Le yoga peut aider notre corps, mais aussi notre cerveau, à rester jeune et en bonne santé
Le yoga trouve ses racines dans l'Inde ancienne, avec une histoire qui remonte à plus de 5 000 ans. Le mot “yoga” vient du sanskrit et signifie “union”. Il s'agit d'un ensemble de techniques de concentration issues de la philosophie hindoue qui, pratiquées assidûment, permettent d'atteindre un meilleur contrôle physique et mental.
La philosophie du yoga est centrée sur l'union du corps, de l'esprit et de l'âme. Cette pratique vise à harmoniser ces trois aspects de notre existence afin d'atteindre un état d'équilibre et de bien-être.
On connaissait déjà les bienfaits de la pratique régulière du yoga pour le corps. On découvre que cette activité physique agit également sur le cerveau. Le yoga pourrait ainsi aider à lutter contre le stress et à préserver les capacités cognitives des seniors.
Aujourd’hui, grâce à nos connaissances sur la science et le cerveau, nous pourrions peut-être affirmer quelque chose de similaire concernant le yoga. Même si beaucoup le considèrent comme une simple routine physique ou une mode passagère, cette activité est en fait un outil puissant pour prendre soin de notre esprit.
Le yoga est-il bon pour la santé ? Le yoga est-il dangereux
Le yoga est excellent pour la santé physique – force, souplesse, équilibre, circulation – et mentale – réduction du stress, anxiété, amélioration du sommeil –, mais il peut être dangereux s'il est mal pratiqué : des blessures peuvent survenir si l'on force ses articulations, surtout en cas d'ostéoporose ou de problèmes de dos, ou si l'on cherche la performance plutôt que le bien-être, soulignant l'importance d'un bon enseignement et du respect de ses limites.
Au-delà du corps
Les gens s’adonnent au yoga pour des raisons très diverses. Certains cherchent à étirer leur dos, d’autres à mieux dormir, d’autres encore veulent simplement trouver un moment de paix dans un monde qui ne s’arrête jamais. Ce qu’ils ne savent peut-être pas, c’est qu’en pratiquant le yoga, ils cultivent un esprit plus clair, un cerveau plus sain et une vie mentale plus riche.
Tout comme la musique transforme ceux qui la pratiquent, le yoga façonne et protège ceux qui s’y adonnent. C’est une façon de revenir à son corps, mais aussi de reconstruire son esprit. De se connecter à soi-même, mais aussi à une vie plus épanouie.
Le yoga modifie le cerveau et améliore la santé mentale
Au cours de la dernière décennie, le yoga est devenu tendance, comme en témoigne la multiplication de ses déclinaisons, plus ou moins fantaisistes, ou encore la création, en 2015, d’une “Journée internationale du yoga”.
On prête à cette discipline de nombreux bienfaits, et des travaux scientifiques ont cherché à évaluer ses effets sur la santé, ainsi que sa capacité à améliorer la situation de patients souffrant de diverses pathologies, tels que lombalgie, cancer ou problèmes cardiaques, par exemple. Les conséquences de la pratique du yoga ont été étudiées non seulement dans la population générale, mais aussi auprès de populations spécifiques : adolescents, personnes souffrant de troubles mentaux, etc.
Qu’en est-il de la santé mentale ? On sait aujourd’hui que pour cette dernière, pratiquer une activité physique est bénéfique. Le yoga ne fait pas exception. Il a même un effet direct sur le cerveau.
