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vendredi 31 octobre 2025

Tout le Monde N'a pas le Sens de l'Orientation




Le sens de l'orientation est l'aptitude à se situer spatialement, à trouver un chemin et à se diriger vers une destination. Ce sens complexe repose sur l'intégration d'informations visuelles, kinesthésiques (mouvements du corps) et proprioceptives par différentes zones du cerveau, notamment l'hippocampe. Il s'agit d'une capacité cognitive qui peut être développée par l'apprentissage et l'expérience, influencée par l'environnement, la mémoire spatiale et l'observation.

Vous marchez dans la rue à la recherche de l’adresse que votre amie vous a donnée… mais qu’est-ce qui se passe dans votre cerveau à ce moment-là ? La navigation spatiale mobilise tout une série de nombreuses fonctions cognitives.

D’un côté, des processus dits de “haut niveau” : localiser son corps dans l’espace, se représenter mentalement un environnement, utiliser sa mémoire, planifier un itinéraire ou maintenir un objectif. De l’autre, des processus plus automatiques prennent le relais : avancer, ralentir, tourner… sans même y penser.

En réalité, le “sens de l’orientation” n’est pas une capacité unique, mais un ensemble de tâches coordonnées, réparties entre différentes zones du cerveau, qui travaillent de concert pour que vous arriviez à bon port.


Les fonctions cognitives


Les fonctions cognitives regroupent les capacités mentales du cerveau permettant d'interagir avec l'environnement, telles que l'attention, la mémoire, le langage ; les fonctions exécutives – raisonnement, organisation – et les capacités visuo-spatiales. Elles sont essentielles à notre apprentissage, notre adaptation et notre fonctionnement quotidien, et peuvent être affectées par des troubles cérébraux ou psychiques.

Les capacités mentales. Capacité de comprendre la nature et les effets de l'action dans lequel un individu est engagé.

Principales fonctions cognitives

L'attention.
C’est la capacité à se concentrer sur une tâche, à filtrer les distractions et à accomplir plusieurs actions simultanément. L'attention est une fonction cognitive complexe qui est primordiale dans le comportement humain. Elle correspond à un processus de sélection d'un événement extérieur (son, image, odeur...) ou intérieur (pensée) et au maintien de ce dernier à un certain niveau de conscience.

La mémoire. La mémoire est la capacité à enregistrer des informations venant d'expériences et d'événements divers, à les conserver et à les restituer sous forme de souvenirs, de savoirs ou d'habiletés. La mémoire fait suite à un processus de mémorisation ; elle est le souvenir de faits anciens et récents. Elle inclut la capacité à enregistrer, stocker et récupérer des informations à court et long terme, ainsi que la mémoire de travail pour manipuler des informations temporairement.

Le langage.
C’est la capacité d'exprimer une pensée et de communiquer au moyen d'un système de signes – vocaux, gestuel, graphiques, tactiles, olfactifs – doté d'une sémantique, et le plus souvent d'une syntaxe ; mais ce n'est pas systématique (la cartographie est un exemple de langage non syntaxique). Fruit d'une acquisition, la langue est une des nombreuses manifestations du langage. Le langage est un moyen de communication purement humain et non instinctif, pour les idées, les émotions et les désirs Il comprend l'acquisition, la compréhension et la production du langage, que ce soit à l'oral ou à l'écrit.

Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives sont un ensemble de processus cognitifs de haut niveau qui contrôlent et régulent nos pensées, nos émotions et nos actions, et nous permettent de nous adapter aux situations nouvelles ou complexes.

Elles incluent des compétences clés telles que la planification, le contrôle de l'inhibition, la mémoire de travail et la flexibilité cognitive, essentielles pour des activités comme la résolution de problèmes, la prise de décision et la gestion de nos comportements.

Elles sont sous la responsabilité principale du cortex préfrontal, une région du cerveau qui continue de se développer jusqu'à l'âge adulte. C’est l’ensemble des capacités à s'organiser, planifier, et résoudre des problèmes complexes.

Les capacités visuo-spatiales

L'habileté de construction visuo-spatiale ou visuo-construction désigne l'ensemble des processus du cerveau qui permettent d'analyser, de comprendre et de se représenter l'espace – l'environnement – en deux ou trois dimensions. Elles comprennent l'orientation dans l'espace et la capacité à se repérer.

Elles sont essentielles pour des tâches quotidiennes comme s'orienter, estimer des distances et comprendre les relations spatiales entre les objets. Le développement de ces capacités passe notamment par des jeux de construction et des puzzles, et leur dysfonctionnement peut affecter la motricité et le calcul.


La perception (Gnosies).
La perception peut être définie comme la capacité visuo-spatiale à capter, traiter et donner un sens à l'information retenue par nos sens. La perception est par conséquent le processus cognitif qui nous permet d'interpréter notre environnement à l'aide des stimuli que nous captons grâce aux organes sensoriels. Elle permet de reconnaître et d'interpréter les informations sensorielles (visuelles, auditives, etc.).

La motricité (Praxies). Les praxies sont des fonctions liées à la motricité et aux mouvements du corps. Il s'agit de la capacité de coordonner et d'adapter des activités gestuelles volontaires dirigées vers un but. Les praxies nous permettent de coordonner, planifier et exécuter des gestes de façon volontaire et spontanée. Ce sont des compétences nécessaires pour réaliser des mouvements complexes et coordonnés.

Importance des fonctions cognitives. Ces fonctions sont cruciales pour notre performance quotidienne, notre autonomie et notre capacité à interagir efficacement avec le monde qui nous entoure. Des dysfonctionnements peuvent entraîner des difficultés dans des tâches simples, de la prise de décision à l'organisation des activités.

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Savoir se repérer dans l’espace est une compétence fondamentale, mais loin d’être évidente pour tout le monde. Afin de tenter de mieux comprendre pourquoi certaines personnes ont un meilleur sens de l’orientation que d’autres, des chercheurs se sont penchés sur les capacités de navigation que nous mobilisons pour nous repérer dans l’espace.


La relation entre les capacités spatiales liées aux objets et les performances en matière de navigation virtuelle


Des chercheurs de l’University College of London, Trinity College (Dublin), McGill University (Montreal), University of California, University of East Anglia (Norwich, G.B.) Centre de la recherche scientifique (CNRS) dans une étude, publiée sur PloS One en mai 2024, se sont penchés sur les capacités de navigation que nous mobilisons pour nous repérer dans l’espace.

La navigation spatiale est un comportement multiforme qui fait appel à de nombreux aspects différents de la cognition. Les capacités visuo-spatiales, telles que la rotation mentale et la mémoire de travail visuo-spatiale, en particulier, peuvent être des facteurs clés.

