mardi 30 juin 2026

Écrire à la Main et Faire des Pauses Aide à Mémorizer



L'écriture manuscrite renforce les connexions neuronales, 
facilitant ainsi le stockage des informations dans la mémoire à long terme


Le cerveau a ses propres règles, tout comme notre façon d’apprendre et de mémoriser. Les réseaux neuronaux sont plus actifs quand on écrit à la main que quand on tape au clavier, et les pauses réelles aident à consolider les connaissances.

Des milliers de personnes utilisent désormais la commande vocale sur leurs appareils intelligents pour dresser leurs listes de courses. Et nous avons souvent tendance à saisir ou à dicter des rappels d'agenda sur nos smartphones plutôt que de les noter sur un calendrier mural. En résumé, partout dans le monde et dans des contextes très variés, les gens ont principalement recours à des appareils numériques pour noter les choses dont ils souhaitent se souvenir.

La prise de notes au clavier plutôt qu’à la main, c’est tellement plus rapide. Cela fait longtemps que les étudiants ont opté pour cette manière d’enregistrer leurs cours. Dans les salles de classe aussi, les écrans remplacent progressivement papier et stylos.

Écrire à la main et faire des pauses sont des stratégies très efficaces pour améliorer la mémoire. L'écriture manuscrite active davantage de zones du cerveau et favorise un encodage plus profond des informations, contrairement à la frappe au clavier. Les pauses, quant à elles, permettent au cerveau de consolider les connaissances acquises, renforçant ainsi la mémorisation à long terme.

Différents souvenirs en un seul

Pour que les mots prennent tout leur sens et se transforment en idées ou en concepts durables, ils doivent d’abord traverser l’espace fragile et éphémère de la mémoire opérationnelle, également appelée mémoire à court terme, chargée de maintenir l’information active pendant que le cerveau la traite. Mais cela ne suffit pas.

Pour que ce qui est retenu se stabilise, l’information doit être stockée dans un type de mémoire sémantique, affective, spatiale ou temporelle. Se souvenir de vacances implique une mémoire épisodique, teintée d’émotion et de lieu ; en revanche, savoir que la capitale de l’Espagne est Madrid renvoie à une mémoire sémantique, dépourvue de contexte personnel.

À la main ou au clavier ?

Il est difficile aujourd’hui de trouver un espace où le clavier n’a pas presque entièrement remplacé l’encre ou le graphite. Cependant, il convient de rappeler que l’écriture manuscrite reste un outil puissant pour le développement cognitif : écrire à la main active un réseau plus large de régions cérébrales – motrices, sensorielles, affectives et cognitives – que la dactylographie. Cette dernière, plus efficace en termes de vitesse, exige moins de ressources neuronales et favorise une participation passive de la mémoire de travail.

En revanche, l’utilisation active de la mémoire à court terme – à l’aide d’outils non numériques – s’avère plus bénéfique tant en classe que dans les contextes cliniques liés à la détérioration cognitive.

Les pauses sont nécessaires

Le rythme et les pauses sont également déterminants dans ce passage de la mémoire de travail à la mémoire à long terme. Les pauses actives, ces brefs moments où nous interrompons notre étude pour nous étirer, marcher ou contempler quelque chose sans but immédiat, permettent au cerveau de réorganiser ce qui a été appris et de le consolider plus solidement.

Cependant, aujourd’hui, ces pauses sont souvent associées à des activités impliquant l’utilisation d’écrans :  téléphones portables, télévision, tablettes. Si l’on pouvait faire une comparaison avec l’exercice physique, on pourrait s’imaginer dans une salle de sport où l’on court à 12 km/h pendant les pauses entre les séries.

Il se passe quelque chose de très similaire lorsque nous utilisons nos pauses pour regarder des vidéos rapides, lire des titres ou naviguer sans but sur les réseaux sociaux : l’esprit ne se repose pas, ne se consolide pas, et l’attention se fragmente.

Le travail pendant le sommeil

Les neurosciences soulignent également le rôle crucial du sommeil dans la consolidation de la mémoire. Pendant le sommeil à ondes lentes, le cerveau entre dans un état de synchronisation neuronale caractérisé par la prédominance des ondes delta (0,5-4 Hz), qui favorisent la réactivation des traces mnésiques – traces qui restent dans l’esprit après une expérience et qui servent de base à la mémoire et à la possibilité de se souvenir.

Ces oscillations lentes créent un environnement à faible interférence sensorielle qui facilite le dialogue entre l’hippocampe et le néocortex. On a notamment observé que les ondes thêta (4-8 Hz), plus fréquentes pendant la phase REM (Rapid Eye Movement) et également présentes dans les phases NREM (Non-Rapid Eye Movement) légères, interviennent dans ce transfert. Plus précisément, elles permettent le passage des souvenirs de leur stockage temporaire dans l’hippocampe vers les régions corticales de stockage à long terme.

De même, les fuseaux du sommeil, brefs schémas d’activité cérébrale qui se produisent pendant le sommeil léger, générés principalement par le thalamus, sont associés au renforcement des connexions neuronales pertinentes.

Diverses études utilisant la polysomnographie et la neuro-imagerie ont montré des corrélations entre la densité de ces fuseaux de sommeil et les performances dans les tâches de mémoire épisodique. Il a été suggéré que ces oscillations agissent comme une sorte de “marqueur de pertinence” qui sélectionne les informations méritant d’être consolidées.

Ainsi, pendant notre sommeil, le cerveau exécute automatiquement un processus de réorganisation et de renforcement de la mémoire. Il donne la priorité à ce qui est significatif et élimine ce qui est non pertinent. Ce n’est pas un hasard si, au réveil, une mélodie ou une phrase apparemment insignifiante nous revient sans effort à l’esprit : ce sont les échos de ce travail nocturne minutieux qui écrit la mémoire.

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L'adoption croissante des appareils numériques au détriment de l'écriture traditionnelle soulève des questions quant à ses effets neuro-cognitifs. L'écriture manuscrite implique des mécanismes psychomoteurs et neurologiques complexes qui sont importants pour l'apprentissage et la mémoire.

Des études récentes indiquent que l'écriture manuscrite active des zones cérébrales plus étendues et favorise une plus grande interaction corticale, ce qui améliore la mémorisation et la compréhension des concepts. Elle favorise également une intégration sensorimotrice plus solide et une activité synchronisée dans la gamme des ondes thêta, toutes deux essentielles à l'apprentissage. En revanche, l'écriture numérique ne stimule pas ces zones cérébrales de la même manière, ce qui peut réduire la rétention d'informations et, dans une certaine mesure, l'entraînement des capacités cognitives.


Écrire à la main stimule la connectivité cérébrale


Des chercheurs de l’Université norvégienne de sciences et de technologie de Trondheim dans une étude, publiée dans Frontiers in Psychology en janvier 2024, ont examiné l'impact différentiel de l'écriture manuscrite et de la dactylographie sur la connectivité cérébrale.

Pour ce faire, 36 étudiants ont été sélectionnés et leur activité cérébrale a été évaluée à l'aide d'une électroencéphalographie (EEG) à haute densité, qui utilise un grand nombre d'électrodes placées sur le cuir chevelu pour enregistrer l'activité électrique du cerveau. L'expérience consistait à écrire à la main une série de mots plusieurs fois avec un stylo numérique en cursive ou à les taper avec l'index, tout en enregistrant les données de l'électroencéphalographie.

