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jeudi 29 décembre 2022

L'Importance de l'Intelligence Émotionnelle – Lecture Émotionnelle à l'Intérieur de Notre Cerveau


Identifier et gérer ses propres émotions permet d'avoir 
de meilleures relations avec les autres et une meilleure qualité de vie


Qu'est-ce qu'une émotion ?

Une émotion est un processus physiologique qui nous prépare à nous adapter et à réagir à l'environnement, sa fonction principale étant l'adaptation, c'est-à-dire la survie. Lorsqu'une émotion surgit, c'est parce que l'équilibre que maintient l'esprit a été rompu, pour diverses raisons. C'est une alarme interne qui nous informe que cet équilibre a été rompu, étant la plupart du temps dû à des facteurs externes, dont beaucoup sont de notre quotidien. Quelques exemples : un serveur ne nous sert pas dans un bar ; un ami(e) fait quelque chose qui ne nous plaît pas ; un père gronde son fils ; le décès d'un membre de la famille...

Les émotions sont toujours accompagnées de nos pensées. Ce sont elles qui donnent aux émotions un caractère positif ou négatif, puisqu'elles ne sont ni négatives ni positives, ni bonnes ni mauvaises. La peur, la colère, la tristesse, la surprise, le dégoût et la joie sont, selon différents auteurs, les six émotions que les êtres humains ont, et il est à noter que cela dépend de la pensée qui est associée à chaque émotion, cela donnera lieu à un sentiment qui déterminera notre état d'esprit. Cela nous amène à penser qu'une émotion, lorsqu'elle est produite par un processus physiologique n'est pas contrôlable, mais nos pensées peuvent la gérer, et générer le sentiment dont nous avons besoin à chaque instant.

Ainsi, gérer nos pensées dans différentes situations de déséquilibre interne/externe, selon l'intensité, le lieu et le contexte, est ce que nous appelons l'intelligence émotionnelle.


Intelligence émotionnelle



L'intelligence émotionnelle est la capacité à reconnaître, réguler et comprendre les émotions, à la fois en soi et chez les autres. Une intelligence émotionnelle élevée aide à se connecter avec d'autres personnes, à forger des relations empathiques, à communiquer efficacement, à résoudre des conflits et à exprimer des sentiments.

Cela fait référence à la capacité des individus à reconnaître leurs propres émotions et celles des autres, à différencier différents sentiments et à les étiqueter de manière appropriée, à utiliser des informations émotionnelles pour guider la pensée et le comportement, et à gérer ou ajuster les émotions en fonction de l’environnement ou à atteindre des objectifs. C’est-à-dire savoir comment gérer nos émotions.

Par conséquent, cette capacité peut faire la différence entre se comporter d'une manière socialement acceptable et ne pas être à sa place dans une situation sociale donnée.

L'intelligence émotionnelle nous aide à comprendre comment nous pouvons influencer de manière adaptative et intelligente à la fois nos émotions et notre interprétation des états émotionnels des autres. Cet aspect de la dimension psychologique humaine joue un rôle fondamental dans notre façon de socialiser et dans les stratégies d'adaptation à l'environnement que nous suivons.

Histoire de l'intelligence émotionnelle

Les psychologues ont étudié l'intelligence émotionnelle depuis que le concept d'intelligence sociale a été introduit par Edward Thorndike en 1920. Howard Gardner s'est ensuite appuyé sur cette théorie et a ajouté l'idée que plus d'un type d'intelligence contribue à la capacité cognitive. Dans son livre de 1983 Frames of Mind: The Theory of Multiple Intelligences, Gardner a introduit le concept d'intelligence interpersonnelle et intrapersonnelle.

Cependant, le terme "intelligence émotionnelle" n'a pas gagné en popularité jusqu'à la publication en 1995 du livre Emotional Intelligence du journaliste scientifique Daniel Goleman. Dans son livre, Goleman définit l'intelligence émotionnelle et établit l'importance du quotient émotionnel pour le leadership.

Puis, en 2004, Peter Salovey et John Mayer ont élargi la portée et la compréhension de l'intelligence émotionnelle. Ils ont développé la théorie des traits pour développer et mesurer l'intelligence émotionnelle. Cela a conduit au premier test d'intelligence émotionnelle, le test d'intelligence émotionnelle Mayer-Salovey-Caruso (MSCEIT).

Aujourd'hui, l'intelligence émotionnelle est étudiée par une grande variété de psychologues cherchant à comprendre les différentes compétences émotionnelles, les compétences interpersonnelles qui contribuent à l'intelligence émotionnelle et la différence entre le quotient émotionnel et le QI. Bien que de nombreux psychologues ne soient pas d'accord sur les détails exacts de l'intelligence émotionnelle, la plupart conviennent qu'il s'agit d'une compétence qui peut être développée avec de la pratique et de l’entraînement.

Contrairement à ce qu'il peut sembler, compte tenu du fait que le terme a été incorporé dans le langage général, il n'est pas facile de l'atteindre ou de l'obtenir. Cependant, en notre faveur, il y a le fait que nous sommes des êtres émotionnels qui ont appris à penser, et non des machines pensantes qui ont appris à ressentir.

