lundi 27 novembre 2017

Effets de la Méditation sur la Structure du Cerveau




Stabilité de l’attention, résistance au stress, ouverture aux autres : les bienfaits de la méditation sont aujourd’hui largement connus. Cette pratique issue du bouddhisme est utilisée à l’hôpital pour le traitement des douleurs chroniques ou de la dépression, à l’école pour améliorer la concentration des élèves et par tout un chacun pour se sentir mieux dans sa vie.

Les premières études scientifiques abouties sur la méditation et le cerveau datent seulement des années 2000, avec l’apparition des technologies d’imagerie cérébrale.

La méditation consiste à faire le vide total en soi et à se concentrer sur ce qui passe à l'intérieur de notre corps (respiration, fonctions vitales, etc.). Elle nous aide à faire abstraction du stress, à chasser de notre esprit les émotions, idées, tracas, etc., et à nous concentrer sur l'intérieur.

La méditation peut être comparée à une sorte de gymnastique du cerveau. Comme pour les muscles de notre corps, ce n'est qu'à force de pratique régulière que l'on parvient à atteindre un état de relâchement, de sérénité et de relaxation totale.

Il existe plusieurs manières de méditer, qui sont décrites et expliquées dans de nombreux livres de spiritualité et de cheminement intérieur. Ses deux formes principales sont :

* La méditation focalisée où l’on fixe un objet précis sur lequel on concentre toute son attention afin de se détacher des parasites du monde extérieur.

* La méditation de pleine conscience où l’on s’attarde au contraire sur toutes les émotions internes et les multiples sensations externes en acceptant consciemment leur présence et sans se laisser affecter par leur nature.


Fonctionnement du cerveau pendant la méditation


À gauche: cerveau stressé
À droite: cerveau en méditation
Le cerveau au repos, même s’il n’est engagé dans aucune action cognitive, présente une activité se mesurant à environ 5 Hz (ondes thêta), ce qui est son régime de base. Les zones cérébrales en activité vont du cortex préfrontal médian aux cortex pariétal inférieur et temporal supérieur et incluant le cortex cingulaire postérieur.

En matière de méditation focalisée, ce sont les mêmes régions cérébrales qui vont être activées. Le cortex cingulaire est connu pour être impliqué dans des fonctions supérieures comme le contrôle de soi, la concentration sur la résolution d’un problème, la reconnaissance de nos erreurs.

On sait que chez l'homme, après un mois de méditation, une zone du cerveau appelée cortex cingulaire antérieur (ACC) est anormalement activée. Les neurones y sont excités de façon beaucoup plus synchronisée que chez des personnes qui n'ont pas pratiqué de méditation, y compris lorsqu'elles sont au repos.

Le thalamus transmet les sensations en adressant à la zone correspondante du cortex des impulsions électriques  les ondes alpha  dont la fréquence varie en fonction de l'intensité de la perception. Quand l'esprit se concentre sur une partie du corps, les ondes baissent sur la zone cible et la sensation augmente alors que, partout ailleurs, les ondes alpha augmentent et les sensations baissent.

Modifications dans le cerveau


La méditation provoque des changements fonctionnels dans le cerveau, elle induit une réorganisation de l’activité neuronale. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité, c’est-à-dire la faculté du cerveau à être modifié  y compris dans sa structure  par l’expérience vécue.

La pratique régulière de la méditation a ainsi un effet physiologique sur le cerveau : cela se traduit par l’activation de certaines zones qui commandent notre attention, nos émotions, notre présence au monde et aux autres.

Selon plusieurs études, le cerveau aurait une certaine plasticité, c’est-à-dire qu’on pourrait l’entraîner comme un muscle. En mettant l’accent sur sa capacité de concentration, sur l’observation de notre propre intérieur, c’est-à-dire nos pensées et émotions, la méditation fait partie de ces entraînements mentaux. Le fait de la pratiquer permettrait d’augmenter la concentration de matière grise dans plusieurs régions du cerveau, comme l’hippocampe gauche ou le cervelet.

En outre, les personnes qui ont une longue expérience en méditation présentent un cortex cérébral plus épais que des personnes comparables qui ne pratiquent pas la méditation. Cette différence est encore plus marquée chez les personnes âgées, dont le cortex s’affine progressivement avec l’âge.

La méditation semble même susceptible d'augmenter la connectivité des circuits cérébraux et de produire des effets bénéfiques non seulement sur l'esprit et le cerveau, mais aussi sur l'ensemble du corps.


Recherche


La méditation augmente le nombre de plis dans le cortex cérébral

Dans une étude menée par des chercheurs à l’Université de Californie, publiée dans Frontiers in Human Neuroscience en mars 2012, la méditation augmente le nombre de plis se trouvant dans le cortex cérébral.

Le néocortex ou le cortex cérébral, bien qu'ayant une épaisseur de seulement 3 à 5 mm, si l'on excepte le cervelet, contient plus de cellules nerveuses que toute autre structure du cerveau.

La méditation augmente le nombre de gyrification du cortex. Cette transformation augmente les circonvolutions du cerveau, ces canaux et sillons repliés aux allures de boyaux torsadés. Plus la structure s'épaissit ou se multiplie, plus le traitement de l'information est accéléré. Les chercheurs ont noté que ce processus s'améliore avec les années de pratique.

Ces mêmes chercheurs avaient déjà prouvé l'épaississement de la paroi du cerveau des gens qui méditent. Cette modification structurale avait accéléré la connexion entre les neurones.

En comparant les données obtenues par imagerie par résonance magnétique, les différences observées entre le groupe de méditant et d'autres, les chercheurs ont trouvé en particulier ces améliorations dans une partie du cerveau, l'insula droite et dorsale gauche, liée au système nerveux autonome, affectif et cognitif.

Les neurosciences ont établi la corrélation entre l'épaisseur de la structure du cerveau et l'amélioration des fonctions cognitives. Au contraire, une surface irrégulière ou trop mince serait liée à différentes maladies neuropsychiatriques, notamment la schizophrénie et l'Alzheimer.


La méditation atténue l’expérience de la douleur

Une étude conduite par l’Université de Manchester, publiée dans la revue médical Pain en 2010, a découvert que la pratique régulière de la méditation diminue le ressenti de la douleur, la rendant moins intense et désagréable.

Les chercheurs expliquent que cet effet est du au fait que le cerveau des méditants anticipe moins la douleur et ne concentre pas autant d’attention à la sensation physique qu’elle provoque.

Des expériences ont ainsi été menées sur des méditants expérimentés pour savoir si leur perception de la douleur était modifiée par leur pratique. Pour cela, les chercheurs ont utilisé un dispositif qui provoque par intermittence une brève douleur tandis qu’un scanner enregistre l’activation des aires cérébrales. Les méditants ressentent la douleur avec la même intensité que les novices. Ce qui diffère chez eux, c’est l’absence d’anticipation du stimulus douloureux, source d’anxiété et de stress chez les autres. Comme si la méditation permettait d’objectiver la sensation douloureuse et d’éviter ainsi de l’interpréter ou de la rejeter.

