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mardi 17 avril 2018

Substances Psycho-actives : Poppers – Captagon





Aujourd'hui, pour nommer l'ensemble de tous ces produits qui agissent sur le cerveau, que l'usage en soit interdit ou réglementé, on emploie le terme de psychotropes ou de substances psycho-actives.

Les drogues qui affectent spécifiquement les fonctions du système nerveux central (SNC), composé du cerveau et de la moelle épinière, sont appelés drogues psychoactives. Ces substances sont capables d'inhiber la douleur, de modifier l'humeur ou de modifier les perceptions, par exemple.

Selon l’OMS, une substance psycho-active s’entend d’une substance qui, lorsqu’elle est ingérée ou administrée, altère les processus mentaux, comme les fonctions cognitives ou l’affect.

Cette désignation de même que son équivalent de psychotrope sont les termes les plus neutres et descriptifs qui puissent s’appliquer à toute la catégorie des substances, licites ou non, qui présentent un intérêt pour les politiques de contrôle des drogues.

Au sein de ces définitions il y a toutes les substances psycho-actives, qu'elles soient légales (alcool, tabac, médicaments hypno-sédatifs) ou sont considérées comme illégales par les conventions et traités sur les substances psychotropes.

Les avancées en neurosciences ont permis de mieux connaître les processus physiques par lesquels ces substances agissent.

Poppers

Le mot "Poppers" est l’appellation commune attribuée à des dérivés du nitrite. Ces nitrites se présentent tous plus ou moins de la même manière et ont les mêmes effets à quelques subtilités près.

Le Poppers est un vasodilatateur – il dilate les vaisseaux sanguins – et permet au sang d’arriver plus rapidement jusqu’au cœur. Il a été initialement employé par le corps médical pour traiter certaines maladies cardiaques.

Inventé en 1844 par le chimiste français Antoine-Jérôme Balard qui synthétise le nitrite d’amyle, il est utilisé pendant le 19e siècle pour guérir les angines de poitrine. Dès les années 1970, le Poppers circule d’abord dans les milieux homosexuels pour ses effets sur la sexualité : augmentation de la durée de l’érection, amplification des contractions orgasmiques, retard de l’éjaculation.

Le Poppers se trouve généralement sous forme de produit chimique liquide transparent jaunâtre très volatil et inflammable, vendu dans une petite bouteille (ou fiole) colorée ambre ou brun dont la contenance varie entre 8 et 30 ml. De très nombreuses appellations commerciales sont utilisées pour le désigner. La consommation de Poppers est légale et autorisée en France.

Les ampoules contenant ces substances produisaient à l’ouverture un bruit – pop – qui a donné le nom au produit. Les principaux effets annexes observés étaient de l’euphorie et un sentiment de relaxation, qui furent détournés pour être utilisés lors de rapports sexuels entre individus, pour un usage dit “récréatif” en opposition avec son usage médical.  Il peut avoir des répercussions négatives tant sur la santé que sur les performances sexuelles.

Le Poppers est la substance la plus couramment expérimentée dans la population adulte après l’alcool, le tabac et le cannabis. Consommé dans un cadre festif ou pour agrémenter sa sexualité.

Effets

La seule voie d’utilisation du Poppers est l’inhalation de ses vapeurs par le nez et parfois par la bouche (mais c’est rare).

Le nitrite d'amyle détend les muscles lisses involontaires du corps, et notamment ceux qui entourent les vaisseaux sanguins. Cette vasodilatation élargit les vaisseaux sanguins, produisant un afflux de sang et d'oxygène dans tout le corps. C'est ce qui explique son effet euphorisant.

Les effets se font sentir très rapidement, mais ne durent pas longtemps et se dissipent au bout de 2 à 3 minutes.

L’intensité des effets varie selon les individus, le contexte dans lequel il est consommé, la quantité et la qualité du produit inhalé. À court terme le Poppers peut provoquer :

* Une augmentation de l’excitation sexuelle,
* Un sentiment d’euphorie et d’ivresse passagère.

La consommation de Poppers entraine en quelques secondes une activation accrue du rythme cardiaque, une détente musculaire et une forte sensation de chaleur, notamment au niveau de la peau. Ils sont connus aussi pour dilater le sphincter, rendant alors le sexe anal plus facile.