Le yoga améliore l’activité du cerveau
Le yoga présente la particularité, par rapport à d’autres types d’activité physique, de conjuguer des séquences de mouvements avec des exercices de contrôle de la respiration et de régulation de l’attention. Dans une méta-analyse récente, autrement dit une analyse statistique de données publiées dans la littérature scientifique (une “analyse d’analyses”), des chercheurs chinois ont décortiqué les résultats de 15 publications scientifiques ayant étudié les effets du yoga ainsi que de pratiques appartenant au même type d’activité physique “corps-esprit” : Tai-Chi-chuan (“méditation en mouvement”, qui allie des mouvements lents, fluides et conscients à une respiration profonde), Qi gong, Baduanjin, Wuqinxi…
Une autre méta-analyse a mis en évidence que les modifications cérébrales observées en IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) pouvaient être liées à des modifications comportementales, observées lors d’évaluations psychologiques de pratiquants du yoga par des questionnaires, des observations, ou des entretiens. Comment ces modifications cérébrales se répercutent-elles sur leur quotidien ?
Les exercices corps-esprit – comme le yoga, le Tai Chi – et l'activité physique en général améliorent la santé cérébrale : ils augmentent le volume de matière grise – traitement de l'information – et blanche – connexions –, renforcent l'hippocampe – mémoire – et réduisent le déclin cognitif lié au vieillissement, en utilisant l'IRM pour observer des changements structurels et fonctionnels – meilleure connectivité, réduction inflammatoire –, diminuant le stress et l'anxiété.
Le yoga diminue le stress
Une méta-analyse portant sur 42 études s’est intéressée à l’effet de la pratique du yoga sur le stress. Le stress est une réponse biopsychologique se traduisant notamment par des symptômes physiologiques, des pensées négatives et un ralentissement cognitif.
Le yoga semble contribuer à la réduction de stress en diminuant la quantité de cortisol, principale hormone du stress. En plus de cette modification hormonale, d’autres travaux indiquent que le yoga aurait un effet sur l’activité du cortex frontal et du cortex pariétal du cerveau. Le cortex frontal est associé au contrôle de soi et des émotions, tandis que le cortex pariétal est à l’origine du traitement et de l’intégration des informations sensorielles.
Cela s’expliquerait par le fait qu’une séance de yoga est ponctuée d’instants méditatifs où les pratiquants doivent fréquemment se concentrer sur leur respiration, sur une partie spécifique de leur corps ou encore sur ce qu’ils ressentent à l’instant présent. Ces moments de méditation aideraient à mieux réguler l’activité de ces régions cérébrales, tandis que l’activité associée à la charge mentale ou au stress serait diminuée.
Le yoga améliore les symptômes anxio-dépressifs
L’anxiété est un débordement des capacités de régulation émotionnelle se manifestant par les symptômes retrouvés dans le stress. Elle ressemble à une inquiétude diffuse, associée notamment à des difficultés de concentration et d’endormissement. La dépression est quant à elle un trouble psychiatrique caractérisé par un dérèglement des émotions associé à un sentiment de tristesse ou de désespoir persistant, ainsi qu’à une perte d’intérêt et un repli sur soi. Anxiété et dépression sont associées à une modification de l’activité de l’amygdale, structure du cerveau notamment impliquée dans les émotions négatives.
Le yoga améliore aussi les performances cognitives
La pratique du yoga semble aussi avoir un impact sur les performances cognitives. Une méta-analyse publiée en 2020 et portant sur 13 articles montre qu’à la suite de séances de yoga, des adultes avec ou sans trouble cognitif présentaient des améliorations de leurs performances attentionnelles, mnésiques et d’inhibition.
Ces améliorations pourraient être en lien avec les modifications cérébrales observées par imagerie cérébrale, notamment l’augmentation de la quantité de matière grise dans l’hippocampe, le lobe temporal médial, le cortex préfrontal, l’insula et le cortex cingulaire, régions intimement liées aux performances cognitives. En outre, l’augmentation de l’activité des régions frontales du cerveau est durable. Les auteurs de ces travaux recommandent cependant de mener des études plus approfondies, sur des échantillons de plus grande taille et selon des protocoles standardisés (essais randomisés contrôlés), afin d’améliorer la quantité et la qualité des données disponibles.
Il est important de noter que les améliorations observées semblent particulièrement dues aux exercices de pleine conscience et de méditation qui ponctuent les séances de yoga. Durant les séances, l’utilisation de ces exercices pourrait avoir un effet synergétique essentiel.