L’étude suggère que ces bénéfices ne sont ressentis que par les méditants expérimentés qui pratiquent la méditation depuis longtemps. Chez ces méditants, les zones du cerveau associées à l’anticipation de la douleur ont montré moins d’activité que celles des méditants moins expérimentés et des participants qui n’ont jamais médité. Les constatations de l’étude indiquent un certain potentiel pour le développement futur de méthodes de gestion de la douleur alternatives impliquant la méditation.

La méditation ne modifie par la douleur, mais notre rapport à la douleur.


Méditer augmente la matière grise du cerveau

Selon une équipe de l'université de Californie de Los Angeles, dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Psychology en 2009, méditer protégerait notre cerveau du déclin.

Pour démontrer cela, 100 personnes de 24 à 77 ans ont été recrutées. 50 % pratiquaient la méditation depuis quatre à quarante-six ans. L'autre moitié constituait le groupe témoin. Tous ont passé une IRM qui a révélé l'anatomie de leur cerveau.

Sur les clichés, les chercheurs ont observé que, si avec l'âge la matière grise  corps cellulaires des neurones et connexions  se réduit d'une façon générale dans les deux groupes, la pente de régression n'est pas la même. Celle du groupe témoin était considérablement plus raide que celle du groupe des méditants. Avec, localement, un effet encore plus marqué dans certaines zones comme l'hippocampe impliqué dans la mémorisation. Autrement dit, la pratique mentale amoindrirait la perte inéluctable du volume cérébral.

Selon les auteurs, comme toute autre activité mentale intense, la méditation stimulerait ainsi la genèse des branches des neurones  dendrites  et des connexions  synapses . Ces micro-changements anatomiques aboutissant à un gain global de matière grise qui compenserait la perte due à l'âge. La méditation agirait également en réduisant le niveau de stress, délétère pour les neurones.


La méditation modifie le cerveau

Neuroscientifique à l’hôpital du Massachusetts et à la Harvard Medical School, le Dr Sara Lazar a démontré avec son équipe dans une étude en 2011 que la méditation augmente le volume de matière grise.

Après 8 semaines d’apprentissage et de pratique de la méditation par des débutants, le renforcement cérébral a été observé dans les régions du cortex cingulaire postérieur  contrôle de soi , de l’hippocampe gauche  apprentissage, mémoire, régulation émotionnelle , de la jonction temporo-pariétale  empathie et compassion  et même de l’amygdale, responsable en partie du sentiment de peur et d’anxiété.

En 2005, le Dr Lazar détectait déjà chez des méditants réguliers un épaississement du tissu cérébral du cortex préfrontal gauche impliqué dans les processus cognitifs, émotionnels et le sentiment de bien-être. En 2010, cette même chercheuse montrait aussi un grossissement de l'hippocampe et un rétrécissement de l'amygdale  sensible à la peur . Le cerveau méditant paraît aussi mieux connecté.

Changements mis en avant dans les études :

* Ralentissement du vieillissement du cortex cérébral, épaisse couche de neurones qui entourent le cerveau.

* Léger épaississement du cortex préfrontal gauche, impliqué dans les états d’humeur, dans les processus cognitifs et émotionnels, ce qui augmente le sentiment de bien-être et augmente l’optimisme.

* Léger grossissement du tissu de neurones au niveau de l’hippocampe, ce qui permettrait une meilleure mémorisation.

* Rétrécissement de l’amygdale, moins d’agressivité et moins de peur.

* Un meilleur renforcement du système immunitaire, lié à une meilleure gestion du stress, car celui-ci de façon chronique peut abaisser l’efficacité du système immunitaire.


Méditation de pleine conscience : comment agit-elle sur le cerveau ?

Selon une étude réalisée par des chercheurs de Carnegie Mellon University, publiée dans Biological Psychiatry en février 2016, des bénéfices tirés de la méditation de pleine conscience permettraient l’augmentation du taux de connectivité dans le cortex préfrontal et la diminution du taux d'interleukine-6, un marqueur de l'inflammation.

La méditation de pleine conscience, mindfulness en anglais, consiste à se concentrer sur ses sensations ou perceptions, en les laissant passer, sans porter de jugement. Elle semble présenter des bénéfices pour la santé, comme la réduction de la douleur.

Les chercheurs ont mené un essai randomisé contrôlé sur 35 adultes en recherche d'emploi, avec un niveau de stress élevé. Ils ont été répartis en deux groupes : certains ont suivi un entraînement intensif à la méditation de pleine conscience pendant trois jours, et d'autres ont fait de la relaxation classique.

Tous ont eu un scanner cérébral au repos avant et après leur programme. Les participants ont aussi fourni des échantillons sanguins avant le programme et pendant quatre mois, afin que soit mesurée l'interleukine-6, un biomarqueur de l'inflammation.

Les scanners du cerveau ont montré que l'entraînement à la méditation de pleine conscience augmentait la connectivité d'un réseau cérébral au repos dans des aires importantes pour l'attention et le contrôle exécutif  le contrôle du comportement , dans le cortex préfrontal dorsolatéral. La relaxation n'avait pas ces effets pour les autres participants.

De plus, les participants qui ont suivi le programme de méditation de pleine conscience ont aussi eu une réduction du taux d'interleukine-6. D'après les auteurs, les modifications au niveau du cerveau expliqueraient 30% de l'effet de la méditation de pleine conscience sur l'interleukine-6. La méditation de pleine conscience permettrait de nouvelles connexions dans le cerveau et cette réorganisation neuronale favoriserait une meilleure gestion du stress et de ses conséquences, comme l'inflammation.

Ces changements dans le cerveau fournissent un marqueur neurobiologique d'un meilleur contrôle exécutif et de la résistance au stress. L'entraînement à la méditation de pleine conscience améliore la capacité du cerveau à gérer le stress, et ces changements améliorent un large éventail de résultats de santé liés au stress.

Les bénéfices de la méditation mindfulness pour la santé sont dus au fait qu'elle modifie les réseaux cérébraux ; ces changements dans la connectivité cérébrale expliquent les améliorations au niveau de l'inflammation. Ce nouveau travail éclaire comment cet entraînement de pleine conscience agit sur le cerveau pour produire ces avantages inflammatoires pour la santé.


La méditation et les exercices mentaux modifient la plasticité cérébrale et réduisent le stress

Des chercheurs du Département de Neurosciences Sociales, de Sciences cognitives et Cérébrales Humaines de l’Institut Max Planck à Leipzig (Allemagne), ont mené un projet à grande échelle : ReSource Project, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science Advances en octobre 2017. Il vise à distinguer les effets uniques des différentes méthodes de formation mentale sur le cerveau, le corps et le comportement social.

Pour étudier si la formation mentale ciblée de différentes compétences cognitives et sociales peut induire des changements spécifiques dans la morphologie cérébrale, les chercheurs ont recueilli des données longitudinales d’imagerie par résonance magnétique (IRM) au cours d’une intervention de formation mentale de 9 mois à partir d’un grand échantillon d’adultes âgés entre 20 et 55 ans.