Sea Hero Quest
Les chercheurs présentent ici l'utilisation d'une application mobile de jeu bien établie, Sea Hero Quest (SHQ), comme mesure de la capacité de navigation chez un échantillon de jeunes étudiants universitaires, principalement des femmes (N = 78 ; 20 ; femmes = 74,3% ; âge moyen = 20,33 ans).

Les 78 participants de l’étude ont joué pendant plusieurs heures au jeu vidéo Sea Hero Quest sur des téléphones et des tablettes. Leur mission : traverser différents environnements aquatiques en réalisant des tâches variées, telles que rallier des points de rencontre ou encore se déplacer le long d’une rivière pour trouver un objet, avant de le rapporter au point de départ.

Une série de tests ont été mis au point pour évaluer le traitement et la mémoire visuo-spatiaux, mais le lien entre ces tests et la capacité de navigation reste flou. Ils ont utilisé trois tests de navigation distincts intégrés à SHQ : l'orientation, l'intégration de trajectoire et la mémoire spatiale dans un labyrinthe radial.

Test de Corsi
Chez les mêmes participants, les chercheurs ont également recueilli des mesures de la rotation mentale – test de rotation mentale –, du traitement visuo-spatial – test d'organisation de dessins – et de la mémoire de travail visuo-spatiale – test de Corsi numérique.

Ils ont trouvé peu de corrélations fortes entre leurs mesures. Être doué pour s'orienter dans un test de navigation virtuelle ne signifie pas qu'une personne sera également douée pour l'intégration de trajectoire, qu'elle aura une mémoire supérieure dans un labyrinthe à bras radiaux ou qu'elle s'estimera dotée d'un bon sens de l'orientation.

Cependant, ils ont observé que les participants qui étaient doués pour la tâche d'orientation du SHQ avaient tendance à obtenir de bons résultats dans les trois tâches visuo-spatiales examinées ici, et à utiliser également une stratégie de repères dans la tâche du labyrinthe radial. Ces résultats permettent de clarifier les associations entre les différentes capacités impliquées dans la navigation spatiale.

Labyrinthe radial
L’expérience suggère que la navigation spatiale fait appel à plusieurs processus cognitifs bien distincts. Si nos compétences visuo-spatiales, c’est-à-dire notre faculté à nous représenter mentalement des objets, ne semblent pas influer sur notre sens de l’orientation, les scientifiques notent une différence de performances en fonction des stratégies empruntées.

Les individus qui privilégient les repères visuels (la forme d’une île, d’une montagne ou d’un palmier virtuel, par exemple) se repèrent mieux que ceux qui utilisent une méthode de comptage du nombre de pas ou de virages.

De plus, ceux qui se considèrent comme de bons navigateurs n’enregistrent pas nécessairement de meilleurs résultats que les autres. En effet, les individus ont tendance à s’évaluer en fonction de leur capacité à utiliser un GPS, une tâche un peu moins complexe que celles mobilisées dans le cadre du test.

Il est important de comprendre ce lien afin de faire progresser les tests de navigation pour le suivi de diverses maladies (par exemple, la maladie d'Alzheimer) dont l'un des premiers symptômes est une déficience spatiale.


Changement structurel lié à la navigation dans l'hippocampe des chauffeurs de taxi


Des scientifiques de l'Université McGill (Montréal) ont démontré dans une étude, publiée dans PNAS (The Proceedings of the National Academy of Sciences) en mars 2000, que les chauffeurs de taxi londoniens, qui doivent mémoriser la géographie complexe de la ville, ont un volume de matière grise plus important dans l'hippocampe postérieur droit.

Chauffeur de taxi londonien
Ils ont analysé les IRM structurelles du cerveau de personnes ayant une grande expérience de la navigation, à savoir des chauffeurs de taxi londoniens titulaires d'une licence, et les ont comparées à celles de sujets témoins ne conduisant pas de taxi.

L'hippocampe postérieur des chauffeurs de taxi était significativement plus grand que celui des sujets témoins. Une région hippocampique plus antérieure était plus grande chez les sujets témoins que chez les chauffeurs de taxi. Le volume de l'hippocampe était corrélé au nombre d'années passées comme chauffeur de taxi, positivement dans l'hippocampe postérieur et négativement dans l'hippocampe antérieur.

Ces données concordent avec l'idée que l'hippocampe postérieur stocke une représentation spatiale de l'environnement et peut s'étendre régionalement pour permettre l'élaboration de cette représentation chez les personnes qui dépendent fortement de leurs capacités de navigation.

L'étude a démontré la plasticité cérébrale chez l'adulte et comment l'expérience peut modifier la structure d'une zone cérébrale telle que l'hippocampe afin de s'adapter aux exigences d'un environnement complexe.

Selon les chercheurs, cette étude menée auprès de chauffeurs de taxi londoniens montre qu'en raison de leur entraînement intensif à la navigation, ceux-ci ont un volume de matière grise plus important dans l'hippocampe postérieur que les non-chauffeurs de taxi, ce qui démontre la plasticité cérébrale et un hippocampe plus grand, capable de stocker une “carte mentale” de la ville.

Ce changement structurel est lié à la mémoire spatiale et à l'orientation, et illustre la manière dont le cerveau adulte s'adapte aux stimuli environnementaux et aux expériences complexes.


L'entropie et un sous-groupe de mesures géométriques des chemins prédisent la navigabilité d'un environnement


Des chercheurs des universités de Sheffield, Stirling, Northumbria (Grande Bretagne) et du CNRS ont révélé dans une étude, publiée par ScienceDirect en 2023, que l'entropie – niveau d’organisation – environnementale et des mesures géométriques spécifiques sont des indicateurs significatifs de la facilité ou de la difficulté de navigation dans un environnement.

Sea Hero Quest
À partir des données de l'application Sea Hero Quest, l'étude a identifié ces caractéristiques comme plus importantes que d'autres mesures, comme l'intelligibilité, pour déterminer la difficulté de navigation.

Les chercheurs ont analysé 478 170 trajectoires de 10 626 participants ayant navigué dans 45 environnements virtuels grâce au jeu. Les environnements virtuels ont été conçus pour varier selon diverses propriétés telles que leur disposition, le nombre d'objectifs, la visibilité (brouillard variable) et l'état de la carte.

Ils ont utilisé Lasso – un type d'analyse de régression –, une méthode de sélection de variables, pour sélectionner les mesures les plus prédictives de la difficulté de navigation. Des caractéristiques géométriques telles que l'entropie, la surface de l'espace navigable, le nombre d'anneaux et la proximité et la centralité des réseaux de chemins figuraient parmi les facteurs les plus significatifs déterminant la difficulté de navigation.

Ils ont calculé 58 mesures spatiales regroupées en quatre familles : métriques spécifiques à la tâche, métriques configurationnelles de la syntaxe spatiale, métriques géométriques de la syntaxe spatiale et métriques géométriques générales.

