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dimanche 28 février 2021

Apparition des Capacités Humaines – Le néocortex


Il a été découvert que le gène qui nous a rendus intelligents n'est jamais apparu


Les neurosciences identifient le mécanisme génétique qui a permis l'émergence des capacités humaines – Le néocortex

Une équipe de scientifiques de l'Institut des Neurosciences d'Alicante CSIC-UMH, dirigée par le Dr Víctor Borrell, dans une étude publiée dans la revue Cell en juin 2018, identifie pour la première fois un signal moléculaire clé pour l'expansion du cortex cérébral et l'acquisition de son architecture complexe au cours de l'évolution des mammifères.

Ils montrent que cette évolution n'est pas due à l'apparition de nouveaux gènes, comme cela a été suggéré récemment, mais à la régulation fine des mécanismes génétiques qui existent déjà chez les reptiles et qui sont communs à tous les amniotes (reptiles, amphibiens et oiseaux). 
Le niveau d'activité des gènes conservés au cours de l'évolution, et non l'apparition de nouveaux gènes, a été la clé de l'expansion du cortex cérébral, qui a rendu possible sa grande complexité chez les mammifères.


Cette modulation a donné naissance à une nouvelle forme de neurogenèse plus efficace, qui chez les mammifères a favorisé la multiplication exponentielle du nombre de neurones, l'expansion du cortex cérébral et, avec elle, l'apparition, in fine, des capacités qui nous définissent en tant qu’humains.

La taille du cerveau est radicalement différente entre les reptiles, les oiseaux et les mammifères principalement en raison de la différence de taille et de complexité du cortex cérébral, qui atteint son exposant maximal chez notre espèce. Composé de six couches, comparé aux trois de reptiles et d'oiseaux, le cortex cérébral nous permet de contrôler exclusivement des caractéristiques humaines, telles que la créativité, le langage, l'écriture, le rire, les arts ou la capacité à planifier des actions et à prévoir leurs conséquences.

L'apparition des amniotes

L'expansion du cortex cérébral a commencé avec l'arrivée des amphibiens, au Cambrien, il y a environ 500 millions d'années, lorsque la diversité des formes de vie a explosé. A cette époque, l'apparition d'amniotes – reptiles, amphibiens et oiseaux – dont l'embryon est pourvu d'une cavité remplie de liquide (amnios) qui leur permettait de devenir indépendants de l'eau pour leur reproduction et leur développement.

Quitter le milieu aquatique était un grand défi pour le cerveau primitif, qui a subi de profondes modifications pour intégrer les nouvelles informations visuelles, acoustiques et olfactives qu'il recevait hors de l'eau, ainsi que pour s'adapter à la nouvelle locomotion terrestre, qui a nécessité le développement d’une musculature corporelle spécifique pour déplacer les membres avant et arrière.

Toutes ces modifications ont fait évoluer le petit cortex cérébral primitif des amphibiens pour en devenir le plus grand et le plus complexe des mammifères. Cela s'est produit grâce à une augmentation sans précédent du nombre et des types de neurones, qui a permis le passage d'un cortex composé de trois couches de cellules, appelé paléocortex (cortex ancien) typique des reptiles, à un cortex plus évolué à six couches, typique des mammifères, appelé néocortex (nouveau cortex). Ce grand saut qualitatif a été fondamental pour l'augmentation progressive des capacités cognitives des différentes espèces de mammifères, atteignant finalement le plus haut niveau chez les primates et les humains.

Les cellules souches des neurones

Le développement du cortex cérébral dépend largement des cellules gliales radiales, les cellules souches chargées de générer les neurones et de les guider pendant le développement embryonnaire vers leurs destinations finales dans le cerveau. L'augmentation de la neurogenèse embryonnaire tout au long de l'évolution dépendait d'une décision binaire des cellules gliales radiales : celle de générer directement ou indirectement des neurones.


El desarrollo de la corteza cerebral depende
en gran medida de las células de glía radial

Chez les reptiles et les oiseaux, la plupart des neurones corticaux sont produits directement à partir des cellules gliales radiales, tandis que dans le néocortex des mammifères, la plupart des neurones sont produits indirectement par des cellules génitrices intermédiaires, qui sont regroupées dans la zone dite sous-ventriculaire – “le berceau des neurones” – exclusive au cerveau des mammifères. Ce processus de génération de nouveaux neurones, bien que plus lent, a permis une amplification exponentielle de la production de nouveaux neurones qui ont conduit l'évolution du cortex cérébral.

Jusqu'à présent, les mécanismes qui régulaient cette expansion du cortex cérébral des trois couches de reptiles et d'oiseaux aux six couches de mammifères étaient inconnus. L'équipe de scientifiques a franchi une étape très importante précisément pour comprendre, tant au niveau cellulaire que génétique, comment cette évolution s'est déroulée, ce qui est essentiel pour nous fournir des caractéristiques uniques.

