelles possibilités d'évaluation de la sédentarité grâce aux technologies numériques.
Tout au long de la vie, certaines caractéristiques de la sédentarité – en particulier son caractère cognitif actif ou passif – peuvent modérer les liens entre la sédentarité et certains indicateurs de santé cérébrale.
Les chercheurs mettent en évidence que, malgré des résultats mitigés, interrompre les périodes de position assise prolongée par des pauses actives peut atténuer les effets néfastes sur le cerveau.
Ils soulignent les défis et les perspectives de recherche future visant à fournir des données empiriques plus solides sur ces observations. Le type de sédentarité – par exemple, sédentarité cognitivement active ou sédentaire cognitivement passive – semble être lié différemment à la santé cérébrale, mais des études supplémentaires prenant en compte les relations dose-réponse et le contexte sont nécessaires pour confirmer cette relation.
Les études futures devraient utiliser des approches novatrices pour saisir la sédentarité au sein du cycle d’activité de 24 heures dans des contextes de vie courante écologiquement valides, évaluer les caractéristiques et le contexte de la sédentarité et considérer différents niveaux d’analyse, afin de parvenir à des conclusions robustes sur les relations entre la sédentarité et la santé cérébrale.
Impact de la sédentarité professionnelle sur la santé mentale : une revue systématique et une méta-analyse
Une équipe des chercheurs de l’Université Clermont Auvergne, Université Lumière -Lyon 2 (France), University of Isfahan (Iran) et Hong Kong Baptist University, dans une étude, publiée par Plos One en août 2025, a pour objectif d'identifier et de synthétiser systématiquement la littérature examinant le lien entre la sédentarité au travail et la santé mentale.
Malgré de nombreuses méta-analyses sur les effets de la sédentarité pendant les loisirs, l'impact de la sédentarité au travail sur la santé mentale reste largement controversé.
Les bases de données PubMed, Embase, Cochrane et Psycinfo ont été consultées afin d'identifier les articles rapportant les risques pour la santé mentale liés à la sédentarité professionnelle.
Les chercheurs ont effectué une méta-régression sur les facteurs d'influence potentiels. Ils ont également réalisé une méta-analyse à effets aléatoires en incluant tous les risques et les niveaux intermédiaires et sévères de troubles mentaux, suivie d'une analyse de sensibilité sur les troubles mentaux sévères, en utilisant :
* les risques les plus faibles entièrement ajustés,
* les risques les plus faibles bruts ou moins ajustés (modèles pessimistes),
* les risques les plus élevés entièrement ajustés et
* les risques les plus élevés bruts ou moins ajustés (modèles optimistes).
La méta-analyse majeure portant sur plus de 40.000 travailleurs, établit une corrélation directe entre l'exposition à la sédentarité occupationnelle et l'effondrement des indicateurs de santé mentale. Les données montrent une augmentation moyenne de 34% du risque de troubles mentaux globaux. L’âge pourrait être un facteur de risque accru de troubles mentaux en cas d’exposition à la sédentarité professionnelle, tandis qu’un niveau d’études élevé réduirait ce risque.
Une analyse segmentée révèle des chiffres alarmants pour les décideurs :
Dépression : le risque de symptômes dépressifs augmente de 44% chez les salariés les plus sédentaires.
Anxiété : une hausse spectaculaire de 83% des risques est observée, un chiffre qui impacte directement l'absentéisme et la fluidité opérationnelle.
Détresse psychologique : une élévation significative du stress perçu et de la fatigue émotionnelle.
Burnout : les données indiquent une tendance émergente avec un risque multiplié par 2,49. Bien que ce point précis nécessite encore des études complémentaires pour atteindre une certitude statistique absolue, il constitue un signal faible que les préventeurs ne peuvent plus ignorer.
Conclusion. La méta-analyse montre que la sédentarité au travail augmente le risque de troubles de santé mentale. L'hétérogénéité des résultats n'a pas permis de tirer de conclusions définitives quant aux variables susceptibles d'influencer davantage ce risque.
Comportements sédentaires et risque de dépression : une méta-analyse d'études prospectives
Des chercheurs de Huazhong University of Science and Technology (Hubei, Chine) dans une étude, publiée par Translational Psychiatry en janvier 2020, ont réalisé une méta-analyse d'études prospectives afin d'identifier l'impact de la sédentarité sur le risque de dépression.
