samedi 28 février 2026

Dernières Découvertes Clés et Avancées sur la Maladie de Parkinson




Dans le monde, plus de dix millions de personnes vivent avec Parkinson, une maladie neurodégénérative qui s’aggrave au fil du temps et provoque des symptômes tels que des tremblements, des mouvements ralentis, une rigidité des membres et des problèmes d’équilibre. Les scientifiques ignorent à quoi est due la maladie mais on pense qu’elle se développe à cause d’un mélange de facteurs génétiques et environnementaux.

Neurones dopaminergiques

Les neurones dopaminergiques, principalement situés dans la substance noire et l'aire tegmentale ventrale (ATV), produisent de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle moteur, à la motivation, à la récompense et aux fonctions cognitives. Ils régulent le plaisir, la mémoire, l'apprentissage, ainsi que la coordination des mouvements automatiques.

Rôles Principaux

*
Mouvement.
La voie nigro-striée contrôle la motricité. La dégénérescence de ces neurones provoque la maladie de Parkinson (tremblements, rigidité).

* Récompense et Motivation. Les neurones de l'ATV (voie mésolimbique) s'activent lors de l'anticipation d'une récompense, poussant à réitérer des comportements bénéfiques (ou addictifs).

* Cognition et Mémoire. Ils interviennent dans la sélection des informations à mémoriser et la prise de décision.

La substance noire

La substance noire (substantia nigra ou locus niger) est une structure clé du mésencéphale – tronc cérébral – agissant comme un centre de contrôle moteur. Riche en neurones dopaminergiques (pars compacta), elle produit la dopamine nécessaire à la motricité. Sa dégénérescence cause la maladie de Parkinson.

Principales caractéristiques

Mésencéphale ou
cerveau moyen
*
 Localisation et structure. Située dans le mésencéphale, la substance noire fait partie des ganglions de la base et se compose de deux parties : la pars compacta (neurones dopaminergiques) et la pars reticulata (neurones GABAergiques).

* Couleur. Sa couleur sombre est due à la présence de neuromélanine, un pigment qui s'accumule avec l'âge.

* Fonction. Elle joue un rôle crucial dans le contrôle de la motricité volontaire, la planification des mouvements et le système de récompense.


Maladie de Parkinson



La maladie de Parkinson est une affection neuro-dégénérative causée par la perte progressive des neurones dopaminergiques dans la substance noire du cerveau (pars compacta), entraînant un manque de dopamine.

Ce déficit provoque des symptômes moteurs caractéristiques : tremblements, rigidité musculaire, ralentissement des mouvements et troubles de l’équilibre. Mais la maladie ne s’arrête pas là. Elle peut aussi affecter la cognition, le sommeil et l’humeur des patients, impactant profondément leur quotidien.

Si les traitements actuels permettent de soulager certains symptômes par des médicaments (L-dopa), ils n'offraient pas de solution pour freiner la progression de la maladie.

Mécanismes et impacts sur les neurones

*
 Dégénérescence. La maladie se caractérise par la mort des neurones qui produisent la dopamine, essentiel pour contrôler les mouvements.

* Corps de Lewy. Une protéine, l'alpha-synucléine, s'agrège anormalement dans les neurones, formant des “corps de Lewy ” qui provoquent leur disparition.

* Substance Noire. La zone touchée en priorité est la substance noire (“locus niger”).

Conséquences cliniques

* Déficit moteur. La baisse de dopamine – neurotransmetteur – entraîne des symptômes moteurs principaux : lenteur (akinésie), rigidité et tremblements au repos.

* Fonctions non-moteur. La perte de neurones affecte également des fonctions cognitives et émotionnelles.

Pistes Thérapeutiques et Recherche

*
 Médicaments. La L-dopa (précurseur de dopamine) et les agonistes dopaminergiques sont utilisés pour compenser le manque.

* Greffes de Neurones. Des recherches, notamment en utilisant des cellules souches – pluripotentes induites –, tentent de remplacer les neurones dopaminergiques perdus.

* Thérapies géniques. Des études visent à protéger les neurones restants ou augmenter la production de dopamine.

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Avancées majeures et Recherche (2025-2026)



Les récentes avancées sur la maladie de Parkinson se concentrent sur la greffe de neurones issus de cellules souches pour restaurer la dopamine, l'immunothérapie contre l'alpha-synucléine, et la modulation du microbiote intestinal. La stimulation cérébrale adaptative (aDBS) en temps réel et de nouveaux traitements oraux (Tavapadon) améliorent également la gestion des symptômes.

I. Greffe de neurones (Cellules souches)

Des équipes japonaises et américaines ont réussi à greffer des neurones dopaminergiques créés à partir de cellules souches – iPS ou embryonnaires – directement dans le cerveau de patients pour restaurer la production de dopamine.

L’arrivée des iPS

En 2006, la découverte des cellules souches pluripotentes induites, iPS, représente une avancée majeure dans le paysage de la transplantation pour la maladie de Parkinson. Les iPS sont des cellules reprogrammées “arrière” à partir de cellules adultes. En général, des cellules de la peau.

Pour mieux comprendre, lorsque l’on place une petite biopsie de la peau dans un liquide de culture, on observe d’abord la production et la multiplication de cellules de la peau, appelée fibroblastes. Lorsque l’on fournit à ces cellules des nutriments bien précis, elles vont perdre leur caractéristique “peau” et devenir un type de cellule plus anonyme. C’est-à-dire, sans identité précise, mais qui ont tout de même un potentiel multiple. Ces cellules dites pluripotentes peuvent, selon la nourriture que l’on va leur fournir, devenir n’importe quelle autre type de cellule du corps humain. Comme par exemple des cellules du foie, du cœur, des muscles, ou même du cerveau. Ces travaux ont principalement été initiés et conduits au Japon, mais aujourd’hui de nombreux laboratoires à travers le monde développent et utilisent les iPS.