Les résultats ont révélé une plus grande connectivité cérébrale lors de l'écriture manuscrite que lors de l'utilisation du clavier, en particulier dans les régions centrales et pariétales du cerveau, dont l'activité est liée à la formation de la mémoire et à l'apprentissage.

En outre, l'écriture manuscrite, mais pas la dactylographie, a généré des schémas de connectivité cérébrale plus élaborés et plus étendus dans les fréquences thêta et alpha, en particulier dans les régions centrales et pariétales, ce qui suggère une meilleure intégration sensorimotrice, une meilleure mémoire et une meilleure attention.

Des différences significatives ont été observées dans les schémas de connectivité entre l'écriture manuscrite et la dactylographie, avec différentes connexions pertinentes qui n'étaient présentes que dans le premier cas. La dactylographie n'a pas activé les réseaux neuronaux de manière aussi étendue, ce qui suggère qu'elle est moins efficace pour l'activité de certaines connexions neuronales liées à la mémoire et à l'apprentissage que l'écriture manuscrite.

Cette étude suggère que l'écriture manuscrite active des réseaux neuronaux spécifiques et améliore la connectivité cérébrale, ce qui peut favoriser des processus cognitifs plus complexes et un apprentissage plus efficace. Contrairement à la frappe, qui implique des mouvements répétitifs, les mouvements précis nécessaires à l'écriture manuscrite stimulent davantage de zones du cerveau.

Les chercheurs constatent que la littérature scientifique existante indique que les schémas de connectivité dans ces zones cérébrales et à ces fréquences sont essentiels à la formation de la mémoire et à l'encodage de nouvelles informations, et donc bénéfiques pour l'apprentissage. Leurs résultats suggèrent que le schéma spatio-temporel dérivé des informations visuelles et proprioceptives obtenues grâce aux mouvements précis de la main lors de l'utilisation d'un stylo contribue largement aux schémas de connectivité cérébrale qui favorisent l'apprentissage.

Ils recommandent vivement que les enfants, dès leur plus jeune âge, s'exercent à l'écriture manuscrite à l'école afin d'établir les connexions neuronales qui offrent au cerveau les conditions optimales pour l'apprentissage. S'il est essentiel de maintenir la pratique de l'écriture à l'école, il est également important de suivre les avancées technologiques. Par conséquent, tant les enseignants que les élèves doivent savoir quelle pratique a le meilleur effet sur l'apprentissage dans chaque contexte, par exemple pour prendre des notes en classe ou rédiger une dissertation.


Reconstruction du langage continu à partir d'enregistrements cérébraux non invasifs


Des chercheurs du Département d'informatique, Université du Texas à Austin dans un article, publié par Nature Neuroscience en mai 2023, présentent la mise au point d’un décodeur basé sur l'intelligence artificielle, capable de traduire l'activité cérébrale en un flux continu de texte. Cette avancée majeure permet, pour la première fois, de lire les pensées d'une personne de manière non invasive.

Une interface cerveau-ordinateur capable de décoder le langage continu à partir d'enregistrements non invasifs aurait de nombreuses applications scientifiques et pratiques. Actuellement, cependant, les décodeurs de langage non invasifs ne peuvent identifier les stimuli que parmi un petit ensemble de mots ou de phrases.

Les chercheurs présentent ici un décodeur non invasif qui reconstruit le langage continu à partir de représentations sémantiques corticales enregistrées par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

À partir d'enregistrements cérébraux inédits, ce décodeur génère des séquences de mots intelligibles qui restituent le sens de la parole perçue, de la parole imaginée et même de vidéos muettes, démontrant ainsi qu'un seul décodeur peut être appliqué à diverses tâches. Ils ont testé le décodeur sur l'ensemble du cortex et constaté que le langage continu peut être décodé séparément à partir de plusieurs régions.

Les interfaces cerveau-ordinateur devant respecter la confidentialité des données mentales, ils ont testé si un décodage réussi nécessitait la coopération du sujet et constaté que cette coopération est requise à la fois pour l'entraînement et l'application du décodeur. Les résultats démontrent la viabilité des interfaces cerveau-ordinateur non invasives pour le langage.

Les chercheurs prennent très au sérieux les inquiétudes quant à une éventuelle utilisation à des fins malveillantes et ils ont œuvré pour l’éviter. Ils veulent s’assurer que les gens n’utilisent ce type de technologies que lorsqu’ils le souhaitent et qu’elles leur sont utiles.

L’étude a démontré que le cerveau représente l’information linguistique continue de manière compatible lors de la perception et de l’imagination. Il s’agit d’une découverte importante qui pourrait servir de base au développement d’interfaces cerveau-ordinateur.

Ce décodeur peut reconstituer la parole avec une précision étonnante, même lorsque les patients écoutent une histoire ou l'imaginent silencieusement, à partir des seules données d'IRMf. Les systèmes de décodage du langage précédents nécessitaient des implants chirurgicaux. Cette dernière avancée ouvre la voie à de nouvelles méthodes pour restaurer la parole chez les patients ayant des difficultés à communiquer suite à un AVC ou à une maladie du moto-neurone.

Cette démonstration d'une double dissociation entre les effets de ces deux lésions apporte une preuve solide que le rôle du cortex préfrontal dorso-latéral moyen dans la mémoire de travail visuelle ne réside pas dans le maintien de l'information en tant que telle, mais plutôt dans le processus exécutif de surveillance de cette information.

De plus, la présente étude a démontré que des lésions limitées à l'aire 9, qui constitue la partie supérieure de la région préfrontale dorso-latérale moyenne, entraînent une altération légère de la surveillance de l'information, tandis que des lésions de la totalité de la région préfrontale dorso-latérale moyenne provoquent une altération très sévère.

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Arrêtons-nous un instant et observons le doux flux de ces mots sous nos yeux, ce va-et-vient silencieux et la voix qui les lit dans notre tête. Combien d’entre eux resteront gravés dans votre mémoire dans cinq minutes ? Et combien resteront, sans effort, dans notre mémoire demain ? La question n’est pas anodine. Nous vivons à une époque où la vitesse domine notre façon d’apprendre et, paradoxalement, aussi d’oublier.

Tous les mots ne sont pas traités au même rythme. Vous avez peut-être entendu dire qu’une personne peut lire entre 200 et 300 mots par minute, en écouter environ 150 ou en lire encore moins au toucher en braille. Mais cette vitesse n’est pas synonyme de compréhension : en fait, au-delà de 500 mots par minute, l’assimilation chute de manière drastique. Et ce qui est absorbé est-il vraiment conservé ? Pas nécessairement. Dévorer avidement des mots n’est pas la même chose que s’imprégner de leur essence.

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Pourquoi continuer d’apprendre à écrire à la main dans un monde d’IA


Le monde de l’écriture est en pleine mutation. D’abord, il y a eu claviers, les saisies automatiques de mots ou de phrases sur les messageries. Une ère dont on est déjà en train de tourner la page. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, des robots peuvent désormais produire des textes d’un niveau comparable aux textes écrits par des humains, sans recours à quelque main que ce soit.

