mercredi 31 août 2016

Allaitement et Développement Cérébral





L’allaitement est l’une des meilleures façons d’assurer la santé du nouveau-né, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon cette entité, l’allaitement maternel sauve 1,5 millions de vies chaque année.

Le lait maternel


Le lait maternel est un aliment vivant et frais qui passe de la mère à l’enfant, sans intermédiaire. Il est parfaitement adapté aux besoins de l’enfant : il stimule son développement physique et intellectuel et contribue à la maturation de son système digestif et de son système immunitaire. Chaque mère produit un lait adapté aux besoins de son enfant.

Il est très facile à digérer grâce à toutes les enzymes actives non allergènes qu’il contient, et grâce à ses protéines parfaitement absorbées par l’enfant. Il fournit la quantité de minéraux et de vitamines nécessaires au bébé sans nuire à ses reins. Il fournit également tous les types de gras dont l’enfant a besoin : acides gras oméga-3 et autres acides gras essentiels, qui contribuent au développement du cerveau du bébé et de sa vision.

Riche en anticorps à la naissance de l'enfant, le lait maternel voit sa composition évoluer un mois après afin de s'adapter à ses besoins. Il contient 200 molécules de sucre : vitamines, immunoglobulines, oligosaccharides.

Les molécules de sucre prennent différentes formes et servent à renforcer l'immunité, stimuler la croissance et façonner le microbiote intestinal de l'enfant. La première fonction du lait maternel est de favoriser la colonisation de l'intestin par des bactéries capables de digérer les molécules de sucre. Les nourrissons naissent sans bactérie dans leurs intestins, mais en quelques jours, ils en possèdent des millions, et une semaine seulement après leur naissance, des milliards.

Les composants nutritifs favorisant la neurogénèse et la pousse dendritique


Les glucides


Parmi les glucides (ou sucres), on en trouve plusieurs types selon le nombre de sucres simples accrochés les uns au autres.

Lactose. Le lait humain est l’un des plus riches en lactose, particulièrement utile pour le développement du tissu cérébral.

Oligosaccharides ou oligosides. Le lait des premiers jours  colostrum  est plus riche en oligosides que le lait mature, ce qui correspond aux besoins plus importants du nourrisson pour la maturation cérébrale.

Les lipides


Un acide gras, est un acide carboxylique dont la chaîne carbonée est très longue. Parmi les graisses essentielles pour le cerveau : l’acide arachidonique, le DHA (acide docosahexaénoïque) et le cholestérol.

Le cholestérol. Il joue un rôle dans le développement cérébral notamment la myélinisation  et l’intégrité membranaire.

L’acide arachidonique et le DHA sont des molécules très concentrées dans les membranes cellulaires de la rétine et du cerveau, elles s’y accumulent très rapidement pendant la période de développement cérébral.

Globalement, le lait artificiel ne contient pas de DHA mais contient des précurseurs. Encore faut-il que les enzymes qui les transforment en DHA soient actifs chez le nourrisson.

Les protéines


Peu riche en protéines, car le cerveau humain a surtout besoin de sucres, mais leur qualité est spéciale.

Taurine. Acide aminé constituant les protéines est en grande proportion, il joue un rôle important dans la construction du cerveau et le fonctionnement des cellules cérébrales.

Leptine. Est une protéine composée de 167 acides aminés, elle régule les réserves de graisses, joue sur l’appétit en contrôlant la satiété; il a été  montré qu’elle est aussi impliquée dans la régulation de la fonction cognitive en influençant le mécanisme mis en jeu lors de l’apprentissage et la mémoire.

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Depuis les années 70 la recherche médicale a fait de très grands progrès. On a vu se multiplier des études biochimiques sur la composition du lait maternel et sur les effets (in vivo et in vitro) de tel ou tel de ses composants, études épidémiologiques (rétrospectives et de suivi), études cliniques, etc. La recherche en matière d'allaitement a également bénéficié des recherches et découvertes en matière d'immunologie, hormonologie, étude des maladies infectieuses, étude des mécanismes de l'allergie, etc.

