L'une des clés d'une alimentation saine est de manger ce que l'on a envie de manger : ni trop, ni trop peu
Troubles digestifs et une sensation de satiété perturbée
Lorsque nous mangeons trop vite, nous ingérons des quantités supérieures à nos besoins énergétiques réels, car l'hormone leptine n'a pas le temps de nous indiquer que nous sommes rassasiés.
Manger trop vite est une habitude courante qui peut avoir un impact négatif sur la digestion et le poids. En mangeant à la hâte, nous avons tendance à consommer plus d'aliments avant que le signal de satiété ne parvienne au cerveau.
Aérophagie, douleurs abdominales, indigestion… manger dans l’urgence est source d’inconforts divers. Surtout, cette mauvaise habitude perturbe l’envoi jusqu’au cerveau des signaux qui orchestrent le processus de digestion et permet la sensation de satiété.
Notre rythme de vie actuel fait souvent passer au second plan des questions aussi fondamentales que l’alimentation. Nous prenons souvent un petit-déjeuner rapide sur le chemin du travail, ou alors nous mangeons à toute vitesse afin de gagner du temps pour être plus productifs ou parce que nous avons ainsi l’impression de mieux concilier vie professionnelle et vie privée.
Au-delà d’autres réflexions sur cette culture de la précipitation, il est intéressant de mettre en balance le temps et la santé et de s’arrêter quelques minutes pour évaluer les conséquences possibles d’une alimentation trop rapide. Vous arrive-t-il parfois d’avoir des gaz en excès ? Souffrez-vous souvent d’une digestion trop lourde ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas fait attention à vos sensations de faim et de satiété ?
Les conséquences d’une alimentation trop rapide
Gaz en excès
En ce qui concerne le premier problème, l’ingestion excessive d’air pendant et entre les repas est appelée aérophagie. Elle peut provoquer une gêne légère, une sensation de lourdeur et de ballonnement, ainsi que des douleurs abdominales et une distension abdominale – une augmentation objective et visible du diamètre de l’abdomen après l’ingestion d’aliments –.
La quantité normale de gaz dans le tube digestif à jeun est d’environ 200 millilitres. Si cette quantité augmente de manière significative, les mécanismes physiologiques d’expulsion peuvent devenir très inconfortables. Ce volume dépend de l’équilibre entre l’ingestion et la production de gaz et de son élimination, sous forme d’éructations, de flatulences ou via sa consommation par le microbiote intestinal.
Un des principaux facteurs responsables de l’augmentation de l’ingestion d’air et de la production de gaz est le fait de manger vite, bien que le chewing-gum, le tabagisme et les altérations du microbiote puissent également y contribuer.
Surmenage digestif
Par ailleurs, quand on mange à la hâte, le temps de mastication est réduit et les aliments arrivent presque entiers dans l’estomac, ce qui nécessite une plus grande production de sucs gastriques pour les digérer correctement. Ce phénomène, qui demande également un effort métabolique plus important, est à l’origine de la sensation gênante de lourdeur et d’indigestion qui accompagne les repas express.
Si on ne mâche pas suffisamment et donc si on ne permet pas l’action des enzymes orales, l’absorption des aliments dans l’intestin grêle peut également être affectée. Ainsi, malgré les efforts de l’estomac pour compenser, les aliments peuvent arriver dans l’intestin sans avoir été suffisamment digérés.
L’axe intestin-cerveau est responsable, d’une part, de l’envoi des signaux qui orchestrent le processus de digestion et, d’autre part, du besoin de chercher de la nourriture ou au contraire de jeûner.
Deux hormones, la leptine et la ghréline, régulent respectivement la satiété et la faim. Lorsque nous voyons, sentons et commençons à ingérer un aliment, 20 à 30 minutes sont nécessaires pour que la première entre en action. Lorsque nous mangeons trop vite, nous ingérons des quantités supérieures à nos besoins énergétiques réels, car la leptine n’a pas le temps de nous dire que nous sommes rassasiés.
