Affichage des articles dont le libellé est troubles d'apprentissage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est troubles d'apprentissage. Afficher tous les articles

jeudi 21 juin 2018

Trouble de l'Apprentissage Non Verbal






Le trouble d'apprentissage non verbal (TANV) est un trouble neuro-développemental qui affecte la coordination motrice, l'intégration visuelle-spatiale, les compétences psychosociales et l'apprentissage scolaire.

Ce syndrome neurologique comporte trois grandes catégories de dysfonctionnement :


1) Moteur : manque de coordination, graves problèmes d'équilibre et difficultés de motricité fine.

2) Visuel-spatial-organisationnel : image élevée, reconnaissance visuelle médiocre, perceptions spatiales défectueuses et difficultés avec les relations spatiales.

3) Social : manque de capacité à comprendre les communications non verbales, les difficultés à réguler les transitions et les situations nouvelles, et les déficits de jugement et d'interaction sociale.

C'est le moins connu des troubles d'apprentissage et, très probablement, il est sous-diagnostiqué. L'ignorance de ce trouble, tant dans le domaine médical, psychologique et pédagogique, signifie que beaucoup de ces enfants ne sont pas diagnostiqués et, par conséquent, ne reçoivent pas les aides pédagogiques nécessaires.

Comment ce trouble a t-il été connu ? Dans les années 70, les chercheurs Myklebust et Johnson ont observé des enfants ayant des difficultés d'apprentissage, avec un décalage entre le QI verbal et manipulateur, l'incapacité de comprendre le contexte social, une faible capacité d'apprentissage scolaire et une difficulté d'appréciation non verbal.

Les TANV apparaissent beaucoup moins fréquemment que les troubles d'apprentissage basés sur le langage. Les premières recherches décrivent le TANV comme un “trouble de l'hémisphère droit”. La recherche du Dr Byron Rourke en 1982, indique un trouble de la substance blanche comme cause. La substance blanche se trouve principalement dans l'hémisphère droit du cerveau. Le Dr Rourke a observé des symptômes de TANV chez des personnes présentant des lésions cérébrales fermées connues, une hydrocéphalie et d'autres troubles neurologiques. Cependant, il présente également des cas convaincants dans lesquels le syndrome TANV se manifeste comme un trouble “développemental”. Ce sont des enfants qui ont été affectés depuis les premiers stades de développement (probablement le syndrome existait à la naissance, bien qu'aucun lien génétique n'ait encore été confirmé). La symptomatologie est légèrement différente lorsque l'apparition du syndrome survient chez un enfant plus âgé, un adolescent ou un adulte  en raison de dommages neurologiques  qui a connu une progression normale depuis le début du développement jusqu'à ce moment de sa vie.

La majorité des enfants atteints de TANV éprouvent un développement précoce de la parole et une lecture spontanée précoce, mais tous les enfants atteints de TANV ne parlent pas et ne lisent pas tôt. Certains ont des problèmes moteurs oraux importants, qui provoquent des difficultés dans l'imitation et le séquençage des mouvements de la langue, de la lèvre et de la mâchoire. Cependant, le langage réceptif est intact chez ces enfants et, en règle générale, une fois qu'ils peuvent coordonner leurs compétences motrices orales, leur vocabulaire dépassera rapidement celui de leurs pairs.

Contrairement à la plupart des troubles de l'apprentissage, il n'existe pas de données épidémiologiques ou d'études qui nous permettent de connaître la fréquence du TANV, même si elle est probablement moindre par rapport aux autres troubles d'apprentissage.

Les troubles d'apprentissage non verbaux ne sont souvent pas diagnostiqués parce que les compétences en lecture ont tendance à être considérées comme le principal indicateur du bien-être scolaire dans la plupart des systèmes scolaires publics. Étant donné que ce trouble d'apprentissage non verbal a un effet important sur l'interaction sociale ainsi que sur le fonctionnement scolaire, il constitue un défi unique pour les parents, les enseignants et les adultes.

