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vendredi 30 juin 2017

L'excès de Sel Raffiné Endommage le Cerveau




Il faut privilégier un sel équilibré en sels minéraux 
plutôt qu’un sel contenant 99% de sodium

L’idée reçue selon laquelle le sel serait mauvais pour la santé est largement répandue. La conséquence est que beaucoup de personnes se limitent en sel et se retrouvent carencées en sels minéraux. Ce n’est pas nécessairement le sel qui est malsain pour nous, mais plutôt le sel raffiné de table qui est mauvais pour notre santé. Consommer trop peu de sel peut être aussi mauvais qu’en consommer trop.

Le sodium est un nutriment essentiel nécessaire pour le maintien du volume plasmatique, l’équilibre acido-basique, la transmission des influx nerveux et le fonctionnement normal des cellules.

On considère que 4 g de sel quotidien sont nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. En effet, le sel intervient dans la transmission des signaux nerveux, dans la contraction des muscles, dans le fonctionnement des reins et dans l’hydratation générale. Concernant ce dernier point, c’est le sodium qu’il contient qui régule la répartition de l’eau corporelle, participe aux mouvements de cette eau et dans les échanges hydriques entre les milieux interne et externe de la cellule.

Sans sel = aucune conductivité = aucune vie
Le sel naturel est un sel non raffiné qui a conservé toute sa richesse naturelle en sels minéraux et ses qualités nutritionnelles. Il ne subit pas de procédé de transformation ou d’ajout d’additifs.

Le sel industriel est le sel raffiné qu’on retrouve dans l’alimentation transformée et le sel de table.

Depuis 60 ans, l'industrie agro-alimentaire raffine le sel pour mieux le conserver. On le chauffe à très haute température afin de le débarrasser de ses impuretés. Or, les impuretés en question sont des minéraux de haute qualité.

Le but de ce processus coûteux et complexe de raffinage du sel est d’obtenir un puissant réactif, le chlorure de sodium, composant de base dans l’élaboration de produits chimiques de synthèse, dans la production de matières plastiques, de papier, d’huiles minérales, d’agents de démoulage, etc.

Dans l’alimentation, le sel peut provenir des aliments transformés, soit parce qu’ils sont particulièrement riches en sel (plats préparés, viandes transformées comme le bacon, le jambon et le salami, fromage, produits de grignotage salés, nouilles instantanées, etc.), soit parce qu’ils sont souvent consommés en grandes quantités (comme le pain et les produits céréaliers transformés). Le sel est également ajouté en cours de cuisson (sous forme de bouillon ou de bouillon cubes) ou sur la table (sauce soja, sauce de poisson, sel de table).

Le procédé de raffinage du sel le convertit en un élément toxique pour l’homme. Du point de vue chimique, en raffinant le sel, il est dépourvu des 84 oligo-éléments essentiels à la vie. En entrant dans l’organisme, cette molécule artificielle, pourvue de nombreux radicaux libres, tend à reprendre sa forme moléculaire d’origine en récupérant les oligo-éléments qui lui ont été retirés lors de son raffinage, auprès des tissus osseux et du plasma, entrainant ainsi une déminéralisation et une acidification du milieu avec des conséquences désastreuses.


Lorsque la consommation est excessive il arrive un moment où le corps ne peut plus consacrer à ce travail de désintoxication plus d’eau cellulaire et il utilise une autre voie pour résoudre le problème : la cristallisation des os et des articulations. Pour ce faire, les acides aminés d’origine animale se lient avec le chlorure de sodium et se déposent sous forme de cristaux d’acide urique donnant lieu à la formation de calculs rénaux et de la vésicule biliaire, ainsi que l’arthrite, l’arthrose et les maladies rhumatismales.

Il faut donc privilégier un sel équilibré en sels minéraux plutôt qu’un sel contenant 99% de sodium.


L'excès de sel re-programme le cerveau et provoque l’hypertension


Une équipe de la Faculté de médecine de l’Université McGill dans une étude publiée dans la revue Neuron en janvier 2015, en étudiant le cerveau de rats a découvert que la consommation de grandes quantités de sel alimentaire provoquait des modifications de circuits cérébraux clés.

Les chercheurs ont trouvé qu'une consommation non modéré de sel dans de l'alimentation quotidienne provoque des changements dans le circuit hypothalamus, une structure cérébrale qui jette un pont entre le système endocrinien et le système nerveux. Parmi ses compétences il y a le contrôle de la pression artérielle, le métabolisme, l'appétit, la reproduction ou la réponse du corps au stress.