Les vrais spectateurs empathiques peuvent même entendre ce qui se dit en silence. La chose la plus importante dans la communication est d'entendre ce qui n'est pas dit.

Caractéristiques de l'intelligence émotionnelle

Connaissance de soi

Se connaître soi-même, ainsi que comprendre ses humeurs, les causes qui les ont engendrées et les conséquences que ces sensations peuvent avoir sur les autres, est l'une des clés essentielles de l'intelligence émotionnelle.

Empathie

L'une des bases pour comprendre l'importance de l'intelligence émotionnelle est qu'elle aide à générer plus d'empathie pour pouvoir se mettre à la place de ce que les autres ressentent, comprendre pourquoi ils se comportent de certaines manières, mais sans que ces circonstances affectent en une manière personnelle.

Autorégulation

Cette caractéristique fait partie de celles qui permettent de comprendre l'importance de l'intelligence émotionnelle, car elle fait référence au contrôle des émotions, des impulsions et à la capacité de réfléchir avant d'agir. De plus, cela implique la capacité de s'affirmer, de faire preuve de souplesse et de recevoir de nouvelles idées.

Motivation personnelle

En ce qui concerne la question de savoir à quoi sert l'intelligence émotionnelle, à travers elle, les êtres humains peuvent se motiver et chercher en eux-mêmes différentes raisons d'avancer dans leur vie sans avoir besoin que les autres les reconnaissent, ou les récompensent.

Aptitudes sociales

Avoir des compétences sociales est l'un des exemples d'intelligence émotionnelle que l'on peut voir chez les personnes qui savent gérer leurs compétences sociales afin d'être en contact avec différents types de personnes et d'établir un climat de confiance.

Les personnes qui possèdent ces qualités sont généralement des personnes socialement équilibrées, extraverties et joyeuses qui, au lieu de s'inquiéter, voient les problèmes comme une opportunité de croissance et d'amélioration.

Les personnes qui ont un haut niveau d'intelligence émotionnelle sont plus ouvertes à travailler et à mieux connaître les émotions des autres, à la fois celles qui ont à voir avec le bonheur et la tristesse. Ce type d'intelligence ne signifie pas seulement être expressif sur ses propres émotions mais savoir les gérer pour son propre bénéfice et celui des autres autour de soi.

Une bonne relation avec les autres est nécessaire pour notre bonheur personnel et même pour performer comme nous le souhaitons dans nos emplois et dans nos familles. Savoir comment entrer en relation avec les autres montre une intelligence émotionnelle, reconnaissant le niveau de proximité ou même d'utilité.

Entretenir des relations avec des personnes positives est toujours le plus conseillé et entretenir de bonnes relations avec des personnes moins positives qui évoluent dans notre même environnement est également conseillé.

Importance de l'intelligence émotionnelle

Dans la mesure où l'être humain pourra comprendre l'importance de l'intelligence émotionnelle, il sera capable de gérer ses différents sentiments et émotions, sachant les diriger afin d'établir de meilleures relations avec lui-même et avec les autres.

Une intelligence émotionnelle élevée favorise le développement de relations tant avec soi-même qu'avec les autres, en plus d'augmenter le sentiment de bien-être puisqu'elle nous permet de prendre des décisions de la meilleure façon possible.

L'intelligence émotionnelle implique le développement d'habiletés sociales qui nous permettent d'entrer en relation de la meilleure façon possible à la fois avec des personnes avec lesquelles nous nous sentons bien, soit en faisant correspondre les goûts, les loisirs, etc. comme avec les gens avec qui nous ne nous connectons pas si facilement ou pour qui nous ne ressentons pas de sympathie.

Nous n'allons pas toujours rencontrer des gens qui nous ressemblent, ni au travail, ni dans la famille, ni même dans un grand groupe "d'amis". Savoir gérer ces situations permet de mieux se sentir bien dans des situations où certains points de vue ne sont pas partagés avec les autres.

Les situations qui impliquent une forte émotivité, que ce soit dans un état d'euphorie ou de tristesse, conduisent généralement à agir ou à prendre une décision basée sur un état émotionnel. Si nous sommes conscients que cela se produit, nous reporterons la décision à un moment où nous nous sentirons plus calmes et pourrons faire une évaluation objective de ce qui se passe et, ainsi, prendre le bon chemin vers ce que nous voulons réaliser.

Avantages d'une intelligence émotionnelle développée

Selon une étude rédigée par le psychologue John D. Mayer de l'Université du New Hampshire et publiée dans l'Annual Review of Psychology, l'intelligence émotionnelle est liée à :

* De meilleures relations interpersonnelles chez les enfants et les adolescents et une incidence plus faible de comportements antisociaux ou de déviation des normes sociales.

* De meilleures relations chez les adultes, une meilleure perception de soi, une plus grande sécurité dans les compétences sociales et moins d'agressivité et de problèmes d'interrelations sociales et de couples.

* Les personnes ayant une intelligence émotionnelle plus élevée sont perçues positivement par les autres. Ce sont des gens plus gentils, avec de plus grandes compétences sociales et empathiques.

* Meilleures performances et résultats scolaires.