L’année 2025 a été marquée par la publication des deux études majeures :

Au Japon, une étude pionnière est lancée à l’hôpital de Kyoto en 2018, et marque un tournant dans les études de transplantation qui utilise des iPS. En parallèle aux Etats Unis, une étude a été mené en utitilisant des cellules appelées bemdaneprocel.

*
 Les deux études montrent que la procédure de transplantation est sûre et bien tolérée. Et ce, sans effets indésirables graves.

* Les transplants survivent dans le cerveau et peuvent faire des connexions avec les autres cellules (mise en évidence par l’imagerie cérébrale).

* Les études japonaise et américaine suggèrent une amélioration des symptômes moteurs.

Bon à savoir – Point de réflexion
 

Dans les deux études les transplantations s’effectuent dans le putamen (striatum). Le putamen est la zone du cerveau où la dopamine se libère et s’utilise. Toutefois, celle-ci se produit dans une autre zone du cerveau, la substance noire. C’est là que la production et libération de la dopamine est régulée.

Il est donc important de noter que transplanter des cellules qui produisent la dopamine dans le putamen peut améliorer les symptômes moteurs en restaurant partiellement les niveaux de dopamine. En revanche, cela ne permet pas de rétablir pleinement le circuit neuronal normal.

Pourquoi le résultat n’est que partiel ?

Les neurones dopaminergiques ont des longs bras, qu’on appelle axones. Ils s’étendent de la substance noire vers le putamen. C’est le long de ces bras que la dopamine est transportée et libérée. Le chemin que suit ces bras s’établit pendant le développement embryonnaire (fœtal), qui suit des signaux moléculaires précis.

Facteurs de croissance, molécules d’adhésion, gradients chimiques. Cela n’est plus possible dans un cerveau adulte. Les axones établissent des connexions spécifiques et organisées, et permettent une libération fine et régulée de dopamine. Régulation qui se fait principalement au niveau de la substance noire.

En revanche, lors d’une greffe des cellules dans le putamen adulte, les cellules transplantées peuvent refaire de connexion avec les autres cellules qui les entourent. Néanmoins la libération de la dopamine ne se régule pas de façon physiologique et n’est donc pas vraiment contrôlée.

Les cellules transplantées dans le putamen agissent comme des “producteurs de dopamine ”. Mais pas comme un remplacement neuronal complet. En effet, elles produisent et libèrent de la dopamine localement, ce qui compense en partie le déficit, et ce qui peut améliorer certains symptômes moteurs (rigidité, lenteur). Cependant, cela ne restaure pas la dynamique naturelle de libération de dopamine.

Mais alors pourquoi ne pas greffer directement dans la substance noire ?

Transplanter des neurones dans la substance noire serait théoriquement idéal pour reconstituer le circuit. Mais, en l’absence des signaux qui guident la croissance des axones dans le cerveau adulte, ceux-ci ne retrouveraient pas leur chemin vers le putamen. De plus, l’environnement adulte est inhibiteur pour la repousse axonale, et la survie des cellules transplantées est meilleure dans le striatum (meilleure vascularisation, moins de stress).


II. L'immunothérapie dans la maladie de Parkinson

La recherche cible l'alpha-synucléine, une protéine mal repliée qui s'agrège dans le cerveau, en essayant de neutraliser son accumulation pour freiner la progression de la maladie.

C’est une approche thérapeutique prometteuse visant à ralentir la progression de la maladie en éliminant les agrégats anormaux d'alpha-synucléine dans le cerveau. Des anticorps monoclonaux – prasinezumab, amlenetug – sont utilisés pour cibler ces protéines toxiques, avec des essais cliniques de phase II et III en cours pour évaluer leur efficacité.

Les approches d'immunothérapie

*
 Immunothérapie active (vaccins). Stimule le système immunitaire du patient pour produire des anticorps contre l'alpha-synucléine.

* Immunothérapie passive. Injection d'anticorps synthétiques (anticorps monoclonaux) conçus pour se lier à la protéine et permettre son élimination.

Mécanismes et objectifs

* Ciblage de la protéine. L'objectif est d'empêcher l'alpha-synucléine mal repliée de s'agréger et de se propager d'un neurone à l'autre.

* Protection neuronale. En réduisant ces dépôts, le traitement vise à protéger les neurones dopaminergiques et à freiner la neuro-dégénérescence.

* Résultats encourageants. Des études (comme avec le prasinezumab) ont montré des effets positifs, en particulier lorsqu'elles sont appliquées à un stade précoce de la maladie, bien que certains essais aient donné des résultats mitigés.

Défis et perspectives

*
 Bien que ces thérapies offrent un espoir de traitement de fond (neuroprotecteur), des essais cliniques de phase III sont cruciaux pour confirmer leur efficacité chez l'humain.

* D'autres pistes incluent la combinaison de ces approches avec d'autres thérapies, telles que la réduction de l'accumulation de fer ou l'utilisation de médicaments antidiabétiques.


III. Rôle du Microbiote et de l'intestin

Les scientifiques explorent l'axe intestin-cerveau, suggérant que des déséquilibres du microbiote intestinal pourraient déclencher la neuroinflammation. Une bactérie buccale (Streptococcus mutans) migrant vers l'intestin est étudiée comme facteur de risque.

Microbiote intestinal : le début de Parkinson hors du cerveau

La maladie de Parkinson ne commencerait pas dans le cerveau. Elle pourrait débuter bien plus tôt, ailleurs dans le corps, avant même l’apparition des premiers symptômes moteurs.

Le microbiote intestinal des personnes atteintes de Parkinson diffère nettement de celui des personnes en bonne santé. On le sait depuis quelques années. Mais on ne comprenait pas exactement comment ces différences contribuaient à la maladie.

L’axe bouche-intestin-cerveau. Avant même les premiers symptômes moteurs, certaines bactéries de la bouche et de l’intestin pourraient déjà influencer le développement de Parkinson.  La bactérie Streptococcus mutans serait impliquée dans la maladie de Parkinson.

