samedi 16 juillet 2016

Faire de l'Exercice Pendant la Grossesse Profite au Cerveau du Bébé



L'exercice pendant la grossesse stimule la neurogenèse, la mémoire et la capacité d'apprentissage

Le développement du cerveau, comme n’importe quel développement, est un mélange de la nature et l’environnement. Les gènes sont ceux qui prescrivent l’architecture générale et la séquence de la maturation du cerveau, mais l’environnement agit à tout moment en modifiant ces décisions de l’héritage  toutes les influences physiques, sociales et éducatives auxquelles le bébé est exposé depuis le moment de sa conception . L’influence d’un environnement positif peut avoir des effets durables sur le bébé.

Le fœtus est exposé à une variété de stimuli alors qu’il est dans l’utérus et au fur et à mesure de sa reconnaissance, il va apprendre à réagir à chacune d'entre elles. Cette exposition fréquente est ce qui stimule le système nerveux central et permet d’accroître l’intelligence du bébé pendant la grossesse.

Les bébés de femmes enceintes qui pratiquent l’exercice pendant la grossesse viennent dans le monde avec un certain avantage cognitif sur ceux dont la mère est restée avec une attitude sédentaire. Un exercice modéré accélère le développement du cerveau du nouveau-né.

La variabilité de la fréquence cardiaque du fœtus dans l’utérus est l’un des principaux moyens d’évaluer son bien-être. Un cœur fort et vigoureux est un signe que l’enfant se développe correctement. Et si la mère fait de l’exercice pendant la grossesse, les chances augmentent pour que le système cardio-vasculaire du petit se montre en bonne santé et résistant.

Beaucoup de mamans qui étaient actives avant de devenir enceintes se demandent si elles peuvent continuer à faire de l'exercice, tandis que d'autres, sédentaires avant la fécondation, se demandent si elles peuvent initier une pratique d'activités physiques régulière.

L'effort physique raisonnable et effectué dans un environnement sain n'est pas néfaste au fœtus. En fait, l'effort physique est aussi bon pour la femme enceinte que pour tout autre être humain.


Avoir une activité sportive modérée au cours de la grossesse améliorerait les performances cognitives des nouveau-nés


Selon une étude réalisée par le Centre de Recherche du CHU Ste Justine à Montréal, présentée lors du congrès Neuroscience 2013 à San Diego, faire de l'exercice physique trois fois par semaine durant la grossesse, et ce durant 20 minutes à chaque fois, améliorerait sensiblement le développement cérébral du bébé.

À l'origine de ces travaux, un constat : celui que l'activité physique durant la grossesse engendre de nombreux bénéfices pour la mère et le bébé, comme par exemple une réduction du risque d'obésité chez le bébé, ainsi qu'une diminution de la probabilité de connaître des complications au cours de la grossesse.

Les chercheurs ont recruté des femmes enceintes au début du deuxième trimestre de leur grossesse; 2 groupes ont alors été constitués : le premier groupe de femmes devait adopter une pratique sportive d'intensité modérée, 3 fois 20 minutes par semaine, en effectuant par exemple de la natation, du vélo ou de la marche. Le second groupe de femmes devait être sédentaire et ne pas pratiquer d'activité sportive. À chaque fois, l'objectif était, pour les mamans volontaires, de se retrouver légèrement essoufflées à la fin de l'exercice. En d'autres termes, l'intensité de l'effort à produire était modérée.

Les chercheurs ont effectué un électro-encéphalogramme aux nouveaux nés huit et douze jours après leur naissance, ceci afin d'évaluer leur capacité à discriminer les sons, situation permettant de mesurer leur mémoire auditive.

Résultat. L'électro-encéphalogramme a montré que l'onde mesurée était moins forte chez les enfants du groupe des femmes ayant pratiqué une activité sportive. Ceci permet de préciser que le cerveau est plus mature car il est capable d'effectuer la même tâche en faisant moins d'effort, situation témoignant d'un développement plus rapide du cerveau.

Selon les auteurs de l'étude, l'activité sportive au cours de la grossesse permettrait d'accélérer le développement du cerveau des nourrissons. Mais pour valider cette hypothèse, des tests menés sur des capacités autres que celle de la mémoire auditive seule devront être menées, comme par exemple sur les performances motrices et langagières des enfants.


