vendredi 16 décembre 2016

Les Dioxines et leurs Effets sur la Santé





Les dioxines sont des polluants de l'environnement. Elles ont la caractéristique douteuse d'appartenir au groupe appelé «dirty dozen», une douzaine de produits chimiques dangereux qui sont des polluants organiques persistants.

Elles posent problème à cause de leur toxicité potentielle élevée. L'expérimentation a montré qu'elles affectaient un certain nombre d'organes et de systèmes. Une fois que les dioxines ont pénétré dans l'organisme, elles s'y maintiennent longtemps à cause de leur stabilité chimique et de leur capacité à être absorbée par les tissus adipeux, dans lesquels elles sont stockées. On estime que leur demi-vie, le temps nécessaire pour perdre la moitié de son activité dans l'organisme, va de 7 à 11 ans.

Dans le monde entier, les dioxines sont présentes dans l’environnement et elles s’accumulent dans la chaîne alimentaire, principalement dans les graisses animales. Plus on monte dans cette chaîne, plus les concentrations en dioxines augmentent.

La dioxine a pour appellation chimique tétrachloro-2, 3, 7, 8 dibenzo-para-dioxine (TCDD). On emploie souvent le terme de «dioxines» pour une famille de composés apparentés sur le plan structurel et chimique. On a identifié quelque 419 apparentés à la dioxine mais on considère que seulement trente d'entre eux ont une toxicité marquée, la TCDD étant la plus toxique.

Dans l'environnement et les aliments, les dioxines se présentent sous la forme d'un mélange complexe. Pour évaluer le risque potentiel de l'ensemble du mélange, on applique la notion d'équivalence toxique à ce groupe de polluants. La TCDD, le produit le plus toxique de cette famille, est utilisée comme référence et, sur la base d'études expérimentales, on détermine l'activité toxique de toutes les autres dioxines par rapport à la TCDD.


Sources de contamination par les dioxines


Les dioxines sont avant tout des sous-produits des processus industriels, mais elles peuvent aussi apparaître lors de phénomènes naturels, comme les éruptions volcaniques ou les feux de forêts. Un incendie peut provoquer une combustion incomplète et la production de dioxines pouvant contaminer les animaux des environs.

Les dioxines sont des sous-produits indésirables dans un grand nombre de procédés de fabrication, comme la fusion, le blanchiment au chlore des pâtes à papier ou la production de certains herbicides et pesticides.

En termes d’émissions de dioxines dans l’environnement, les pires fauteurs de pollution sont les incinérateurs non contrôlés de déchets (déchets solides et déchets des hôpitaux), en raison des combustions incomplètes. On dispose pourtant de la technologie nécessaire pour contrôler l’incinération des déchets et avoir de faibles émissions.

Bien que les dioxines soient produites au niveau local, elles se répandent sur toute la planète. On en a retrouvé dans le monde entier et dans pratiquement tous les milieux. On observe les concentrations les plus élevées dans certains sols, sédiments et aliments, notamment les produits laitiers, la viande, le poisson et les crustacés. En revanche, les concentrations sont très faibles dans les plantes, dans l'eau et dans l'air.

Il y a dans le monde entier des stocks importants d'huiles industrielles usagées contenant des PCB, très souvent avec de fortes teneurs en PCDF. La conservation à long terme et la mauvaise élimination de ces matières peuvent entraîner une libération de dioxines dans l'environnement et la contamination de l'approvisionnement alimentaire de l'homme et de l'animal. Il n'est pas facile d'éliminer les déchets contenant des PCB sans contaminer l'environnement et les populations humaines. Il faut traiter ces matières comme des déchets dangereux et l'incinération à haute température est le meilleur moyen pour les détruire.


Cas de contamination à la dioxine


De nombreux pays surveillent la présence des dioxines dans les denrées alimentaires. C'est ainsi qu'on a détecté rapidement des contaminations et pu souvent éviter des conséquences à grande échelle.

Certains cas ont été plus graves et ont eu des conséquences plus importantes dans de nombreux pays.

Dans de nombreux cas, la contamination à la dioxine passe par l’alimentation des animaux: il y a eu par exemple des cas d’augmentation des teneurs en dioxine dans le lait ou la nourriture de l’animal dont on a trouvé l’origine dans l’argile, la graisse ou des pellets de pulpes d’agrumes utilisés dans la production d’aliments pour animaux.