Des pertes de la vision ont été associées à des consommations même occasionnelles de Poppers. Elles sont réversibles mais durent parfois plusieurs mois.

Les effets désinhibiteurs du produit augmentent la probabilité d’avoir des relations sexuelles non protégées. Ses effets relaxants, qui facilitent les pénétrations sexuelles, peuvent empêcher de ressentir les irritations ou les lésions lors des relations, favorisant ainsi la transmission de maladies sexuellement transmissibles.

Effets secondaires

Lors d’un usage occasionnel. Vertiges, maux de tête, étourdissements, transpiration, rougeurs de la peau, irritation des yeux, sensibilité à la lumière, baisse de la tension artérielle, brûlure des narines.

Usage régulier. Éternuements, écoulement nasal et inflammation des muqueuses nasales, problèmes cutanés : éruptions, croûtes autour du nez ou de la bouche (par des brûlures).

A forte dose. Le Poppers peut provoquer des vertiges, des évanouissements, des asphyxies, des accidents cardiovasculaires ou entraîner une hyper-ventilation, risquant de conduire à une crise de tétanie. Les effets sont parfois mortels, les personnes souffrant de troubles cardiaques étant les plus à risque. Le mélange avec des médicaments favorisant l’érection et contenant du sildénafil est également particulièrement dangereux et éventuellement fatal.

Dépendance

Les Poppers ne provoquent pas de dépendance physique ni d’accoutumance, l’accoutumance étant le besoin d’augmenter les doses pour obtenir le même effet. Néanmoins, le consommateur peut devenir fortement dépendant psychologiquement du produit, particulièrement s’il le consomme pour accompagner ses pratiques sexuelles.

Précautions

Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation, quand on se sent fatigué, stressé, mal ou qu’on éprouve de l’appréhension. Il est également préférable de consommer avec des gens de confiance, dans un contexte rassurant.

Des précautions extrêmes doivent être prises car ce médicament réduit le fonctionnement du système immunitaire. En outre, la combinaison de Poppers avec des stimulants tels que l'alcool et d'autres drogues telles que la cocaïne augmente les risques.

Son effet en tant que médicament sexuel récréatif peut empêcher le consommateur de ressentir de l'irritation ou des déchirures pendant les rapports sexuels et, par conséquent, augmente non seulement le risque de traumatisme corporel, mais aussi la transmission du VIH et d'autres maladies vénériennes. Sa consommation produit que les muqueuses corporelles soient plus exposées aux infections par la syphilis, la chlamydia ou le VIH.

Le Poppers est un acide : s'il tombe sur la peau et les muqueuses (y compris l'anus), il provoque des blessures. En cas d’éclaboussures accidentelles, la peau doit être lavée avec beaucoup d'eau. Il est recommandé de ne pas inhaler la substance par la bouche, de ne jamais la boire ou l'injecter.

C'est un produit hautement inflammable et une étincelle minimale de cigarettes, briquets, etc., peut provoquer un incendie rapidement.

Contre-indications

Les personnes ayant des problèmes cardiaques, l'anémie, le glaucome (haute pression dans l'œil) ou les changements de pression artérielle ne doivent pas ingérer ce type de substance.

La consommation de Poppers a son côté dangereux lorsqu'il est mélangé avec d'autres médicaments qui interfèrent également avec le rythme cardiaque, comme la cocaïne ou l'ecstasy.

L'inhalation de Poppers est interdite aux personnes souffrant de problèmes cardiaques et en particulier ceux qui ont pris du Viagra dans les dernières 24 heures, cette combinaison peut être fatale.

Le Poppesr a un risque supplémentaire pour les personnes ayant un système immunitaire affaibli, des problèmes cardiaques, une pression artérielle élevée ou basse, des antécédents d'hémorragies cérébrales, l'anémie.

Chez la femme enceinte, la consommation de Poppers peut provoquer une maladie du fœtus appelée syndrome du bébé bleu.

Les Poppers avaient été interdits par le gouvernement en 2011, mais ils sont à nouveau disponibles en vente libre depuis 2013 à la suite d'une décision du Conseil d'Etat qui a estimé qu'aucune étude scientifique n'avait permis d'établir que les produits contenant des nitrites d'alkyle – comme c'est le cas des Poppers – présentaient  un risque de pharmacodépendance ou d'abus.