Avec les récentes améliorations des logiciels de transcription, même les humains qui écrivent peuvent se passer de clavier, encore plus d’un stylo. Et l’IA ouvrirait même la possibilité de générer des textes en lisant l’activité cérébrale.

Avec la pandémie, l’enseignement en ligne s’est considérablement développé et, dans différents pays du monde, certains tests importants sont désormais réalisés sur ordinateur. Des voix s’élèvent aussi en faveur de l’abandon de l’écriture cursive au lycée. L’écriture manuscrite reste cependant centrale dans les apprentissages fondamentaux à l’école élémentaire.

Les parents peuvent se demander si cela vaut encore la peine de consacrer du temps au difficile apprentissage de l’écriture manuscrite. Les efforts déployés ne seraient-ils pas mieux investis dans une initiation au codage ? Après tout, des élèves en situation de handicap apprennent déjà à écrire avec des technologies d’assistance.

La perfection de la graphie pourrait devenir moins importante à l’avenir. Mais les élèves devront toujours être capables d’écrire à la main de manière lisible et fluide dans le cadre de leurs études et de leur vie quotidienne.

Mais il existe un certain nombre de raisons importantes pour lesquelles l’écriture manuscrite sera toujours – et doit toujours – être enseignée dans les écoles :

L’écriture développe la motricité fine

L’écriture manuscrite développe la motricité et la coordination nécessaires au contrôle de mouvements précis, indispensables au quotidien, que ce soit à l’école ou plus tard dans la sphère professionnelle.

L'écriture manuscrite est également associée à une amélioration de l'apprentissage. Écrire stimule la motricité fine, fait appel à la perception sensorielle et favorise une meilleure concentration. Ces conditions favorisent la compréhension et le raisonnement, des compétences essentielles à l'apprentissage.

En milieu scolaire, les élèves qui prennent des notes à la main comprennent mieux les sujets et obtiennent de meilleurs résultats aux évaluations que ceux qui utilisent des appareils électroniques. De plus, l'écriture manuscrite permet une relation plus consciente avec le contenu : il ne s'agit pas seulement de capter des informations, mais de les traiter et de se les approprier.

Le perfectionnement de ces capacités motrices se traduit par une écriture de plus en plus lisible et fluide. Nous ne savons pas où la technologie nous mènera, mais il se peut qu’elle nous ramène au passé.

L’écriture manuscrite pourrait être plus importante que jamais si les tests et les examens reviennent à l’écriture manuscrite pour empêcher le recours à l’IA générative et la triche.

Écrire à la main facilite la mémorisation

L’écriture manuscrite présente d’importants avantages cognitifs, notamment pour la mémoire. Les recherches suggèrent que les notes prises avec un stylo sont mieux mémorisées que celles prises sur un ordinateur, en raison de la plus grande complexité du processus d’écriture manuscrite.

Lorsque nous écrivons à la main, notre cerveau fonctionne différemment que lorsque nous tapons sur un appareil. L'écriture manuscrite nécessite de coordonner les mouvements de la main, la vue et la mémoire, ce qui active diverses zones du cerveau. Ce processus renforce les connexions neuronales, facilitant ainsi le stockage des informations dans la mémoire à long terme.

Prendre des notes à la main, par exemple, oblige à sélectionner les idées les plus importantes et à les synthétiser, plutôt que de transcrire littéralement, comme c'est souvent le cas lorsqu'on écrit sur un ordinateur. Cette activité de sélection et d'organisation mentale améliore la rétention des connaissances acquises. C'est pourquoi ceux qui écrivent à la main retiennent généralement mieux les informations que ceux qui le font exclusivement sous forme numérique.

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture sont intimement liés. Les élèves deviennent de meilleurs lecteurs en s’exerçant à écrire.

Un outil pour la création graphique

Un autre des grands avantages de l'écriture manuscrite réside dans son impact positif sur la créativité. L'écriture manuscrite suit un rythme plus lent que l'écriture numérique, ce qui laisse le temps de réfléchir et de laisser émerger de nouvelles idées.

Beaucoup de gens trouvent que l'écriture manuscrite dans un cahier les aide à libérer leur esprit, à organiser leurs pensées et à établir des liens inattendus. Le simple fait de faire courir un crayon sur le papier peut débloquer des processus créatifs, favorisant l'écriture littéraire, le dessin, la planification de projets ou même la résolution de problèmes.

De plus, l'écriture manuscrite stimule l'imagination visuelle et spatiale, car elle permet de réaliser des schémas, des dessins ou des annotations libres qui ne sont pas toujours faciles à reproduire sur un clavier. Ce n'est donc pas un hasard si les artistes, les écrivains et les scientifiques continuent de faire confiance à leurs carnets pour capturer leurs idées. L’écriture manuscrite et les activités connexes telles que le dessin peuvent être des sources de créativité et de bien-être à tout âge.

La popularité de pratiques telles que la tenue d’un journal intime et la calligraphie en est la preuve. Il existe de nombreuses communautés en ligne où les écrivains partagent des très beaux exemples de création graphique.

Un élément clé de la culture


Au-delà de ses bienfaits sur le système neurologique, l'écriture manuscrite est une forme d'expression profondément humaine. Chaque trait est unique ; il reflète notre personnalité, nos émotions et même notre état de santé. Des changements notables dans la calligraphie peuvent être des signes précurseurs de maladies neurologiques, telles que le déclin cognitif progressif.

Une grande souplesse d’utilisation

L’écriture manuscrite ne sollicite ni électricité ni appareils, piles, logiciels, abonnements, connexion Internet, temps de chargement – et toutes ces autres choses dont dépend l’écriture numérique.

Elle ne suppose qu’un stylo et du papier. Et elle peut être pratiquée n’importe où. Parfois, pour écrire une carte d’anniversaire, remplir des formulaires imprimés ou rédiger une note rapide, elle est la solution la plus simple et la meilleure.

L’écriture comme support de réflexion


Plus important encore, apprendre à écrire et à penser sont intimement liés. Les idées se forment au fur et à mesure que les élèves écrivent. Elles sont développées et organisées au fil de la composition. C’est quelque chose qu’on ne peut pas déléguer à des robots.

Une aide contre le déclin cognitif

Les bienfaits de l'écriture manuscrite s'étendent également à l'âge adulte et à la vieillesse. L'écriture manuscrite renforce la réserve cognitive, un ensemble de compétences et de réseaux neuronaux qui aident à résister aux effets du vieillissement cérébral.

Les personnes qui pratiquent des activités exigeant un effort mental – comme lire, écrire, résoudre des problèmes ou acquérir de nouvelles compétences – courent moins de risques de développer un déclin cognitif sévère. Des activités telles que la lecture, l'écriture et les jeux mentaux constituent des stratégies de protection contre les maladies neuro-dégénératives comme la maladie d'Alzheimer.


Conseils pour intégrer l'écriture manuscrite au quotidien


Même si la vie moderne est marquée par le numérique, il est possible d'intégrer l'écriture manuscrite à son quotidien. Voici quelques conseils pratiques :

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Tenir un journal intime. Consacrer quelques minutes par jour à noter ses pensées, ses émotions ou ses expériences.

* Prendre des notes à la main lors de réunions ou de cours. Cela aidera à mieux assimiler les informations.