De grandes quantités de dioxines ont été libérées lors d'un grave accident dans une usine chimique à Seveso (Italie), en 1976. Un nuage toxique, comportant de la tétrachlorodibenzo-2, 3, 7, 8 p-dioxine, ou TCDD, a été libéré dans l'atmosphère et a fini par contaminer une zone de quinze kilomètres carrés avec une population de 37.000 habitants. Des études approfondies sur la population touchée se poursuivent pour déterminer les effets à long terme de cet accident sur la santé de l'homme.

Fin 2008, l’Irlande a rappelé des tonnes et des tonnes de viande de porc et de produits dérivés, lorsqu’on a détecté des quantités de dioxines jusqu’à 200 fois plus élevées que la limite de sécurité dans des échantillons de porc. Cette découverte a entraîné l’un des plus gros rappel d’aliments en relation avec une contamination chimique. Les évaluations du risque faites en Irlande n’ont pas mis en évidence de problème pour la santé publique. L’origine de cette contamination a été retrouvée dans l’alimentation contaminée des animaux.



En 1999, on a trouvé des concentrations élevées en dioxines dans des volailles et des œufs en Belgique. Par la suite, des produits alimentaires à base d'animaux et contaminés par des dioxines (volailles, œufs, porcs) ont été détectés dans plusieurs pays. L'origine en était des aliments pour animaux contaminés par de l'huile industrielle usagée contenant des PCB et éliminée illégalement.

On a également étudié de manière approfondie les effets sanitaires de la TCDD liés à sa présence en tant que contaminant de certains lots «d'agent orange», herbicide utilisé comme défoliant au cours de la guerre du Viet Nam. Les investigations se poursuivent sur le lien avec certains types de cancers et le diabète.

Bien que tous les pays puissent être touchés, la plupart des cas ont été notifiés dans des pays industrialisés qui ont un meilleur contrôle des contaminations alimentaires, une plus grande connaissance des dangers et de meilleurs dispositifs réglementaires pour détecter les problèmes de dioxines.



Quelques cas d'intoxication humaine délibérée ont également été signalés. Le plus notable est, en 2004, celui de Viktor Louchtchenko, président de l'Ukraine défiguré par une chloracné ou acné chlorique), la formation de taches sombres sur la peau et une altération de la fonction hépatique.



Effets des dioxines sur la santé de l'homme


Compte tenu de l'omniprésence des dioxines, tous les êtres humains ont des antécédents d'exposition et une certaine concentration de ces produits dans l'organisme, entraînant ce que l'on appelle une charge corporelle. Actuellement, l'exposition de fond normale ne devrait pas, en moyenne, avoir d'influence sur la santé. Toutefois, en raison de la toxicité potentiellement élevée de cette classe de produits, il faut faire s'efforcer d'abaisser le niveau actuel de l'exposition de fond.

* Les dioxines sont très toxiques et peuvent provoquer des problèmes au niveau de la procréation, du développement, léser le système immunitaire, interférer avec le système hormonal et causer des cancers.

* L’exposition brève de l'homme à de fortes concentrations en dioxines peut entraîner des lésions dermiques, comme la chloracné.

* L'exposition de longue durée s'associe à une dégradation du système immunitaire, du développement du système nerveux, du système endocrinien et des fonctions génésiques.

* L'exposition chronique aux dioxines chez l'animal, a entraîné plusieurs types de cancers. Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence de l'OMS, a évalué la TCDD en 1997 et 2012. Sur la base des données épidémiologiques chez l'homme et des informations sur l'animal, le CIRC l'a classée dans les «cancérogènes pour l'homme». En revanche, elle n'altère pas le patrimoine génétique et, en deçà d'un certain niveau d'exposition, le risque cancérogène serait négligeable.


Le fœtus en développement est le plus sensible à l'exposition à la dioxine. Le nouveau-né, dont les systèmes organiques se développent rapidement, pourrait également être plus vulnérable à certains effets.

Certaines personnes ou groupes de personnes peuvent être exposés à de plus fortes concentrations en dioxines à cause de leur régime alimentaire (par exemple, ceux qui consomment beaucoup de poisson dans certaines régions du monde) ou de leur profession (les personnes travaillant dans le papier et la pâte à papier, dans les sites d'incinération ou de traitement des déchets dangereux).


Prévention et lutte contre l'exposition à la dioxine


La meilleure méthode de prévention et de lutte consiste à incinérer correctement les matières contaminées, ce qui peut aussi détruire les huiles usagées contenant de PCB. L'incinération doit se faire à haute température, plus de 850°C. Pour détruire de grandes quantités de matières contaminées, il faut même atteindre des températures plus élevées, au moins 1000°C.

C'est en prenant des mesures à la source que l'on réussit le mieux à éviter ou à diminuer les expositions, c'est-à-dire en contrôlant rigoureusement les processus industriels pour réduire autant que possible la formation de dioxines.