Les personnes avec TANV ont habituellement des compétences verbales exceptionnelles, travaillent bien à l'école dans les sujets qui nécessitent un décodage  l'aspect de la reconnaissance des mots en lecture  et codent  orthographient  le langage écrit, ont une excellente attention et une mémoire auditive, et ils apprennent principalement par la médiation verbale.

Ce syndrome semble être l'exact opposé de la dyslexie. Il ressemble souvent à un trouble déficitaire de l'attention parce que l'étudiant avec TANV a une faible attention pour le traitement visuel et tactile. Cependant, une observation plus détaillée de cet enfant révélera que les déficiences qu'il éprouve dans ces domaines ne sont pas un déficit d'attention (les médicaments pour améliorer l'attention n'améliorent généralement pas l'attention de cet enfant pour le traitement visuel et tactile), mais sont plutôt produites par un accès limité aux zones du cerveau qui sont liées à ces modalités.

Les enfants atteints de TANV ont tendance à s'éloigner du chemin de leur maison et de leurs groupes et se perdent facilement. Ils déversent des choses pendant les repas en raison de leurs problèmes de coordination motrice et ont des problèmes à s'habiller pour la même raison. Les problèmes d'aptitudes spatiales se traduisent par une faible compréhension des informations non verbales (par exemple, des images, des dessins, le passage du temps) et des tâches non verbales, telles que des puzzles.

Beaucoup d'enfants avec TANV utilisent des mots d'une manière très adulte et apprennent à lire avant l'âge scolaire en raison de leur force auditive. Ainsi, ils essaient souvent d'augmenter l'information sur leur environnement en soulevant des questions sans fin pour les adultes, plutôt que de l'explorer eux-mêmes. L'imprécision de leur perception visuelle, leur maladresse physique et la difficulté avec laquelle ils intègrent l'information spatio-temporelle rendent plus difficile pour eux comprendre que le monde physique ait un sens. Cette compensation peut compliquer le problème, car moins l'enfant s'occupe de l'examen physique, moins il apprend les relations entre les objets dans l'espace.

Problèmes académiques


Les élèves ayant un TANV semblent généralement avoir des capacités cognitives supérieures à la moyenne en raison de leur force verbale, mais montrent souvent des difficultés scolaires à l'école secondaire.

Au cours des premières années scolaires, leurs problèmes spatiaux et de coordination rendent difficile l'écriture, l'algèbre, donner l’heure, lire et colorer des cartes et le maintien de l'orientation. Au lycée, le langage verbal le plus complexe est basé sur des processus non verbaux tels que les relations spatiales (dans la science, par exemple), la classification et le séquençage logique  les deux compétences sont nécessaires pour les travaux de rédaction . Cela peut causer des problèmes dans différents sujets, à l'exception des mathématiques. Par exemple, les élèves éprouvent souvent des difficultés avec le sens du temps, la couture et la dactylographie, aligner le matériel écrit sur une page, intégrer des changements, des activités qui nécessitent une bonne connaissance spatiale.

Tout au long des années scolaires, les enfants atteints de TANV sont distraits et mal organisés parce qu'ils ont des problèmes pour intégrer et interpréter les informations qu'ils reçoivent. Ils ont tendance à prêter attention à chaque détail reçu, plutôt que de les combiner en des ensembles plus significatifs. L'effort conduit rapidement à une surcharge d'information, à laquelle ces étudiants seront souvent confrontés en s'accrochant à des habitudes et à des routines familières qui les aident à structurer leur monde. Ce moyen de faire face à leurs difficultés apparaît parfois comme un comportement inadapté.

Dans l'enseignement secondaire et les étapes ultérieures, l'information est souvent présentée sous la forme de conférence. Pour les étudiants avec TANV, des problèmes surgissent parce qu'ils doivent intégrer l'information qu'ils entendent avec l'acte d'écrire (ce qu'ils entendent), déjà difficile en soi, parce que leur écriture est souvent maladroite et lente. En outre, les étudiants qui, de la même manière, assistent à des détails individuels lorsqu'ils apparaissent, ont de grandes difficultés à séparer les informations importantes des informations insignifiantes.