Plus précisément, ils ont identifié pour la première fois un signal moléculaire clé pour l'expansion du cortex cérébral et l'acquisition de son architecture complexe chez les mammifères (néocortex). Cette découverte devient d'autant plus importante qu'elle montre que cette évolution n'était pas due à l'apparition de nouveaux gènes, comme cela a été suggéré récemment, mais à la régulation fine des mécanismes génétiques déjà existants chez les reptiles, qui sont communs à tous les amniotes.

Une "rotonda" nous donne plus de cervelle


La expresión de la llamada proteína rotonda
es clave en la creación o no de nuevas y variadas neuronas

C'est la régulation des niveaux d'activité d'une voie de signalisation hautement conservée, celle du gène Robo (abréviation de Roundabout, en anglais “rotonda”), qui a rendu possible le changement de mode de génération de nouveaux neurones, partant de la neurogenèse directe et peu inefficace à l’indirecte, hautement productive.

Organoïdes cérébraux

Alors que la neurogenèse directe, typique des reptiles et des oiseaux, limite le nombre de nouveaux neurones et donc la taille du cortex cérébral, l'apparition d'une neurogenèse indirecte a permis la production d'un volume de neurones sans précédent. Cela a été réalisé avec la diminution de l'expression du gène Robo au cours de l'évolution des amniotes, en tant que mécanisme principal qui a conduit l'expansion et la complexité du cortex cérébral le long de l'échelle évolutive.

L'équipe a utilisé des expériences de gain et de perte de fonction génique dans des embryons de souris, de poulet et de serpent, ainsi que dans des organoïdes cérébraux humains, pour montrer que de faibles niveaux du gène Robo, combinés à des niveaux élevés du gène Dll1, sont nécessaires et suffisants pour conduire à une neurogenèse indirecte qui a permis le développement du cortex cérébral de plus en plus grand et complexe des mammifères. De plus, ils ont vérifié expérimentalement chez les serpents et les oiseaux que la diminution du signal Robo et la potentialisation de Dll1 récapitulent ce processus évolutif, donnant lieu à la formation de cellules souches qui ne se forment que dans le cerveau des mammifères, et qui sont nécessaires pour la neurogenèse indirecte, également exclusive aux mammifères.

Des chercheurs de l'Université de Genève (Suisse), de l'Institut Max Planck (Allemagne) et des universités de Stanford et Thomas Jefferson (États-Unis) ont collaboré à cette étude.


Cellule gliale radiale

On entend par cellules gliales ou gliales l'ensemble de cellules dérivées de l'épithélium embryonnaire qui recouvrent le système nerveux et forment un réseau de soutien, de protection, de nutrition et d'entretien des neurones.

Une cellule gliale radiale est une cellule de forme bipolaire qui couvre toute la largeur du cortex dans le système nerveux central en développement (SNC) et sert de géniteur primaire capable de générer des neurones, des astrocytes et des oligodendrocytes.

La glie radiale sert de voie ou de guide pour les neurones au cours du développement fœtal. Ledit guidage est dû à l'interaction de la glie et du neurone, à travers un processus d'attraction au niveau chimique et au rôle de la glie dans la promotion de la croissance et de la migration des fibres nerveuses. 
Néanmoins, ce rôle se réduit avec le temps : une fois que les neurones du cortex ont migré vers leur position finale et une fois que de nouveaux neurones cessent de naître dans la plupart des zones du système nerveux, leur rôle passe à se concentrer sur le soutien du réseau neuronal.

La glie radiale a également été liée à la génération et à la synthèse neuronales elle-même : il a été observé qu'elle peut agir comme génitrice d'autres cellules telles que les neurones. Cette neurogenèse est surtout liée à l'enfance, mais son implication dans la naissance de nouvelles cellules nerveuses dans le cerveau adulte est suspectée dans les quelques zones où elle a été détectée – dans l'hippocampe et le bulbe olfactif – sont celles où elle a été le plus observée.

De même, elles ont été liées à la récupération de certaines fonctions après la présence de lésions cérébrales, et il a été observé leur lien avec des processus tels que l'élagage synaptique et neuronal qui se produit pendant la croissance. 
Il a également été démontré que les cellules gliales jouent un rôle très important dans la génération d'un réseau cérébrovasculaire complexe, fonctionnel et stable dans le cerveau, en particulier au début de la vie mais aussi tout au long du cycle de vie. Lors d'expériences sur des souris, il a été observé que son inhibition génère une dégradation du réseau de vascularisation cérébrale et du métabolisme cérébral, ce qui facilite grandement l'apparition de la neurodégénérescence.

Comme le reste des cellules gliales, la glie radiale a également le rôle important de soutenir et de maintenir en vie les neurones qui les entourent, de faciliter leur croissance et de les nourrir.

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samedi 7 avril 2018

Première Reconstruction et Simulation Numérique d'un Fragment de Néocortex Cérébral




Le néocortex est la région du cerveau où se développent 
le langage, l'imagination ou la capacité d'abstraction


Une équipe internationale de chercheurs, membres des projets européens Blue Brain   et Human Brain Project, dont le travail a été publié dans la revue scientifique Cell en octobre 2015, a achevé la première reconstruction informatique détaillée d'un fragment de cette région du cortex cérébral.