Cela est du ressort des autorités nationales mais, reconnaissant l'importance de cette approche, la Commission du Codex Alimentarius a adopté en 2001 un code d'usages en matière de mesures prises à la source pour réduire la contamination des denrées alimentaires par les substances chimiques et, en 2006, un code d'usages pour la prévention et la réduction de la contamination des aliments par les dioxines et les PCB de type dioxine.

Plus de 90% de l'exposition de l'homme aux dioxines provient de l'alimentation, principalement de la viande, des produits laitiers, des poissons et des crustacés. Il revient aux gouvernements nationaux de surveiller la sécurité sanitaire de l’approvisionnement alimentaire et de prendre des mesures pour protéger la santé publique.

Il est par conséquent essentiel de protéger l'approvisionnement en denrées alimentaires. L'une des méthodes consiste à prendre des mesures à la source pour réduire les émissions de dioxine. Il faut aussi éviter les contaminations secondaires des denrées dans toute la chaîne alimentaire. Les contrôles et les pratiques de qualité pendant la production, la transformation et la distribution sont essentiels pour produire des denrées sûres.

Des systèmes de surveillance des contaminations des aliments doivent être mis en place pour veiller au respect des niveaux tolérés. Il revient aux producteurs d’aliments pour animaux et à usage humain de s’assurer de la qualité des matières premières et de la sécurité des processus de production.


Que doit faire le consommateur pour réduire son risque d'exposition ?


Il pourrait réduire l'exposition aux dioxines en dégraissant la viande et en consommant des produits laitiers allégés en matières grasses. Un régime équilibré – comprenant des quantités suffisantes de fruits, de légumes et de céréales – permettra aussi d'éviter une exposition excessive à une source en particulier.

Il s'agit d'une stratégie sur le long terme pour réduire la charge corporelle et elle est probablement plus intéressante pour les jeunes filles et les jeunes femmes afin de diminuer, à un stade ultérieur, l'exposition des enfants pendant la grossesse et l'allaitement.

La possibilité qu'ont les consommateurs de réduire leur exposition reste cependant assez limitée.


Que faut-il faire pour détecter et doser les dioxines dans l'environnement et les aliments ?



L'analyse chimique quantitative des dioxines fait appel à des techniques complexes que seul un nombre limité de laboratoires dans le monde, pour la plupart dans les pays industrialisés, peuvent mettre en œuvre. Les coûts sont très élevés et varient selon les échantillons. Ils vont de 1700 dollars pour l'analyse d'un échantillon biologique unique à plusieurs milliers de dollars américains pour l'évaluation complète des émissions d'un incinérateur à déchets.

On met de plus en plus au point des techniques de dépistage biologique (reposant sur des cellules ou des anticorps). Leur utilisation pour les denrées alimentaires n'a pas encore été suffisamment validée. Elles permettront néanmoins de faire davantage d'analyses à moindre coût. Les résultats positifs devront être confirmés par des analyses chimiques plus complexes.


Action de l'OMS en matière de dioxines


La réduction de l'exposition aux dioxines est un objectif important pour la santé publique (baisse de la charge de morbidité) et pour le développement durable. Afin de donner des orientations sur les niveaux d'exposition acceptables, l'OMS a organisé une série de réunions d'experts pour déterminer les doses tolérables de dioxines auxquelles les êtres humains peuvent être exposés tout au long de leur vie sans effet nocif.

Pour la première fois en 2015, l’OMS a publié des estimations sur la charge mondiale de morbidité imputable aux maladies d’origine alimentaire. Les effets des dioxines sur la fertilité et la fonction thyroïdienne ont été considérés dans ce contexte et la prise en compte de ces deux critères de jugement seulement montre que ce type d’exposition peut contribuer à une part significative de la charge de ces maladies dans certaines régions du monde.

L'OMS a aussi fait depuis 1987 des études régulières sur les concentrations en dioxine dans le lait maternel. Celles-ci permettent d'évaluer l'exposition de l'homme aux dioxines de toutes origines. Les données récentes indiquent que les mesures prises pour réduire les émissions de dioxines dans un certain nombre de pays ont abouti à une baisse sensible de l'exposition à ces composés au cours des 20 dernières années. Les données en provenance des pays en développement sont incomplètes et ne permettent pas encore de procéder à une analyse des tendances dans le temps.

Au cours des 15 dernières années, l'OMS a établi et régulièrement réévalué, par l'intermédiaire de son Programme international sur la sécurité chimique (IPCS) et par le biais de consultations d'experts, les facteurs d'équivalence toxique (FET) pour les dioxines et les produits apparentés. Les valeurs des FET ainsi établies s'appliquent à l'être humain, aux mammifères, aux oiseaux et aux poissons.

