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jeudi 25 février 2016

Bébés Obèses



Un bébé obèse a plus des probabilités de rester obèse ou
en surpoids pour le reste de sa vie adulte

On se soucie généralement de la santé d’un bébé qui ne mange pas ou peu, et rarement de la santé d’un bébé qui mange trop. S’il est vrai qu’une sous-alimentation peut être la cause de carences diverses (protéines, fer, vitamines et autres éléments essentiels à la croissance de l’enfant), il est également vrai qu’un excès alimentaire chez un bébé entraîne un surpoids puis dans la majeure partie des cas une obésité manifeste.

Le surpoids et l’obésité se définissent comme une quantité de graisse dans le corps qui dépasse un certain seuil, que l’on calcule grâce à l’indice de masse corporelle ou IMC.


Un bébé est considéré en surpoids quand il pèse plus de 4 kilos à la naissance. Cette particularité porte un nom: la macrosomie. Pour être dans la bonne moyenne, un bébé né à terme doit peser entre 2,5 et 4 kilos.

Selon l’OMS Le nombre de nourrissons et de jeunes enfants (de 0 à 5 ans) en surpoids ou obèses dans le monde s’est accru, passant de 32 millions en 1990 à 42 millions en 2013. Si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de nourrissons et de jeunes enfants en surpoids atteindra 70 millions à l’horizon 2025.

* Faute d’intervention, les nourrissons et les jeunes enfants obèses le resteront vraisemblablement pendant leur enfance, leur adolescence et à l’âge adulte.

* L’obésité infantile est liée à toute une série de complications sanitaires graves et à un risque accru d’apparition précoce de maladies, dont le diabète et les cardiopathies.

* L’allaitement exclusif au sein jusqu’à l’âge de six mois est un bon moyen d’empêcher les nourrissons de devenir obèses.

Il faut commencer à prévenir l’obésité chez les enfants tôt. Avant même la naissance. Dès la grossesse et les premiers mois de vie, certains facteurs augmentent déjà le risque de l’enfant d’avoir un excès de poids.

La prédisposition génétique est essentielle dans l'obésité, qui est une maladie affectant les centres cérébraux de régulation du poids. Certains individus sont programmés génétiquement et biologiquement dès leur conception. Il se pourrait que certains phénomènes indirects intervenants pendant la période prénatale, comme la dénutrition majeure chez la future mère, le tabagisme ou le diabète gestationnel, interviennent in utero sur la programmation du cerveau et favorisent une obésité chez l'enfant à naître.

Recherche


Les laits pour bébés les plus riches en protéines favorisent l'obésité


Une étude parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition en mai 2014, rapporte que les enfants nourris avec des laits pour bébés riches en protéines ont un indice de masse corporelle plus élevé à l’âge de 6 ans que ceux ayant reçu une alimentation moins riche en protéines. Leur risque d’obésité est multiplié par 2,5.

Les préparations pour nourrissons (0 à 4-6 mois) et les préparations de suite (4-6 mois à 12 mois) sont des préparations à base de lait de vache, un lait à l'origine bien plus riche en protéines que le lait maternel. La composition de ces laits est modifiée pour s’adapter aux besoins de l’enfant. Le but est d’essayer de se rapprocher le plus possible de la composition du lait humain. En ce qui concerne les protéines, la différence entre préparations pour nourrissons/préparations de suite et lait humain est quantitative et qualitative.

Les bébés nourris avec des préparations infantiles ingèrent sur une journée plus de protéines qu’un enfant nourri au sein. Ceci expliquerait que leur prise de poids la première année est plus rapide. Le lait humain contient en moyenne 1g de protéines/dl.

Cette étude est un essai clinique randomisé réalisé en double-aveugle qui s’inscrit dans le cadre du projet européen multicentrique (Belgique, Italie, Allemagne, Pologne et Espagne) – “The Childhood Obesity Project” –.

1090 enfants en bonne santé ont été nourris – lors de leur première année – avec des préparations contenant plus ou moins de protéines. Dans un premier temps, jusqu’à l’âge de 5 mois environ, les nourrissons ont reçu des préparations contenant soit 2,05 g de protéines/dl soit 1,25g/dl. A partir de 5 mois, les préparations de suite contenaient soit 3,2 g de protéines/dl soit 1,6 g/dl. Les enfants appartenant au groupe recevant les préparations riches en protéines ingéraient environ 6 à 8 g de protéines de plus par jour.

588 enfants nourris avec le lait de leur mère ont servi de groupe de référence. Les premiers résultats montrent que les enfants nourris avec des préparations infantiles plus riches en protéines prennent plus de poids la première année de leur vie et sont plus lourds à deux ans.

A l’âge de 6 ans, les enfants nourris avec les préparations infantiles contenant plus de protéines ont un indice de masse corporelle plus élevé. Leur risque de devenir obèse est près de 2,5 fois plus élevé que pour les enfants ayant reçu des préparations contenant moins de protéines. Les enfants ayant reçu le moins de protéines et ceux nourris au sein ont des mesures anthropométriques similaires.


Bébés obèses à cause de l’introduction des aliments solides avant l’âge de 4 mois


Des chercheurs du Children’s Hospital Boston et  de la Harvard Medical School dans une étude publiée dans la revue américaine Pediatrics en février 2011, ont examiné le lien entre le calendrier d’introduction des aliments solides pendant la petite enfance et le développement de l’obésité à 3 ans.

Selon l’étude, les bébés dont l’alimentation serait diversifiée avant l’âge de 4 mois auraient 6 fois plus de chance de souffrir d’obésité à l’âge de 3 ans que les autres.

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les données sur 847 enfants inscrits dans le projet Viva, une étude à long terme des femmes et leur progéniture. Les femmes ont d'abord été recrutés avant la naissance de leurs bébés, et ils ont été suivis pendant au moins trois ans.

Ils ont suivi 847 nourrissons répartis dans des groupes selon le moment où ces bébés ont été exposés aux aliments solides, c’est à dire avant 4 mois, 41/2 mois, et 6 mois, avec une différenciation sur le mode de nourriture – allaitement ou lait maternisé –.

Les chercheurs ont constaté que 67 pour cent des enfants étaient nourris au sein et 32 ​​pour cent ont été nourris au biberon. Quand les jeunes étaient âgés de 3 ans, 9 pour cent étaient considérés comme obèses.