Le néocortex est la structure la plus humaine du système nerveux, puisque c'est la région du cortex cérébral liée aux capacités qui différencient les humains des autres mammifères, comme le langage, l'imagination ou la capacité d'abstraction.

Le travail représente l'aboutissement de 20 années d'expérimentation biologique, au cours desquelles l'ensemble primordial de données a été généré, et 10 années de travaux scientifiques computationnels, dans lesquels le logiciel, des algorithmes et de la construction de l'écosystème nécessaire à la reconstruction et à simuler numériquement le tissu, a été développé.

L'équipe de chercheurs a simulé le comportement électrique du tissu cérébral virtuel dans les super-ordinateurs et a constaté que cela coïncidait avec le comportement déjà observé dans une série d'expériences réalisées sur des cerveaux.

La recherche développée montre que la reproduction numérique du cerveau humain et la simulation détaillée de son fonctionnement sont possibles – même à long terme.

Les chercheurs impliqués dans cette étude ont réalisé des dizaines de milliers d'expériences avec des neurones et des synapses (connexion entre neurones) dans le néocortex de jeunes rats et catalogué chaque type de neurone et chaque type de synapse qu'ils ont trouvé. Ainsi, ils ont identifié une série de modèles fondamentaux qui décrivent comment les neurones sont organisés dans le microcircuit et comment ils sont connectés via des synapses et ont développé un algorithme capable de prédire les emplacements des près de 40 millions de synapses dans les microcircuits.

Cet algorithme commence par placer des modèles 3D réalistes de neurones dans un volume virtuel, en respectant la distribution mesurée de différents types de neurones à différentes profondeurs, et détecte plus de 600 millions d'endroits où les branches des neurones se touchent. Par la suite, il élimine systématiquement tous les contacts qui ne correspondent pas à cinq règles biologiques de connectivité, ce qui laisse 37 millions de contacts, qui sont les endroits où il construit les synapses du modèle.

Modèle 3D reconstruit à partir
des données de laboratoire
Pour modéliser le comportement des synapses, les chercheurs ont intégré les données de leurs expériences et des données de la littérature scientifique, en calculant les courants ioniques qui circulent à travers de 37 millions de synapses en intégrant des données pour seulement certaines d'entre elles.

Les chercheurs ont trouvé une relation étroite entre les statistiques de connectivité de la reconstruction numérique et les mesures expérimentales dans le tissu biologique – qui n'avaient pas été utilisés dans la reconstruction.

L'infrastructure de super informatique et le vaste écosystème de software développé dans le cadre de ce projet sont essentiels pour des avancées telles que le présent dans le domaine des neurosciences puisque seul ce type d'infrastructure permet de résoudre les milliards d'équations nécessaires pour simuler chaque intervalle de 25 microsecondes dont est composée la simulation.

Pour évaluer la robustesse des modèles mathématiques qu'ils ont ainsi développés, les scientifiques ont comparé les signaux produits par le tissu cérébral artificiel, généré par ordinateur, à ceux produits dans un cerveau de rat bien réel, en réponse à une stimulation tactile. Et les résultats sont très satisfaisants d'après les chercheurs : les réponses des différents types de neurones dans la reconstitution numérique était très semblables à celles précédemment observées en laboratoire.

Nouvelles théories de la simulation. Les simulations réalisées ont également permis le développement de nouvelles théories, impossibles à réaliser sur la base de l'expérimentation biologique, comme l'observation qu'il existe de multiples mécanismes cellulaires et synaptiques qui peuvent faire passer le circuit d'un état d'activité à un autre (synchrone et asynchrone), ce qui pourrait conduire à de nouvelles formes d’étudier le traitement de l'information et les mécanismes de la  mémoire dans les états cérébraux normaux, tels que l'éveil, la somnolence et le sommeil, et certains des mécanismes dans des états anormaux, comme l'épilepsie, et potentiellement d'autres troubles cérébraux.


Questions sur le fonctionnement du cerveau

Les neurones produisent de petites décharges électriques dans leurs membranes, qui traversent les axones pour libérer des signaux chimiques. C'est là que se trouvent toutes les choses que nous ressentons.

Cependant, certains groupes de neurones sont impliqués dans des phénomènes plus complexes qui rendent l'activité neuronale plus difficile à comprendre. On ne sait pas encore quelle partie du cerveau est impliquée dans chacun de ces processus, bien que l'on pense que les neurones agissent dans un groupe et non individuellement. Les impulsions nerveuses pourraient ne pas être le seul moyen de transmettre l'information.

Lorsqu’on apprend quelque chose de nouveau, il y a des changements dans la structure du cerveau, cependant, on ne sait pas exactement comment ce changement fonctionne et quelles en sont les conséquences.

Un autre problème est qu'il existe plusieurs types de mémoires : à court et à long terme, et dans la seconde, la mémoire déclarative – les noms et les faits –, et la mémoire non déclarative – comme faire du vélo –. Malgré les différences, il semble y avoir un mécanisme moléculaire commun.