En 2001, le Comité mixte FAO/OMS d'experts des additifs alimentaires a procédé à une évaluation actualisée complète du risque pour les PCDD, les PCDF et les PCB «de type dioxine». Afin d'évaluer les risques sur le long terme et le court terme, il faut évaluer pendant plusieurs mois l'absorption totale ou moyenne et la dose tolérable sera évaluée sur une période d'au moins un mois. Les experts ont établi une dose mensuelle tolérable provisoire de 70 picogrammes/kg par mois. C'est la quantité de dioxines qui peut être ingérée pendant toute une vie sans avoir d'effets détectables sur la santé.

En collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), par le biais de la Commission du Codex Alimentarius, l'OMS a établi un «Code d'usages pour la prévention et la réduction de la contamination des aliments par les dioxines et les PCB de type dioxine». Les autorités nationales et régionales trouvent dans ce document des orientations sur les mesures préventives.

L'OMS a également depuis 1976 la responsabilité du programme conjoint de surveillance et d'évaluation de la contamination alimentaire dans le cadre du système mondial de surveillance continue de l'environnement (communément appelé GEMS/Food). Ce programme informe sur les teneurs et les tendances des polluants dans l'alimentation grâce à son réseau de laboratoires répartis dans 50 pays. Les dioxines font partie du programme de surveillance.

L'OMS poursuit maintenant ces études en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dans le cadre de la mise en œuvre de la «Convention de Stockholm», un accord international pour réduire les émissions de certains polluants organiques persistants (POP), dont les dioxines. On envisage un certain nombre d'actions pour diminuer la production des dioxines au cours de l'incinération et des processus de fabrication.

Un certain nombre d’actions sont envisagées pour réduire la production de dioxines au cours des processus d’incinération et de fabrication. L’OMS et le PNUE entreprennent désormais des études mondiales du lait maternel, y compris dans de nombreux pays en développement, pour surveiller l’évolution de la contamination à la dioxine dans le monde et l’efficacité des mesures prises au titre de la Convention de Stockholm.

La prévention ou la diminution de l’exposition de l’être humain marchent le mieux en prenant des mesures à la source, c’est-à-dire en instaurant un contrôle rigoureux des processus industriels pour réduire la formation de dioxines.


vendredi 9 décembre 2016

Neurosciences du Bonheur et du Bien-être – Le Cerveau Heureux



Le bonheur est momentané et de courte durée, tandis que 
le bien-être est plus durable et il est lié à la satisfaction de vivre


Notre esprit, ainsi que notre corps et celui des autres êtres vivants, est un produit de l’évolution. Par conséquent, il agit avec les mécanismes qui ont permis de survivre aux menaces de toute la période évolutive. Toutefois, ces mécanismes ne semblent pas être utiles maintenant pour faire face à la plupart des défis quotidiens et pour faire bon usage de nos chances vitales. La vérité est qu’ils présentent souvent un inconvénient. La neurologie actuelle soutient que, si nous voulons vivre d’une manière plus heureuse, nous devons lutter contre ces mécanismes mentaux.

Définition du bonheur. Un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents.

Neurosciences


C’est une discipline qui comprend de nombreuses Sciences impliqués dans l’étude, d’un point de vue inter, multi et transdisciplinaire de las structure et l’organisation fonctionnelle du système nerveux, en particulier le cerveau.

À partir de l’étude à différents niveaux : moléculaire, neuronal, réseaux neuronales, comportemental et cognitif, les neurosciences essaient de démêler la façon comment l’activité du cerveau est liée à la psyché et aux comportements.

Les progrès qui ont eu lieu au sujet de l’observation du cerveau humain et des conditions de bien-être différentes sont possibles en raison des progrès de la technologie médicale, ce qui facilite les nouvelles méthodes pour en savoir plus sur la structure d’imagerie et de fonctionnement du cerveau humain.

Comprendre la physiologie du cerveau est essentiel afin de comprendre nos comportements et les processus d’enseignement et d’apprentissage ; et aussi pour être en mesure d’appliquer les outils qui permettent la modélisation des états émotionnels, permettant d’être chaque jour un peu plus heureux.

Les neurosciences montre comment un environnement positif modifie le cerveau vers le bonheur et le bien-être, c’est pourquoi dès très tôt il est si important que le cerveau soit stimulé et apprenne à construire une vie en bonne santé.