Cette bactérie de la bouche, très répandue, pourrait jouer un rôle clé dans la maladie de Parkinson. Jusqu’à présent, les recherches se concentraient sur le cerveau, mais les pistes les plus prometteuses mènent aujourd’hui vers la bouche et l’intestin.

Santé bucco-dentaire : un lien avec le cerveau. La santé bucco-dentaire ne serait pas qu’une question d’esthétique ou de prévention cardiovasculaire. Elle pourrait influencer directement notre risque de développer des maladies neuro-dégénératives.

Deux bactéries, deux enzymes, même effet sur le cerveau

D’autres bactéries buccales sont d’ailleurs suspectées. Porphyromonas gingivalis, impliquée dans les maladies parodontales, produit une enzyme appelée gingipaïne qui peut elle aussi se retrouver dans la circulation sanguine.

On a retrouvé des traces de gingipaïne dans le cerveau de patients parkinsoniens. Cette enzyme provoque une inflammation chronique et pourrait, elle aussi, favoriser l’agrégation anormale d’alpha-synucléine.

Deux bactéries buccales différentes, deux mécanismes distincts, mais un même effet potentiel sur le cerveau.


IV. Nouveaux traitements

Le Tavapadon est une nouvelle option thérapeutique orale, tandis que la duodothérapie – perfusion continue – montre des résultats prometteurs pour les stades avancés.


V. Technologie et Mécanismes

La stimulation cérébrale profonde adaptative (aDBS) permet un ajustement automatique du traitement en fonction de l'activité cérébrale en temps réel. De plus, des études montrent que des virus spécifiques (HPgV) pourraient interagir avec la génétique du patient, influençant l'inflammation.

Ces avancées, bien qu'expérimentales pour certaines, marquent une évolution vers des thérapies plus personnalisées et curatives.

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Les progrès de la recherche sur les thérapies modificatrices de la maladie (DMT)


Si les traitements existants permettent de gérer les symptômes de la maladie, ils ne parviennent pas à ralentir ou à arrêter sa progression. C’est là qu’interviennent les traitements modificateurs de la maladie (DMT), un domaine de recherche passionnant qui pourrait transformer la prise en charge de la maladie de Parkinson.

Comment la maladie de Parkinson affecte-t-elle le cerveau ?

Tout le monde perd des cellules en vieillissant, y compris des cellules cérébrales. Pour une personne atteinte de la maladie de Parkinson, cette perte est plus rapide. Cette neurodégénérescence, c’est-à-dire la perte progressive des cellules cérébrales qui produisent la dopamine – une substance chimique qui aide à réguler les mouvements du corps –, est liée aux symptômes moteurs et non moteurs de la maladie de Parkinson.

Les chercheurs suggèrent quelques raisons potentielles pour la neurodégénérescence dans la maladie de Parkinson, notamment :

* Agrégats de protéines nocives. Une protéine appelée alpha-synucléine peut se déformer et s’agglutiner dans le cerveau, endommageant ainsi les neurones.

* Inflammation. Le système immunitaire du cerveau devient hyperactif et nuit aux cellules saines.

* Faible niveau d’énergie dans les cellules. Les cellules cérébrales perdent la capacité de produire suffisamment d’énergie pour maintenir leurs fonctions et commencent à mourir.

* Les gènes. Certaines personnes héritent de modifications génétiques qui augmentent leur risque de développer la maladie de Parkinson.

Qu’est-ce que les DMT ?

Les thérapies modificatrices de la maladie, ou DMT, sont des traitements qui visent à arrêter ou à ralentir les processus à l’origine de l’aggravation d’une maladie. Dans le cas de la maladie de Parkinson, la recherche sur les DMT se concentre sur la neuro-dégénérescence.

Pourquoi les DMT sont-ils importants ?

L’impact d’une approche de modification de la maladie pour le traitement de la maladie de Parkinson serait significatif. Cela signifierait :

* Une progression plus lente. Les personnes atteintes de la maladie pourraient bénéficier d’une meilleure qualité de vie pendant plus longtemps.

* Soutien aux partenaires de soins. Les proches et les partenaires de soins seraient confrontés à moins de difficultés car les défis liés à l’avancée de la maladie seraient atténués.

* Soulagement économique. Le ralentissement de la progression pourrait se traduire par une réduction des coûts des soins de santé.


Domaines de recherche des DMT pour la maladie de Parkinson

Les chercheurs se concentrent sur plusieurs approches de modification de la maladie de Parkinson. Voici quelques-unes des stratégies qui semblent prometteuses :

1) Exercice

L’exercice, bénéfique pour tous, est l’un des principaux outils de gestion des symptômes pour les personnes atteintes de la maladie. Il peut réduire les raideurs et les douleurs, tout en améliorant la force, l’endurance, la coordination et la souplesse. Il peut également améliorer l’humeur et réduire la fatigue.

La recherche montre également que l’exercice physique pourrait contribuer à ralentir la progression de la maladie et à protéger les neurones. Des études suggèrent que l’exercice pourrait réduire l’inflammation dans la maladie et augmenter les protéines qui stimulent la croissance. L’exercice peut également favoriser la santé mentale générale et aider les personnes à rester en contact avec la communauté, deux éléments importants pour bien vivre avec la maladie de Parkinson.

L'entraînement physique, en particulier aérobie, augmente significativement les concentrations basales de BDNF – facteur neurotrophique dérivé du cerveau périphérique –, favorisant la plasticité neuronale.

L'entraînement aérobie – course, vélo, natation – est le plus efficace pour augmenter le BDNF basal. Des séances de 30 à 40 minutes, à intensité modérée à élevée, sont recommandées. Une intensité vigoureuse offre le plus grand potentiel d'augmentation. L'exercice régulier à long terme (plus de 3 mois) est particulièrement efficace pour maintenir des niveaux élevés de BDNF au repos.