Dans le panel de nourrissons allaités au sein, le moment de l’introduction d’aliments solides n’a pas laissé d’incidence sur la probabilité d’une obésité avérée. Par contre, chez les nourrissons alimentés au lait maternisé, l’introduction d’aliments solides avant l’âge de 4 mois a été associée à une évidente multiplication (multipliée par 6) du risque d’obésité dès l’âge de 3 ans.


Les bébés nés par césarienne sont plus susceptibles de devenir obèses à l'âge adulte


Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Imperial College de Londres, publiée dans la revue PLoS ONE en février 2014, la césarienne pourrait influer sur le poids corporel plus tard.

L’étude, qui comprend des données provenant de 10 pays, a constaté que l'IMC moyen des adultes nés par césarienne est d'environ une demi-unité de plus que ceux nés par voie basse.

Les auteurs manifestent qu'ils ne peuvent pas être certains que l'accouchement par césarienne provoque un poids corporel plus élevé, que l'association peut se expliquer par d'autres facteurs qui ne ont pas été enregistrées dans les données qu'ils ont analysées.

Il existe des mécanismes plausibles par lesquels une césarienne pourrait influer sur le poids corporel plus tard, les types de bactéries saines dans l'intestin différer chez les bébés nés par césarienne et par voie vaginale, qui peut avoir des effets généraux sur la santé. En outre, la compression du bébé pendant l'accouchement par voie vaginale semble influencer les gènes qui sont activés, ce qui pourrait avoir un effet à long terme sur le métabolisme.


Donner des boissons sucrées aux bébés pourrait conduire à l'obésité cinq ans plus tard


Selon une recherche réalisée par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) en septembre 2014, les enfants qui sont nourris avec des jus et boissons sucrés avant 1 an, sont plus susceptibles d'être obèses cinq ans plus tard.

Les chercheurs ont analysé des enquêtes mensuelles faites aux mères de 1,189 enfants pour connaître leurs habitudes alimentaires durant les 12 premiers mois de vie et ensuite elles ont été à nouveau enquêtées lorsque leurs enfants avaient 6 ans.

Ils ont déterminé que 17% des enfants qui avaient consommé des boissons et des jus sucrés avant la première année de vie étaient obèses à l'âge de 6 ans, en comparaison au 8,6 % atteint chez ceux qui n’en avaient pas consommé.

La situation était encore plus grave si l'on considérait ceux qui avaient commencé à les prendre avant les 6 mois de vie : leur possibilité d'être obèse à l'âge de 6 ans a été de 92% fois plus grande que ceux qui n'en avaient pas consommé (20,4% contre 8,6 %).


L'obésité pendant la grossesse fait courir plusieurs risques à l'enfant


Un vaste projet européen a été lancé en janvier 2012 pour évaluer l’impact de l’obésité pendant la grossesse sur le développement de l’enfant. Les travaux, financés par la Commission européenne, viennent de livrer leurs premiers résultats en 2015.

L’une des études de ce consortium, réuni sous le nom de Dorian (Developmental ORIgins of healthy and unhealthy AgeiNg: the role of maternal obesity), a été menée en Finlande, à l’Université de Helsinki. Elle porte sur plus de 13.000 personnes suivies depuis les années 1930 à nos jours.

Elle révèle que les enfants, dont la mère a été obèse dans les derniers mois de la grossesse, ont des risques accrus de développer un diabète de type 2, des pathologies du cœur, ou de subir un arrêt cardiaque. D’autres données suggèrent que le poids et le développement cardiaque de l’enfant sont directement liés au poids que la mère a pris au cours de sa grossesse – et non seulement au poids qu’elle avait avant d’être enceinte.

Une étude de l’Université d’Edinburgh a mis en évidence l’importance d’un régime sain au cours de la grossesse. Selon les conclusions des chercheurs, le placenta de la mère qui suit un régime riche en matière grasse et pauvre en micro-nutriments, ne parvient pas à protéger le fœtus contre le cortisol, l’hormone du stress. Ces carences peuvent réduire la croissance du bébé et augmenter les risques qu’il souffre, à l’âge adulte, de troubles de l’humeur.

DORIAN est un projet de recherche qui a débuté en janvier 2012 et poursuit son cours sous la direction du Conseil supérieur de la recherche scientifique de Pise. Ce projet multidisciplinaire a pour but de générer une meilleure compréhension des mécanismes de bases du développement fœtal et le vieillissement. En particulier, le Consortium de DORIAN a analysé l'impact de l'obésité maternelle sur la manière de vieillir et les pathologies dégénératives qui y sont associés auprès des enfants au cours de leur vie. 

Les scientifiques du consortium appellent les Etats européens à produire des guides de recommandation sur l’alimentation pendant la grossesse. Ils soulignent l’urgence de mettre en place des stratégies de prévention et d’informer les populations sur les risques à long terme de l’obésité chez la femme et sa descendance. Près d’un humain sur trois souffre d’obésité ou de surpoids dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. En France, l’obésité touche 15% des adultes.


Les femmes enceintes obèses ou en surpoids sont plus disposées à perdre leur bébé


Une étude réalisée par des chercheurs de l'Imperial College de Londres, publiée dans the Journal of the American Medical Association en avril 2013, montre que les femmes ayant un indice de masse corporelle plus élevé (IMC) avant ou au début de la grossesse ont un risque plus élevé de décès de l'enfant pendant la grossesse ou l'accouchement et peu de temps après la naissance. Les femmes sévèrement obèses courent le plus grand risque : trois fois plus élevé que les femmes avec le poids sain.

Les risques de décès sont multiples. Pour cinq unités d’IMC en trop, le risque de mort fœtale ou de mortinatalité est augmenté de 25%. Il se manifeste toujours après l’accouchement : le risque de mort périnatale ou néonatale grimpe de 15% pour une femme en surpoids, de même que celui de mort du nourrisson.

Ces résultats soulignent l’importance de surveiller son poids. La santé du fœtus n’est pas la seule en jeu, signalent les auteurs : les risques de développer diabète ou hypertension gestationnels, de diabète de type 2 ou de prééclampsie sont aussi plus élevés lorsque la future mère est en surpoids.