Cela pourrait signifier que, pour observer les effets du yoga sur les symptômes anxio-dépressifs et la cognition, il est nécessaire d’apprendre à diriger son attention sur l’instant présent et ses émotions. Par ailleurs, d’autres facteurs tels que le fait d’être en groupe durant les séances et d’avoir des interactions positives pourraient aussi contribuer à la diminution des symptômes anxio-dépressifs.
Les postures élégantes, les étirements doux et la respiration profonde ne sont pas seulement un moyen de détendre le corps ou d’augmenter la souplesse. Ils sont la porte d’entrée vers une transformation plus profonde : celle du cerveau. Cela peut sembler poétique ou exagéré, mais la science commence à le confirmer par des preuves.
Les études dans ces champs de recherche étant encore récentes, elles sont encore peu nombreuses et hétérogènes dans leurs protocoles. Il est donc nécessaire de rester prudent sur l’interprétation des résultats. De plus, en cas de trouble anxio-dépressif, la pratique du yoga ne se substitue pas à une prise en charge médicale et psychologique. Ces résultats suggèrent néanmoins que le yoga pourrait non seulement être utilisé en tant qu’activité physique, mais aussi pour améliorer la santé mentale.
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La pratique de la pleine conscience entraîne une augmentation de la densité de la matière grise dans certaines régions du cerveau
Des chercheurs de l’Université de Harvard et de l’Hôspital Général de Massachusetts dans un article, publié par Psychiatry Research : Neuroimaging en décembre 2011, présentent une étude longitudinale contrôlée visant à examiner les variations de la concentration de matière grise cérébrale avant et après la participation à un programme MBSR (réduction du stress basée sur la pleine conscience).
La pratique de la pleine conscience (mindfulness) entraîne une augmentation de la densité de la matière grise dans des régions cérébrales clés comme l'hippocampe – mémoire –, le cortex préfrontal – attention, décision – et l'insula – conscience de soi, émotions –, renforçant ainsi les fonctions cognitives et émotionnelles, tout en réduisant l'activité de l'amygdale liée au stress, confirmant la neuroplasticité du cerveau et ses bénéfices émotionnels et cognitifs.
Des images IRM anatomiques de seize participants sains, n'ayant jamais pratiqué la méditation, ont été acquises avant et après leur participation au programme de huit semaines.
Les variations de concentration de matière grise ont été étudiées par morphométrie basée sur les voxels (représentation d’éléments de l'espace 3D) et comparées à celles d'un groupe témoin de 17 individus. Les analyses effectuées dans des régions d'intérêt prédéfinies ont confirmé une augmentation de la concentration de matière grise dans l'hippocampe gauche.
Les analyses portant sur l'ensemble du cerveau ont mis en évidence des augmentations dans le cortex cingulaire postérieur, la jonction temporo-pariétale et le cervelet chez le groupe MBSR par rapport au groupe témoin. Une augmentation significative de la densité de matière grise a été observée dans les régions cérébrales impliquées dans l'autorégulation émotionnelle, telles que le cortex préfrontal et l'hippocampe.
Ces résultats suggèrent que la participation à la MBSR est associée à des modifications de la concentration de matière grise dans les régions cérébrales impliquées dans les processus d'apprentissage et de mémorisation, la régulation émotionnelle, le traitement auto-référentiel et la prise de perspective.
Cette étude a été pionnière en montrant des changements physiques mesurables dans le cerveau adulte dus à la méditation, confirmant la neuro-plasticité – capacité du cerveau à se modifier –. Les résultats confirment que la pleine conscience transforme positivement le cerveau, ouvrant la voie à son utilisation clinique pour le stress, l'anxiété et la santé mentale.