L'exercice physique régulier pendant la grossesse protège le bébé


Une étude, menée à l’Université de Grenade, Politécnica de Madrid et Europea de Madrid, dont les résultats ont été publiés dans le British Journal of Sports Medicine en juillet 2013, suggère qu’en réduisant le risque d’avoir un bébé de plus de 4 kilos, l’exercice durant la grossesse réduit aussi le recours à une césarienne, avec ses complications, pour la mère et pour l’enfant.

Il s’agit de pratiquer un exercice d'intensité modérée 3 fois par semaine au cours du deuxième et troisième trimestre de la grossesse pour réduire de moitié le risque de poids élevé à la naissance du nouveau-né, ce qui montre cette recherche menée auprès de 510 femmes enceintes sédentaires, c’est-à-dire qui ne faisaient pas plus de 20 minutes d’exercice et moins de 3 fois par semaine.

Les participantes, réparties en 2 groupes, ont dû soit suivre un programme de formation de séances de 55 minutes d'aérobie  un type d’exercice efficace pour réduire la masse graisseuse et contrôler son poids , d’exercices de force musculaire et de souplesse, 3 fois par semaine, de la 10-12ème à la 38-39ème semaine de grossesse, soit bénéficier des soins de suivi standards.

L’exercice physique ne réduit certes pas l'apparition de diabète gestationnel, mais diminue l'incidence de 2 risques majeurs associés, le poids trop élevé de naissance ou macrosomie (réduction du risque de 58%) et l'accouchement par césarienne (réduction du taux de 34%). De nouvelles données pour encourager la pratique  surveillée  de l’exercice physique pendant la grossesse pour combattre les effets négatifs du diabète gestationnel, si ce n’est le diabète lui-même.

Un exercice physique qui va permettre de mieux contrôler sa prise de poids, durant la grossesse, alors qu’un gain excessif de poids précoce fait aussi des bébés plus gros et plus gras, plus susceptibles d’entraîner une césarienne et à risque triple d’obésité plus tard dans la vie.

Un exercice physique bénéfique à la santé cardiovasculaire de la mère comme de l’enfant, car il permet de diminuer le rythme cardiaque du fœtus, un effet qui persiste environ un mois après la naissance.


La pratique de l'exercice physique a  des effets positifs sur le cœur du bébé


Une étude de l’Université de Kansas City, présentée au Congrès annuel Experimental Biology à Washington en avril 2011, montre que la pratique régulière d’une activité physique durant la grossesse est aussi bon pour le cœur du bébé que celui de la mère car il permet de diminuer le rythme cardiaque du fœtus, un effet qui persiste environ un mois après la naissance. Et une fréquence cardiaque peu élevée du bébé est un signe de bonne santé.

L’étude va jusqu’à suggérer que l’exercice pendant la grossesse pourrait être la première mesure à adopter par la mère pour optimiser la santé cardiovasculaire de son enfant, après la naissance.

Des études ont déjà signalé il y a quelques années que l'exercice renforce le contrôle cardiaque du fœtus, un effet pris en considération par de nombreuses femmes enceintes qui se sont inscrites à des séances de yoga. D'autres femmes ont trouvé de nouvelles façons d'intégrer des activités physiques à faible impact dans leur vie quotidienne. Mais cette étude va plus loin et conclut que l'exercice pendant la grossesse améliore aussi la santé cardiaque de l’enfant après la naissance.

Cette étude pilote menée sur 61 femmes enceintes révèle ainsi que les femmes enceintes qui ont exercé au moins 30 minutes d’exercice physique trois fois par semaine avaient des fœtus ayant un rythme cardiaque moins élevé  un signe de santé cardiaque  au cours des dernières semaines de grossesse et qu’un meilleur contrôle cardio-vasculaire était maintenu un mois après la naissance de l’enfant.

Il reste à vérifier, disent les auteurs, si ces bénéfices cardiaques pour l’enfant perdurent au-delà du premier mois de vie et conduisent finalement à un risque réduit de maladies cardiovasculaires plus tard dans la vie de l'enfant.


Les bénéfices de l’exercice pendant la grossesse


La maternité est probablement une des expériences les plus intenses de la vie d'une femme. Le processus de la gestation implique des changements très importants au niveau de la physiologie du corps de la femme. Pendant la grossesse, le corps subit des modifications anatomiques et physiologiques, tels qu’une prise de poids, des troubles de l’équilibre, une modification du système cardiovasculaire (hypertension artérielle et augmentation de la fréquence cardiaque) et du système respiratoire.