Obésité chez le bébé

Il ne faut pas oublier qu’une suralimentation au cours des deux premières années de vie, en plus de causer une augmentation de volume des cellules adipeuses entraîne également une augmentation de leur nombre avec une plus grande prédisposition à l’obésité une fois adulte avec de grosses difficultés pour perdre du poids ou le stabiliser.

Une vigilance dès les premières années de l’enfant est fondamentale et sera la garantie de résultats durables en cas de surpoids ou obésité. Les parents devraient être les premiers à tirer le signal d’alarme face à un bébé dont le poids se situe bien au-dessus de la courbe de poids. Le pédiatre saura alors orienter les parents pour un rééquilibrage de l’alimentation.

La courbe de croissance


La masse graisseuse d'un enfant est appelée à évoluer pendant toute sa croissance. Un enfant ou un bébé obèse ne peut pas s'identifier de la même manière qu'un adulte. L'IMC est utilisé pour déceler l'obésité chez les adultes, mais n'est pas utilisable correctement chez un enfant.

Afin de déterminer si un enfant est obèse ou en surpoids, le médecin se réfère aux courbes de croissance se trouvant dans le carnet de santé de l’enfant. Les courbes de croissance des filles et des garçons sont différentes.

Le percentile


Un autre moyen de reconnaître un bébé obèse utilisé par les pédiatres et les médecins est de calculer le percentile du bébé. Il s'agit de la position statistique du poids d'un enfant par rapport aux autres enfants du même sexe et du même âge.

Causes de l’obésité infantile


La cause la mieux identifiée est le diabète de la mère. Quand la femme enceinte est diabétique, l'enfant qu'elle porte est nourri par un sang trop chargé en sucre. Son organisme va réagir en produisant davantage d'insuline, qui, étant aussi une hormone de croissance, entraîne une augmentation de sa corpulence. Cela explique 20% des surpoids à la naissance. Le mécanisme est le même si la mère développe son diabète pendant la grossesse (diabète gestationnel) ou si elle était diabétique avant de tomber enceinte.

Une autre cause importante est le surpoids maternel, avant la conception ou résultant d'une grosse prise de poids pendant la grossesse (plus de 20 kilos). Les bébés en surpoids sont aussi plus fréquents chez les femmes qui ont été elles-mêmes un «gros bébé» ou qui ont eu d'autres gros bébés ou des grossesses multiples. Etre âgée de plus de 38 ans peut aussi avoir un impact. On compte enfin davantage de surpoids chez les bébés nés après le terme et chez les garçons.

Le fait que l'un ou les deux parents soient obèses est un facteur de risque important pour l'apparition du problème chez un enfant. Les chances d'hériter de surpoids se situent alors entre 60% et 70%, essentiellement à cause du régime alimentaire que préconiseront les parents à l’enfant, ainsi que l’absence de pratique d’une activité physique régulière.

Le manque d’information sur la façon de bien se nourrir et le fait que les aliments sains soient peu disponibles ou abordables contribuent au problème. La commercialisation offensive des aliments et des boissons énergétiques auprès des enfants et des familles l’exacerbe encore davantage.

Dans certaines sociétés, les normes culturelles enracinées de longue date  – comme l’idée largement répandue qu’un gros bébé est un bébé en bonne santé – pourraient peut-être encourager les familles à suralimenter leurs enfants.

Le monde de plus en plus urbanisé et numérisé offre de moins en moins l’occasion de pratiquer une activité physique salutaire sous forme de jeu. Le surpoids ou l’obésité réduit encore les possibilités qu’ont les enfants de participer à des activités physiques collectives. Ils deviennent alors moins actifs sur le plan physique, d’où le risque d’engrenage ultérieur.

Facteurs contribuant à l’obésité chez le nourrisson


* l’indice de masse corporelle (IMC) des deux parents avant la grossesse ;
* la prise de poids de la maman pendant la grossesse ;
* le poids du bébé à la naissance ;
* introduction d’aliments solides trop tôt ;
* l’existence d’un tabagisme maternel pendant la grossesse ;
* l’absence d’allaitement.


Les complications liées à l’obésité infantile


Ce sont les plus petits qui sont le plus susceptibles de souffrir de maladies dès la petite enfance, mais qui ont aussi une probabilité de rester obèses ou en surpoids pour le reste de leur vie adulte, avec les risques consécutifs de maladies cardiovasculaires et autres pouvant en découler.

Un bébé obèse est exposé aux mêmes risques qu'un adulte obèse. Il aura plus de chance de développer plus tard :

* des maladies cardiovasculaires ;
* de l'arthrose ;
* une dépression ;
* un diabète.

Si l'obésité de l'enfant n'est pas prise en charge avant qu'il atteigne ses 8 ans, il aura 75 % de chance d'être obèse une fois adulte.

Le fait de le passer trop vite à une alimentation solide peut entraîner des carences et un excès de protéines augmentant d'autant le risque de surpoids.

Les complications qu’un enfant peut courir du fait de son obésité sont des troubles orthopédiques (comme les genoux en X et les pieds plats), des problèmes pulmonaires, des risques d’hypertension et du diabète de type 2.

À moyen terme, il existe la possibilité du développement de facteurs de risque cardiovasculaires en raison de fortes concentrations de cholestérol dans le sang, accompagnée d'une pression sanguine élevée, d’une faible estime de soi et d’un développement psycho-physique altéré. Les probabilités de rester obèse à l’âge adulte sont de 20 à 50% avant la puberté et de 50 à 70% après la puberté.


Prévention de l’obésité chez le nourrisson


Plusieurs études cliniques montrent qu'il est préférable de débuter la prévention contre le surpoids et l’obésité le plus tôt possible – avant l‘âge de deux ans – pour qu'elle soit efficace.

Il faut, dès la naissance, donner au bébé toutes les chances d'être en forme et juste en poids en respectant certains principes nutritionnels primordiaux.

* Pour les nouveau-nés et les nourrissons, l’allaitement maternel ou le lait maternisé adapté est préconisé. Le lait de vache est déconseillé avant l’âge de 1 an, la diversification alimentaire ne doit pas être trop précoce.

* Dès la diversification alimentaire, il est important de respecter le rythme des 4 repas quotidiens, pris au calme et à horaires réguliers.

* Les repas doivent être donnés suivant un rythme établi et non systématiquement lorsque l'on croit que le bébé a faim.

* Ne pas répondre aux pleurs du nourrisson en le nourrissant systématiquement. Les pleurs peuvent exprimer plutôt un besoin d’affection ou simplement un besoin de succion.