Les interventions thérapeutiques intégrant la méditation de pleine conscience sont de plus en plus populaires, mais à ce jour, les mécanismes neuronaux associés à ces interventions restent mal connus. La réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR), l'un des programmes de pleine conscience les plus utilisés, a démontré des effets positifs sur le bien-être psychologique et une amélioration des symptômes de plusieurs troubles.
Il a été démontré que la pleine conscience influence la structure cérébrale, notamment dans les régions clés liées à la régulation émotionnelle. Ces résultats suggèrent que la pleine conscience peut renforcer les zones cérébrales impliquées dans la régulation émotionnelle et, par conséquent, améliorer la capacité à gérer le stress et l'anxiété.
Effets du yoga sur la fonction immunitaire : une revue systématique des essais contrôlés randomisés
Des chercheurs de l’Université d'Oslo dans une étude, publiée par Complementary Therapies in Clinical Practice en juillet 2021, indiquent que le yoga est une pratique prometteuse pour soutenir et renforcer le système immunitaire.
Cette revue systématique vise à confirmer les données probantes supplémentaires permettant d'évaluer l'effet du yoga sur la fonction immunitaire.
Des bases de données électroniques ont été consultées selon la méthode PRISMA afin d'identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur les effets immunologiques du yoga.
Onze essais potentiels ont été identifiés et inclus dans cette revue. L'évaluation de la qualité des essais inclus variait de 3 (risque de biais incertain) à 8 (risque de biais élevé). Onze ECR suggèrent que le yoga pourrait avoir des effets bénéfiques sur la réduction des marqueurs anti-inflammatoires.
Il a été confirmé que le yoga, par ses mouvements, ses respirations et son impact sur le système nerveux, peut améliorer la fonction immunitaire en réduisant le stress et en influençant positivement les cellules immunitaires et la production d'anticorps, où des changements génétiques liés à l'immunité ont été observés. Le yoga active notamment le système lymphatique grâce aux torsions et inversions, aidant à la circulation des globules blancs, cruciaux pour combattre infections et maladies, et régulant la réponse au stress qui affaiblit l'immunité.
Conclusion. Le yoga soutient le système immunitaire à la fois indirectement – gestion du stress – et directement – stimulation lymphatique, modulation génétique –, améliorant la défense de l'organisme contre les maladies. Le yoga pourrait être utilisé comme intervention complémentaire chez les populations cliniques ou les personnes en bonne santé.
Comparaison du yoga avec l'absence d'exercice ou la kinésithérapie sur la douleur, l'invalidité et la qualité de vie des patients souffrant de lombalgie chronique : revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés
Des chercheurs de Medical University, Xuzhou (Chine) dans une revue systématique et méta-analyse publiée dans PLOS One en septembre 2020, démontrent que le yoga s’est révélé être une thérapie efficace pour la lombalgie chronique.
La lombalgie chronique est une affection musculo-squelettique fréquente et souvent invalidante. Cependant, des controverses persistent quant à aux effets du yoga à différents intervalles de suivi et par rapport à d’autres exercices de kinésithérapie.
L’objectif des chercheurs est de comparer de manière critique les effets du yoga sur la douleur, l’invalidité et la qualité de vie des patients souffrant de lombalgie chronique, en les comparant à ceux de l’absence d’exercice – par exemple, les soins habituels, l’éducation thérapeutique – et à ceux de la kinésithérapie.
L’étude confirme que le yoga est significativement meilleur que l'absence d'exercice pour réduire la douleur et l'invalidité (échelle RMDQ) chez les personnes souffrant de lombalgie chronique, avec des bénéfices durables jusqu'à 12 mois. Par rapport à la kinésithérapie, le yoga montre des améliorations comparables pour la fonction dorsale, mais des preuves moins claires sur la douleur, bien que le risque d'effets secondaires soit faible et similaire à celui d'autres exercices.
Conclusion. Le yoga est une option de traitement efficace pour la lombalgie chronique, offrant des avantages comparables à la kinésithérapie pour la fonction, et surpassant clairement l'inaction, tout en étant relativement sûr.