L’accent de la recherche du bonheur neuronale se concentre sur deux aspects : le plaisir et le désir. La notion de récompense est un élément central de ces deux états d’esprit.

La science du bonheur


En vingt ans, des disciplines se sont réunies pour constituer et consolider une nouvelle science, la science du bonheur, qui rassemble neurosciences, psychologie positive, économie du bonheur, etc.

La science du bonheur est le résultat de l’activation des circuits spécifiques du cerveau, des circuits conçus et mis au point par l’évolution pour nous donner un état de bien-être. Logiquement, dans ces circuits neuronaux sont impliqués des neurotransmetteurs spécifiques qui peuvent être étudiés scientifiquement. La clé est de savoir comment faire pour activer ces circuits de façon volontaire et consciente, car, de cette façon, nous pouvons nous donner des expériences de bonheur.



Une extraordinaire chimie du cerveau influence notre bien-être. Des molécules  importantes produites jouent un rôle très important dans notre équilibre émotionnel. Ces principales molécules influencent notre équilibre (ou déséquilibre) émotionnel, tel que les quatre principales suivantes : la  dopamine – qui correspond à l’énergie, le plaisir et à la motivation –, l’acétylcholine – qui aide à la créativité et à la mémorisation –, le gaba – qui agit comme un relaxant pour le calme et la stabilité de l’humeur – et la sérotonine –qui agit sur la sensation de joie de vivre et sentiment de satisfaction –.




Reprogrammer les circuits neuronaux


La dernière grande révolution en neurosciences a été de découvrir que l’on peut reprogrammer les circuits neuronaux. Jusqu'à récemment, on croyait que la neuro-plasticité était limitée, autrement dit, l’être humain naissait avec un nombre déterminé et immuable de neurones, qui se détérioraient et mouraient avec le passage du temps. Il est démontré que notre cerveau est capable de se modifier et de créer de nouveaux réseaux de neurones toute notre vie.

Aujourd'hui on sait que par l’apprentissage de niveau neuronal – connu sous le nom d’apprentissage de Hebb – les neurones sont en mesure d’installer un nouveau câblage selon l’expérience, que ce soit occasionnel ou avec effort conscient. Cela signifie que, par un entraînement mental approprié, notre profil émotionnel peut changer et influencer de manière positive notre vie.

Le cerveau peut être modifié et se recréer en fonction de nos états d’esprit et nos états d’âme, et aussi en fonction de nombreux facteurs qui l’influencent comme notre alimentation, nos comportements, notre mode de vie, notre environnement etc.

Un bon entraînement mental


L’entraînement pour reprogrammer le cerveau peut être mené à trois niveaux : par le biais de changements dans nos pensées, nos émotions et notre comportement. Ce serait l’explication scientifique de pourquoi les thérapies proposées par les psychologues nous aident à nous sentir mieux et être plus heureux.

L’homme oublie que le bonheur est une disposition d’esprit et non une condition des circonstances. La mentalité moderne nous a amené à penser que la poursuite du bonheur doit s’orienter à l’extérieur, c'est-à-dire, dans le monde des objets et des biens. Il semblerait que nous ne pouvons être heureux que si les circonstances extérieures le sont le cas échéant.

La véritable source du bonheur est en nous. Disons que nous sommes biologiquement prêts à être heureux, pourvu que nous travaillions activement dans ce sens. Le mot clé ici est : activement. Le bonheur est atteint avec l’exercice, l’effort et la discipline.


Les clés du bonheur selon l’Université de Harvard


Des chercheurs de la Harvard Medical School, pendant 75 ans, ont suivi le quotidien de 724 hommes dont les résultats ont été révélés en novembre 2015.

Quatre directeurs d’étude se sont succédés depuis 1938 pour mener à bien les recherches. À intervalles réguliers, les scientifiques ont méticuleusement interrogé les patients sur leur travail, leur famille et leur santé. Ils ont réalisé des analyses de sang, des scanners des cerveaux et sont même allés jusqu’à autopsier les participants décédés. Peu à peu, ils ont accumulé un corpus de ressources sans précédent, et ce dans un seul but : trouver le secret du bonheur.

Pour maximiser les chances de découvrir le facteur bonheur, les participants ont été choisis selon des critères socio-démographiques. Une partie a été sélectionnée au sein de la l'université de Harvard. L’autre partie du panel a été choisie dans les quartiers pauvres de Boston.

Le premier constat : les relations humaines sont excellentes pour le bien-être tandis que la solitude tue. L’expérience montre que les individus les plus connectés à leur famille, à leurs amis et à leur cercle social sont non seulement plus heureux mais aussi en meilleure santé. À l’inverse, les personnes isolées sont moins heureuses et leur état de santé décline en milieu de vie tout comme leurs capacités cognitives. Les personnes seules mourraient aussi plus jeunes.