Lorsque les neurones sont activés ensemble, la connexion entre eux est plus forte et les associations sont créées. Cependant, lorsque le cerveau crée ces associations, les relations entre les choses sont codifiées et non les détails.

Plus mystérieux est le fait de savoir comment nous nous souvenons des choses à travers un processus rapide, nous modifions ou effaçons certaines mémoires. Des études récentes montrent que certains produits chimiques peuvent bloquer et modifier la mémoire.

Des activités réalisées par le cerveau sans besoin des stimuli externes ont été peu étudiées : dans les études de neuro-imagerie, on a constaté que, indépendamment de la tâche assignée, le cerveau diminue l'activité de certaines zones qui effectuent des activités de référence lorsqu'elles ne sont pas utilisées, similaire à la façon dont le cerveau fonctionne.

La simulation du futur est l'une des choses les plus intelligentes que notre cerveau fasse. On pense que cela fonctionne en créant un modèle interne du monde extérieur et comment les choses s'y comportent, grâce à la mémoire et aux expériences passées. Cette perception sert non seulement à simuler le futur, mais aussi à des choses aussi fondamentales que la vision ou la perception.

Les émotions portent avec elles une série de signes physiques tels que l'augmentation du rythme cardiaque ou la tension musculaire. Les sentiments sont des expériences subjectives qui accompagnent ce processus tangible.

Les émotions agissent généralement à travers la partie inconsciente du cerveau, et sont communes aux différentes cultures et même aux différents animaux. D'autres points de vue disent que les émotions sont des états cérébraux qui assignent des valeurs aux résultats et rendent un plan d'action rapide.

On ne sait pas exactement ce que l'intelligence signifie d'une manière biologique, si les gens les plus intelligents utilisent le cerveau différemment et comment ils le font. Des études récentes montrent une relation entre l'intelligence et la mémoire à court terme, bien que les résultats ne soient pas concluants. La vérité est que l'intelligence ne peut être liée à une seule zone du cerveau ou à un seul mécanisme.

Le cerveau a des problèmes pour synchroniser différents signaux qui se produisent en même temps mais qui sont traités à des vitesses différentes. Les sens traitent les choses différemment, par exemple, mais le cerveau essaie d'être perçu comme simultané.

Sans aucun doute, le passage du temps, la simultanéité et autres sont des constructions de notre cerveau. Le manque de synchronie peut entraîner des problèmes tels que la dyslexie ou des chutes chez les personnes âgées.

Presque tous les animaux ont tendance à dormir, et le manque de sommeil entraîne des conséquences négatives sur la santé. Cependant, nous ne savons pas avec certitude quelle est la fonction du sommeil : on croit qu'il peut être régénératif, mais la vérité est qu'il y a une grande quantité d'activité neuronale qui peut signifier quelque chose de plus. D'autres théories disent que le sommeil est un moment pour le cerveau de résoudre les problèmes avant de le faire dans le monde réel ; ou que le sommeil est le moment où la connaissance est fixée.

On ne comprend pas comment les différentes zones du cerveau se coordonnent pour fonctionner ensemble et fonctionner rapidement, en particulier en tenant compte du fait que les signaux électriques du cerveau se produisent lentement. Le cerveau est un processeur parallèle, qui effectue plusieurs opérations en même temps et très rapidement.

La plupart des scientifiques s'accordent à dire que la conscience naît des choses matérielles, parce qu'elles génèrent de petits changements physiques dans le cerveau qui peuvent altérer les expériences subjectives. Les mécanismes qui sous-tendent la conscience peuvent être réalisés à plusieurs niveaux, et on pense que la rétro-conception ou “reverse engineering” des circuits du cerveau est essentiel pour créer la conscience.

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dimanche 26 mars 2017

Dernières Découvertes sur le Cerveau Humain



Le cerveau humain contient de nombreux mystères encore inconnus
et des experts du monde entier cherchent à les découvrir


Pas un jour sans une nouvelle avancée prouvant l'incroyable sophistication du cerveau. Plus la recherche progresse, et moins l'encéphale apparaît comme une mécanique figée, il est mille fois plus complexe que tout ce que l'on pouvait imaginer.

Découverte d'une zone cérébrale unique à l'Homme impliquée dans la prise de décision et de planification


Une étude de chercheurs dirigée par le professeur Matthew Rushworth du département de psychologie expérimentale de l’Université d'Oxford, publiée dans Neuron en janvier 2014, identifie une zone du cerveau unique liée à nos capacités cognitives supérieures, et qui n’apparaît pas chez nos plus proches parents.

Cette étude par IRM du cerveau de 25 volontaires adultes âgés de 20 ans, a d’abord identifié des zones clés dans la région ventro-latérale du cortex frontal du cerveau humain et la façon dont ces zones sont connectées aux autres zones du cerveau. Puis l’équipe a comparé ces résultats aux données IRM équivalentes de 25 macaques.

