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lundi 24 février 2025

Le Manque de Sommeil Peut Abîmer le Cerveau des Enfants



Le sommeil est indispensable au développement cognitif et à l’équilibre émotionnel des enfants


Dès la naissance, le cerveau se construit : les neurones établissent des connexions essentielles pour la mémoire, l’attention et les apprentissages. Or, ce processus nécessite un sommeil de qualité pour que les synapses – ces points de connexion entre neurones – se développent correctement. Si ce développement est perturbé par des réveils fréquents ou un sommeil instable, des effets négatifs durables peuvent survenir dans le comportement et le fonctionnement cérébral.

Le sommeil est bien plus qu’une simple pause dans la journée, surtout pour les enfants. C’est un élément fondamental de leur développement, agissant comme un super carburant pour leur croissance et leur éveil intellectuel. Il favorise notamment la croissance et le développement physique. Pendant le sommeil, le corps libère des hormones de croissance, essentielles chez les enfants. C’est également un moment clé pour la réparation et la régénération des tissus.

Le sommeil est un facteur clé de sa réussite. Les enfants âgés de 6 à 13 ans ont besoin de 9 à 11 heures de sommeil par nuit. Mais beaucoup n'en dorment pas suffisamment.

Un sommeil de qualité aide le corps et l'esprit de l’enfant à récupérer. Il favorise la croissance du cerveau et le contrôle émotionnel. Sans suffisamment de sommeil, l’enfant pourrait avoir des difficultés à se concentrer, à gérer son humeur et à effectuer plusieurs tâches à la fois.


Mieux comprendre l’impact du sommeil sur le Cerveau des enfants



Le sommeil favorise le développement du cerveau et les fonctions cognitives

Le sommeil est essentiel à la croissance du cerveau et à l’amélioration des capacités de réflexion. Des recherches montrent que les élèves souffrant de troubles du sommeil obtiennent souvent de moins bonnes notes en mathématiques, en lecture et en écriture. Des études montrent qu’un horaire de sommeil régulier est plus important que la durée du sommeil.

Sur le plan cognitif, le sommeil joue aussi un rôle majeur dans la consolidation de la mémoire et dans les processus d’apprentissage. Les informations acquises durant la journée sont traitées et stockées pendant le sommeil, permettant aux enfants de mieux retenir ce qu’ils apprennent à l’école ou lors de nouvelles expériences.

Le sommeil influence également l’humeur et le bien-être émotionnel. Un sommeil suffisant permet de mieux gérer le stress et les émotions.

Sommeil et consolidation de la mémoire

Un sommeil de qualité est essentiel pour traiter et stocker les souvenirs, qui sont essentiels à la réussite scolaire. Pendant le sommeil, le cerveau travaille dur pour mémoriser les nouvelles informations. Cela permet de transformer les souvenirs à court terme en souvenirs à long terme, ce qui facilite l'apprentissage et la mémorisation des choses.

Mais si le sommeil est perturbé, ce processus peut être interrompu. Il devient alors plus difficile de se souvenir de ce que l’enfant a appris pendant la journée.

Des études montrent que le sommeil peut améliorer la mémoire de 20 à 40%. Le sommeil profond, ou stade 3, est particulièrement important pour la mémoire. Les ondes cérébrales lentes de ce stade aident à déplacer les souvenirs de l'hippocampe vers un stockage plus sûr.


Conséquences du manque de sommeil chez les enfants

Le manque de sommeil peut entraîner des problèmes de concentration, de comportement et d’apprentissage. Il augmente également les risques d’accidents, d’hypertension artérielle, d’obésité, de diabète et de dépression chez les enfants et les adolescents.

Lorsque les enfants ne dorment pas suffisamment, ils sont confrontés à de nombreux problèmes. Les enfants privés de sommeil peuvent se comporter de manière plus violente, être trop actifs et avoir du mal à contrôler leurs actions. Ils ont également du mal à se concentrer et à réussir à l' école.