Effets des exercices corps-esprit sur la structure et la fonction cérébrales : une revue systématique des études IRM
Des chercheurs de l’East China Normal University (Shanghai) dans une étude, publiée par Brain Sciences en février 2021, suggèrent que les exercices corps-esprit procurent des bienfaits pour la santé physique et mentale.
Dans cette méta-analyse (“analyse d’analyses”), autrement dit une analyse statistique de données publiées dans la littérature scientifique, les chercheurs chinois ont décortiqué les résultats de 15 publications scientifiques ayant étudié les effets du yoga ainsi que de pratiques appartenant au même type d’activité physique “corps-esprit” – Tai-Chi-chuan, Qi gong, Baduanjin, Wuqinxi…
Ils ont mené une revue systématique afin d'identifier les régions ou réseaux cérébraux régulés par les exercices corps-esprit. Le risque de biais des études transversales a été évalué à l'aide de la grille d'évaluation de l'Institut Joanna Briggs (JBI), tandis que celui des études interventionnelles a été analysé à l'aide de l'échelle de la base de données probantes en physiothérapie (PEDro).
Quinze études répondaient aux critères d'inclusion. Leur analyse a révélé que les exercices corps-esprit modulaient la structure cérébrale, l'activité neuronale et la connectivité fonctionnelle, principalement au niveau du cortex préfrontal, de l'hippocampe/lobe temporal médian, du lobe temporal latéral, de l'insula et du cortex cingulaire.
Les chercheurs ont également observé une meilleure connectivité fonctionnelle dans les réseaux cérébraux de haut niveau, comme celui du contrôle cognitif – régulant l’attention, l’inhibition, la mémoire de travail, etc. – et celui du mode par défaut – réseau des pensées et des émotions de soi et d’autrui –, ce qui pourrait expliquer les effets bénéfiques de ces exercices sur la santé.
Toutefois, compte tenu de l'hétérogénéité des études incluses, des essais contrôlés randomisés supplémentaires, avec des protocoles rigoureux, des mesures de résultats similaires et des analyses portant sur l'ensemble du cerveau, sont nécessaires.
Les effets du yoga sur la santé mentale positive chez les adultes en bonne santé : une revue systématique et une méta-analyse
Des chercheurs de l’University of Suriname (Paramaribo, Suriname) dans une revue systématique, publiée dans The Journal of Alternative and Complementary Medicine en juillet 2017, révèlent que le yoga est une intervention efficace pour favoriser la santé mentale positive chez les adultes en bonne santé.
Dix-sept ECR (Essai Contrôlé Randomisé) ont été inclus dans la méta-analyse. Quatre indicateurs de SMP (santé mentale positive) ont été identifiés : le bien-être psychologique, la satisfaction de vie, les relations sociales et la pleine conscience. Une augmentation significative du bien-être psychologique a été observée en faveur du yoga par rapport au groupe témoin sans intervention. Le risque global de biais était incertain en raison de données incomplètes.
Conclusions
Les recherches actuelles n’apportent que des preuves limitées sur la pratique du yoga contribuant à une amélioration de la santé mentale post-traumatique chez les adultes issus de populations non cliniques.
Le yoga améliore significativement la santé mentale positive chez les adultes en bonne santé, notamment en réduisant le stress, l'anxiété et en augmentant le bien-être général, grâce à une meilleure régulation émotionnelle et une conscience accrue du corps et de la respiration, agissant sur les niveaux de cortisol et le système nerveux autonome. Ces bienfaits se traduisent par une amélioration de la qualité de vie, du sommeil et une plus grande résilience face aux tensions quotidiennes.
La pratique combine postures, respiration et méditation pour créer un effet synergique qui renforce la connexion corps-esprit, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour optimiser les modalités de pratique.