Les données épidémiologiques concernant l'association entre la sédentarité et le risque de dépression sont contradictoires. Les chercheurs ont effectué une recherche systématique dans les bases de données PubMed et Embase jusqu'en juin 2019 pour recenser les études de cohorte prospectives examinant la relation entre la sédentarité et le risque de dépression.
Les risques relatifs (RR) combinés et leurs intervalles de confiance (IC) à 95% ont été calculés par méta-analyse à effets aléatoires. Des analyses de méta-régression, des analyses de sous-groupes et des analyses de sensibilité ont également été réalisées afin d'explorer les sources potentielles d'hétérogénéité.
Douze études prospectives, incluant 128.553 participants, ont été recensées. Une association positive significative entre la sédentarité et le risque de dépression a été observée.
Les analyses de sous-groupes ont révélé que regarder la télévision était positivement associé au risque de dépression, contrairement à l'utilisation d'un ordinateur. Les comportements sédentaires mentalement passifs pourraient augmenter le risque de dépression, tandis que l'effet des comportements sédentaires mentalement actifs n'était pas significatif.
Les comportements sédentaires étaient positivement associés à la dépression diagnostiquée cliniquement, tandis que ces associations n'étaient pas statistiquement significatives lorsque la dépression était évaluée par l'échelle CES-D et le test de dépistage Prime-MD.
Cette étude suggère que les comportements sédentaires mentalement passifs, comme regarder la télévision, pourraient augmenter le risque de dépression. Des interventions visant à réduire ces comportements sédentaires pourraient contribuer à prévenir la dépression.
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La lutte contre la sédentarité est le nouveau levier de santé mentale en entreprise
Dans le paysage économique actuel, marqué par une transition massive vers les services et la dématérialisation, le poste de travail est devenu paradoxalement l’un des principaux vecteurs de dégradation de la santé publique. une menace plus invisible et tout aussi coûteuse émerge des données cliniques : la sédentarité chronique.
“Paradoxe de la sédentarité”. Contrairement à la sédentarité de loisir (comme regarder la télévision), la sédentarité au bureau est souvent “mentalement active” (réunions, analyses complexes). Si cette activité cognitive peut sembler protectrice au premier abord, elle est en réalité piégeuse. Cette charge mentale, dépourvue de micro-pauses de mouvement, sature les capacités de régulation du stress. La science moderne prouve que l'immobilité au travail est un stress physiologique silencieux mais dévastateur.
Le cerveau a besoin de mouvement
Pour dé-stigmatiser les troubles mentaux en entreprise, il est crucial d'expliquer que l'épuisement n'est pas une faille de caractère, mais une conséquence biologique.
Physiologiquement, l'activité musculaire stimule la libération de neurotransmetteurs essentiels : la sérotonine – régulateur de l'humeur–, la dopamine – moteur de la motivation – et les endorphines – anxiolytiques naturels –. À l'inverse, l'immobilité prolongée agit comme un stress physiologique constant qui sature le système nerveux parasympathique.
Chaque salarié possède un seuil de tolérance. Une personne avec une faible vulnérabilité génétique peut sombrer si le stress sédentaire est trop intense. Même l'individu le plus résilient, s'il est privé de mouvement et exposé à un stress environnemental constant, finira par développer des symptômes psychotiques ou dépressifs. En favorisant le mouvement, on optimise l'oxygénation cérébrale et la neuroplasticité, augmentant ainsi le “tampon de résilience” des équipes face aux exigences de productivité.
Les interventions "corps-esprit"
Les interventions corps-esprit (Mind-Body Exercises - MBE) sont des protocoles de santé structurés. Ces pratiques sont particulièrement efficaces pour les populations sédentaires, car elles comblent le fossé entre effort physique et régulation émotionnelle.
L'exercice de faible à modérée intensité est souvent plus efficace contre la dépression que l'entraînement intensif. Le sport de haute intensité peut, chez certains salariés déjà stressés, exacerber les réponses biologiques au stress. Pour un impact maximal sur la santé mentale, il est donc plus stratégique de promouvoir le yoga ou la marche active plutôt que d'inciter uniquement à des séances de crossfit épuisantes entre midi et deux.
Stratégies d'intervention multi-niveaux : de l'individu à l’organisation
Le niveau physique et individuel. L'installation de bureaux assis-debout pour alterner les postures de travail est un levier primaire. De nombreux salariés craignent d'être perçus comme “ne travaillant pas” s'ils sont debout. Le rôle du manager est ici de légitimer le mouvement comme un acte de professionnalisme.