* Ne pas obliger l’enfant à manger. L’appétit du nourrisson varie d’une journée à l’autre. S’il boit généralement bien et ne perd pas de poids, il ne faut pas s’inquiéter s’il ne finit pas un biberon de temps à autre. Ne pas obliger l’enfant à finir son assiette. Ainsi, il apprendra à écouter ses signaux de faim et de satiété.

* L’eau est la boisson idéale pour se désaltérer. La consommation de jus de fruits, même naturel, devrait se limiter à 1 verre par jour. Les jus de fruits contiennent beaucoup de calories et ne comblent pas la faim.

* Éviter d’ajouter du sucre dans les yogourts, les purées de fruits. Les sodas et sucreries sont à exclure.

* La motricité est à stimuler par l’utilisation de tapis d’éveil pour permettre et apprendre au bébé de bouger.

Un enfant qui a un poids santé pendant sa petite enfance est moins susceptible de souffrir de surpoids plus tard. Des mesures de prévention de l’obésité doivent être instituées quelques mois après la naissance pour réduire la forte proportion de l’obésité dans les générations futures.


Alimentation idéale pour le bébé


Le choix d’une alimentation saine pour les nourrissons est décisif car les préférences alimentaires s’établissent très tôt. Donner aux nourrissons des aliments énergétiques, riches en graisses, en sucres et en sel est l’un des principaux facteurs de l’obésité infantile.

L’allaitement maternel demeure l’alimentation idéale du nouveau-né. Le lait maternel couvre de manière optimale les besoins liés à la croissance et au développement. Les 4 à 6 premiers mois constituent une période de forte croissance, surtout sur le plan cérébral, et la composition en acides aminés et en acides gras du lait maternel est particulièrement adaptée à cette situation. Le lait maternel apporte également des agents anti-infectieux et anti-bactériens, incluant des immunoglobulines, qui jouent un rôle important dans la stimulation du système immunitaire.

A partir de quatre mois peut intervenir la diversification alimentaire, une étape fondamentale aussi bien pour le développement du bébé que pour son éducation gustative.

La période de la diversification alimentaire est capitale pour assurer une mastication normale et le développement du langage. La qualité, la quantité et la variété des aliments solides peuvent être augmentées peu à peu à un rythme qui est généralement dicté par le bébé. Les farines pour bébé sont souvent les premières introduites (mélangées à du lait maternel ou pour nourrissons), suivies par les purées de légumes, les panades de fruits et la viande.

Il est conseillé de lui présenter un seul aliment nouveau par jour pour lui faire découvrir le vrai goût de chaque aliment et détecter une éventuelle intolérance.


Un élément à garder constamment à l’esprit dans la première année de vie est l’apport en fer de l’alimentation. Introduire progressivement dans l'alimentation des nourrissons, des céréales, des fruits et des légumes avant les aliments sucrés ou avec excès de graisse. La meilleure façon de déterminer la taille correcte des portions pour l'alimentation saine d'un bébé est de comparer la taille de son repas avec celle de son poing, laquelle ne doit pas être plus grande.


Voir aussi :



lundi 17 novembre 2014

Obésité Infantile




Surpoids et Obésité infantile



L’obésité des enfants constitue l’un des plus grands défis pour la santé publique au 21e siècle. Il s’agit d’un problème mondial qui affecte de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, en particulier en milieu urbain.

L'obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l'Histoire. C'est une véritable épidémie qui frappe aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement. L'Organisation Mondiale de la Santé place actuellement sa prévention et sa prise en charge comme une priorité dans le domaine de la pathologie nutritionnelle.

Près de 43 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids ou sont obèses. Tous sont exposés à un marketing intensif de produits trop riches en graisse, en sucre ou en sel.

L'obésité ne fait pas que toucher l'apparence des enfants; elle a des conséquences graves sur leur santé et leur bien-être. Les gens qui sont obèses sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé. Le surpoids et l'obésité sont également associés à des problèmes psychosociaux comme la piètre estime de soi et la dépression.

Les principales causes de l'augmentation de l'obésité infantile se trouvent dans un changement de régime alimentaire avec une consommation accrue d'aliments énergétiques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines, minéraux et autres micro-nutriments sains, et une tendance à la diminution de l'activité physique.


Surpoids et obésité

Définition. Le surpoids et l’obésité sont définis comme une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé.

Mesurer le surpoids et l’obésité

L'obésité est définie par un Indice de Masse Corporelle (IMC) ou Body Mass Index (BMI). L'IMC est calculé en divisant le poids de la personne par le carré de sa taille (Kg / m2). Si cet indice est supérieur ou égal à 30, l'individu est considéré comme obèse.

Il est difficile d’élaborer un indice simple qui permette de mesurer le surpoids et l’obésité chez les enfants et les adolescents car leur organisme subit un certain nombre de changements physiologiques en cours de croissance.

Chez l'enfant qui grandit, les choses sont plus compliquées. Pour faciliter le diagnostic, on a créé les courbes de corpulence: elles permettent de comparer l'IMC d’un enfant petit à celui d'enfants du même âge et du même sexe.

Pratique : On peut télécharger les courbes de corpulence sur le site de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) ici.


Les causes de l'obésité de l'enfant

Chez l'enfant comme chez l'adulte, le développement de l'obésité résulte d'un bilan énergétique positif prolongé (les apports caloriques ou énergétiques sont supérieurs aux dépenses). Les raisons en sont multiples et intriquées, sous la dépendance d'influences complexes d'ordre nutritionnelles, génétiques, métaboliques, psychologiques et sociales.


La nutrition joue un rôle important sur le déroulement de la croissance. La disponibilité en abondance d'aliments attrayants, riches en lipides et en sucres rapides, l'ennui, des problèmes affectifs et/ou scolaires vont amener un enfant à rechercher dans la nourriture une compensation, pouvant entraîner un déséquilibre prolongé entre apports et dépenses, et le développement d'une surcharge pondérale.

L’obésité de l’enfant est associée à un risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte.



Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'obésité


Les facteurs génétiques

Ils ont un rôle indéniable mais ne sont pas les seuls responsables. Un petit nombre de gènes aurait un impact important sur la corpulence et le pourcentage ou la distribution régionale de la masse grasse.