Captagon

Le Captagon est un dérivé de deux molécules, la théophylline et l’amphétamine. C’est un médicament qui servait notamment au départ pour le traitement de la grippe. Il est constitué de fénéthylline, une amphétamine inscrite sur la liste des substances psychotropes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 30 ans.

Le captagon ou fénéthylline, à l’origine prescrit pour calmer l’hyperactivité et la narcolepsie, est un médicament composé d’amphétamines et de caféine.

Commercialisé à la fin des années 1950, il a été utilisé comme drogue récréative dans le milieu artistique des années 1970 puis comme stimulant dans le milieu sportif jusqu’aux années 1990. Il était prescrit par certains médecins pour lutter contre la fatigue et aider les patients à supporter de fortes fièvres. A cause de la grande dépendance qu’il crée, il a été interdit en 1981 aux Etats-Unis et en 1986 dans la plupart des pays.

Le Captagon est fabriqué dans plusieurs sites, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le Liban était jusqu’en 2011, le principal centre de fabrication du Captagon.

Depuis, le produit serait fabriqué en Syrie et en Bulgarie pour seulement quelques dollars. Et cette drogue serait revendue ensuite entre 5 et 20 dollars l'unité ou même échangée contre des armes.

Effets

Le Captagon a un effet énergisant, c’est un stimulant qui génère une absence de douleur et d’empathie. A forte dose il procure en outre une sensation de bien-être et a un effet désinhibant. Parmi ses effets secondaires on constate une transpiration abondante et une incapacité à s’endormir. Il y a aussi des risques cardiovasculaires à consommer du Captagon.

Au niveau moléculaire, la fénéthylline pénètre dans les neurones et chasse deux neurotransmetteurs, la noradrénaline et la dopamine, présentes dans les vésicules. La libération de noradrénaline hors des neurones augmente la vigilance et réduit le sentiment de fatigue. La dopamine, elle, agit notamment sur le circuit de la récompense, responsable de la sensation de plaisir et, à haute dose, de l'addiction.

Les effets de cette drogue ne sont pas cantonnés au cerveau. Le captagon augmente la libération du glucose, ce qui permet de prendre du muscle sans fournir d'effort. De plus, la libération de noradrénaline accélère significativement le rythme cardiaque.

Mais tous ces effets restent temporaires. Les neurones doivent fabriquer de nouveau l'adrénaline et la dopamine rapidement libérées des vésicules neuronales, et seul le repos le permet. En l'absence de sommeil les individus ressentent une fatigue intense, une psychose, des fonctions mentales altérées, l'alternance de phases d'euphorie et de dépression.

Une fois les effets du Captagon diminués, c’est une forme de psychose, d’altération des fonctions mentales, d’euphorie, suivie de dépression qui s’installe. Un état physique durant lequel aucune douleur ni aucune peur ne sont ressenties.


Le captagon, la drogue des djihadistes

Avec le sentiment d’invincibilité et l'euphorie qu'il procure, le Captagon serait consommé en grande quantité par les djihadistes de Daesh. Une drogue puissante qui, couplée à un état mental fragile, renforcerait chez eux la violence et l’illusion de toute-puissance.

Le Captagon est aujourd’hui vendu aussi bien aux combattants de l’Armée syrienne libre qu’à ceux du Front al-Nosra ou du groupe Etat islamique. Un commerce des plus lucratifs pour les trafiquants de drogue de la région, facilité par le chaos qui règne en Syrie.

Un autre facteur clé de la drogue dans la guerre est le facteur économique. En raison de son faible coût et prix élevé, ainsi que de ses propriétés, c'est un produit avec beaucoup d'avantages. Pour cette raison, il est utilisé par des organisations criminelles – et parfois liées à l'appareil gouvernemental des pays en conflit – pour générer de l'argent qui nourrit l'économie de la guerre.