2) Cibler l’alpha-synucléine

Bien que les recherches sur les causes exactes de cette maladie se poursuivent, l’alpha-synucléine est une protéine qui se replie mal et s’accumule dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie. Les chercheurs pensent que ces accumulations d’alpha-synucléine peuvent perturber le fonctionnement des cellules cérébrales et avoir un impact sur les cellules cérébrales voisines. Le ciblage de l’alpha-synucléine mal repliée pourrait protéger les cellules cérébrales de la mort.

Certains traitements ciblant l’alpha-synucléine sont actuellement à l’étude :

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 Les anticorps. Ces thérapies sont conçues pour lier et neutraliser les agrégats nocifs d’alpha-synucléine. C’est-à-dire les amas.

* Petites molécules. Ces médicaments visent à empêcher l’alpha-synucléine de s’agglutiner.

* Vaccins. Ces vaccins pourraient aider le système immunitaire à reconnaître et à éliminer l’alpha-synucléine.

Fin 2024, deux sociétés pharmaceutiques ont présenté les résultats de deux essais cliniques de phase II visant à ralentir la progression de la maladie de Parkinson en ciblant l’alpha-synucléine.

3) Anticorps monoclonaux

Les anticorps monoclonaux sont des protéines fabriquées en laboratoire, conçues pour imiter les anticorps naturels de l’organisme et pour reconnaître et se lier à une molécule cible particulière. Dans le cas de Parkinson, cette molécule cible est la protéine alpha-synucléine mentionnée ci-dessus.

En développant ces anticorps spécialement conçus pour se lier à une cible telle que l’alpha-synucléine, on espère qu’ils seront alors capables de neutraliser directement cette cible et de ralentir ou d’arrêter la progression de la maladie.

Actuellement il y a plusieurs traitements à base d’anticorps monoclonaux à différents stades d’essais cliniques, notamment :

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 Prasinezumab. Un médicament thérapeutique potentiel et l’un des rares candidats à un traitement modificateur de la maladie à avoir atteint la phase III des essais cliniques. Le prasinezumab est un anticorps monoclonal qui se lie aux protéines alpha-synucléines mal repliées afin d’empêcher leur agrégation.

* Exidavnemab. Un anticorps monoclonal expérimental qui cible également les agrégats toxiques d’alpha-synucléine. Il fait actuellement l’objet d’un essai clinique de phase II (EXIST) visant à évaluer sa sécurité et les premiers signes d’efficacité. L’étude inclut également des patients atteints d’atrophie multi-systématisée.

* MEDI1341. Un autre anticorps monoclonal développé pour cibler l’alpha-synucléine dans la maladie. Lors des premiers essais, il a montré une réduction des niveaux d’alpha-synucléine libre dans le liquide céphalo-rachidien. Il en est encore au stade des essais cliniques préliminaires, la phase I des essais cliniques venant de s’achever.

4) Thérapie génique

On pense que la génétique est à l’origine d’environ 10% des cas de maladie de Parkinson. La thérapie génique consiste à administrer du matériel génétique pour modifier ou remplacer les gènes liés à la maladie. Les chercheurs explorent :

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 Inhibiteurs de LRRK2. Réduction de l’activité du gène LRRK2 pour réduire les dommages cellulaires.

* Thérapie génique GBA. Aide les cellules cérébrales à mieux décomposer les déchets, comme l’alpha-synucléine.

* Facteur neurotrophique dérivé des cellules gliales. Aide à protéger les neurones produisant de la dopamine contre les dommages et à se rétablir après avoir été endommagés.

* Améliorateurs de l’autophagie. Rétablissement de la fonction des processus cérébraux entravés qui sont censés contribuer à l’élimination des composants cellulaires endommagés et d’autres substances nocives.

* Réduction du gène de l’alpha-synucléine. Réduction de l’activité des gènes associés à la suraccumulation d’alpha-synucléine dans le but d’arrêter ou de ralentir la neuro-dégénérescence.

5) Remplacement des cellules

Les approches de remplacement cellulaire visent à remplacer les neurones producteurs de dopamine perdus. Les chercheurs étudient des approches innovantes et prometteuses basées sur les cellules souches pour le traitement de la maladie de Parkinson.

6) Réutilisation de médicaments existants

La réorientation de thérapies dont l’innocuité a déjà été démontrée et qui ont été approuvées pour d’autres troubles est une autre approche qui présente un grand potentiel pour le traitement de la maladie de Parkinson. Leur innocuité ayant déjà été établie lors d’essais cliniques, ils peuvent être rapidement utilisés dans le traitement de la maladie si leur efficacité est prouvée. Par exemple, l’amantadine, développée à l’origine comme traitement de la grippe, s’est avérée par la suite utile pour les symptômes de la maladie et est maintenant utilisée pour traiter la dyskinésie.

De nombreux DMT potentiels faisant actuellement l’objet d’essais dans le domaine de la maladie de Parkinson sont des médicaments réaffectés. En voici quelques exemples :

L’ambroxol. Un antitussif, est actuellement testé pour améliorer l’activité de la Gcase (glucocérébrosidase), une enzyme qui aide à maintenir la fonction cellulaire et qui est liée aux mutations génétiques GBA pouvant entraîner la maladie. IL est passé à la phase III des essais.

Les activateurs du récepteur GLP-1. Initialement développés pour le diabète, sont étudiés pour leur capacité potentielle à améliorer la survie cellulaire, à réduire l’inflammation et à ralentir la progression de la maladie. L’exénatide, le liraglutide et le lixisénatide sont des exemples d’activateurs du récepteur du GLP-1 qui font l’objet d’études.