Principaux résultats

L'entropie et les caractéristiques géométriques sont des facteurs prédictifs clés. L'étude a révélé qu'une entropie environnementale élevée et des caractéristiques géométriques telles que la surface navigable et le nombre d'anneaux – chemins circulaires – étaient de bons indicateurs de difficulté de navigation.

Toutes les mesures ne prédisent pas la difficulté. D'autres mesures, notamment celles liées à l'intelligibilité (la corrélation entre les connexions réseau locales et mondiales), ne prédisaient pas la difficulté de navigation.

Les facteurs spécifiques à la tâche et les facteurs environnementaux jouent également un rôle. Des éléments spécifiques à la tâche, tels que le nombre de destinations, et les conditions environnementales comme le brouillard ont également influencé la difficulté de navigation.

Ces résultats ont des implications pour l'étude du comportement spatial en milieu écologique. Ils peuvent éclairer la conception d'environnements navigables d'espaces physiques et virtuels plus intuitifs et plus faciles à parcourir.

Pour comprendre le comportement spatial. Cette recherche apporte un éclairage sur la façon dont les humains naviguent, notamment dans des environnements complexes, tels que les bâtiments complexes et les réseaux de transport, et pourraient contribuer à la conception d'environnements plus navigables.

Malgré des recherches approfondies sur la navigation, on ignore encore quelles caractéristiques d'un environnement prédisent la difficulté de navigation.


Pourquoi les personnes âgées perdent-elles le sens de l'orientation ?


Selon des chercheurs du Centre allemand pour les maladies neuro-dégénératives (DZNE) dans une étude, publiée par la revue Current Biology en mars 2018, la mort des cellules du système spatial cérébral pourrait expliquer pourquoi les personnes âgées ont tendance à se perdre.

L'orientation spatiale et la navigation sont considérées comme faisant partie des capacités les plus complexes du cerveau humain, car elles nécessitent le traitement d'un flux d'informations important, notamment des stimuli sensoriels et des signaux d'équilibre musculaires.

Lorsque l'on se déplace dans un environnement inconnu, il est parfaitement normal de se perdre. Pourtant, ce phénomène a tendance à se produire plus souvent chez les personnes âgées. Les auteurs ont déclaré qu’à ce jour, ils en savent très peu sur les mécanismes neuronaux sous-jacents à ces problèmes de navigation.

Les scientifiques ont comparé les schémas d'activité cérébrale d'un groupe de jeunes et de personnes âgées effectuant une série de tâches d'orientation afin de comprendre pourquoi le sens de l'orientation a tendance à s'estomper avec l'âge.

Ils ont constaté qu'une zone du cerveau essentielle au fonctionnement spatial devient de plus en plus instable avec l'âge chez les adultes en bonne santé, et de même chez les personnes atteintes de maladies dégénératives comme la maladie d'Alzheimer.

L'étude reposait sur l'hypothèse selon laquelle cette détérioration était liée aux cellules de la grille, essentielles au traitement de la navigation. Les chercheurs ont réalisé une série d'expériences utilisant la réalité virtuelle et la cartographie de l'activité cérébrale par imagerie cérébrale fonctionnelle (IRMf).

Les cellules de la grille sont des cellules cérébrales qui agissent comme un système de coordonnées internes, se déclenchant à une série de points formant une grille hexagonale à travers notre environnement lorsque nous nous y déplaçons.

Ils ont réparti 41 adultes en bonne santé en deux groupes : un groupe “jeunes” composé de 20 participants âgés de 19 à 30 ans, et un groupe “âgés” composé de participants âgés de 63 à 81 ans.

Pour la première expérience, les participants devaient naviguer dans un environnement de réalité virtuelle généré par ordinateur, leur activité cérébrale étant surveillée.

Dans la seconde expérience, les participants se déplaçaient le long de parcours prédéfinis dans un espace réel et un environnement de réalité virtuelle, avec des arrêts ponctuels où ils devaient estimer leur distance et leur orientation par rapport au point de départ, sans pouvoir le voir ni le localiser avec précision.

Tout bien considéré, les jeunes participants ont obtenu de meilleurs résultats en navigation, ce qui concorde avec les études précédentes. Cependant, les chercheurs ont constaté une association entre une diminution des performances de navigation et des déficits d'activité des cellules de la grille.

Les résultats ont montré que les schémas d'activation des cellules de la grille étaient moins stables chez les personnes âgées, ce qui pourrait expliquer pourquoi celles-ci ont souvent des difficultés à se repérer dans l'espace.

Ces résultats pourraient à terme servir non seulement à ralentir la détérioration des capacités d'orientation, mais aussi à diagnostiquer et à traiter les maladies responsables du déclin cognitif et à donner aux personnes âgées plus d'autonomie.

Il a été constaté que ces compétences se détériorent avec l'âge, ce qui peut compromettre l'autonomie d'une personne plus tard dans la vie.

Outre leur rôle dans la navigation, les cellules de la grille sont également utilisées dans d'autres fonctions cognitives.

Selon les auteurs ces résultats apportent un éclairage sur les changements neurophysiologiques liés à la vieillesse, qui pourraient être utilisés pour la conception de traitements contre des maladies comme la maladie d'Alzheimer, responsables du déclin cognitif.

L'évaluation des performances de navigation et du fonctionnement des cellules de grille pourrait faciliter le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies neuro-dégénératives.

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires dans ce domaine, ces résultats jettent les bases de futures études sur le déclin de la santé lié à l'âge chez les adultes et les personnes atteintes de troubles cérébraux.

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Fonctionnement du sens de l’orientation


Localisation initiale. La capacité à déterminer sa position actuelle en utilisant des repères environnementaux.

Choix d'itinéraire. La sélection d'un chemin vers la destination souhaitée, basée sur une représentation mentale de l'espace.

Suivi de l'itinéraire. La vérification que le trajet choisi mène correctement à la destination.

Reconnaissance de la destination. L'identification correcte du point d'arrivée.

Quels facteurs l'influencent ?

Capacités cognitives. Les capacités d'observation, la mémoire spatiale, et l'habileté à manipuler mentalement des objets géométriques sont importantes.

Apprentissage et environnement. L'expérience et l'apprentissage jouent un rôle clé ; une exposition régulière à des environnements complexes peut améliorer cette capacité.

Facteurs biologiques. Le cerveau utilise des neurones spécialisés, appelés cellules de lieu, de direction et de grille, dans l'hippocampe pour traiter ces informations.

Facteurs sociaux et culturels. L'éducation et les pratiques sociales, comme l'autonomie de déplacement, peuvent influencer le développement du sens de l'orientation.

Peut-on le développer ?

