dimanche 29 novembre 2015

Développement Cérébral du Fœtus





Le développement du système nerveux central débute précocement et se poursuit tout au long de la vie fœtale et pendant les premières années de la vie extra-utérine. La multiplication des neurones est précoce et s'achève vers la 20e semaine. Ensuite, les connections cellulaires entre neurones se multiplient pendant quelques années. Les cellules gliales se multiplient jusqu'à l'âge de 2 ans. La myélinisation des neurones commence à partir de la 30e semaine et se poursuit jusque l'âge de 4 ans. L'augmentation rapide du poids du cerveau qui est constatée dans la deuxième moitié de la grossesse et pendant les deux premières années de la vie extra-utérine correspond à ces phénomènes.


Dans l’utérus maternel


La construction du cerveau démarre dès la 5e semaine de grossesse : ébauche rudimentaire du système nerveux, le tube neural se forme et les grandes régions du futur cerveau sont déjà reconnaissables.

Chacune de ses quatre zones, appelées “lobes“, sera plus tard vouée à une fonction. Le lobe frontal à l’avant du crâne à la motricité, le lobe pariétal à la sensibilité, l’espace. Plus en arrière encore, le lobe occipital sera le futur siège de la vision. Et sous la tempe, le lobe temporal qui est chargé notamment de l’audition, de l’olfaction et de la mémoire. Au cours du 2e mois de grossesse, le cerveau se structure en deux hémisphères.

Le tube neural. Tout le système nerveux se développe à partir de cette structure : le cerveau, à l’une des extrémités du tube, de même que la moelle épinière et les nerfs. Les extrémités du tube se refermeront à la fin de la 6è semaine.

A peine formés, les neurones se déplacent pour gagner la périphérie et y former le cortex. Cette migration se fait grâce à des cellules spéciales, les fibres gliales, une sorte de câbles tendus entre le tube neural et la superficie du cerveau en développement. Une première ébauche du cortex se profile avec le développement des deux hémisphères, de l’écorce cérébrale et de la matière grise.

Vers les 3e et 4e mois, les neurones vont se multiplier à grande vitesse et se relier les uns aux autres en créant de nombreuses synapses. A ce stade, 100 milliards de neurones sont produits le long du tube neural à un rythme de 5.000 neurones à la seconde.

Myélinisation
La myéline. Vers la 18e semaine, une gaine graisseuse s’installe autour des nerfs et protège les fibres nerveuses (un peu comme une gaine de plastique autour d’un fil électrique). La myéline sert à conduire les influx nerveux, c’est-à-dire l’information échangée entre le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et le système nerveux périphérique.

Bientôt, ce sera au tour des cellules du système nerveux central, notamment celles du cerveau, d’être enveloppées de myéline. Ce sera le signe que des liens se créent et que les réseaux de neurones se consolident.

23e semaine
Durant la seconde moitié de la grossesse, le développement du cerveau du fœtus est en plein essor. Les zones spécialisées des 5 sens se mettent en place. Le fœtus commencera à traiter l’information sensorielle qu’il reçoit. La production de neurones ralentit. La prochaine étape, c’est de créer et de consolider de nombreuses connexions entre les neurones de son cerveau.

Les nerfs achèvent leur développement vers la 26e semaine. Le cerveau présente maintenant de plus en plus de circonvolutions (ensemble de replis sinueux du cortex cérébral). Elles sont aussi plus profondes. De plus, jusqu’à la 32e semaine, le développement des synapses s’accélèrera. Les synapses sont les connexions entre les cellules du cerveau qui permettent l’échange d’informations. Le système nerveux est le système qui se développe le plus graduellement jusqu’à la fin de la grossesse.

40e semaine
À 6 mois de grossesse, toutes les cellules nerveuses du futur bébé sont là. Ensuite, on assiste à une phase d’élimination des neurones en excès. Selon les régions, 15 à 50% meurent avant la naissance, c’est la mort par apoptose, un terme dont l’étymologie vient de la chute des feuilles en automne pour bien signifier le caractère naturel du processus. Ils meurent probablement parce qu’ils ne se sont pas connectés et qu’ils sont inutiles au fonctionnement des réseaux cérébraux. Cette perte massive de neurones se poursuit pendant la première année de l’enfant.

Un cerveau à maturité. Le cerveau a terminé son développement fœtal vers la 35e semaine. Mais il continuera de se transformer tout au long de la vie.