La zone du cortex frontal du cerveau est impliquée dans certains processus de prise de décision et de planification et dans d’autres fonctions complexes de la cognition et du langage.

Une zone du cortex frontal humain n'a pas son équivalent chez le macaque : Grâce aux données IRM, les chercheurs ont réussi ensuite à diviser le cortex frontal en 12 zones qui ont chacune leur propre modèle de connexions avec le reste du cerveau puis ont comparé cette organisation cérébrale humaine à celle du singe. 11 des 12 zones sont retrouvées à l’identique chez les deux espèces et apparaissent connectées aux autres zones du cerveau de manière très similaire.

Cependant, une zone du cortex frontal humain n'a pas son équivalent chez le macaque, une zone nommée le “lateral frontal pole prefrontal cortex” qui semble impliquée dans la planification stratégique, la prise de décision et le multitâches. Enfin, les zones d’audition dans le cerveau sont très bien connectées avec le cortex préfrontal humain, mais beaucoup moins chez le macaque, une différence qui peut expliquer notre capacité à comprendre et à générer un discours.

En conclusion, un degré surprenant de similitude dans l'organisation des régions du cerveau qui contrôlent la langue et les processus de pensée complexes chez les humains et les singes mais également des différences importantes.


Le cerveau est connecté au système immunitaire


Des chercheurs de l'université de Virginie (États-Unis) expliquent dans la revue Nature de juin 2015, avoir découvert l'existence de vaisseaux lymphatiques dans le cerveau de souris, le reliant ainsi au système immunitaire.

Jusqu'à présent, les scientifiques étaient convaincus que le cerveau n'avait aucun lien anatomique direct avec le système immunitaire.

Élément majeur du système immunitaire, le système lymphatique constitue un vaste ensemble de vaisseaux qui drainent un liquide appelé lymphe vers des structures particulières – les organes lymphoïdes – et vers le cœur. Ce système a de nombreuses fonctions dont la principale est la circulation des cellules immunitaires dans tout le corps et l’activation de la réponse immunitaire lors d’une infection. Il contribue également à la circulation des hormones et des nutriments et permet le drainage des excès de liquide au niveau des tissus.


Cartes du système lymphatique: ancienne (à gauche) et actuelle

L'équipe américaine a pu faire cette découverte grâce à un changement de méthodologie dans la dissection des cerveaux de souris effectuée par le chercheur Antoine Louveau. La procédure habituelle prévoit en premier lieu l'ablation des méninges – les membranes recouvrant le cerveau –, puis leur "fixation", c'est-à-dire l'immobilisation des cellules dans l’état dans lequel elles étaient, juste avant la dissection.

Ces deux étapes ont été inversées : ils ont d’abord fixé les méninges alors qu’elles étaient toujours présentes dans le cerveau, puis ils les ont extraites avant de les analyser en microscopie. Une méthode qu'ils voulaient réaliser dans le seul but de pouvoir conserver beaucoup plus efficacement les méninges dans leur état d’origine. Mais grâce à elle, les chercheurs ont décelé la présence de vaisseaux lymphatiques au sein des méninges. Ils sont très bien cachés, car ils suivent un vaisseau sanguin majeur dans une zone difficile à visualiser au microscope.

Maintenant nous savons que le cerveau est comme tous les autres organes, c'est-à-dire connecté au système immunitaire via des vaisseaux lymphatiques.

Cette découverte pourrait améliorer la compréhension de nombreuses maladies affectant le système nerveux central et le système immunitaire. Par exemple, la sclérose en plaques, cette maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central, ou encore la maladie d’Alzheimer. Cette dernière implique l'accumulation massive de protéines dans le cerveau, les protéines bêta-amyloïdes. Les chercheurs pensent que l’accumulation de ces protéines pourrait provenir d’une mauvaise évacuation de ces dernières par les vaisseaux lymphatiques. Ils ont remarqué que l'aspect des vaisseaux lymphatiques dans le cerveau diffère avec l'âge. Le rôle qu'ils jouent dans le vieillissement leur est inconnu.


Des scientifiques ont découvert le siège de l’âme dans le cerveau humain


Les scientifiques du Centre de recherche en neurosciences de l’Université de Cambridge dans une étude, publié en mars 2016 dans Philosophie, Religions & Mythologies, Science, ont non seulement prouvé l’existence de l’âme, mais ont aussi identifié la région du cerveau dans laquelle elle est située.

L’équipe de neurologues a passé les trois dernières années à étudier des milliers de scans obtenus avec une technologie appelée Imagerie fonctionnelle par résonance magnétique (IRMf), qui permet aux scientifiques d’avoir des images de la modification de la circulation du sang dans le cerveau associée à une activité neuronale.

Ceci permet à des images d’être générées à l’image des structures du cerveau qui sont activées pendant l’exécution de tâches diverses, permettant ainsi de déterminer les différentes utilisations de chaque structure dans le cerveau.

Les scientifiques espéraient étudier une glande endocrine incomprise du nom de la glande pinéale, qui est située dans le thalamus, à proximité du centre du cerveau.