La consommation de fortes quantités de sel alimentaire pendant une certaine période chez le rat entraînait une altération biochimique au niveau des neurones qui libèrent la vasopressine dans la circulation générale. Cette altération, qui touche une molécule neurotrophique appelée BDNF (brain-derived neurotrophic factor, ou facteur neurotrophique dérivé du cerveau), empêche l’inhibition de ces neurones par d’autres cellules.

Les résultats de cette étude révèlent qu’une forte consommation de sel empêche l’inhibition, par le circuit de détection de la tension artérielle, des neurones à vasopressine. La neutralisation de ce mécanisme de sécurité naturel permet à la tension artérielle de s’élever lorsque de fortes quantités de sel sont consommées pendant une longue période de temps.


Le sel, aussi dangereux que la cocaïne pour le cerveau


Des experts de la Société espagnole d’études cardiologiques ont conclut (en mars 2014) que la consommation de sel de table comme celle de la cocaïne, induit un changement dans le tissu nerveux hypothalamique, ce qui provoque dans le sang un excès des hormones dopamine et orexine, responsables de la sensation de plaisir et de satisfaction.

La surconsommation est dangereuse car elle provoque une augmentation de la pression artérielle, ce qui se transforme au fil du temps en hypertension chronique. Mais surtout, elle forme un cercle vicieux, en multipliant et activant les neurotransmetteurs qui propagent à travers le système nerveux le signal de mieux vivre avec beaucoup de sel. En réponse, le corps a besoin de plus de sel.

Le sentiment est faux, comme dans le cas des drogues fortes comme la cocaïne.

Les chercheurs pensent que l’on doit continuer à intensifier la régulation de la fabrication du pain, l'un des produits responsables de la “surdose” de sel. La réduction d'un gramme par an de ce sel présent dans les produits de boulangerie pourrait normaliser la consommation au fil du temps. L’Organisation mondiale de la santé recommande de consommer entre 5 et 7 grammes de sel par jour.


Sel toxique et sel sain

Sel de table


Le sel raffiné, dit "sel blanc" ou "sel de table" est un sel "chimiquement pur", composé à 99,9% de chlorure de sodium.

Le sel commercial est raffinée et subi des transformations : par un séchage à une chaleur qui dépasse 1,000 degrés, lequel détruit les substances bénéfiques dans le sel. Cette chaleur cause aussi des altérations chimiques qui transforment le sel en chlorure de sodium, une substance qui ne fait pas de bien au corps.

Ensuite, on y rajoute des additifs chimiques pour préserver sa blancheur et la taille de ses grains (éviter qu’ils ne s’agglutinent): Iode, fluor, aluminium, glutamate. On obtient ainsi un sel très blanc, sans goût particulier, sans oligo-éléments, très sec et d'aucune utilité pour la santé.

Le sel de table a été complètement vidé de ses minéraux – la partie la plus nutritive du sel – au cours du processus de fabrication.

Les conséquences de l’ajout d’additifs


* Ces additifs sont responsables de la formation de nitrates dans l’estomac, ces derniers étant les substances carcinogènes les plus agressives.

* Ils sont responsables de réactions allergiques.

* L’ajout d’iodure peut causer une hyperthyroïdie, une thyroïdite auto-immune et une diminution de la fertilité.

* Le fluor est associé à des troubles neurologiques et endocriniens qui affectent le système nerveux, provoquant un trouble du déficit de l’attention (TDA) chez les enfants et les adultes.

* L’hydroxyde d’aluminium ajouté afin d’éviter le compactage est associé à des dysfonctionnements neuronaux tels que la maladie d’Alzheimer.

* D’autres méfaits du sel raffiné sont la rétention d’eau, l’obésité, la cellulite et la sclérose par cristallisation de cette molécule lorsqu’elle ne parvient pas à être éliminée par les reins.


Sel de mer


Le sel de mer non-raffiné est un sel naturel, réputé pour ses goûts et ses diverses personnalités. Il est obtenu par évaporation de l’eau de mer dans des bassins peu profonds ; le temps idéal est ensoleillé, sec, avec du vent pour faciliter la cristallisation du sel et son évaporation. Le sel marin est ainsi récolté dans des marais salants.

C'est un produit riche en oligo-éléments et électrolytes: Potassium, magnésium, calcium, souffre, et en moindre quantité fer, manganèse, zinc, iode.