De même, tous les enfants avec TANV ne liront pas tôt. Au début, la lecture sera une tâche étrange pour eux. Les mots écrits doivent être liés à des unités de communication linguistique déjà apprises. Cela nécessite des compétences d'analyse visuelle-spatiale. Pour certains enfants atteints de TANV, leurs capacités visuo-spatiales endommagées ne permettent pas à cette association d'avoir lieu dans la période normale, malgré leur grande intelligence verbale. Cependant, une fois le son et le symbole réunis, les compétences pour décoder les mots écrits progressent rapidement, dépassant encore une fois leurs pairs à pas de géant.

Les enfants atteints de TANV qui lisent en retard ont souvent un diagnostic erroné de dyslexie à un âge précoce. Ces enfants avec des TANV qui affichent des difficultés de lecture claires dans leurs premières années, atteignent tous un niveau de lecture plus élevé à l'avenir, quel que soit le programme utilisé pour les aider. Les tests cognitifs révèlent une différence significative entre la ponctuation verbale et la ponctuation manipulatrice, avec des scores verbaux souvent supérieurs à la moyenne. Les observations cliniques montreront un enfant qui est exceptionnellement verbal et qui élabore souvent des tâches qui exigent une réponse verbale. Cet enfant s'appuiera également sur des stratégies verbales pour parler sans arrêt tout en résolvant des problèmes basés sur des actions ou des exécutions. Il demandera souvent à l'examinateur comment il va, en essayant d'obtenir une rétroaction verbale liée à sa performance.

Les enseignants peuvent soutenir les étudiants avec TANV en faisant un aperçu du matériel à développer, en utilisant un rétroprojecteur avec les points centraux tout en donnant la conférence, en fournissant des horaires clairs des événements de la journée, l'analyse des tâches complexes dans des tâches plus petites, séquençage des étapes, en utilisant le débat plutôt que de donner une conférence pour développer et intégrer des idées, et en utilisant la force de ces étudiants pour apprendre par cœur en les aidant à développer des habitudes et des routines pour s'organiser et leur travail.

Problèmes sociaux et émotionnels


Peut-être la zone de plus grande préoccupation pour les enfants et les adultes avec TANV ce sont les compétences sociales. L'une des conséquences des problèmes de traitement des informations non verbales et spatiales sont les échecs et les interprétations erronées de repères sociaux subtils tels que les expressions faciales, les gestes et les tons de la voix. Par exemple, une phrase telle que “vous vous améliorez” signifie quelque chose de différent lorsque vous avez simplement laissé tomber une balle ou que vous avez trébuché sur la corde en sautant (à nouveau) que lorsque vous avez obtenu un score parfait à un test d'orthographe. La confusion peut signifier un désastre dans la cour de récréation.

Contrairement à un étudiant qui a de la difficulté à lire mais qui peut réussir dans des activités sociales et sportives, les étudiants avec TANV sont affectés dans tous les domaines. Cela peut conduire à l'isolement social que les enfants essaient parfois d'atténuer en n'interagissant qu'avec les adultes, qui sont plus reconnaissants pour leurs compétences verbales et se soucient moins de leur maladresse motrice ou de leurs transgressions des conventions sociales. Cependant, parce que les enfants avec TANV sont très verbaux, les parents et les enseignants ont tendance à attribuer leur échec académique et social à la paresse ou à un caractère faible. Cela peut conduire à des problèmes émotionnels tels que la dépression et l'anxiété, qui peuvent s'exprimer physiquement : par exemple, se ronger les ongles et les cuticules, maux de tête, problèmes d'estomac, phobies.

Les parents et les enseignants peuvent aider les enfants avec TANV à apprendre des compétences sociales plus efficaces en parlant de règles sociales et en jouant à des jeux dans lesquels les enfants spéculent sur ce que les sentiments correspondent aux expressions faciales et aux tons de voix.