Le yoga comme intervention pour la réduction des symptômes d'anxiété et de dépression chez les enfants et les adolescents : une revue systématique
Des chercheurs de Rutgers University (Newark, NJ) et du Yoga Way Therapy Center (Morristown, NJ) dans une revue systématique, publiée dans Frontiers in Pediatrics en mars 2020, ont révélé que les interventions de yoga entraînent généralement une réduction des symptômes d'anxiété et de dépression chez les enfants et les adolescents.
Cette revue vise à évaluer la mise en œuvre et l’efficacité du yoga pour réduire les symptômes d’anxiété et de dépression chez les jeunes. Selon les auteurs, aucune revue systématique n’a, à ce jour, examiné la réduction des symptômes d’anxiété et de dépression.
La méta-analyse portant sur 27 études menées sur des enfants et adolescents a étudié les effets du yoga sur les symptômes anxio-dépressifs. Les participants sont soit des personnes typiques, soit des personnes avec des pathologies variées (pathologie ovarienne, pathologie cardiaque, troubles digestifs, etc.).
De nombreuses bases de données scientifiques ont été consultées jusqu’en novembre 2018 afin d’identifier les études expérimentales évaluant l’évolution des symptômes d’anxiété et/ou de dépression chez les jeunes après des interventions de yoga. La qualité et le niveau de preuve ont été évalués, et les informations issues des différentes études ont été synthétisées.
Cette analyse a révélé que 70 % de ces travaux montraient une amélioration de la santé mentale des jeunes suite à la pratique du yoga, et plus particulièrement de l’anxiété et ces résultats sont à mettre en lien direct avec la diminution de l’activité de l’amygdale retrouvée chez les adultes pratiquants. Ces effets bénéfiques sur les symptômes anxio-dépressifs ont également été mis en évidence chez les adultes, ainsi que chez des personnes souffrant d’un trouble anxio-dépressif.
Conclusion. Les études analysées, bien que de qualité méthodologique faible à modérée, ont montré que le yoga, défini par la pratique des postures, entraîne généralement une certaine réduction de l'anxiété et de la dépression chez les jeunes, indépendamment de leur état de santé et des caractéristiques de l'intervention.
Impact du yoga sur la cognition et la santé mentale des personnes âgées : une revue systématique
Des chercheurs de Central University of Rajasthan (Inde) dans une revue systématique, publiée dans Complementary Therapies in Medecine en mai 2020, ont évalué les effets bénéfiques du yoga sur l'amélioration des fonctions cognitives et de la santé mentale des personnes âgées.
Le déclin cognitif et les problèmes de santé mentale sont parmi les plus fréquemment observés et les plus insuffisamment traités chez les personnes âgées. De nombreuses études ont évalué l'efficacité du yoga sur les paramètres cognitifs et de santé mentale chez cette population. Cependant, à ce jour, aucune revue systématique n'avait été menée pour évaluer le rôle des interventions basées sur le yoga et sur la cognition et la santé mentale des personnes âgées.
Après avoir éliminé les études non pertinentes, la recherche a permis d'identifier 13 essais contrôlés randomisés (ECR), qui ont été inclus dans cette revue systématique. Les principales variables étudiées en cognition étaient les fonctions exécutives, la mémoire, l'attention et le langage, tandis qu'en santé mentale, il s'agissait de la dépression, de l'anxiété, du stress et de l'humeur.
Les interventions basées sur le yoga ont des effets bénéfiques sur l'attention et les fonctions exécutives – parmi les variables cognitives – ainsi que sur la dépression – parmi les paramètres de santé mentale – chez les personnes âgées, en renforçant la connexion corps-esprit grâce à des postures, la respiration et la méditation.
Conclusion
La présente revue indique que les interventions basées sur le yoga présentent des résultats positifs quant à l'amélioration de l'attention, des fonctions exécutives et de la mémoire, ainsi que sur l'impact sur la santé mentale et la dépression chez les personnes âgées, comparativement à un groupe contrôle actif.