Notre corps n’a besoin que de petites quantités de ces nutriments, mais ils sont absolument vitaux pour toute une variété de fonctions dans l’organisme. Ils ont un rôle clef dans la production d’enzyme ainsi que dans le système immunitaire, et la fonction surrénale et thyroïdienne.

Le sel de mer non-raffiné permet au corps d’atteindre un équilibre d’eau à la fois à l’intérieur et en dehors des cellules. Avec un sodium naturel adéquat et de l’eau pure, des maladies comme la goutte, les crampes musculaires, la rétention d’eau et l’œdème disparaissent.

Ses principales fonctions physiologiques sont :


* Il aide à la production de la bile.

* Il augmente le mouvement péristaltique de l’intestin, contribuant ainsi à une bonne digestion.

* Il alcalinise le sang, luttant ainsi contre l’effet acidifiant de l’alimentation actuelle.

* Le sodium est impliqué dans la conduction d’influx nerveux et favorise également la contraction musculaire.

* Il rend les aliments plus nutritifs et renforce leur saveur, tout en apportant de l’énergie et de la vitalité.

* Il stimule la fonction rénale et son utilisation adéquate favorise l’absorption du calcium et l’utilisation des nutriments en général.

* Il est considéré comme un aliment purificateur, et en tant que tel, il aide l’organisme à éliminer les toxines.

Les bienfaits du sel


Fonctions digestives. Le sel apporte le chlore pour permettre à l’estomac de fabriquer de l’acide chlorhydrique, et du sodium au foie pour fabriquer les carbonates de sodium de la bile. On peut ainsi déterminer l’état du foie par l’analyse du passage hépatique  de l’eau au travers du rapport Sodium/Potassium.

Fonction cellulaire. Le sodium est au cœur du fonctionnement de la cellule et constitue un électrolyte majeur. Il permet au travers des canaux sodiques la prise en charge et l’assimilation des minéraux et vitamines dans l’intestin. Les vitamines C et B, mais aussi le calcium, magnésium dépendent du sodium et donc du sel.

Fonction rénale. 80% du travail rénal consiste en la récupération du sodium. Si le niveau de ce minéral devenait trop bas, dans le meilleur des cas, des acidités gastriques, dans le moins bon, de l’hypertension, une déshydratation extra-cellulaire, une destruction des os, des AVC.


Equilibre acido-basique et fonction collagène. Le chlore est acide, le sodium, alcalin et l’association des deux dans l’organisme donne le NaCl, un aliment équilibré du point de vue acido-basique. De plus, le déficit en sel entraîne un blocage de l’information de la structure du collagène et un blocage de l’implantation du calcium dans les os.

Le sodium, élément chimique de nos 5 sens. Au cœur du fonctionnement cellulaire, le sodium fait fonctionner nos 5 sens en association avec le calcium et nos messagers chimiques que sont les hormones.


La meilleure façon de consommer du sel est de le consommer à travers des aliments frais, qui le contiennent de manière biologiquement assimilable, sous la forme de sel marin non raffiné et en petites quantités.

Aliments avec une forte teneur en sodium


* charcuterie
* lardons
* plats de commerce déjà préparés (pizzas, sauces pour pâtes, plats cuisinés, etc.)
* bouillons en cube
* poissons fumés ou marinés (par ex anchois)
* aliments en conserve
* fromages
* produits de boulangerie
* sauces asiatiques
* fruits de mer.

Aliments avec très peu contenu de sodium


Les fruits et légumes. En outre, ils sont pleins de potassium, ce qui aide à équilibrer le sodium avec les autres aliments.

Lire les étiquettes


Les aliments conditionnés et traités sont des sources cachées de sel commercial. Il faut éviter ces types d’aliments autant que possible, et bien vérifier les étiquettes sur les autres aliments à acheter. Même les viandes fraiches sont souvent conditionnées avec du bouillon fabriqué avec du sel raffiné. On estime que les aliments transformés à des fins commerciales sont responsables de 77% de l'apport en sodium.


L’équilibre sodium-potassium


Le potassium est un nutriment essentiel au maintien du volume total de liquide dans l’organisme, à l’équilibre acido-basique et électrolytique, ainsi qu’au fonctionnement normal des cellules.

Il a été montré que le ratio sodium/potassium est déterminant. Le ratio idéal est de 1 pour 3, ce qui veut dire qu’il faudrait consommer 3 fois plus de potassium que de sodium (en mg), alors que c’est plutôt l’inverse qui se passe avec l’alimentation occidentale moderne.