Les enfants en surpoids âgés d'une dizaine d'années ayant au moins un parent obèse ont un risque de 80 % de devenir obèses à l'âge adulte contre 10 % de risque si les deux parents sont maigres.

Les facteurs endocrinologiques

Dérèglements hormonaux, glandulaires.

Les facteurs médicaux

Dans le cas de la plupart des maladies non transmissibles provoquées par l’obésité, les risques dépendent en partie de l’âge auquel l’obésité est apparue et de sa durée.

L'obésité est un facteur de risque majeur associé aux maladies suivantes :

* Hypertension artérielle
* Diabète non insulino-dépendant de type II
* Maladies cardiaques (surtout cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux)
* Risques plus importants pour certains types de cancer (de l’endomètre, du sein et du colon).
* Niveaux accrus de cholestérol et d'insuline
* Apnée obstructive du sommeil
* Arthrose
* Infertilité
* Insuffisance veineuse
* Reflux gastro-oesophagien
* Incontinence urinaire
* Crises d'asthme
* Défaillance sur le plan de la tolérance au glucose
* Problèmes sur le plan des os et des articulations
* Stéatose hépatique non liée à l’alcool
* Problèmes rénaux
* Syndrome des ovaires polykystiques.

Les facteurs environnementaux et les modifications comportementales

La malbouffe. Avec une alimentation trop riche (nourriture à haute teneur en graisses). Les populations occidentales ont tendance à consommer moins de calories et moins de graisses alors qu'elles grossissent régulièrement. Cela s'explique par un changement du style de vie qui devient de plus en plus sédentaire.

Manque d'activité physique. Il existe un réel déséquilibre entre l'alimentation ingurgitée et celle dépensée.

L'environnement agit très précocement et joue un rôle décisif dans la survenue de l'obésité infantile. Repérer très tôt les facteurs susceptibles de favoriser un excès pondéral permet une prévention adaptée et efficace.

Les enfants sont particulièrement vulnérables à leur environnement car ils ont moins de contrôle sur ce dernier. Ils ont peu de contrôle sur leur façon de se déplacer et sur ce qu'on leur donne à manger. Les enfants ont souvent les mêmes habitudes alimentaires que leurs parents ainsi que les mêmes habitudes sur le plan de l'activité physique – c’est l'une des raisons pour laquelle l'obésité et les problèmes liés à l'obésité semblent héréditaires.

Le problème avec les enfants, encore plus que les adultes, c'est qu'ils ne savent pas mesurer les qualités nutritionnelles des aliments qu'ils consomment, ni même la manière dont ils les consomment. Dès qu'ils sont en âge d'ouvrir le placard de la cuisine et de saisir seul un paquet de gâteaux au chocolat, le risque d'une alimentation non contrôlée et parfois totalement anarchique est très souvent source de surpoids.

En grandissant, c'est fréquemment le scénario suivant: grignotage en dehors des repas et devant la télévision ou l'ordinateur (pour les plus grands), vie sédentaire avec son cortège de conforts modernes, l'ascenseur au lieu des escaliers, la voiture au lieu de la marche à pied… Et voilà l’enfant sur la pente dangereuse de l'obésité.

Il y a d'autres facteurs environnementaux qui entrent en jeu également. Des preuves grandissantes semblent indiquer que l'environnement dans l'utérus aide à programmer le métabolisme d'un enfant. L'exposition au diabète gestationnel et l'obésité maternelle, un poids élevé à la naissance, et un retard de croissance intra-utérin qui est suivi d’une croissance de rattrapage rapide sont tous associés à l'obésité plus tard dans la vie. Par contraste, l'allaitement au cours de l'enfance pourrait réduire les risques d'obésité. C’est également le cas d'autres pratiques de santé, comme de dormir suffisamment et de manger lorsque l’appétit le dicte.


À qui s'adresser en cas de surpoids ?

Le médecin traitant. Généralistes et pédiatres sont de plus en plus sensibilisés à la surveillance de l'obésité.
Les médecins psychologues et infirmières scolaires. Ils peuvent aider eux aussi à revoir les comportements alimentaires à la maison et le mode de vie de l’enfant.
Les services PMI (Protection maternelle & infantile). Ils sont particulièrement utiles pour les familles à revenus modestes, les premières touchées par l'obésité.

Lorsque le médecin évalue un enfant, il doit s'assurer qu'il ne souffre pas d’un autre problème, comme un trouble génétique, une maladie endocrinienne ou des dommages neurologiques. De nombreux médicaments, comme les stéroïdes et les antidépresseurs, peuvent également contribuer à la prise de poids et rendre la perte de poids plus difficile.


Investigation


L’exposition à la publicité est plus nocive que la sédentarité

Dans une étude publiée dans la revue Appetite en juin 2013, les équipes de Kristen Harrison de l’université du Michigan ont testé les notoriétés de certains aliments auprès d’enfants puis ont rapproché ces données de leur IMC (Indice de masse corporelle).

Les auteurs ont interrogé une centaine de parents sur leurs habitudes alimentaires, mais aussi télévisuelles. Ils ont également interrogé des enfants consommateurs de programmes entrecoupés de pubs. Pour ceux qui avaient accès à leur guise au réfrigérateur et aux placards, leur perception d’un repas sain apparaît faussée. Pour eux en effet, hamburgers, frites et autres gâteaux constituent les bases d’une alimentation saine et équilibrée.

Plus un enfant est familier avec les logos et les marques de restaurants fast-food, de sodas et autre junk food plus l'enfant est susceptible d'être en surpoids ou obèses. Donc plus il aura tendance à être obèse à l’âge adulte.

Parce que les enfants reçoivent la plupart des messages alimentaires via la télévision, ils combinent simultanément sédentarité liée au temps passé devant l’écran et incitations à consommer ces d'aliments malsains. Ainsi, c’est dès l’âge de 3 ans que les enfants développeraient leurs préférences alimentaires… sous influence.


Réduire le temps passé devant l'écran permet de diminuer le surpoids chez des enfants de 4 à 7 ans

Une étude de l'université de l'État de New York publiée en juin 2014 dans les Archives de pédiatrie (qui dépendent du Journal of the American Medical Association) sur des moins de 7 ans démontre qu'il est possible réduire le temps passé devant la télévision ou les jeux vidéo grâce à un appareil de surveillance qui limite l'accès à l'écran.