Le syndrome métabolique
Le syndrome métabolique – on parle aussi parfois du “syndrome de la bedaine” – correspond à l’association de plusieurs troubles liés à la présence d’un excès de graisse à l’intérieur du ventre. Les personnes concernées présentent un tour de taille important – supérieur à 94 cm pour les hommes et à 80 cm pour les femmes – et au moins deux autres anomalies parmi les suivantes : une hyperglycémie – excès de sucre dans le sang –, un taux de triglycérides élevé, un faible taux de “bon” cholestérol HDL, une tension artérielle trop haute. La survenue du syndrome étant favorisée par le manque d’activité physique, la sédentarité et une mauvaise alimentation, autant dire que le nombre de cas est en constante augmentation.
Au-delà de considérations esthétiques toujours discutables, prendre du ventre peut devenir un vrai problème : un tour de taille trop élevé, surtout lorsqu’il s’accompagne d’anomalies des taux de sucre et de lipides dans le sang ou d’une hypertension artérielle, augmente le risque de développer diverses maladies.
Et bien qu’il reste longtemps asymptomatique, ce syndrome doit être pris très sérieux. Avec le temps, il augmente considérablement le risque de développer des problèmes de santé parfois très graves : maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, AVC), diabète de type 2, maladies du foie (stéatohépatite non alcoolique, cirrhose) ou des reins, apnée du sommeil ou encore troubles gynécologiques (syndrome des ovaires polykystiques).
Pour éviter ces complications, il faut perdre du ventre en exerçant une activité physique régulière et une alimentation équilibrée, parfois complétées par des traitements médicamenteux, notamment pour réguler la tension, l’hyperglycémie ou la teneur du sang en lipides.
Les maladies cardiovasculaires sont une cause majeure de morbidité et de mortalité dans tous les pays du monde. Différents facteurs liés au mode de vie sont essentiels pour augmenter le risque de développer différents troubles métaboliques ainsi que différentes MCV.
Plusieurs études montrent une relation entre la vitesse à laquelle nous mangeons et les facteurs de risque cardiovasculaire, des niveaux élevés de triglycérides et des risques accrus de développer un syndrome métabolique – il augmente jusqu’à 59 % – ou un surpoids et une obésité, en particulier dans les populations diabétiques.
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Manger vite est associé à des facteurs de risque cardiovasculaire classiques
Des scientifiques de l'Universitat Rovira i Virgili, de l'hôpital Sant Joian de Reus et de l'Instituto de Salud Carlos III (Espagne) ont publié un article, dans Nutrients en janvier 2019, sur l'association entre la vitesse d'alimentation et les facteurs de risque cardiovasculaire classiques chez les adultes à risque cardiovasculaire.
L'objectif de cette étude était d'évaluer l'association entre la vitesse d'alimentation et plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire. Une étude transversale a été menée dans le cadre de l'étude PREDIMED (Prevention of Cardiovascular Disease by Mediterranean Diet Intervention Trial) auprès de 792 participants de Reus (Tarragone).
Mesure de la vitesse d'alimentation et analyses statistiques
La mesure de la vitesse d'alimentation a été rapportée par les participants à l'étude (perception du sujet). Pour les analyses statistiques, la mesure de la vitesse d'alimentation a été segmentée en trois catégories : lente, moyenne ou rapide. L'association entre la vitesse d'alimentation et les facteurs de risque cardiovasculaire a été évaluée statistiquement en construisant des modèles de régression de Cox avec un temps de suivi constant pour tous les sujets.
Résultats
En comparant les participants classés dans la catégorie des personnes mangeant plus lentement à ceux classés dans la catégorie des personnes mangeant plus rapidement, ces derniers étaient 59% plus susceptibles de présenter la composante hypertriglycéridémie du syndrome métabolique que les personnes mangeant plus lentement.
Un risque accru de 47% a également été trouvé dans cette même association, même après ajustement pour différentes variables confondantes (selon le modèle considéré), telles que l'âge, le sexe, le niveau d'éducation, le statut tabagique, l'apport énergétique total, les niveaux d'activité physique, la consommation d'alcool, l'adhésion au régime méditerranéen, l'IMC et les différentes composantes individuelles du syndrome métabolique.
Conclusion
La mesure de la vitesse d'alimentation est positivement associée à la prévalence de la composante hypertriglycéridémie du syndrome métabolique dans une population d'adultes à haut risque cardiovasculaire.
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Pourquoi est-on de mauvaise humeur quand on a faim ?