Au moyen de divers exercices mentaux quotidiens et de séances groupées hebdomadaires, les protocoles de formation traitent spécifiquement de trois domaines fonctionnels:

1. L’attention portée à l’attention et l’interception.
2. Les compétences socio-affectives (compassion, traitement des émotions difficiles et motivation pro-social).
3. Les compétences socio-cognitives (perspective cognitive, prise sur soi et les autres et métacognition).

Les analyses d’épaisseur corticale basées sur l’IRM, contrastant les différents modules de formation les unes avec les autres, ont indiqué des changements divergents spatialement dans la morphologie corticale. Les changements de cerveau structurel spécifiques au module ont été en corrélation avec les améliorations comportementales induites par la formation chez les mêmes individus dans les domaines spécifiques de l’attention, de la compassion et de la prise de conscience cognitive, respectivement, et se chevauchant avec des réseaux fonctionnels. Les résultats longitudinaux indiquent une plasticité structurale dans des réseaux cérébraux socio-affectifs et socio-cognitifs bien connus chez des adultes en bonne santé basés sur des pratiques mentales quotidiennes ciblées.

Tous les exercices ont été pratiqués six jours par semaine pour un total de 30 minutes par jour. Les chercheurs ont évalué une variété de mesures telles que les tests de comportement psychologique, les mesures du cerveau au moyen de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et des marqueurs de stress tels que la libération de cortisol avant et après chacun des trois modules de formation pendant les trois mois.

Simultanément, l’attention a augmenté ainsi que les aspects exécutifs de l’attention, alors que la performance dans les mesures de compassion ou de prise de vues n’avait pas augmenté de manière significative. Les capacités sociales n’ont été touchées que par les deux autres modules intersubjectifs.

Dans les deux autres modules, axés soit sur les compétences socio-affectives ou socio-cognitives, les chercheurs ont pu montrer des améliorations comportementales sélectives en matière de compassion et de prise de perspective. Ces changements de comportement correspondaient au degré de plasticité cérébrale structurelle spécifique de régions situées dans le cortex qui soutiennent ces capacités.

Ces résultats fournissent des preuves impressionnantes de la plasticité cérébrale chez les adultes grâce à une pratique mentale quotidienne brève et concentrée, entraînant une augmentation de l’empathie, de la compassion et de la prise de perspective, qui sont des compétences cruciales pour les interactions sociales réussies, la résolution des conflits et la coopération. Ces résultats sont très pertinents pour les systèmes éducatifs et pour une application clinique.

Les chercheurs ont découvert que, dans les participants soumis à un test de stress psychosocial, la sécrétion de l’hormone du stress (cortisol) a diminué jusqu’à 51%. Cependant, cette réduction de la sensibilité au stress dépendait des types de formation mentale préalablement formés.

Seuls les deux modules (2 et 3) axés sur les compétences sociales ont considérablement réduit la libération de cortisol après un facteur de stress social. Malgré ces différences au niveau de la physiologie du stress, chacun des modules de formation a réduit la perception subjective du stress.

Les résultats actuels mettent en évidence non seulement que les compétences sociales cruciales nécessaires à une interaction et une coopération sociales réussies peuvent encore être améliorées chez les adultes en bonne santé. Une telle formation mentale entraîne des changements structurels du cerveau et la réduction du stress social, mais aussi les différentes méthodes de formation mentale ont les effets différentiels sur le cerveau, sur la santé et le comportement.

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Les effets de la méditation

Dans la méditation, l'être humain apprend à ressentir de nouveau son corps, son âme et son esprit comme une unité. La colonne vertébrale, si souvent en mauvais état, se redresse, le système nerveux se renforce, le fonctionnement du cerveau est régularisé et harmonisé par l'éveil des couches profondes qui sont comme endormies chez l'homme habitué à n'utiliser que ses facultés rationnelles, au détriment de son intuition et de sa créativité.

L'amélioration de la circulation sanguine cérébrale conduit à un repos du cortex avec l'arrêt du flux des pensées, tandis que le sang afflue vers les couches profondes, qui s'éveillent en donnant une impression de calme, de sérénité.

Que se passe t-il dans le cerveau ?

La pratique régulière de la méditation améliore le fonctionnement général du cerveau en augmentant la capacité du cerveau à traiter les informations à un rythme plus soutenu.

Elle provoque des importants changements dans l’hémisphère droit, qui est associé au maintien de la concentration et de l’attention. Elle améliore les performances mentales telles que la capacité d’apprentissage, une mémoire et une compassion renforcée et une augmentation de la substance grise dans l’hippocampe, région du cerveau associée avec l’apprentissage et la mémoire.

Dans l’amygdale, elle diminue la substance grise, provoquant une réduction significative du stress et de l’anxiété chez les individus.

Des effets de la méditation sur le réseau neural, associé aux comportements de compassion sociale tels que l’altruisme, l’empathie et la gentillesse.

Que se passe t-il dans le corps ?

La méditation épaissit les zones clés du cerveau associées aux perceptions auditives, sensorielles, visuelles et internes. C'est ainsi que l'on devient réceptif à travers chacune des cellules du corps, comme si l'on commençait à penser avec tout son corps et que toute division intérieure était dépassée. De plus, dans la paix de la méditation, ce qui vit dans les couches profondes de l'inconscient peut être mené à la conscience pour y être purifié mais agit aussi sur le système hormonal, vasculaire et même musculaire.

Que se passe t-il dans la psyché ?

La méditation améliore la régulation des émotions, des comportements et des pensées.

Il y a des changements structurels dans la zone du cerveau  le cortex cingulaire antérieur (CCA)  associée à la régulation du comportement et des émotions. Non seulement la structure cérébrale est modifiée, mais sa connectivité avec les autres zones du cerveau est également renforcée de manière significative.

De manière générale, la méditation stimule l’activité du cortex préfrontal gauche, la partie du cerveau qui est responsable des sentiments positifs tels que l’empathie, l’estime de soi ou le bonheur, tout en diminuant les sentiments négatifs comme le stress, la colère ou l’anxiété. De plus, elle réduit les sensations de douleur grâce à son action sur le cortex cingulaire antérieur, l’insula et le thalamus.

L’augmentation des connexions cérébrales reliées à la substance blanche est liée aux changements positifs dans l’humeur des individus.

La méditation, au vu de tous les bienfaits qu’elle présente sur la gestion du stress, des émotions négatives, est évidemment indiquée dans les troubles psychologiques tels que le stress ou l’anxiété généralisée.



Les recherches sur la méditation apportent de nouvelles connaissances sur les méthodes d'entraînement mental, susceptibles d'améliorer la santé et le bien-être. La pratique de la méditation en parallèle de notre vie professionnelle améliorerait non seulement notre bien-être, mais aussi nos facultés d’apprentissage et de mémoire, nous rendant ainsi plus performants et mieux disposés à travailler sereinement.

jeudi 16 novembre 2017

Le Cerveau Bilingue



Être bilingue présente un atout de taille pour le cerveau, 
chez les enfants comme chez les adultes et les personnes âgées


Le bilinguisme. Est bilingue la personne qui se sert régulièrement de deux langues dans la vie de tous les jours et non qui possède une maitrise semblable (et parfaite) des deux langues. Elle devient bilingue parce qu'elle a besoin de communiquer avec le monde environnant par l'intermédiaire de deux langues.