7) Le rôle des biomarqueurs

L’absence de biomarqueurs fiables pour la maladie de Parkinson constitue un autre défi de taille. Les biomarqueurs permettent aux chercheurs d’identifier une maladie et d’observer sa réponse aux traitements et aux thérapies. Les chercheurs commencent à découvrir des biomarqueurs possibles pour la maladie, qui peuvent potentiellement conduire à un diagnostic plus précoce et à un suivi de la progression de la maladie, et qui aideraient les chercheurs à concevoir et à tester des DMT pour la maladie de Parkinson.

Perspectives d’avenir

Chaque personne vit la maladie différemment et de nombreux facteurs contribuent à son développement et à sa progression. Des approches de recherche diversifiées et à multiples facettes sont essentielles pour faire avancer la recherche. La découverte de DMT sûrs et efficaces pour la maladie ne remplacera probablement pas complètement le traitement des symptômes. Au contraire, les DMT viendront probablement compléter les médicaments existants, tels que la lévodopa, et les thérapies, telles que la kinésithérapie.

Recherche

Parkinson a toujours été une maladie compliquée à étudier, car elle se développe lentement, sur de longues années, et il est ardu d’en poser le diagnostic au cours des premiers stades de développement.

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La production de propionate d'imidazole par les micro-organismes intestinaux est à l'origine des pathologies de la maladie de Parkinson


Une équipe de 18 chercheurs sud-coréens de Pohang University of Science and Technology, Sungkyunkwan University School of Medicine, Sungkyunkwan University School of Medicine, Suwon (Corée du Sud) dans une étude, publiée dans Communications Nature de janvier 2026, révèlent que la bactérie Streptococcus mutans serait impliquée dans la maladie de Parkinson.

Streptococcus mutans, la bactérie responsable des caries, qui représente près de 40% de notre flore buccale, ne reste pas sagement dans la cavité buccale. Elle peut migrer vers l’intestin et s’y installer durablement. Ce phénomène a été observé beaucoup plus fréquemment chez les personnes atteintes de Parkinson que chez les personnes en bonne santé. Une fois dans l’intestin, cette bactérie se met à produire une enzyme spécifique appelée urocanate réductase (UrdA).

UrdA et imidazole propionate : le danger intestinal. Cette enzyme génère un métabolite, l’imidazole propionate (ImP). Celui-ci passe dans la circulation sanguine, franchit la barrière hémato-encéphalique – cette protection naturelle qui filtre ce qui entre dans notre cerveau – et atteint directement les neurones dopaminergiques.

ImP attaque les neurones dopaminergiques. Les analyses ont confirmé la présence d’ImP en forte concentration dans les intestins et le sang des malades. On en retrouve aussi dans le cerveau. Cette molécule perturbe plusieurs mécanismes directement impliqués dans Parkinson. Elle accélère la perte des neurones producteurs de dopamine, déclenche une inflammation cérébrale et favorise l’accumulation anormale d’alpha-synucléine, cette protéine qui s’agrège dans le cerveau des patients.

Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris dépourvues de microbiote intestinal. Ils ont observé que les patients atteints de la maladie présentaient des taux significativement plus élevés des deux. S. mutans et l'ImP dans leur intestin et leur circulation sanguine.

Afin de démontrer l’effet de la S. mutans dans la maladie, les chercheurs l’ont injectée sur des souris. Ils ont constaté que tous les symptômes de Parkinson apparaissaient.

Ils ont ensuite testé une seconde méthode en injectant une bactérie inoffensive, la E. coli, dans laquelle ils avaient reprogrammé cette bactérie pour qu’elle fabrique cette enzyme UrdA. À nouveau, le cerveau des souris a été attaqué par l’ImP. Cela démontre bien le mécanisme. En plus, il montre que cette action de la ImP dépend fondamentalement d’une activation d’une autre protéine qui s’appelle la mTORC1.

Cette étude coréenne conclut qu’en inhibant cette protéine, on inhibe l’action de l’ImP qui a son tour va réduire les symptômes de Parkinson. L’étude porte sur des souris, mais évidemment, ces chercheurs vont continuer en l’appliquant à l’homme pour voir si là aussi, on arrive à améliorer la santé, voire à guérir des patients souffrant de Parkinson.

L'étude POSTECH de 2026 renforce cette théorie. Elle suggère que les “germes” de la maladie de Parkinson pourraient être semés dans la bouche, se développer dans l'intestin et finalement atteindre le cerveau. Au moment où les symptômes moteurs apparaissent, l'axe oro-intestinal-cerveau pourrait avoir été influencé par les bactéries pendant 10 à 20 ans.

Le programme d'été POSTECH 2026 à l’Université de Science et Technology de Pohang est désormais ouvert aux étudiants en STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques) du monde entier. Ce programme offre une opportunité d'immersion académique et de recherche dans l'un des meilleurs établissements scientifiques, généralement avec des bourses disponibles comme le POSCO Asia Fellowship.


Essai de phase I/II de cellules dopaminergiques dérivées de cellules iPS pour la maladie de Parkinson


Des chercheurs de l’université de Kyoto (Japon) dans une étude, publiée par Nature en avril 2025, analysent la transplantation de progéniteurs dopaminergiques dérivés d’iPS.

La maladie de Parkinson est causée par la perte de neurones dopaminergiques, entraînant des symptômes moteurs. Les premières thérapies cellulaires utilisant des tissus fœtaux étaient prometteuses, mais présentaient des complications et des problèmes éthiques. Les cellules souches pluripotentes (CS) sont apparues comme une alternative prometteuse pour le développement de traitements sûrs et efficaces.

Dans cet essai de phase I/II mené à l'hôpital universitaire de Kyoto, sept patients (âgés de 50 à 69 ans) ont reçu une transplantation bilatérale de progéniteurs dopaminergiques dérivés de cellules souches pluripotentes induites (iPS).

Les critères d'évaluation principaux portaient sur la sécurité et les événements indésirables, tandis que les critères secondaires évaluaient l'évolution des symptômes moteurs et la production de dopamine sur une période de 24 mois.