Le corps demande du glucose
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Structure chimique de la molécule de glucose |
Le glucose est la principale source d’énergie des cellules qui composent tous nos organes. Le cerveau, par exemple, dépend presque exclusivement de l’apport en sucre. Sans lui, les 100 milliards de cellules nerveuses qui le composent ne pourraient pas accomplir leur travail de manière optimale.
Si le cerveau ne reçoit pas suffisamment de glucose, nous nous sentons faibles, irritables, étourdis et avons du mal à nous concentrer. Dans les cas extrêmes – notamment des situations d’hypoglycémies sévères chez des personnes diabétiques –, lorsque l’apport en sucre est insuffisant pendant de très longues périodes, nous pouvons tomber dans le coma.
Le cortisol, marionnettiste des émotions
Ce sont là quelques-uns des symptômes qui nous signalent qu’il faut manger pour rétablir le taux de sucre dans le sang. Celui-ci sert d’autoroute aux différents nutriments pour atteindre leur destination : les cellules disséminées dans notre corps. Dans cette situation, une cascade de réactions physiologiques se produit.
Au niveau moléculaire, différentes hormones sont libérées. L’une d’entre elles, la ghréline est produite et passe dans la circulation par l’intermédiaire des cellules de l’estomac. Cette substance naturelle stimule l’appétit et veille à ce que l’organisme reçoive de l’énergie par l’ingestion d’aliments.
Tout en ignorant les circonstances qui expliquent pourquoi nous ne sommes pas en train de manger, en parallèle et de manière indirecte, la ghréline stimule la production de l’hormone associée au stress, le cortisol, qui est généré par les glandes surrénales.
Pour augmenter le taux de sucre, le cortisol favorise un processus appelé gluconéogenèse. Celui-ci repose sur la production de glucose à partir de la dégradation d’acides gras et de protéines stockés dans le foie. Ce processus fournit rapidement de l’énergie à l’organisme.
La présence de cortisol dans le sang pendant les états caractérisés par la faim affecte le fonctionnement du cerveau, en agissant comme une sorte de marionnettiste. Il modifie les niveaux de neurotransmetteurs tels que la dopamine et la sérotonine, qui sont liés aux émotions positives et à la perception du stress. Conséquence de ces effets combinés : lorsque nous avons faim, nous nous sentons plus irritables ou en colère que d’habitude.
Les humains ne sont pas les seuls à réagir de la sorte. Dans une étude comportementale sur le poisson-zèbre, les chercheurs ont découvert que ces animaux deviennent également agressifs lorsqu’ils ont faim.
Un comportement façonné par l’évolution
Nos humeurs sont le résultat de nombreuses interactions biochimiques, et il y a une autre hormone concernée, il s’agit de l’adrénaline.
Comme le cortisol, l’adrénaline est produite par les glandes surrénales et est associée aux situations de stress. Elle est connue pour son rôle dans la réponse “combattre ou fuir” qui est une réaction physiologique face à une menace. Dans les situations de faim, l’adrénaline et le cortisol affectent tous deux notre humeur, en nous mettant davantage en colère ou en nous rendant plus irritables.
On pense qu’il y a une explication liée à l’évolution de l’espèce : à l’époque où les humains étaient des chasseurs-cueilleurs, pour survivre aux pénuries de nourriture – et pour rivaliser avec ses concurrents pour ces ressources –, on aurait tiré avantage du fait d’être agressif.
Aujourd’hui, bien que nous ne soyons plus en compétition pour la nourriture de la même manière, savoir comment le corps réagit à la faim peut nous aider à gérer nos émotions. Si vous constatez que vous commencez à vous sentir en colère ou irritable, rappelez-vous qu’il peut s’agir des effets du jeûne.
Emporter un en-cas sain vous permettra non seulement de garder de l’énergie, mais aussi de conserver une humeur plus équilibrée.
La sensation de satiété
La sensation de satiété est un signal envoyé par notre corps pour nous indiquer que nous avons suffisamment mangé. Il s'agit d'un état physiologique de "non-faim" qui survient quand est complètement rassasié et implique la disparition complète de la sensation de faim.
Pour atteindre l'état de satiété, il est important de ressentir la sensation de faim avant le repas.
La satiété se déclenche quand notre organisme a absorbé suffisamment de calories et que nous avons ingéré assez de nourriture. Son mécanisme s'enclenche dès la première bouchée du repas, grâce à la mastication, mais il est aussi entretenu par le goût, l'odeur et la texture des aliments qui transmettent un influx nerveux au cerveau.