L'activité physique chez une femme enceinte permet de garder une bonne forme musculaire et d'éviter une prise de poids excessive. D'autre part, elle permet de prévenir les risques de diabète gestationnel et d'hypertension artérielle. Le sport pratiqué de manière modérée et après avis de leur médecin permet de préparer les femmes enceintes à l'accouchement. L'effort que représente cette situation permet d'être mieux toléré. Après l'accouchement, la rééducation du périnée est favorisée.

Durant le premier trimestre de la gestation, les femmes qui faisaient de l’activité physique peuvent continuer, mais sans augmenter l’intensité ou la fréquence de ces exercices durant le premier trimestre. On parle donc de maintien pour ceux qui s'entraînaient auparavant.

On ne conseille pas aux femmes inactives de commencer un programme d’exercices durant le premier trimestre de leur grossesse, surtout si celles-ci souffrent de désagréments classiques tels que nausées, étourdissements, grandes fatigues, etc.

Le deuxième trimestre est la période idéale pour débuter ou reprendre un programme de conditionnement physique, spécialement pour les femmes qui étaient sédentaires auparavant. La périodisation de la charge d'entraînement devrait être orientée de façon à ce que le volume soit d'abord augmenté de façon graduelle et progressive.

Les bénéfices de l’activité physique se retrouvent aussi lors du développement du bébé par une diminution de la masse grasse et du rythme cardiaque de repos ainsi que par l’amélioration de la tolérance au stress, de la viabilité du placenta et du développement neurologique.

Les bénéfices pour la mère


Limiter les douleurs dorso-lombaires. Une prise de poids importante engendre des modifications posturales telles que l’hyperlordose lombaire, la cyphose dorsale et l’antéversion du bassin.

Mieux dormir. L’exercice physique régulier améliore également le sommeil pendant la grossesse. La grossesse est un moment où le sommeil peut-être être modifié par des raisons hormonales et émotionnelles. Les femmes enceintes pratiquant un exercice physique modéré indiquent qu’elles dorment mieux que celles qui sont sédentaires. La qualité et la quantité d’heures de sommeil sont très importantes pour se sentir bien et énergique au cours de la journée ainsi que pour que le corps se régénère correctement pendant la nuit.

Une prise de poids maîtrisée. Même enceinte, la pratique régulière d'un sport permet de contrôler son poids. Par ailleurs, bouger son corps durant la grossesse aide à retrouver plus facilement la ligne après l'accouchement. Ceci en raison d'une augmentation du métabolisme de base. L'activité sportive permet d'accroître sa masse musculaire et de dépenser davantage de calories, même au repos. Les aliments ingérés sont brûlés plus vite chez un sportif que chez un non sportif.

Prévenir le diabète gestationnel. Une pratique régulière atténue les risques d’apparition de diabète gestationnel par le biais du maintien voire de l’amélioration de la masse musculaire. Cette diminution peut atteindre 60% lors des vingt premières semaines.

Prévenir la pré-éclampsie. Le risque de pré-éclampsie et d’accouchement par césarienne se trouve réduit également grâce aux effets physiologiques induits par la pratique physique. A cela s’ajoute une réduction de l’accumulation d’eau au niveau des membres inférieurs à l’origine de l’apparition d’œdème.

Diminution du stress et de la dépression. Des changements psychologiques peuvent survenir en raison des modifications de la noradrénaline, de la dopamine et de la sérotonine, toutes les hormones qui peuvent affecter sur l'humeur et l'anxiété. Durant l'effort, des endorphines  hormones du plaisir  envahissent le cerveau et la sensation de bien-être apparaît. Cet état de grâce redonne confiance en soi, aide à se sentir bien dans son nouveau corps et cela perdure jusqu'après l'accouchement, évitant le fameux “baby blues”. Par ailleurs, l'enfant profite aussi de ces endorphines qui, à la fin de la séance, se transforment en “tranquillisants” et entraînent un état de relaxation.

Les effets positifs du sport chez la femme enceinte ne sont plus à démontrer. Quelques études ont mis en évidence l'impact positif du sport sur le développement cérébral, sur le poids et le cœur du futur bébé. Des études montrent également que l'activité physique avant et pendant la période de gestation peut prédisposer à une grossesse plus facile.