La deuxième conclusion, c'est que, pour être heureux, la qualité des relations prévaut sur la quantité.

Bénéfiques pour le corps, les relations sont également bénéfiques pour le cerveau. Une personne investie dans une relation sécurisante aurait les idées claires plus longtemps.

Bien que la portée de l’étude soit impressionnante, elle reste pour le moment exclusivement masculine. Seuls 60 des 724 participants initiaux sont encore en vie. La deuxième génération de l’étude débute actuellement avec leurs enfants, filles comme garçons cette fois. Il sera donc possible de déterminer si le bonheur est conditionné par l’éducation et les parents.


Les neurosciences révèlent les secrets du bonheur

La gratitude


Il existe une corrélation entre la quantité de certaines substances chimiques dans notre cerveau et nos états émotionnels. Ainsi, des états émotionnels positifs et agréables ont une relation directe avec la quantité de dopamine produite par nos neurones. Par exemple, ce que de nombreux antidépresseurs font c’est augmenter les niveaux de dopamine afin d’élever l’état de bien-être.

La gratitude produit aussi une augmentation des niveaux de dopamine. Et c’est la raison pour laquelle les gens heureux présentent des niveaux de bonheur plus élevés que la moyenne.

Curieusement, cela coïncide avec ce que les traditions spirituelles et de sagesse ont prescrit comme un élément clé de bien vivre. Elles sont arrivées à cette conclusion en observant l’expérience. Maintenant, à l’ère de la science, nous savons pourquoi, et cela complète le cercle des connaissances.

Se sentir reconnaissants nous aide à vivre le bonheur que nous tous désirons dans nos vies. En outre, c’est une formule qui ne dépend pas des circonstances extérieures ou du moment. La gratitude ne dépend que de nous-mêmes et de comment “nous regardons” notre vie. Se sentir reconnaissants pour ce que nous avons, pour ce que d’autres font ou ont fait pour nous, ou pour la vie elle-même, c’est une sorte de potion magique, de pierre philosophale que tout ce qu’elle touche devient de l’or, l’or de sentir le bonheur.

Entraîner cet état d’esprit (ce muscle) régulièrement dans notre vie, en plus de contribuer à notre bonheur et notre santé physique et mental, aide à mieux traverser les épreuves si elles se présentent. Le seul fait de se concentrer sur les aspects positifs d’une situation et de ressentir de la reconnaissance augmente la capacité de résilience et d’acceptation et permet de donner un sens aux expériences difficiles que la vie peut nous amener.

Parfois la vie devient difficile et il semble qu’il n’y a rien pour se sentir reconnaissant. N’importe, il suffit de chercher quelque chose pour se sentir reconnaissant et il y aura les mêmes effets dans notre cerveau et dans la ségrégation de la dopamine. Mais il est vrai aussi que les difficultés auxquelles nous soyons confrontés à un moment donné et les émotions négatives liées peuvent nous conduire à ne voir rien de positif ni à être reconnaissants. C’est pourquoi cette découverte est si importante. Seulement en adoptant cette intention de recherche, notre cerveau change son intérieur chimique et nous commençons à faire l’expérience émotionnelle plus positive associée à cette chimie.

Le sentiment de reconnaissance dans nos vies ainsi que la visualisation de nos désirs et de nos expériences positives sont autant d’éléments qui peuvent contribuer à notre mieux-être, notre épanouissement et notre santé physique et mentale.

Une clé : partager


Si nous partageons vraiment les bonnes choses, nous pouvons partager ce bien-être et en parler. A plus long terme, la pratique d’une appréciation de ce qui est bon peut connecter le cerveau à un point de vue plus optimiste.

Ainsi que des événements nuisibles et le stress peuvent provoquer des changements antisociaux dans le cerveau, un environnement positif peut refaire le câblage cérébral afin de promouvoir un comportement pro-social et de bien-être.

Le bonheur tend à se rassembler sur les réseaux sociaux. En d’autres termes, les gens heureux sont associés avec d’autres gens heureux.

L’intelligence émotionnelle


L’intelligence émotionnelle est définie comme l’ensemble des aptitudes, des compétences et des capacités non cognitives nous permettant d’apprécier et exprimer nos émotions de manière équilibrée et comprendre celles des autres.

Cette compréhension des émotions nous aidera à guider notre pensée et notre comportement, qui influent sur la capacité d’une personne à atteindre ses objectifs et à faire face aux problèmes et pressions de la vie quotidienne.