Bon développement du fœtus

La nutrition et l’environnement influent sur le fonctionnement du système nerveux central, dont la maturation n’est pas un processus linéaire. Chaque étape du développement cérébral est décisive, unique et irréversible. Le développement cérébral s’inscrit dans un continuum ponctué de diverses étapes dont l’importance est critique pour les étapes ultérieures, et qui sont toutes susceptibles d’être perturbées et d’influer sur la maturation et l’organisation du cerveau.


Nutrition pour le développement cérébral


La nutrition prénatale influe sur la croissance et le développement physiologique normal du fœtus.

La nutrition est l’un des principaux facteurs non génétiques déterminants pour le développement cérébral. La sous-nutrition (et la malnutrition) induit des effets à long terme sur le cerveau en développement, qui peuvent se traduire par des troubles d’apprentissage et des problèmes de comportement permanents.

Conexiones neuronales
La malnutrition maternelle, dont l’insuffisance placentaire, compte parmi les principales causes de retard dans le développement cérébral du fœtus. Les protéines semblent être l’élément le plus important du développement de la fonction neurologique, et une carence protéique prénatale peut altérer le développement cérébral à des étapes décisives.

Les carences nutritionnelles semblent associées à divers degrés de perturbations intellectuelles, dont les troubles cognitifs et les déficits d’attention. Le développement sous-optimal du fœtus souffrant de carences nutritionnelles ne se traduit pas immédiatement par un dysfonctionnement cérébral. Les conséquences de la malnutrition peuvent demeurer silencieuses, prendre la forme de prédispositions et se manifester uniquement lorsque l’organisme est soumis à un stress provoqué par des circonstances inhabituelles.

Acides gras insaturés

Une carence en oméga 3 au cours des phases clés du développement, c'est-à-dire la vie fœtale et la vie post natale pendant les deux premières années de vie, peut altérer le développement des fonctions visuelles et cognitives. Le DHA (acide docosahexanoïque) est un acide gras de la famille des omégas 3 à longue chaîne. Il joue un rôle clé dans le développement du cerveau et de la rétine.

C'est au cours du dernier trimestre de la grossesse que s'effectue le transfert des acides gras de la mère à l'enfant. La mère modifie son métabolisme et les acides gras stockés dans son tissu adipeux vont être transférés préférentiellement au fœtus. La femme doit disposer de réserves suffisantes et avoir un apport alimentaire équilibré pendant toute la grossesse.

L’acide folique (vitamine B9 appelée aussi folates)

La prise de suppléments d’acide folique avant et durant la grossesse sert entre autres à éviter des malformations lors de la formation du tube neural, comme le spina-bifida (malformation de la moelle épinière du bébé).

Fer et zinc

Le fer intervient dans la formation de l’hémoglobine, qui assure une bonne oxygénation des tissus. Une carence en zinc pourrait réduire le périmètre crânien.

Choline

Pendant la grossesse et l’allaitement, la choline (vitamine B) joue un rôle crucial dans la formation du système nerveux du futur bébé et permet de prévenir la spina bifida. Une déficience en choline pendant la gestation provoque dans la descendance des troubles de l'apprentissage pendant toute la vie.

L’iode

L’iode est un constituant essentiel des hormones thyroïdiennes et contribue à réguler le volume et la fonction de la glande thyroïdienne.  Une carence grave en iode peut être la cause d’un retard mental et de crétinisme.

Protection contre les substances toxiques


Le cerveau humain en plein développement s’avère très vulnérable aux expositions chimiques toxiques et y est le plus sensible pendant la grossesse et la petite enfance. Le placenta est incapable d’empêcher le passage d’agents toxiques environnementaux de la mère à la circulation fœtale.

Les principales substances en cause sont le plomb, le mercure, l’arsenic, l’éthanol (alcool), le cannabis.

Étant donné que les fonctions du cerveau se développent par séquences, l’étendue des effets de dommages neurotoxiques précoces peuvent ne devenir apparents qu’à l’âge scolaire ou au-delà.


Stimuler le bébé pendant la grossesse


Les échanges avec le bébé commencent dès le deuxième trimestre de la grossesse. Une bonne raison d’une stimulation in-utéro est la création du lien mère/enfant. Les expériences sensorielles et la stimulation du bébé dans l'utérus sont vitales pour son développement physique, émotionnel et intellectuel. Ces  stimulations se font en général naturellement, mais on peut beaucoup y contribuer.

