mardi 28 janvier 2025

Terrible Two – Période de Crise chez l'Enfant



À l’approche de ses 18 mois : c’est la phase d’affirmation par le « NON ! »
 Processus de développement du cerveau


Lorsque les bébés approchent de cet âge fatidique, un nombre de choses infini se met en place dans leur cerveau. Leur comportement est alors différent des mois précédents. Ils deviennent davantage têtus, commencent à affirmer dans un sens une certaine personnalité. Mais c’est aussi l’âge où les bébés comprennent le non et où ils commencent à l’utiliser sans arrêt.

Qu’est-ce que le Terrible Two ?

Le Terrible Two n’est absolument pas une période de caprices par laquelle passe les enfants, mais bien une phase par laquelle doit passer le cerveau pour gagner en maturité. En réalité, on parle d’une immaturité au niveau du cortex pré-frontal – où se joue le développement des fonctions exécutives –, qui se traduit par une incapacité à gérer ses émotions et l’impulsivité qui va l’accompagner. L’enfant va expérimenter de la frustration, liée aux limites et aux règles imposées par les adultes autour de lui et, ne sachant pas encore gérer ses émotions, il va faire exprimer ce qu’il ressent en désobéissance.

Combien de temps dure le Terrible Two ?

Votre enfant de 2 ans vous en fait voir de toutes les couleurs ? Il pique des crises, vous désobéit et refuse de vous écouter ? Vous venez d’entrer dans la retentissante crise des deux ans, aussi appelée Terrible Two. Ce phénomène, qui touche de nombreux enfants à partir de 18 mois, et peut durer jusqu’à ses 4 ou 5 ans, est une période qui peut déstabiliser les parents, aussi patients soient-ils.

La crise du “terrible two”, un passage presque obligatoire pour les enfants

Le passage du statut de bébé à celui d’enfant est une étape importante dans la vie d’un petit être. À l’âge de deux ans les enfants commencent à parler avec plus d’assurance. Ils comprennent aussi bien mieux la négation et commencent à l’employer à tout-va.

Mais c’est un âge parfois difficile à gérer pour les parents. Bien souvent, les enfants se placent dans un rapport d’opposition totale à leurs parents. Cette position délicate peut rendre chaque moment de la vie courante beaucoup plus compliqué que durant les mois précédents. Les enfants ont ainsi tendance à tout refuser, quoi qu’il en coûte. Ils peuvent alors décider de ne pas s’habiller, de ne pas manger, de ne pas aller voir leurs grands-parents pourtant adorés, simplement parce qu’ils se sont rendu compte que cela était possible.

La phase préscolaire, entre 3 et 6 ans, est définie comme étant la meilleure période pour stimuler les fonctions exécutives, pour apprendre à l’enfant à s’auto-réguler. Les parents doivent comprendre qu’il ne s’agit que d’une période un petit peu plus compliquée à gérer et qu’il est donc important de savoir faire la part des choses. Pour aider l’enfant en pleine crise des deux ans, le meilleur conseil c’est de poser des limites.

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Comprendre et apprendre à gérer cette période de crise



Le "Terrible Two” est peut-être l’une des périodes les plus appréhendées par les parents. À l’approche de ses 18 mois, votre enfant va commencer à fréquemment entrer en confrontation avec vous, en refusant de vous écouter, en faisant l’inverse de ce que vous lui demandez ou encore en se mettant en colère lorsque vous lui refusez une demande.

Rassurez-vous, tout cela est entièrement normal et fait partie du processus de développement du cerveau.

Pourquoi l’enfant passe par une phase de Terrible Two ?

Pour les professionnels de santé, si les enfants de 2 ans sont turbulents, parfois colériques et désobéissants, c’est en partie à cause d’un manque de maturité de leur cerveau. Celui-ci va cependant devenir de plus en plus mature, permettant à l’enfant de développer des stratégies efficaces pour apprendre à gérer les frustrations. Lorsque certains enfants présentent ces crises de colère à un âge plus avancé, il peut en revanche être pertinent de consulter un professionnel afin d’écarter de véritables troubles du comportement.

Comment se manifeste le Terrible Two ?

Le Terrible Two est donc une phase normale du développement cérébral qui peut être très difficile pour les parents, mais qui est nécessaire pour que le cerveau de l’enfant gagne en maturité. Dans certains cas, il permet également à l’enfant de commencer à exprimer une facette de sa personnalité. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un enfant traverse un Terrible Two extrêmement virulent qu’il deviendra un enfant ou un adolescent à problèmes en grandissant.

D’abord, il faut comprendre que chaque enfant est unique. La maîtrise des habiletés socio-émotionnelles suivantes est différente d’un enfant à l’autre :

La capacité à tolérer la frustration. Certains vivent plutôt calmement les contrariétés, alors que d’autres réagissent au moindre événement qui ne se passe pas comme prévu ou dès qu’ils font face à un refus à la suite d’une demande.

La capacité à identifier et nommer les émotions. Plusieurs enfants n’arrivent pas à verbaliser clairement quand ils ont de la peine ou sont en colère. D’autres ont même du mal à comprendre comment ils se sentent : est-ce que c’est plus de la colère, de la déception, de la peine? Pas si simple pour eux.

La capacité d’auto-contrôle. Avant 4 ans, rares sont les enfants qui arrivent à réguler les réactions qu’ils ont en lien avec les émotions qu’ils vivent, qu’elles soient heureuses ou plus difficiles. Ils vivent tout intensément, joie, comme colère. Arriver à s’apaiser et à reprendre leur calme leur demande un effort considérable.

Comment gérer le Terrible Two ?

Pour gagner en maturité, les enfants ont besoin de cadre et de bienveillance. Les parents doivent se fixer des objectifs et s’y tenir, conjointement, pour aider au développement cognitif nécessaire lié à cette période. Un enfant qui n’a jamais aucune limite risque de devenir un Enfant-Roi. Il est important de fixer des règles et de tenir bon malgré les difficultés, tout en restant bienveillant. Vos enfants vous remercieront un jour.

Cette période n’est pas un moment évident à passer, indépendamment des enfants. Il est alors de rigueur de garder votre calme, même si votre enfant va avoir tendance à tout refuser. Expliquez-lui les choses calmement, mais ne cédez pas à ses caprices.