La voie d'entrée normale du potassium dans le corps est par la bouche, soit sous forme de nourriture, ou quelquefois sous forme de solution faite de chlorure de potassium hydrosoluble à 100% dissout dans du jus de fruit. Quand le potassium passe par le transit digestif, les cellules extraient ce dont elles ont besoin et l'excédent est ensuite rejeté hors du corps, partiellement comme déchet solide, mais surtout par les reins sous forme d'urine.

Il a été prouvé qu’une consommation suffisante de potassium réduit la mortalité cardio-vasculaire en diminuant la pression artérielle.

Aliments pauvres en sodium et riches en potassium


* avocats
* abricots
* pommes
* papaye
* melon
* bananes
* cacahuètes (non salées), noix et autres fruits secs
* légumes secs
* brocoli
* épinards
* tomates
* patates douces
* yaourt
* viande rouge et blanche.


dimanche 1 novembre 2015

La Carence en Iode Cause des Lésions Cérébrales




L'Iode est un minéral non métallique dont les êtres humains ont besoin en petites quantités pour la croissance et le développement optimal. Il est également nécessaire pour tous les tissus du corps. L'iode est appelé minéral endocrinien car il est important non seulement pour la glande thyroïde – qui régule la croissance et le métabolisme –, mais aussi pour les glandes surrénales, les ovaires, la prostate et le système hormonal de l'organisme entier.

C’est un des minéraux les plus importants et négligés aujourd'hui. La carence en iode a de conséquences sur la santé, l’éducation et la productivité.

La carence en iode est la principale cause des troubles de l’apprentissage et des lésions cérébrales pouvant être évités, les effets les plus néfastes se produisant sur le cerveau du fœtus. Une carence en iode au cours de la grossesse et la vie du nourrisson risque d’entraîner des lésions cérébrales irréversibles. Chez les adultes, un apport insuffisant en iode peut provoquer une hypothyroïdie, le crétinisme, des fausses couches et le goitre.


Fonctions de l'iode


L'iode est d'une importance pour :

Les glandes endocrines. L’iode aide au bon fonctionnement des glandes endocrines notamment l’hypophyse, le pancréas et la thyroïde. On peut considérer que l’iode est un stimulant de glandes endocrines.

Le système nerveux. L’iode est indispensable pour le bon développement du cerveau notamment pendant la vie intra utérine. Il sert au développement intellectuel, participe à l’idéation, la concentration et à l’ensemble des fonctions cérébrales.

La peau. L’iode favorise l’hydratation de la peau, ses échanges énergétiques et stimule son activité sécrétrice.

Les infections. Associé à d’autres oligo-éléments, comme le cuivre, le zinc ou le sélénium, l’iode aide l’organisme à éliminer les germes, notamment les mycoses et les infections bactériennes.

Le métabolisme. L’iode favorise la production d’énergie car il est oxydé dans l’organisme pour accélérer l’utilisation des graisses et des sucres.


Troubles de la carence en iode (TCI)


Goitre. Il se caractérise par un gonflement de la partie antérieure du cou, Du latin “guttur” ou gorge, le goitre résulte d’une augmentation du volume de la glande thyroïde, qui gonfle de façon à extraire le peu d’iode présent dans le sang. C’est un symptôme fréquent de carence chronique en iode.

Hypothyroïdie. La diminution de la sécrétion des hormones thyroïdiennes entraîne une baisse du métabolisme basal et des signes cliniques d'hypothyroïdie qui peuvent évoluer jusqu'au myxœdème. Chez l'adulte, l'hypothyroïdie se manifeste par des traits plus grossiers, une peau sèche et parfois un visage bouffi. Le patient prend du poids, il a un pouls lent et se sent léthargique. Des examens montreraient un métabolisme basal abaissé et une diminution du taux sanguin des hormones thyroïdiennes.



Crétinisme. Il se caractérise par une diminution ou une absence totale des facultés intellectuelles, une dégénérescence physique (nanisme, arrêt du développement des organes génitaux, ralentissement de diverses fonctions). Il est lié à une insuffisance thyroïdienne se révélant le plus souvent par la présence d'un goitre.