Les études les concernant sont très nombreuses, et aboutissent toutes à la même conclusion : la mortalité et la morbidité sont bien moindres chez les bébés allaités. Ces derniers risquent 10 fois moins d'être hospitalisés pour une quelconque infection bactérienne sévère, et 4 fois moins de présenter une bactériémie ou une méningite. La différence est particulièrement dramatique dans les pays pauvres où les maladies infectieuses sont responsables de l'immense majorité des morts infantiles.

L'allaitement maternel aiderait le développement du cerveau de bébé


Des chercheurs de la Brown University (Etats-Unis), dans une étude publiée dans la revue NeuroImage en juin 2013, ont découvert que l'allaitement maternel permettait un meilleur développement du cerveau qu'avec du lait de synthèse.

Les chercheurs ont utilisé une forme d'Imagerie à résonance magnétique (IRM) adaptée aux enfants, afin d'observer la croissance du cerveau de 133 bébés âgés de 10 mois à 4 ans pendant leur sommeil. Auparavant, les enfants avaient été séparés en trois groupes: ceux dont les mamans déclaraient les avoir nourris au sein pendant les trois derniers mois; ceux dont les mamans alternaient lait artificiel et lait naturel; et ceux uniquement nourris au lait artificiel.

Les scientifiques ont particulièrement observé le développement de la substance blanche dans le cerveau des enfants. Au sein du système nerveux, c'est elle qui relie les différentes parties de la substance grise, où se situent les neurones. Ainsi, plus la substance blanche est développée, plus les connexions cérébrales se font rapidement.

Les enfants uniquement nourris au lait maternel bénéficiaient d'une croissance en substance blanche bien plus élevée que ceux nourris alternativement de lait artificiel et de lait maternel, qui eux-mêmes présentaient des résultats supérieurs aux bébés seulement nourris au lait de synthèse. La différence de développement de cette substance entre les bébés uniquement nourris au lait naturel et ceux uniquement nourris au lait artificiel était même de 20 à 30%.

Les principales zones cérébrales concernées par cette croissance plus rapide de la substance blanche furent celles du langage, des émotions et de la connaissance. Des observations confirmées par une série de tests de comportement effectués en aval par les chercheurs.

Contraste entre un enfant de 1 an (à gauche) et un enfant de 3 ans (à droite).
La zone de couleur, représentant la substance blanche, est bien plus développée.

Les enfants les plus âgés ont été dissociés des plus jeunes afin de comprendre équitablement l'augmentation du taux de substance blanche dans chaque groupe, qui est différente en fonction de l'âge.

Examiner séparément les enfants les plus âgés et les plus jeunes permet aussi de comprendre à partir de quel âge se creuse le fossé dans le développement de la substance blanche. Les différences peuvent se creuser quasiment dès les premiers instants de la vie.

Les chercheurs ont aussi étudié les contrastes sur le long terme en comparant les enfants nourris au lait maternel depuis plus d'un an et ceux suivant le même régime mais seulement depuis trois mois. Les écarts de croissance du cerveau étaient largement à l'avantage des bébés nourris au lait maternel depuis un an.


Le lait maternel favorise le développement du cerveau des bébés prématurés


Selon une étude présentée par des chercheurs de l'université de Washington à la réunion annuelle de la Pediatric Academic Societies à Baltimore (Etats-Unis) et publiée sur le site Eurekarlet en avril 2016, les bébés prématurés nourris pour moitié au lait maternel auraient un cerveau mieux formé et développé que les autres.


La prématurité est une des causes majeures des problèmes neurologiques chez les enfants et est souvent liée à des troubles psychiatriques plus tard. Les chercheurs ont suivi 77 nourrissons prématurés (d'au moins 10 semaines) à travers leurs premières années de vie pour voir comment ils grandissaient, en se concentrant sur leur développement moteur, cognitif et social par IRM. Ils ont aussi analysé si l'alimentation au lait maternel a modifié ou pas le développement du cerveau.