* Faire des listes et des rappels sur papier. Des tâches en attente aux objectifs hebdomadaires.

* Pratiquer l'écriture créative. Nouvelles, poésie ou simplement brainstorming dans un cahier.

* Écrire des lettres ou des messages à la main. Une forme de communication plus personnelle et plus significative.

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Reprendre de bonnes habitudes

Comprendre comment nous apprenons nous révèle également comment nous devrions vivre. Il ne s’agit pas seulement de réduire l’utilisation des écrans, mais aussi de retrouver un rythme plus humain. Écrire à la main aide à activer les réseaux neuronaux en profondeur ; pensons, par exemple, aux notes prises en classe et à la façon dont, en les relisant, les idées resurgissent plus clairement.

D’autre part, il est recommandé de reprendre l’habitude de faire de véritables pauses, loin des appareils : observer le vol d’un oiseau, sentir sa respiration, étirer son corps.

Il est également utile de renforcer ce que l’on a appris par de brefs exercices de récupération active. Des travaux menés chez des personnes âgées de 50 à 83 ans ont montré que la pratique d’une activité physique améliore les performances cognitives. L’activité physique permet non seulement de garder notre corps en forme et de maintenir notre force physique à mesure que nous vieillissons, mais elle contribue aussi à préserver nos fonctions cognitives. Elle a notamment été associée à une diminution du risque de démence.

De plus, il ne faut pas sous-estimer le rôle du sommeil profond : c’est là que la mémoire mûrit et fixe ce qui a été appris. Ce n’est que lorsque nous lui accordons le temps nécessaire pour se reposer et assimiler que la connaissance s’enracine véritablement. Ainsi, les mots qu’un enfant lit aujourd’hui pourront devenir des souvenirs vivants, capables de l’accompagner au-delà des cinq prochaines minutes, peut-être même toute sa vie.

L’enseignement de l’écriture consiste à donner aux élèves une boîte à outils composée de multiples stratégies d’écriture afin de leur permettre de réaliser leur potentiel en tant que communicants réfléchis, créatifs et compétents.


En activant plusieurs zones du cerveau, l'écriture manuscrite devient 
un outil accessible et efficace pour garder l'esprit actif et en bonne santé. 
Et l’écriture manuscrite restera un élément important de cette boîte à outils
 dans un avenir prévisible, malgré les progrès étonnants de l’IA générative.


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samedi 30 mai 2026

Pourquoi l'Obésité Est une Maladie du Cerveau – L'influence des Aliments Ultra-transformés






L’obésité est sans doute l'un des plus grands défis sanitaires de notre époque. Selon une vaste étude publiée en mars 2025 dans The Lancet, près de 2 milliards de personnes souffraient déjà de surpoids ou d'obésité en 2021. Et les projections sont loin d'être rassurantes : d'ici 2050, ce chiffre pourrait grimper à 3,8 milliards.

L’obésité n’est pas due à un manque de volonté. Il ne s’agit pas non plus d’un problème individuel. C’est une maladie complexe profondément enracinée dans un cerveau adapté pour survivre à la pénurie.

L’obésité débute dans le cerveau, et nous savons aujourd’hui que son développement tout comme son traitement ne sont pas les mêmes chez les hommes et les femmes. Cette pandémie silencieuse, qui progresse parallèlement au diabète de type 2 – l’une de ses principales complications – touche déjà plus d’un milliard de personnes dans le monde.

Alors que notre environnement devient de plus en plus “obésogène” (qui favorise l'obésité), le cerveau continue de fonctionner selon des règles ancestrales qui rendent difficile le maintien de la perte de poids, même avec des médicaments aussi révolutionnaires que le sémaglutide (Ozempic). Ce changement de perspective transforme les traitements actuels et ouvre la voie à de nouvelles thérapies ciblant directement le cerveau.

Un cerveau ancestral dans un environnement moderne

L’obésité et le surpoids sont habituellement décrits comme un excès de graisse ou un problème métabolique. Mais leur origine profonde réside dans le système nerveux central, en particulier dans l’hypothalamus, la région qui agit comme un “thermostat énergétique”. Pendant 95 % de notre histoire évolutive, nous avons vécu dans la pénurie : marcher, chasser et cueillir étaient indispensables, et le cerveau a développé des mécanismes très efficaces pour défendre la masse graisseuse, car la perdre pouvait signifier ne pas survivre.

Ce “cerveau ancestral” fonctionne aujourd’hui dans un environnement totalement opposé : aliments hypercaloriques disponibles 24 heures sur 24, sédentarité, stress chronique, troubles du sommeil et régimes alimentaires ultratransformés.

Il en résulte un déséquilibre entre notre biologie et notre mode de vie, qui est amplifié chez les personnes qui présentent des prédispositions génétiques. À cela s’ajoute un élément que la recherche commence à explorer clairement : le système qui régule le poids ne fonctionne pas de la même manière chez les hommes et chez les femmes.

L’hypothalamus : là où commence l’obésité

L’hypothalamus intègre des signaux hormonaux – comme la leptine ou l’insuline – métaboliques et sensoriels afin d’équilibrer l’énergie ingérée et celle qui est dépensée. Quand nous perdons du poids, le cerveau interprète la situation comme une menace et il active de puissants mécanismes de défense : il augmente l’appétit, réduit la dépense énergétique et renforce une “mémoire métabolique ou obésogène” qui pousse à reprendre le poids perdu.

C’est pourquoi, même si l’alimentation et l’exercice physique sont essentiels à la santé et doivent toujours constituer la première prise en charge, ils ne suffisent pas chez de nombreuses personnes pour inverser l’obésité lorsque les circuits cérébraux sont déjà altérés. Ce point n’invalide pas les bienfaits d’un mode de vie sain : il reconnaît simplement que, dans certains cas, le cerveau a besoin d’un soutien pharmacologique pour sortir de la boucle obésogène.

Quand l’hypothalamus s’enflamme – à cause du stress, d’un régime hypercalorique, d’un manque de sommeil, de troubles hormonaux ou d’une prédisposition génétique –, l’activité des neurones qui régulent la faim et la satiété est perturbée. Certaines personnes parviennent à retrouver spontanément leur poids initial après avoir trop mangé ; d’autres, en revanche, présentent un “frein hypothalamique” moins efficace et prennent plus facilement du poids. La différence réside dans le cerveau.

Perspective de genre : deux cerveaux, deux réponses



Les neurones hypothalamiques AgRP – qui stimulent la faim – et POMC – qui favorisent la satiété – régulent avec précision le comportement alimentaire. Cependant, l’hypothalamus n’est pas seulement un ensemble de neurones : il comprend également la microglie et les cellules immunitaires du cerveau, dont le rôle s’est avéré déterminant. Trois phases d’activation microgliale existent dans les premiers stades de la suralimentation :

* Une activation précoce, rapide et réversible.
* Une phase inflammatoire prolongée, qui perturbe les circuits de satiété.
* Une phase finale de dérégulation, au cours de laquelle les mécanismes censés limiter la prise de poids ne fonctionnent plus.

Ces phases ne se comportent pas de la même manière chez les hommes et chez les femmes. Chez les modèles murins, les femelles présentent une réponse neuro-immune plus stable et protectrice, ce qui pourrait expliquer pourquoi elles développent l’obésité plus tardivement. Ce schéma rappelle ce que l’on observe chez les femmes pré-ménopausées.