Il existe deux types de bilinguisme

Le bilinguisme simultané : lorsqu’une personne apprend deux langues dès la naissance,

Le bilinguisme d’acquisition : quand une personne acquiert une seconde langue au cours de sa vie et a donc une langue dominante (sa langue maternelle).

En fonction de leurs expériences propres, de l’âge d’apprentissage d’une autre langue et de leur environnement, les personnes bilingues présentent des différences au niveau de la structure neurologique de leurs cerveaux.

Chez les personnes ayant acquis deux langues dès leur plus jeune âge, on constate que le volume de matière grise du cortex pariétal inférieur gauche est accru. C’est cette partie du cerveau qui permettrait à ces personnes d’équilibrer leurs connaissances dans une langue comme dans l’autre, et de passer de la première à la seconde sans difficulté.

Le bilinguisme influence concrètement le fonctionnement du cerveau et cela pourrait avoir un impact positif sur le vieillissement cognitif.

Le cerveau d’une personne bilingue est toujours actif dans les deux langues même s’il ne doit en parler qu’une. Cette double activité l’oblige alors à résoudre des conflits internes (“quelle langue vais-je choisir pour répondre à telle personne ?”). Un exercice mental constant qui permet le renforcement de certains aspects cognitifs du cerveau.

Le multilinguisme


Le multilinguisme est un phénomène complexe qui résulte de la cohabitation des langues. Il revêt plusieurs formes. Il peut être individuel, social ou étatique. Dans sa forme la plus simple, le multilinguisme correspond au bilinguisme (ou au trilinguisme) de l'individu. Le multilinguisme social, quant à lui, est étendu à toute une communauté. Pour ce qui est du bilinguisme étatique ou bilinguisme institutionnel, il correspond au bilinguisme officiel assumé par l'État.

Les bénéfices du multilinguisme 


S'il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s'accorde, c'est l'avantage non négligeable que représente le fait de pouvoir parler plusieurs langues. Les bénéfices sont en effet nombreux.

* Parler plusieurs langues serait bon pour la santé. La flexibilité neurocognitive est accrue.

* Les multilingues sont nettement moins enclins à développer des maladies comme Alzheimer par exemple.

* La substance grise, qui nous permet de nous souvenir de nos histoires et de notre passé, est affectée et ferait ainsi croitre la puissance de notre mémoire.

* Nos capacités de concentration seraient elles aussi améliorées.


Cerveau unilingue et cerveau bilingue


Le cerveau unilingue mobilise un ensemble de régions liées au traitement visuel, moteur et de contrôle de l’interférence. Autrement dit, il recrute plusieurs zones pour réussir la tâche.

Les monolingues activent un circuit de neurones plus large avec des connexions multiples dans plusieurs aires du cerveau, comme les fonctions moteur et visuelle.

Le cerveau bilingue privilégie la zone de traitement visuel, experte dans la détection des caractéristiques visuelles des objets.

Différences dans le gyrus frontal inférieur
 dans un cerveau monolingue (en rouge)
 et dans un cerveau bilingue (bleu)
Les bilingues ont besoin d'un circuit plus petit, qui s'avère mieux approprié à la tâche demandée. Leur cerveau arrive à sélectionner l'information pertinente en ignorant les autres qui ne lui sont pas utiles. Chez ces personnes, la connectivité est également meilleure dans les aires de la vision à l'arrière du cerveau, spécialisées dans la détection des caractéristiques visuelles d'un objet.

Ils n'ont pas besoin d'utiliser les régions plus en avant, qui sont plus vulnérables au risque de démence. Cela pourrait expliquer leur meilleure résistance contre les signes de vieillissement cérébral.

Les systèmes langagiers du cerveau monolingue et du cerveau bilingue sont à peu près les mêmes, quelle que soit la langue. Mais lorsque le cerveau apprend une deuxième langue, il a besoin de plus d’espace. Il va alors chercher des structures dans l’hémisphère droit. Quand cette deuxième langue est bien apprise, elle n’a plus besoin de cet espace supplémentaire.

Activité cérébrale
bilinguisme vs monolinguisme
De plus, dans le cerveau bilingue, un système de contrôle frontal permet d’inhiber les langues non utilisées au moment où l’on parle. L’existence de ce système de contrôle a été révélée par l’imagerie fonctionnelle. Il n’est pas propre au langage, mais à nos actions en général. On y recourt pour inhiber des automatismes.

Par ailleurs, l’organisation cérébrale diffère selon l’âge et la manière dont on apprend la deuxième langue, en immersion ou à l’école, par exemple. Plus on maîtrise cette deuxième langue, plus on l’automatise, et plus on retrouve les mêmes structures que celles sollicitées pour la première langue.


Bénéfices du bilinguisme

Le bilinguisme présente de nombreux avantages en ce qui concernent les fonctions exécutives, telles que les capacités d’alternance entre tâches, flexibilité mentale, capacités d’inhibition. Les personnes bilingues ont en général un meilleur contrôle exécutif que les personnes unilingues et sont plus rapides à appliquer les nouvelles règles.

La “fonction exécutive”  expression générique pour désigner divers processus cognitifs complexes  est régulée par des réseaux dynamiques et flexibles, englobant diverses régions du cerveau, qui appuient les processus d'apprentissage et de mémoire, entre autres.

Les fonctions exécutives influencent le contrôle général du cerveau sur des capacités plus fondamentales, comme l'attention, la mémoire et les habiletés motrices. Elles permettent au cerveau de réaffecter les ressources pour optimiser la performance.

Les bienfaits du multilinguisme sur la santé sont moins faciles à percevoir. Or, parce qu’ils font travailler leur cerveau plus activement que les monolingues, les bilingues seraient touchés plus tardivement par les maladies cérébrales telles qu’Alzheimer ou la démence. Cela peut avoir des effets bénéfiques sur le cerveau en l’améliorant et le protégeant contre la démence chez les personnes âgées.

La vie de tous les jours devient plus facile dans un monde de plus en plus multiculturel. Des opportunités professionnelles inattendues peuvent survenir.

Être bilingue augmente les réserves cognitives, ce qui va dans le sens d’une plus grande flexibilité intellectuelle ou plasticité cérébrale.

Le cerveau présente une malléabilité considérable résultant de l’expérience de l’apprentissage d’une langue, entraînant des changements autant fonctionnels que neuro-anatomiques tout au long de la vie.

Le facteur de l’âge


Il a été constaté que les bilingues de naissance avaient avait un volume de matière grise du cortex pariétal inférieur gauche plus accru. En d’autres termes, c’est cette partie du cerveau qui permettrait à ces personnes d’équilibrer leurs connaissances dans une langue comme dans l’autre, et de passer d’une langue à l’autre sans difficulté.

Jusqu'à trois ans, le cerveau des bébés en pleine construction est beaucoup plus malléable que celui des adultes. À la naissance, un nourrisson serait même capable de distinguer plus de 800 sons différents, chose quasi-impossible pour un cerveau adulte. La plasticité cérébrale des enfants leur rendrait donc l'apprentissage des langues relativement aisé.