* Meilleures capacités de négociation et compétences relationnelles au travail. Dynamique sociale plus productive et positive.

* Meilleure santé mentale. Une plus grande satisfaction de sa propre vie, une meilleure estime de soi, un moindre degré d'insécurité et des taux de dépression plus faibles. Elle est également lié à une moindre tendance aux comportements à risque, à la toxicomanie et à une plus grande prise en charge de soi.

* Une plus grande capacité d'adaptation aux circonstances actuelles.

Manque d'intelligence émotionnelle

Les situations stressantes sont les meilleures pour identifier si l'intelligence émotionnelle fait défaut, présentant des comportements tels que :

Être facilement stressé.
Le stress, l'anxiété et la tension peuvent s'accumuler et rendre difficile la prise de décisions et le fait de ne pas identifier les situations accablantes à temps pour les gérer à temps.

Vocabulaire émotionnel limité. Généralement, lorsque des questions sont posées sur notre état d'esprit, les réponses sont généralement bonnes ou mauvaises, cependant; lorsque vous êtes émotionnellement intelligent, il est possible d'identifier le sentiment et d'obtenir des réponses telles que frustré, irritable, craintif, entre autres.

Ressentiment.
Il vaut mieux lâcher prise que vivre avec, il a été prouvé que la rancune affecte non seulement émotionnellement, mais aussi physiquement car elle contribue aux maladies cardiaques et à l'hypertension artérielle.

Colère mal utilisée. Ce n'est pas que vous devez toujours être heureux, mais vous montrer en colère dans les bonnes situations, en évitant de blâmer les autres pour ce qu'ils vous font ressentir, en plus d'avoir la capacité d'identifier les déclencheurs.

Ne pas savoir dire non. Cette situation se produit souvent dans tous les domaines, vous obligeant à faire des activités indésirables.


Développer l'intelligence émotionnelle

Améliorer l'empathie



L'empathie est la capacité à se connecter avec les autres. C'est la pierre angulaire du développement de l'intelligence émotionnelle.

Comprendre les autres. L'empathie consiste à se connecter avec les émotions des autres. Pour commencer, nous concentrer sur le développement de la façon dont nous comprenons les autres. S'ils prennent une décision que nous n'aurions pas prise, nous comptons sur la curiosité et l'empathie pour comprendre pourquoi ils l'ont fait.

Pas juger. Nous avons tous une petite voix dans notre esprit qui émet automatiquement des hypothèses et des jugements. Le non-jugement ne consiste pas seulement à arrêter de faire ces hypothèses immédiates, il s'agit d'apprendre à les ignorer en faveur d'une réflexion à long terme.

Se mettre à la place de l'autre personne. Étant donné que l'empathie consiste à établir des liens, un bon moyen de créer des liens est de se mettre à la place de quelqu'un d'autre. Parfois, ils peuvent prendre une décision que nous n'aimons pas ou avec laquelle nous ne sommes pas d'accord, mais au lieu de réagir, essayons d'imaginer la situation de leur point de vue.

Pratiquer l'écoute active



L'écoute active est la pratique d'écouter pour comprendre. Au lieu de penser à quoi dire ensuite, porter toute l’attention sur ce que l'autre personne dit.

L'écoute active sert à développer l'empathie, la connexion et la confiance entre soi et une autre personne.

Un autre élément clé de l'écoute active est la communication non verbale et le langage corporel. Prendre note de ce que vous faites lorsqu'une autre personne parle. Même si on est intéressé, croiser les bras ou regarder au loin donne l'impression qu'on ne l'est pas. Essayer de maintenir un contact visuel et une expression faciale courtoise et intéressée pour montrer que l’on fait attention.

Conseils pour améliorer l'intelligence émotionnelle

* Observer ses propres réactions dans diverses circonstances et devant différentes personnes. J'écoute ? Suis-je guidé par des stéréotypes ? Je préjuge ? Est-ce que je veux attirer l'attention ?

* Auto-évaluation. Les quiz sur l'intelligence émotionnelle peuvent être un moyen de commencer à apprendre à se connaître.

* S’accepter honnêtement avec les propres forces et faiblesses. Tout est susceptible d'amélioration.

* S’observer dans des situations stressantes. Comment je réagis ? Pourquoi est-ce que je réagis ? Mes réactions contribuent-elles à améliorer la situation ou à l'aggraver ?

* Arrêter de blâmer les autres et prendre la responsabilité de soi-même. Il s'agit d'éviter les auto-excuses et les justifications, d'accepter notre part de responsabilité dans ce qui se passe et de corriger ce que nous avons fait de mal.

* Observer comment les propres comportements et paroles affectent les autres. Positivement ? Négativement ? Penser à ce que je ressentirais dans cette situation.

* Apprendre de ses erreurs. Car de toute situation, aussi dure ou négative soit-elle, la meilleure chose que l'on puisse extraire est l'expérience. Apprendre de soi évite de retomber dans le même comportement encore et encore.

* Laisser le passé derrière nous. Les erreurs sont de grands professeurs.

* Apprendre et travailler les émotions pour être des adultes avec la capacité d'affronter les difficultés, les défis et de se réinventer si nécessaire.