Arriération mentale. La carence en iode est la principale cause d'arriération mentale et de lésions cérébrales que l’on peut éviter. Son impact est particulièrement dévastateur sur le cerveau du fœtus et des jeunes enfants, lors de leurs premières années de vie. La perte de potentiel intellectuel est peut-être la conséquence la moins visible, mais la plus courante, de la carence en iode – les enfants atteints risquent de perdre de 10 à 15 points de quotient intellectuel (QI).


Causes


La cause principale du goitre endémique et des autres troubles est l'insuffisance d'apport alimentaire en iode. La quantité d'iode présente dans le sol varie et influence la concentration d'iode dans les aliments, en fonction de leur lieu de culture, et dans l'eau. L'iode est lessivé des sols et rejoint les rivières pour finir dans les océans.

Les zones où le goitre endémique est très répandu correspondent généralement à des plateaux, des montagnes ou des plaines intérieures éloignés de la mer: les Alpes, l'Himalaya et les Montagnes Rocheuses; des chaînes de montagnes plus modestes en Chine, en Tanzanie, en Nouvelle-Zélande, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les pays d'Afrique Centrale; enfin, les plaines intérieures des Etats-Unis, d'Asie centrale et d'Australie.

La consommation d'aliments dits goitrogènes constitue une cause moins importante de TCI. Ce sont des anti-nutriments qui inhibent l'absorption ou l'utilisation de l'iode ou ont une activité antithyroïdienne. Les aliments du groupe Brassica comme le chou, le kale, les graines de colza ou de moutarde en contiennent tout comme le manioc et les navets. Contrairement aux légumes précités, le manioc est un aliment de base dans certaines régions et, en Afrique, notamment au Zaïre, sa consommation est considérée comme une cause majeure de goitre endémique.


Carence d’iode chez le fœtus


L'iode joue un rôle important dans le développement du cerveau et du système nerveux du futur bébé lors de la grossesse.

Il est particulièrement important pour la femme enceinte d'avoir suffisamment d'iode dans son alimentation. C'est un nutriment essentiel pour le développement du fœtus, notamment au niveau du cerveau. En dehors des lésions cérébrales pour le fœtus, la carence en iode pendant la grossesse entraîne aussi des problèmes de petit poids à la naissance, de prématurité et une augmentation de la mortalité périnatale et infantile.

La carence en iode accroît également le risque de décès maternel, de fausses couches et de mortinatalité. 38 millions de nourrissons naissent sans la protection que l’iode constitue pour le cerveau en développement.

L'étude britannique de l'université de Birmingham, Diabetes and Endocrinology, publiée dans The Lancet, spécifie qu'à l'égard de la grossesse, le manque d'iode constitue la cause principale de retard mental évitable.

Selon les auteurs de l'étude, même une carence très légère en iode est associée à un QI plus faible chez les enfants. Les chercheurs voulaient examiner les bienfaits potentiels pour la santé publique d'une supplémentation en iode chez les femmes enceintes. Pour cela, les chercheurs ont mesuré à quel point le QI d'un enfant pouvait augmenter avec suffisamment d'iode et l'impact que cela aurait sur ses revenus à l'âge adulte et sur la société en général

L'OMS et l'Autorité européenne de sécurité des aliments encouragent les femmes enceintes à prendre une supplémentation en iode pour donner à leurs enfants les nutriments dont ils ont besoin.


Carence d’iode chez les enfants


Les jeunes enfants sont aussi particulièrement exposés car leur cerveau a encore besoin d'iode pour se développer au cours des deux premières années de vie. La carence en iode perturbe le développement physique et peut provoquer une hypothyroïdie.

Elle représente la première cause de lésions cérébrales dans la population infantile. Il en résulte une altération du développement cognitif et moteur compromettant les résultats scolaires. Les enfants nés de mères présentant des carences en iode risquent d’être atteints de crétinisme, de troubles du langage, de surdité et de nanisme.


Prévention


La prévention n'est ni difficile, ni coûteuse. L'une des méthodes les meilleures et les moins onéreuses consiste tout simplement à ioder le sel de table, ce que font actuellement beaucoup de pays. On a constaté une amélioration impressionnante du bilan iodé dans toutes les populations où l'on a procédé à l'iodation du sel pendant au moins un an.

Il suffit d’une cuillère à café d’iode – consommée régulièrement en quantité minuscule toute une vie durant – pour prévenir les troubles dus à la carence en iode. L’iodation du sel est la solution la plus logique et la plus efficace à ces problèmes car l’iode est alors consommée progressivement, et est sûre, viable et peu chère.