Compte tenu de l’évidence qui montre les avantages de l’exercice physique pour la mère et son bébé, stimuler l’exercice pendant la grossesse est un pas positif dans la lutte contre l’épidémie croissante de la sédentarité et l’obésité.

jeudi 7 juillet 2016

Le Cannabis Affecte le Cerveau




Descripción: http://ba.commentcamarche.net/RealMedia/ads/Creatives/default/empty.gifLe cannabis est un mélange vert ou gris des fleurs et des feuilles de la plante de chanvre  Cannabis sativa  séchées et broyées. La marijuana désigne les fleurs séchées sélectionnées pour leur taux élevé en THC ou autres cannabinoïdes, tandis que le haschich désigne la résine pure issue du chanvre femelle, préparée en pâte, et le skuff est un autre dérivé manufacturé du cannabis obtenu par un tamisage plus grossier que le haschich.

Les cannabinoïdes sont les substances chimiques produites par des glandes spécialisées présentes sur toutes les parties aériennes de la plante. Le cannabis contient environ 400 substances chimiques, mais le principal produit chimique actif qui affecte le cerveau le plus est le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol).

La prise de cannabis entraine une diminution de la sensation de douleur ou des nausées. Mais aussi une perturbation de l’appétit et du comportement psychomoteur. Les consommateurs de cannabis expérimentent une légère sensation d'euphorie, des rougeurs aux yeux, puis une sensation de fatigue.

Modes de consommation


La plupart des utilisateurs roulent le cannabis dans une cigarette appelé “joint”, mais il est également possible de le fumer en forme de cigare. Le cannabis (appelé aussi “beuh”) peut également être fumé à l’aide d’une pipe à eau appelé “bong”, elle peut aussi être mélangée à de la nourriture, en gâteau par exemple, appelé “space cake” ou brassée comme un thé.


Les effets du cannabis sur le cerveau


L'ingrédient actif du cannabis  le Delta-9-tetrahydrocannabinol  intervient dans les réactions entre les neurones, ces réactions sont appelées réactions synaptiques.

Les composés du cannabis sont capables d’interagir avec l’organisme grâce au système endocannabinoïde. C’est un système de récepteurs spécifiquement conçu pour se lier avec les cannabinoïdes. Cette molécule à caractère psychotrope se substitue à des substances régulatrices  les endocannabinoïdes  produites naturellement par l’organisme. Elle interfère avec un type particulier de récepteurs situés dans plusieurs parties du cerveau.

L'anandamide est un neurotransmetteur capable de stimuler les perceptions sensorielles, il joue un rôle dans la régulation de l'appétit et de l'humeur et il est responsable du sentiment d'euphorie. Ce neurotransmetteur est aussi utilisé par l'organisme comme réponse à la douleur. Ses récepteurs spécifiques sont les cannabinoïdes.

Le THC et les anandamides ont une forme quasi identique au point que le THC peut se fixer sur les récepteurs cannabinoïdes. Ainsi le THC bloque la recapture de certaines anandamides par l'élément pré-synaptique et cette substitution entraine des conséquences sur plusieurs enzymes intracellulaires.

L'anandamide, étant en concentration supérieur à la normale dans la fente synaptique, entraine des effets comme l'euphorie ou la détente, la sensation de faim mais aussi la difficulté à penser ou à mémoriser. Elle peut également entrainer une somnolence, et une baisse de la température corporelle.


Activation du cerveau sous l’influence du cannabis



Des IRM et des techniques similaires ont révélé que lorsqu’ils sont sous l’influence de cannabis, les êtres humains utilisent différentes zones du cerveau pour accomplir des tâches associées à l’apprentissage, à la rétention d’informations et à la mémoire.

Les consommateurs de cannabis montrent une activité cérébrale plus faible que les non-consommateurs dans certaines régions du cerveau impliquées dans l’apprentissage associatif, en particulier les zones para-hippocampiques et le cortex préfrontal, bien qu’ils montrent des performances normales dans les tâches d’apprentissage.

Ils ont une activité bien plus faible dans les cortex. On pense que l’hyperactivité dans les régions parahippocampiques est un processus servant à compenser l’hypoactivité provoquée par la consommation de cannabis dans le cortex préfrontal et le cortex temporal.

Parties du Cerveau affectées par la marijuana


* ganglions de la base
* cervelet
* cortex
* hippocampe
* le noyau accumbens

Il existe de nombreux récepteurs à endocannabinoïdes dans le néocortex. Cette partie du cerveau  la couche externe des hémisphères cérébraux  est impliquée dans les fonctions cognitives dites supérieures comme les perceptions sensorielles, les commandes motrices volontaires, le raisonnement spatial, la conscience ou le langage.