Avant la ménopause, les femmes ont un risque moindre de maladies métaboliques et cardiovasculaires que les hommes, grâce à l’effet protecteur des œstrogènes. Mais cette protection diminue pendant la périménopause et la ménopause, une période encore très peu étudiée et critique pour le risque cardio-métabolique.

De plus, dans les modèles animaux et les cultures cellulaires, les chercheurs ont détecté des altérations très précoces – au niveau de la microglie, de signaux lipidiques comme les endocannabinoïdes et de la sensibilité neuronale à l’insuline – avant même l’apparition de changements visibles dans les tissus périphériques. Cela suggère que le déclencheur initial de l’obésité est cérébral. Il est essentiel d’intégrer cette perspective de genre pour progresser vers des traitements plus précis et plus efficaces.

Nouvelles thérapies contre l’obésité : incrétines et nano-médecine ciblant le cerveau


Le traitement de l’obésité a radicalement changé depuis 2021 avec les agonistes du récepteur GLP-1. Le semaglutide et d’autres médicaments de la famille des incrétines, initialement développés pour le diabète de type 2, ont démontré une capacité remarquable à réduire le poids grâce à des actions à la fois périphériques et centrales.

Cependant, ils présentent des limites connues : effets gastro-intestinaux, perte de masse maigre, reprise de poids après l’arrêt du traitement ou réponses variables selon le profil biologique du patient. Des études récentes montrent également des différences selon le sexe : les femmes pré-ménopausées ont tendance à mieux répondre à ces traitements que les hommes.

Nous avons besoin de traitements qui agissent directement sur le cerveau, avec une plus grande précision et moins d’effets systémiques. C’est là que la nano-médecine qui cible le cerveau ouvre de nouvelles perspectives.

Des chercheurs développent des nano-plateformes – micelles polymères, nanoparticules protéiques ou formulations intranasales – capables de transporter des médicaments de manière sélective vers le cerveau. Ces technologies permettent d’encapsuler des molécules qui, si elles étaient administrées sans protection, seraient inefficaces ou toxiques, afin de les diriger vers les cellules qui contrôlent l’appétit et l’homéostasie énergétique.

Ces approches pourraient compléter ou renforcer les incrétines, réduire leurs effets secondaires, améliorer l’observance aux traitements et augmenter le nombre de patients qui y répondent. Elles constituent un moyen de traiter l’obésité depuis son origine cérébrale, grâce à des interventions plus personnalisées et durables.

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Revue sur l’obésité hypothalamique : des mécanismes fondamentaux aux perspectives cliniques


Une équipe de chercheurs de l’Université de Santiago de Compostela, Hospital Infantil Universitario Niño Jesús, Madrid (Espagne), University of Cambridge, (R.U.) Universitätsmedizin Berlin, (Allemagne),  Universidad San Sebastián, Santiago (Chili) et al, dans un rapport publié par The Lancet en janvier 2025, proposent une synthèse de l'obésité hypothalamique.

Une commission de 58 experts de différents pays et spécialités médicales et des patients en situation d’obésité, alerte sur les chiffres alarmants d’obésité dans le monde. Le but de cette commission a été d’élaborer un consensus à partir de données probantes actualisées.

Elle a défini l’obésité “clinique” comme une maladie chronique, systémique, liée à un excès d’adiposité dans de nombreux organes et tissus dont les fonctions sont altérées, avec ou sans anomalie de distribution ou fonction du tissu adipeux lui-même.

Ses causes sont multifactorielles et incomplètement comprises. Les lésions des organes atteints sont à l’origine de complications graves, métaboliques (diabète), cardiovasculaires, vasculaires cérébrales, rénales, de cancers et d’une mortalité proportionnelle à la masse grasse.

L’obésité “préclinique” répond à une adiposité excessive sans atteinte clinique, mais avec le risque d’évoluer vers l’obésité clinique et ses complications. La distinction entre obésité préclinique et clinique est nécessaire, tant en termes de prise charge clinique, que vis-à-vis des politiques de santé. Cette prise en charge se heurte à de nombreux écueils, à commencer par l’indice de masse corporelle (IMC) utilisé pour définir l’obésité et qui, mal utilisé, pénalise les approches de soins.

L’IMC est utile pour évaluer le risque épidémiologique et à des fins de dépistage :

* Supérieur à 40 kg/m2, il peut suffire à prédire une obésité.
* Compris entre 25 et 40 kg/m2, il n’est pas suffisant.

Le diagnostic d’obésité nécessite la mesure directe de la graisse corporelle, si elle est possible, ou le chiffrage de paramètres anthropométriques – tour de taille, rapports taille/hanches, tour de taille/hauteur – selon des méthodes validées et des seuils adaptés à l’âge, au sexe, à l’origine ethnique.

Pour parler d’obésité clinique, il est nécessaire de démontrer l’un ou l’autre de deux critères principaux : l’atteinte fonctionnelle d’un organe ou tissu due à l’obésité – signes cliniques, fonctions d’un ou plusieurs tissus ou organes – ; ou la réduction significative d’activités quotidiennes, ajustées à l’âge : mobilité, activités quotidiennes (toilette, habillement, continence, repas).

Les sujets atteints d’obésité clinique devront bénéficier d’un traitement de l’obésité elle-même ainsi que des atteintes cliniques associées en se fondant sur des niveaux de preuves probants afin de prévenir la progression vers des atteintes irréversibles.

Les patients dépistés en obésité préclinique devront bénéficier d’une prise en charge associant des recommandations en particulier d’activité physique, d’alimentation, d’accompagnement psychologique si besoin, d’un suivi médical et éventuellement un traitement destiné à réduire le risque d’évolution vers l’obésité clinique et les maladies associées en fonction du risque individuel de chacun.

Les décideurs politiques et les autorités sanitaires devront assurer aux sujets atteints d’obésité clinique ou d’obésité préclinique un accès équitable à une évaluation diagnostique, un suivi et des traitements adaptés au niveau de risque individuel par des professionnels ayant reçu une formation adaptée.

Les stratégies de santé publique visant à réduire l’incidence et la prévalence de l’obésité au niveau de la population, doivent être fondées sur des preuves, plutôt que des hypothèses non validées, et en associant l’obésité à une responsabilité individuelle. Les préjugés liés au poids et la stigmatisation qui en résulte sont des obstacles supplémentaires aux efforts de prévention et de traitement efficace de l’obésité.

Malgré la diversité des manifestations de l'obésité, de solides preuves génétiques, cliniques et expérimentales confirment le rôle important des circuits cérébraux dans cette pathologie. L'hypothalamus contient des circuits de régulation majeurs de l'homéostasie pondérale, dont le dérèglement peut entraîner l'obésité. Bien qu'une perturbation fonctionnelle des voies hypothalamiques puisse être à l'origine de formes courantes d'obésité, le terme “obésité hypothalamique” a été créé pour désigner les formes rares d'obésité sévère où un substrat hypothalamique clair, d'origine génétique ou acquise, peut être identifié.