Oui, le sens de l'orientation peut être développé, notamment en s'exerçant à se diriger sans outils technologiques et en prenant le temps de s'orienter. S'essayer à se perdre dans un environnement sûr peut aider à activer l'hippocampe et à améliorer cette capacité.

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Le cerveau cartographe

S’il existe bien une structure cérébrale particulièrement impliquée, c’est l’hippocampe. Cette structure jumelle, une par hémisphère, possède une forme allongée qui rappelle le poisson dont elle tire son nom.

Son rôle dans la navigation spatiale est souvent illustré par une étude devenue emblématique. Une équipe de recherche s’intéressait à la plasticité cérébrale, cette capacité du cerveau à se réorganiser et à adapter ses connexions en fonction des apprentissages. Elle a alors remarqué que la partie postérieure de l’hippocampe des conducteurs et conductrices de taxi à Londres était plus développée que celle de personnes n’ayant pas à mémoriser le plan complexe de la ville et qui n’y naviguent pas au quotidien. Preuve, s’il en fallait, que notre cerveau s’adapte selon les expériences.

Le sens de l’orientation n’est pas inné

Sea Hero Quest
C’est une des questions qu’a voulu explorer Antoine Coutrot (Chargé de Recherche au CNRS) au sein d’une équipe internationale, en développant Sea Hero Quest, un jeu mobile conçu pour évaluer nos capacités de navigation. Le jeu a permis de collecter les données de plus de 2,5 millions de personnes à travers le monde, du jamais vu à cette échelle pour le domaine.

Les participants ne partageaient pas seulement leurs performances dans le jeu, mais fournissaient également des informations démographiques (âge, genre, niveau d’éducation, etc.), la ville dans laquelle ils avaient grandi, ou encore leurs habitudes de sommeil.

Les hommes ont-ils vraiment “un GPS dans la tête” ?


Pas tout à fait. Les données révèlent bien une différence moyenne entre les sexes, mais cette différence est loin d’être universelle : elle varie en fonction du pays, et tend à disparaître dans ceux où l’égalité de genre est la plus forte.

En Norvège ou en Finlande, l’écart est quasi nul, contrairement au Liban ou à l’Iran. Ce ne serait pas le sexe, mais les inégalités sociales et les stéréotypes culturels qui peuvent, à force, affecter la confiance des personnes en leur capacité à se repérer, et donc leurs performances réelles.

L’âge joue aussi un rôle : durant l’enfance, nous développons très tôt les compétences nécessaires à l’orientation et à la navigation spatiales. La création de cartes mentales d'un lieu est une capacité qui se développe chez la plupart d'entre nous avant l'âge de huit ans. Après 60 ans, les capacités visuo-spatiales déclinent, tout comme le sens de l’orientation, qui repose, comme on l’a vu, sur de nombreuses fonctions cognitives.


Le sens de l’orientation est façonné par l’environnement

L’endroit dans lequel on grandit semble également impliqué. Celles et ceux qui ont grandi dans de petits villages sont souvent plus à l’aise dans de grands espaces. À l’inverse, les citadins, habitués à tout avoir à quelques pas, se repèrent mieux dans les environnements denses et complexes.

La forme même de la ville, et plus précisément son niveau d’organisation – que l’on appelle parfois “entropie” – influence également nos capacités d’orientation. Certaines villes très organisées, aux rues bien alignées, comme de nombreuses villes états-uniennes, présentent une entropie faible.

D’autres, comme Paris, Prague ou Rome, plus “désorganisées” à première vue, possèdent une entropie plus élevée. Et ce sont justement les personnes ayant grandi dans ces villes à forte entropie qui semblent développer un meilleur sens de l’orientation.

Même l’âge auquel on apprend à conduire peut jouer. Les adolescents qui prennent le volant avant 18 ans semblent mieux se repérer que celles et ceux qui s’y mettent plus tard. Une exposition plus précoce à la navigation en autonomie sans aide extérieure (adulte, GPS…) pourrait renforcer ces compétences.

8 façons d'améliorer votre sens de l'orientation


Vous avez du mal à vous orienter ? Vous faites partie de ceux qui, pour se rendre à une destination donnée, au lieu de prendre le chemin le plus court, finissent par faire un détour énorme ?

Ou peut-être êtes-vous de ceux qui répètent sans cesse “je ne suis pas perdu, je suis simplement désorienté” ?

1. Planifiez votre itinéraire. Si vous avez accès à Google Streetview ou à des photos de l'endroit où vous devez vous rendre, imaginez-vous en train de parcourir l'itinéraire, en visualisant ce qui vous entoure. À chaque bifurcation, essayez de repérer des points de référence, comme un objet ou un établissement qui attire votre attention. Votre mémoire s'en souviendra lorsque vous emprunterez réellement cet itinéraire.

2. Détendez-vous.
Essayez de vous détendre : trop vous inquiéter augmentera la charge cognitive de votre cerveau et finira par réduire sa capacité naturelle à se repérer dans l'espace. Planifier votre trajet devrait vous aider à réduire votre anxiété.

3. Concentrez-vous. Téléphoner, envoyer des SMS ou même penser à autre chose affecte votre sens de l'orientation. Essayez de vous concentrer sur ce que vous faites et observez ce qui vous entoure.

4. Trouvez des points de repère. Essayez de repérer quelque chose qui vous est familier ou qui se distingue et gardez-le toujours à l'œil. Si vous êtes dans un village ou une ville, cela peut être le bâtiment le plus haut. À chaque étape, vérifiez où vous vous trouvez par rapport à ce point : cela vous aidera à construire une carte mentale de la zone que vous devez parcourir.

5. Regardez derrière vous.
Souvent, les gens ne regardent que ce qui se trouve devant eux, mais ceux qui regardent derrière eux et observent ce qui les entoure s'orientent généralement mieux. Demandez-vous si vous reconnaîtriez l'endroit où vous vous trouvez si vous repassiez par là. Ce conseil est particulièrement utile si vous devez refaire le même trajet lors de votre retour.

6. Créez des souvenirs. Essayez d'associer les endroits que vous traversez à certains souvenirs, cela vous aidera à reconnaître le chemin à suivre. Ce conseil peut être particulièrement utile lorsque vous devez refaire le même trajet. Si vous aviez une conversation ou écoutiez une chanson lorsque vous avez fait ce trajet pour la première fois, ce sont des souvenirs utiles que vous pouvez utiliser comme indices pour reconnaître le chemin lorsque vous devrez le refaire.

7. Prenez des photos.
Si vous devez refaire le même trajet plusieurs fois, prenez des photos à des endroits clés et revoyez-les ensuite. Plusieurs études montrent que les photos sont plus utiles que les vidéos pour s'orienter.