Le THC se lie aux récepteurs des cellules nerveuses dans le cervelet et les ganglions de la base. Ces modifications chimiques dans le cerveau peut conduire à :

* diminution de la motivation
* coordination et équilibre perturbé
* hallucinations (à fortes doses)
* tâches complexes avec facultés affaiblies comme l'athlétisme et la conduite
* flexibilité mentale altérée
* altération de la résolution de problèmes
* augmentation de l'anxiété
* paranoïa
* temps de réaction plus lent

Troubles de l'humeur. L’exposition à long terme à la marijuana dans le cerveau peut altérer de façon permanente la sérotonine et la noradrénaline, deux neurotransmetteurs associés à l'anxiété et troubles de l'humeur. En conséquence, la consommation de marijuana chronique peut rendre plus sensible au développement de troubles de l'humeur comme la dépression ou des crises de panique.

Schizophrénie. La marijuana peut déclencher l'apparition ou la réapparition de la schizophrénie chez les personnes prédisposées, peut-être aussi l'intensification de leurs symptômes.


Le cannabis, la mémoire et l’hippocampe


L’effet majeur du cannabis sur le cerveau est sa capacité à distordre et éradiquer la mémoire. C’est parce que l’hippocampe, une zone du cerveau associée à la mémoire à court terme, possède une très forte concentration de récepteurs CB. Quand ses récepteurs se lient au THC et aux autres cannabinoïdes, le fonctionnement de la mémoire à court terme est temporairement interrompu et nuit à la capacité d'une personne à former de nouveaux souvenirs. Les récepteurs sont séparés en deux catégories différentes, les récepteurs CB1 qui sont présents dans le cerveau et les récepteurs CB2 qui se trouvent dans le reste du corps.


Les déficits persistants en mémoire à court terme et la rétention de l'information ont été notés chez les fumeurs chroniques, (utilisateurs quotidiens) après 6 à 12 semaines d'abstinence.

En cas d’intoxication aigüe  c’est-à-dire tant que le THC est présent dans l’organisme –, la mémorisation est un processus cognitif qui est largement altéré, en particulier l’encodage des informations, leur stockage ainsi que leur recouvrement. Les capacités de concentration  la possibilité de réaliser des choses avec précision  sont diminuées ainsi que les réflexes et le temps de réaction. Les capacités arithmétiques sont, elles aussi, affectées.


Cannabis : même occasionnellement, il affecte le cerveau


Des chercheurs de l'Université de Harvard et de l'Université de Northwestern (Illinois), dans une étude publiée dans le Journal of Neuroscience en avril 2014, ont mis en évidence que la consommation de cannabis, même occasionnelle, est liée à des modifications dans certaines zones du cerveau. Et notamment les zones impliquées dans l'émotion et la motivation.

Des effets à long terme dans
deux zones impliquées dans
 l'émotion et la motivation
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont recruté 40 volontaires âgés de 18 à 25 ans. Une moitié du groupe était composée de fumeurs de marijuana et l'autre moitié de non-fumeurs.

Ils ont utilisé des techniques de neuro-imagerie pour analyser le cerveau des usagers de cannabis, ainsi que celui de non usagers. Ils ont constaté qu'une partie du cerveau, le noyau accumbens  impliqué dans les émotions  était exceptionnellement élevé chez les consommateurs de cannabis. L'amygdale  impliqué dans la motivation  comporte également des anomalies visibles.

Cette étude remet en cause l'idée selon laquelle une consommation récréative de marijuana ne peut pas faire de mal. Car des changements dans l'anatomie du cerveau (déformation de l'amygdale, modification du noyau accumbens) ont bien été enregistrés, y compris chez les volontaires ne consommant de la marijuana qu'une ou deux fois par semaine.

Les structures du cerveau étudiées sont fondamentales car ce sont elles qui influent sur la façon dont on évalue l'aspect positif ou négatif des choses et qui aident à prendre des décisions à leur sujet. Il est important de savoir que, même à petite dose, le cannabis peut les modifier.


Le cannabis pendant l’adolescence pourrait perturber la maturation du cerveau


Des chercheurs de l'Université de Duke (États-Unis) et du King's College de Londres avec des scientifiques néo-zélandais ont réalisé une étude, publiée dans les comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) en 2012.