La louange et l'encouragement verbal faciliteront souvent l'accomplissement de la tâche. Dans les tâches qui nécessitent l'intégration d'informations visuelles basées sur une signification contextuelle, telles que des puzzles et des cubes, l'enfant avec TANV examinera les détails visuels de la manipulation et n’emboîtera pas les pièces basées sur l'image comme un tout. L'incapacité de l'enfant à visualiser entraînera probablement une réduction de la vitesse de traitement. Sa planification moteur est altérée, ce qui rend difficile la compréhension, l'organisation et l'exécution des tâches. L'enfant avec TANV procédera de manière progressive et ne verra souvent pas une tâche globalement. On peut s’attendre à qu’il ait des difficultés avec toutes les tâches nécessitant un traitement simultané, au lieu du traitement séquentiel. Un bon pronostic pour l'enfant avec TANV dépend de l'identification correcte et de l'intervention précoce.

Éducation spéciale


Il s’agit d'une série de services et de supports conçus individuellement ; son plan d'intervention doit être réalisé dans chaque classe qu'il fréquente, pendant les pauses et les récréations, lors de chaque sortie et lors de chaque rencontre avec les personnes. Les professionnels de l'éducation régulière et de l'éducation spécialisée doivent planifier ensemble les besoins éducatifs et d'intégration sociale d'un étudiant avec TANV. Une communication ouverte entre les parents et le personnel scolaire est également essentielle. La phase de planification et d'application doit être ferme. Cependant, le temps consacré à cette phase du processus est encore insuffisant.

Compensations, adaptations, modifications et stratégies (CAMS). Cela devrait être clairement défini et devrait être lancé le premier jour de l'année scolaire. Pour qu'un plan d'intervention avec un enfant avec TANV réussisse, il est nécessaire que tous les éducateurs soient prêts et disposés à changer la façon dont ils ont toujours fait les choses. Le fait qu'il existe un bon plan ne signifie pas que sa mise en œuvre est appropriée ; cela nécessite également un haut niveau d'engagement professionnel de la part du personnel scolaire.

Une planification minutieuse est essentielle à la réussite d'un programme et la communication est la clé pour que ce programme se déroule dans le calme. Pour développer des stratégies d'enseignement efficaces, il est important de différencier le TANV des autres troubles d'apprentissage. Les techniques d'intervention spécifiques seront différentes de celles utilisées pour d'autres sous-types de troubles d'apprentissage et / ou ceux utilisés pour des troubles émotionnels ou comportementaux.

Bien que l'enfant avec TANV apprenne d'une manière différente de ses pairs, il apprend par cœur rapidement et facilement. Il semble avoir un espace de stockage illimité dans sa mémoire et "absorbe" constamment les détails et les informations. Capitaliser sur ces forces. Ses compétences verbales fortes devraient être utilisées comme les principaux moyens d'acquérir des compétences supplémentaires. Les succès futurs de cet enfant dépendent de l'acquisition de stratégies compensatoires, généralement verbales, pour compenser ses zones d'incompétence.

Les plans de l'enseignant doivent prendre en compte le fait qu'un étudiant avec TANV aura du mal à traiter les informations présentées principalement par la modalité visuelle. Les enseignants doivent réfléchir à la façon dont ils peuvent laisser de côté le stimulus visuel de leur plan de travail. Les documents visuellement livrés avec des informations verbales devraient toujours être complétés. De plus, les réponses écrites ne devraient pas être la seule méthode pour évaluer l'apprentissage de cet enfant. On devra laisser beaucoup d'espace pour la réponse sur sa feuille d'examen en raison d'une mauvaise motricité graphique. Toujours déterminer le but ou l'objectif de la tâche. Ne pas torturer inutilement un enfant qui a de la difficulté à écrire, lorsqu'une réponse écrite peut être substituée par une réponse orale.

Voir aussi…



vendredi 28 avril 2017

Anxiété et Stress Chez l'Enfant





Le stress est une réaction physique, émotionnelle et mentale répondant à des situations difficiles ou exigeantes. Le stress peut être un sentiment diffus, difficile à appréhender.

Les enfants aussi peuvent souffrir de stress. Le stress est la réaction du corps aux différents problèmes et défis de la vie. Les enfants n'ont pas autant d'expérience que les adultes en matière de gestion du stress, et parfois, des événements minimes peuvent être stressants pour eux.