Le niveau social et organisationnel. les “pauses actives” de quelques minutes améliorent immédiatement les fonctions exécutives et l'attention. Ces pauses doivent être institutionnalisées. Pour initier cette transformation culturelle, des outils d'intelligence collective comme La Fresque du Mouvement sont indispensables. Ils permettent de sensibiliser les équipes non par la contrainte, mais par la compréhension des enjeux physiologiques, créant ainsi une adhésion durable.
La Fresque du Mouvement. Ce sont des ateliers immersifs pour comprendre les effets de la sédentarité et de l’inactivité physique.
Conclusion
La lutte contre la sédentarité est la nouvelle frontière de la santé au travail. À l'aube de 2026, les entreprises qui prospèreront seront celles qui auront compris que le capital humain n'est pas une ressource statique, mais un écosystème biologique nécessitant du mouvement pour rester créatif et engagé.
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Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité
L’activité physique est bonne pour le cœur, le corps et l’esprit. La pratique d’une activité physique régulière peut prévenir et aider à gérer les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et le cancer, responsables de près des trois quarts des décès dans le monde. L’activité physique peut également réduire les symptômes de dépression et d’anxiété et améliorer la réflexion, l’apprentissage et le bien-être général.
Toute quantité d’activité physique vaut mieux qu’aucune activité physique, et plus, c’est mieux. Dans l’intérêt de la santé et du bien-être, l’OMS recommande que les adultes pratiquent au moins 150 à 300 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée par semaine, ou la durée équivalente d’activité d’intensité soutenue ; et que les enfants et les adolescents pratiquent en moyenne 60 minutes d’activité physique aérobique d’intensité modérée par jour.
Toute activité physique compte. L’activité physique peut être pratiquée au travail, pour se déplacer (à pied, en roller et à vélo), sous forme de sport ou de loisir, ou encore dans le cadre des tâches ménagères et quotidiennes.
Le renforcement musculaire est bénéfique pour tous. Les personnes âgées (de 65 ans et plus) devraient ajouter des activités physiques qui mettent l’accent sur l’équilibre et la coordination et des exercices de renforcement musculaire, pour contribuer à prévenir les chutes et pour une meilleure santé.
Une sédentarité excessive peut être mauvaise pour la santé. Elle peut accroître le risque de maladies cardiaques, de cancer et de diabète de type 2. Limiter la sédentarité et être actif est bon pour la santé.
Tout le monde a intérêt à être plus actif et moins sédentaire. Y compris les femmes enceintes et en post-partum, et les personnes qui souffrent d’une affection chronique ou d’un handicap.
Contrecarrer la sédentarité
Afin de lutter contre les maladies chroniques, l’accent a été mis ces dernières années sur le respect des recommandations en termes d’activité physique. Tout en gardant à l’esprit qu’un mode de vie actif est indissociable d’une bonne santé physique et mentale, il est important de tourner également les projecteurs vers la sédentarité, qui est un mal un peu plus sournois. Il ne nous vient pas directement à l’esprit que rester sur sa chaise toute la journée au travail est néfaste pour notre santé, alors que l’on pratique occasionnellement une activité sportive.
* Bouger 1 à 3 minutes toutes les 30 et 60 minutes.
* Intégrer 150 minutes d'activité physique modérée par semaine, bien que cela ne compense pas totalement les effets d'une sédentarité extrême.
* Limiter les longues périodes assises, notamment pour le travail, est une routine à prendre au quotidien.
* Promouvoir des postes de travail permettant d'alterner entre la position assise et la position debout.
* La pause active aurait des effets bénéfiques sur l’efficacité et la fatigue au travail.
* L’utilisation de stations de travail “actives” serait une alternative efficace et acceptée par les étudiants en cours.
* Pendant les loisirs, limiter les temps d’écran est indispensable chez les jeunes et moins jeunes pour réduire les comportements sédentaires.
La sédentarité n’est pas une fatalité. Il existe des méthodes simples et efficaces pour rompre les mauvaises
habitudes. Éduquer et bouger tout au long de la vie reste un enjeu de santé publique majeur. Encourager
les gens, en particulier les personnes de plus de 50 ans, à rompre les longues périodes de sédentarité
peut contribuer à retarder le vieillissement cognitif et à alléger le fardeau croissant
que représentent les maladies neuro-dégénératives.
Voir aussi…










