La consommation régulière et prolongée de cannabis pendant l’adolescence, voire avant, semblerait constituer une véritable cause de déficit intellectuel pour les individus une fois devenus adultes.

L’étude de grande envergure (plus de 1.000 participants) a suivi pour la première fois des individus pendant près de trente années de leur vie. Les participants ont été enrôlés avant qu'ils ne goûtent au cannabis, et leurs performances neuropsychologiques ont été évaluées à l'âge de 13 ans et 38 ans.

À 38 ans, ceux qui ont commencé à consommer du cannabis à l'adolescence ont en effet perdu quelques points de QI (quotient intellectuel). Jusqu'à huit points de QI en moins pour les enfants de l'étude qui se sont avérés les consommateurs les plus réguliers au fil des ans. Ce n'est évidemment pas le cas pour ceux qui n'ont jamais fumé d'herbe.

Si des adolescents (17 ans) consommateurs de cannabis depuis plusieurs années, avaient du mal à réaliser certaines tâches faisant appel à la mémoire et qu’ils éprouvaient des difficultés d’attention  même après une période d’abstinence de quatre semaines  c’est que la partie droite de leur hippocampe avait peine à se désactiver.

Un déclin marqué du quotient intellectuel (jusqu'à 8 points entre les deux mesures) a été retrouvé chez ceux qui ont commencé leur expérimentation dans l'adolescence, et qui sont ensuite devenus des fumeurs réguliers  au moins quatre fois par semaine , pendant une longue période.

Cette baisse de 8 points peut constituer un réel désavantage. Le QI est corrélé à de nombreux paramètres : accès à des études supérieures et à un bon emploi, performances au travail, niveau de revenus, mais aussi, d’après les spécialistes, tendance à développer des maladies cardiaques ou un Alzheimer, risque de décès prématuré.

L'arrêt ou la réduction de la consommation de la drogue n'a pas restauré complètement les capacités intellectuelles. Une initiation plus tardive, à l'âge adulte, ne s'est en revanche pas accompagnée d'une baisse des performances aux tests de QI.

Commencer à fumer à l'adolescence, au moment où la maturation du cerveau n'est pas encore terminée, entraîne une plus grande perte de QI par rapport à ceux qui ont débuté à l'âge adulte.

Les auteurs remarquent que les séquelles irréversibles ne sont pas exclues puisque l'arrêt ne restaure pas complètement les fonctions neuropsychologiques de ceux qui ont commencé à l'adolescence. Or, les statistiques montrent que c'est à l'adolescence qu'il y a le plus de risque de commencer à fumer du cannabis.

En conclusion, débuter la consommation de cannabis à l'adolescence lorsque la maturation du cerveau n'est pas encore terminée provoque plus de perte de QI que ceux qui ont débuté à l'âge adulte.


Autres effets indésirables sur la santé


Le système endocannabinoïde s’étend dans tout le corps et ses récepteurs sont présents pratiquement partout où se trouve le système nerveux central. Ceci explique pourquoi les différents cannabinoïdes du cannabis ont des effets divers dans tout le corps.  Les effets du cannabis sur la santé sont nombreux, et ont notamment des répercussions pulmonaires et neurologiques.

Risques sur la santé mentale


Le cannabis est une substance psychoactive qui, d’une manière générale, tend à amplifier un état d’âme préexistant. Des sources médicales font état de troubles d’anxiété, d’apathie, de confusion, de dépression, d’insomnie, de psychose lorsque celui-ci est consommé de façon exagérée.

Troubles pulmonaires et respiratoires


Comme la fumée du tabac, la fumée de la marijuana est un mélange de substances toxiques. La fumée de marijuana irrite la gorge et les poumons, fait tousser, et induit des symptômes liés à la bronchite. La fumée de marijuana contient aussi de nombreux produits cancérigènes que l'on retrouve également dans la fumée du tabac.

Troubles cardiaques


Le cœur bat normalement de 70 à 80 fois par minute environ, mais consommer de la marijuana peut doubler le rythme. Ce rythme accru peut imposer un stress important au cœur. Fumer de la marijuana peut aussi accroître le risque d'accident vasculaire cérébral. Les risques de crise cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral qui découlent de la consommation de marijuana semblent augmenter avec l'âge et avec la préexistence de troubles cardiaques ou de circulation du sang.