Le stimuler pendant la grossesse peut optimiser considérablement son potentiel intellectuel. Cela pourrait également réduire les risques de dyslexie et de troubles de l'attention.

Il existe de nombreuses manières de stimuler le bébé de façon douce et bienfaisante, sans trop en faire.

A partir du 5e mois de la vie utero du fœtus, il a une ouïe très développée et va réagir quasiment systématiquement à la voix de la mère. Caresses, musiques douces, berceuses, massages, mots doux… Stimuler le bébé doucement et à petites doses ne peut être que bénéfique.

Mais il faut respecter le bébé dans le ventre, le laisser dormir la plupart du temps, il en a besoin pour se développer. Ne chercher pas à le sur-stimuler, il en deviendrait stressé.

samedi 21 novembre 2015

Obésité Infantile : Tout se joue avant Cinq Ans


L’obésité infantile peut affecter la santé des enfants pour le reste de leur vie


L'obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l'Histoire. C'est une véritable épidémie qui frappe aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement. L'Organisation mondiale de la Santé place actuellement sa prévention et sa prise en charge comme une priorité dans le domaine de la pathologie nutritionnelle.

L’épidémie d’obésité n’a épargné aucun segment de la population, y compris celui des bébés et jeunes enfants. L’obésité infantile peut affecter la santé des enfants pour le reste de leur vie, étant associée à l’obésité à l’âge adulte et aux nombreux problèmes de santé qui l’accompagnent.

L’obésité des enfants constitue l’un des plus grands défis pour la santé publique au XXIème siècle. Tandis que 66 millions d’enfants en âge d’aller à l’école souffrent de la faim, 43 millions d’enfants en âge préscolaire sont obèses. La prévention de l’obésité de l’enfant doit être une grande priorité au niveau familial, national ainsi qu’international.

Le nombre de nourrissons et de jeunes enfants (de 0 à 5 ans) en surpoids ou obèses dans le monde s’est accru, passant de 32 millions en 1990 à 43 millions en 2013. Selon l’OMS si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de nourrissons et de jeunes enfants en surpoids atteindra 70 millions à l’horizon 2025. Faute d’intervention, les nourrissons et les jeunes enfants obèses le resteront vraisemblablement pendant leur enfance, leur adolescence et à l’âge adulte.

En Europe, l'obésité infantile concerne entre 10 et 25% des enfants (3,1% des enfants de 5 ans en France) et est aujourd'hui devenue un véritable problème de santé publique.

L'obésité de l'enfant débute souvent très tôt, avant 5 ans, et semble être déclenchée par la croissance extrême des premiers mois de vie. Déjà, à 5 ans, un premier facteur est souvent présent chez bien des petits : le surpoids. Il quadruple leur risque d’être obèses à 14 ans.

L’obésité au début de la vie prédit l’obésité ultérieure et le risque cardio-métabolique qui y est associé. Également, de sérieuses comorbidités peuvent survenir dès l’enfance, dont l’asthme, les problèmes orthopédiques, l’adversité psychosociale, le risque accru d’être admis à l’hôpital et, de plus en plus, le diabète de type 2.

L’obésité a une forte tendance à se retrouver dans les environnements socio-économiques défavorisés.


L'obésité infantile déterminée à l'âge de 5 ans


Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université Emory à Atlanta, publiée dans la revue médicale New England Journal of Medicine en janvier 2014, les enfants atteints de surpoids à l'école maternelle ont quatre fois plus de risque que ceux d'un poids normal de devenir obèse en classe de quatrième.

La professeur Solveig Cunningham et son équipe se sont intéressés à une cohorte de 7738 enfants qui ont été suivis de l’âge de 5 à 14 ans. Parmi ceux qui sont devenus obèses pendant ces neuf ans, presque la moitié avait un excès de poids à la maternelle. Mais déjà, à la naissance, plus de 36% étaient de gros bébés.

À 5 ans, 12,4% des enfants étaient déjà obèses (IMC au 95e percentile) et 14,9% avaient un surpoids (85e percentile). Les 6807 enfants qui ne présentaient pas d’obésité à leur entrée à la maternelle ont été suivis jusqu’à 14 ans. Une fois cet âge atteint, 20,8% étaient dorénavant obèses.

Les données montrent que l’obésité apparaît surtout à un jeune âge. L’incidence annuelle était ainsi de 5,4 % pendant l’année de maternelle et a ralenti pour atteindre 1,7% entre 11 ans et 14 ans.