Une compréhension approfondie de la pathogenèse, du tableau clinique et des cibles thérapeutiques de l'obésité hypothalamique repose sur la connaissance des bases physiologiques des voies hypothalamiques régulant le contrôle du poids corporel, des mécanismes – génétiques ou acquis –, de leur perturbation et des conséquences de cette perturbation.

Dans cette revue, les chercheurs proposent une synthèse de l'obésité hypothalamique, des mécanismes fondamentaux aux perspectives cliniques, en mettant l'accent sur les avancées récentes et les nouvelles pistes pour le diagnostic et le traitement précis de ces formes rares d'obésité.


Effets cardiovasculaires d'une intervention intensive sur le mode de vie dans le diabète de type 2


Le groupe de recherche Look AHEAD (Action for Health in Diabetes) de la faculté de médecine de l'université Brown, Instituts nationaux de la santé, faculté de médecine Johns Hopkins, Baltimore et al dans une étude, publiée par The New England Journal of Medicine en juillet 2013, a démontré qu'une intervention intensive sur le mode de vie chez des adultes diabétiques de type 2 en surpoids ou obèses ne réduit pas le taux d'événements cardiovasculaires majeurs.

L'étude Look AHEAD est un essai clinique randomisé majeur ayant suivi 5.145 patients âgés de 45 à 76 ans, avec un IMC moyen de 36,0 atteints de diabète de type 2 pendant 10 ans.

Son objectif était de déterminer si une intervention intensive sur le mode de vie – perte de poids, régime, activité physique – réduisait les risques cardiovasculaires par rapport à un groupe témoin recevant un soutien et une éducation sur le diabète.

Résultats cliniques. Aucune différence significative n'a été observée pour le critère de jugement principal : décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, accident vasculaire cérébral non fatal ou hospitalisation pour angine.

Résultats principaux de l'étude

Bien que l'objectif primaire (réduction des infarctus et AVC) n'ait pas été atteint, l'intervention intensive a apporté des améliorations notables :

*
 Bénéfices métaboliques. Amélioration soutenue du contrôle glycémique, de la tension artérielle et du profil lipidique.

* Santé globale. Réduction de l'apnée du sommeil, des néphropathies et rétinopathies diabétiques, ainsi qu'une baisse de la dépression et de l'incontinence urinaire.

* Qualité de vie. Amélioration de la mobilité physique, diminution des douleurs articulaires (genoux) et réduction des coûts de santé globaux grâce à une moindre dépendance aux médicaments.

* Contexte. Le taux d'événements cardiovasculaires dans les deux groupes était bien inférieur aux prévisions initiales, ce qui suggère une gestion médicale efficace des facteurs de risque dans la cohorte globale.


Physiologie de la reprise de poids après une perte de poids : dernières découvertes


Des chercheurs de NUTRIM (Institute of Nutrition and Translational Research in Metabolism) à l’Université Maastricht (Pays-Bas) dans une étude, publiée dans Current Obesity Reports en mars 2025, met en lumière l'existence d'une “mémoire de l'obésité” persistante au niveau immunitaire et épigénétique.

Objectif.
Cette revue synthétise les recherches les plus récentes sur la physiologie de la reprise de poids. Elle décrit les avancées dans les domaines actuellement étudiés et qui pourraient ouvrir des perspectives prometteuses pour les recherches futures.

La reprise de poids survient indépendamment de la méthode employée pour obtenir une perte de poids antérieure – modification du mode de vie, chirurgie ou traitement médicamenteux –. Les récentes découvertes concernant la reprise de poids se répartissent en quatre axes.

Premièrement, la mémoire immunitaire de l’obésité : outre la persistance de cellules immunitaires favorisant la reprise de poids, des cellules capables de la réduire ont été identifiées.

Deuxièmement, le microbiote intestinal : une transplantation autologue (provenance du même organisme donneur/receveur) peut limiter la reprise de poids.

Troisièmement, la composition de la perte de poids : le pourcentage de masse maigre perdue est inversement proportionnel à la quantité de poids repris, indépendamment de la méthode de perte de poids.

Quatrièmement, la régulation de l’appétit : après une perte de poids, une activité hypothalamique altérée, favorisant la faim et la reprise de poids, persiste, possiblement via une modification des réponses à la neurotensine : composée de treize acides aminés, est localisée dans les neurones du cerveau et dans les cellules intestinales sécrétantes de nitrogène.

Points clés des découvertes

Mémoire immunitaire.
Des modifications épigénétiques induites par l'obésité persistent dans la moelle osseuse et le tissu adipeux après la perte de poids, entretenant une inflammation systémique qui facilite la reprise.

Persistance biologique. Environ 60 à 75% des changements génétiques observés dans les adipocytes durant l'obésité ne sont pas totalement inversés par la perte de poids, créant une vulnérabilité biologique durable.

Implications cliniques. Cette recherche explique pourquoi la régulation du poids est complexe : le corps ne revient pas simplement à un état métabolique “neutre“ après un régime.

Même après une perte de poids, le corps conserve des altérations dans les cellules immunitaires (notamment les monocytes) et dans le tissu adipeux qui favorisent la reprise pondérale.

Dans les quatre domaines étudiés, des preuves plus concluantes de leur rôle dans la reprise de poids restent nécessaires. La plupart des études sur les mécanismes physiologiques de la reprise de poids sont de nature associative et le nombre d'études d'intervention est très limité. Pour faire progresser la recherche, des études d'intervention rigoureusement conçues, tenant compte du caractère dynamique de la perte et de la reprise de poids, sont indispensables.


Redéfinir la chronologie : un cadre en trois phases de la micro-inflammation hypothalamique dans les maladies métaboliques


Des chercheurs de l’Universitat Internacional de Catalunya, Sant Cugat del Vallès (Espagne) dans une étude publiée par Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders d’octobre 2025 examinent la dynamique de la micro-inflammation hypothalamique, son impact sur la résistance à l'insuline cérébrale et périphérique, ainsi que son rôle dans la perturbation de l'équilibre énergétique.

L'hypothalamus joue un rôle central dans la régulation de l'équilibre énergétique, et son dysfonctionnement contribue de manière significative au développement de maladies métaboliques telles que l'obésité et le diabète de type 2. Bien que l'inflammation périphérique ait fait l'objet de nombreuses études, l'inflammation hypothalamique, également appelée micro-inflammation hypothalamique, apparaît comme un événement précoce crucial dans la pathogenèse de ces maladies.

Cette réponse inflammatoire localisée, modérée mais persistante implique une interaction complexe entre différents types cellulaires, notamment la microglie, les astrocytes, les neurones et les tanycytes, qui présentent des variations temporelles et dynamiques. La micro-inflammation hypothalamique est déclenchée par divers facteurs de stress métaboliques, tels que les régimes riches en graisses, le vieillissement et l'activation gliale, et survient avant même que les tissus périphériques ne présentent des signes d'inflammation.

Dans cette revue, les chercheurs proposent un cadre conceptuel qui divise la progression de la micro-inflammation hypothalamique en trois phases distinctes :

* l’étincelle d’initiation, caractérisée par une signalisation inflammatoire rapide ;

* la transition adaptative, où des mécanismes compensatoires tentent de rétablir l’homéostasie ;

* la phase dysfonctionnelle, conduisant à une inflammation chronique et à un dysfonctionnement métabolique.