* Apprendre à s'affirmer, exprimer ses propres émotions avec discrétion. Nous avons le droit de dire ce que nous ressentons, mais nous avons le devoir de reconnaître si c'est le bon moment pour l'autre.

* Savoir dire "non", se fixer des limites et s'affirmer lorsque la situation l'exige.

* Passer du temps avec des personnes non toxiques. Cela oxygène et permet de se développer.

***

L'apprentissage émotionnel est la base du développement de l'empathie

Nos premiers contacts émotionnels nous apprennent ce qu'il faut voir et ce qu'il ne faut pas voir dans le monde des sentiments et des émotions. Ainsi, notre apprentissage empathique se conforme en lui-même à plusieurs prémisses :

Le premier apprentissage empathique repose sur le fait que nous devons faire un effort pour percevoir les émotions des autres. C'est-à-dire que nous devons être à l'écoute des sentiments et des émotions des autres pour favoriser la compréhension de leur monde intérieur.

Le deuxième apprentissage soutient qu'agir avec empathie n'implique pas du tout d'adopter la perspective d'autrui, mais plutôt de voir le monde avec des yeux différents, ce qui nous aide à comprendre pourquoi une personne agit d'une certaine manière.

La compréhension empathique contient en soi une réponse émotionnelle envers la personne en question qui essaie de comprendre les raisons qui lui conduisent à certains sentiments et actions.

En plus de cela, nous devons comprendre qu'il ne suffit pas de percevoir et de comprendre ce que l'autre ressent, mais qu'il faut savoir lui faire comprendre qu'il est compris, pour que le circuit soit fermé et que les bénéfices d'être empathique devienne évidente.

En d'autres termes, il s'agit de coordonner des actions au niveau cognitif, comportemental et sentimental.

Empathie – Lecture émotionnelle à l'intérieur de notre cerveau

Il n'est pas facile de dresser une carte dans laquelle ses propres émotions et celles des autres apparaissent correctement identifiées, mais l'effort pour y parvenir en vaut la peine. Si nous réussissons, nous aurons une merveilleuse référence qui aura une influence positive sur le type de liens que nous établissons, sur la main que nous sommes capables de tendre et sur la joie que nous pouvons éprouver de la générosité.

Parce que réussir à revêtir le costume de la tristesse d'autrui, par exemple, est une merveilleuse compétence qui nous aide à nous déplacer dans le monde accompagné d'une capacité émotionnelle précieuse et intelligente.

Avec une bonne disposition, nous pouvons atteindre le climat émotionnel qui nous permet d'atteindre cette harmonie et de déchiffrer les désirs, les désirs, les messages profondément enfouis, les besoins, etc. Tout ce merveilleux processus qui peut parfois sembler presque magique se déroule dans notre cerveau, qui effectue habilement une intense lecture émotionnelle.

La prochaine question à laquelle il faut répondre est, inévitablement, comment il le fait. La science est en train d’obtenir des réponses et parvient à localiser de nombreuses zones où réside notre capacité émotionnelle.

L'une des découvertes les plus importantes des neurosciences a été celle des neurones miroirs, présents dans nos circuits émotionnels. Ce sont des cellules cérébrales qui remplissent la mission de refléter dans notre cerveau ce que nous observons.

Les hémisphères cérébraux. De manière générale, nous pouvons dire que notre hémisphère gauche domine la capacité de réflexion sur les émotions, tandis que dans l'hémisphère droit, le système limbique a plus de poids.

Bien qu'au niveau individuel les différences cérébrales puissent devenir abyssales, il a été constaté que chez les hommes une activité cérébrale exécutive prédomine en termes d'émotions, tandis que chez les femmes le système limbique est devenu plus important. Cela nous aide à soutenir la croyance populaire selon laquelle le monde féminin a tendance à être plus émotionnel, comprenant ainsi que les femmes ont tendance à avoir une plus grande capacité empathique.

Quoi qu'il en soit, l'empathie peut être développée par les hommes et les femmes de la même manière. Il est donc important que nous alphabétisions notre cerveau émotionnel et que nous nous efforcions de regarder le monde à travers les yeux des autres.



L'importance de l'intelligence émotionnelle dans tous les domaines de la vie est essentielle pour que les gens puissent avoir une meilleure relation avec eux-mêmes et avec ceux qui les entourent, car ils auront une plus grande capacité à comprendre leurs sentiments et leurs émotions, étant capables d'appliquer l'altérité. Nous comprenons l'altérité comme le principe philosophique d'“alterner” ou de changer sa propre perspective pour celle de “l'autre”.

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samedi 28 mai 2022

Neurosciences – Quels Apports pour la Société ?




Les neurosciences correspondent à l’étude du fonctionnement du système nerveux, depuis les aspects les plus fondamentaux, biologiques et chimiques, jusqu’aux plus fonctionnels : la personnalité, les comportements, les pensées. Au cours des vingt dernières années, les neurosciences ont connu des avancées et des innovations sans précédent. Elles permettent aujourd’hui de mieux appréhender les nombreux signaux que nous envoie notre cerveau et de comprendre le fonctionnement du système nerveux. Grâce à la neuro-imagerie ou l’imagerie cérébrale, il est désormais possible d’observer le cerveau d’un individu en train d’effectuer une tâche cognitive – parler, compter, se souvenir… – et ainsi repérer les zones et stimuli.