L’embonpoint à un jeune âge joue un rôle déterminant dans la survenue de l’obésité. Parmi les sujets qui présentaient un surplus de poids à leur entrée à la maternelle, 31,8% étaient obèses à 14 ans. À l’opposé, seulement 7,9% de ceux qui avaient un poids normal à 5 ans étaient atteints d’obésité neuf ans plus tard.

Le poids à la naissance est également un élément important. Parmi les sujets qui pesaient 4 kg ou plus à la naissance, 22,5% étaient obèses à 5 ans et 31,2% à 14 ans. Cependant, le cours de l’obésité pourrait peut-être être infléchi. Les enfants qui pesaient plus de 4 kg à la naissance et avaient un surplus de poids à 5 ans couraient cinq fois plus de risque de devenir obèses durant les neuf années suivantes que ceux qui avaient un poids élevé à la naissance, mais normal à 5 ans.

Le statut socioéconomique est par ailleurs un facteur clé. À l’âge de 14 ans, la prévalence de l’obésité était de 11,4% chez les enfants des milieux les plus aisés et de 24,1% dans les plus pauvres. Cet écart apparaissait déjà à la maternelle.

La conclusion des auteurs est claire, l’obésité commence à se développer à un âge précoce dans plus de la moitié des cas. Des conclusions qui incitent à la surveillance du poids et à l’éducation nutritionnelle chez les jeunes enfants.


Grossesse : 5 facteurs identifiés de risque d'obésité pour l’enfant


Dans une étude britannique, publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition en février 2015, sont évalués 5 principaux facteurs de risque, identifiés autour de la grossesse, qui vont favoriser de manière significative le risque d’obésité pour l’enfant, en particulier lorsqu’ils sont combinés.

Les scientifiques ont observé cinq facteurs de risque, 4 facteurs maternels durant la grossesse, qui pourraient selon cette étude être des clés de prévention de l’obésité infantile.

1. Une courte durée d’allaitement, inférieure à 1 mois
2. Obésité
3. Excès de prise de poids
4. Tabagisme
5. Insuffisance de vitamine D

Cette nouvelle recherche, menée sur 991 enfants participant à la cohorte Southampton Women’s Survey   réunissant des mères recrutées avant leur grossesse  suggère que de réunir un plus grand nombre de ces facteurs de risque c’est fort prédictif d’être en surpoids ou obèse dans l’enfance.

L’analyse montre que,

* À l’âge de 4 ans, les enfants exposés à 4 ou 5 de ces facteurs de risque sont 4 fois plus susceptibles d’être en surpoids ou obèses que les enfants non exposés du tout, avec une masse adipeuse plus élevée de 19% en moyenne.
* À l’âge de 6 ans, ces enfants sont 4,65 fois plus susceptibles d’être en surpoids ou obèses et leur masse adipeuse est, en moyenne, 47% plus élevée.

Et ces conclusions interviennent après prise en compte de la qualité de l’alimentation ou des niveaux d’activité physique des enfants.

Les tout débuts de la vie sont une période critique de régulation de l’appétit et de l’équilibre énergétique, avec des conséquences pour le métabolisme et le poids à vie. Les chercheurs appellent à mettre en œuvre des interventions de prévention de l’obésité très tôt et même avant la conception.

Enfin, on remarque l’impact de 2 facteurs importants également, le tabagisme de la mère et l’allaitement de l’enfant.


Facteurs contribuant à l’obésité chez l’enfant


Tous les aspects de l’environnement dans lequel l’enfant est conçu, naît et est élevé, peuvent contribuer au risque de surpoids ou d’obésité.

Le monde de plus en plus urbanisé et numérisé offre de moins en moins l’occasion de pratiquer une activité physique salutaire sous forme de jeu. Le surpoids ou l’obésité réduit encore les possibilités qu’ont les enfants de participer à des activités physiques collectives. Ils deviennent alors moins actifs encore sur le plan physique, d’où le risque d’engrenage ultérieur.

Les facteurs de risque clés de l’obésité chez les enfants sont l’indice de masse corporelle (IMC) des parents et le gain de poids pendant la grossesse. Par conséquent, les approches de prévention devraient cibler non seulement les enfants, mais aussi les adultes. C’est important la surveillance du poids pendant la gestation. Ce facteur serait crucial dans la prévention précoce de l’obésité chez les enfants.

De plus en plus de recherches démontrent que l’obésité maternelle prénatale, un gain de poids excessif durant la grossesse, le diabète gestationnel et le fait de fumer pendant la grossesse peuvent altérer la croissance et le métabolisme du fœtus, ce qui conduit à une adiposité plus importante chez les enfants.