Il est important de savoir rester ferme sans être trop sévère. Votre enfant comprendra alors que certaines choses sont autorisées, et que d’autres ne le sont pas. Et ce, pour des raisons claires et déterminées. Ne perdez pas espoir, cette période annonce aussi une grande période d'évolutions chez votre enfant.

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Apprendre à l’enfant à gérer ses émotions



La joie, la tristesse, la colère, la peur : chaque jour, votre enfant vit différentes émotions. Ce n’est pas facile pour lui de comprendre et de gérer ce qu’il ressent. Il a besoin de votre aide pour apprendre à reconnaître ses émotions, à en parler et à les maîtriser.

Le développement des émotions

Les émotions sont des réactions spontanées aux différentes situations que l’on vit. Elles n’apparaissent pas toutes en même temps.

Les émotions primaires sont les premières émotions que votre enfant ressent. Elles apparaissent durant sa première année de vie. Il s’agit de la joie, de la tristesse, de la colère, de la peur, du dégoût et de la surprise.

Les émotions secondaires ou mixtes, apparaissent entre 15 et 24 mois au moment où votre enfant prend conscience qu’il est différent des autres et qu’il est une personne à part entière. Cette découverte l’amène à ressentir des émotions liées à la conscience de soi, comme la gêne et la jalousie.

Petit à petit, votre enfant expérimente aussi d’autres émotions secondaires qui nécessitent la compréhension de règles, de normes et d’objectifs à atteindre. C’est le cas de la culpabilité, de la honte et de la fierté.

Par exemple, si votre enfant sait qu’il ne doit pas dessiner sur les murs et qu’il désobéit à la règle, il peut se sentir coupable. S’il réussit à faire un grand casse-tête après beaucoup d’efforts, il peut aussi se sentir fier de lui.

Les bienfaits d’une bonne gestion des émotions

Il est important d’apprendre à votre enfant à reconnaître ses émotions et à mettre des mots sur ce qu’il vit. Cela lui permettra de mieux gérer ses émotions. Peu à peu, il apprendra comment réagir ou comment adapter son comportement quand il vit une émotion. Par exemple, il pourra arriver à se calmer s’il est fâché au lieu de crier ou de frapper.

Un enfant qui maîtrise ses émotions réagit mieux aux différentes situations de la vie. Une bonne gestion des émotions est aussi associée au maintien de bonnes relations avec les autres, à une meilleure gestion des conflits ainsi qu’à la réussite scolaire.

En contrepartie, un enfant qui éprouve de la difficulté à gérer ses émotions aura plus de difficulté à faire face aux situations du quotidien. L’accumulation de peine, de colère, de peur et de frustration pourrait aussi entraîner des comportements agressifs de même que des réactions d’anxiété et nuire aux relations avec les autres.

Pour aider votre enfant à reconnaître ses émotions

Reconnaître ce qu’il ressent est la première étape pour que votre enfant apprenne à gérer ses émotions. Voyez comment l’aider.

Commencez à parler des émotions avec votre enfant dès qu’il est bébé. Vous pouvez nommer des émotions que vous observez chez lui comme la joie, la tristesse, la colère et la peur. Dites par exemple : “Tu pleures, tu es triste parce que maman s’en va ?”

Parlez-lui des émotions plus complexes à mesure qu’il grandit. Vous pouvez aborder la déception, la culpabilité et la jalousie dès 2 ou 3 ans. Dites par exemple : “Tu as tapé ton frère tantôt. Maintenant, tu ne te sens pas bien. C’est parce que tu as vu que ça lui faisait de la peine, n’est-ce pas ?” Dites-lui que cette émotion s’appelle de la culpabilité.

Faites-lui remarquer le langage corporel associé aux émotions. Utilisez des livres, des affiches ou des jeux pour lui montrer des personnages ou des visages qui vivent des émotions. Par exemple, faites-lui remarquer qu’on a les sourcils froncés quand on est fâché, un sourire quand on est content, des larmes quand on est triste, des yeux grands ouverts quand on a peur, etc.

Amusez-vous ensemble devant un miroir à imiter différentes émotions. Votre enfant pourra ainsi se connaître davantage dans l’expression de ses émotions. Vous pouvez aussi créer un album des émotions avec lui en découpant des visages variés dans les magazines.

Apprenez-lui à reconnaître ce qui se passe dans son corps quand il vit une émotion. Nommez les signes physiques que vous observez chez lui. Par exemple, dites : “Tu criais et tu avais les poings fermés quand tu as vu ta soeur briser ta tour de blocs. Tu étais fâché” ou “Tu tremblais et tu t’es serré contre moi quand tu as vu le chien courir vers toi. Tu avais peur”.

Posez-lui des questions sur ce qu’il a ressenti après un moment d’émotions. Selon son âge, sa réponse ne sera probablement pas très développée, mais demandez-lui comment il sentait son coeur ou son ventre. Il vous répondra peut-être que son coeur a mal ou que son ventre est serré, ce qui est un très bon début.

Aidez votre enfant à reconnaître et à nommer l’émotion qu’il vit. Nommez l’émotion que vous observez, par exemple : “Tu es content d’aller au zoo avec grand-maman” ou “Tu étais fâché que ton frère prenne ton jouet sans le demander”. Encouragez-le ensuite à nommer son émotion en utilisant le “JE ” par exemple : “Je suis triste de ne pas pouvoir aller au parc” ou “J’ai peur du gros chien”.

Parlez-lui des émotions qui expliquent certaines de vos réactions. Par exemple, si vous avez fait preuve d’impatience en préparant le dîner, parlez-en plus tard avec votre enfant. Expliquez que vous vous êtes senti impatient et essayez de nommer ce qui a influencé votre comportement. Par exemple : “J’ai eu beaucoup de travail aujourd’hui et je me sentais fatigué. Ma recette n’avançait pas vite et tout le monde avait faim. J’étais stressé.”

Comment lui montrer à contrôler ses émotions ?

Avant 5 ans, un enfant ne peut pas gérer ses émotions seul. Il est impulsif et contrôle difficilement ses réactions. Votre enfant peut briser des objets, frapper quelqu’un ou sauter partout sans regarder ce qu’il fait parce qu’il est en colère ou excité. Même après 5 ans, ce n’est pas facile pour lui de comprendre ce qu’il ressent et de bien réagir.