En fait, la perception, le jugement et l’interprétation déterminent l’émotion ressentie et l’action ou l’inaction qui en découle. Plus notre capacité à gérer nos émotions est élevée, plus nous augmentons nos chances d’être heureux.

Les personnes ayant une intelligence émotionnelle développée sont plus équilibrées, plus sociales et plus heureuses, peuvent mieux faire face à l’adversité, ont une grande capacité pour la solidarité et ont une grande aptitude à communiquer et exprimer leurs sentiments de façon appropriée.

Devenir conscient de la direction que prennent nos pensées, les accueillir et nous ramener à l’essentiel et à la plénitude du moment présent augmentent notre aptitude au bonheur et permettent un meilleur développement de notre plein potentiel de mieux-être et d’excellence personnelle et professionnelle.


Le pouvoir de l’attitude


L’attitude est un “état d’esprit”, une prédisposition mentale, en fait, une façon d’être que nous choisissons consciemment ou inconsciemment d’adopter face à une situation, à une personne ou une chose.

On ne peut pas changer le passé ni les événements qui se sont produits, mais nous pouvons changer cependant la façon de les percevoir et de réagir. Nous pouvons choisir notre attitude et notre façon de les vivre et de réagir.


Développer de nouvelles habitudes


L’entraînement du cerveau pour être positif n’est pas si différent de l’entraînement de nos muscles dans la salle de gym. La capacité du cerveau à changer, même à l’âge adulte, révèle qu’en développant de nouvelles habitudes, il se re-configure.

L’expérience modèle le cerveau (hardware), ce qui permet que notre esprit (software) fonctionne plus sainement et nous fasse nous sentir mieux. Bien qu’il est également vrai que des expériences négatives façonnent des esprits plus pessimistes, critiques et éventuellement agressifs.

Presque n’importe quel esprit peut changer, même celui qui a souffert de blessures ou une pathologie, sauf ceux qui sont en train de développer des processus pathologiques profonds (telles que la démence).

Les émotions sont des “signaux” que le corps produit face à des changements dans le contexte ou l’environnement, et si nous prenons conscience de cela nous pouvons commencer à les comprendre, s’éloignant de la  réactivité pure – associée à des émotions plus nuisibles – et passant à des réponses plus conscientes – des émotions altruistes –.

Le fait de cultiver des émotions positives avec des pratiques telles que la méditation peut aider à développer les zones du cerveau associées au bien-être et au bonheur.


Une zone du bonheur dans le cerveau


On l’appelle précunéus. C’est une petite région de la face interne du lobe pariétal du cortex cérébral. Juste un petit repli au-dessus et légèrement à l’arrière de notre cerveau. Un repli qui pourrait contenir notre aptitude au bonheur. Émotions, perception de sens et sensation d’épanouissement sont toutes trois liées au volume du précunéus.

Le bonheur est un état subjectif relativement stable chez une personne donnée, et il semble dépendre pour moitié environ de facteurs génétiques. Mais les 50% restant sont de notre ressort, ce qui signifie que chacun peut œuvrer à son propre bonheur, à sa propre échelle. Les neurones modulent leurs connexions à chaque instant de nos vies, si bien que le précunéus pourrait fort bien ajuster ses dimensions selon les expériences que nous faisons. Des études d’imagerie cérébrale ont révélé que la pratique intensive de la méditation augmente le volume du précunéus.


Entraîner le cerveau à être heureux


Si vous programmez vos neurones afin qu’ils soient davantage réceptifs au bonheur, tôt ou tard, il vous sera possible de vous éloigner définitivement de la tristesse. Au contraire, si notre comportement fait en sorte que notre matière grise interprète de façon négative notre quotidien, il nous sera impossible de profiter des moments vécus.

Les pensées négatives ont une influence sur vos interactions avec autrui, sur votre capacité de perception, sur votre mémoire et sur votre capacité à créer de nouvelles connexions neuronales.

Au contraire, si nous sommes capables de nous centrer sur le positif et d’envisager le futur, non pas comme une source de problèmes mais plutôt comme une ample liste d’éventualités, nous serons non seulement plus heureux mais également plus productifs et réactifs.


Des activités recommandées par les neurosciences


Ecouter de la musique des meilleurs moments de notre vie. La musique a le pouvoir de nous transporter où et quand nous l’avons écoutée. Ainsi, si nous étions heureux au moment où nous avons entendu tel morceau, il nous suffit de le réécouter pour ressentir les émotions d’alors.

Sourire même si on ne se sent pas heureux. On peut en effet “tromper” le cerveau en souriant et cela vous fera ressentir de la joie. Mieux, la recherche a montré que le sourire donne autant de plaisir que 2000 barres de chocolat.