8. Souvenez-vous de vos pas. Construisez une carte mentale du trajet et vous vous sentirez plus en confiance la prochaine fois que vous devrez le refaire. Une fois votre trajet terminé, essayez de revenir par le chemin que vous avez suivi mentalement. Cela renforcera les connexions neuronales dans votre cerveau, les consolidant et renforçant vos souvenirs.

Si vous vous sentez toujours perdu et ne savez pas où aller, vous pouvez toujours utiliser le GPS de votre téléphone portable, mais sachez que plus vous vous fiez à la technologie, moins vous exercez votre sens de l'orientation.



Pour nous orienter, nous avons essentiellement besoin que deux parties de notre cerveau 
travaillent ensemble : l'hippocampe, où nous formons des cartes, et le cortex pré-frontal, où 
nous élaborons des plans et prenons des décisions. Ce qu’on appelle le sens de l’orientation
 n’est pas prédéfini. Il se construit au fil des expériences, de l’environnement, et des apprentissages.


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mardi 28 janvier 2025

Terrible Two – Période de Crise chez l'Enfant



À l’approche de ses 18 mois : c’est la phase d’affirmation par le « NON ! »
 Processus de développement du cerveau


Lorsque les bébés approchent de cet âge fatidique, un nombre de choses infini se met en place dans leur cerveau. Leur comportement est alors différent des mois précédents. Ils deviennent davantage têtus, commencent à affirmer dans un sens une certaine personnalité. Mais c’est aussi l’âge où les bébés comprennent le non et où ils commencent à l’utiliser sans arrêt.

Qu’est-ce que le Terrible Two ?

Le Terrible Two n’est absolument pas une période de caprices par laquelle passe les enfants, mais bien une phase par laquelle doit passer le cerveau pour gagner en maturité. En réalité, on parle d’une immaturité au niveau du cortex pré-frontal – où se joue le développement des fonctions exécutives –, qui se traduit par une incapacité à gérer ses émotions et l’impulsivité qui va l’accompagner. L’enfant va expérimenter de la frustration, liée aux limites et aux règles imposées par les adultes autour de lui et, ne sachant pas encore gérer ses émotions, il va faire exprimer ce qu’il ressent en désobéissance.

Combien de temps dure le Terrible Two ?

Votre enfant de 2 ans vous en fait voir de toutes les couleurs ? Il pique des crises, vous désobéit et refuse de vous écouter ? Vous venez d’entrer dans la retentissante crise des deux ans, aussi appelée Terrible Two. Ce phénomène, qui touche de nombreux enfants à partir de 18 mois, et peut durer jusqu’à ses 4 ou 5 ans, est une période qui peut déstabiliser les parents, aussi patients soient-ils.

La crise du “terrible two”, un passage presque obligatoire pour les enfants

Le passage du statut de bébé à celui d’enfant est une étape importante dans la vie d’un petit être. À l’âge de deux ans les enfants commencent à parler avec plus d’assurance. Ils comprennent aussi bien mieux la négation et commencent à l’employer à tout-va.

Mais c’est un âge parfois difficile à gérer pour les parents. Bien souvent, les enfants se placent dans un rapport d’opposition totale à leurs parents. Cette position délicate peut rendre chaque moment de la vie courante beaucoup plus compliqué que durant les mois précédents. Les enfants ont ainsi tendance à tout refuser, quoi qu’il en coûte. Ils peuvent alors décider de ne pas s’habiller, de ne pas manger, de ne pas aller voir leurs grands-parents pourtant adorés, simplement parce qu’ils se sont rendu compte que cela était possible.

La phase préscolaire, entre 3 et 6 ans, est définie comme étant la meilleure période pour stimuler les fonctions exécutives, pour apprendre à l’enfant à s’auto-réguler. Les parents doivent comprendre qu’il ne s’agit que d’une période un petit peu plus compliquée à gérer et qu’il est donc important de savoir faire la part des choses. Pour aider l’enfant en pleine crise des deux ans, le meilleur conseil c’est de poser des limites.

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Comprendre et apprendre à gérer cette période de crise



Le "Terrible Two” est peut-être l’une des périodes les plus appréhendées par les parents. À l’approche de ses 18 mois, votre enfant va commencer à fréquemment entrer en confrontation avec vous, en refusant de vous écouter, en faisant l’inverse de ce que vous lui demandez ou encore en se mettant en colère lorsque vous lui refusez une demande.

Rassurez-vous, tout cela est entièrement normal et fait partie du processus de développement du cerveau.

Pourquoi l’enfant passe par une phase de Terrible Two ?

Pour les professionnels de santé, si les enfants de 2 ans sont turbulents, parfois colériques et désobéissants, c’est en partie à cause d’un manque de maturité de leur cerveau. Celui-ci va cependant devenir de plus en plus mature, permettant à l’enfant de développer des stratégies efficaces pour apprendre à gérer les frustrations. Lorsque certains enfants présentent ces crises de colère à un âge plus avancé, il peut en revanche être pertinent de consulter un professionnel afin d’écarter de véritables troubles du comportement.

Comment se manifeste le Terrible Two ?

Le Terrible Two est donc une phase normale du développement cérébral qui peut être très difficile pour les parents, mais qui est nécessaire pour que le cerveau de l’enfant gagne en maturité. Dans certains cas, il permet également à l’enfant de commencer à exprimer une facette de sa personnalité. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’un enfant traverse un Terrible Two extrêmement virulent qu’il deviendra un enfant ou un adolescent à problèmes en grandissant.

D’abord, il faut comprendre que chaque enfant est unique. La maîtrise des habiletés socio-émotionnelles suivantes est différente d’un enfant à l’autre :

La capacité à tolérer la frustration. Certains vivent plutôt calmement les contrariétés, alors que d’autres réagissent au moindre événement qui ne se passe pas comme prévu ou dès qu’ils font face à un refus à la suite d’une demande.

La capacité à identifier et nommer les émotions. Plusieurs enfants n’arrivent pas à verbaliser clairement quand ils ont de la peine ou sont en colère. D’autres ont même du mal à comprendre comment ils se sentent : est-ce que c’est plus de la colère, de la déception, de la peine? Pas si simple pour eux.

La capacité d’auto-contrôle. Avant 4 ans, rares sont les enfants qui arrivent à réguler les réactions qu’ils ont en lien avec les émotions qu’ils vivent, qu’elles soient heureuses ou plus difficiles. Ils vivent tout intensément, joie, comme colère. Arriver à s’apaiser et à reprendre leur calme leur demande un effort considérable.

Comment gérer le Terrible Two ?

Pour gagner en maturité, les enfants ont besoin de cadre et de bienveillance. Les parents doivent se fixer des objectifs et s’y tenir, conjointement, pour aider au développement cognitif nécessaire lié à cette période. Un enfant qui n’a jamais aucune limite risque de devenir un Enfant-Roi. Il est important de fixer des règles et de tenir bon malgré les difficultés, tout en restant bienveillant. Vos enfants vous remercieront un jour.