Troubles liés à la grossesse


Fumer de la marijuana au cours de la grossesse a été associé à des dommages persistants pour la mémoire et les fonctions cervicales de l'enfant exposé, ainsi qu'à un comportement hyperactif. Comme pour l'alcool, les toxines dans la marijuana sont transmises par le sang de la mère au fœtus. La consommation de marijuana touche principalement le développement des nerfs et du cerveau du fœtus.

La prise de cannabis pour une femme enceinte fait porter des risques non négligeables à son bébé : des difficultés intellectuelles (raisonnement, pertes de mémoire, faible quotient intellectuel) ont été diagnostiquées chez des enfants âgés de six ans et dont la mère fumait quotidiennement pendant la grossesse.

Les toxines de la marijuana sont aussi transportées dans le lait maternel et peuvent être transmises au bébé en croissance. Certains bébés nés de femmes qui ont consommé de la marijuana pendant la grossesse ont tendance à avoir des réactions visuelles retardées; des tremblements; un cri aigu; une diminution du poids à la naissance.

Chez les enfants plus âgés, les problèmes sont souvent relevés alors qu'ils sont à l'école. L'exposition à la marijuana peut avoir des effets sur la mémoire; les aptitudes en résolution de problèmes; les réactions émotionnelles et comportementales; la capacité de garder sa concentration et d'être attentif.

Effets sur la vie quotidienne


Il peut entrainer un manque de motivation au travail ou incapacité à faire la moindre chose demandant un effort. Cela dépend énormément de la personnalité, de l’humeur, de l’état de fatigue et de stress de la personne. Il peut se se traduire par des difficultés dans le travail, la vie quotidienne, sociale ou familiale.

Les effets sur la conduite automobile


Les effets du cannabis sur la conduite automobile sont à leur maximum 15 minutes après la consommation de ce produit et peuvent durer jusqu'à 7 heures plus tard, et parfois plus. Des tests cognitifs menés chez des sujets ayant consommé du cannabis ont montré que les fonctions perceptuelles et psychomotrices sont grandement touchées : l'attention baisse, le temps de réaction augmente et le suivi de trajectoire et le contrôle moteur diminuent.


Conséquences de l’abus de marijuana


À court terme (présentes au cours de l’intoxication)


* troubles de la mémoire et de l’apprentissage,
* la perception déformée (la vue, les sons, le temps et le toucher),
* des difficultés à réfléchir clairement et à résoudre des problèmes,
* la perte de la coordination motrice,
* l’augmentation du rythme cardiaque et l’anxiété,
* des épisodes psychotiques (hallucinations et perte du sens de l'identité).

Persistantes (elles durent plus longtemps que l’empoisonnement, mais ne sont pas toujours permanentes)

* facultés affaiblies de mémorisation et apprentissage des compétences
* détérioration du sommeil

À long terme (les effets cumulatifs de l’abus chronique)


* peut conduire à la dépendance,
* dépression et anxiété,
* augmentation du risque de bronchite et de toux chronique, 
* augmentation du risque de schizophrénie chez les personnes sensibles,
* augmentation du risque de syndrome amotivationnel.

Le syndrome amotivationnel comporte un déficit des activités professionnelles ou scolaires, une désinsertion sociale, des troubles du fonctionnement intellectuel, des difficultés attentionnelles et mnésiques, une indifférence affective et un rétrécissement de la vie relationnelle.


Dépendance à la marijuana


La dépendance à la marijuana peut avoir un certain nombre de conséquences néfastes sur la santé, mais elle peut aussi avoir des effets négatifs sur l'avenir social, scolaire, professionnel et financier d'une personne.

Une consommation de marijuana qui débute tôt dans l'adolescence, qui est fréquente et qui se poursuit dans le temps peut entraîner la dépendance. On estime qu'un consommateur de marijuana sur neuf développera une dépendance à la marijuana.

Ce nombre augmente à 17% environ pour les gens qui commencent à consommer de la marijuana à l'adolescence. Si un consommateur fume de la marijuana chaque jour, ce risque augmente de 25 % à 50 %.

Bien qu’actuellement il n’y a pas de médicaments disponibles, des découvertes récentes sur le fonctionnement du système endocannabinoïde sont prometteuses pour le développement de médicaments afin de faciliter l’abstinence, de bloquer les effets toxiques de la marijuana et de prévenir les rechutes.