Le manque de compétences de communication chez l’enfant fait qu’il gère et exprime son stress différemment de l’adulte. Le stress des enfants peut être causé par un événement positif ou négatif qui change de ses habitudes quotidiennes, et se manifeste souvent sous la forme de symptômes physiques et/ou par un changement de comportement. Il est possible d’aider l’enfant à réduire son stress.

L’anxiété est une émotion normale en réponse à une impression de danger, de peur devant l’inconnu ou une situation nouvelle, et peut permettre à l’enfant de demeurer prudent dans certaines circonstances.

Il est normal de ressentir de l’anxiété à l’occasion, même pour un jeune enfant, qu'un enfant se sente nerveux dans certaines situations : la première journée d'école, à l'approche d'un examen, s'il doit parler en public, s'il est dans un lieu achalandé.

L’anxiété devient un problème lorsqu’elle suscite une réaction exagérée devant l’inconnu ou la nouveauté, qu’elle génère une grande détresse, qu’elle est difficile à contrôler, qu’elle dure un certain temps et qu’elle fait en sorte que l’enfant évite certaines situations. Si l’anxiété prend trop d’ampleur ou nuit à la vie quotidienne de l’enfant, il est important de trouver des façons d’atténuer ses craintes.

On juge de la santé mentale des enfants en observant leur capacité à réagir de façon positive au monde qui les entoure. On vit de l'anxiété lorsqu'on ne se sent pas bien, lorsqu'on est effrayé ou inquiet.

Ce phénomène n'a de cesse de s'accentuer avec l'accélération du rythme de vie et les changements qui lui sont associés. Si un stress modéré peut jouer un rôle positif dans le développement de l'enfant, un stress répété ou chronique peut avoir des effets dévastateurs.

N’importe quel enfant peut être ébranlé par ces changements de repères, souvent inévitables, qui jalonnent le quotidien : déménagement, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, séparation des parents, entrée à l’école, période financière difficile pour la famille…

Le cas des enfants anxieux de nature. Chez eux, l’anxiété est un trait de caractère, que l’on peut percevoir parfois dès les premières années de vie. Toutes leurs émotions sont exacerbées, tant les belles que les moins bonnes.


Les causes du stress infantile


Les raisons du stress infantile sont aussi variées que les enfants qui en sont atteints. Même s'il semble exister des prédispositions génétiques à de telles tensions, l'environnement familial et le contexte social restent les causes majeures. Le stress provient le plus souvent de sources extérieures (comme la famille, les amis ou l'école), mais il peut aussi venir de l'intérieur.

Le stress peut affecter n'importe qui, même un enfant, se sentant dépassé par les événements. Un enfant de deux ans, par exemple, peut se sentir stressé parce que la personne dont il a besoin pour se sentir bien (un parent) n'est pas suffisamment présent. Chez les enfants prêts à entrer à l'école, la séparation avec les parents est la plus grande cause d'anxiété.

Quand l'enfant grandit, les pressions académiques et la pression du groupe (en particulier celui dans lequel il souhaite se faire intégrer) provoquent du stress et de l'anxiété. De plus, les parents rajoutent parfois du stress dans la vie de leurs enfants sans s'en rendre compte. Les parents qui poussent leurs enfants à exceller dans le sport ou qui les inscrivent dans trop d'activités peuvent également créer du stress et de la frustration chez leurs enfants si ils ne partagent pas les mêmes envies.

Des facteurs aggravants comme la maladie, la mort d'un proche ou un divorce peut causer du stress chez l’enfant. Même le divorce qui se passerait dans les meilleures conditions possibles entre les parents peut être une expérience difficile à vivre pour les enfants car leur système de protection originel (leur famille) se décompose et va connaître un changement.

Quelques situations qui peuvent être stressantes pour les jeunes enfants :

* l'arrivée d'un nouveau bébé,
* un changement de routine ou un sentiment d'insécurité,
* un changement d'école, d'enseignant ou de conducteur d'autobus,
* une sur stimulation,
* l'apprentissage d'une nouvelle aptitude,
* la prise de décision devant trop de possibilités.