Sur le court terme, le manque de sommeil peut entraîner de l’irritabilité, des difficultés de concentration, ce qui peut parfois être confondu avec un TDAH (Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité).

À long terme, les risques sont encore plus préoccupants. Les études montrent qu’un sommeil insuffisant pendant l’enfance est associé à des problèmes de poids, des difficultés d’apprentissage et même à des troubles immunitaires. Des troubles du sommeil non traités pendant l’enfance peuvent également augmenter le risque de développer des maladies chroniques telles que le diabète de type 2 et l’hypertension à l’âge adulte.

Le sommeil et la réussite scolaire

Les recherches démontrent un lien étroit entre le sommeil et la réussite scolaire. Des études révèlent qu’une meilleure qualité et une meilleure quantité de sommeil conduisent à de meilleures notes et à de meilleurs résultats aux tests chez les enfants et les adolescents. D’un autre côté, un mauvais sommeil est lié à des capacités cognitives plus faibles et à des difficultés scolaires.

Pendant le sommeil, le cerveau travaille dur pour favoriser l'apprentissage, la mémoire et la concentration. Un sommeil suffisant aide l’enfant à rester vif et à réussir en classe.

Des résultats scolaires altérés

Les problèmes de sommeil peuvent également nuire au travail scolaire d'un enfant. Le manque de sommeil peut rendre difficile pour les enfants de prêter attention, de se souvenir des choses et de résoudre des problèmes. Cela peut entraîner des notes plus faibles et rendre plus difficile leur apprentissage et leur réussite scolaire.

Connaître les effets des troubles du sommeil sur les enfants aide les parents et les enseignants. Ils peuvent travailler ensemble pour aider les enfants à mieux dormir. Cela peut améliorer leur comportement, leurs sentiments et leur travail scolaire. Il est également important de créer une relation respectueuse et égalitaire avec votre enfant. Cela contribue à créer un environnement propice à un sommeil sain et à une croissance saine.

Les parents, les enseignants et les médecins doivent connaître et partager les règles de sommeil. Cela aide les enfants à réussir à l'école et à rester en bonne santé.


Que se passe-t-il dans le Cerveau de l’enfant quand il dort ?


La nuit, quand les enfants sont plongés dans les bras de Morphée, leur cerveau, lui, est loin de chômer. C’est une véritable ruche d’activités qui s’orchestre, toutes essentielles à leur développement et à leur bien-être.

Sommeil léger – les prémices d’une aventure cérébrale

La mise en scène. Le sommeil léger est l’ouverture de la symphonie du sommeil. Durant cette phase, le corps de l’enfant se détend, sa respiration et son rythme cardiaque ralentissent, préparant le terrain pour le travail nocturne du cerveau.

Bien que léger, ce sommeil est loin d’être négligeable. C’est le moment où le cerveau commence à traiter les informations de la journée à un niveau plus superficiel. Il trie les premières données, décidant de ce qui sera stocké temporairement et de ce qui sera approfondi durant les phases suivantes.

Sommeil profond – le cœur de l’œuvre cérébrale

Au cœur de l’action. Le sommeil profond est le moment de la réparation et de la consolidation. Le cerveau passe en mode “maintenance”, réparant les dommages de la journée et renforçant les voies neuronales.

Cette phase est indispensable pour la croissance et le développement du cerveau. Les ondes cérébrales ralentissent considérablement, permettant une consolidation des informations importantes en mémoire à long terme. Les apprentissages et les expériences de la journée sont intégrés de manière durable, favorisant le développement cognitif et intellectuel de l’enfant.

Sommeil paradoxal – le laboratoire onirique

Une scène de rêves. Le sommeil paradoxal est l’acte final et le plus vibrant de la symphonie nocturne. C’est le royaume des rêves, où l’imagination et la créativité prennent leur envol.