Votre rôle est de permettre à votre enfant de vivre et d’exprimer ses émotions en plus de lui montrer comment il peut les gérer. Voici des conseils pour l’accompagner :

Accueillez son émotion sans jugement. Par exemple, s’il fait une crise, restez calme à côté de lui. S’il est très en colère, très agité ou s’il pleure beaucoup, ce n’est pas le moment de parler. Vous pouvez le réconforter, lui faire un câlin et attendre qu’il se calme avant de lui demander ce qui se passe.

Aidez votre enfant à mettre des mots sur ses émotions. Par exemple, “Tu es excité d’aller chez ton cousin ?” ou “Tu as de la peine parce que grand-maman est partie ?” Posez-lui des questions pour trouver ce qui a déclenché sa réaction. Une réaction de colère pourrait par exemple cacher un sentiment de rejet ou d’incompétence dans un jeu.

Dites-lui que ce qu’il ressent est normal et que vous comprenez pourquoi il est content, triste ou fâché. Il se sentira alors rassuré, compris et réconforté.

Prenez le temps d’écouter votre enfant même si vous êtes pressé ou préoccupé et que vous souhaitez régler les choses rapidement. Un enfant qui se sent entendu et compris passera plus rapidement à autre chose.

Favorisez les discussions en famille sur les émotions. Par exemple, au dîner, racontez des situations qui vous rendent joyeux ou qui vous mettent en colère. Demandez ensuite à votre enfant ce qui le rend heureux ou triste. Votre enfant pourra prendre ainsi l’habitude de parler de ce qu’il vit.

Parlez-lui d’émotions que vous viviez quand vous étiez enfant. Par exemple : “Quand j’avais ton âge, ma petite soeur m’enlevait des jouets des mains. Ça me fâchait et, parfois, je lui tirais les cheveux. Avec le temps, j’ai appris d’autres façons de réagir, parce que ça n’aidait pas quand je faisais ça, on se chicanait encore plus.”

Proposez-lui des stratégies pour gérer ses émotions. Parlez-en quand il est calme pour qu’il puisse s’en souvenir et les utiliser s’il devient très émotif. Vous pouvez lui montrer comment prendre une grande respiration et faire comme s’il soufflait sur une chandelle. Cela l’aidera à se calmer et à contrôler ses émotions.

Encouragez votre enfant à trouver ses propres stratégies pour gérer ses émotions. Par exemple, notez sur une feuille une liste de stratégies qu’il pourrait utiliser quand il se sent fâché (ex. : dessiner, serrer un toutou, courir). Laissez-le donner toutes sortes d’idées. Après, déterminez ensemble les stratégies les plus pertinentes. Dites-lui qu’il peut regarder sa feuille pour utiliser une stratégie quand il se sent en colère.

Essayez de dédramatiser la situation si votre enfant réagit trop fortement. Par exemple, s’il pleure intensément juste parce que sa figurine ne tient pas debout, gardez une attitude positive et dites-lui que cela peut s’arranger. Aidez-le à se calmer et à passer à autre chose, par exemple en trouvant avec lui une solution pour que sa figurine tienne mieux.

Soyez un modèle et parlez de vos émotions. Dites par exemple : “Je suis contente de revoir ma bonne amie” ou “je suis triste parce que grand-papa est à l’hôpital”. Parlez aussi de ce que vous faites pour vous calmer : “Je suis déçue que Sonia ne vienne pas dîner, mais je vais regarder un bon film à la place.”

Reconnaissez-le si vous réagissez trop fortement à une émotion. Vous pouvez dire à votre enfant : “Je n’aurais pas dû claquer la porte. J’étais en colère, mais ce n’était pas une bonne façon de le montrer.” Dites ce que vous allez faire la prochaine fois. Cela montre à votre enfant qu’il peut apprendre et qu’il a droit à l’erreur.

Allez chercher l’aide d’un professionnel (ex. : psychologue, travailleur social) si vous avez du mal à gérer vos propres émotions. Cela va aussi vous donner des outils pour accompagner votre enfant.

Des stratégies pour exprimer ses émotions

Plusieurs stratégies existent pour exprimer une émotion, et une même stratégie peut s’appliquer à plusieurs émotions. Votre enfant devra en essayer plusieurs avant de trouver celles qui lui font le plus de bien. Voici quelques stratégies à lui proposer :

Pour exprimer sa joie, votre enfant peut colorier, aller courir et sauter dehors ou téléphoner à un grand-parent pour lui raconter ce qui le rend heureux.

Pour exprimer sa tristesse, votre enfant peut coller son toutou préféré, s’isoler dans sa chambre ou vous parler de sa peine. Pleurer est aussi une façon normale d’exprimer sa tristesse.

Lorsque votre enfant a peur, suggérez-lui de se coller contre vous et trouvez des moyens pour que sa peur cesse, que la cause soit réelle (ex. : le chien) ou imaginaire (ex. : le grand méchant loup).

Si votre enfant est en colère, il peut prendre des respirations lentes et profondes, il peut frapper dans un oreiller, lancer des boules de papier ou dessiner énergiquement sa colère sur une feuille.

Quand votre enfant commence à écrire, il peut écrire dans un journal intime comment il se sent. Encouragez-le même s’il écrit au son ou avec des fautes de grammaire et d’orthographe. Dites-lui qu’il peut écrire ce qu’il veut dans ce cahier et que personne d’autre ne va le lire. Acceptez qu’il écrive des mots durs (ex. : des mots durs envers sa soeur parce qu’il est jaloux).

À mesure qu’il parle et qu’il grandit, votre enfant deviendra plus habile pour gérer ses émotions. Toutefois, si vous sentez que sa difficulté à gérer ses émotions ou son impulsivité nuit à son fonctionnement à la maison, à la garderie ou à l’école, ou encore si cela entraîne souvent des conflits avec les autres ou encore un mal-être important, parlez-en avec son médecin. Vous pouvez aussi communiquer avec votre centre local de services communautaires (CLSC) pour être dirigé vers les services professionnels appropriés.

Des stratégies pour aider votre enfant

Et, encore aujourd’hui, même grand, il a de la difficulté quand les choses ne se passent pas comme il l’avait imaginé. C’est pour dire à quel point le tempérament d’un enfant est inné. Et qu’on doit trouver des moyens pour mieux vivre avec cette intensité chez notre enfant. En voici quelques-uns :

Offrir des choix. Par exemple, au lieu de lui dire d’enfiler les vêtements prévus, le faire choisir ce qu’il veut porter entre deux ensembles préalablement choisis.