Une drogue “populaire” dans le monde arabe. Si le Captagon est devenu l’apanage des kamikazes, cette drogue est depuis longtemps très courante dans le monde arabe. Il y a une quinzaine d’années, ces petites pilules blanches produites en Turquie et en Syrie avaient pour destination principale les pays de la Péninsule arabique. Selon un rapport de l'UNODC (United Nation Office on Drugs and Crime), la pilule coûte quelques centimes au Liban et elle se revend plusieurs dizaines de dollars dans les pays du golfe Persique.


Effets des substances psycho-actives sur le cerveau

Les substances psycho-actives perturbent la communication entre les cellules du cerveau. Les neurones communiquent entre elles grâce à une série de messagers biologiques appelés neurotransmetteurs. Ces neurotransmetteurs sont libérés par le neurone qui envoie le message et s’attachent aux récepteurs du neurone qui le reçoit.

Certaines substances psycho-actives sont capables d’imiter les effets des neurotransmetteurs. D’autres interfèrent avec le fonctionnement normal du cerveau en le bloquant, ou en perturbant la manière dont les neurotransmetteurs sont stockés, libérés et éliminés.

Une substance psycho-active dont la structure moléculaire ressemble à celle d'une substance produite naturellement par l'organisme peut se fixer à la place de celle-ci sur les récepteurs spécifiques.

Pour exercer leurs effets, les substances psycho-actives ont différentes façons d’agir sur le cerveau. Elles s’associent à différents types de récepteurs, et peuvent augmenter ou diminuer l’activité des neurones par toute une série de mécanismes. Par conséquent, elles ont différents effets sur le comportement, différentes vitesses d’apparition de la tolérance, différents symptômes de sevrage, et différents effets à court et à long terme.

Malgré leurs différences, les diverses substances psycho-actives présentent des similarités dans leur manière d’agir sur les régions du cerveau impliquées dans les processus motivationnels, autrement dit la motivation, ce qui joue un rôle dans l’apparition de la dépendance à la drogue.

Les substances psycho-actives présentant un risque de dépendance agissent sur un circuit du cerveau dont la fonction est de favoriser les fonctions vitales (système de récompense). Il est impliqué dans la récompense (plaisir cérébral) des comportements liés à la nutrition et à la reproduction de l'espèce. Il participe ainsi à la satisfaction de vivre. Les substances psycho-actives stimulent anormalement ce circuit naturel et engendrent à terme la possibilité d'un déséquilibre plus ou moins permanent.

La toxicité potentielle des substances psycho-actives, comme celles de tout médicament, est liée à la quantité consommée. Elle varie d'un produit à l'autre. Donc plus on consomme un produit à des doses toxiques, plus on en subit les conséquences. À l'inverse, moins on consomme un produit, ou si on le consomme à des doses non toxiques, moins on en subit les conséquences néfastes.

À mesure que le cerveau s'adapte à la présence du médicament, d'autres circuits cérébraux seront affectés et modifiés. Le premier d'entre eux et plus étroitement lié au circuit de récompense sera le circuit de la mémoire et de l'apprentissage. Ce sera le responsable de la création d'habitude et de dépendance.

L'apprentissage de la recherche du plaisir est instinctif, très fort et résistant à l'oubli. Tout ce qui implique l'obtention et l'administration du médicament sera fortement imprégné dans le cerveau, le rendant automatique, compulsif et inconscient.

Ce conditionnement du comportement peut durer de nombreuses années et provoquer un certain stimulus (ou mémoire) pour conduire à vouloir de la drogue même après une longue période d'abstinence.

Avec une consommation prolongée de ce type de substances qui affectent directement le cerveau, une détérioration prématurée de cet organe vital qui est chargé de nous faire travailler dans le monde, est atteinte.

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lundi 23 mai 2016

Les Effets de la Consommation de Drogues Pendant la Grossesse





La consommation de substances peut entraîner de graves répercussions dès les premiers stades du développement du fœtus, ainsi que des effets nocifs qui se répercutent à long terme dans la petite enfance et même bien plus tard.

Toutes les drogues consommées de façon abusive peuvent avoir des conséquences négatives sur le déroulement de la grossesse et le développement du fœtus. Toute substance peut traverser la barrière placentaire et affecter le fœtus.

Selon le type de drogue et la quantité consommée, il est aussi possible que le bébé souffre de sevrage à la naissance, c’est-à-dire de privation (pleurs inconsolables, irritabilité, tremblements, difficultés à s’alimenter, etc.).