La principale cause du surpoids et de l’obésité de l’enfant est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et les calories dépensées. Cela est causé surtout par une consommation accrue d’aliments très énergétiques à haute teneur en graisses et en sucres, mais contenant trop peu de vitamines; ainsi qu’une tendance à la diminution de l’activité physique en raison de la nature sédentaire de nombreuses formes de loisirs.

Facteurs génétiques. L'intervention de plusieurs gènes est nécessaire (hérédité polygénique). Dans ce cas, le sujet est prédisposé à l'obésité dans un environnement et des mauvais comportements alimentaires.

Facteurs endocrinologiques. Dérèglements hormonaux ou glandulaires (hypothyroïdie, hypercorticisme, tumeur hypophysaire...).

Facteurs psychologiques. Anxiété, dépression, boulimie... peuvent intervenir en perturbant le comportement alimentaire ou en modifiant le bilan énergétique.

Comportement alimentaire


Le manque d’information sur la façon de bien se nourrir et le fait que les aliments sains soient peu disponibles ou abordables contribuent au problème. La commercialisation offensive des aliments et des boissons énergétiques auprès des enfants et des familles l’exacerbe encore davantage.

Dans certaines sociétés, les normes culturelles enracinées de longue date (comme l’idée largement répandue qu’un gros bébé est un bébé en bonne santé) pourraient peut-être encourager les familles à suralimenter leurs enfants.

Dans la petite enfance l'enfant peut consommer les mêmes aliments qu'un adulte mais l'attention doit se porter sur les quantités qui doivent progressivement augmenter selon les besoins.

Il faut lui apprendre à structurer sa journée sur les repas, et il ne faut pas le laisser manger tout au long de la journée. C'est à cet âge qu'il faut lui apprendre à ne pas grignoter entre les repas, car l'alternance entre repas et période de satiété est essentielle pour la régulation nutritionnelle et pour l'établissement de ses capacités à ajuster sa consommation alimentaire.

Le choix d’une alimentation saine pour les nourrissons et les jeunes enfants est décisif car les préférences alimentaires s’établissent très tôt. Donner aux nourrissons des aliments énergétiques, riches en graisses, en sucres et en sel est l’un des principaux facteurs de l’obésité infantile.

Allaitement maternel


L’allaitement exclusif au sein jusqu'à l’âge de six mois est un bon moyen d’empêcher les nourrissons de devenir obèses.

* la mise au sein de l’enfant dans l’heure qui suit la naissance;

* l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie.

L’introduction d’aliments de complément (solides) sûrs et adaptés sur le plan nutritionnel à 6 mois, tout en poursuivant l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà.

L’enseignement aux familles est important. Principalement auprès des nouveaux parents. Surtout si l’un des deux est obèse. On peut leur dire que ce serait bien de prolonger l’allaitement le plus longtemps possible et de retarder l’introduction des solides.

Introduction d’aliments de complément


L’introduction prématurée d’aliments solides. Si l’enfant est trop nourri à cause de la prise de solides, le résultat est prévisible : le surpoids. Le nombre de calories ingurgitées devient nettement supérieur à celui qui est métabolisé. Le bébé ne fait pratiquement que dormir ou manger à cet âge.

Les aliments de complément doivent être riches en nutriments et donnés en quantités adéquates. À 6 mois, les personnes qui s’occupent de l’enfant devront introduire les aliments en petites quantités et augmenter progressivement les rations à mesure que l’enfant grandit. Les jeunes enfants doivent avoir une alimentation variée, comprenant de la viande, du poisson et des œufs aussi souvent que possible.

Le rebond d’adiposité précoce


La corpulence d'un enfant est très bien représentée par l'indice de masse corporelle, l'IMC (IMC = poids /taille²).

La courbe de l'IMC pendant la croissance évolue avec l'âge en trois phases :

* Avant l'âge de 2 ans, la corpulence augmente et en général, à l'âge de 1 an l'enfant est rond et potelé.

* La corpulence décroît après 2 ans et l'enfant semble plutôt maigre (on dit qu'il déboule) jusqu'à l'âge de 6-7 ans.

* Vers l'âge de 8 ans, on assiste à une nouvelle remontée de la courbe ; cette période s'appelle le "rebond adipositaire".