La télévision, les jeux vidéo, la prise fréquente de boissons sucrées et d'aliments hypercaloriques sont les grands pourvoyeurs de surpoids, voire d'obésité chez l'enfant.

Leonard Epstein et son équipe de Buffalo, ont mené une expérimentation durant deux ans sur 70 enfants de 4 à 7 ans déjà en surpoids qui «consommaient» de la télévision ou se plongeaient dans un jeu vidéo au moins 14 heures par semaine à la maison. Ils ont proposé à leur famille de mettre en place un appareil de surveillance destiné à réduire l'accès à l'écran avec un code d'accès électronique pour chaque personne du foyer. Les chercheurs ont séparé les enfants en deux groupes, l'un sans aucune limite, l'autre avec une diminution progressive de l'exposition, leur code d'accès leur interdisant de la dépasser.

Chaque semaine, dans le second groupe, le temps autorisé était réduit de 10% pour finalement obtenir une baisse de moitié des heures passées assis ou couché devant l'écran, assortie d'encouragements pour s'y plier sans rechigner (contrat d'objectif voire petites récompenses financières). À l'issue de ces deux ans de suivi, les enfants ont réussi à réduire leur temps passé devant l'écran de 17,5 heures par semaine contre seulement 5,2 heures de réduction pour le groupe contrôle. Et dans le même temps l'indice de masse corporelle a considérablement chuté contrairement à celui des gavés d'écran. Des changements imputables plus à une diminution des apports énergétiques qu'à une augmentation de l'activité physique.


Le manque de sommeil et l'obésité infantile

Une étude menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital, dépendant de la Harvard Medical School, publiée en mai 2014 dans la revue Pediatrics, révèle que les enfants qui, à la petite enfance, dorment moins que le nombre d’heures recommandées voient leur adiposité globale ou graisse corporelle augmenter dès l’âge de 7 ans, Ces conclusions apportent des preuves convaincantes sur le lien entre un sommeil insuffisant et l'obésité infantile et cela quelle que soit la période de la petite enfance, mais montre également, sur plus de 1.000 enfants, qu'un enfant sur 3 environ, ne dort pas suffisamment.

Un sommeil insuffisant a été défini comme moins de 12 heures par jour pour les âges de 6 mois à 2 ans, moins de 10 heures par jour pour 3 à 4 ans et moins de 9 heures par jour pour 5 à 7 ans.

Les auteurs rappellent qu’un sommeil suffisant et de qualité chez l’enfant repose sur des heures de coucher régulières, l’absence de consommation de boissons excitantes et d’écrans de tous types dans la chambre. Ils rappellent également l’importance d’un bon sommeil pour la vigilance à l'école, l'humeur et la qualité de vie.

En effet, le manque de sommeil est aujourd’hui un facteur de risque avéré d’obésité et de trouble métabolique.


Chez le bébé l'équilibre nutritionnel passe par le sommeil

Une étude menée par des chercheurs de l’University College London, publiée en mars 2014 dans l’International Journal of Obesity, conclut que moins de sommeil implique un besoin accru d’énergie.

Dès l’âge d’un an environ, la durée de sommeil est déjà associée à l’apport nutritionnel. C'est pourquoi, les très jeunes enfants qui dorment moins mangent plus, avec pour conséquence un risque accru d'obésité plus tard dans la vie. Les conclusions évaluent ainsi à 10%, le taux de l’augmentation de l’apport calorique liée au manque de sommeil chez le petit enfant. Un apport qui, même s'il compense à court terme une dépense supplémentaire d'énergie, prédispose déjà à de mauvaises habitudes nutritionnelles.

Le manque de sommeil contribue au gain de poids durant la petite enfance, très probablement en bousculant la régulation des hormones de l'appétit.

Le sommeil des parents conditionne aussi celui des enfants

Une étude de l’Université de l'Illinois, publiée en avril 2014 dans la revue Frontiers in Psychology, conclut que les parents comme les enfants doivent dormir suffisamment pour réduire le risque d’obésité infantile.

L’auteur, Barbara H. Fiese, démontre que  le sommeil des parents conditionne aussi celui des enfants, et le risque de surpoids de l’enfant. Donner l’exemple d’un bonne routine de sommeil, tout comme de bonnes habitudes alimentaires ou de pratique de l’exercice, fait partie d’une bonne éducation de santé. Elle remarque que le défi est difficile à tenir, avec de petits enfants, et la possibilité de ne trouver le sommeil qu’une fois les enfants endormis.

L’étude a rapproché les données socio-économiques, de routines familiales (sommeil, alimentation), de prévalence de l'obésité ou du surpoids pour 337 enfants d'âge préscolaire et leurs parents.

4 routines ont été évaluées chez les enfants :
* un sommeil suffisant (10 heures ou plus par nuit),
* une routine de repas familiaux,
* la limitation du temps d'écran <2 heures par jour
* pas de télévision de la chambre.

Le sommeil de l’enfant, premier facteur de protection contre le surpoids. Le seul facteur de protection majeur contre l'obésité ou de surpoids chez les enfants identifié dans l’étude est une durée de sommeil suffisante. Les enfants en manque de sommeil présentent un risque accru de surpoids versus les enfants qui respectent au moins 3 des routines.

Le sommeil des parents, premier facteur de sommeil des enfants. Les chercheurs constatent que le nombre d'heures de sommeil des parents est lié à la quantité de sommeil des enfants. La routine familiale de sommeil est globalement en cause dans le risque de surpoids des enfants.

Le manque de sommeil touche l’enfant, quel que soit son âge, ce n'est pas seulement un problème pour les enfants d'âge préscolaire, mais aussi pour les enfants en primaire et les élèves du secondaire dont le cerveau est encore en développement.

Trois principes, bien manger, bien jouer, et bien dormir. Une bonne nutrition, assez d'exercice et un sommeil suffisant protègent toute la famille. Débrancher une demi-heure avant d’aller se coucher, c’est un bon principe pour les parents, comme pour les enfants. Les adultes doivent suivre une routine apaisante eux-mêmes, éteindre leurs tablettes et s'engager dans un rituel apaisant. L'exposition des enfants à la télévision et aux écrans doit être limitée à 2 heures par jour et désactivée également une demi-heure avant le coucher, pour entrer dans une routine prévisible pour l’enfant et le temps de sommeil recommandé est de 10 heures par nuit, pour le petit enfant.