Les scientifiques ont constaté que les bébés prématurés dont l'alimentation quotidienne était d'au moins 50% de lait maternel avaient un tissu cérébral et un cortex plus développés en volume que les bébés prématurés qui avaient reçu moins de lait maternel, au même âge.

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Le lait maternel est bénéfique pour le cerveau


Le cerveau des bébés nourris au sein se développe plus vite que celui de ceux nourris au lait en poudre. Les enfants allaités seraient légèrement plus précoces que les autres, pour le langage à l’âge de 2 ans et sur le plan psychomoteur à 3 ans. Le lait maternel est très riche en acides gras essentiels, oméga 3 et oméga 6, indispensables au développement cérébral. Ces acides gras sont de bonne qualité et très bien assimilés par l’enfant. Plus l’allaitement est long, plus il est profitable.

Selon une étude Israélienne le lait maternel permettrait de prévenir le développement de l’hyperactivité chez l’enfant. Les chercheurs supposent que cet effet serait dû, soit à la composition même du lait maternel, soit au lien tissé entre la mère et son enfant pendant la période d’allaitement.

Renforce l’immunité du nourrisson


Le lait maternel a pour fonction de poser les premières pierres du système immunitaire du nouveau-né. Dès sa naissance, le lait est riche en anticorps et en molécules ralentissant la croissance de bactéries nocives et coordonnant l'activité des globules blancs. Après un mois, le niveau d'anticorps maternels baisse de plus de 90%, probablement car l'enfant commence à développer son propre système immunitaire. Le lait humain contient des protéines spécifiques  qui anéantissent certaines bactéries et transportent le fer.

Plusieurs études épidémiologiques ont démontré un effet protecteur de l’allaitement maternel sur les infections digestives (vomissement, diarrhées) ou respiratoires (rhinites, otites) dans la petite enfance et sur certaines allergies. L’allaitement préviendrait par exemple l’asthme sous réserve qu’il soit exclusif et prolongé au moins de 4 mois. Les enfants allaités au sein seraient aussi moins exposés au risque d’obésité pendant l’enfance et l’adolescence. Ce phénomène s’explique par le fait que dans le cas d’un allaitement au sein, l’enfant est le plus souvent nourri à la demande. Il apprend donc à auto réguler son alimentation plus tôt que l’enfant nourri au biberon. Les enfants allaités auraient aussi moins tendance à avoir de diabète.

Des bénéfices pour la mère


L’allaitement réduit le risque d’hémorragie après l’accouchement; il diminue les probabilités que la mère souffre d’anémie (en retardant le retour de ses menstruations) et il réduit le besoin d’insuline des femmes diabétiques. À long terme, il diminue aussi le risque de souffrir d’ostéoporose, d’un cancer du sein, de l’ovaire ou de l’utérus. Enfin, il agit sur le plan hormonal et abaisse le niveau de stress de la maman.

La perte de poids se révèle plus rapide au cours des six mois qui suivent l’accouchement. L’allaitement permet de perdre plus facilement les kilos en puisant dans les graisses accumulées au cours de la grossesse.

Sur le plan psychoaffectif, l’allaitement maternel joue un rôle important dans l’épanouissement, voire la santé mentale, de la mère. Comme le souligne l’Organisation Mondiale de la Santé, l’allaitement maternel permet de nouer des liens physiques et émotionnels uniques, bénéfiques pour la santé à la fois de la mère et de l’enfant. Ce corps à corps permet à la mère de s’instaurer dans son rôle de mère.

Durée de l’allaitement


L’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF et la Société canadienne de pédiatrie recommandent de ne nourrir les bébés que de lait maternel les 6 premiers mois de leur vie. L’allaitement peut ensuite se poursuivre pendant 2 ans et au-delà, si on intègre aussi dans le régime du bébé des aliments complémentaires.

Les effets bénéfiques de l’allaitement sur la santé de la mère et sur celle de l’enfant sont liés à sa durée et à son exclusivité : plus la durée de l’allaitement est longue (en nombre de mois) et plus il est exclusif (enfant nourri au sein seulement), plus ses effets bénéfiques sont importants. Cela explique pourquoi on recommande si fortement d’allaiter exclusivement le bébé pendant les 6 premiers mois de sa vie.