Cette période n’est pas un moment évident à passer, indépendamment des enfants. Il est alors de rigueur de garder votre calme, même si votre enfant va avoir tendance à tout refuser. Expliquez-lui les choses calmement, mais ne cédez pas à ses caprices.

Il est important de savoir rester ferme sans être trop sévère. Votre enfant comprendra alors que certaines choses sont autorisées, et que d’autres ne le sont pas. Et ce, pour des raisons claires et déterminées. Ne perdez pas espoir, cette période annonce aussi une grande période d'évolutions chez votre enfant.

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Apprendre à l’enfant à gérer ses émotions



La joie, la tristesse, la colère, la peur : chaque jour, votre enfant vit différentes émotions. Ce n’est pas facile pour lui de comprendre et de gérer ce qu’il ressent. Il a besoin de votre aide pour apprendre à reconnaître ses émotions, à en parler et à les maîtriser.

Le développement des émotions

Les émotions sont des réactions spontanées aux différentes situations que l’on vit. Elles n’apparaissent pas toutes en même temps.

Les émotions primaires sont les premières émotions que votre enfant ressent. Elles apparaissent durant sa première année de vie. Il s’agit de la joie, de la tristesse, de la colère, de la peur, du dégoût et de la surprise.

Les émotions secondaires ou mixtes, apparaissent entre 15 et 24 mois au moment où votre enfant prend conscience qu’il est différent des autres et qu’il est une personne à part entière. Cette découverte l’amène à ressentir des émotions liées à la conscience de soi, comme la gêne et la jalousie.

Petit à petit, votre enfant expérimente aussi d’autres émotions secondaires qui nécessitent la compréhension de règles, de normes et d’objectifs à atteindre. C’est le cas de la culpabilité, de la honte et de la fierté.

Par exemple, si votre enfant sait qu’il ne doit pas dessiner sur les murs et qu’il désobéit à la règle, il peut se sentir coupable. S’il réussit à faire un grand casse-tête après beaucoup d’efforts, il peut aussi se sentir fier de lui.

Les bienfaits d’une bonne gestion des émotions

Il est important d’apprendre à votre enfant à reconnaître ses émotions et à mettre des mots sur ce qu’il vit. Cela lui permettra de mieux gérer ses émotions. Peu à peu, il apprendra comment réagir ou comment adapter son comportement quand il vit une émotion. Par exemple, il pourra arriver à se calmer s’il est fâché au lieu de crier ou de frapper.

Un enfant qui maîtrise ses émotions réagit mieux aux différentes situations de la vie. Une bonne gestion des émotions est aussi associée au maintien de bonnes relations avec les autres, à une meilleure gestion des conflits ainsi qu’à la réussite scolaire.

En contrepartie, un enfant qui éprouve de la difficulté à gérer ses émotions aura plus de difficulté à faire face aux situations du quotidien. L’accumulation de peine, de colère, de peur et de frustration pourrait aussi entraîner des comportements agressifs de même que des réactions d’anxiété et nuire aux relations avec les autres.

Pour aider votre enfant à reconnaître ses émotions

Reconnaître ce qu’il ressent est la première étape pour que votre enfant apprenne à gérer ses émotions. Voyez comment l’aider.

Commencez à parler des émotions avec votre enfant dès qu’il est bébé. Vous pouvez nommer des émotions que vous observez chez lui comme la joie, la tristesse, la colère et la peur. Dites par exemple : “Tu pleures, tu es triste parce que maman s’en va ?”

Parlez-lui des émotions plus complexes à mesure qu’il grandit. Vous pouvez aborder la déception, la culpabilité et la jalousie dès 2 ou 3 ans. Dites par exemple : “Tu as tapé ton frère tantôt. Maintenant, tu ne te sens pas bien. C’est parce que tu as vu que ça lui faisait de la peine, n’est-ce pas ?” Dites-lui que cette émotion s’appelle de la culpabilité.

Faites-lui remarquer le langage corporel associé aux émotions. Utilisez des livres, des affiches ou des jeux pour lui montrer des personnages ou des visages qui vivent des émotions. Par exemple, faites-lui remarquer qu’on a les sourcils froncés quand on est fâché, un sourire quand on est content, des larmes quand on est triste, des yeux grands ouverts quand on a peur, etc.

Amusez-vous ensemble devant un miroir à imiter différentes émotions. Votre enfant pourra ainsi se connaître davantage dans l’expression de ses émotions. Vous pouvez aussi créer un album des émotions avec lui en découpant des visages variés dans les magazines.

Apprenez-lui à reconnaître ce qui se passe dans son corps quand il vit une émotion. Nommez les signes physiques que vous observez chez lui. Par exemple, dites : “Tu criais et tu avais les poings fermés quand tu as vu ta soeur briser ta tour de blocs. Tu étais fâché” ou “Tu tremblais et tu t’es serré contre moi quand tu as vu le chien courir vers toi. Tu avais peur”.

Posez-lui des questions sur ce qu’il a ressenti après un moment d’émotions. Selon son âge, sa réponse ne sera probablement pas très développée, mais demandez-lui comment il sentait son coeur ou son ventre. Il vous répondra peut-être que son coeur a mal ou que son ventre est serré, ce qui est un très bon début.

Aidez votre enfant à reconnaître et à nommer l’émotion qu’il vit. Nommez l’émotion que vous observez, par exemple : “Tu es content d’aller au zoo avec grand-maman” ou “Tu étais fâché que ton frère prenne ton jouet sans le demander”. Encouragez-le ensuite à nommer son émotion en utilisant le “JE ” par exemple : “Je suis triste de ne pas pouvoir aller au parc” ou “J’ai peur du gros chien”.

Parlez-lui des émotions qui expliquent certaines de vos réactions. Par exemple, si vous avez fait preuve d’impatience en préparant le dîner, parlez-en plus tard avec votre enfant. Expliquez que vous vous êtes senti impatient et essayez de nommer ce qui a influencé votre comportement. Par exemple : “J’ai eu beaucoup de travail aujourd’hui et je me sentais fatigué. Ma recette n’avançait pas vite et tout le monde avait faim. J’étais stressé.”

Comment lui montrer à contrôler ses émotions ?

Avant 5 ans, un enfant ne peut pas gérer ses émotions seul. Il est impulsif et contrôle difficilement ses réactions. Votre enfant peut briser des objets, frapper quelqu’un ou sauter partout sans regarder ce qu’il fait parce qu’il est en colère ou excité. Même après 5 ans, ce n’est pas facile pour lui de comprendre ce qu’il ressent et de bien réagir.