Toutefois, les limites méthodologiques et le faible nombre d'études ne permettent pas de confirmer les bénéfices potentiels de ces interventions sur la cognition et la santé mentale des personnes âgées.
Par conséquent, cette revue recommande fortement la réalisation d'essais contrôlés randomisés supplémentaires, utilisant une méthodologie d'étude standardisée, des modules d'intervention de yoga validés et un suivi à long terme, afin de parvenir à des conclusions définitives.
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Le yoga, comme une gymnastique cérébrale
Nous avons presque tous déjà entendu parler des bienfaits du yoga pour le corps. Il s’agit d’une activité physique qui améliore la posture, renforce les muscles, préserve la santé cardiovasculaire et réduit les douleurs chroniques. Cependant, ses effets sur l’esprit et le cerveau sont moins connus.
Des études scientifiques ont démontré que sa pratique régulière augmente la neuro-plasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser et à créer de nouvelles connexions neuronales. Cet effet est dû, en partie, à l’augmentation d’une protéine appelée BDNF – facteur neuro-trophique dérivé du cerveau – qui est essentielle à l’apprentissage, à la mémoire et à la réparation neuronale.
Le plus intéressant est le fait que ces bénéfices sont observés en quelques semaines de pratique seulement et chez des personnes de tous âges. Les résultats montrent une amélioration de fonctions cognitives comme l’attention, la mémoire de travail et la vitesse de traitement. Le cerveau, comme le reste du corps, répond à un entraînement régulier.
Contre le stress et ses effets sur le cerveau
Le stress chronique est très nocif pour notre cerveau. Nous vivons dans une société qui glorifie la précipitation, la productivité sans pause et le multitâche. Tout cela active de manière excessive notre axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ce qui augmente les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. À petites doses, le cortisol est utile, mais lorsqu’il est élevé de manière chronique, il endommage l’hippocampe – qui est essentiel à la mémoire –, réduit la concentration et affaiblit la régulation émotionnelle.
Divers essais ont montré que la pratique régulière du yoga réduit de manière significative l’activation de cet axe du stress. Les niveaux de cortisol diminuent, la fréquence cardiaque se stabilise et le système nerveux parasympathique – qui nous aide à nous reposer, à digérer et à nous régénérer – prend le contrôle.
C’est comme passer d’un état d’alerte constante à un état de calme réparateur. Le cerveau, reconnaissant, commence à mieux fonctionner.
La méditation modifie le cerveau
La méditation est un élément essentiel de nombreuses formes de yoga, même si elle n’est pas toujours pratiquée dans les cours de yoga modernes. C’est également l’une des activités qui a le plus d’impact sur le cerveau que nous connaissons.
Des études d’imagerie par résonance magnétique ont montré que les personnes qui méditent fréquemment ont un plus grand volume de substance grise dans des régions clés du cerveau telles que l’hippocampe – mémoire –, le cortex préfrontal – prise de décision, attention, empathie – et l’insula – conscience corporelle et émotionnelle –.
Ces changements peuvent être observés même après de courtes périodes – à peine huit semaines – de pratique quotidienne. Le plus précieux : aucune expérience préalable ni retraite spirituelle n’est requise. Seule la constance est nécessaire. Comme pour toute compétence, l’important est la régularité.
Le terme “mindfulness” désigne le fait de porter une attention consciente à l'instant présent avec intérêt, curiosité et acceptation. Bien que mindfulness ne soit généralement pas traduite dans le domaine scientifique, elle est souvent traduite par ‘pleine attention’ ou ‘pleine conscience’. Il s'agit donc d'une méthode d'entraînement mental qui consiste à réfléchir à ce que l'on vit dans l'instant présent, sans porter de jugement ; autrement dit, sans interférer avec ses pensées ni les évaluer. De cette manière, elle nous permet d'apprendre à nous connecter directement à ce qui se passe dans notre vie, ici et maintenant.