Pourtant apprendre une seconde langue à l'âge adulte n'a rien d'insurmontable. L'apprentissage et le développement cognitif surviennent à tous les moments au cours de l'enfance mais aussi durant toute la vie.

Ce qui compte, c'est quelle langue arrive la première au cerveau, parce que bien que la deuxième langue soit apprise très tôt et qu'elle ait un niveau élevé, sa représentation et son traitement dans le cerveau sont différents.

Pour la phonologie, l'âge auquel la langue est apprise est important parce que la carte phonologique est faite très tôt, mais elle affecte également la façon dont la syntaxe est traitée.

Ceux qui apprennent la langue très tôt pendant l’enfance deviennent parfaitement bilingues et aptes à raisonner dans les deux langues.

Ceux qui apprennent la langue plus tard pendant l’enfance peuvent devenir réellement bilingues, mais risquent de raisonner différemment dans leur deuxième langue.

Ceux qui apprennent la langue à l’âge adulte pourront devenir bilingues, mais pour cela rencontreront probablement plus de difficultés qu’un enfant. Toutefois, la plupart des adultes ont besoin de recourir à leur langue maternelle pour traiter leur seconde langue, et ne seront pas toujours aptes à cerner les nuances culturelles et non verbales que les plus jeunes assimilent.


Relation entre le cerveau et l’apprentissage d’une deuxième langue

Un cerveau qui jongle avec plusieurs langues, jongle aussi avec différents réseaux. Le bilinguisme développe ainsi des réseaux cérébraux spécifiques au traitement de chaque langue mais aussi des réseaux qui permettent les interactions et la mise en concurrence en fonction du contexte, entre les différentes langues parlées.

Carte du cerveau bilingue
L’apprentissage d’une langue sollicite deux aires cérébrales particulières dans notre cerveau : l’aire de Wernicke, qui permet de comprendre les langues, et l’aire de Broca, qui permet de s’exprimer à l’oral.

L’obligation de jongler entre deux langues, la langue maternelle et la langue apprise, offre aux personnes bilingues un meilleur contrôle des fonctions exécutives de leur cerveau. En d’autres termes, les facultés d’attention, de mémoire, de raisonnement développées par l’apprentissage de la langue sont renforcées. Un avantage pour l’apprenant, qui peut ainsi traiter chaque information plus rapidement et s’adapter plus efficacement à l’évolution d’une situation dans sa vie quotidienne, par exemple.

Les aptitudes de contrôle cognitif, la flexibilité mentale, la capacité à exécuter des tâches demandant des changements, le suivi et le contrôle de conflit sont ainsi plus aisés pour une personne bilingue.

Les bilingues n'utilisent que les régions postérieures du cerveau, les aires que l'on appelle visuo-spatiales, des aires qui sont chargées du traitement des stimuli et des déplacements dans l'espace. Une vie entière à constamment passer d'une langue à l'autre fait appel au contrôle inhibiteur, dans des situations où il faut gérer des interférences et des codes différents.

Apprendre une langue renforce la capacité du cerveau à se concentrer. Dès la première syllabe, le cerveau d’une personne bilingue essaie d’identifier les mots  dans les deux langues  susceptibles de correspondre aux sons perçus. Le fait d’avoir à distinguer deux langues développe les fonctions exécutives du cerveau, en particulier celles qui sont liées à l’attention et à l’inhibition. À terme, cela rend les bilingues plus aptes à accomplir plusieurs tâches en même temps.

Dans le cerveau d’un bilingue deux systèmes linguistiques sont actifs même s’il n’utilise qu’une seule langue, créant ainsi des situations où un système obstrue l’autre. Cette ingérence n’est pas un handicap, il oblige le cerveau à résoudre les conflits internes, donner à l’esprit une séance d’entraînement qui renforce ses muscles cognitifs.

L’ensemble des preuves d’un certain nombre de ces études suggère que l’expérience bilingue améliore la fonction de direction du cerveau  un système de commandements qui dirige les processus d’attention que nous utilisons pour la planification, la résolution de problèmes et la coordination de diverses autres tâches exigeantes mentalement. Ces processus consistent à ignorer les distractions et rester concentré, à passer l’attention volontairement d’une chose à l’autre tout en retenant des informations à l’esprit  à l’image de la mémorisation d’une séquence de directions pendant la conduite.

Développement du langage chez l’enfant

Le bilinguisme concerne en premier lieu les enfants élevés avec deux langues maternelles et capables de passer tout naturellement de l’une à l’autre.

Il y a moins d’une génération, on regardait encore les enfants bilingues avec un sentiment d’inquiétude : on pensait alors que leurs ressources intellectuelles étaient limitées, et que la coexistence de deux langues chez l’enfant n’était possible qu’au détriment d’autres compétences.

Le bilinguisme a eu longtemps mauvaise réputation. Les doutes reposaient sur le fait qu’on ne savait pas si l’enfant réussirait à bien parler les deux langues de la même façon, et si le fait de les mélanger n’allait pas entraver le bon développement de son langage. L’enfant va effectivement mélanger et parler les deux langues jusqu’à l’âge de 4 ans. Ensuite, de façon naturelle, il utilisera chacune des langues apprises dans sa petite enfance à bon escient.

Les bébés apprendraient leur langue avant même d’avoir été mis au monde. Ils seraient sensibles à la langue maternelle alors qu’ils sont encore dans le ventre de leur mère. Cette faculté des bébés à distinguer et interpréter les sons apparaîtrait dès la 30e semaine de grossesse. Une période correspondant au moment où le système auditif du bébé commencerait à fonctionner.

À la naissance ils seraient par conséquent capables de distinguer les sons entendus dans le ventre maternel d’une langue étrangère.

Très tôt, les bébés seraient capables d’apprendre facilement les bases grammaticales de leurs deux langues maternelles.

Dès l’âge de 7 mois, ils parviennent à faire la différence entre ces deux langues aux structures grammaticales bien distinctes. Pour cela ils utilisent une technique : ils se fient à la hauteur et la durée des sons, variable suivant la langue.

Les bébés exposés à plusieurs langues développent plus de connections dans les parties du cerveau qui les aident à avoir des pensées plus flexibles et à résoudre les problèmes.

C'est en pratiquant deux langues à la fois que l'enfant améliore sa flexibilité mentale. Dans un environnement bilingue, l'enfant fonctionne avec les deux langues en état d'activation constante. Pour utiliser une langue, il inhibe l'autre. C'est une transition constante entre les deux langues. Cela demande une véritable gymnastique de contrôle.

Le bilinguisme est soit “simultané” quand l’enfant grandit avec des parents qui parlent deux langues différentes, soit “successif”, quand il apprend précocement une deuxième langue étrangère. Le bilinguisme est appelé “tardif”, quand une seconde langue est apprise après six ans. Plus un enfant est exposé jeune à une deuxième langue, plus vite il sera capable de l’apprendre. Mais plus vite aussi il l’oubliera s’il ne l’utilise pas en continu tout au long de son enfance.