L'allaitement et le travail  Extraire et conserver son lait maternel


Durant les premiers mois qui suivent la naissance, l'allaitement maternel joue un rôle primordial dans le développement harmonieux du nouveau-né. Cependant, il n'est pas toujours possible pour la nouvelle maman de répondre quotidiennement, et à chaque fois que nécessaire, à cette exigence. Différentes circonstances peuvent éloigner temporairement la mère de son bébé, compliquer périodiquement la tétée, ou encore rendre momentanément le lait impropre à la consommation. En prévision de ce genre de situations, les nouvelles mamans peuvent opter pour une solution alternative, à mi-chemin entre allaitements naturel et artificiel : tirer leur lait et le conserver.

Il est préférable de commencer à stocker le lait quatre ou cinq jours avant la date à laquelle il sera nécessaire de se séparer du bébé, afin d’éviter le stress.

Le lait maternel est un produit très stable, qui se conserve très bien. Étant un aliment frais et vivant, il convient de bien se laver les mains et le matériel avant le recueil pour éviter toute contamination.

Conservation du lait maternel


* Se laver les mains avant de manipuler ou exprimer.

* Utiliser des contenants bien lavés et stérilisés.

* Maintenir la chaîne du froid aussi longtemps que possible.

* Congeler convenablement le lait qui ne va pas être utilisé.

* Garder le lait en petites quantités (50-100 ml) pour pouvoir décongeler uniquement ce que l’enfant a besoin à chaque prise.

* Étiqueter les contenants de lait avec la date et l'heure d’expression de manière à décongeler toujours le lait le plus vieux.

* Une fois décongelée, remuer le lait pour l’homogénéiser.

Transport du lait


Le placer dans un contenant isotherme avec un pain de glace. Le trajet ne doit pas durer plus d'une heure et, une fois à destination, mettre le lait immédiatement au réfrigérateur.

Décongeler et chauffer le lait


Le lait non-réchauffé doit être consommé dans l'heure qui suit sa sortie du réfrigérateur ; s'il a été chauffé, il doit être consommé dans les 30 minutes. Il faut éviter de remettre au frais du lait qui a déjà été réchauffé une fois.

Durée de conservation


* À la température ambiante, jusqu'à 6 heures
* Au réfrigérateur, jusqu'à 3 jours environ
* Au congélateur, jusqu'à 3 mois environ
* Dans un congélateur coffre, jusqu'à 6 mois environ



Des procédures telles que l’extraction, le stockage et le chauffage du lait maternel, qui déjà ne provient pas de la poitrine et les ustensiles utilisés pourraient changer une des principales caractéristiques bénéfiques du lait maternel : sa stérilité.

Si les tire-lait, téterelles, flacons, cuillères, verres et autres ustensiles utilisés pour l’alimentation du bébé ne sont pas stérilisés, des infections gastro-intestinales, pharyngite, laryngite, et même des affections buccales pourraient apparaître. Ces situations peuvent causer des dommages graves pour la santé du bébé.


"Si chaque enfant était mis au sein dans l’heure qui suit la naissance, si on ne lui donnait que du lait maternel pendant les six premiers mois et si l’allaitement maternel était maintenu jusqu’à l’âge de deux ans, on sauverait près de 800.000 vies d’enfants chaque année", écrit sur son site l'Organisation Mondiale de la Santé, qui promeut activement ce mode d'alimentation au niveau mondial.













jeudi 25 août 2016

La Malnutrition Affecte le Développement Neurologique et Intellectuel chez l'Enfant



Sans une nourriture suffisante, le cerveau ne grandit pas


Dénutrition


La dénutrition consiste en un état anormal de l'organisme qui manque d'apports nutritionnels suffisants pour fonctionner. La dénutrition peut avoir de nombreuses causes, parmi lesquelles le jeûne, l'anorexie, l'obésité, des problèmes digestifs ou l'alcoolisme.