La compréhension de ces processus est essentielle pour identifier des cibles thérapeutiques et des fenêtres d'intervention précoce afin de prévenir ou d'inverser les maladies métaboliques.

Malgré des progrès significatifs dans la compréhension de l'inflammation hypothalamique, plusieurs questions cruciales demeurent, notamment les mécanismes précis à l'origine de cette réponse, la chronologie des événements moléculaires et cellulaires, et la réversibilité des modifications précoces.

De plus, des données récentes suggèrent que les différences liées au sexe influencent la susceptibilité et la progression de la micro-inflammation hypothalamique, complexifiant davantage notre compréhension.


Les œstrogènes synthétisés dans le système nerveux central augmentent l'expression du MC4R et réduisent l'apport alimentaire


Une équipe japonaise des Universités de santé Fujita, de Chiba et de Fukuoka (Japon) dans une étude publiée par The FEBS Journal de février 2025, a récemment mis en lumière le neuro-œstrogène, une forme d'œstrogène produite par le cerveau et susceptible de jouer un rôle clé dans le contrôle de la faim.

Le cerveau, un nouvel allié dans la lutte contre la prise de poids. Contrairement aux œstrogènes “classiques”, produits par les ovaires, les neuro-œstrogènes sont fabriqués directement dans le cerveau, grâce à une enzyme appelée aromatase. Jusqu'à récemment, leur rôle dans la régulation du poids restait mal connu.

Les chercheurs ont découvert que ces hormones cérébrales agissent sur un récepteur bien connu dans le domaine de l’appétit : le MC4R, situé dans l'hypothalamus. Chez des souris privées de neuro-œstrogènes, ils ont constaté une forte augmentation de la prise alimentaire, accompagnée d'un gain de poids rapide.

Mais une fois la production de neuro-œstrogènes rétablie, les souris ont commencé à manger moins, avec une activation nette du récepteur MC4R. Encore mieux : leur réponse à la leptine, l'hormone qui signale la satiété au cerveau, s'est nettement améliorée.

Les chercheurs ont observé que les souris dont les neuro-œstrogènes étaient rétablis répondaient plus efficacement au traitement à la leptine. Cela pourrait s'expliquer par le fait que les neuro-œstrogènes renforcent les mécanismes naturels de suppression de l'appétit.

Ces résultats suggèrent que les neuro-œstrogènes pourraient agir comme un frein naturel à la faim, une fonction particulièrement intéressante à explorer.

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Aliments ultra-transformés : quels effets sur notre santé et comment réduire notre exposition ?


Souvent trop sucrés, trop salés et trop caloriques, les aliments ultra-transformés contiennent en outre de nombreux additifs, arômes et autres substances résultant de leurs modes de fabrication industriels. Or, les preuves des liens entre leur consommation et divers troubles de santé s’accumulent.

Qu’appelle-t-on “aliments ultra-transformés” ?

À l’heure actuelle, en France, on estime qu’en moyenne de 30 à 35 % des calories consommées quotidiennement par les adultes proviennent d’aliments ultra-transformés. Cette proportion peut atteindre 60 % au Royaume-Uni et aux États-Unis. Si dans les pays occidentaux, les ventes de ces produits se sont stabilisées – quoiqu’à des niveaux élevés –, elles sont en pleine explosion dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Comme leur nom l’indique, les aliments ultra-transformés sont des aliments, ou des formulations issues d’aliments, qui ont subi des transformations importantes lors de leur élaboration. Ils sont fabriqués de façon industrielle, selon une grande diversité de procédés – chauffage à haute température, hydrogénation, pré-traitement par friture, hydrolyse, extrusion, etc.– qui modifient radicalement la matrice alimentaire de départ.

Extrusion alimentaire. C’est un procédé industriel consistant à forcer un mélange d'ingrédients à travers une filière sous haute pression et température pour le cuire, le transformer et lui donner une forme spécifique. Cette technique combine malaxage, cisaillement et compression, permettant de créer des textures variées – expansées, croustillantes, lisses –. Elle est essentielle pour fabriquer en continu des céréales, pâtes, snacks, biscuits et substituts de viande.

Par ailleurs, les aliments ultra-transformés sont caractérisés dans leur formulation par la présence de “marqueurs d’ultra-transformation”, parmi lesquels les additifs alimentaires destinés à en améliorer l’apparence, le goût ou la texture afin de les rendre plus appétissants et plus attrayants : colorants, émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût, etc. À l’heure actuelle, 330 additifs alimentaires sont autorisés en France et dans l’Union européenne.

En outre, des ingrédients qui ne sont pas concernés par la réglementation sur les additifs alimentaires entrent aussi dans la composition des aliments ultra-transformés. Il s’agit par exemple des arômes, des sirops de glucose ou de fructose, des isolats de protéines, etc.

En raison des processus de transformation qu’ils subissent, ces aliments peuvent également contenir des composés dits “néoformés”, qui n’étaient pas présents au départ, et dont certains peuvent avoir des effets sur la santé.

Dernier point, les aliments ultra-transformés sont généralement vendus dans des emballages sophistiqués, dans lesquels ils demeurent souvent conservés des jours voire des semaines ou mois. Ils sont aussi parfois réchauffés au four à micro-ondes directement dans leurs barquettes en plastique. De ce fait, ils sont plus susceptibles de contenir des substances provenant desdits emballages.

Les procédés possibles et les additifs autorisés pour modifier les aliments sont nombreux. Face à la profusion d’aliments présents dans les rayons des magasins, comment savoir si un aliment appartient à la catégorie des “ultra-transformés” ?

Une classification pour indiquer le niveau de transformation


Un bon point de départ pour savoir, en pratique, si un produit entre dans la catégorie des aliments ultra-transformés est de se demander s’il contient uniquement des ingrédients que l’on peut trouver traditionnellement dans sa cuisine. Si ce n’est pas le cas, s’il contient par exemple des émulsifiants, ou des huiles hydrogénées, etc., il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un aliment ultra-transformé.

Dans le groupe des aliments ultra-transformés figurent par exemple les sodas, qu’ils soient sucrés ou édulcorés, les légumes assaisonnés de sauces contenant des additifs alimentaires, les steaks végétaux reconstitués ou les pâtisseries, les confiseries et barres chocolatées avec ajout d’additifs, les nouilles déshydratées instantanées, les yaourts édulcorés…

Saucisses et jambons, qui contiennent des nitrites, sont classés comme “aliments ultra-transformés”, tandis qu’une viande simplement conservée en salaison est considérée comme des “transformée”. De la même façon, les soupes liquides en brique préparées uniquement avec des légumes, des herbes et des épices sont considérées comme des ”aliments transformés”, alors que les soupes déshydratées, avec ajout d’émulsifiants ou d’arômes sont classées comme “aliments ultra-transformés”.

Composés dits “néoformés”.
Ce sont des substances chimiques non présentes initialement dans une matière première, mais qui se créent lors de sa transformation. Dans le secteur alimentaire, ils apparaissent principalement sous l'effet de traitements thermiques – cuisson, fumage –, de fermentations ou de procédés de conservation. Ces réactions, comme la réaction de Maillard ou l'oxydation des lipides, peuvent générer des composés aux propriétés parfois toxiques, cancérogènes ou mutagènes.

