dimanche 27 septembre 2020

Trouble Borderline ou de la Personnalité Limite




Les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité limite activent différentes régions du cerveau pour contrôler leurs impulsions

Une équipe de chercheurs de l'Université autonome de Madrid, de l'hôpital clinique San Carlos et du Center for Biomedical Research in Mental Health Network, dont les travaux ont été publiés dans la revue internationale Biological Psychology en juin 2019, a révélé que des patients atteints d'un trouble borderline (BPD) activent certaines régions du cerveau pour inhiber leurs réponses motrices et contrôler leurs impulsions, différentes de celles utilisées par ceux qui ne souffrent pas de troubles médicaux ou psychologiques.

Plus précisément, les chercheurs ont examiné le contrôle inhibiteur de 40 personnes (20 avec DBP et 20 sans aucun type de trouble mental) à travers des mesures de l'activité cérébrale et des mesures comportementales.


Les auteurs soulignent que, alors que les personnes sans troubles médicaux, psychologiques ou psychiatriques activaient les régions préfrontales du cerveau – une zone généralement liée au contrôle inhibiteur –, les patients BPD activaient les régions postérieures, principalement le précuneus.

Cette activation atypique observée chez les patients atteints de DBP pourrait être un mécanisme compensatoire pour atténuer un dysfonctionnement dans les zones préfrontales du cerveau qui soutiennent le contrôle du comportement.

Par conséquent, ces résultats montrent l'importance d'évaluer, de concevoir et de mettre en œuvre des interventions pour améliorer le contrôle inhibiteur et les processus exécutifs chez les personnes atteintes de trouble borderline, selon les chercheurs.

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Le trouble borderline, également appelé trouble de la personnalité limite, est une maladie psychiatrique complexe, dont les manifestations sont très variables d'une personne à une autre.

Généralement, les personnes qui souffrent de cette maladie mentale présentent une instabilité affective et émotionnelle importante. Elles rencontrent des difficultés à gérer leurs émotions. Elles peuvent s'emporter facilement, de manière imprévisible, et avoir des comportements impulsifs. Les sautes d'humeur ou les sensations de vide sont fréquentes.

Hyper-émotives, ces personnes sont souvent dans l'excès. Elles ont en général une très mauvaise image d'elles-mêmes. Souvent instables sur le plan relationnel, elles peuvent s'auto-mutiler. Les comportements à risque – alcool, drogues, jeux, alimentation...– sont fréquents pour les personnes souffrant d'un trouble de la personnalité limite ; les tentatives de suicide aussi.

Le trouble borderline est parfois classé entre la névrose et la psychose. Il a un point commun avec les troubles bipolaires et l'hyper-activité : la cyclothymie – changement rapide de l'humeur –. Le trouble borderline peut entraîner une dépression. Il est souvent associé à d'autres troubles de la personnalité ou à d'autres maladies mentales comme le trouble anxieux, les troubles de l'alimentation, les troubles dépressifs ou le TDAH.

Il est difficile de partager le quotidien des personnes borderline du fait notamment des symptômes de la maladie. On peut avoir du mal à comprendre le comportement de la personne malade. Parfois, cette dernière réussit à cacher sa maladie à son entourage. Malgré des symptômes difficiles, les personnes atteintes peuvent vivre normalement et travailler, avec un traitement et un suivi adaptés. Dans certains cas, une hospitalisation se révèle nécessaire.

Ce trouble de la personnalité est à la frontière ou à la limite de la psychose, c'est pourquoi il reçoit le nom de limite ou borderline, qui lui a été donné en 1938 par le psychanalyste Adolf Stern.

Depuis quelques temps, des études ont confirmé la possibilité de soigner efficacement cette maladie psychiatrique. Il y a peu, le trouble borderline était considéré encore comme incurable, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Prévalence

Le trouble borderline toucherait 2% de la population. Il débuterait en général à la fin de l'adolescence, au début de l'âge adulte. Mais certaines études parlent de premiers symptômes bien plus précoces, durant l'enfance.

Complications

Le trouble borderline peut entraîner l'apparition d'autres maladies psychiatriques comme la dépression, les troubles bipolaires ou les troubles anxieux généralisés. Il peut aussi affecter le travail, la vie sociale, l'estime de soi. Les personnalités borderline ont souvent des conduites addictives. Le taux de suicide chez les personnes borderline est particulièrement élevé.