Les symptômes de la dénutrition sont un indice de masse corporelle inférieur à la moyenne, accompagné souvent, mais pas toujours, d'une forte perte de poids dans un temps limité. La dénutrition est traitée par une supplémentation nutritionnelle, et, le cas échéant, par une action sur la cause.

Malnutrition


La malnutrition désigne un état pathologique causé par la déficience ou l'excès d’un ou plusieurs nutriments. L'apport alimentaire anormal peut provenir d'une nourriture en quantité inadaptée au besoin  apport calorique insuffisant ou, au contraire, excessif  ou de mauvaise qualité  carences nutritionnelles ou excès de graisses . D'autres facteurs, notamment psychologiques et pathologiques, interviennent également.

Dans les pays en développement, le plus grand problème nutritionnel est la “sous-alimentation”, due à un apport calorique insuffisant. Mais partout dans le monde, diverses formes de malnutrition existent, débouchant notamment sur l'obésité et de graves carences.

La malnutrition a ainsi été appelée la “faim invisible” ou “faim cachée” (“hidden hunger” en anglais) par l'Organisation des Nations unies, affectant deux milliards de personnes souffrant de carences en sels minéraux et en vitamines, pouvant provoquer des maladies mortelles.

La malnutrition, dans la forme d'une carence en iode, est la cause la plus répandue de trouble mental dans le monde.

Si l’enfant est bien nourri pendant les premières années de vie, cela peut avoir un effet profond sur sa santé, ainsi que dans ses fonctions cognitives, émotionnelles et psychosociales, surtout dans l’attention, la mémoire, la capacité d’apprentissage et le rendement scolaire.


Conséquences de la malnutrition sur la cognition et le comportement


La malnutrition chronique affecte la croissance et la maturation du cerveau.  Les étapes du développement sont nombreuses et complexes : les cellules neurales doivent proliférer, migrer au bon endroit, établir les bonnes connexions, former les bons récepteurs à neurotransmetteurs et bien se couvrir de myéline, la substance protectrice essentielle au bon transfert des messages nerveux.

Un état de malnutrition dans la phase critique du développement du cerveau humain, soit du deuxième trimestre de grossesse jusqu’à l’âge d’environ 2 ans, peut ainsi causer des dommages irréversibles. 

Par après, entre la petite enfance et l’adolescence, un épisode aigu de famine peut avoir des répercussions sur la cognition et le comportement, mais ceux-ci ont plus de chance de récupérer une fois l’enfant est bien ré-alimenté.

Il n’est pas seulement question de poids et de périmètre crânien.  On peut avoir un enfant aux mensurations normales qui présente aussi des déficits neurocognitifs.  Il faut alors rechercher les carences en micro et macro nutriments notamment le fer, l’iode, l’acide folique, le zinc, la vitamine B12 et les acides gras polyinsaturés oméga-3 ou encore se pencher vers d’autres causes infectieuses ou génétiques pour expliquer le retard.

Les déficits cognitifs provoqués par la malnutrition se manifestent par des difficultés de mémoire, une lenteur intellectuelle ou des troubles spécifiques d’apprentissage en lecture, écriture ou mathématiques.

L’enfant peut présenter des problèmes comportementaux tel un déficit d’attention avec hyperactivité, des difficultés de régulation émotionnelle ou de socialisation.  Dans les cas extrêmes, on constatera un retard mental.

On estime d’ailleurs que les “survivants“ de la malnutrition ont en moyenne un déficit de 5-15 points dans les tests standards d’intelligence par rapport aux enfants bien nourris vivant dans un même environnement. Le degré d’atteinte cognitive est proportionnel à la sévérité de la malnutrition.


Les vitamines et les minéraux améliorent l'apprentissage et la mémoire chez les enfants en âge scolaire


Selon une étude réalisée par le groupe NEMO (Nutrition Enhancement for Mental Optimization) publiée dans American Journal of Clinical Nutrition, les chercheurs ont évalué les effets d’ajouter une vitamine spécifique et une combinaison de minéraux dans une boisson quotidienne.