Tout en étudiant les nombreux scans IRMf, les chercheurs ont remarqué qu’à chaque fois qu’ils ont demandé à un patient de prier ou de méditer, l’activité du cerveau s’est soudainement concentrée autour du thalamus, plus spécifiquement dans la glande pinéale.

Après plusieurs tests et enquêtes approfondis, ils ont pu déterminer que la petite glande endocrine était le centre de toutes les pensées et croyances spirituelles et religieuses, dans le cerveau, agissant en tant que siège de l’activité spirituelle qui reçoit des informations et envoie des “ordres” aux autres structures du cerveau.

Les fonctions exactes de la glande pinéale et la nature de la relation entre l’âme et le corps restent incertaines, car le niveau extrêmement intense de l’activité cérébrale et sa concentration rendent les données encore plus difficiles à analyser.

Les chercheurs ont d’abord remarqué que lorsque les patients se sont mis à prier, leur glande pinéale est devenue complètement hyperactive. Cela semblait vraiment inhabituel, puisque cette glande était connue pour avoir un niveau d’activité faible et constant. Ils ont finalement réussi à déterminer qu’à chaque fois qu’un patient priait, méditait ou même lisait un livre sacré, l’activité cérébrale était clairement centrée sur la glande pinéale et le thalamus. Il y a une activité si intense que parfois elle brille presque sur les scanners, et il est difficile de voir exactement ce qui se passe.


Des scientifiques auraient trouvé l'interrupteur on/off de la conscience humaine


Selon une étude réalisée par des scientifiques de l'Université de Washington, publiée dans New Scientist en juillet 2014, ils ont, pour la première fois, trouvé le bouton de commande de la conscience. Ils ont réussi à éteindre celle-ci en appliquant une stimulation électrique à une partie spécifique du cerveau.

Bien que testée sur une seule personne, cette découverte suggère qu'une seule zone cérébrale, le claustrum, une fine couche de matière grise, serait responsable de l'organisation des pensées, sensations et émotions. Les chercheurs ont réussi à éteindre et rallumer la sensibilité d'une femme, atteinte d'épilepsie, en stimulant son claustrum. Pour cela, les chercheurs ont utilisé des électrodes placées en profondeur dans le cerveau afin d'enregistrer les signaux venant de différentes régions cérébrales. Objectif : trouver l'origine de ses crises.

A un moment, les électrodes ont été disposées près du claustrum, une zone qui n'avait jamais été stimulée. Dès la première impulsion, la femme a perdu toute conscience : elle a cessé de lire et s'est mise à fixer l'espace devant elle, les yeux dans le vide. Elle ne répondait plus à aucune commande visuelle et auditive et sa respiration s'est même ralentie. A l'arrêt de l'impulsion, elle a immédiatement repris conscience, sans aucun souvenir de l'épisode.

L’équipe pense que le claustrum joue un rôle majeur dans l'activation des expériences conscientes. Elle s'est également aperçue que la perte de conscience était accompagnée d'une augmentation de la synchronisation des ondes cérébrales dans les régions frontale et pariétale, qui participent à l'activation de la sensibilité. Or, trop de synchronisation n'est pas forcément bon car le cerveau n'est plus capable de distinguer un aspect d'un autre, empêchant ainsi une expérience logiquement connectée d'émerger. Cette découverte pourrait, ainsi, aider les personnes souffrant d'épilepsie ou de maladies similaires ou même les individus en état de semi-conscience.


Capacité de mémorisation du cerveau 10 fois plus grande


Une étude menée par l’institut californien Salk (La Jolla) parue dans le magazine scientifique eLife en janvier 2016, révèle que les capacités de notre cerveau sont dix fois supérieures à ce que l’on pensait.

Nos souvenirs ainsi que nos pensées dépendent de l’activité chimique et électrique de notre cerveau. L’activité principale réside dans les connexions entre les neurones. Cette communication se fait à l’aide de synapses. Chaque neurone peut avoir un millier de connexions avec les autres neurones.

L’équipe de recherche Salk a entrepris de reproduire en 3D l’hippocampe d’un rat. Cette partie du cerveau joue un rôle fondamental dans la mémoire des mammifères. Les chercheurs remarquent alors ce qu’ils considèrent comme une anomalie : certains neurones semblaient envoyer un double message.

Au début, les chercheurs ne prêtent pas attention à ce double message, ce genre d’anomalie arrive une fois sur dix dans l’hippocampe. Mais ils décident de mesurer la différence de taille entre cette paire de synapses utilisées par le neurone pour envoyer son double message.

À ce jour, les synapses étaient plus globalement distinguées en trois catégories : petites, moyennes et larges. Là, le résultat est inattendu : la différence de taille entre ces deux synapses n’excédait pas les 8%. La différence de taille était infime. Personne n’aurait pensé qu’il y aurait une différence si petite.