Cette phase est essentielle pour l’apprentissage émotionnel et la résolution créative des problèmes. Le cerveau traite et intègre les émotions vécues durant la journée, consolidant les apprentissages de manière plus abstraite et créative. C’est aussi un moment clé pour le développement de la pensée innovante et de la résilience émotionnelle.

Le cycle de sommeil

Un cycle de sommeil comprend l’ensemble de ces phases, depuis le sommeil léger jusqu’au sommeil paradoxal, et dure en moyenne entre 90 et 120 minutes chez l’enfant.  Au cours d’une nuit plusieurs cycles se succèdent, chacun jouant un rôle essentiel dans le processus de repos et de récupération du cerveau et du corps. Les premiers cycles de la nuit contiennent schématiquement davantage de sommeil profond, tandis que les derniers laissent davantage de place au sommeil léger et au sommeil paradoxal.

Le véritable rôle des rêves

Les rêves sont bien plus que de simples histoires nocturnes. Ils sont le théâtre où le cerveau, libéré des contraintes de la logique et de la réalité, explore, expérimente et traite les émotions. Cette activité onirique est fondamentale pour l’équilibre émotionnel et la santé mentale des enfants, leur permettant de naviguer dans leurs expériences avec une perspective renouvelée au réveil.

L’horloge biologique

L’horloge biologique, c’est comme un chef d’orchestre interne qui rythme notre vie. Située dans le cerveau, plus précisément dans l’hypothalamus, elle régule nos cycles de sommeil et d’éveil, mais aussi d’autres fonctions comme la faim, la température corporelle ou encore la production d’hormones.

Cette horloge fonctionne sur un cycle d’environ 24 heures, qu’on appelle le rythme circadien. Elle se synchronise principalement avec la lumière du jour, ce qui explique pourquoi nous avons tendance à être éveillés quand il fait jour et somnolents quand la nuit tombe.

Pour les enfants, cette horloge biologique joue un rôle clé dans le développement de bonnes habitudes de sommeil. En respectant des horaires réguliers de coucher et de lever, nous aidons cette horloge interne à se réguler, favorisant ainsi un sommeil de meilleure qualité et un réveil plus naturel.

Il est illusoire de croire que les enfants pourraient avoir une hygiène de sommeil efficace si on les couche à 3h du matin tous les week-end, mais qu’on se rattrape en les couchant tôt la semaine.

Jusqu’ici, la plupart des recherches sur le sommeil se sont concentrées sur les adolescents, qui sont particulièrement à risque de mal dormir. Cependant, les travaux suggèrent que les effets de notre environnement sur nos habitudes de sommeil se font sentir bien plus tôt, dès l’enfance. De ce fait, les interventions destinées à améliorer la qualité du sommeil devraient être mises en place au plus tôt pour être optimales.


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Recherche

Couchers tardifs et manque de sommeil peuvent abîmer le cerveau des enfants

Des neuro-scientifiques de l’Université d'État du Colorado dans une étude, publiée par Colorado State University News en juillet 2024, ce sont intéressés aux questions touchant à la réduction des disparités socioéconomiques qui peuvent influer sur le développement des enfants. À ce titre, leur objectif est de mieux comprendre comment de telles disparités affectent la qualité du sommeil et le développement du cerveau chez les plus jeunes.

Pour mener leurs travaux, ils ont recruté 94 enfants âgés de 5 à 9 ans vivant à New York, au sein de familles dont de statuts socioéconomiques variés. Parmi les foyers participants, environ 30 % percevaient des revenus inférieurs au montant considéré comme le seuil de pauvreté aux États-Unis.

Le sommeil a un impact sur l’amygdale

Afin de mesurer l’impact du manque de sommeil et des horaires de coucher sur le cerveau des enfants, les chercheurs ont demandé à leurs parents de leur décrire l’endroit où ils dormaient, ainsi que les diverses routines familiales et leur régularité. Ils leur ont également demandé de noter les heures de coucher et de réveil de leur enfant.