Les scientifiques ont étudié 396 enfants bien nourries en Australie et 384 enfants malnutris en Indonésie. Dans chaque pays, les enfants ont été placés au hasard dans l’un des quatre groupes ; chaque groupe a reçu soit une boisson avec un mélange d’oligo-éléments (fer, zinc, acide folique et vitamines A, B-6, B-12, C), ou de l’huile de poisson (DHA et EPA), ou avec les deux agrégats, ou sans aucun agrégat (placebo).

Après 12 mois, les enfants en Australie ayant reçu le mélange d’éléments nutritifs ont montré des niveaux plus élevés de ces oligoéléments dans le sang, ce qui signifie que leurs corps les ont absorbés. Aussi, le test qui mesure leur capacité d’apprentissage et de mémoire fut nettement meilleur par rapport aux enfants des autres groupes. Il y avait une tendance similaire en Indonésie, mais seulement chez les filles. L’ajout d’huile de poisson à la boisson fortifiée n’a pas démontré de majeurs effets sur la cognition.

Cette étude confirme que la nutrition peut influencer positivement sur le développement cognitif à l’école, même chez les enfants qui sont bien nourris. Les chercheurs suggèrent que cette découverte pourrait être pertinente dans le monde occidental.


L'alimentation influence le développement physique et cognitif


Une étude, réalisée par des chercheurs de l’International Food Policy Research Institute publiée dans la revue médicale The Lancet en 2008, a mis en évidence, dans des populations souffrant de pauvreté, qu'en assurant une bonne alimentation aux enfants de 0 à 3 ans, on augmentait leurs chances d'avoir des bons revenus à l'âge adulte.

Les chercheurs ont mis en place entre 1969 et 1977 un programme de distribution alimentaire dans 4 villages défavorisés du Guatemala. Les enfants en bas âge de deux de ces villages ont reçu quotidiennement une boisson riche en protéines et en nutriments ; ceux des deux autres villages la même boisson mais moins nutritive.

Les chercheurs ont retrouvé vingt ans plus tard ces enfants devenus adultes, soit 1500 personnes et ont étudié leur situation économique. Résultat : les hommes qui avaient reçu avant l'âge de 3 ans un complément alimentaire nutritif avaient un revenu supérieur de 46% à ceux qui n'avaient bénéficié que d'un complément placebo. En revanche, aucune différence de revenu n'était observée chez les femmes.


Malnutrition pendant la grossesse


Une mère qui s’alimente mal donne naissance à un bébé malnutri, un enfant qui sera victime de malnutrition chronique. Beaucoup de mères ne se rendent pas comptent que le fœtus dépend d’elles pour avoir l’énergie, les protéines, les vitamines et autres éléments nécessaires à son bon développement.

Le fait de ne pas être bien nourris durant leur développement intra-utérin peut être fatal aux enfants. S’ils arrivent à survivre, ils pourraient subir de différentes séquelles, aussi bien sur leur développement physique  croissance staturale et pondérale  que sur leur développement intellectuel  développement du cerveau et cognitif .

Les carences en vitamines et micro nutriments ne sont pas toujours visibles mais peuvent avoir des conséquences graves sur la santé de la mère et de l’enfant. Des carences en iode peuvent entraîner des handicaps physiques et mentaux chez l’enfant, un accouchement d’enfant mort-né ou encore des fausses couches.

Raison pour laquelle, il est indiqué aux femmes enceintes d’adopter un régime équilibré complet durant la grossesse, en mangeant un repas de plus tous les jours, soit quatre repas, surtout pendant le dernier trimestre, tout en enrichissant le plat de base avec des aliments riches en fer et en vitamine A et en utilisant des sels iodés.

Les médecins conseillent toujours les mères de pratiquer l’allaitement exclusif durant les six premiers mois du bébé et d’introduire des aliments adaptés à son âge à partir de son huitième mois. A ce moment,  il faut adopter une alimentation variée et équilibrée en quantité et en qualité, tout en faisant recours au sel iodé et en respectant les règles d’hygiène.