Besoins quotidiens en iode 


Les besoins quotidiens en iode sont exprimés en microgrammes. La recommandation de l'Organisation mondiale de la santé est maintenue de 150 à 300 microgrammes par jour.

Les enfants ont des valeurs inférieures. Un adulte a un quotidien de 150 à 200 microgrammes. Les femmes enceintes et les femmes allaitantes, ont besoin de plus. Trois tranches de pain fournissent une moyenne de 90 grammes d'iode. Une cuillère à café de sel offre encore 100 microgrammes d'iode.

Les aliments riches en iode 


L'iode est présent dans la plupart des sols, et est absorbé naturellement par les plantes. L'iode est principalement dans les denrées alimentaires à l'endroit où l'iode est ajouté. Rare dans le milieu naturel, l’iode est essentiellement d’origine marine.

Les principales sources en iode sont issues des aliments de la mer. On peut citer les algues, les fruits de mer, le poisson, sans oublier le sel de mer gris complet, les crevettes et la morue qui sont particulièrement riches en iode.

D’autres sources alimentaires d'iode comprennent les produits laitiers (lait et yaourt), les fruits et les légumes, les légumineuses, certaines noix.

En suivant une alimentation riche en fruits et en légumes crus, et faible en viandes et en produits industriels, il est certain d'obtenir suffisamment d'iode dans l’alimentation.



Les régions les plus pauvres en iode

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 2 milliards de personnes sont concernées par le risque de carence en iode, soit un tiers de la population mondiale et 54 pays sur 197 se trouvant dans une situation alarmante. Les pays développés, en dépit de programmes visant à limiter cette affection, y sont également exposés. En Europe, elle touche cent cinquante millions de sujets, notamment en Bulgarie, Espagne, Italie, Portugal et Roumanie.

Dans de nombreuses régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, les TCI sont à l'origine de retards mentaux et empêchent les enfants de se développer psychologiquement comme leur potentiel initial le permettrait. Les TCI sont aussi associés à des fausses-couches plus fréquentes, à une mortinatalité plus élevée, à la surdimutité, à différentes anomalies congénitales, notamment neurologiques.

Les populations les plus susceptibles d’être atteintes de carence en iode vivent notamment dans des régions montagneuses reculées privées des aliments contenant de l’iode que sont les poissons de mer et les algues, et dans les régions fréquemment inondées, où le sol est privé de micro-nutriments.

La carence en iode est la principale cause de lésions cérébrales dans l'enfance. Chez l'adulte, elle nuit à la productivité et à la capacité de trouver un emploi. Elle peut entraîner une perte de 15 points de QI et près de 50 millions de personnes souffrent à des degrés divers de lésions dues à ce problème.

Dans de nombreuses populations, surtout dans les pays industrialisés et chez les gens les plus fortunés partout, les aliments consommés ne sont pas d'origine exclusivement locale. Ils ont donc des teneurs en iode variées et contribuent à un apport final suffisant. Par exemple, les populations vivant dans les Montagnes Rocheuses, où le goitre était endémique, ne consomment plus seulement des aliments locaux; ils peuvent manger du pain fait de blé récolté dans les plaines du centre des Etats-Unis, du riz de Thaïlande, des légumes de Californie ou du Mexique, des fruits de mer de la côte atlantique etc. De même, les gens fortunés de La Paz, en Bolivie, consomment toutes sortes d'aliments qui ne viennent pas de l'altiplano et qui contiennent assez d'iode. Par contre, les pauvres de la même région ne consomment que des aliments locaux et ont toujours des goitres.

C'est à cause de ces effets indésirables sur le développement cérébral que la Cinquante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution invitant la communauté internationale, et notamment l'OMS et l'UNICEF, à redoubler d'efforts pour combattre la carence en iode dans les 54 pays les plus touchés. L'action doit comprendre :

* Un engagement résolu des autorités sanitaires publiques
* L'éducation du public
* Une collaboration efficace entre tous les partenaires impliqués, notamment l'industrie du sel
* Un bon système de contrôle pour veiller à ce que le sel soit correctement iodé
* Des législations nationales sur le sel iodé et les mesures pour les faire respecter.

Sources

Organisation mondiale de la Santé
Unicef
FAO

Il est évidemment préférable de prévenir la carence en iode dans une communauté ou un pays que de traiter chaque sujet porteur d'un goitre. La mesure la plus utilisée, et souvent la meilleure, est l'iodation du sel.