Améliorer l’alimentation. Il existe une relation directe entre nos états d’âme et ce que nous ingérons. Manger une banane par jour favorise la bonne humeur, souligne le nutritionniste Miguel Angel Almodovar, auteur de “La nourriture du bonheur”. Il propose une liste succincte d’aliments qui engendrent le bien-être : le poisson pour ses acides gras type oméga 3, les dattes, les fruits secs, les bananes pour le tryptophane, le cacao, la guarana, l’herbe mate pour la théobromine et les vitamines B et C.

Marcher 30 minutes par jour si possible avec un ami et dans la nature. Le contact avec la nature améliore notre santé mentale et la créativité, la mémorisation. Réaliser un sport de manière fréquente stimule la circulation sanguine du cerveau en le rendant plus jeune, mieux nourri, réceptif, flexible et parfaitement affiné et améliore l’estime de soi.

Entraîner le cerveau à construire de nouveaux chemins vers la sérénité. La pratique de la méditation est envisagée comme un outil pour améliorer notre bien-être. Un niveau élevé de méditation aide à former une meilleure empathie et davantage de conscience. S’assoir dans un lieu paisible, fermer les yeux et focaliser notre mémoire sur un de nos moments les plus réjouissants peut nous aider à améliorer nos connexions neuronales.

Avoir un objectif à long terme. Si nous avons des objectifs, notre vision du monde change complètement. Le stress et l’inquiétude diminuent. Nous nous sentons plus heureux. La vie prend du sens.

Bien dormir. Le manque de sommeil nous entraine dans des états dépressifs. A l’inverse, bien dormir est synonyme de bien-être mental et physique.

Toucher les gens nous aide à être sociable : principe de base du bonheur


Nous devons sentir l’affection et l’acceptation de l’autre et ne pas le sentir peut être douloureux. Un des principaux moyens de la libération de l’ocytocine est tactile.

Les circuits de la douleur et l’anxiété diminuent leur activation à l’ocytocine, le processus est facilité avec plus de câlins et de toucher corporel. Nous sentir câlinés et protégés peut réduire les effets négatifs, le cortex insulaire est moins actif.

Les relations sociales sont primordiales pour se sentir heureux. Mais pour aller encore plus loin, il faut toucher les gens au sens propre du terme. Bien entendu, avec certaines personnes, les câlins peuvent être inappropriés, mais la poignée de main ou la légère tape dans le dos peuvent aussi être de bonnes options dans certaines situations. Mais surtout, allez plus loin physiquement avec ceux dont vous êtes plus proches et prenez les dans vos bras. Les câlins sont une source de bonheur inépuisable. Et si vous n'avez personne à prendre dans vos bras, les neurosciences proposent une séance de massage comme alternative. Une chose semble être claire parmi les scientifiques : le contact tactile ne peut être remplacé sous aucun prétexte par un SMS.

5 câlins par jour pendant un mois, nous rendent plus heureux


* La sérotonine augmente de 30 % et la dopamine de 60 %, l’ocytocine dans un 75 %.

* Les endorphines sont plus faciles à libérer. Cela améliore le sommeil, réduit la fatigue, réduit le stress, réduit la dépression et réduit la tristesse, le cortisol disparaît pratiquement.


Dix commandements pour être heureux



1.   Le bonheur n’est pas un état, c’est une approche de la vie.
2.   Nous devons viser à être heureux.
3.   Être ou rester en cohérence, aligné avec vous-même, vos valeurs, votre environnement.
4.   Accepter les choses comme elles viennent. Soyez attentif à vos perceptions et si nécessaire, modifiez-les en re-cadrant les situations : votre verre est-il à moitié plein ou à moitié vide?
5.   Regarder les problèmes à distance. Mettre les pensées avant les sentiments.
6.   Souhaiter ce que nous avons et en profiter.
7.   Faire ce que nous aimons. Trouver des activités qui nous font plaisir et nous permettent de profiter du temps libre.
8.   Adopter une attitude optimiste envers la vie. Entretenir des pensées positives.
9.   Cultiver le sens de l’humour, l’empathie, la persévérance.
10. S’appuyer sur la famille. Prenez le temps d’apprécier ceux qui vous entourent.

Émotions et cerveau, biochimie du cerveau, plasticité du cerveau, autant des sujets et de découvertes récentes importantes des dernières années en neurosciences qui démontrent que le cerveau est un organe en constante re-configuration, évolution. Le cerveau est donc un outil par excellence à utiliser pour apprendre et pour être plus heureux.