Un bouclier contre le déclin cognitif et le vieillissement
Avec l’âge, le cerveau perd du volume et de l’efficacité. Certaines fonctions ralentissent, la mémoire faiblit, se concentrer devient plus difficile. Mais ce n’est pas une fatalité. Il existe des moyens de protéger le cerveau contre les effets du temps. Le yoga pourrait en être un.
Plusieurs études ont montré que les personnes âgées qui pratiquent le yoga présentent de meilleures performances cognitives, une meilleure connectivité cérébrale et une réduction de la détérioration structurelle dans des zones clés du cerveau. Même ceux qui commencent à le pratiquer après 60 ans ou 70 ans peuvent constater une amélioration de leur attention, de leur mémoire et de leur bien-être émotionnel.
Ces bénéficies ne se limitent pas au domaine cognitif. La pratique régulière du yoga produit des effets positifs à un niveau holistique. Grâce à divers mécanismes neuro-biologiques, elle exerce une action anti-vieillissement : elle réduit le stress oxydatif, améliore la fonction mitochondriale et immunitaire, module l’inflammation chronique et préserve la longueur des télomères – les extrémités des chromosomes –, marqueurs essentiels du vieillissement cellulaire.
Un niveau holistique signifie considérer une personne, un système ou un problème dans sa globalité, en tenant compte de l'interconnexion de toutes ses parties – physique, mentale, émotionnelle, sociale, spirituelle, etc.–, plutôt que de manière isolée ou morcelée, pour comprendre l'ensemble comme étant plus que la somme de ses éléments. C'est une approche intégrée qui cherche l'équilibre global.
Cela a des implications considérables. Dans un monde qui vieillit rapidement, promouvoir des activités telles que le yoga peut être une stratégie accessible, non pharmacologique et peu coûteuse pour prévenir la démence, rester jeune plus longtemps et améliorer la qualité de vie tout au long de notre existence.
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Bienfaits du yoga
Les résultats semblent indiquer que faire du yoga se traduit effectivement par différents effets positifs sur la santé physique. Cette pratique permet notamment d’améliorer l’équilibre, la souplesse, ainsi que de renforcer les muscles et le cœur. Le yoga pourrait également avoir un effet bénéfique sur le système immunitaire, et présenter un intérêt dans la gestion de la douleur.
Santé physique. Renforce les muscles, améliore la souplesse, l'équilibre et la posture, réduit les douleurs chroniques (dos, arthrite).
Santé cardiovasculaire. Diminue la tension artérielle, le cholestérol et améliore la circulation.
Santé mentale. Réduit le stress, l'anxiété, la dépression et améliore la qualité du sommeil et la concentration.
Autres. Peut améliorer la fonction respiratoire et digestive.
Risques et précautions
Blessures. Risques de lésions musculaires, articulaires, voire tassements vertébraux si l'on force ou si les postures sont mal exécutées, surtout pour les personnes avec des articulations fragiles ou de l'ostéoporose.
Performances. La recherche de la performance (acrobaties, poses extrêmes) peut mener à des blessures et va à l'encontre du but premier du yoga.
Conditions spécifiques. Le yoga Bikram (salle très chaude) peut être déconseillé aux personnes cardiaques.
Conseils pour une pratique sûre
Consultez un médecin. Surtout si vous avez des problèmes de santé préexistants (dos, articulations).
Choisissez un bon professeur. Un enseignant compétent sait adapter les postures et vous guider.
Respectez vos limites. Ne cherchez jamais la douleur et écoutez votre corps.
Si vous souhaitez pratiquer le yoga et constater par vous-même ses effets, il vous reste à répondre à
une question : lequel choisir ? Parmi les nombreux types de yoga existant, trois reviennent
régulièrement dans les études compulsées : le Hatha yoga, le Kundalini yoga ou le Kripalu yoga.
Grâce à une pratique régulière, vous pouvez découvrir une plus grande paix intérieure
et une connexion plus profonde avec le monde qui vous entoure.
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