Mettre l’attention ailleurs. La routine du matin est parfois difficile avec l’enfant. Alors, plutôt que de lui dire simplement que c’est le temps d’aller à la garderie, lui demander quel toutou ou quel livre il souhaite apporter dans l’auto avec lui. Il port alors son attention sur l’objet à apporter plutôt que sur le départ.


Prévoir les transitions entre deux moments de routine. Par exemple, lui dire qu’il lui reste 5 minutes pour jouer avant de ranger et d’aller prendre son bain et mettre une minuterie. Mais il se peut tout de même arriver qu’au bout des 5 minutes, il fasse une crise, mais celle-ci est de moins grande intensité.

Valider les émotions. Quand l’enfant est contrarié par une situation imprévue, et si toutes les solutions proposées ne fonctionnent pas du tout, il faut vous centrer sur son émotion. Alors, d’abord lui dire “Je comprends! Ce n’est pas ça que tu souhaitais et tu es déçu.” Cela change vraiment les choses. Quand il reprend son calme, vous pouvez alors mieux explorer ensemble les solutions possibles.

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Terrible Two, Threenager, F*cking Four, Fantastic Five et bien d’autres



Malgré ce que son nom indique, le Terrible Two ne touche pas que les enfants de 2 ans, au contraire. C’est d’ailleurs vers ses 18 mois qu’apparaissent en général les premières crises et elles peuvent durer… longtemps. Même s’il s’agit de la même phase, chaque âge reçoit son petit surnom afin de marquer le passage des années : le Terrible Two laisse la place au Threenager qui lui-même se fait remplacer par le F*cking Four. Cependant, si le Terrible Two est un passage complètement normal du développement, les autres noms ne désignent pas des étapes par lesquelles passent tous les enfants.

Crise des 3 ou 4 ans: existe-t-elle ?

Autour de 3 ou 4 ans, certains enfants ont une sorte de “petite crise d’adolescence” Cette étape de développement est moins bien définie et documentée que la crise des 2 ans, mais elle est bien présente chez plusieurs enfants. L’enfant peut se mettre à argumenter et à remettre en question les règles au quotidien.

Ces comportements s’expliquent par le fait que votre enfant parle beaucoup mieux qu’avant. Il est capable de mettre des mots sur ses goûts, ses préférences et ses envies. Et il devient plus habile pour négocier afin d’obtenir ce qu’il souhaite ou désire.

Exemples de comportements vers 3 ou 4 ans

Il a envie de faire les choses par lui-même
Toutefois, il est encore maladroit pour certaines tâches et il a souvent besoin de votre aide (ex. : pour s’habiller). Cela peut entraîner des frustrations puisque son envie d’autonomie est plus grande que ce qu’il est capable de faire.

Comment réagir ? Donnez-lui de petites responsabilités à sa mesure. Par exemple : demandez-lui de choisir entre deux ensembles de vêtements le matin ou de vous aider à mettre la table. Vous valorisez ainsi son autonomie grandissante et vous lui permettez d’être fier de lui.

Il comprend les règles et les consignes, mais il ne les respecte pas toujours
Il peut aussi lui arriver de vouloir changer les règles d’un jeu, surtout quand il perd. Ou encore de continuer à jouer, alors que vous lui avez demandé de ranger. À 3 ans et 4 ans, votre enfant a toujours besoin de votre aide pour apprendre à s’affirmer, à suivre les règles et à gérer ses émotions.

Comment réagir ? Répétez les règles autant de fois que nécessaire. Votre enfant a encore du mal à maîtriser ses impulsions et peut aussi vouloir faire preuve d’indépendance. Quand il remet en question les règles d’un jeu ou de la maison, dites-lui pourquoi les règles sont nécessaires. Il comprendra ainsi les raisons qui les justifient. Par exemple, expliquez-lui que si vous refusez qu’il coure après son ballon dans la rue, c’est pour assurer sa sécurité.

Il négocie ou teste les limites lorsque vous lui faites une demande
Il peut, par exemple, refuser de ranger ses jouets en disant que, de toute façon, il jouera avec eux plus tard. Ou encore bouder et refuser d’aller prendre son bain lorsque vous lui en faites la demande.

Comment réagir ? Ne cédez pas devant ses comportements et maintenez vos limites avec constance. Votre tout-petit comprend ainsi qu’elles sont importantes pour vous. De plus, le fait que les règles ne changent pas est rassurant pour lui. Pour obtenir l’attention de votre enfant, mettez-vous à sa hauteur et regardez-le dans les yeux pour lui parler.

Ces comportements diminuent habituellement vers 5 ou 6 ans, quand votre enfant comprend un peu mieux que les règles sont nécessaires pour mieux vivre ensemble, que ce soit en famille, à la garderie ou à l’école.

Des apprentissages utiles

Votre façon de réagir aux comportements de votre enfant peut grandement l’aider à développer ses habiletés sociales. Vers 3 ou 4 ans, il aime apprendre en votre compagnie et vous êtes un modèle pour lui.

Peu à peu, votre enfant :

* Comprend que les règles sont essentielles afin que tous se sentent respectés.

* Respecte mieux les demandes des adultes et contribue au bon fonctionnement de la vie de famille ou de groupe.

* Devient plus autonome et fait de plus en plus de choses par lui-même.

* Parle calmement au lieu de crier lorsqu’il exprime un besoin ou un désir.

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Non aux punitions corporelles. Même lorsqu’un enfant a un comportement difficile, les punitions corporelles (frapper, secouer, pousser…) ne sont pas des formes de discipline efficaces. Au contraire, elles ont des effets négatifs sur le développement psychologique et social de l’enfant.

Éduquer un enfant n’est pas une science exacte et il n’existe pas de formule magique pour devenir un parent parfait. Il faut accepter de se tromper et, surtout, se rappeler que tous les enfants sont différents : ce qui a fonctionné avec l’un ne fonctionnera pas forcément avec un autre.

Garder son calme, fixer des limites et trouver des astuces pour réussir à se faire obéir. Parmi les astuces, il y a celle qui consiste à poser une question avec plusieurs choix possibles. Vous devez sortir faire les courses et votre enfant ne veut pas mettre ses chaussures ? Demandez-lui s’il préfère les rouges ou les bleues. Pour le repas de ce soir, il veut manger des macaronis ou des spaghettis ? Donnez-lui le sentiment qu’il a son mot à dire, il se sentira responsabilisé.