Après 7 ans, le cerveau de l’enfant a atteint un seuil de maturation qui ne lui permet plus d’apprendre une langue de façon intuitive. Plus une langue est introduite tôt, plus facile sera son assimilation. Les deux langues ne se disputent pas le même espace dans le cerveau. La deuxième langue étrangère n’entache pas la première langue dite maternelle. Au contraire, elles se nourrissent mutuellement l’une de l’autre. L’avantage pour les enfants se situe au niveau du fonctionnement de la mémoire visuo-spatiale et verbale, plus performante que chez un enfant unilingue.

Intellectuellement, il a été démontré que le fait de connaître plus d'une langue augmente les capacités cognitives c'est-à-dire que les enfants bilingues deviennent plus intelligents. Devoir assimiler et différencier deux langues donne aux enfants une plus grande capacité de concentration et de flexibilité mentale. Ces compétences les aident à comprendre des concepts complexes et à résoudre des problèmes mathématiques et linguistiques.

Il a été prouvé que les enfants qui entrent à l'école et continuent d'améliorer leur langue maternelle tout en apprenant l'anglais, réussiront mieux sur le plan scolaire et apprendront mieux l'anglais. Des études ont montré que les élèves qui apprennent dans des programmes bilingues réussissent mieux aux tests standardisés que les enfants monolingues.

La langue, qu’elle soit comprise simplement comme des sons articulés ou comme le code qui nous permet de communiquer, forme notre tout premier lien avec le monde. Le bébé qui pousse un hurlement lors de sa venue au monde donne déjà de la voix, il veut s’exprimer, se faire entendre. Et au fur et à mesure, les paroles, la syntaxe, la grammaire, viennent construire cet édifice qu’est notre univers mental, structurer la façon dont on se représente ce qui nous entoure.

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Recherche


La langue maternelle laisse des traces dans le cerveau

Des chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut neurologique de Montréal, dans un article publié dans la revue scientifique Nature Communications en décembre 2015, expliquent que l’exposition précoce à une langue, même si elle est de courte durée, influence la façon dont le cerveau traite les sonorités d’une deuxième langue plus tard la vie. Et ce, même si le sujet ne parle plus cette première langue.

Les chercheurs ont demandé à trois groupes de jeunes (âgés de 10 à 17 ans) ayant des bagages linguistiques très différents d’exécuter une tâche consistant à identifier des pseudo-mots français (comme vapagne et chansette). Les sujets de l’un de ces groupes étaient nés et avaient grandi dans des familles unilingues francophones. Les sujets du deuxième groupe, nés en Chine, avaient été adoptés avant l’âge de trois ans par une famille francophone, avaient cessé de parler chinois et, par la suite, n’avaient entendu parler que le français et n’avaient parlé que cette langue. Les sujets du troisième groupe parlaient couramment le chinois et le français. Lorsque les enfants réagissaient aux mots qu’ils entendaient, les chercheurs avaient recours à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle afin de déterminer quelles parties de leur cerveau étaient activées.

Si tous les sujets se sont bien acquittés de leur tâche, les régions du cerveau qui étaient activées différaient entre les groupes. Chez les jeunes unilingues francophones qui n’avaient jamais été exposés au chinois, les zones cérébrales connues pour présider au traitement des sons associés au langage  soit la circonvolution frontale inférieure gauche et l’insula antérieure  ont été activées.

Chez les sujets bilingues (chinois et français) et ceux qui avaient été exposés au chinois en bas âge et avaient cessé de le parler par la suite, d’autres régions du cerveau  particulièrement la circonvolution frontale moyenne droite, le cortex frontal moyen gauche et la première circonvolution temporale bilatérale  ont également été activées.

Les chercheurs ont découvert que, chez les enfants chinois qui avaient été adoptés par des familles unilingues francophones et ne parlaient plus leur langue maternelle et qui, par conséquent, étaient fonctionnellement unilingues au moment de l’étude, le cerveau continuait de traiter le langage comme s’ils étaient bilingues.

Les chercheurs ont découvert que, chez les enfants adoptés par une famille unilingue francophone et qui ne parlaient plus le chinois, tout comme chez les enfants bilingues, les régions du cerveau qui participent à la mémoire à court terme et à l’attention générale étaient activées lorsqu’on demandait à ces sujets d’effectuer des tâches faisant intervenir le langage. Ces résultats suggèrent que les enfants exposés au chinois en bas âge ne traitent pas la langue française de la même façon que les enfants unilingues francophones.

Au cours de la première année de vie et de la première étape du développement du langage, le cerveau des bébés recueille et stocke des informations sur les sons qui se révèlent pertinents et importants pour la langue qu’ils entendent parler autour d’eux.

Cette découverte témoigne de l’influence unique et durable des premières expériences langagières sur l’organisation ultérieure du cerveau, ainsi que de la capacité du cerveau à s’adapter à divers environnements linguistiques afin d’acquérir de nouvelles compétences dans une autre langue.

Il s’agit d’une découverte importante, car elle permet aux scientifiques de comprendre non seulement les mécanismes qui président au câblage du cerveau pour l’apprentissage d'une langue, mais également la façon dont ce câblage évolue et s’adapte au fil du temps en réponse à de nouveaux environnements linguistiques. Cette étude permet en outre de mieux comprendre la plasticité du cerveau et pourrait mener à l’élaboration de méthodes pédagogiques adaptées à divers types d’apprenants.


Parler deux langues augmente le volume de la matière grise

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Georgetown (Washington) parue dans Cerebral Cortex en juillet 2015, les personnes bilingues ont un cerveau différent des autres. Leur volume de matière grise est plus élevé dans les zones cérébrales impliquant le contrôle exécutif.

Les chercheurs ont recruté 45 personnes en bonne santé. Certaines ne parlaient qu’une langue, d’autres deux. Un seul impératif pour qu’elles soient incluses dans le protocole : qu’elles aient appris leur deuxième langue avant 6 ans.

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) a mis en évidence des différences substantielles entre les participants qui ne parlent que l’anglais et ceux qui maîtrisent à la fois l’anglais et l’espagnol. Ces derniers ont davantage de matière grise dans les zones frontales et pariétales, impliquées dans le contrôle exécutif.

Selon les auteurs, cet avantage viendrait de l’habitude à gérer deux langues, à sélectionner la bonne et inhiber l’autre quand le besoin s’en fait ressentir. Ce qui expliquerait que, selon divers travaux, les bilingues sont plus efficaces dans les tâches qui sollicitent l’attention, l’inhibition et la mémoire à court terme.


L’apprentissage d’une langue augmente la matière blanche du cerveau

Selon la recherche réalisée par l’University of Kent School of Psychology, publiée dans la revue PNAS en janvier 2015, l'apprentissage d'une deuxième langue après l'âge de 10 ans, améliore la structure de la matière blanche du cerveau.

Les chercheurs ont mené des analyses du cerveau à 20 personnes de 30 ans qui avaient appris l'anglais comme une seconde langue après l'âge de 10 ans et 25 personnes qui ne connaissaient que l'anglais.

Les images indiquent que ceux qui ont appris la deuxième langue avaient une meilleure structure de la matière blanche. Cette amélioration se produit dans les zones responsables de l'apprentissage des langues et le traitement sémantique.

L'étude a également noté qu'apprendre à parler une autre langue à tout moment de notre vie aide à garder le cerveau actif et le protège contre la détérioration.