Une fois les éléments arrivés dans l'estomac, la distension gastrique et certains récepteurs situés tout le long du tube digestif – qui captent le contenu des aliments, comme les graisses, les sucres, les acides aminés, etc – envoient un nouveau message au cerveau, qui va, à son tour, activer le centre de satiété, situé dans l’hypothalamus du cerveau.
Les hormones agissant sur la satiété
Plusieurs hormones jouent un rôle dans la satiété. Les principales sont la leptine et la cholécystokinine.
La Cholécystokinine (CCK) est une hormone peptidique, produite au niveau de l'intestin grêle et plus précisément du duodénum – première partie de l'intestin grêle – et elle agit sur la vésicule biliaire. Elle est sécrétée quand les lipides et les protéines quittent l'estomac et arrivent dans le duodénum. Elle a un effet anorexigène et diminue l'envie de manger.
La leptine, surnommée "l'hormone de la satiété", est sécrétée par les cellules graisseuses de l'organisme – les adipocytes –, mais aussi par l'estomac, le muscle squelettique et la moelle osseuse. L'estomac commence à sécréter de la leptine environ quinze minutes après l'arrivée des aliments. Elle agit en synergie avec la cholécystokinine : elle favorise l'absorption intestinale des protéines, et a un effet anorexigène en agissant sur des récepteurs situés au niveau de l'hypothalamus.
Des facteurs peuvent perturber la satiété
* Le fait de lire, de scroller (dérouler les pages internet) sur son portable ou de regarder la télé en mangeant... En somme, ne pas être concentré sur son repas.
* Le fait de ne pas être à l'écoute de ses sensations alimentaires depuis longtemps ou de "manger ses émotions", autrement dit, de céder à des impulsions pour trouver du réconfort dans l'alimentation.
* Le fait de trop contrôler son alimentation (anorexie mentale, régime restrictif, orthorexie, etc.).
* Les menstruations.
* Une grossesse.
* Certaines maladies commet Parkinson, Alzheimer, voire des cancers.
* La prise de médicaments / de drogues.
Combien de temps avant de ressentir la satiété ?
On estime que la satiété se manifeste en moyenne une vingtaine de minutes après le début du repas, à partir de la première bouchée. C'est le temps nécessaire pour que votre cerveau reçoive les signaux de satiété. D'où l'importance de ne pas se presser lorsque l'on mange : si vous manger trop rapidement, la sensation de satiété sera plus longue à arriver.
Pour favoriser la satiété : ne tardez pas à manger lorsque vous avez faim et prenez le temps de bien mâcher vos aliments.
Aliments favorisant la satiété
* Les aliments riches en glucides complexes : pain complet, riz complet, pomme de terre, boulgour, quinoa, etc.
* Les fruits et les légumes, grâce à leur apport en fibres alimentaires.
Les cacahuètes procurent un sentiment de satiété
Les nutritionnistes affirment que la teneur en protéines des cacahuètes produit une sensation de satiété. Ils contiennent des vitamines A et E, à laquelle on attribue des fonctions antioxydantes et de régénération cellulaire.
Ils réduisent le mauvais cholestérol et augmente le bon cholestérol dans l'organisme car ils contiennent des graisses mono-insaturées, en particulier de l'acide oléique qui aide à prévenir les maladies coronariennes.
Les personnes qui mangent des cacahuètes ou du beurre de cacahuète au moins deux fois par semaine sont moins susceptibles de souffrir d'obésité que ceux qui n'en mangent pas.
Les signes de la satiété
* Le fait de manger moins vite.
* La lassitude face à son assiette.
* L'envie de sortir de table.
Cela vaut donc la peine de s’arrêter un moment, de s’asseoir et de profiter de sa pause-déjeuner ou de son repas, tranquillement. Mâchez lentement et soyez attentif à votre sensation de satiété. Investissez du temps et gagnez en santé.
Quelle différence avec le rassasiement ?
Le rassasiement correspond précisément à l'instant où vous n’avez plus de plaisir à manger un aliment, alors que votre sensation de faim est toujours présente. C’est en fait le moment à partir duquel vous n'avez plus envie de manger.