Une autre astuce pour traverser cette période est de jouer avec votre enfant à des jeux qui stimulent les fonctions exécutives et les émotions, pour contribuer au développement du cortex pré-frontal et pour lui apprendre à gérer ses frustrations.



Le Terrible Two est une phase primordiale dans le développement de l’enfant. Malgré son envie de liberté, 
c’est également la période où l’enfant à le plus besoin d’un cadre, qui va lui permettre d’apprendre à gérer 
ses frustrations dans ses relations et interactions sociales. En tant que parents, il est important de tenir bon.


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mardi 31 décembre 2024

La Flexibilité Cognitive Est Essentielle pour Naviguer dans un Monde en Mutation




Les fonctions cognitives

Ce sont les capacités de notre cerveau qui nous permettent d’être en interaction avec notre environnement : elles permettent de percevoir, se concentrer, acquérir des connaissances, raisonner, s’adapter et interagir avec les autres.

Il existe plusieurs fonctions cognitives :

L’attention. Capacité à se concentrer pendant une certaine durée, à faire deux choses en même temps.

La mémoire. Capacité à retenir des informations visuelles, verbales à court et long terme.

La mémoire de travail. Manipuler une information en mémoire (exemple, le calcul mental).

Les fonctions visuo-spatiales. Capacité à s’orienter et se repérer.

La cognition sociale. Ce sont les capacités à comprendre les autres, à identifier les différentes émotions et à interpréter correctement son environnement.

Les fonctions exécutives. Capacités à s’organiser, à mettre en place des stratégies pour faire face à des situations inhabituelles. Elles constituent l’ensemble des processus mentaux que met en œuvre une personne pour gérer ses comportements, ses pensées et ses émotions lors d’une situation nouvelle qui nécessite de résoudre un problème pour lequel nos stratégies habituelles et connues ne suffisent pas. Elles sont en action dans toutes les situations où il est indispensable pour réussir de devoir s’arrêter, réfléchir, créer une solution originale, puis vérifier si le but est bien atteint.

Les trois principales fonctions exécutives sont la mémoire de travail, la flexibilité cognitive et le contrôle de l'inhibition.


La Flexibilité Cognitive



La flexibilité cognitive ou mentale peut être définie comme la capacité de notre cerveau à adapter notre conduite et notre pensée à des situations nouvelles, changeantes ou inattendues. En d'autres termes, la flexibilité cognitive est la capacité à nous rendre compte que quelque chose ne fonctionne pas ou plus, et que par conséquent, nous devons revoir notre conduite, pensée et opinions pour nous adapter à notre environnement et aux nouvelles situations.

La flexibilité cognitive joue un rôle important dans l'apprentissage et la capacité à résoudre des problèmes des plus complexes. Elle nous permet de choisir la meilleure stratégie afin de nous adapter aux nouvelles situations que nous rencontrons. Elle nous aide également à retenir des informations et y répondre de manière flexible et adéquate tout en nous ajustant aux changements et exigences de la situation.

La flexibilité cognitive est essentielle, puisqu’elle permet d’adapter notre comportement en fonction de l'environnement. Elle permet de développer des stratégies appropriées afin de faire face aux défis du quotidien.

La rigidité cognitive, à l’inverse, rend l’adaptation difficile. Elle est caractéristique de certains troubles de santé mentale comme la schizophrénie, ainsi que de conditions comme les troubles du spectre de l’autisme et la déficience intellectuelle.

La flexibilité mentale nous permet de nous ajuster au changement, de percevoir les multiples facettes d’une situation ou de concevoir quelque chose d’un angle tout à fait nouveau. Elle est liée à l'intelligence fluide, au raisonnement fluide ainsi qu'à la capacité à résoudre de nouveaux problèmes de manière flexible et efficace.

Une bonne flexibilité cognitive nous permet de prendre en compte d'autres croyances, valeurs, idées ou manières de penser. Ce qui nous aide à mieux comprendre le point de vue des autres, et à évaluer d'autres options qui ne sont pas les nôtres. C'est pourquoi, la flexibilité mentale est très liée à l'empathie et à notre manière de d'interagir socialement.

Où se trouve la flexibilité cognitive dans le cerveau ?

Chez l’homme, l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) montre que des régions spécifiques du cerveau, notamment les cortex pré-frontal, cingulaire antérieur et pariétal postérieur, ainsi que les noyaux gris centraux, sont activées lorsqu’une personne s’engage dans des procédures de changement de tâches qui nécessitent une flexibilité cognitive.
La flexibilité cognitive dépend du lobe pré-frontal du cerveau, qui est la structure cérébrale qui met le plus de temps à atteindre sa maturation. On remarque que la majorité des jeunes enfants veulent les choses immédiatement, n'importe quel changement de routine les affecte, ils s'énervent très souvent ; ceci peut être dû au fait que leur flexibilité mentale est en pleine maturation et qu'ils ne tiennent pas en compte les différentes options ou alternatives qui peuvent s'offrir à eux.

La flexibilité cognitive, aussi bien que le langage ou les compétences motrices, est une habileté cognitive qui dépend d'un processus de développement et d'une maturation cérébrale. La maturation de la flexibilité cognitive est totale aux alentours des 20 ans. Nous commençons à l'entraÎner dès le plus jeune âge, en la mettant à épreuve tous les jours.

Caractéristiques d'une bonne flexibilité mentale ou cognitive

* Une bonne flexibilité cognitive ou mentale nous permet de nous adapter rapidement aux changements ou aux nouveautés de notre environnement.

* La flexibilité cognitive nous aide à tolérer les changements qui peuvent survenir lorsque nous résolvons un problème ou faisons un exercice. Elle nous permet également de trouver des alternatives.

* Les personnes disposant d'une bonne flexibilité mentale font facilement la transition d'une activité à une autre et savent se comporter de manière adéquate pour chaque situation.

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 Elles peuvent également voir plusieurs dimensions depuis une même réalité, regarder depuis différentes perspectives et établir des relations cachées, et par delà trouver facilement plusieurs solutions à un même problème.

* Les personnes disposant d'une bonne flexibilité mentale tolèrent mieux les erreurs et les changements de programme, elles ont plus de facilité à se mettre à la place de l'autre et elles arrivent plus facilement à trouver des arrangements communs.