Par ailleurs, ils ont fait passer une IRM aux enfants, afin de déterminer la taille d’une région particulière du cerveau appelée l’amygdale, ainsi que la force de ses connexions avec d’autres régions cérébrales.

L’amygdale joue un rôle crucial dans le traitement des émotions et la quantité d’émotions négatives ressenties par une personne et on sait que le fait d’être confronté, tôt dans son existence, à des situations d’adversité peut affecter le fonctionnement de cette structure cérébrale.

Les scientifiques ont ainsi découvert que les enfants issus de familles disposant de peu de ressources économiques dormaient moins la nuit et se couchaient plus tard que les enfants de familles possédant davantage de ressources économiques. Ce sommeil plus court et ces couchers plus tardifs étaient associés à une réduction de la taille de l’amygdale et à des connexions plus faibles entre l’amygdale et d’autres régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions.

Ce lien entre désavantage socioéconomique, durée et horaires de sommeil, et taille et connectivité de l’amygdale a été observé chez des enfants dès l’âge de 5 ans.

Importance des résultats

Les résultats suggèrent que la durée et l’heure du sommeil sont importantes pour le fonctionnement des régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions.

Pendant l’enfance, le cerveau se développe rapidement. Les expériences vécues à cette période de l’existence peuvent avoir des effets à long terme sur le fonctionnement cérébral, qui dureront toute une vie.

Le manque de sommeil augmente notamment le risque de développer des problèmes de santé mentale et interfère avec la réussite scolaire. Par ailleurs, la réduction de la durée de sommeil peut compliquer la gestion du stress et des émotions.

Pourquoi les enfants socio-économiquement défavorisés dorment-ils plus mal ?

Les enfants issus de familles ou de quartiers avec peu de ressources socioéconomiques peuvent être plus à risque de problèmes de santé mentale liés au stress, en partie à cause des effets négatifs de leur environnement sur la qualité de leur sommeil.

Les données collectées par le scientifiques suggèrent que les parents qui peinent à joindre les deux bouts ont plus de difficulté à maintenir les routines familiales, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la régularité des routines de coucher, aboutissant de ce fait à un sommeil moins réparateur pour les enfants.

Il est toutefois probable qu’il existe de multiples facteurs expliquant les liens entre moindre niveau socioéconomique et mauvaise qualité du sommeil. Des difficultés financières peuvent par exemple empêcher l’acquisition d’une literie confortable, forcer à dormir dans des chambres surpeuplées, trop chaudes, trop lumineuses, ou encore obliger à habiter dans un quartier bruyant, etc.

Les résultats obtenus plaident pour la mise en place de politiques garantissant que toutes les familles disposent de ressources économiques suffisantes pour subvenir aux besoins de leurs enfants. D’autres travaux ont montré qu’accorder des compléments de revenus aux familles dans le besoin peuvent améliorer non seulement les fonctions cérébrales des enfants, mais aussi leur santé mentale ainsi que leurs résultats scolaires.


Les effets négatifs de la perturbation du sommeil sur le développement précoce du cerveau

Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord dans une étude menée sur des souris, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences en octobre 2024, révèlent pourquoi le manque de sommeil chez les jeunes enfants perturbe leur développement cérébral.

La nouvelle étude, montre comment le manque de sommeil dans la petite enfance pourrait augmenter le risque de troubles comme celui du spectre de l’autisme (TSA). En menant des expériences sur de jeunes souris génétiquement vulnérables au TSA, ils ont découvert que la privation de sommeil entraîne des difficultés sociales sur le long terme. Plus surprenant encore, alors que les souris adultes compensent le manque de sommeil en dormant davantage par la suite, les plus jeunes n’ont pas cette capacité de "rattrapage de sommeil", ce qui rend leur cerveau encore plus sensible.

Les souris plus jeunes, en revanche, manquaient de rebondissement complet du sommeil. Cela a confirmé l'hypothèse des chercheurs que les souris plus jeunes pourraient être plus sensibles aux effets nocifs de la privation de sommeil. Ils ont également noté que la privation de sommeil chez les jeunes souris a complètement altéré leurs performances dans une tâche de mémoire d'apprentissage, alors que les adultes étaient beaucoup plus résilients après la perte de sommeil.