L’obésité ralentit les réflexes du cortex

Des chercheurs de l’Université de l'Illinois dans une étude, publiée en avril 2014 dans la revue Cerebral Cortex, révèlent un lien entre l'obésité de l'enfant et sa fonction cognitive, en montrant que les réponses cérébrales et comportementales d’enfants atteints d’obésité sont ralenties.

L’étude a examiné la relation entre l'obésité et le contrôle cognitif à partir de mesures neuro-électriques et comportementales de 74 enfants préadolescents, dont la moitié étaient obèses et la moitié de poids normal. Les enfants devaient indiquer la direction de bancs de poissons animés sur un écran, certains poissons allant ou non dans la même direction que le groupe principal.

Les chercheurs constatent non seulement que les enfants atteints d’obésité sont considérablement plus lents à réagir aux mouvements des poissons mais aussi que les enfants de poids normal sont plus aptes à rectifier leur comportement pour éviter de reproduire leurs erreurs. Les enfants de poids normal se révèlent plus précis dans l’accomplissement de la tâche, avec un meilleur contrôle de l'exécutif.

Des résultats qui suggèrent ainsi que l'obésité est associée à une diminution du contrôle cognitif, via l’activité dans le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur, 2 zones impliquées dans le contrôle de l'action. Des résultats qui ont aussi des implications concrètes dans le parcours scolaire des enfants: Une tâche de contrôle de l'exécutif (action) nécessite de l'organisation, de la planification et de l'inhibition, des processus cognitifs également nécessaires pour réussir en mathématiques et en lecture, donc importants pour la réussite scolaire puis professionnelle.


Obésité infantile et QI

Des recherches récentes ont montré que l’obésité peut réduire les capacités intellectuelles des enfants et affecter leurs résultats scolaires en orthographe et en mathématiques notamment.

Des chercheurs de l’Université de New York et de l’Institut de Recherche en Psychiatrie Nathan Kline ont comparé en septembre 2012, les performances intellectuelles de 49 adolescents souffrant du syndrome métabolique avec un groupe témoin de 62 adolescents en bonne santé.

Le syndrome métabolique est caractérisé par une combinaison de pathologies: tension artérielle et glycémie trop élevés, excès de graisse abdominale (obésité viscérale), taux de cholestérol anormaux et résistance à l’insuline. Le syndrome métabolique constitue les prémices du diabète de type 2.

Les résultats de leur étude montrent que les performances intellectuelles des enfants touchés par ce syndrome sont réduites dans les domaines suivants: mathématiques, orthographe, niveau d’attention et durée d’attention, et flexibilité mentale. Les chercheurs ont également noté des différences dans la structure de l’hippocampe, la partie du cerveau qui régule l’apprentissage, la mémoire et l’émotion.

Sur la base de ces résultats, ils recommandent d’associer au traitement classique de l’obésité infantile une thérapie ayant pour objectif la stimulation de la fonction cérébrale.


Le gène muté KSR2 augmente l'appétit

Une étude de l'université de Cambridge, publiée en octobre 2013 dans la revue Cell, identifie la racine génétique d’un appétit insatiable et d’un métabolisme lent chez certains jeunes patients obèses.

L'étude a séquencé le génome de 2.101 patients atteints d’obésité sévère précoce et identifié des mutations dans un gène particulier, KSR2, qui vont augmenter l'appétit et ralentir le métabolisme.

La découverte de ce nouveau gène de l'obésité, KSR2 fournit également de nouveaux indices sur le développement précoce de l'obésité.

Des expériences sur les cellules avaient déjà montré que les mutations de KSR2 altèrent le métabolisme du glucose et l'oxydation des acides gras. Les patients porteurs présentent une hyperphagie, une résistance à l'insuline et un métabolisme réduit.

Les enfants obèses porteurs de ces mutations dans KSR2, montrent une augmentation de l'appétit, une faible fréquence cardiaque, un ralentissement du métabolisme et une résistance élevée à l’insuline.


Identification d’une prédisposition génétique à l'obésité infantile commune

Une méta-analyse de 14 études antérieures, menée par des chercheurs de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, cofinancée par les National Institutes of Health (NIH) et publiée en avril 2012 dans Nature Genetics, a identifié 2 nouveaux gènes qui mutés, sont associés à l’obésité infantile commune. L’étude, menée par un groupe international, le EGG Consortium rappelle que si les facteurs environnementaux, tels que les choix alimentaires et la sédentarité contribuent aussi à l'obésité dans l'enfance, les adolescents obèses ont un risque plus élevé de mortalité à l'âge adulte.

La méta-analyse a ainsi inclus 14 études génomiques couvrant 5.530 cas d’obésité infantile et 8.300 sujets témoins, tous d'ascendance européenne. Deux nouvelles variantes ont été identifiées, l'une au sein du gène situé sur le chromosome 13 OLFM4, l'autre au sein du gène sur le chromosome 17 HOXB5 et l’implication moins importante de deux autres variantes génétiques.

Ce travail ouvre de nouvelles voies à explorer dans la génétique de l'obésité infantile commune et ces premiers résultats peuvent déjà contribuer à concevoir de futures interventions de prévention et des traitements pour les enfants, en fonction de leurs génomes individuels.


Prévenir l’épidémie d’obésité de l’enfant

Le surpoids et l’obésité, aussi bien que les maladies non transmissibles qui les accompagnent, sont dans une grande mesure évitables.

La prévention constitue le meilleur moyen d’enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant. Le but de la lutte contre l’obésité de l’enfant consiste à atteindre un équilibre énergétique susceptible d’être maintenu pendant toute la vie de l’individu.

La compréhension de ce qui constitue un poids santé et savoir comment maintenir ce poids est un processus qui devrait commencer durant la grossesse et se poursuivre tout au long de la vie.

Parmi les habitudes familiales saines, on retrouve la consommation d'aliments qui sont plus nutritifs et plus faibles en gras et en sucre; prendre régulièrement un petit-déjeuner; faire plus d'activité physique; regarder moins de télévision; dormir suffisamment; et allaiter. Il est également important de respecter l'appétit naturel des enfants en ce qui concerne la quantité de nourriture ingérée, particulièrement lorsqu'ils sont très jeunes. Les diètes imposées et le gavage ne respectent pas les signes naturels de faim et de satiété de l’enfant, et engendrent souvent un apport calorifique plus élevé. Une alimentation équilibrée avec quatre repas par jour, le goûter permettant de patienter jusqu’au repas du soir.