Les neurosciences constituent un vaste ensemble de spécialités. Elles concernent des disciplines variées, comme la psychologie, et en particulier la psychologie cognitive qui explique les processus à l’œuvre dans le cerveau pour apprendre, mais aussi la neurologie, la chronobiologie, la philosophie, l’anthropologie, ou encore l’informatique qui propose des modélisations à partir des données collectées.

Les dysfonctionnements du cerveau sont l’une des premières causes de maladie ou de handicap. Ils touchent un nombre croissant de personnes, notamment en raison du vieillissement de la population. Leurs répercussions directement ou indirectement touchent toute la société. Les neurosciences permettent d’envisager de nouveaux traitements notamment pour la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

Les autres domaines d’application des techniques d’exploration ou de modification du cerveau sont nombreux. Dans le domaine de la justice, l’imagerie cérébrale pourrait être utilisée pour modifier le cerveau des délinquants, dans le domaine du marketing, elle pourrait être un moyen d’influencer le consommateur (neuro-marketing). La neuro-imagerie pourrait aussi intéresser la gestion des ressources humaines (formater des individus pour certaines tâches), l’armée (améliorer les performances militaires ou dégrader celle des ennemis, etc.).

De multiples champs d’application

Avec l’explosion contemporaine des neurosciences, le cerveau est devenu la métaphore de référence pour décrire l’être humain dans son individualité, sa subjectivité, ses actions, sa vie privée et sociale. La rapidité avec laquelle les sciences du cerveau s’insinuent dans la société est frappante. Depuis une dizaine d’années, les neurosciences ont peu à peu investi toutes les sphères de notre quotidien. On ne peut que constater l’impact croissant des neurosciences dans les représentations culturelles, l’éducation, les médias, mais aussi dans les milieux industriels, financiers, politiques, militaires. Le “neuro” est partout : neuro-pédagogie, neuro-éducation, neuro-nutrition, neuropsychologie, neuro-économie, neuro-marketing, neuro-philosophie, neuro-gymnastique… et même neuro-politique.



Vers une neuro-société – Tout peut-il s’expliquer par l’imagerie cérébrale ?

Cet essor des neurosciences est étroitement associé à l’émergence des technologies d’imagerie cérébrale telles que l’IRM.

Les techniques de neuro-imagerie sont en grande partie à l’origine du renouveau des neurosciences cognitives : voir le cerveau normal fonctionner pratiquement en temps réel, enregistrer l’activité cognitive à l’état pur, sans la nécessité pour le sujet de donner des indices sur cette activité — comme c’était le cas en psychologie —, sont autant de progrès décisifs. La possibilité de voir le cerveau vivant en train de fonctionner ouvrirait la voie au décryptage de la pensée, des émotions, des motivations, avec au-delà la possibilité de maîtriser les processus de prise de décision qui guident nos choix et nos actions. L’IRM intéresse aussi des secteurs a priori bien loin de la neurobiologie : ressources humaines, assurance, publicité, renseignement, justice, etc. Ces questions interpellent la démocratie et appellent une réflexion éthique.

De plus, ces techniques ont révélé au chercheur en neurosciences un nouveau principe de fonctionnement du cerveau : celui du fonctionnement en réseau. Les localisations ne sont plus ce qu’elles étaient. Elles sont incluses dans des réseaux qui se font et se défont en fonction de la tâche cognitive dans laquelle le sujet est impliqué. Plus nouveau encore, les mêmes zones du cerveau servent plusieurs fonctions et peuvent faire partie, successivement, de plusieurs réseaux fonctionnels différents. En d’autres termes, une zone cérébrale donnée n’a pas une fonction unique : ses ressources sont mises à profit pour des stratégies cognitives différentes.

Un apport majeur de l’IRM est d’avoir révélé les propriétés de plasticité du cerveau qui se façonne en fonction de l’histoire vécue par chacun. Par exemple, chez les pianistes, on observe un épaississement des régions du cortex cérébral spécialisées dans la motricité des doigts et l’audition. Ce phénomène est dû à la fabrication de connexions supplémentaires entre les neurones. De plus, ces changements du cortex sont directement proportionnels au temps consacré à l’apprentissage du piano pendant l’enfance.

La plasticité cérébrale est à l’œuvre également pendant la vie d’adulte. Ainsi, le fait de s’exercer à jongler entraîne après seulement trois mois de pratique, un épaississement des zones du cortex qui contrôlent la coordination des bras et la vision. Et si l’entraînement cesse, les zones qui étaient épaissies rétrécissent.