L’expérience bilingue prolongée maintiendrait l’intégrité de la matière blanche notamment dans le corps calleux et une connectivité fonctionnelle plus distribuée dans les régions frontales que chez les monolingues.

Le volume de matière blanche  des faisceaux qui connectent la matière grise et transmettent les informations entre les cellules nerveuses  est également plus important dans un cerveau bilingue. On peut donc en déduire que parler plusieurs langues peut modifier la façon dont les structures neurologiques traitent une information.


Être bilingue permet de ralentir le vieillissement du cerveau

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Université d'Edimbourg, publiée dans la revue spécialisée Annals of Neurology en juin 2014, parler deux langues est excellent pour la santé du cerveau. Le bilinguisme améliorerait les capacités cérébrales et permettrait de ralentir sa sénescence.

Pour cette analyse, les chercheurs ont utilisé les données médicales de la cohorte “Lothian 1936”, composée de 835 anglophones de naissance, qui sont nés et vivent dans la région d'Edimbourg. Les participants ont réalisé un test d'intelligence en 1947, à l'âge de 11 ans, à nouveau dans les années 70, et entre 2008 et 2010. 262 participants ont déclaré être en mesure de communiquer dans au moins une langue autre que l'anglais. Parmi eux, 195 ont appris cette seconde langue avant 18 ans et 65 par la suite.

Les résultats de cette recherche indiquent que les personnes qui parlaient deux langues ou plus avaient nettement de meilleures capacités cognitives par rapport à la moyenne attendue à leur âge. Les effets les plus forts ont été observés dans l'intelligence générale et la lecture. Ces effets ont été observés parmi tous les bilingues, et quel que soit l'âge d'apprentissage de la seconde langue.

Ils ont étudié l'interaction entre le bilinguisme et le vieillissement cognitif, en tenant compte des capacités cognitives antérieures à l'acquisition d'une deuxième langue.

Ces résultats sont d'une importance pratique considérable. Des millions de personnes dans le monde acquièrent leur seconde langue plus tard dans la vie. L’étude montre que le bilinguisme, même acquis à l'âge adulte, peut ralentir le vieillissement du cerveau.


Le bilinguisme stimule le cerveau

Deux équipes de recherche américaines étudient actuellement les avantages d'une deuxième langue au jour le jour. Les deux équipes se concentrent sur l'observation des parties du cerveau qui sont activées chez les personnes qui ne parlent qu'une langue par rapport à celles qui travaillent dans le cas de ceux qui communiquent couramment dans au moins deux langues.

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Université Northwestern,  publiée dans la revue scientifique Brain and Language en 2014, parler plusieurs langues permet de stimuler le cerveau et de l'entraîner à mieux gérer l'information. Le cerveau des bilingues est plus prompt à traiter l'information que celui des monolingues.

Les chercheurs ont demandé à plusieurs volontaires bilingues et monolingues d'identifier deux images dont les noms étaient très proches (clown et cloud). Pendant toute la durée de l'étude, les scientifiques ont observé leur cerveau par IRM (imagerie par résonance magnétique).

Les résultats ont révélé que les bilingues ont eu plus de facilité à identifier les images que les autres.

Les bilingues, qu'ils en soient conscients ou non, choisissent continuellement entre une langue et une autre, ce qui signifie que leur cerveau est constamment en train de s'exercer, à passer “du feu vert au feu rouge” d’une langue à l’autre. comme s'il complétait continuellement des mots croisés ou des sudokus.

Les enfants bilingues vont ainsi être capables de traiter l’information plus efficacement et plus facilement grâce à une co-activation des 2 langues (en même temps), qu’elles soient en cours d’utilisation ou pas, et au développement d’un contrôle inhibiteur qui va permettre de sélectionner la langue appropriée.

L'Institut des Sciences du Cerveau et de l'Apprentissage de l'Université de Washington à Seattle, travaille dans la même ligne et analyse le processus informel que les enfants développent pour apprendre plusieurs langues en même temps.

Depuis la mi-2014, ils sont en contact avec la Communauté de Madrid et le ministère de l'Éducation pour étendre leur recherche aux écoles dans le premier stade de l'enfance (de zéro à trois ans).

L'équipe de travail de Seattle comprend des chercheurs de troisième cycle qui analysent l'apprentissage et le comportement du cerveau de leurs propres enfants, qui sont bilingues en anglais combinés avec différentes langues. Le cerveau d'une personne qui parle deux langues est beaucoup plus flexible, fait face à des situations plus complexes, cherche donc de meilleures solutions et finit par être beaucoup plus agile.

Ils ont déjà présenté leurs recherches au Congrès des États-Unis. Leurs conclusions ont servi à rassurer la société contre la crainte généralisée qu'un élève qui grandit entre deux langues nuit à la langue maternelle et à l’apprentissage d'autres matières.


Les bilingues plus forts contre Alzheimer

Des neurophysiologues de l’hôpital San Raffaele de Milan, dans une étude publiée dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) en juillet 2016, ont prouvé qu'en cas d'Alzheimer, les bilingues conservaient mieux leurs capacités cognitives par rapport à ceux qui ne parlaient qu'une seule langue.

L’étude portait sur 85 Italiens âgés au stade précoce d'Alzheimer, dont 45 étaient bilingues (qui parlaient allemand hormis l'italien). En moyenne, les volontaires bilingues étaient plus âgés de six ans que les autres sujets et leur scolarité avait demandé moins de temps.

Cerveau avec Alzheimer (à gauche) très
réduit par rapport au cerveau sain (à droite)
Les tests sur les volontaires ont montré que les participants parlant deux langues accomplissaient mieux les exercices visant à tester la mémoire verbale à court et à long terme, ainsi que les exercices sur les capacités visuelles et spatiales.

L'étude de la structure du cerveau a révélé chez les bilingues une densité accrue de la matière blanche et grise dans les zones du cerveau responsables des fonctions générales exécutives et de la maîtrise de la langue. Ils affichaient également un métabolisme du cerveau plus élevé.

L'effet bénéfique lié au bilinguisme ne dépend visiblement pas de facteurs comme le nombre d'années passées par les participants pour faire leurs études, le sexe, le domaine d'activité, le lieu de vie et d'autres critères démographiques.

Par conséquent, la possession de deux langues peut influencer davantage la sauvegarde des capacités cognitives qu'un niveau d'études élevé ou un âge inférieur, ont conclu les chercheurs.

Selon eux, le bilinguisme semble contribuer à l'acquisition d'une certaine flexibilité du cerveau, ce qui affecte positivement le maintien des fonctions cognitives en cas de contraction de la maladie d'Alzheimer.

La maladie d’Alzheimer touche aussi bien les personnes monolingues que bilingues. Mais ses premiers effets sont retardés de six mois à deux ans chez les secondes, car le cerveau bilingue se défend pendant plus longtemps. Si la maladie a attaqué un million de neurones, on le remarquera moins chez un bilingue, car le reste de son cerveau a plus de connexions. Pour la personne, cela fait une différence.