Certaines drogues peuvent également avoir des effets à plus long terme chez les enfants (troubles d’apprentissage, troubles de comportement, hyperactivité, etc.).

La consommation de drogues illicites pendant la grossesse peut entraîner des complications médicales comme la fausse couche précoce, le décollement du placenta, le retard de croissance du fœtus, la formation de caillots, l’hypertension, la mort intra-utérine, le travail avant terme et l’hémorragie de la délivrance. L’exposition in utero peut rendre le fœtus dépendant aux drogues transmises par voie sanguine.

Les conséquences de l’exposition du fœtus à la drogue dureront toute sa vie


Parmi celles-ci, les plus fréquentes sont :
* un avortement spontané;
* un accouchement prématuré;
* un retard de croissance chez le fœtus.

Effets de la consommation de médicaments et drogues avant et pendant la grossesse


Les médicaments sur ordonnance et en vente libre, peuvent traverser le placenta et atteindre la circulation sanguine du bébé.

Parce que l’enfant à naître traverse des étapes cruciales de son développement, les médicaments ou produits, peuvent l’affecter d’une façon différente par rapport à la mère, causant parfois des déficiences congénitales ou d’autres problèmes considérables.

Avant de commencer à prendre tout type de médicaments sur ordonnance ou en vente libre, il est très important d’en parler à un professionnel de la santé et ce, tout au cours de la grossesse, surtout durant les trois premiers mois, lorsque les principaux systèmes de l’organisme du bébé se forment.

Syndrome de sevrage néonatal


Le syndrome de sevrage néonatal ou syndrome de pharmacodépendance est un trouble affectant les bébés nés de mères qui ont consommé des substances pendant la grossesse. Le bébé en gestation s’habitue éventuellement à la drogue qu’il reçoit tandis qu’il est dans l’utérus. Après sa naissance, le bébé, devenu dépendant de la drogue à laquelle il n’a plus accès, manifeste des symptômes de sevrage.

Les bébés atteints du syndrome de sevrage néonatal peuvent sembler tout à fait normaux à la naissance. D’ordinaire, les symptômes du sevrage se manifestent dans les 24 à 48 heures de vie, mais parfois, ils n’apparaissent que dix jours après la naissance. La plupart du temps, les symptômes sont légers et s’estompent au bout d’une semaine, mais il peut arriver qu’ils durent jusqu’à trois semaines.

Les drogues suivantes sont fréquemment associées au syndrome de sevrage néonatal :

* la codéine
* le fentanyl
* l’héroïne et la méthadone
* la mépéridine (Demerol)
* la morphine
* la pentazocine
* le propoxyphène
* les barbituriques
* la caféine
* le chlordiazépoxide
* la cocaïne
* les amphétamines
* le diazépam et le lorazépam
* la diphénylamine
* l’alcool éthylique
* la marijuana
* la nicotine
* la phencyclidine
* les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (fluoxétine, paroxétine, la sertraline, citalopram).


Consommation d'alcool


Les femmes enceintes qui consomment de l'alcool risquent de donner naissance à un enfant atteint du syndrome d'alcoolisme fœtal (SAF).


Le syndrome d'alcoolisme fœtal est le seul défaut de naissance lié à la consommation des psychotropes qui peut être diagnostiqué à partir de critères spécifiques. Ceux-ci sont au nombre de trois : troubles de croissance, traits du visage caractéristiques et détérioration du système nerveux central, dont la gravité peut aller de légère à grave, et qui peut entraîner des problèmes tels que l'affaiblissement des facultés intellectuelles, les troubles d'apprentissage, les problèmes de mémoire, ainsi que la difficulté à distinguer la cause de l'effet.


Le tabac


On associe la consommation du tabac pendant la grossesse aux risques d'accouchement avant-terme, au poids insuffisant à la naissance – plus sensibles aux infections – et à un risque élevé de mort au berceau.

Le risque pour l'enfant de contracter des infections de l'appareil auditif et de souffrir de troubles respiratoires augmente également avec l'exposition du fœtus au tabac. Il existe un lien possible entre la consommation du tabac et d'éventuels troubles déficitaires de l'attention, de même qu'avec les retards de développement.