Ensuite, le laboratoire a déplacé son attention sur les effets de la privation de sommeil sur les synapses neuronales, qui assurent la communication entre les neurones et sont le principal emplacement pour la formation et le stockage de la mémoire. Ils sont également bien étudiés pour leur rôle central dans la santé du sommeil.

L'analyse a montré que la privation de sommeil chez les jeunes souris, mais pas les adultes, affectait fortement la formation de synapses, un aspect clé du développement du cerveau.

Leurs données montrent que les bébés et les enfants sont plus vulnérables aux effets négatifs de la perturbation du sommeil. Ils ont également découvert que la perte de sommeil pendant cette période cruciale peut interagir négativement avec le risque génétique sous-jacent de trouble du spectre autistique.

Une mission continue du laboratoire, informée grâce aux travaux moléculaires de cette étude actuelle, est de développer des médicaments de nouvelle génération basés sur le sommeil qui pourraient être utilisés chez les enfants. Au lieu d'agir comme un sédatif, ils espèrent créer un médicament qui peut cibler les synapses pour restaurer la fonction du sommeil, plutôt que de modifier le comportement du sommeil lui-même.


Sommeil, état nutritionnel et comportement alimentaire chez les enfants – une étude de synthèse

Des chercheurs de l’Université fédérale de Lavras (Brésil) dans une étude, publiée par la National Library of Medicine en septembre 2022, ont passé en revue la littérature actuelle sur la relation entre le sommeil, l’état nutritionnel et le comportement alimentaire, ainsi que les mécanismes associés à ces éléments chez les enfants.

La recherche bibliographique a été réalisée dans les bases de données PubMed, LILACS et Scopus, en utilisant les termes suivants : “Enfant” ; “État nutritionnel” ; “Sommeil” ; “Activité physique OU Exercice”. Les articles inclus étaient ceux qui répondaient à l’objectif de la recherche. Les articles de synthèse, les lettres aux auteurs ou les lignes directrices ont été exclus.

Au départ, 402 articles ont été trouvés dans la recherche documentaire. Après une analyse minutieuse du titre et du résumé, et l'application des critères d'inclusion, seules 24 études ont été incluses dans la présente revue. La plupart des études suggèrent qu'une courte durée de sommeil – moins de 9-10 heures par nuit – est associée au surpoids ou à l'obésité chez les enfants. Seules trois études n'ont pas montré d'association entre le surpoids/l'obésité et les variables du sommeil.

Une courte durée de sommeil est également associée à une mauvaise qualité de l'alimentation, à une consommation plus élevée de boissons gazeuses et stimulantes avant le coucher, ainsi qu'à une carence en micro-nutriments.

Conclusions

La durée du sommeil est liée au développement du surpoids et de l'obésité chez les nourrissons. Les changements dans les habitudes alimentaires sont également liés au manque de sommeil, étant l'un des mécanismes qui contribuent à la prise de poids excessive. Il est nécessaire que les professionnels de la santé comprennent l'importance de la qualité du sommeil dans le maintien de l'état nutritionnel des enfants.


Un sommeil insuffisant pendant l’enfance est associé à des troubles immunitaires

Des scientifiques du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans une étude longitudinale, publiée par Elsevier en mai 2022, ont étudié les trajectoires de durée du sommeil associées aux niveaux de cytokines sériques spécifiques à l'âge de 5 ans.

Le sommeil est essentiel au développement optimal de l'enfant et à sa santé tout au long de sa vie. Cependant, les troubles du sommeil sont fréquents dans la petite enfance et augmentent le risque de troubles cognitifs, métaboliques et inflammatoires tout au long de la vie. Le sommeil et l'immunité sont mutuellement liés, et les cytokines sécrétées par les cellules immunitaires pourraient servir de médiateur à cette interaction.