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On peut devenir bilingue à tout âge

Connaître plus d'une langue
est bon pour l'activité cérébrale
Il n'y a en fait pas d'âge pour devenir très compétent dans l'apprentissage d'une langue seconde. Le cerveau n'est pas ce qui nous empêche de devenir parfait bilingue, mais bien souvent notre motivation, notre acceptation de la culture entourant la langue seconde et bien naturellement l'effort.

Pour les adultes qui ont envie d’apprendre une langue étrangère, tout est encore possible. Bien que le cerveau perde en dynamisme avec l’âge, les bienfaits procurés par l’apprentissage d’une langue restent notables.

La tâche sera certainement plus dure pour un adulte, dont les méthodes d’apprentissage sont moins efficaces que celles des plus jeunes.

L’apprentissage actif  parler et écrire  et l’apprentissage passif  écouter et lire  nécessitent l’usage de différentes parties du cerveau, si bien que les adultes peuvent apprendre plus rapidement dans un cas que dans l’autre.

Toutefois, si un adulte persiste dans ses efforts, il observera les bénéfices de sa capacité à vivre et travailler dans un environnement mondialisé, et ce en dépit d’un accent plus fort et de progrès plus lents que ceux d’un enfant.

Il n’est jamais trop tard pour acquérir les mêmes avantages : en apprenant une nouvelle langue, non seulement c’est pratiquer un sport cérébral qui aide le esprit à rester en forme, mais en plus, la diversité des connexions neuronales est stimulée. Cette deuxième “carte linguistique” enrichit le paysage mental et élargit l’horizon de pensée.


Les avantages d'être bilingue

Devenir multitâches


Quand on parle dans une langue différente de sa langue natale, le cerveau passe constamment d’une structure mentale à une autre. Initialement, ce fut considéré comme une interférence, à même de troubler le sujet pensant. Cependant, avec du recul, il a été démontré que le passage d’une langue à une autre soumet le cerveau à un entraînement cognitif et l'exerce à effectuer plusieurs tâches en même temps.

Ceci est du au lobe frontal du cerveau, qui travaille plus chez un bilingue et donc permet un plus grand contrôle cognitif des informations, ce qui facilite le passage d’une tâche à une autre.

Une meilleure capacité de concentration


Les bilingues peuvent se concentrer plus facilement que les monolingues. En effet le lobe frontal qui contient parmi autres les centres de la pensée/concentration serait plus actif chez l’individu bilingue. A chaque fois qu’il parle, les deux langues sont actives, le cerveau doit travailler pour supprimer l’une des deux langues lorsque l’individu s’exprime. Cette activité fait travailler le lobe frontal du cerveau beaucoup plus chez un bilingue ce qui fait que cette partie du cerveau est plus efficace.

Augmente l'habilité du cerveau
à faire face aux pathologies

Exercer sa mémoire


Maîtriser deux langues offre une plus grande flexibilité mentale : la capacité de réflexion est décuplée, l’individu a davantage de facilités à apprendre et intégrer des concepts complexes, ainsi que des cultures et modes de pensées différents. Des études montrent qu’être bilingue fait travailler de façon régulière le cerveau, et diffère de 4 ans en moyenne le début de la perte de la mémoire et des maladies liées à l’âge.

Gymnastique de l’esprit


Apprendre une autre langue permet d’élargir son champ intellectuel. En effet, quand un individu apprend une autre langue il doit se concentrer sur la structure des phrases, sur les phonèmes, il doit faire des interférences, deviner les mots à travers un contexte. Il est même prouvé que cette gymnastique de l’esprit permet de ralentir l’évolution de la maladie d’Alzheimer.

Meilleure compréhension du concept de “langue”


Les bilingues ont une meilleure compréhension du concept de langage. Ils savent qu’un concept peut avoir plusieurs mots pour le définir, qu’un mot peut avoir plusieurs connotations. Ils ont une meilleure idée de la nature arbitraire des mots, et comprennent la différence entre le sens et la forme.

S'améliorer dans sa langue maternelle


Pendant l’enfance, l’acquisition de la langue se produit indépendamment des principes académiques. Par la suite, l’apprentissage d’une seconde ou d’une troisième langue oblige l’apprenant à assimiler les structures linguistiques. Cela lui donne une vision plus claire et une conscience plus fine des structures propres à sa langue maternelle. En apprenant un autre langage, on devient un meilleur orateur et un meilleur écrivain dans sa propre langue.

Facilités linguistiques


Le bilinguisme permet également une plus grande facilité à parler d’autres langues. L’exposition d’un plus grand nombre de phonèmes lié aux deux langues acquises facilite les chances de reconnaître un son dans une des deux langues. Par ailleurs, il y a une constante gymnastique de l’esprit chez le bilingue, en passant d’une langue à l’autre il est donc habitué à s’exprimer différemment

Faire face aux défis


Devenir bilingue représente un défi, face à la complexité et à l’ampleur des connaissances à acquérir et à mobiliser. Mais une fois que les progrès sont significatifs et les résultats concluants, la manière dont on affronte le challenge d’apprendre un nouveau langage change considérablement. Ce n’est plus une tâche impossible mais un ensemble d’étapes qui permettent d’acquérir des capacités linguistiques et de s’améliorer. En prendre conscience change notre attitude face aux défis et aux problèmes dans notre vie quotidienne et nous prépare à envisager le futur comme un processus de transformation et d’enrichissement.

Un atout dans le monde du travail


Parler couramment plusieurs langues est un atout dans le monde du travail. Cela suscite l’intérêt des employeurs et permet de décrocher des postes convoités en grandes entreprises, et plus particulièrement à l’international.

Prendre de l’assurance et avoir confiance en soi


Être capable d’interagir avec des personnes étrangères à sa propre culture est très enrichissant sur le plan personnel. En échangeant avec des gens qui ont une autre manière de raisonner, on développe une souplesse naturelle et une grande capacité d’adaptation, même si leur langue est différente. Commencer l’apprentissage d’une autre langue implique de prendre conscience qu’une grande partie de la difficulté du processus est le fruit d’une mauvaise estime de soi-même et du manque de confiance nécessaire pour s’exprimer. Ce complexe dépassé, les tentatives de communiquer dans une autre langue sont beaucoup plus faciles. Les échanges sont plus fluides et développés, et le rapport à l’autre est plus dynamique et détendu.

Plus grand accès au monde


En apprenant une langue, on apprend aussi la culture. On apprend à parler dans un contexte linguistique et culturel différent. Les bilingues ont la capacité d’utiliser la langue avec tous les codes sociaux qui l’accompagnent. Le bilingue connait deux cultures, il a accès a deux mondes dans lesquels il s’adapte sans difficulté.

Le bilinguisme favorise la communication avec autrui et la tolérance des différences. Un individu bilingue aura davantage de flexibilité à apprécier les différences culturelles et à les comparer. Le goût pour les voyages à l’étranger en sera renforcé.





Stimuler son cerveau en permanence, en faisant appel à des connaissances acquises, en apprenant, en écoutant, en lisant, en parlant une autre langue, permet de solliciter ses neurones au quotidien et de mieux les préserver du vieillissement. À condition de coupler cette pratique avec une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité sportive et un rythme de vie raisonnable. Un esprit sain dans un corps sain.