La flexibilité cognitive chez les enfants

La flexibilité cognitive est une compétence qui se développe tout au long de l’enfance. Les enfants qui ont une bonne flexibilité cognitive sont mieux équipés pour résoudre les problèmes et pour s’adapter aux situations nouvelles ou inattendues.

Les enfants peuvent développer leur flexibilité cognitive en jouant à des jeux qui encouragent la pensée créative et la résolution de problèmes. Les activités qui impliquent la planification et la prise de décisions, telles que les jeux de rôle, peuvent également aider à développer la flexibilité cognitive.

La flexibilité cognitive chez les adultes et les seniors

La flexibilité cognitive continue de se développer tout au long de la vie adulte, mais elle peut diminuer avec l’âge. Les adultes et les seniors qui ont une bonne flexibilité cognitive sont mieux équipés pour s’adapter aux changements dans leur vie professionnelle et personnelle, et pour maintenir une bonne santé mentale.

Il est possible de stimuler la flexibilité cognitive chez les adultes et les seniors en encourageant la pratique de la méditation, du yoga, des activités artistiques et créatives, et en favorisant l’apprentissage continu. Les activités qui impliquent l’apprentissage de nouvelles compétences ou la résolution de problèmes peuvent aider à maintenir et à améliorer la flexibilité cognitive. Comme toute fonction cognitive, aussi pour la flexibilité cognitive, un entraînement cérébrale est très utile.

Rigidité Cognitive : Défaillances au niveau de la flexibilité mentale

La rigidité cognitive est la conséquence du manque de flexibilité mentale. Par conséquent, elle peut être définie comme l'incapacité à changer de conduite ou de croyance même si celles-ci ne sont pas efficaces pour atteindre nos objectifs. La rigidité cognitive peut engendrer des modifications au niveau du contrôle de la conduite.

La sensation que génère le phénomène de rigidité cognitive est celle d'être bloqué ou coincé par quelque chose et ne pas être capable de trouver une sortie. Il est évident que la rigidité cognitive a des conséquences négatives sur les activités de la vie quotidienne.

Comment se produit la rigidité cognitive ? Le cerveau humain cherche la stabilité et essaye de réduire l'incertitude à tout prix. Les personnes souffrant d'une grande rigidité cognitive peuvent renoncer à tout changement ou nouveauté, en maintenant leur conduite ou manière de penser, néanmoins ceci ne les aidera pas à s'adapter à leur environnement. Il est normal que pour certains s'adapter aux changements soit tout un challenge, mais pour les personnes avec une faible flexibilité mentale, l'adaptation au changement peut être beaucoup plus complexe.

Troubles ou pathologies associées à une flexibilité cognitive déficiente ou rigidité mentale

Une diminution de la flexibilité cognitive a été observée dans divers troubles neuro-psychiatriques tels que :

* Chez les enfants qui ont des problèmes d'attention,

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 Chez les personnes ayant souffert d'un traumatisme crânien ( accident de la circulation, chute),

* Ictus ou troubles complexes comme celui du trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH),

* Trouble obsessionnel-compulsif (TOC),

* Troubles du spectre autistique (Syndrome d'Asperger et l'autisme),

* Troubles d'alimentation (anorexie nerveuse et boulimie nerveuse),

* Personnes souffrant d'addictions, etc...

* Schizophrénie.

Les personnes âgées sont souvent touchées par la détérioration de leur flexibilité mentale

Le vieillissement du cerveau implique des changements fonctionnels et physiques qui nuisent à la vitesse de traitement du cerveau et à son rendement cognitif. Les études démontrent que l'entraînement cognitif peut avoir des effets positifs sur l'induction de la plasticité cérébrale et, pourraient être aussi valide qu'une intervention visant à lutter ou à réhabiliter la détérioration de la fonction exécutive et la flexibilité cognitive.
Le déclin de la flexibilité cognitive lié à l'âge est associé aux niveaux de neurogénèse hippocampique. Le vieillissement est associé à des troubles de l'apprentissage, de la mémoire et de la flexibilité cognitive, ainsi qu'à un déclin progressif de la neurogenèse hippocampique.

La capacité à passer d’un type de stratégie cognitive de résolution de problèmes à un autre lorsque les circonstances changent, appelée adaptabilité ou flexibilité cognitive, est une fonction essentielle pour les humains. Lorsque cette capacité diminue – que ce soit par le vieillissement, la maladie, un traumatisme ou une exposition à l’environnement – le comportement mental devient plus rigide et une personne a du mal à s’adapter aux nouvelles exigences cognitives et reste coincée dans son ancien mode de pensée.


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Recherche

La flexibilité cognitive est essentielle pour naviguer dans un monde en mutation – Le cerveau apprend de nouvelles règles



Des chercheurs de l’Institut du Cerveau Inserm et du département de psychiatrie et sciences du comportement de l’Université de Californie dans une étude : “Neurons involved in cognitive flexibility communicate at a distance” (Les neurones impliqués dans la flexibilité cognitive communiquent à distance), publiée dans la revue Nature en juin 2023, ont décrit, chez la souris, une classe de neurones spécialisés dans la capacité d’adaptation.

Pour s’adapter aux changements perçus dans notre environnement, le cerveau modifie constamment l’activité des circuits neuronaux du cortex pré-frontal, une région impliquée dans l’attention, l’anticipation et la prise de décision. Mais jusqu’ici, les chercheurs ignoraient quels mécanismes étaient à l’origine de ces modifications, pourtant indispensables aux rongeurs, aux primates et aux humains pour survivre dans un monde en perpétuelle évolution.

L’équipe de neuro-scientifiques, étudie la manière dont le cerveau traite les informations et ce qui se passe lorsque cette fonction est altérée.

En étudiant cette fascinante capacité, ils ont trouvé un type de connexion neuronale spécifique dans le cortex pré-frontal, qui contribue à mettre à jour notre représentation du monde, et surtout, de ses règles. Grâce à elle, nous ne nous obstinons pas à employer une stratégie inadaptée pour atteindre un but.

Cette catégorie particulière de neurones dans le cortex pré-frontal pourrait permettre une flexibilité du comportement et qui, lorsqu’ils présentent des dysfonctionnements, risquent de mener à des pathologies telles que la schizophrénie et les troubles bipolaires.