Le LSD et les amphétamines


Le LSD (acide lysergique diéthylamine) et les amphétamines sont d’autres drogues dont on ne connaît pas clairement les effets sur la grossesse.

Cependant, des anomalies congénitales ont été constatées sur les bébés de femmes prenant du LSD et d’autres drogues. Il est impossible d’établir un lien certain entre ces anomalies et la consommation de ces drogues. La plupart des femmes qui prennent du LSD ou des amphétamines consomment aussi de l’alcool, d’autres drogues ou fument.

Les études divergent quant aux effets constatés. On peut quand même affirmer que la consommation de plus d’une drogue douce semble augmenter le risque d’anomalies congénitales.

D’une manière générale, sans certitude sur l’effet exact de ces drogues sur les bébés à naître, mieux vaut les éviter.


La cocaïne


La cocaïne est un puissant stimulant du système nerveux central. En consommer pendant la grossesse peut provoquer de sérieux problèmes. En début de grossesse, elle peut augmenter le risque de fausse couche. Consommée plus tard dans la grossesse, elle risque de déclencher le travail prématurément. Des études montrent que les femmes qui consomment de la cocaïne pendant leur grossesse présentent deux fois plus de risques que les autres femmes d’avoir un bébé prématuré.

La consommation de cocaïne peut aussi être à l’origine d’un décollement du placenta de la paroi utérine avant le début du travail. Cette affection (abruptio placentae) peut entraîner d’importants saignements et être fatale à la mère et au bébé. La diminution d'apport en oxygène provoquée par ce décollement du placenta expose le fœtus à une mort in utero.

La cocaïne traverse le placenta et circule dans le sang du bébé. Elle peut provoquer des dommages irréversibles au cerveau, voire la mort d’un bébé à naître. Ces problèmes concernent plus les bébés des femmes qui ont continué à consommer de la cocaïne tout au long de leur grossesse.

Les anomalies congénitales associées à la prise de cocaïne par la mère incluent des malformations : du cerveau, du crâne, du visage, des yeux, du cœur, des membres, des intestins, des organes génitaux, de l’appareil urinaire.

Risques pour le nouveau-né. La drogue peut diminuer l’apport en nutriments et en oxygène du bébé en développement. Il risque d’être beaucoup plus petit à la naissance, même s’il naît à terme. Le risque de mortalité des bébés de faible poids de naissance au cours de leur premier mois est supérieur à celui des bébés de poids de naissance normal. Les femmes qui arrêtent de prendre de la cocaïne en début de grossesse risquent moins d’avoir un bébé prématuré ou de faible poids de naissance.

Un enfant dont la mère a consommé de la cocaïne peut souffrir de handicaps comme une paralysie cérébrale, un handicap visuel ou auditif. Ce sont des bébés qui souffrent souvent de troubles divers : ils ont du mal à trouver le sommeil ou à se nourrir. Et ils peuvent être sujets à un état comparable à l'état de manque. On constate souvent qu'ils sont dotés d'un caractère particulier : nerveux, irritables, inconsolables, ils se mettent souvent à pleurer au moindre bruit ou contact.

La cocaïne passe dans le lait maternel en quantités importantes. Ses effets sur le bébé continuent à être nocifs.


L’héroïne


De nombreuses études scientifiques ont démontré les dangers potentiels de l'héroïne consommée par les femmes enceintes. Il est fortement conseillé aux femmes enceintes qui prennent de l’héroïne de passer à la méthadone. Cette dernière est administrée à intervalles réguliers. Elle permet de stabiliser le taux de drogue dans le sang, limitant ainsi les problèmes pour la mère et le bébé.

Avec l’aide de professionnels, une femme devrait être capable de diminuer la quantité d’héroïne qu’elle prend. Il n’est pas conseillé aux femmes dépendantes d’arrêter l’héroïne une fois enceinte. Cela risquerait de provoquer une souffrance et un état de manque chez le bébé en développement, ce qui pourrait être très dangereux.

Le fœtus exposé à l'héroïne peut voir sa croissance limitée. L’héroïne a de nombreux effets indésirables sur un bébé en développement. Elle peut limiter sa croissance, entraîner un accouchement prématuré et des enfants mort-nés. La moitié environ des bébés nés de mères dépendantes à l’héroïne sont des prématurés.