La posologie des médicaments antiparkinsoniens des patients a été maintenue, sauf en cas d'ajustement thérapeutique nécessaire, ce qui a entraîné une augmentation des dyskinésies (activités motrices involontaires). L'imagerie par résonance magnétique n'a révélé aucune prolifération excessive du greffon.

Après 24 mois de suivi, aucune complication grave ni croissance tumorale n’a été observée, et certains patients ont montré une amélioration motrice avec une hausse de 44,7% de la production de dopamine dans le putamen, une zone clé du cerveau impliquée dans le contrôle moteur.

Cet essai a démontré que les progéniteurs dopaminergiques dérivés de cellules iPS allogéniques survivaient, produisaient de la dopamine et ne formaient pas de tumeurs, suggérant ainsi leur innocuité et des bénéfices cliniques potentiels pour la maladie de Parkinson.

Les iPSC ne servent pas uniquement à la transplantation, elles sont aussi un outil puissant de modélisation et de découverte thérapeutique. En reprogrammant des cellules de patients, puis en les différenciant en types cellulaires affectés par la maladie, les chercheurs peuvent recréer in vitro des pathologies complexes comme Alzheimer, la SLA ou Parkinson.

Une fois obtenues, les cellules malades constituent une plateforme de criblage à haut débit : des milliers de composés sont testés pour observer leurs effets. Cette stratégie a déjà permis d’identifier des candidats thérapeutiques, certains actuellement en essais cliniques au Japon. Cette double capacité – thérapie cellulaire et découverte de médicaments – positionne les iPSC comme un levier majeur d’innovation biomédicale.


Essai de phase I de neurones dopaminergiques dérivés de cellules souches embryonnaires humaines pour la maladie de Parkinson


Des chercheurs du Center for Stem Cell Biology, de Sloan Kettering Institute, New York, de BlueRock Therapeutics, Cambridge, MA, de l’Université de Californie, de l’Université de Toronto ont participé à un essai clinique, publié dans Nature en avril 2025, pour une transplantation de cellules progénitrices de neurones dopaminergiques.

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative progressive qui représente un fardeau sanitaire et économique considérable. Elle se caractérise par la perte de neurones dopaminergiques du mésencéphale et une diminution de la réponse aux traitements médicaux ou chirurgicaux symptomatiques à mesure que la maladie progresse. La thérapie cellulaire vise à remplacer les neurones dopaminergiques perdus et leurs projections striatales par une greffe intrastriatale.

Les chercheurs rapportent ici les résultats d'un essai clinique de phase I ouvert d'un produit expérimental de cellules progénitrices de neurones dopaminergiques cryoconservées prêtes à l'emploi – bemdaneprocel – dérivées de cellules souches embryonnaires humaines (hES) et greffées bilatéralement dans le putamen de patients atteints de la maladie de Parkinson.

Douze patients ont été inclus séquentiellement dans deux cohortes : une cohorte à faible dose et une cohorte à forte dose. Tous les participants ont reçu un traitement immunosuppresseur pendant un an.

L’essai a atteint ses objectifs principaux de sécurité et de tolérance un an après la transplantation, sans aucun événement indésirable lié au produit cellulaire. Dix-huit mois après la greffe, la fixation du 18F-DOPA par tomographie par émission de positons (TEP) au niveau du putamen a augmenté, témoignant de la survie du greffon.

Les critères d'évaluation secondaires et exploratoires ont montré une amélioration ou une stabilisation, notamment une amélioration moyenne de 23 points du score OFF de la partie III de l'échelle MDS-UPDRS (Movement Disorder Society Unified Parkinson’s Disease Rating Scale) dans le groupe à forte dose. Aucune dyskinésie induite par la greffe n'a été observée.

Ces données démontrent l'innocuité du traitement et justifient la réalisation d'études cliniques définitives.


Le récepteur FcγR de faible affinité des cellules microgliales intervient dans l'élimination phagocytaire des neurones dopaminergiques lors de la dégénérescence associée à la maladie de Parkinson


Une équipe de recherche de l'Institut des neurosciences de l'Université autonome de Barcelone a démontré dans une étude publiée dans la revue académique Parkinson's Disease en février 2026, l'élimination des neurones endommagés par phagocytose.

Lorsque le système fonctionne correctement, les récepteurs Fc gamma sont l'une des protéines chargées de reconnaître les cellules endommagées ou les substances qui doivent être éliminées du cerveau afin que les cellules microgliales puissent commencer le processus de nettoyage.

Cependant, les chercheurs suggèrent que, chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, les récepteurs Fc gamma identifient comme endommagées des cellules qui sont encore fonctionnelles, déclenchant ainsi un processus d'élimination inapproprié. Ils ont observé, dans des échantillons prélevés sur des patients, que leur tissu cérébral présente une proportion plus élevée de microglies réactives, c'est-à-dire prêtes à agir, et que ces cellules réactives présentent une plus grande densité de récepteurs appelés Fc gamma dans leurs membranes.


L'activation des récepteurs Fc gamma lors de la détection d'un neurone dopaminergique, même s'il fonctionne encore, incite la cellule microgliale à changer de forme en activant une protéine de son cyto-squelette appelée Cdc42, ce qui lui permet d'entourer le neurone et de le “manger” littéralement, dans un processus appelé phagocytose.

Dans des modèles animaux et cellulaires de la maladie,  en constatant que le blocage par immunothérapie des récepteurs Fc gamma, ainsi que l'inhibition pharmacologique de Cdc42, les chercheurs ont considérablement réduit la destruction des neurones dopaminergiques, permettant ainsi de préserver les neurones même dans des conditions inflammatoires intenses.

Ces résultats suggèrent que la régulation de la phagocytose microgliale par une immunothérapie ciblant le récepteur Fc gamma ou la protéine Cdc42 pourrait ralentir la progression de la maladie et protéger la fonction des neurones dopaminergiques.