Ensuite, aidés d’un algorithme, les chercheurs ont pu déterminer qu’il existait à peu près vingt-six catégories de tailles de synapse. Une découverte qui a permis de mesurer combien d’informations peut être potentiellement stockées dans les connexions synaptiques. En langage informatique, vingt-six tailles de synapses correspondent à 4,7 bits d’information. Avant, on pensait que le cerveau n’était capable que de stocker l’équivalent de un ou deux bits de mémoire de courte et longue durée dans l'hippocampe. Sachant en plus qu’un cerveau adulte génère une puissance continue d’environ 20 watts (l’équivalent d’une enceinte Bluetooth basique), cela signifie qu’il peut stocker des informations très précises avec très peu d’énergie.

Un schéma précis a également été découvert. Toutes les deux ou vingt minutes, les synapses gagnent ou perdent une taille. Elles s’adaptent au signal qu’elles reçoivent. Derrière le chaos apparent du cerveau, il y a une véritable précision quant à la taille et la forme des synapses qu’il avait toujours échappé. En adaptant les mêmes modèles mathématiques, cette découverte pourrait permettre aux scientifiques de construire des ordinateurs très performants et peu énergivores.



Découverte du réseau de neurones où se produit l’imagination


Les philosophes et les hommes de science se sont beaucoup demandés sur le lieu où se produit l'imagination humaine c'est-à-dire ce qui fait que les êtres humains soient capables de créer un art, d'inventer des outils, de penser scientifiquement et de réaliser d'autres comportements très divers.

Dans une étude des chercheurs de Dartmouth College en Hanover, New Hampshire, publiée en septembre 2013 dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences, ont découvert que l’activité de ce que nous appelons l’imagination est le produit d’un vaste réseau de neurones – ce qu’ils appellent “l’espace de travail mental” – qui modifie et manipule consciemment les images, les symboles et les idées et donne à l’être humain la force mentale pour trouver de nouvelles idées et des solutions à des problèmes complexes.

Pour tester le fonctionnement du cerveau imaginatif, les chercheurs ont demandé à 15 participants de visualiser des formes abstraites spécifiques, puis leur ont dit d’imaginer la combinaison de ces formes en figures plus complexes. Ce qu’ils ont découvert était un grand réseau cortical et sub-cortical à travers le cerveau qui a produit les manipulations de l’imagerie – ce que l’on appelle l’espace de travail mental.

Le réseau s’étendait des domaines qui régissent le traitement visuel à d’autres domaines liés à l’attention et aux processus exécutifs. Ils travaillent tous ensemble pour que les manipulations se produisent.

Les résultats de Dartmouth et d’autres études récentes ont démystifié la théorie populaire selon laquelle le cerveau droit régit l’activité créatrice. De plus en plus de recherches suggèrent plutôt que le cerveau humain est beaucoup plus vaste et interconnecté que de simples explications.

Les nouvelles perspectives offrent également un point de départ pour la recherche qui pourrait aider à concevoir de meilleurs processus d’apprentissage où potentiellement l’intelligence artificielle avance.

Ces résultats aident à comprendre comment l'organisation de notre cerveau nous distingue d'autres espèces et proportionne une zone riche de jeux internes pour penser librement et avec créativité. La compréhension de ces différences donnera une idée d'où la créativité humaine vient et permettra de récréer possiblement les mêmes processus créateurs dans les machines.



Des neuroscientifiques découvrent des modèles distincts pour la mémoire et l'imagination


Une équipe de l'Université Brigham Young,  en août 2014, a découvert où et comment l’imagination se produit dans le cerveau humain.

L’imagination a une zone cérébrale qui lui est propre. Il y a toujours eu un débat scientifique sur la question de savoir si la mémoire et l'imagination sont vraiment des processus distincts.

Les chercheurs ont conçu des expériences utilisant la technologie IRM qui les aident à distinguer l'imagination pure des processus connexes comme le souvenir. L'équipe voulait étudier si la mémoire et l'imagination sont séparées ou si la mémoire et l'imagination fonctionnent ensemble.

Ils ont demandé aux participants à l'étude de fournir 60 photos personnelles pour la section “souvenir“ de l'expérience. Les participants ont également rempli un questionnaire préalable afin de déterminer quels scénarios leur seraient inconnus et donc mieux adaptés à la section “Imaginer“.

Les chercheurs ont ensuite montré aux gens leurs propres photographies au cours d'une séance d'IRM pour susciter une activité cérébrale strictement basée sur la mémoire.

Une analyse statistique a révélé des modèles distincts pour la mémoire et l'imagination. Les chercheurs ont pu voir les distinctions même dans ces petites régions de l'hippocampe, notant une définition claire entre les deux tâches dans la région du petit cerveau.

La présente étude aura des connotations dans les futures études de neuro-imagerie de groupe pour évaluer les individus à risque de troubles psychotiques tels que la schizophrénie.


Pourquoi le cerveau est-il autant ridé ?


Les plis et replis de notre cerveau cachent une complexité qui intrigue depuis longtemps les chercheurs. On sait déjà que s'il était "déplié" comme on déroule une pelote, sa surface occuperait entre 1 à 2 mètres carrés alors que le volume de notre crâne est de 1100 à 1700 cm³.