Des aliments qui contiennent plus de sucre, plus de sel, plus de gras

Les aliments ultra-transformés sont en moyenne plus pauvres en fibres et en vitamines que les autres aliments, tout en étant plus denses en énergie et plus riches en sel, en sucre et en acides gras saturés. En outre, ils pousseraient à manger davantage.

Il faut toutefois souligner que le fait d’appartenir à la catégorie “aliments ultra-transformés” n’est pas systématiquement synonyme de produits riches en sucres, en acides gras saturés et en sel. En effet, la qualité nutritionnelle et l’ultra-transformation/formulation sont deux dimensions complémentaires, et pas colinéaires.

Cependant, depuis quelques années, un nombre croissant de travaux de recherche ont révélé que les aliments ultra-transformés ont des effets nocifs sur la santé qui ne sont pas uniquement liés à leur qualité nutritionnelle.

Des effets sur la santé avérés, d’autres soupçonnés

Les chercheurs ont procédé à une revue systématique de la littérature scientifique sur le sujet. Celle-ci leur a permis d’identifier 104 études épidémiologiques prospectives.

Ce type d’étude consiste à constituer une cohorte de volontaires dont les consommations alimentaires et le mode de vie sont minutieusement renseignés, puis dont l’état de santé est suivi sur le long terme. Certains des membres de la cohorte développent des maladies, et pas d’autres. Les données collectées permettent d’établir les liens entre leurs expositions alimentaires et le risque de développer telle ou telle pathologie, après prise en compte de facteurs qui peuvent “brouiller” ces associations. Ce que les épidémiologistes appellent “facteurs de confusion” : tabagisme, activité physique, consommation d’alcool, etc.

Au total, 92 des 104 études publiées ont observé une association significative entre exposition aux aliments ultra-transformés et problèmes de santé. Les 104 études prospectives ont dans un second temps été incluses dans une méta-analyse : autrement dit, une analyse statistique de ces données déjà publiées, afin d’effectuer un résumé chiffré de ces associations.

Les résultats obtenus indiquent que la mortalité prématurée toutes causes confondues était l’événement de santé associé à la consommation d’aliments transformés pour lequel la densité de preuve était la plus forte : une vingtaine d’études incluses dans la méta-analyse. C’est à dire que les gens qui consommaient le plus d’aliments ultra-transformés vivaient en général moins longtemps que les autres, toutes choses étant égales par ailleurs en matière d’autres facteurs de risques.

Les preuves sont également solides en ce qui concerne l’augmentation de l’incidence de plusieurs pathologies : maladies cardiovasculaires, obésité, diabète de type 2 et dépression ou symptômes dépressifs.

La méta-analyse suggérait également une association positive entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de développer une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (quatre études incluses).

En ce qui concerne les cancers, notamment le cancer colorectal, les signaux indiquant une corrélation potentielle sont plus faibles. Il faudra mener d’autres études pour confirmer ou infirmer le lien.

Des résultats cohérents avec les travaux expérimentaux

Au-delà de ces études de cohorte, ces dernières années, diverses études dites “interventionnelles” ont été menées. Elles consistent à exposer des volontaires à des aliments ultra-transformés et un groupe témoin à des aliments pas ou peu transformés, afin de suivre l’évolution de différents marqueurs biologiques, sur une période courte de deux ou trois semaines, afin de ne pas mettre leur santé en danger.

Ces résultats suggèrent que ce type de nourriture serait nocif à la fois pour la santé cardio-métabolique et pour la santé reproductive. Les aliments ultra-transformés impactent donc la santé, et ce, très en amont du développement de maladies chroniques comme le diabète.

D’autres travaux expérimentaux révèlent que la consommation de certains émulsifiants qui sont aussi des marqueurs d’ultra-transformation perturbe le microbiote. Elle s’accompagne d’une inflammation chronique, et a été associée au développement de cancers colorectaux dans des modèles animaux.

Au-delà du principe de précaution

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Les connaissances accumulées grâce aux nombreuses recherches menées ces cinq dernières années dans le monde ont apporté suffisamment de preuves pour confirmer que la consommation d’aliments ultra-transformés pose un réel problème de santé publique. Des indices collectés lors de travaux toujours en cours suggèrent également que certains colorants et conservateurs pourraient eux aussi s’avérer problématiques.

Nous sommes exposés à de très nombreuses substances. Or, les données scientifiques concernant leurs effets, notamment sur le long terme ou lorsqu’elles sont en mélange, manquent. Par ailleurs, tout le monde ne réagit pas de la même façon, des facteurs individuels entrant en ligne de compte. Il est donc urgent que les pouvoirs publics, sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes, s’emparent de la question des aliments ultra-transformés.

Quelles mesures prendre ?

Comme souvent en nutrition de santé publique, il est nécessaire d’agir à deux niveaux. Au niveau du consommateur, le cinquième programme national nutrition santé, en cours d’élaboration, devrait pousser encore davantage la recommandation de limiter la consommation d’aliments ultra-transformés.
Il s’agira également de renforcer l’éducation à l’alimentation dès le plus jeune âge, et la formation des enseignants et des professionnels de santé, pour sensibiliser les publics à cette question.

En matière d’information des consommateurs, l’étiquetage des denrées alimentaires joue un rôle clé.

Il est également fondamental de ne pas faire porter tout le poids de la prévention sur le choix des consommateurs. Des modifications structurelles de l’offre de nos systèmes alimentaires sont nécessaires.

Un manque de transparence préjudiciable aux consommateurs

À l’heure actuelle, les doses auxquelles les additifs autorisés sont employés par les industriels ne sont pas publiques. Lorsque les scientifiques souhaitent accéder à ces informations, ils n’ont généralement pas d’autre choix que de faire des dosages dans les matrices alimentaires qu’ils étudient.

Le poids des enjeux économiques

Le manque de transparence ne se limite pas aux étiquettes des aliments ultra-transformés. Il est également important de vérifier que les experts qui travaillent sur ces sujets n’ont pas de liens d’intérêts avec l’industrie.

Les découvertes scientifiques récentes doivent inciter la puissance publique à prendre des mesures qui feront passer la santé des consommateurs avant les intérêts économiques. Il s’agit là d’une impérieuse nécessité, alors que l’épidémie de maladies chroniques liées à la nutrition s’aggrave, détruit des vies et pèse de plus en plus sur les systèmes de santé.

***

Un regard neuf sur un problème ancien

L’obésité n’est pas due à un manque de volonté, malgré la stigmatisation dont elle fait l’objet au niveau social. Il ne s’agit pas non plus d’un problème individuel. L’obésité est une maladie complexe, profondément enracinée dans un cerveau adapté à la survie en période de pénurie. Pour la traiter, il faut adopter une double approche : promouvoir des modes de vie sains et, quand cela se révèle nécessaire, recourir à des thérapies qui agissent sur les circuits cérébraux régulant le poids.


Longtemps incompris, le lien entre les hormones cérébrales et la prise de poids commence à émerger 
grâce à la science et cela pourrait aider des millions de personnes. Comprendre comment fonctionne 
– et comment échoue – l’hypothalamus sera essentiel pour freiner cette pandémie silencieuse du 
XXIe siècle. Et c’est là, dans le cerveau, que se livre la bataille scientifique la plus prometteuse.


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