Signes de l’anxiété infantile


Si l'enfant présente fréquemment un ou plusieurs des signes suivants, il est important de trouver des moyens de diminuer son anxiété.

Des symptômes physiques


* Des malaises physiques comme des maux de tête, des maux de ventre, des maux de cœur ou des tensions.
* Des troubles de l’alimentation.
* Des problèmes de sommeil.
* De maladies chroniques (asthme, eczéma), on observe généralement une aggravation des symptômes.

Des symptômes psychologiques


* Un changement soudain de comportement. Par exemple, il est agité, irritable et de mauvaise humeur. Il fait des crises de colère intenses. Il pleure et semble triste ou inquiet.
* Une soudaine introversion.
* Une régression du niveau de la maturité.
* Un besoin constant d’être rassuré.
* Un manque de concentration.
* Des difficultés de concentration.
* Des réactions excessives par rapport à certains événements. Il tente d’éviter certaines situations, comme aller chez des amis, aller à l’école ou se faire garder.
* L’apparition, ou réapparition, de tics.
* Chercher à se dévaloriser, à se dénigrer, à porter sur lui-même un jugement dégradé.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître les symptômes du stress chez l'enfant. Des changements de comportement à court terme comme des changements d'humeur, des troubles du sommeil ou même le pipi au lit peuvent être des indicateurs de stress. Certains enfants ressentent même les effets physiques du stress comme les maux d'estomac ou les maux de tête. D'autres ont des problèmes de concentration ou éprouvent des difficultés à faire leur devoir.

Chez le nourrisson, un stress peut s'exprimer par un retard de développement.

Les enfants plus jeunes peuvent réagir au stress en prenant de nouvelles habitudes telles que se mettre à sucer son pouce, se mettre les doigts dans les cheveux pour faire des boucles ou bien encore à se mettre le doigt dans le nez. Les enfants plus âgés peuvent se mettre à mentir ou vouloir défier l'autorité. Un enfant stressé peut faire des cauchemars, avoir des difficultés à se séparer de ses parents, réagir de façon disproportionnée à de petits problèmes ou encore connaître une chute dans leurs notes et résultats scolaires.

Il n’existe pas de marqueurs précis du stress chez l’enfant. Les manifestations du stress étant très différentes d’un enfant à l’autre, ce sont surtout les changements dans l’attitude de l’enfant qui permettent de détecter le stress.

La difficulté de l’enfant d’entrer en contact avec les autres peut aussi être une manifestation du stress. Ainsi, les enfants qui restent à l’écart ou sont renfermés, même très jeunes, ont une plus grande propension à l’anxiété.

*
*    *


Le stress peut rapidement nuire à la santé des enfants


Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Floride, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences en mars 2014, les événements stressants peuvent avoir un impact presque immédiat sur la santé et le bien-être des enfants.

Les chercheurs ont analysé les données de près de 96.000 enfants aux États-Unis qui ont participé à l'Enquête nationale sur la santé infantile. Le sondage a recueilli des informations sur la santé des enfants et les situations stressantes auxquelles ils étaient confrontés, comme les parents divorcés, les violences domestiques et de quartier, les pauvres, les parents ayant des problèmes de santé mentale, l'exposition à l'abus de drogue et un parent en prison.

Les enfants qui ont vécu trois événements stressants ou plus étaient six fois plus susceptibles d'avoir des problèmes de santé physique ou mentale ou un trouble d'apprentissage que ceux qui n'avaient pas d'expérience stressante.

Le stress chronique peut déclencher des changements dans le développement de systèmes neuro-endocriniens et immunitaires d'un enfant qui conduisent à un mauvais contrôle de la réponse au stress et à une capacité réduite à résister à la maladie.


Le stress ressenti à l'enfance peut augmenter les risques de maladie cardiaque et diabète à l'âge adulte


Des chercheurs de l’École de médecine de l'université de Harvard dans une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology en septembre 2015, préviennent que le stress psychologique ressenti à l'enfance augmente le risque de maladie cardiaque ou de diabète plus tard pendant la vie.