Les neurones inhibiteurs et l’apprentissage de nouvelles règles

Les neurones inhibiteurs atténuent l’activité d’autres neurones dans le cerveau. Jusqu’à présent, les chercheurs considéraient que ces neurones n’envoyaient leurs signaux électriques et chimiques qu’aux neurones situés à proximité. Cependant, ils ont découvert une catégorie particulière de neurones inhibiteurs dans le cortex pré-frontal qui communiquent sur de longues distances avec ceux de l’hémisphère opposé du cerveau.

Ils se sont demandés si ces connexions inhibitrices à longue portée participaient à la coordination des changements dans les schémas d’activité des cortex pré-frontaux gauche et droit. Ce faisant, ils pourraient fournir les signaux cruciaux qui vous aideraient à modifier votre comportement au bon moment.

Pour tester la fonction de ces connexions inhibitrices à longue portée, ils ont observé des souris effectuant une tâche qui leur exigeait d’apprendre une règle pour recevoir une récompense, puis de s’adapter à une nouvelle règle afin de continuer à recevoir la récompense. Cette tâche consistait pour les souris à creuser dans des bols pour y trouver de la nourriture cachée. Au départ, une odeur d’ail ou la présence de sable dans un bol peuvent indiquer l’emplacement de la nourriture cachée. L’indice caractéristique associé à la récompense change ensuite, ce qui oblige les souris à apprendre une nouvelle règle.

Ils ont découvert que la suppression des connexions inhibitrices à longue portée entre les cortex pré-frontaux gauche et droit provoquait chez les souris un blocage, ou une persévérance, vis-à-vis d’une règle, et les empêchait d’en apprendre de nouvelles. Elles n’ont pas été capables de modifier leur stratégie et d’apprendre que l’ancien repère n’avait plus de sens et que le nouveau repère indiquait la présence de nourriture.

Les ondes cérébrales et la flexibilité comportementale

Ils ont également fait des découvertes surprenantes sur la manière dont ces connexions inhibitrices à longue portée créent une flexibilité comportementale. Plus précisément, elles synchronisent un ensemble d’ondes cérébrales – appelées oscillations gamma – dans les deux hémisphères. Ce sont des fluctuations rythmiques de l’activité cérébrale qui se produisent environ 40 fois par seconde. Ces fluctuations peuvent être détectées pour de nombreuses fonctions cognitives, par exemple lorsque vous effectuez une tâche qui nécessite de garder des informations en mémoire ou de faire différents mouvements selon les informations affichées sur l’écran d’un ordinateur.

Les fluctuations de l’activité 
neuronale se manifestent sous
forme d’ondes cérébrales
ou d’oscillations neuronales
Bien que les scientifiques aient observé la présence d’oscillations gamma depuis plusieurs décennies, leur fonction est controversée. Beaucoup de chercheurs pensent que la synchronisation de ces fluctuations rythmiques dans diverses régions du cerveau n’a aucune utilité. D’autres ont émis l’hypothèse que cette synchronisation entre différentes régions du cerveau améliorait la communication entre ces régions.

Ils ont trouvé un rôle potentiel complètement nouveau pour la synchronisation gamma. Lorsque les connexions inhibitrices à longue portée coordonnent les oscillations gamma dans les cortex pré-frontaux gauche et droit, elles semblent également ouvrir la communication entre eux.

Quand les souris apprennent à ignorer une règle précédemment établie qui ne conduit plus à une récompense, ces connexions synchronisent les oscillations gamma et semblent empêcher un des hémisphères de maintenir des modèles d’activité inutiles dans l’autre hémisphère. En d’autres termes, les connexions inhibitrices à longue portée semblent éviter que les données provenant d’un hémisphère ne “se mettent en travers” de celles de l’autre hémisphère lorsque ce dernier essaie d’apprendre quelque chose de nouveau.

Par exemple, le cortex pré-frontal gauche peut “remémorer” au cortex pré-frontal droit votre itinéraire habituel pour vous rendre au travail. Mais lorsque des connexions inhibitrices à longue portée synchronisent ces deux zones, elles semblent également interrompre ces rappels, et permettre à de nouveaux schémas d’activité cérébrale correspondant à votre nouveau trajet de se mettre en place.

Enfin, ces connexions inhibitrices à longue portée déclenchent aussi des effets durables. En coupant ces connexions, ne serait-ce qu’une seule fois, les souris ont eu du mal à apprendre de nouvelles règles plusieurs jours plus tard. À l’inverse, la stimulation rythmique de ces connexions pour synchroniser artificiellement les oscillations gamma peut inverser ces déficits et rétablir un apprentissage normal.

Flexibilité cognitive et troubles psychiatriques

Les connexions inhibitrices à longue portée jouent un rôle important dans la flexibilité cognitive. L’incapacité à mettre à jour de manière appropriée les règles apprises précédemment constitue une forme caractéristique de déficits cognitifs dans les troubles psychiatriques tels que la schizophrénie et les maladies affectives bipolaires.

La recherche a également mis en évidence des déficiences dans la synchronisation gamma et des anomalies dans une catégorie de neurones inhibiteurs pré-frontaux, dont ceux étudiés, chez les personnes souffrant de schizophrénie. Dans ce contexte, l’étude suggère que les traitements qui ciblent ces connexions inhibitrices à longue portée peuvent contribuer à améliorer la cognition chez les individus atteints de schizophrénie en synchronisant les oscillations gamma.

De nombreux détails sur la manière dont ces connexions affectent les circuits cérébraux demeurent inconnus. Par exemple, les auteurs ne savent pas exactement quelles cellules du cortex pré-frontal reçoivent des informations de ces connexions inhibitrices à longue portée et modifient leurs schémas d’activité pour apprendre de nouvelles règles. Ils ignorent également s’il existe des voies moléculaires particulières qui produisent des changements durables dans l’activité neuronale.

La réponse à ces questions pourrait dévoiler la façon dont le cerveau passe avec souplesse de la conservation à la mise à jour d’informations anciennes, et conduire éventuellement à de nouveaux traitements de la schizophrénie et d’autres maladies psychiatriques.


Des nouvelles recherches recherches révèlent un lien étroit entre la flexibilité cognitive et la neurogenèse



Une équipe de chercheurs de l’Université de Stony Brook dans une étude, publiée dans Frontiers in Neuroscience en août 2023, pense avoir une nouvelle compréhension de l’adaptabilité cognitive et du rôle de la neurogenèse adulte.

L’équipe de neuro-scientifiques étudie la manière dont le cerveau traite les informations et ce qui se passe lorsque cette fonction est altérée.