4 règles pour maigrir et se sentir mieux de la méthode “Papillote”

Le Dr Vincent Boggio du CHU de Dijon a élaboré une méthode à l'intention des parents et de leur enfant en surpoids.

1) Ne pas se resservir.
2) Manger uniquement pendant les repas.
3) Marcher 30 minutes par jour.
4) Ne jamais être seul(e) à la maison.

Ces 4 règles sont simples et doivent être respectées à la lettre. Aucun écart n'est autorisé. Il ne faut pas essayer de "limiter" ou "éviter", mais suivre rigoureusement l'ensemble de ces 4 consignes, et systématiquement tous les jours. L'enfant doit certes être aidé par ses parents, mais doit aussi bien comprendre les règles et l'impossibilité d'y déroger. En contrepartie, aucun aliment n'est interdit, ni inversement imposé.


Quelques conseils pour manger de façon saine et équilibrée

* Éviter de sauter des repas, surtout le petit déjeuner.

* Essayer d'inclure des aliments provenant de trois ou quatre groupes alimentaires (pains et céréales, fruits et légumes, viande et substituts, lait et produits laitiers) dans chaque repas. Planifier les repas et les collations pour y inclure une variété d'aliments nutritifs et savoureux.

* Limiter la taille des portions des collations (maximum 1 à 2 collations par jour.) Choisir des fruits frais et du yogourt ou du fromage, un muffin ou des céréales et du lait, la moitié d'un sandwich, des craquelins et du fromage.

* Laisser l’enfant savourer ses aliments préférés avec modération sans se sentir coupable. Choisir des collations à faible teneur en calories (maximum 1 à 2 collations par semaine).

* Éviter de consommer autre chose que des fruits après souper afin que l'enfant ait faim au petit déjeuner.

* Choisir des boissons sans sucre. Éviter les boissons gazeuses régulières, le jus, les breuvages aux fruits et les eaux parfumées régulières. Toute boisson sucrée doit être considérée comme un aliment solide.

* Parallèlement, surveillez les apports en oméga-6, que l'on consomme en excès, en regard des oméga-3. Ce déséquilibre semble être l'un des facteurs expliquant l'augmentation de l'obésité infantile. Il suffit tout simplement de diminuer la consommation des principaux vecteurs: huiles de tournesol et de pépins de raisin, mais surtout préparations industrielles et gâteaux du commerce. 


Encourager l'activité physique de l'enfant

Le surpoids et l'obésité peuvent venir d'une mauvaise alimentation mais aussi d'un manque d'activité physique. Pour cette raison, il est important de vérifier que l’enfant ne passe pas trop de temps devant la télévision ou les jeux vidéo.

Marcher est l'activité la plus naturelle de l'enfant. Il doit donc cumuler un minimum de 30 minutes de marche par jour. En parallèle, il peut regarder la télé ou faire des jeux sur l'ordinateur, à discrétion de ses parents, évidemment.

L'activité physique est tout aussi importante que l'apport en calories. Les enfants (et les adultes aussi) doivent être plus actifs, non seulement pour contrôler leur poids, mais pour leur santé et leur bien-être en général.

* Encourager l’enfant à pratiquer une activité physique vigoureuse pendant 20 à 30 minutes, quatre à cinq fois par semaine (après consultation avec le pédiatre.)
* Choisir une variété d'activités que l’enfant aime pratiquer.
* Choisir des activités pouvant être pratiquées près de la maison, comme la marche, le vélo, la danse ou les jeux à l'extérieur.
* Limiter la télévision, les jeux vidéo et les jeux sur ordinateur à 1 ou 2 heures par jour. La plupart des médecins recommandent moins de deux heures par jour. Au besoin, sortir le téléviseur de la chambre de l’enfant pour en limiter l'utilisation. Une étude démontre que les enfants qui ont un téléviseur dans leur chambre regardent près de cinq heures de télé de plus que ceux et celles qui n'en ont pas.
* Donner le bon exemple – être actif avec l’enfant.

Plusieurs principes parentaux devraient être appliqués pour corriger les comportements alimentaires et d'activité physique

L'alimentation, l'activité physique et les modifications de comportement sont plus efficaces quand toute la famille est impliquée.

Trouver des raisons de féliciter l’enfant de son comportement

* Offrir des récompenses pour les modifications positives du comportement. Ne jamais offrir de nourriture en récompense.
* Établir des heures fixes pour les repas et les collations.
* Déterminer quels aliments sont disponibles et quand. Laissez l’enfant décider s'il mange ou non.
* Offrir seulement des choix santé.
* Retirer les tentations.
* Donner l'exemple.
* Être constant.

En conclusion, parents et enfants sont impliqués et c'est ensemble qu'ils gagneront une perte de poids et qu'ils savoureront un nouveau bien-être.


La réduction de l'obésité infantile nécessitera un effort global

Pour enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant il faut un engagement politique soutenu et la collaboration de nombreux intervenants publics et privés.

Les gouvernements, les partenaires internationaux, la société civile, les ONG et le secteur privé ont des rôles vitaux à jouer pour créer des environnements sains et faire en sorte que les options alimentaires plus saines proposées aux enfants et aux adolescents soient abordables et facilement accessibles.

* Mettre sur pied des programmes scolaires complets sur la santé qui traitent de sujets comme vivre sainement et manger sainement et qui comprennent des cours d’éducation physique.

* Mettre sur pied des initiatives communautaires comme l’éducation sur la nutrition dans les épiceries et les restaurants, la création de jardins communautaires et de sentiers de marche, et l’amélioration de la sécurité du quartier.

* Planifier l’aménagement du territoire et du transport de façon à encourager les moyens de transport actifs comme la marche et la bicyclette, au lieu de la dépendance sur les automobiles.

* Adopter des options de taxation comme des impôts fonciers qui découragent l'étalement urbain et une «taxe de découragement» sur les aliments dont la teneur calorifique est élevée et qui contiennent peu de nutriments.

* Réglementer la publicité qui entoure la malbouffe et les autres aliments à haute teneur calorifique ainsi que la commercialisation de ces aliments.