Et les conséquences ne se répercutent pas uniquement sur l’avenir de l’enfant concerné mais aussi sur le développement socio-économique du pays. Sachant que la capacité de production des personnes atteintes de malnutrition chronique diminue de 10% par rapport à celle des personnes non affectées par ce problème.


Influence de la nutrition dans le rendement scolaire


La croissance de l’enfant de 6 à 12 ans est dans une phase de ralentissement, mais elle demeure encore considérable. À cette période de sa vie, l’enfant déploie normalement une activité physique intense et sa dépense énergétique peut être plus grande que celle d’un travailleur de force. Pour cette raison, et parce qu’en plus l’école impose à l’élève un rythme de vie particulier, celui-ci a des besoins nutritionnels spécifiques.

La hantise de sous-alimenter l’enfant qui reste fréquente chez les mamans qui le laissent alors manger à toute heure, et qui n’hésitent pas à le bourrer de sucreries, résulte dans un excès alimentaire fort préjudiciable et un conflit avec l’enfant qui ne mange plus aux repas des mets équilibrés, mais grignote n’importe quoi librement.

Il peut y avoir aussi un déséquilibre dans la répartition de l’alimentation, le petit déjeuner étant trop maigre, trop rapidement pris, alors que le dîner est trop abondant, pris trop tard dans la soirée. On force l’enfant à manger au moment où il est le plus fatigué et qu’il cesse son activité, et on ne le laisse pas faire le plein au moment du départ.

Aujourd’hui, la relation entre la malnutrition et le développement intellectuel est établie. L’enfant mal nourri est apathique, irritable, et perd la joie d’apprendre. De nombreuses études ont établi que les enfants qui souffrent de malnutrition manifestent clairement des retards importants dans leur développement psychomoteur et intellectuel. Ils peuvent avoir jusqu’à 10 et même 15 points de moins de quotient intellectuel que les enfants bien nourris.

Le facteur le plus répandu de malnutrition réelle chez l’enfant d’âge scolaire est l’absence systématique d’un petit déjeuner complet et substantiel. L’insuffisance chronique du petit déjeuner est responsable chez l’écolier d’un coup de pompe, un état d’hypoglycémie, qui entraîne un relâchement de l’attention dans les deux dernières heures de la matinée.

L’enfant en carence de glucose n’arrive plus à bien comprendre, il devient nerveux et irritable, et perd confiance en lui. La récréation de 10 heures lui permet souvent d’avoir accès à des excitants, boissons sucrées, chocolat, etc., qui vont élever artificiellement sa glycémie chancelante. Cependant, ils ne peuvent pas fournir à son cerveau le glucose dont il a désespérément besoin pour étudier, glucose que seule une bonne ration de pain complet le matin aurait pu lui fournir.

L’habitude de sauter le petit déjeuner est une forme grave de malnutrition qui affecte beaucoup l’enfant d’âge scolaire, perturbant son développement, et troublant son apprentissage. L’écolier ne peut pas soutenir l’effort mental qui est exigé de lui au cours d’une matinée de classe, s’il n’a pas fait auparavant le “plein en glucose”, et consommé un repas substantiel riche en céréales non raffinées et en pain complet, accompagné de fruits frais, et d’une source appropriée de protéines sous forme de noix, graines, lait de soja ou d’amande.

La carence en eau, après la carence en oxygène, est de toutes les carences alimentaires la plus grave et la plus lourde de conséquences. On a établi qu’une perte en eau de seulement 10% de l’eau contenue dans l’organisme cause de sérieux dérangements  inattention, idées embrouillées, perte de mémoire, idées noires, fatigue, faiblesse musculaire, etc. , alors qu’une perte de 20% d’eau peut entraîner la mort. Les besoins en eau d’un enfant sont au minimum de 1,5 litre par jour. Par contre dès que l’enfant se livre à des activités physiques, et transpire, ces pertes atteignent facilement 2 litres, et parfois 2,5 litres.