Ces exemples, et bien d’autres résultats, démontrent comment les évènements de la vie modifient le fonctionnement cérébral, ce qui se traduit concrètement par la restructuration des circuits de neurones du cortex. Rien n’est jamais figé dans notre cerveau. Il s’agit là d’une notion fondamentale à considérer pour l’interprétation des images par IRM. La présence de particularités anatomiques ou fonctionnelles dans un cerveau ne signifie pas qu’elles existent depuis la naissance, ni qu’elles y resteront gravées. En fait, L’IRM donne un cliché instantané de l’état du cerveau d’une personne à un moment donné. Elle n’apporte pas d’information sur son passé. Elle n’a pas non plus de valeur prédictive de futurs comportements. Un autre biais de l’IRM tient au pouvoir de fascination des images colorées du cerveau qui peuvent apparaître comme une preuve scientifique objective pour un public non averti.

Neuro-politique

Selon des chercheurs de l’Institut londonien de sciences cognitives, les opinions politiques seraient inscrites dans nos neurones. Leur expérience a consisté à recueillir les orientations politiques de 90 étudiants et à étudier par imagerie IRM la structure de leurs cerveaux.

Résultat : le cortex cingulaire antérieur, qui joue un rôle dans la détection des contradictions, est plus volumineux chez les libéraux – la gauche, dans les pays anglo-saxons –, alors que la région de l’amygdale, impliquée dans les émotions liées à la peur, est plus développée chez les conservateurs – la droite –.

Au dire des chercheurs, leurs résultats révèlent un substrat neuronal aux analyses psychologiques qui montrent que la peur des situations conflictuelles et des risques différencie les conservateurs des libéraux.

La “psychologie politique” est une discipline en plein essor depuis 10 ans, particulièrement aux États-Unis. Son objectif est de comprendre pourquoi certains individus ont des croyances libérales et progressistes, tandis que d’autres penchent pour les idées conservatrices et réactionnaires. Le clivage idéologique viendrait de la petite enfance. D’après une étude menée chez des enfants de 3 ans suivis jusqu’à l’âge adulte, ceux décrits comme peureux, indécis, têtus et inhibés deviennent des adultes conservateurs. Par contre les enfants énergiques, expressifs, dominants et sociables adoptent plus tard les idées progressistes et libérales.

Toutes ces recherches ont fait l’objet d’un article de John Jost  publié en 2011 (Political Neuroscience: The Beginning of a Beautiful Friendship), qui nous annonce l’émergence d’une nouvelle discipline, la neuro-politique qui permettra de comprendre et réduire les sources de l’acrimonie idéologique qui encourage l’incivilité et fait obstacle au progrès politique et social.

Neuro-justice

Au XIXe siècle, Cesare Lombroso fondait la criminologie scientifique. Il prétendait repérer les criminels à partir des traits anatomiques du visage et du crâne. La science venait au secours de la justice.

Au XXIe siècle, La même quête anime toujours certains chercheurs, en particulier aux États-Unis où la lutte contre la délinquance et le terrorisme est une priorité nationale. Certes, le vocabulaire et les méthodes ont changé. On ne parle plus de criminalité mais de psychopathie antisociale, tandis que l’imagerie cérébrale a remplacé l’analyse des faciès et des bosses du crâne.

À ce jour, plus de 600 cas ont été répertoriés aux États-Unis pour lesquels des images obtenues par IRM ont été introduites au niveau pénal comme “preuve”. Le sujet des applications juridiques des neurosciences est devenu une thématique de recherche à part entière dénommée “Neuro-loi” (Neurolaw). Elle est l’objet d’importants programmes de financement associant les universités et l’administration américaine.

A la recherche des zones cérébrales du crime

Violence, agressivité, atteinte à l’ordre moral, criminalité, terrorisme… Tous ces comportements déviants auraient-ils leur origine dans le cerveau ? Pour le savoir, la méthode de choix est l’imagerie par IRM. Le laboratoire dirigé par Adrian Raine à l’université de Californie est spécialisé dans le domaine. Son objectif est d’étudier les bases neuronales des comportements de type antisocial, agressif et criminel pour mettre au point de nouveaux traitements et des programmes de prévention pour ces maladies très coûteuses à la société.

Plusieurs études par IRM ont montré une légère réduction de l’épaisseur du cortex cérébral dans les régions préfrontale et temporale. Il faut noter que ce phénomène n’est en rien spécifique des criminels.

On a pu l’observer également chez des sujets alcooliques, drogués et chez certains patients épileptiques. Le problème de son interprétation reste entier. En effet, jusqu’à présent, aucune démonstration scientifique ne permet d’établir une relation de causalité entre une réduction d’épaisseur du cortex et un comportement déviant. En raison des propriétés de plasticité du cerveau, l’origine des variations de la structure du cortex ne peut pas être déterminée. Finalement, il est important de garder à l’esprit que la majorité des comportements antisociaux est le fait d’individus au cerveau normal.

Le modèle américain risque de s’imposer avec la perspective de voir les neurosciences suppléer le médecin clinicien dans l’évaluation de la responsabilité et de la dangerosité d’un prévenu.

Neuro-éthique

Au XIXe siècle, la forme du crâne et la taille du cerveau ont été utilisées pour justifier la hiérarchie entre les sexes, les races et les classes sociales. De nos jours, les méthodes d’investigation ont fait des progrès spectaculaires avec l’imagerie cérébrale et la découverte de la plasticité du cerveau.