Votre rôle est de permettre à votre enfant de vivre et d’exprimer ses émotions en plus de lui montrer comment il peut les gérer. Voici des conseils pour l’accompagner :

Accueillez son émotion sans jugement. Par exemple, s’il fait une crise, restez calme à côté de lui. S’il est très en colère, très agité ou s’il pleure beaucoup, ce n’est pas le moment de parler. Vous pouvez le réconforter, lui faire un câlin et attendre qu’il se calme avant de lui demander ce qui se passe.

Aidez votre enfant à mettre des mots sur ses émotions. Par exemple, “Tu es excité d’aller chez ton cousin ?” ou “Tu as de la peine parce que grand-maman est partie ?” Posez-lui des questions pour trouver ce qui a déclenché sa réaction. Une réaction de colère pourrait par exemple cacher un sentiment de rejet ou d’incompétence dans un jeu.

Dites-lui que ce qu’il ressent est normal et que vous comprenez pourquoi il est content, triste ou fâché. Il se sentira alors rassuré, compris et réconforté.

Prenez le temps d’écouter votre enfant même si vous êtes pressé ou préoccupé et que vous souhaitez régler les choses rapidement. Un enfant qui se sent entendu et compris passera plus rapidement à autre chose.

Favorisez les discussions en famille sur les émotions. Par exemple, au dîner, racontez des situations qui vous rendent joyeux ou qui vous mettent en colère. Demandez ensuite à votre enfant ce qui le rend heureux ou triste. Votre enfant pourra prendre ainsi l’habitude de parler de ce qu’il vit.

Parlez-lui d’émotions que vous viviez quand vous étiez enfant. Par exemple : “Quand j’avais ton âge, ma petite soeur m’enlevait des jouets des mains. Ça me fâchait et, parfois, je lui tirais les cheveux. Avec le temps, j’ai appris d’autres façons de réagir, parce que ça n’aidait pas quand je faisais ça, on se chicanait encore plus.”

Proposez-lui des stratégies pour gérer ses émotions. Parlez-en quand il est calme pour qu’il puisse s’en souvenir et les utiliser s’il devient très émotif. Vous pouvez lui montrer comment prendre une grande respiration et faire comme s’il soufflait sur une chandelle. Cela l’aidera à se calmer et à contrôler ses émotions.

Encouragez votre enfant à trouver ses propres stratégies pour gérer ses émotions. Par exemple, notez sur une feuille une liste de stratégies qu’il pourrait utiliser quand il se sent fâché (ex. : dessiner, serrer un toutou, courir). Laissez-le donner toutes sortes d’idées. Après, déterminez ensemble les stratégies les plus pertinentes. Dites-lui qu’il peut regarder sa feuille pour utiliser une stratégie quand il se sent en colère.

Essayez de dédramatiser la situation si votre enfant réagit trop fortement. Par exemple, s’il pleure intensément juste parce que sa figurine ne tient pas debout, gardez une attitude positive et dites-lui que cela peut s’arranger. Aidez-le à se calmer et à passer à autre chose, par exemple en trouvant avec lui une solution pour que sa figurine tienne mieux.

Soyez un modèle et parlez de vos émotions. Dites par exemple : “Je suis contente de revoir ma bonne amie” ou “je suis triste parce que grand-papa est à l’hôpital”. Parlez aussi de ce que vous faites pour vous calmer : “Je suis déçue que Sonia ne vienne pas dîner, mais je vais regarder un bon film à la place.”

Reconnaissez-le si vous réagissez trop fortement à une émotion. Vous pouvez dire à votre enfant : “Je n’aurais pas dû claquer la porte. J’étais en colère, mais ce n’était pas une bonne façon de le montrer.” Dites ce que vous allez faire la prochaine fois. Cela montre à votre enfant qu’il peut apprendre et qu’il a droit à l’erreur.

Allez chercher l’aide d’un professionnel (ex. : psychologue, travailleur social) si vous avez du mal à gérer vos propres émotions. Cela va aussi vous donner des outils pour accompagner votre enfant.

Des stratégies pour exprimer ses émotions

Plusieurs stratégies existent pour exprimer une émotion, et une même stratégie peut s’appliquer à plusieurs émotions. Votre enfant devra en essayer plusieurs avant de trouver celles qui lui font le plus de bien. Voici quelques stratégies à lui proposer :

Pour exprimer sa joie, votre enfant peut colorier, aller courir et sauter dehors ou téléphoner à un grand-parent pour lui raconter ce qui le rend heureux.

Pour exprimer sa tristesse, votre enfant peut coller son toutou préféré, s’isoler dans sa chambre ou vous parler de sa peine. Pleurer est aussi une façon normale d’exprimer sa tristesse.

Lorsque votre enfant a peur, suggérez-lui de se coller contre vous et trouvez des moyens pour que sa peur cesse, que la cause soit réelle (ex. : le chien) ou imaginaire (ex. : le grand méchant loup).

Si votre enfant est en colère, il peut prendre des respirations lentes et profondes, il peut frapper dans un oreiller, lancer des boules de papier ou dessiner énergiquement sa colère sur une feuille.

Quand votre enfant commence à écrire, il peut écrire dans un journal intime comment il se sent. Encouragez-le même s’il écrit au son ou avec des fautes de grammaire et d’orthographe. Dites-lui qu’il peut écrire ce qu’il veut dans ce cahier et que personne d’autre ne va le lire. Acceptez qu’il écrive des mots durs (ex. : des mots durs envers sa soeur parce qu’il est jaloux).

À mesure qu’il parle et qu’il grandit, votre enfant deviendra plus habile pour gérer ses émotions. Toutefois, si vous sentez que sa difficulté à gérer ses émotions ou son impulsivité nuit à son fonctionnement à la maison, à la garderie ou à l’école, ou encore si cela entraîne souvent des conflits avec les autres ou encore un mal-être important, parlez-en avec son médecin. Vous pouvez aussi communiquer avec votre centre local de services communautaires (CLSC) pour être dirigé vers les services professionnels appropriés.

Des stratégies pour aider votre enfant

Et, encore aujourd’hui, même grand, il a de la difficulté quand les choses ne se passent pas comme il l’avait imaginé. C’est pour dire à quel point le tempérament d’un enfant est inné. Et qu’on doit trouver des moyens pour mieux vivre avec cette intensité chez notre enfant. En voici quelques-uns :

Offrir des choix. Par exemple, au lieu de lui dire d’enfiler les vêtements prévus, le faire choisir ce qu’il veut porter entre deux ensembles préalablement choisis.

Mettre l’attention ailleurs. La routine du matin est parfois difficile avec l’enfant. Alors, plutôt que de lui dire simplement que c’est le temps d’aller à la garderie, lui demander quel toutou ou quel livre il souhaite apporter dans l’auto avec lui. Il port alors son attention sur l’objet à apporter plutôt que sur le départ.