Ces conclusions découlent de l'étude, pendant 45 ans, de quelque 7000 personnes nées en l'espace d'une semaine au Royaume-Uni. Des données concernant le stress et la santé mentale des participants ont été récoltées quand ils avaient 7, 11, 16, 23, 33 et 42 ans.

Les chercheurs ont également mesuré, à l'âge de 45 ans, neuf marqueurs biologiques qui témoignent du risque de maladie cardiaque ou de diabète  ce qu'on appelle le risque cardio-métabolique.

L'étude démontre que les gens les plus stressés pendant leur vie ont aussi le risque cardio-métabolique le plus élevé. Dans certains cas, le risque était plus élevé que celui associé à l'embonpoint pendant l'enfance.


Le stress affecte le développement cognitif des enfants


Une étude réalisée par l'Université du Wisconsin-Madison, publiée dans le Journal of Neuroscience en juin 2012, a montré que le stress peut affecter la capacité cognitive des enfants, à la fois dans l'espace  mémoire responsable de la capture de l’environnement et l'emplacement  comme à court-terme  mémoire qui contient peu de données , puisque pendant la petite enfance le cerveau est encore en développement et est affectée par des facteurs externes tels que le stress.

Les chercheurs ont mené des entrevues avec 61 enfants de 9 à 14, leur posant des questions sur des événements stressants tout au long de leur vie.

Ils ont aussi utilisé l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour scanner le cerveau de chaque participant. La recherche du cortex cingulaire antérieur, qui se trouve dans le cortex préfrontal, a pris moins de place chez les enfants qui subissent de grands efforts. Le cortex cingulaire antérieur joue un rôle dans une série de tâches cognitives et émotionnelles, y compris la mémoire de travail spatiale ou la station de travail de toutes sortes, où l’information spatiale peut être traitée et être rapidement accessible.

Les chercheurs ont montré que les enfants avaient un déficit dans leur mémoire spatiale et à court-terme. En outre, certaines régions ne se sont pas développées comme le cortex. L'exposition à des niveaux très élevés de stress pourrait changer les produits chimiques importants dans le cerveau et le corps comme le cortisol et la dopamine. L’hormone cortisol a tendance à augmenter avec le stress et peut affecter les cellules cérébrales.

Toutefois, ces effets ne sont pas irréversibles, à savoir qu'il ne touche pas le cerveau pour la vie, étant donné que les effets sont temporaires, ils peuvent être éradiqués avec un traitement approprié, après un événement stressant. Certains des avantages qui a le cerveau sont sa flexibilité, car il peut être changé ou réadapté, surtout chez l'enfant.

*   *
*

Comment réduire le stress


Le repos adéquat et une bonne nutrition, ainsi qu’une bonne éducation, peuvent augmenter les compétences nécessaires pour faire face aux situations de stress.

Au fur et à mesure que les enfants grandissent, le temps de qualité est important. Pour certaines personnes, il est vraiment difficile après le retour du travail, de s’accroupir et de jouer avec leurs enfants ou juste parler avec eux sur leur journée, surtout quand ils ont eu eux-mêmes une journée stressante. Mais les parents en exprimant intérêt sur la journée de leurs enfants, leur montrent qu’ils sont importants.

Les parents peuvent aider aussi s’ils s’avancent à des situations éventuellement stressantes et préparent leurs enfants à y faire face. Toutefois, ils doivent tenir compte du fait que, probablement, les plus jeunes enfants ne nécessitent pas beaucoup de préparation à l’avance. Leur donner beaucoup d’informations peut causer plus de stress. La sécurité est la clé.

Ne pas oublier que certain niveau de stress est normal ; leur faire savoir que c’est bien de sentir la colère, la peur, la solitude ou l’anxiété et que d’autres personnes partagent ces sentiments.

Le stress des enfants n’augmente pas seulement par ce qui se passe dans leurs propres vies. Les parents devraient faire attention à la façon dont ils parlent de leurs problèmes lorsque leurs enfants se trouvent à proximité, car les enfants vont reconnaître l’anxiété des parents et commencer à s’inquiéter.