Dans ce contexte, une réflexion éthique se doit d’être menée sur l’impact des neurosciences dans la société, l’économie et les politiques publiques. En France, la loi de bioéthique inclus depuis 2011 une mission de veille sur les recherches et des applications des techniques d’imagerie cérébrale, confiée au comité consultatif national d’éthique.

Cette mission a pour objet de défendre une éthique dans la production des savoirs en neurosciences, d’éveiller la responsabilité des chercheurs sur l’impact de leurs travaux dans le champ social et d’alerter sur les dérives dans l’utilisation et l’interprétation de l’IRM.

Dicter un texte par la pensée, augmenter sa mémoire grâce à des implants cérébraux, créer des souvenirs dans le cerveau d’une souris : ces avancées, encore expérimentales, ne relèvent plus de la science-fiction. Les progrès de la connaissance sur les mécanismes du cerveau rendent désormais possible ce qui semblait impensable hier. Très prometteurs pour le traitement de certaines pathologies, ces progrès soulèvent aussi d’importantes questions éthiques.

Neuro-économie



La neuro-économie est une branche de recherche au croisement de l'économie et des neurosciences cognitives qui étudie l'influence des facteurs cognitifs et émotionnels dans les prises de décisions, qu'il s'agisse d'investissement, d'achat, de prise de risque ou de consommation. Elle couvre, entre autres, sous l'appellation neuro-finance, la prise de décision en matière de placements et d'emprunts et aussi le neuro-marketing qui utilise également des outils de neuro-imagerie pour les études de marché et le comportement des consommateurs.

Elle est voisine de l'économie comportementale, la différence étant que celle-ci s'intéresse plutôt aux comportements individuels et collectifs des agents économiques, tandis que la neuro-économie examine les bases neurobiologiques de ces comportements, notamment grâce aux techniques d'imagerie cérébrale.

La neuro-économie ne doit cependant pas être confondue avec le neuro-marketing qui vise avant tout à améliorer de manière pratique les stratégies commerciales et de communication des entreprises, notamment au niveau de la publicité. Le neuro-marketing fait davantage l'objet de critiques que la neuro-économie dont l'objectif n'est pas de directement viser à améliorer les pratiques des entreprises.

Les neurosciences en entreprise

Les spécialistes du fonctionnement cérébral investissent le monde du travail. Ils veulent former des managers “neuro-friendly” plus à l'écoute des nouvelles générations d'employés.

Les neurosciences permettent non seulement de développer l’intelligence émotionnelle de chaque acteur des entreprises, de mieux gérer la motivation et l’implication des collaborateurs, mais aussi de favoriser l’intelligence collective. Elles offrent la possibilité de mieux comprendre comment chacun fonctionne, individuellement et en équipe.

La maîtrise des émotions et des mécanismes du cerveau permettent aux managers d’avoir les bons outils pour développer les talents, augmenter les performances collectives, diminuer le stress improductif et accroître la motivation.

Comment ? En intégrant la communication non-violente, l’intelligence émotionnelle et le feedback positif à son style de management, en laissant les équipes participer aux prises de décisions pendant les réunions ou encore en acceptant qu’ils se trompent.

Neuro-leadership

Grâce aux progrès de l'imagerie, les neurosciences connaissent depuis peu un développement fulgurant révélant les mécanismes de l'apprentissage, de la mémoire, de la motivation, de l'engagement, de l'attention, de la prise de décision et du leadership qui intéressent le monde de l'entreprise. Elles mettent en lumière les paramètres dont a besoin le cerveau pour s'épanouir.

Pierre-Marie Lledo, directeur du département de neurosciences à l'Institut Pasteur dont les travaux sur la neuroplasticité, les neurones miroirs, le cerveau social, l'ont convaincu que la science peut façonner des “managers neuro-amicaux” capables d'organiser leur travail et celui de leur équipe pour réduire le stress et stimuler leur créativité. Il s’agit d’adapter le monde du travail au fonctionnement cérébral plutôt que l’inverse.

Le neuroscientifique américain David Rock a donné naissance à ce concept connu sous le nom de “neuro-leadership” en 2006, dans son ouvrage “Neuro-leadership : Le cerveau face à la décision et au changement”.

Avec l'arrivée des nouvelles générations, c'est l'ensemble des modèles traditionnels de gestion de la performance qui sont remis en cause. Un des principaux problèmes est la façon dont ils sont classés en fonction des résultats de batteries de tests subis pendant la phase de recrutement. Or leurs états cognitifs, affectifs et neurophysiologiques évoluent en permanence. C'est la raison pour laquelle leurs conditions de travail doivent reposer sur des données factuelles et être adaptées de manière dynamique à leurs sentiments.

La reconnaissance est clef, d'autant qu'elle a une réalité physiologique, soulignent les chercheurs : elle active les circuits neurologiques de la récompense sur lesquels reposent la motivation, la confiance et la cohésion sociale. Rien de tel pour la stimuler qu'un environnement de travail “neuro-bienveillant” : accorder de l'autonomie, déléguer, accompagner sans suivre… Les leaders qui réussissent ont un fort niveau d'intelligence émotionnelle.