Personnes à risque

Les femmes sont atteintes plus souvent que les hommes (trois fois plus). Il a également été observé que les personnes ayant souffert d'un abandon, d'une séparation difficile, de carences affectives, de maltraitance ou d'un traumatisme durant l'enfance avaient des risques plus élevés de souffrir d'un trouble de la personnalité limite.

Facteurs de risque

Il existerait, dans le trouble borderline, une prédisposition génétique. Les risques de souffrir de cette maladie sont plus élevés si sa mère, son père ou sa sœur en souffre par exemple.

Causes

Les causes du trouble de la personnalité limite sont multiples et pas toutes bien établies. Il existe par exemple des causes biologiques, chimiques (manque de sérotonine notamment) mais aussi génétiques. Des anomalies au niveau cérébral, notamment dans la zone de régulation des émotions, pourraient être responsables d'apparition de ce trouble de la personnalité limite. Cette maladie serait en tout cas multifactorielle.

Génétique.
Bien qu'aucun gène spécifique n'ait été montré pour causer directement ce trouble, des études chez les jumeaux suggèrent que cette maladie a de forts liens héréditaires. Le trouble borderline est environ cinq fois plus fréquent chez les personnes qui ont un parent au premier degré atteint du trouble.

Facteurs environnementaux. Les personnes qui vivent des événements traumatisants dans leur vie, tels que des abus physiques ou sexuels pendant l'enfance ou la négligence et la séparation des parents, courent un risque plus élevé de développer le trouble.

La fonction du cerveau. Le fonctionnement du cerveau est souvent différent chez les personnes atteintes d'un trouble borderline, ce qui suggère qu'il existe une base neurologique pour certains des symptômes. Plus précisément, les zones du cerveau qui contrôlent les émotions et la prise de décision / le jugement pourraient ne pas bien communiquer entre elles.

Les symptômes

Ces symptômes commencent à se manifester à l'adolescence et deviennent plus fréquents au début de la vie adulte, où la personne peut ressentir des épisodes de colère, de dépression et d'anxiété qui peuvent durer quelques heures, voire quelques jours. À certaines occasions, ces symptômes sont confondus avec d'autres maladies comme la schizophrénie ou la maladie bipolaire, mais la durée et l'intensité des émotions sont différentes, et il est essentiel que l'individu soit évalué par un psychiatre pour savoir quel est le bon diagnostic et initier le traitement approprié.

Les symptômes sont très variables d'une personne à l'autre.

* sautes d'humeur

* colères intenses

* hyperémotivité envahissante

* difficultés à contrôler ses émotions

* comportements impulsifs

* comportements à risques

* comportements destructeurs (automutilation par exemple)

* anxiété

* dépression

* peur de la solitude, de l'abandon

* sensation de vide, de désespoir

* sentiment d'insécurité

* haine de soi

* toxicomanie

* suicide

Les porteurs de ce trouble ont peur que les émotions deviennent incontrôlables, montrant une tendance à devenir irrationnelle dans des situations de plus grand stress et créant une grande dépendance envers les autres pour être stables.

Dans certains cas plus graves, des comportements impulsifs et souvent dangereux tels que la toxicomanie, la conduite imprudente et l'automutilation et même le suicide peuvent se produire, en raison de l'énorme sensation d'inconfort intérieur.

Le trouble de la personnalité limite est finalement caractérisé par l'agitation émotionnelle qu'il provoque. Ils ressentent des émotions intensément et pendant de longues périodes, et il leur est plus difficile de revenir à une base stable après un épisode émotionnellement intense.

Toutes les personnes atteintes du syndrome borderline ne présentent pas tous les symptômes, de sorte que la gravité et la fréquence des symptômes et leur durée varient en fonction de l'individu et de sa maladie particulière.

Diagnostic


Le diagnostic du trouble borderline est difficile. Il se base sur une évaluation psychologique et une consultation avec un psychiatre. Les signes et symptômes de la maladie guident évidemment le diagnostic. Pour atteindre le diagnostic, au moins 5 symptômes doivent être rencontrés.

Durant cette phase de diagnostic, le praticien doit détecter en premier lieu l’existence éventuelle d’autres troubles psychiques (troubles de l’humeur, addictions, anxiété, hyperactivité, etc.) et ce, afin de pouvoir adapter le traitement médicamenteux en conséquence. Ce diagnostic est d’autant plus crucial qu’il concerne l’immense majorité des patients borderline, car presque 100% de ces patients souffrent de pathologies annexes. Des troubles qui, une fois pris en compte, nécessitent un ajustement de traitement.