La satiété, elle, n'est pas une question d'envie. Il s'agit d'un état physiologique ; vous avez suffisamment mangé et vous n’avez plus faim.
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Des bactéries indispensables pour une bonne nutrition
Un premier exemple illustrant l’importance et l’effet bénéfique des bactéries sur la santé est lié à la dénutrition chez les enfants. On pourrait penser que la dénutrition est simplement due à un manque de nourriture. Et, en effet, pendant de nombreuses années, la seule réponse apportée à la dénutrition a été de donner de la nourriture aux personnes touchées. Jusqu’à ce que des recherches sur des jumeaux en Afrique révèlent une chose surprenante : certains enfants souffraient de malnutrition, alors que leurs frères et sœurs restaient en bonne santé, bien qu’ayant reçu la même quantité de nourriture. Plus surprenant encore, si l’on transfère des bactéries provenant des excréments d’enfants dénutris à des souris dépourvues de bactéries dans leur tractus intestinal, ces souris présentent à leur tour rapidement des signes de malnutrition.
Aujourd’hui, le rôle des bactéries dans la compréhension des causes de la malnutrition est encore mal compris. Cependant, il apparaît qu’une flore microbienne intestinale normale est nécessaire pour rester en bonne santé. Les enfants qui subissent une malnutrition présentent une diversité bactérienne moindre – appelée dysbiose – et souvent une flore intestinale – appelée microbiote – immature, avec une diversité très réduite. Se limiter à leur redonner de la nourriture n’est pas suffisant pour qu’ils retrouvent une bonne santé, il faut que leur microbiote redevienne également “normal”. Une meilleure connaissance de l’influence du microbiote sur l’état nutritionnel des enfants nous aidera à concevoir de meilleurs traitements contre la malnutrition en utilisant ces communautés de microbes bénéfiques à l’être humain.
Des microbes peuvent-ils être utiles ?
Sur une planète de microbes, tout dépend du point de vue. Voici quelques exemples autour de la nutrition, de maladies et de plantes pour y voir plus clair.
Si, par exemple, on analyse le contenu de l’intestin d’un animal, on a toutes les chances d’y trouver un mélange de microbes interagissant à la fois entre eux et avec leur “hôte” dans des interactions de toutes sortes, qu’elles soient bénéfiques, défavorables et neutres. Nous vivons sur une planète de microbes. Il y a un milliard de bactéries dans un gramme de sol, un million de virus dans un litre d’eau de mer, ou encore entre 1000 et 20000 spores de champignons dans chaque mètre cube d’air. Les animaux et les plantes sont entourés en permanence de microbes, interagissent avec eux, et nombre de ces microbes sont très utiles.
Des bactéries utiles et néfastes – selon le point de vue
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Mouche tsé-tsé |
Le bactériome – communauté des bactéries – de cette glossine comprend Wigglesworthia glossinidia, symbionte primaire indispensable à la survie de la mouche, et Sodalis glossinidius, un symbionte secondaire qui favorise l’infection de la mouche par le trypanosome qui s’y multiplie avant d’être transmis lors d’une autre piqûre. Sodalis peut être lysogène :c’est-à-dire qu’elle a intégré le génome d’un virus nommé “bactériophage” dans son propre génome ; le génome viral ainsi intégré est appelé prophage.
Par un mécanisme dont on ignore la nature, le prophage peut se libérer du génome de Sodalis ; il utilise alors la machinerie cellulaire de la bactérie pour reconstituer le bactériophage actif qui se multiplie puis dégrade la paroi de la bactérie dont les résidus stimulent des mécanismes de défense de la glossine.
La bactérie Sodalis est alors moins présente dans l’intestin de tsétsé, réduisant sa capacité à être infectée et donc à transmettre le parasite. Ainsi, Wigglesworthia, utile à la mouche tsé-tsé, vecteur de la maladie, est défavorable à l’homme. Sodalis est utile au parasite donc défavorable à l’homme alors que le bactériophage, tueur de Sodalis, est défavorable au parasite, donc favorable à l’homme. Et ce ne sont là que deux bactéries et un virus quand bien d’autres bactéries identifiées pourraient également jouer un rôle sur la mouche tsé-tsé, la transmission du parasite et donc la maladie humaine ou animale.