Découverte d'un nouveau biomarqueur de la maladie de Parkinson dans les fluides corporels


Des chercheurs du Centre PRODI de diagnostic des protéines de l'Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne) et de la société de biotechnologie betaSENSE rapportent, dans la revue EMBO Molecular Medicine d'avril 2025, avoir découvert qu'une protéine mal repliée facilite un diagnostic fiable dès les premiers stades de la maladie dans les fluides corporels.

Un biomarqueur dans le liquide céphalo-rachidien qui facilite un diagnostic fiable à un stade précoce et peut éclairer sur la progression de la maladie et l'effet d'un traitement.

La maladie de Parkinson est une affection neuro-dégénérative qui est généralement diagnostiquée à un stade avancé sur la base de symptômes cliniques, principalement des troubles moteurs. Cependant, à ce stade, le cerveau est déjà gravement et irrémédiablement endommagé. De plus, le diagnostic est difficile et souvent erroné, car la maladie prend de nombreuses formes et ses symptômes se confondent avec ceux d'autres troubles.

Le mauvais repliement de la protéine clé alpha-synucléine (αSyn), qui passe de structures α-hélicoïdales à des structures riches en lamelles β, joue un rôle crucial dans le développement de la maladie. Ces mauvais repliements rendent la protéine collante, ce qui conduit à la formation de complexes plus grands, appelés oligomères.

Les oligomères produisent alors de longs filaments fibrillaires et provoquent l'agrégation de ces filaments en corps de Lewy macroscopiquement grands dans le cerveau.

Dans deux cohortes cliniques indépendantes comptant au total 134 participants, les chercheurs ont démontré qu'avec une sensibilité et une spécificité supérieures à 90%, ce mauvais repliement de l'αSyn dans les fluides corporels est un biomarqueur viable pour le diagnostic de la maladie.


La recherche a été menée à partir d'échantillons de liquide céphalo-rachidien prélevés sur des patients des centres Parkinson de Bochum (hôpital St. Josef et Kassel). Les mesures ont été effectuées à l'aide de la technologie brevetée iRS (capteur immuno-infrarouge) de betaSENSE.

BetaSENSE a déjà appliqué avec succès la technologie iRS pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer. Dans ce cas, il a été démontré que le mauvais repliement du biomarqueur Aβ peut indiquer le risque de démence d'Alzheimer à un stade ultérieur avec une grande précision jusqu'à 17 ans avant le diagnostic clinique. Ils ont maintenant transposé cette approche à la maladie de Parkinson pour le mauvais repliement de l'αSyn.


Effet de l’entraînement physique sur les concentrations basales du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) périphérique : une méta-analyse


Des chercheurs de l’Université de Toronto et de Sunnybrook Research Institute, Toronto dans une méta-analyse, publiée par PLOS One en septembre 2016, évaluent l’effet de l’exercice physique sur les concentrations basales de BDNF dans le sang périphérique.

Les mécanismes par lesquels l'activité physique favorise une fonction cérébrale saine restent à élucider. Une hypothèse suggère qu'une augmentation du facteur neurotrophique dérivé du cerveau – BDNF– contribue à certains bienfaits sur les fonctions cognitives et l'humeur.

Cette méta-analyse visait à déterminer l'effet de l'entraînement physique sur les concentrations basales de BDNF dans le sang périphérique.

Les bases de données MEDLINE, Embase, PsycINFO, SPORTDiscus, Rehabilitation & Sports Medicine Source et CINAH, ont été consultées afin d’identifier les publications originales, évaluées par des pairs, portant sur les concentrations de BDNF dans le sang périphérique avant et après des interventions par l’exercice physique d’une durée ≥ 2 semaines.

Le risque de biais a été évalué à l’aide de critères standardisés. Les différences moyennes standardisées (DMS) ont été calculées à partir de modèles à effets aléatoires. Le risque de biais de publication a été évalué à l’aide de graphiques en entonnoir et du test d’Egger. Les sources potentielles d’hétérogénéité ont été explorées par des analyses de sous-groupes.

Résultats issus des méta-analyses

Dans 29 études répondant aux critères d'inclusion, les concentrations de BDNF au repos dans le sang périphérique étaient plus élevées après l'intervention. Les analyses de sous-groupes ont suggéré un effet significatif de l'entraînement aérobie, mais pas de l'entraînement en résistance.

Aucune différence significative n'a été observée entre les hommes et les femmes, ni entre le sérum et le plasma. L'effet est notable chez les jeunes adultes en bonne santé et aide à lutter contre le déclin cognitif lié à l'âge.

Conclusion.
Les interventions d'entraînement aérobie, mais pas celles d'entraînement en résistance, ont augmenté les concentrations de BDNF au repos dans le sang périphérique. Des études indiquent également qu'un exercice bref et intense peut augmenter le BDNF sanguin de quatre à cinq fois. Cependant, les résultats peuvent varier en raison de l'hétérogénéité des études (différences de protocoles, populations).


Effet d’un entraînement prolongé au Tai-Chi sur la maladie de Parkinson


Des chercheurs de la faculté de Medicine de l’Université Jiao Tong, Shanghai (Chine) dans une étude de cohorte avec un suivi de 3,5 ans, publiée par le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry en mars 2024, ont vérifié l’amélioration chez les patients pratiquant le Tai-Chi.

Le Tai-Chi a démontré des effets bénéfiques sur les symptômes moteurs et non moteurs de la maladie de Parkinson, mais aucune étude n’a rapporté l’effet d’une pratique prolongée.

L’objectif de cette étude était d’examiner si une pratique prolongée du Tai-Chi permet de maintenir l’amélioration chez les patients atteints de de la maladie de Parkinson.

À partir de janvier 2016 des cohortes de patients atteints de de la maladie de Parkinson pratiquant le Tai-Chi et de patients atteints de Parkinson ne pratiquant pas d’exercice ont été constituées.