Traitement

Médicamenteux

Désormais, il est établi qu'un traitement adapté peut soulager et aider les personnes souffrant d'un trouble borderline. Ce traitement passe généralement par la prescription d'antidépresseurs et d'anxiolytiques dans le but d'atténuer les symptômes de la dépression et des angoisses. Ce traitement ne s'attaque donc pas directement à la maladie mais aux symptômes générés par celle-ci. Des antipsychotiques (neuroleptiques) peuvent être prescrits dans certains cas de confusion de la pensée – état dans lequel la personne est désorientée, a des troubles de l'attention, ne reconnaît pas ses proches, a des troubles de la mémoire, a l'air absent... – ou contre la dysphorie, c'est-à-dire une perturbation de l'humeur. Enfin, des stabilisateurs de l'humeur, les thymorégulateurs, peuvent être prescrits.

Ce traitement médicamenteux est complété par une psychothérapie. Un travail de thérapie peut aider les personnes malades à mieux comprendre leur fonctionnement et ainsi à mieux gérer leurs émotions.

Psychothérapie

Ces dernières décennies, le recours à de nouvelles approches thérapeutiques a permis d’aboutir à de réelles avancées. Avant toute prescription de traitement, les recherches ont mis en évidence l’importance d’établir un diagnostic dans lequel le patient puisse se reconnaître en évitant de se sentir stigmatisé. Évoquer directement ce diagnostic permettrait en outre au patient de se sentir impliqué dans le processus de soin. Établir un dialogue autour de ses comportements extrêmes, et de l’automutilation notamment, aiderait enfin à soulager la souffrance psychique, mais contraindrait aussi le patient à se responsabiliser, et donc à se mobiliser plus concrètement dans sa démarche de soins.

De nouvelles approches psychothérapeutiques donnent des résultats encourageants dans la prise en charge du trouble borderline.

Thérapie comportementale dialectique (TCD)

S’inspire de la thérapie comportementaliste, du bouddhisme (acceptation de la réalité) et de la philosophie dialectique (le juste milieu). Elle se concentre sur La dysrégulation émotionnelle, comme problématique principale du trouble de la personnalité borderline. Cette approche propose, à travers ses différents aspects, d’apprendre à réguler ses affects. L’efficacité de cette prise en charge a permis de diminuer l’abandon de thérapie par les patients.

Thérapie fondée sur la mentalisation

Repose sur l’idée que les comportements d’un individu sont liés à des pensées, des désirs et des croyances dont il n’est pas conscient et qui parfois le fragilisent. Ce processus de soins consiste à développer les capacités de mentalisation, et donc de compréhension des émotions. Suivi individuel, groupé, plan d’action et de gestion de crise sont les différents modules utilisés dans le cadre de cette thérapie.

Psychothérapie focalisée sur le transfert (TFP)

C'est le troisième axe de soin envisagé. Se rapprochant de la psychanalyse classique, elle se concentre néanmoins sur les difficultés spécifiques rencontrées par le patient borderline. Tout en maintenant le principe de neutralité, le thérapeute prend en compte les aspects concrets de la vie du patient (relations sociales, enjeux socio-professionnels, etc.).

Toutes ces thérapies ont plusieurs principes communs. Tout d’abord, une attitude du thérapeute plus active et une volonté d’adaptation continue de la thérapie à la situation réelle vécue. Mais aussi l’aspect concret de ces pratiques, qui s’appuient avant tout sur le principe du “ici et maintenant”. Garantie de pérennité, la modularité de ces thérapies, qui s’adaptent à l’imprévisibilité du comportement, nécessite en outre une condition préalable : en amont de la thérapie, “un contrat de soin” doit être passé entre le thérapeute et le patient, une sorte de pacte thérapeutique qui permette de préciser les limites à ne pas franchir afin de pouvoir restaurer de bonnes conditions de travail thérapeutique le cas échéant.

L’hospitalisation

Lorsque la psychothérapie et les médicaments ne suffisent pas, une hospitalisation peut être nécessaire. Un hôpital peut offrir un environnement sûr à une personne atteinte de trouble borderline qui se fait du mal ou qui a des pensées suicidaires.

Co-morbidité

Une personne atteinte d'un trouble de la personnalité limite peut avoir des troubles supplémentaires qui doivent être traités ensemble, tels que:

* Troubles anxieux, tels que le trouble de stress post-traumatique

* Trouble bipolaire

* Dépression

* Troubles de l'alimentation, en particulier la boulimie mentale

* Autres troubles de la personnalité

* Abus de substance


Trouble de la personnalité limite chez les enfants

Les symptômes les plus courants chez les enfants atteints de trouble borderline ont tendance à présenter une grande incertitude sur eux-mêmes, comme s'ils ne se connaissaient pas bien, de sorte que leurs intérêts, leurs objectifs, leurs valeurs et leurs opinions sur les autres peuvent changer radicalement en peu de temps. Ils ont également tendance à voir les situations en termes extrêmes, en noir ou en blanc.