Des facteurs ont agi très précocement dans la vie de l'enfant. Une étude a montré que des facteurs alimentaires  et notamment la part d'énergie apportée par les protéines entre 0 et 2 ans  peuvent être reliés à la précocité de l'âge du rebond.

Une alimentation au tout début de la vie trop riche en protéines et trop pauvre en acides gras essentiels, favoriserait la multiplication des cellules graisseuses et donc une remontée de la courbe d'IMC. De cette observation les pédiatres pensent que la diversification ne doit pas être trop précoce et que les portions doivent être augmentées progressivement.

En général l'âge du rebond est beaucoup plus précoce chez les enfants obèses (3 ans en moyenne au lieu de 6 ans chez les enfants de poids normal).

Agir avant la naissance


Ce qu’il faut surtout éviter : l’apparition de l’obésité chez l’enfant. L’atteinte du 95e percentile de l’IMC. Une fois présent, le problème est difficile à soigner. Dès le départ, certains facteurs pourraient être déterminants.

Certaines mesures peuvent être adoptées pour prévenir efficacement l’obésité chez l’enfant :

* Les femmes enceintes ne devraient pas fumer.
* Le diabète de grossesse doit être traité. Cela permet entre autres de réduire le risque de macrosomie à la naissance, même si l’on n’a pas prouvé que l’on diminuait ainsi le risque d’obésité.
* La réduction du taux de césarienne est déjà un objectif de santé publique.
En ce qui concerne le sommeil, une bonne hygiène est toujours recommandable, même chez les bébés.
* L’âge idéal pour commencer la nourriture solide semble être de 4 à 6 mois pour éviter les allergies.
* Il est important de cibler d’emblée les familles à risque sur le plan génétique. Durant toute la grossesse, il faut vraiment insister auprès de la femme enceinte sur les éléments qui permettront de réduire la probabilité d’obésité chez l’enfant.


Les conséquences de l’obésité chez l’enfant


Les enfants obèses ou en surpoids sont plus susceptibles d’être malades et ont besoin d’un suivi médical plus poussé que les enfants qui ne présentent pas de surpoids. Ces enfants sont aussi plus susceptibles de devenir des adultes avec des problèmes de poids, et ont un risque plus élevé de morbidité, d’incapacité et de mortalité prématurée à l’âge adulte.

A court terme

* Retentissement psychosocial : baisse de l’estime de soi (souvent sous-estimée), dépression, déscolarisation. La mise à l'écart par ses camarades et les moqueries, sources de perte d'estime de soi. L'enfant va se replier sur lui-même et ne va plus participer principalement aux activités collectives (notamment sportives).

* Complications respiratoires : dyspnée d’effort ou permanente, syndrome d’apnées du sommeil (somnolence et endormissement diurnes).

* Complications orthopédiques : lombalgies,  genu valgum, augmentation de l’incidence des fractures, trouble de la marche, pieds plats, arthrose de la hanche précoce chez l’adulte.

* Complications cardiovasculaires : l’hypertension artérielle est 3 fois plus élevée chez les enfants obèses. Hausse des triglycérides (graisses dans le sang).

* Anomalies pubertaires : puberté plus précoce chez la fille et parfois retardée chez le garçon.

* Troubles de métabolisme glucidique : diabète de type 2 infantile. Il faut rechercher systématiquement vers 10 ans chez un enfant obèse ayant des antécédents familiaux de diabète et/ou un ou plusieurs signes évoquant une insulino-résistance (tour de taille élevée, hypertension artérielle, hyperlipidémie, syndrome des ovaires polykystiques), et d’autant plus qu’il s’agit d’un enfant appartenant à une population à risque (Afrique du Nord, Antilles, Polynésie, Hispano-Américains).


Responsabilité de parents. Les parents peuvent encourager les enfants à aller à pied ou à vélo à l’école, ou pour se rendre à diverses activités sociales. Ils peuvent également leur faire prendre tous les jours un petit déjeuner sain avant d’aller à l’école. Nourrir son enfant sainement est essentiel et a des conséquences tout au long de sa vie.

On devrait évaluer régulièrement, chez tous les bébés et enfants, la présence d’un surplus de poids ou d’un gain de poids trop rapide, en utilisant des techniques de mesures standard et les courbes de croissance appropriées. La période postpartum représente une bonne opportunité de promouvoir des comportements sains qui peuvent non seulement améliorer la santé à long terme de la mère et donner un exemple souhaitable aux enfants, mais aussi optimiser la santé maternelle avant une prochaine grossesse.