La plupart des parents ont les compétences nécessaires pour résoudre le stress de leurs enfants. Ils doivent obtenir des soins professionnels si tout changement dans le comportement persiste, si le stress provoque anxiété sévère ou si le comportement crée des problèmes importants à l’école ou à la maison.

Quand un enfant montre des signes physiques et comportementaux, la façon la plus efficace pour réduire son stress consiste à gérer la cause ayant entraîné le stress lui-même, plutôt que de tenter de soigner ou corriger les symptômes.

Les parents peuvent aider leurs enfants à traverser les périodes d’anxiété et à faire face aux angoisses passagères de plusieurs façons


* Restez à son écoute et posez-lui des questions si vous croyez qu’il ne se sent pas bien. Aidez votre enfant à mettre des mots sur ses émotions.

* Ne dramatisez pas la situation que vit votre enfant, mais ne la minimisez pas non plus. La peur de votre enfant est réelle. Faites-lui sentir que vous le prenez au sérieux et que vous ne vous moquez pas de ses craintes.

* Rassurez-le. Proposez une période de temps dans la journée où il pourra vous parler de ses craintes. Invitez-le à respecter ce moment, et profitez-en pour le rassurer. En offrant cette occasion à votre enfant, vous lui permettez d’exprimer ses craintes sans que celles-ci envahissent son quotidien.

* N’évitez pas les situations qui lui font peur, car plus il les évitera, plus elles seront angoissantes pour lui. Apprenez-lui plutôt à leur faire face doucement et graduellement. Il apprivoisera ainsi ce qui le rend anxieux.

* Invitez votre enfant à s’exprimer par le dessin ou le jeu. Faites des mises en situation en recréant par le jeu la situation qui l’angoisse.

* S’il a peur d’un changement à venir, prenez le temps de lui expliquer ce qui se passera.

* Soulignez ses succès. Par exemple, rappelez-lui les peurs qu’il avait lorsqu’il était petit et qu’il a réussi à surmonter.

* Assurez-vous que votre enfant mange et dort bien. S’il a des cauchemars, essayez d’en trouver la cause.

* Faites de la relaxation avec votre enfant pour l’aider à se détendre et à gérer son stress. Par exemple, apprenez-lui à faire des respirations abdominales.

* Travaillez sur vos propres angoisses pour ne pas l’influencer. Au besoin, allez chercher de l’aide pour vous.

L'enfant peut également contrôler son stress en suivant ces conseils


* Parler à ses parents au sujet de son problème et si ce n’est pas possible, à une personne de confiance.

* Se détendre : en écoutant de la musique douce, en prenant un bain chaud, en fermant les yeux et en respirant profondément et lentement, même en pratiquant le yoga pour enfants.

* Prendre le temps pour être seul ou passer quelques minutes pour profiter de son activité préférée : la lecture, la peinture, jouer d' un instrument, la danse, etc.

* Faire du sport.

* Très important, se fixer des objectifs réalistes et mener ses activités le mieux possible, toujours en se rappelant que personne n’est parfait et qu’il est impossible de tout faire correctement.

Il est important que les enfants prennent conscience de leurs tensions pour les dépasser à l'aide d'exercices corporels et mentaux relaxants. Chez soi ou à l'école quelques minutes de ces exercices-jeux évitent bien des énervements. Ils apportent une meilleure écoute, une vraie concentration ainsi qu'une réelle harmonie générale.




Exercices d’éveil pour petits chatons. Conçu à partir de techniques orientales issues et adaptées du yoga, du zen, du tai-chi, des mandalas (mais sans jamais les citer), et aussi à partir d’exercices psychologiques et de visualisation, cet album original donne des exercices faciles à exécuter et des conseils pratiques précieux pour relaxer et concentrer les enfants, que ce soit en classe ou à la maison.




Il est de plus en plus évident que l'adversité de l'environnement social chez l'enfant augmente la probabilité de développer un niveau élevé de détresse. Par conséquent, les stratégies de prévention et d'intervention précoce devraient se concentrer à la fois sur le petit et son environnement.