Ils ont une grande peur de l'abandon et de la solitude. Ils ont tendance à se sentir soudainement submergés par des sentiments de vide et d'ennui. Ils subissent des accès de colère irrationnels, pas nécessairement violents, mais désespérés.

Ils ont tendance à être impulsifs, ce qui peut entraîner des relations instables, des relations sexuelles non protégées, l'utilisation de substances dangereuses et d'autres activités à risque. Après ces accès de colère et d'impulsivité, ils ressentent souvent de la honte et de la culpabilité.

Les états de dépression, d'irritabilité et d'anxiété sont fréquents. Ils peuvent durer des heures ou des jours. Son image de soi est déformée, ce qui affecte gravement son humeur. Parfois, cela conduit à l'automutilation, à des tentatives de suicide ou à des troubles de l'alimentation – boulimie mentale –. Et le plus et ce qui donne son nom au trouble, c'est le sentiment de “sortir du corps”, la soi-disant dissociation de l'identité.

Diagnostic

La personnalité des enfants étant encore en formation, le trouble est dans la plupart des cas diagnostiqué à l'âge adulte. Cependant, il est possible de détecter certains signes dans l'enfance ou l'adolescence.

La détection précoce de ce trouble est détectée grâce à une observation clinique par un professionnel.

Bien que le trouble de la personnalité limite en tant que tel ne puisse être diagnostiqué qu'après 18 ans, des symptômes tels que se sentir vide ou submergé par des émotions très intenses, avec des sautes d'humeur fréquentes, des accès de colère et une incapacité à communiquer correctement, indiquent déjà un développement anormal de la personnalité. Le moyen de résoudre ces sensations intenses se produit dans de nombreux cas par l'automutilation, des coupures, des brûlures ou des coups. Avec cela, ceux qui en souffrent essaient de réguler leurs émotions, de se punir ou d'exprimer leur douleur. Les premières manifestations apparaissent à l'adolescence et se produisent dans une proportion plus élevée chez les femmes.

Signaux d’alerte pour les parents et les enseignants

* Diminution des performances scolaires
* Crises de colère constantes et impulsives
* Nervosité, apathie, trop d’énergie
* Faible estime de soi
* Ce sont des enfants très influents
* Changement d'humeur très brusque
* Impulsivité
* Des comportements difficiles apparaissent
* Plaintes d'autres camarades de classe ou d'enseignants concernant le mauvais comportement de l'enfant.

Traitement



Un plan de traitement typique et complet comprend la psychothérapie et le soutien des amis et de la famille. Il est déconseillé d'utiliser un traitement pharmacologique sauf dans des cas extrêmes, tels qu'une dépression sévère, un comportement paranoïaque ou une colère très incontrôlée.

La psychothérapie est la pierre angulaire du traitement. Faire attention aux enfants qui ont une combinaison de problèmes émotionnels et comportementaux.


Une souffrance partagée

Les tempêtes d’émotions dans lesquelles sont prises les personnes concernées n’épargnent pas leurs proches. Les tentatives de suicide et les automutilations ont souvent un effet culpabilisant sur l’entourage. Une relation de co-dépendance risque de se développer, par exemple lorsque l’humeur des proches ne dépend plus que du bien-être de la personne concernée. Les proches peuvent cependant apprendre à établir des relations secourables.

Les proches n’échappent pas à la dynamique provoquée par le trouble de la personnalité borderline. Tout comme les personnes concernées, ils éprouvent également des sentiments d’attachement, d’affection, de dépendance, de colère, de haine ou de déception très intenses. Si cette intensité émotionnelle contribue à la richesse des relations avec les personnes concernées, elle risque également d’amener leurs proches au bord de l’épuisement et du désespoir. Il convient en effet de rappeler que le trouble borderline signifie un rapport perturbé avec soi-même et autrui et qu’il se manifeste avant tout dans les relations interpersonnelles. Les personnes concernées ont par exemple profondément peur d’être abandonnées par les personnes auxquelles elles attachent beaucoup d’importance et font de grands efforts pour éviter ces abandons réels ou imaginés. Tandis qu’une personne se mettra en colère lorsqu’elle se sent abandonnée, une autre n’aura pas d’autre moyen que de s’infliger des blessures ou de faire une tentative de suicide.