La philanthropie vue par les neurosciences comportementales

La philanthropie se caractérise par une tension entre la promotion de valeurs morales visant à améliorer la qualité de vie de l'humanité et le coût matériel encouru pour atteindre cet objectif, mais nous savons peu de choses encore de ce qui se passe dans notre cerveau lors de la prise de décision morale complexe impliquant la vie d'autres humains.

Du point de vue neuroscientifique, il s’agit de comprendre comment deux éléments, à savoir les valeurs morales et matérielles, sont représentés dans le cerveau et comment ils se combinent pour déterminer le choix de s’engager dans la philanthropie.

Les recherches comportementales et neuro-économiques ont élaboré des modèles informatiques visant à estimer précisément les préférences individuelles en matière de biens matériels. Par contre, on sait très peu de choses sur la manière dont les préférences morales sont représentées dans le cerveau. Pourtant il est essentiel, dans de nombreux domaines pratiques, de comprendre précisément comment l’humain prend des décisions d’ordre moral. Nous savons assez bien ce qui peut influencer les décisions morales, mais nous ignorons comment se forment les préférences qui guident ces décisions.

Des études récentes ont émis l’hypothèse que des représentations neurales comparables pourraient être à la base des décisions morales. On pourrait ainsi vraisemblablement expliquer les différences entre préférences morales en estimant la manière dont les individus calculent la valeur des options morales qu’ils considèrent.

Les chercheurs constatent que les préférences morales sont représentées par une activité neurale dans une série de régions cérébrales associées au traitement d’éléments sociaux, tels que l’empathie, la répugnance à nuire à autrui et le fait d’attribuer à autrui des états mentaux (tels que les croyances), en particulier dans l’insula antérieure – une région du cerveau participant à la gestion des émotions – et dans la jonction temporo-pariétale droite, région impliquée dans la gestion de l’empathie. Ces constatations suggèrent qu’il existe une interprétation mécaniste des différences individuelles en matière de morale : Les personnes dotées de plus d’empathie et/ou de sensibilité au tort causé à autrui considèreront le fait de sacrifier une vie comme moralement inadmissible, même si ce sacrifice permet de sauver un plus grand nombre de vies ; à l’inverse, il est plus probable que les personnes plus sensibles aux résultats et qui traitent les décisions morales comme des pesées de valeurs adhèreront à des préférences morales poussant à sauver ceux qui ont le plus de chances de survie.

Deux systèmes neuraux antagonistes

Selon le chercheur Giuseppe Ugazio, professeur assistant de philanthropie comportementale à l'Université de Genève, les différences individuelles en matière de préférences morales peuvent s’expliquer par une participation différenciée de deux systèmes neuraux antagonistes qui déterminent la valeur morale de nos choix.

La préférence morale privilégiant le fait de sauver le plus grand nombre s’appuierait sur les mécanismes d’évaluation au niveau neural chargés de comparer l’importance des options en présence, reflétés dans l’activité cérébrale située dans le lobule pariétal inférieur gauche et dans l’insula antérieure.

Inversement, la préférence morale opposée, consistant à refuser de sacrifier une vie même pour en sauver un plus grand nombre, s’appuierait sur des mécanismes d’évaluation responsables de la gestion de la répugnance à nuire à autrui et de l’empathie, reflétés dans l’activité cérébrale située dans la jonction temporo-pariétale droite.

Le cerveau représente des préférences morales dans un groupe de régions différentes de celles impliquées dans la représentation des préférences relatives aux biens matériels, comme par exemple les préférences financières. Celles-ci sont représentées dans des régions qui gèrent l’appréciation des biens matériels – comme l’argent ou la nourriture –, notamment le striatum ventral et le cortex préfrontal ventromédian.

En conclusion, la valeur des vies humaines et celle de l’argent sont estimées selon des valeurs neurales distinctes. Le comportement moral humain serait guidé par des processus distincts de ceux qui sous-tendent un comportement motivé par des avantages personnels matériels.

Dans la perspective des neurosciences, nous acquérons donc une meilleure compréhension des décisions d’ordre philanthropique en mettant en lumière la manière dont le cerveau maîtrise et intègre les préoccupations d’ordre moral et matériel, et cela particulièrement dans des situations où ces deux types de préoccupations peuvent se trouver en concurrence ou interagir, comme c’est le cas de la philanthropie, mais aussi de la finance durable.



Notre époque se passionne pour le fonctionnement de notre cerveau. Un organe longtemps qualifié de “continent noir” jusqu’à l’avènement de l’imagerie cérébrale. Cette technologie révolutionnaire a permis de montrer non seulement l’intérieur du cerveau mais aussi de mettre en évidence l’activité qui s’y déroule en permanence. La fascination exercée par ces images est sortie des laboratoires et s’est bientôt répandue dans toute la société. On a cru qu’on allait enfin percer les mystères du cerveau, expliquer par le menu les mécanismes de la mémoire, de la prise de décision, de l’apprentissage, etc. et doper ainsi nos performances cognitives. Une véritable “neuromania” s’est emparée de nous, irriguant tous les secteurs de la société, de l’école à l’entreprise en passant par l’économie et la politique.

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