Un bébé dont la mère a consommé de l'héroïne risque de connaître un certain nombre de problèmes. Au niveau respiratoire, il peut éprouver des difficultés pour respirer, ou pour se nourrir. Ce qui peut être dangereux durant les premiers mois car cela entraîne fatalement des soucis de développement. Par ailleurs, ces bébés sont souvent sujets à une grande agitation et une forte irritabilité. Enfin, comme pour la cocaïne, l'héroïne passe dans le lait maternel, l'allaitement doit aussi être exclu.

Les bébés exposés à l’héroïne ou à la méthadone avant la naissance souffrent de forts symptômes de manque une fois nés. Ils requièrent un traitement pouvant durer plusieurs semaines.


La marijuana


Plusieurs études scientifiques démontrent qu'une consommation régulière de cannabis expose la mère et l'enfant à plusieurs risques car le principe actif contenu dans cette substance traverse la paroi du placenta pour atteindre le sang du fœtus.

Risques pour le fœtus. La prise régulière de cannabis peut provoquer un retard de croissance intra-utérine. Le fœtus est ainsi exposé, comme la mère, au monoxyde de carbone. De plus, le principe actif contenu dans le cannabis passe la paroi du placenta pour se retrouver dans le sang du fœtus à doses variables. Ce qui peut occasionner un hématome rétro-placentaire. Ce dernier se caractérise par un décollement du placenta, lequel entraîne une diminution des apports en oxygène du fœtus, ce qui peut conduire à sa mort in utero. Cet hématome est souvent à l'origine d'hémorragies pour la mère, qui lui sont parfois fatales.

Risques pour le nouveau-né. Les mères qui consomment du cannabis donnent naissance à des bébés avec un poids plus faible que celui des autres. Cette faiblesse engendre une plus grande sensibilité aux infections durant les premiers mois. D'autre part, les cas de bébés prématurés se révèlent beaucoup plus fréquents avec cette drogue.

Cannabis et grossesse : le cerveau du fœtus en danger


Une étude menée par des chercheurs de l'Institut Karolinka (Suède), dont les résultats sont parus dans l'EMBO Journal en janvier 2014, démontre que le cannabis entraîne un retard dans le développement cérébral.

Ils ont tenté d'évaluer les effets d'une telle consommation sur le fœtus, en étudiant des souris et des tissus humains. Leur but était de déterminer comment le THC présent dans le cannabis affecte le cerveau du bébé à naître, notamment son développement. Ils ont découvert que le THC agit sur une protéine qui aide les cellules à croître.

Tetrahidrocarbocannabinol – THC
Lorsque la future mère consomme du cannabis alors que le cerveau du fœtus est en phase de développement, le cortex cérébral du fœtus souffre d'un développement défectueux. Cette région du cerveau organise la fonction cognitive et la formation de la mémoire. Chez le bébé, cela se traduit notamment par un déficit de connexions entre les neurones.

Sur le court terme, cela peut ne pas avoir d'effets immédiats sur la cognition. Mais ce retard de développement peut s'observer sur le long terme, même si le THC seul peut causer de légères modifications, son effet peut suffire à sensibiliser le cerveau aux facteurs de stress ou aux maladies, et provoquer à l'avenir des pathologies neuropsychiatriques (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, etc.).


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Au vu des complications potentielles qu'entraîne la consommation de drogues pendant la grossesse, que ce soit pour la mère, le fœtus ou le bébé une fois né, il apparait évident de déconseiller fortement l'usage de substances illicites pendant cette période. Toutefois, la dépendance restant très compliquée à gérer, une aide extérieure médicale doit être sollicitée.

Les futures mamans qui consomment des drogues douces ou plus dures sont en général des femmes en grande détresse sociale. Parfois, ces grossesses ne sont même pas désirées. Et très souvent, il est difficile pour elles d'en parler et d'avouer ainsi leurs addictions aux personnels médicaux. Il est impératif qu'elles trouvent des structures pour se faire aider afin de passer ce cap en limitant les effets néfastes pour leur santé et celle de leur enfant à naître.