Tous les participants ont été évalués à l’inclusion, puis en novembre 2019, octobre 2020 et juin 2021. Un modèle linéaire logarithmique a été utilisé pour analyser les échelles d’évaluation des symptômes moteurs et non moteurs.

La nécessité d’augmenter les traitements antiparkinsoniens a été présentée sous forme de courbe de Kaplan-Meier et de diagramme en boîte. La méthode du bootstrap a été utilisée pour le ré-échantillonnage en vue de l’estimation statistique.

Résultats

La pratique du Tai-Chi a réduit l’aggravation annuelle de l’échelle UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale) et a retardé le besoin d’augmenter les doses de traitements anti-parkinsoniens.

L’augmentation annuelle de la dose quotidienne équivalente de Lévodopa était significativement plus faible dans le groupe Tai-Chi. De plus, les patients ont constaté une amélioration de leurs symptômes moteurs et non moteurs, ainsi qu’une diminution des complications, grâce à la pratique du Tai-Chi.

Conclusion.
La pratique du Tai-Chi a un effet bénéfique à long terme sur la maladie de Parkinson, avec une amélioration des symptômes moteurs et non moteurs et une réduction des complications.

Cette étude confirme que le Tai-Chi est une thérapie complémentaire efficace pour améliorer la qualité de vie des patients parkinsoniens sur le long terme.

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Le Tai-Chi pour atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson




Le Tai-Chi pourrait également se révéler efficace pour freiner les symptômes et les complications de la maladie. La pratique prolongée du Tai-Chi ralentit significativement la progression de la maladie de Parkinson, atténuant le déclin des symptômes moteurs et non moteurs. Cette activité réduit le besoin d'augmenter la Lévodopa et une prévalence plus faible des complications liées à l'affection.

Les mouvements lents, fluides et conscients améliorent significativement l'équilibre, la posture, la souplesse et la démarche, réduisant ainsi le risque de chutes. Cela permet une amélioration durable des fonctions motrices (marche, équilibre, tremblements) et non motrices (cognition, sommeil, humeur).

Voici les principaux bienfaits du Tai-Chi pour Parkinson :

Amélioration de l'équilibre et réduction des chutes. La répétition des mouvements aide à renforcer les muscles des jambes et à améliorer le transfert de poids, essentielle pour la stabilité.

Renforcement de la souplesse et de la posture.
Le Tai-Chi aide à lutter contre la raideur et les postures voûtées, fréquentes dans cette pathologie.

Contrôle des mouvements et coordination. La pratique, axée sur la concentration, aide à mieux contrôler les mouvements volontaires et pallier les déficits dans la gestion des mouvements automatiques.

Bienfaits psychologiques. Il favorise la relaxation et réduit le stress, ce qui aide à diminuer la dépression et l'anxiété.

Une pratique régulière, idéalement 45 minutes à 1 heure, 3 fois par semaine, est suggérée pour obtenir des résultats durables.

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Prévention


L’hygiène dentaire comme bouclier ?

Un brossage régulier des dents, l’utilisation du fil dentaire, un suivi dentaire sérieux : ces gestes simples prennent une dimension nouvelle.

Agir tôt pour protéger les neurones dopaminergiques.
Prévenir les infections buccales et traiter rapidement les caries ne servirait pas seulement à garder un joli sourire. Cela pourrait limiter l’exposition à des bactéries capables de coloniser l’intestin et de produire des substances toxiques pour le cerveau. Évidemment, si les neurones dopaminergiques sont déjà détruits, il est trop tard pour agir. D’où l’importance potentielle d’une prévention précoce, bien avant l’apparition des premiers symptômes.

Donnez la priorité à l’hygiène bucco-dentaire.
Cette recherche fait passer le brossage et l'utilisation du fil dentaire du statut de “soins cosmétiques” à celui de “soins neurologiques”. Réduire la charge de Streptococcus mutans. Avoir les mains dans la bouche diminue la probabilité que ces bactéries colonisent votre intestin.

Soutenez votre microbiome intestinal

Un microbiote intestinal diversifié et sain peut souvent “éliminer” les bactéries nocives comme S. mutans. Les régimes riches en fibres, en aliments fermentés et en polyphénols favorisent les “bonnes” bactéries qui protègent la muqueuse intestinale.

Surveiller les marqueurs métaboliques

Le complexe mTORC1 (Mechanistic Target of Rapamycin Complex 1) est un régulateur central de la croissance cellulaire et du métabolisme, agissant comme un senseur de nutriments – acides aminés, énergie – et de facteurs de croissance. Situé à la surface des lysosomes, il stimule la synthèse protéique et l'anabolisme tout en inhibant l'autophagie.

Les lysosomes sont des organites cellulaires sphériques, présents chez les eucaryotes (organismes vivants, unicellulaires ou multicellulaires), qui agissent comme le système de recyclage et de digestion de la cellule. Entourés d'une membrane simple, ils contiennent des enzymes hydrolytiques (hydrolases acides) qui dégradent les débris, organites usés et molécules complexes. Ils maintiennent l'homéostasie cellulaire.

Le complexe mTORC1 jouant un rôle central, il est essentiel de maintenir un métabolisme sain. La gestion de la glycémie et la prévention de l'inflammation chronique contribuent à garantir que, même en cas de faible quantité d'ImP dans l'organisme, le cerveau soit capable de la gérer.


Aujourd’hui, on pense que Parkinson se développe à cause d’un mélange complexe de facteurs 
génétiques et environnementaux, que ses déclencheurs varient d’un individu à l’autre. Et aussi, 
selon les dernières découvertes, à l’existence du danger intestinal due à la bactérie bucal. Parkinson 
a toujours été une maladie compliquée à étudier, car elle se développe lentement, sur de longues 
années, et il est ardu d’en poser le diagnostic au cours des premiers stades de développement.


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