Beaucoup de proches souffrent profondément des blessures psychiques ou physiques que les personnes concernées leur infligent ou s’infligent à elles-mêmes. Ils se sentent souvent responsables des difficultés éprouvées par l’autre et font de leur mieux pour l’aider à résoudre ses problèmes. Le risque est alors grand que le partenaire, les parents ou les amis s’oublient et ne vivent plus que pour l’autre. Les professionnels parlent dans ce cas de relation de co-dépendance, par exemple, lorsque l’humeur des membres de l’entourage dépend exclusivement de l’état de la personne concernée.

Sentiment de culpabilité

Les proches souffrent souvent de forts sentiments de culpabilité. Les parents se demandent si leur enfant est devenu malade parce qu’ils ne lui ont pas donné assez d’amour ou parce que leur éducation n’était pas la bonne. Les partenaires ou les collègues se demandent si c’est leur comportement qui a amené l’autre à s’infliger des blessures. Mais ce sont surtout les tentatives de suicide qui ont un effet culpabilisant sur les proches, alors que, dans la plupart des cas, les reproches qu’ils se font sont tout à fait injustifiés. Les sentiments de culpabilité sont de mauvais conseillers. Ils lient souvent les proches aux personnes concernées de manière défavorable et risquent de provoquer une co-dépendance.

Les proches ont aussi souvent l’impression que la personne concernée se comporte volontairement d’une certaine manière pour les obliger à se comporter comme elle le souhaite. Se sentant manipulés ou ayant l’impression que l’on se sert d’eux, les proches perdent confiance ou se mettent en colère. Ces réactions sont normales et compréhensibles. Le comportement des personnes concernées l’est aussi, puisqu’il exprime souvent une réaction de détresse profonde. Si une personne ne supporte pas d’être seule, elle est prête à faire beaucoup de choses pour éviter cette situation et peut, par exemple, menacer de se suicider pour se protéger contre la solitude. Il est donc important que les proches soient en mesure de comprendre la cause de son comportement. Lorsqu’elles traversent une période sans crise, les personnes concernées sont souvent capables de raconter ce qui leur arrive et de fournir ainsi à leurs proches les éléments qui leur permettront de mieux déchiffrer le langage du borderline.


Comment établir une bonne relation avec la personne souffrante ?

La meilleure réponse à la maladie consiste à se comporter en faisant preuve de compréhension et en établissant des limites claires. Car les personnes concernées par le trouble de la personnalité borderline ont beau être les premières à souffrir de leur comportement, elles n’arrivent souvent pas à le contrôler en situation de crise. Établir des limites claires est donc important pour se protéger et protéger la personne contre des comportements dommageables. Dans les situations de crise, il est rarement possible de résoudre les conflits en discutant. La peur et la logique s’accordent mal l’une à l’autre.

Les proches ont souvent tout intérêt à d’abord se retirer et à ne parler des problèmes qu’une fois la crise passée. Lorsque la personne concernée risque visiblement de se faire mal ou de se mettre en danger, il est nécessaire de faire appel à une aide extérieure. Dans de telles situations, les proches ne doivent pas hésiter à appeler un médecin d’urgence ou à encourager la personne concernée à prendre contact avec son thérapeute ou à se rendre dans une clinique.

Il est fréquent que les proches et les personnes concernées jugent certains symptômes complètement différemment. Des comportements d’automutilation, par exemple, auront un effet dramatique sur les proches, surtout s’ils les découvrent pour la première fois. Pour beaucoup de personnes concernées, il s’agit au contraire d’un moyen de faire cesser des états émotionnels extrêmement pénibles à supporter, et même si ce moyen n’est pas idéal, ils l’acceptent malgré tout.

Une fois la crise terminée, les proches et les personnes concernées devraient convenir de la meilleure réaction à avoir en cas de nouvelle crise, de manière à prévoir le comportement adéquat qui leur permettra de faire face à certains symptômes ou à certains types de sentiments. Ce faisant, il est nécessaire de veiller à ce que le comportement des proches ne renforce pas ces symptômes, ce qui est par exemple le cas quand un homme trouve seulement du temps pour son amie lorsqu’elle ne se sent pas bien et dit ressentir un besoin de se faire mal.


Il existe des maladies où la souffrance des proches dépasse parfois celle de 
la personne atteinte. Le trouble de la personnalité borderline en fait partie.

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