Des symbioses entre plantes et microbes
Les plantes ne sont pas en reste dans ces interactions utiles avec les microbes. On sait maintenant que la sortie des eaux, c’est-à-dire la colonisation de la terre par les végétaux vivant dans l’eau s’est faite il y a environ 500 millions d’années grâce à l’association bénéfique entre ces végétaux et des champignons, ces derniers leur permettant de puiser de l’eau dans le sol alors qu’elles ne possédaient pas encore de racines. Exemple plus actuel, les légumineuses, grand groupe d’espèces de plantes incluant le haricot ou le soja, hébergent dans des structures racinaires des bactéries – appelées rhizobium – qui ont la capacité de capter l’azote présent dans l’air pour le redonner aux plantes, leur fournissant ainsi un engrais naturel inépuisable qui leur permet de pousser dans des sols extrêmement pauvres.
Depuis plusieurs années, de nombreuses études montrent que les plantes possèdent toute une communauté de microorganismes sur leurs feuilles, dans leurs tiges ou autour des racines, dont la présence induit une meilleure croissance, une meilleure résistance aux maladies et à des stress abiotiques, via de nombreux mécanismes physiologiques et moléculaires. Ainsi l’espèce Capsicum annuum – à laquelle appartiennent les poivrons et les piments cultivés – résiste mieux à la sécheresse en présence de souches bactériennes des genres Acinetobacter et Sphingobacterium.
Actuellement, les chercheurs testent l’hypothèse de “l’appel à l’aide”, où des plantes subissant par exemple l’attaque d’un pathogène arriveraient à attirer vers elle des microbes lui permettant de mieux lutter contre ce pathogène. La plante modèle Arabidopsis thaliana, attaquée sur ses feuilles par la bactérie pathogène Pseudomonas syringae, arrive, en sécrétant par ses racines de l’acide malique, à attirer une autre bactérie, Bacillus subtilis, qui l’aide à résister à la bactérie pathogène. Comprendre et utiliser ces micro-organismes en agriculture est actuellement l’une des pistes les plus prometteuses pour diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais chimiques.
Les microbes entourent et colonisent tous les êtres vivants. Certains sont pathogènes, beaucoup n’ont aucun effet, mais beaucoup d’autres jouent un rôle crucial dans la survie et le développement des animaux et des plantes. Comprendre ces interactions bénéfiques est une clé majeure dans notre compréhension du vivant, de son évolution et finalement sa survie.
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Pratique de la pleine conscience
* Manger en pleine conscience implique de se concentrer pleinement sur l'expérience de manger. Cela inclut de prêter attention aux saveurs, aux textures, et aux sensations de satiété.
* Commencez chaque repas en prenant quelques respirations profondes pour vous ancrer dans le moment présent.
* Posez vos couverts. Mettez vos couverts ou votre nourriture entre chaque bouchée.
* Mâchez bien. Prenez le temps de mâcher chaque bouchée complètement avant d'avaler.
*Utilisez une minuterie. Fixez-vous un temps minimum pour vos repas, par exemple 20 minutes.
Créer un environnement propice
*Éliminez les distractions pendant les repas, comme la télévision ou les appareils électroniques.
* Créez une atmosphère agréable pour manger, qui encourage à prendre son temps.
Planification des repas et collations
* Prévoyez des repas réguliers pour éviter la faim extrême qui peut conduire à manger rapidement.
* Incluez des collations saines si nécessaire pour maintenir votre énergie et éviter la fringale.
Écoutez votre corps
* Soyez attentif aux signaux de faim et de satiété de votre corps. Arrêtez de manger quand vous vous sentez confortablement rassasié, pas plein.
* Reconnaître la différence entre la faim physique et la faim émotionnelle.
Exercices de respiration et relaxation
* Des techniques de respiration peuvent aider à gérer l'anxiété et le stress, souvent associés à l'alimentation rapide.
* Pratiquer la méditation ou le yoga peut également aider à développer une plus grande conscience corporelle.
Manger lentement est une partie essentielle d'une alimentation saine et équilibrée. Cela permet
non seulement une meilleure digestion et absorption des nutriments, mais contribue également
à un meilleur contrôle du poids. En adoptant ces stratégies, vous pouvez transformer votre
expérience alimentaire, en faisant des repas un moment de plaisir et de pleine conscience.
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