Les mêmes conditions défavorables – la maladie et le vieillissement – affectent également le processus de création de nouveaux neurones longtemps après la naissance, appelé neurogénèse adulte. Cependant, le lien entre les deux conditions reste difficile à établir.

Selon les chercheurs l'ensemble des conséquences ayant un impact sur la flexibilité cognitive reste difficile à cerner pour les scientifiques, en grande partie à cause d'un manque de modèles de recherche efficaces.

Ils ont développé un nouveau modèle animal centré sur des tâches comportementales conçues pour mettre au défi les souris de répondre à divers signaux pour se déplacer dans un labyrinthe. La version courante de cette tâche demande à la souris de trouver une plate-forme immergée dans un bassin d'eau, de se souvenir de la position de la plate-forme par rapport à divers signaux entourant le bassin – par exemple des cercles et des croix fixés sur les murs de la zone –, puis d'utiliser ces signaux pour naviguer jusqu'à la plate-forme, comme on apprendrait l'emplacement d'un magasin de vélos local par rapport à d'autres panneaux de magasin du même pâté de maisons.

Les auteurs ont conçu un nouvel essai comportemental en ajoutant d'autres variables à la tâche commune, comme l'alternance quotidienne de la couleur de la piscine, le fait d'avoir des jouets pour enfants suspendus au-dessus de la piscine et le changement de position de la plate-forme, comme s'ils changeaient les couleurs du magasin et du bâtiment autour du magasin de vélos.

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Comment renforcer les fonctions cognitives ?



Des fonctions cognitives en pleine forme sont un bien précieux qu’il faut entretenir. Ces dernières peuvent se dégrader avec l’âge, mais ce n’est pas forcément une fatalité. Il existe des moyens de prévenir ou au moins de ralentir ce déclin des capacités cérébrales.

Il n’y a pas d’âge pour prendre soin de ses fonctions cérébrales. Non seulement cela soutient une bonne mémoire et une bonne réactivité, mais cela permet également de prévenir les risques de sénilité.

Pour augmenter le niveau de flexibilité de vos muscles, vous devez effectuer un travail qui comprend des exercices de respiration, des étirements statiques et des étirements dynamiques. L'ajout d'un entraînement musculaire peut améliorer encore la flexibilité et la mobilité.

Il est possible d’améliorer la flexibilité cognitive à tout âge. Voici quelques méthodes pour stimuler cette fonction cognitive :

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La pratique régulière de la méditation ou du yoga peut aider à améliorer la flexibilité cognitive. Ces pratiques encouragent la concentration, la conscience de soi et la régulation émotionnelle, toutes des compétences liées à la flexibilité cognitive.

* Les activités artistiques et créatives, telles que la peinture, la sculpture ou la musique, peuvent également aider à améliorer la flexibilité cognitive. Ces activités stimulent la créativité et encouragent l’exploration de nouvelles idées et perspectives.

* L’apprentissage continu est un autre moyen efficace d’améliorer la flexibilité cognitive. L’apprentissage de nouvelles compétences ou la découverte de nouvelles informations stimule le cerveau et peut aider à améliorer la flexibilité cognitive.

* Les jeux de société, les puzzles et les jeux vidéo peuvent également aider à améliorer la flexibilité cognitive. Ces activités stimulent la résolution de problèmes, l’attention et la mémoire de travail, toutes des compétences liées à la flexibilité cognitive.

* La pratique de la pleine conscience peut aider à améliorer la flexibilité cognitive. La pleine conscience consiste à être pleinement conscient de l’instant présent, sans jugement. Cette pratique encourage la concentration, la conscience de soi et la régulation émotionnelle, toutes des compétences liées à la flexibilité cognitive.

Conseils pour entretenir et entraîner ses fonctions cognitives

Lire beaucoup

Quand on parle d’entretenir son cerveau on pense tout de suite lecture. Et nous avons raison. La lecture permet d’entretenir à peu de frais nos fonctions cérébrales, et notamment notre mémoire et nos capacités d’apprentissage. En plus cela est distrayant.

Faire des activités sur ordinateur

L’ordinateur, les smartphones et autres tablettes n’ont pas que des défauts, loin de là. Leur usage régulier permet aussi de stimuler notre réactivité et la coordination de nos mouvements. Ce qui fait une bonne raison de moins culpabiliser d’en avoir un usage régulier. Vos fonctions cognitives en sont renforcées. Cependant si vous voulez bien dormir, évitez de les utiliser en soirée.

Soigner son alimentation

Une alimentation saine, riche en produits naturels, est bénéfique pour le cerveau. En effet, le sel et les graisses augmentent le risque d’accidents vasculaires cérébraux et sont dommageables pour la circulation cérébrale. On privilégie les jus de fruits et de légumes bio sans additifs, les sels aux herbes et les plats faits maison.

Faire du sport

Le sport est bénéfique pour l’ensemble du corps, y compris le cerveau. Sa pratique permet d’entretenir la coordination des mouvements, les réflexes et la réactivité, mais aussi de favoriser la circulation du sang, y compris dans le cerveau. Ce qui en fait un excellent allier pour l’entretien des fonctions cognitives.

Avoir recours aux aides naturelles

Il existe des plantes qui permettent de soutenir la santé cérébrale et d’entretenir les fonctions cognitives. La plus célèbre de ces plantes est le ginkgo. Cette plante stimule la circulation sanguine dans le cerveau et soutient ainsi la santé de ce précieux organe. De quoi poursuivre sa vie en pleine possession de ses moyens.

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En conclusion, la flexibilité cognitive est une fonction cognitive importante qui nous permet de nous adapter aux situations nouvelles et changeantes. Elle est étroitement liée à d’autres fonctions cognitives telles que la mémoire de travail, l’attention et l’inhibition. La flexibilité cognitive peut être améliorée à tout âge grâce à des activités telles que la méditation, les activités artistiques, l’apprentissage continu, les jeux de société et la pleine conscience. En gardant notre cerveau actif et stimulé, nous pouvons maintenir et améliorer notre flexibilité cognitive tout au long de notre vie.




Pour nous adapter aux petits et grands événements qui donnent au monde son caractère changeant, 
nous disposons d’une capacité essentielle : la flexibilité cognitive. 
Elle nous permet d’improviser en cas de perturbations sur notre trajet matinal,
 de faire face au comportement inattendu d’un proche, ou de nous accoutumer à la vie dans un nouveau pays


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