Prévoir les transitions entre deux moments de routine. Par exemple, lui dire qu’il lui reste 5 minutes pour jouer avant de ranger et d’aller prendre son bain et mettre une minuterie. Mais il se peut tout de même arriver qu’au bout des 5 minutes, il fasse une crise, mais celle-ci est de moins grande intensité.

Valider les émotions. Quand l’enfant est contrarié par une situation imprévue, et si toutes les solutions proposées ne fonctionnent pas du tout, il faut vous centrer sur son émotion. Alors, d’abord lui dire “Je comprends! Ce n’est pas ça que tu souhaitais et tu es déçu.” Cela change vraiment les choses. Quand il reprend son calme, vous pouvez alors mieux explorer ensemble les solutions possibles.

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Terrible Two, Threenager, F*cking Four, Fantastic Five et bien d’autres



Malgré ce que son nom indique, le Terrible Two ne touche pas que les enfants de 2 ans, au contraire. C’est d’ailleurs vers ses 18 mois qu’apparaissent en général les premières crises et elles peuvent durer… longtemps. Même s’il s’agit de la même phase, chaque âge reçoit son petit surnom afin de marquer le passage des années : le Terrible Two laisse la place au Threenager qui lui-même se fait remplacer par le F*cking Four. Cependant, si le Terrible Two est un passage complètement normal du développement, les autres noms ne désignent pas des étapes par lesquelles passent tous les enfants.

Crise des 3 ou 4 ans: existe-t-elle ?

Autour de 3 ou 4 ans, certains enfants ont une sorte de “petite crise d’adolescence” Cette étape de développement est moins bien définie et documentée que la crise des 2 ans, mais elle est bien présente chez plusieurs enfants. L’enfant peut se mettre à argumenter et à remettre en question les règles au quotidien.

Ces comportements s’expliquent par le fait que votre enfant parle beaucoup mieux qu’avant. Il est capable de mettre des mots sur ses goûts, ses préférences et ses envies. Et il devient plus habile pour négocier afin d’obtenir ce qu’il souhaite ou désire.

Exemples de comportements vers 3 ou 4 ans

Il a envie de faire les choses par lui-même
Toutefois, il est encore maladroit pour certaines tâches et il a souvent besoin de votre aide (ex. : pour s’habiller). Cela peut entraîner des frustrations puisque son envie d’autonomie est plus grande que ce qu’il est capable de faire.

Comment réagir ? Donnez-lui de petites responsabilités à sa mesure. Par exemple : demandez-lui de choisir entre deux ensembles de vêtements le matin ou de vous aider à mettre la table. Vous valorisez ainsi son autonomie grandissante et vous lui permettez d’être fier de lui.

Il comprend les règles et les consignes, mais il ne les respecte pas toujours
Il peut aussi lui arriver de vouloir changer les règles d’un jeu, surtout quand il perd. Ou encore de continuer à jouer, alors que vous lui avez demandé de ranger. À 3 ans et 4 ans, votre enfant a toujours besoin de votre aide pour apprendre à s’affirmer, à suivre les règles et à gérer ses émotions.

Comment réagir ? Répétez les règles autant de fois que nécessaire. Votre enfant a encore du mal à maîtriser ses impulsions et peut aussi vouloir faire preuve d’indépendance. Quand il remet en question les règles d’un jeu ou de la maison, dites-lui pourquoi les règles sont nécessaires. Il comprendra ainsi les raisons qui les justifient. Par exemple, expliquez-lui que si vous refusez qu’il coure après son ballon dans la rue, c’est pour assurer sa sécurité.

Il négocie ou teste les limites lorsque vous lui faites une demande
Il peut, par exemple, refuser de ranger ses jouets en disant que, de toute façon, il jouera avec eux plus tard. Ou encore bouder et refuser d’aller prendre son bain lorsque vous lui en faites la demande.

Comment réagir ? Ne cédez pas devant ses comportements et maintenez vos limites avec constance. Votre tout-petit comprend ainsi qu’elles sont importantes pour vous. De plus, le fait que les règles ne changent pas est rassurant pour lui. Pour obtenir l’attention de votre enfant, mettez-vous à sa hauteur et regardez-le dans les yeux pour lui parler.

Ces comportements diminuent habituellement vers 5 ou 6 ans, quand votre enfant comprend un peu mieux que les règles sont nécessaires pour mieux vivre ensemble, que ce soit en famille, à la garderie ou à l’école.

Des apprentissages utiles

Votre façon de réagir aux comportements de votre enfant peut grandement l’aider à développer ses habiletés sociales. Vers 3 ou 4 ans, il aime apprendre en votre compagnie et vous êtes un modèle pour lui.

Peu à peu, votre enfant :

* Comprend que les règles sont essentielles afin que tous se sentent respectés.

* Respecte mieux les demandes des adultes et contribue au bon fonctionnement de la vie de famille ou de groupe.

* Devient plus autonome et fait de plus en plus de choses par lui-même.

* Parle calmement au lieu de crier lorsqu’il exprime un besoin ou un désir.

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Non aux punitions corporelles. Même lorsqu’un enfant a un comportement difficile, les punitions corporelles (frapper, secouer, pousser…) ne sont pas des formes de discipline efficaces. Au contraire, elles ont des effets négatifs sur le développement psychologique et social de l’enfant.

Éduquer un enfant n’est pas une science exacte et il n’existe pas de formule magique pour devenir un parent parfait. Il faut accepter de se tromper et, surtout, se rappeler que tous les enfants sont différents : ce qui a fonctionné avec l’un ne fonctionnera pas forcément avec un autre.

Garder son calme, fixer des limites et trouver des astuces pour réussir à se faire obéir. Parmi les astuces, il y a celle qui consiste à poser une question avec plusieurs choix possibles. Vous devez sortir faire les courses et votre enfant ne veut pas mettre ses chaussures ? Demandez-lui s’il préfère les rouges ou les bleues. Pour le repas de ce soir, il veut manger des macaronis ou des spaghettis ? Donnez-lui le sentiment qu’il a son mot à dire, il se sentira responsabilisé.

Une autre astuce pour traverser cette période est de jouer avec votre enfant à des jeux qui stimulent les fonctions exécutives et les émotions, pour contribuer au développement du cortex pré-frontal et pour lui apprendre à gérer ses frustrations.



Le Terrible Two est une phase primordiale dans le développement de l’enfant. Malgré son envie de liberté, 
c’est également la période où l’enfant à le plus besoin d’un cadre, qui va lui permettre d’apprendre à gérer 
ses frustrations dans ses relations et interactions sociales. En tant que parents, il est important de tenir bon.


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