Selon une étude de l’université de Harvard aux États-unis et  de l'université de Jyväskylä en Finlande, publiée dans la revue Nature Physics en février 2016, des scientifiques ont enfin compris pourquoi le cortex cérébral était aussi fripé.

Ils ont élaboré une maquette 3D d'un cerveau obtenu à partir de l'imagerie à résonance magnétique (IRM) sur laquelle ils ont appliqué des couches de gel capables de gonfler sur certaines régions. Cette modélisation technique a permis de comprendre la mécanique du cerveau : quand les couches de gel gonflent, le cerveau se plie sous l'effet de compressions.

Le cerveau commence à se plier et se recroqueviller dès la 20e semaine de gestation du fœtus. Cette compression, tout simplement destinée à faire rentrer le cerveau dans un espace étroit, aurait cours chez l'enfant jusqu'à l'âge d'un an et demi. Cette simple innovation liée à l'évolution autorise le cortex, fin mais en croissance, à rentrer dans un petit volume. C'est la raison principale derrière ce pliage du cerveau.

Ces plis, que l'on nomme circonvolutions, sont des structures du cortex cérébral, un manteau de tissu gélatineux de deux à quatre millimètres d'épaisseur et essentiellement constitué de neurones – parfois nommé substance grise. Dans cette couche, la plus externe du cerveau, naissent nos perceptions, nos émotions et nos actions.

La surface d'un cortex humain aplati – environ deux mètres carrés – est trois fois plus grande que la surface interne de la boîte crânienne. En conséquence, ce n'est qu'en étant replié que le cortex des hommes et d'autres espèces à gros cerveau peut tenir dans la boîte crânienne.

L’existence d’effets mécaniques concerne la différence de plis entre le cervelet et le cer­veau. Le cer­velet est beaucoup plus plié que le cerveau. La taille du cervelet, déplié, peut atteindre dix fois la taille qu’il a, plié. Le cortex du cer­velet est beaucoup plus fin que celui du cerveau. En outre, l’extension du cervelet se fait surtout dans une direction (l’axe dorso-ventral), car il est constitué de fibres dans la direction des plis, qui résistent à l’allongement, tandis que la direction orthogonale s’allonge plus facilement. Le cer­veau s’étend, lui, dans toutes les directions.


Cerveau : comment se forment nos souvenirs


Une équipe de chercheurs de l'université de Californie (aux États-Unis) et de Leicester (au Royaume-Uni) révèle que l’'enregistrement d'un souvenir implique l'activation très rapides de neurones, qui "s'illuminent" individuellement si un élément rappelant la scène resurgit, Un mécanisme cérébral fascinant que ces scientifiques viennent de découvrir et qu'ils détaillent dans la revue Neuron de juillet 2015.

Afin de mener des études sur la mémoire, les chercheurs implantent des électrodes dans le cerveau de volontaires atteints d'une forme grave d'épilepsie et devant subir une opération chirurgicale du cerveau. Ils profitent ainsi du fait que ces patients doivent subir une opération du cerveau pour étudier le fonctionnement de ce dernier.

Ils ont implanté des électrodes chez 14 patients atteints d'une forme grave d'épilepsie, dans une zone du cerveau appelée "lobe temporal médian", comprenant notamment l'hippocampe et l’amygdale et connue pour être impliquée dans la mémorisation. La précision de la mesure était telle que les chercheurs pouvaient distinguer l’activité de neurones isolés.

Les chercheurs ont commencé par montrer aux volontaires des portraits d’acteurs, comme Jennifer Aniston ou Clint Eastwood (pour changer). Puis, après avoir identifié les neurones qui s'activent à la vue de ces personnes, ils ont montré de nouveau aux patients ces mêmes célébrités mais avec, au dernier plan, un monument connu. Ainsi, Jennifer Aniston se trouvait devant la Tour Eiffel et Clint Eastwood au pied de la Tour de Pise. Les volontaires devaient alors mémoriser ces associations. Enfin, seuls les images des lieux leur étaient présentés.

Verdict : l’image de la tour Eiffel déclenchait l’activation de "neurones Aniston", celle de la Tour de Pise les "neurones Eastwood". Et devant les autres images, ces neurones demeuraient totalement inactifs.

Étonnamment, il a suffit aux sujets de voir une seule fois le montage personnalité/monument pour qu'ils mémorisent l'association. C’est un changement radical par rapport aux expériences menées chez l’animal, pour qui cet apprentissage est observé après de nombreux entraînements. C’est crucial pour comprendre le processus neurologique sous-jacent à la formation de souvenirs en situation réelle, car au quotidien, nous ne sommes pas exposés de façon répétée à un événement pour nous en rappeler, une fois suffit.

Les chercheurs espèrent que la découverte de ce mécanisme pourrait conduire à une meilleure compréhension de la perte de mémoire et de nouvelles méthodes pour combattre la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies neurologiques.