Lutte contre la malnutrition


L'Unicef s'efforce de prévenir les pires effets de la malnutrition en accordant aux pays des financements et des aides pour distribuer des micro nutriments essentiels pour renforcer le système immunitaire, comme le fer et la vitamine A, durant les campagnes de vaccination ou à travers des aliments enrichis.

L'Unicef, les gouvernements, les producteurs de sel et des organisations du secteur privé tentent aussi d'éliminer la carence en iode, qui est la principale cause des retards mentaux et des lésions cérébrales évitables, dans le cadre de la campagne d'information sur l'iodation universelle du sel (USI).

Dans les communautés, l'Unicef explique aussi comment offrir aux enfants une bonne nutrition aux personnes qui en ont la charge, en pratiquant l'allaitement maternel, par exemple.

Dans les situations d'urgence, l'Unicef évalue les besoins nutritionnels et sanitaires des populations affectées, encourage l'allaitement maternel en créant des espaces protégés pour les femmes enceintes et qui allaitent, fournit des micro nutriments essentiels, soutient des centres d'alimentation thérapeutique pour les enfants atteints de malnutrition grave et fournit des vivres pour les orphelins.

Le lait riche en énergie spécialement fabriqué pour les enfants sévèrement malnutris, l'est généralement en mélangeant du lait de vache (lait en poudre), de l'huile et du sucre. Or en région tropicale les chèvres produisent un lait de qualité et souvent moins cher. Des études ont montré qu'il était aussi efficace que le lait de vache pour lutter contre la malnutrition.


La spiruline  une solution aux problèmes de malnutrition


La spiruline est une micro-algue extrêmement riche en protéines, renferme entre 55 % et 70 % de protéines d’excellente qualité, grâce à leur proportion d’acides aminés. Cette micro-algue contient les 8 acides aminés qui doivent impérativement être fournis à notre organisme. Normalement, on ne les trouve tous ensemble que dans les produits d’origine animale, pas dans les végétaux. Les micro-algues sont des exceptions à la règle.

La spiruline constitue également une source intéressante de fer, de bêta-carotène et de vitamines du groupe B qui y sont présents en quantité très appréciable. Ainsi, 2 à 4g de spiruline suffisent à couvrir les besoins quotidiens chez l’enfant en fer, zinc et vitamine A.

Elle contient également une quantité importante d’acides gras insaturés de la famille des oméga-6 (acides gamma-linoléniques).

Du fait de sa teneur élevée en protéines, cette micro-algue a démontré son efficacité contre la malnutrition des enfants, notamment grâce à sa teneur exceptionnelle en protéines contenant les principaux acides aminés indispensables à l’organisme.

Elle est consommable fraîche, crue ou cuite, ou réduite en poudre après séchage. Elle se mélange aisément à tous les aliments, auxquels elle ne se substitue cependant pas, et vient en compléter la ration protéinique et vitaminique.

Elle est considérée comme l'aliment le plus riche en protéines actuellement connu et représente une arme efficace contre la malnutrition. La spiruline peut être consommée chez les enfants, et elle pourrait venir équilibrer le régime alimentaire des plus jeunes qui souffrent de malnutrition.


Plusieurs études sur les propriétés de la spiruline pour lutter contre la malnutrition et la malnutrition infantile ont été réalisées. Des études scientifiques ont montré que consommer un gramme de spiruline par jour correspond à manger un kilo de fruits et légumes de toutes les variétés, la contribution nutritionnelle de cette nourriture est telle que différentes organisations mondiales travaillent à favoriser la production de cette algue antique pour combattre la malnutrition au niveau mondial.

Sur le terrain, en Afrique, en Asie, et en Amérique du Sud, de nombreuses expériences ont démontré l’efficacité impressionnante de la consommation quotidienne de 10g. de spiruline pendant trois mois, dans des cas de malnutrition aiguë. Les gouvernements se penchent de plus en plus sur cette algue pour combattre la malnutrition dans le monde.

L’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation des Nations Unies l’ont déclarée la meilleure nourriture pour lutter contre la malnutrition dans les pays en développement, où il est difficile de se nourrir avec des protéines.