La modulation du sommeil par les cytokines a été étudiée principalement chez les adultes et les adolescents. Peu d'études se sont concentrées sur les enfants d'âge scolaire et aucune sur les enfants d'âge préscolaire.


Les chercheurs ont émis l'hypothèse que la durée du sommeil nocturne affecte les niveaux de cytokines chez les enfants d'âge préscolaire. Dans un échantillon de 687 enfants de la cohorte de naissance française EDEN, ils ont étudié les associations entre les trajectoires de durée du sommeil nocturne de l'âge de 2 à 5 ans et les concentrations sériques de quatre cytokines (facteur de nécrose tumorale, interleukine, interféron) à l'âge de 5 ans, en ajustant les covariables pertinentes.

Comparativement à la trajectoire de référence – ≈11h30/nuit de sommeil, 37,4% des enfants –, une trajectoire de durée de sommeil plus courte – < 10 h/nuit, 4,5% des enfants – et une trajectoire de durée de sommeil changeante – ≥ 11h30/nuit puis 10h30/nuit, 5,6% des enfants –. Ils n’ont trouvé aucune association entre les trajectoires de durée de sommeil et les taux d'IL-10 ou d'IFN-γ.

Cette première étude longitudinale chez des enfants âgés de 2 à 5 ans suggère un impact de la durée du sommeil sur l'activité immunitaire dans la petite enfance. L’étude justifie des études de réplication dans des cohortes plus importantes pour explorer plus avant si et comment l'activité immunitaire interagit avec les trajectoires de sommeil pour augmenter la sensibilité aux problèmes de santé.


Impact du manque de sommeil sur la construction du cerveau de l’enfant

Des chercheurs de l’Université du Maryland (USA) dans une étude, publiée par The Lancet Child & Adolescent Health en octobre 2022, mettent en évidence les effets néfastes et préoccupants du manque de sommeil sur la structure du cerveau en construction des enfants.

Cette étude a examiné les données de plus de 8.300 enfants âgés de 9 à 10 ans, provenant de 21 sites différents, et faisant tous partie de l’étude ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development). Les chercheurs ont examiné les images IRM, les dossiers médicaux et les sondages remplis par les participants et leurs parents au moment de l'inscription et lors d'une visite de suivi, deux ans plus tard, à l'âge de 11-12 ans.

Les chercheurs s’intéressaient à cette période de la pré-adolescence, car c’est un âge important pour le développement neuro-cognitif du cerveau. Ils ont fait une distinction entre ceux qui dormaient suffisamment et ceux qui manquaient de sommeil en plaçant la limite entre les deux groupes à 9 heures de sommeil par nuit.

En comparant les connections fonctionnelles des deux groupes, les chercheurs se sont rendus compte qu‘elles étaient moindres chez les enfants en manque de sommeil. Les nuits courtes bouleversent le fonctionnement des ganglions à la base du cerveau, ce qui induit un mauvais traitement de l’information. Ainsi les enfants dont le sommeil est insuffisant seraient davantage sujets à des troubles du comportement (impulsivité, dépression anxiété…). Ce sont les fonctions cognitives et affectives qui sont altérées dans ce cas.

Le second mécanisme influe sur ce qu’on appelle “l’intelligence cristallisée”, c’est-à-dire la capacité à utiliser son expérience et ses connaissances accumulées. Grâce à des mesures structurelles du lobe temporal les chercheurs ont mis en évidence le déficit de matière grise dans cette région du cerveau. La maturation du lobe temporal des enfants en manque de sommeil est retardée, ce qui perturbe la consolidation de leur mémoire et donc leur “l’intelligence cristallisée”.

Résultats. Les enfants qui dormaient moins de neuf heures par nuit avaient moins de matière grise ou un plus petit volume dans certaines zones du cerveau responsables de l'attention, de la mémoire et du contrôle de l'inhibition. Ces différences ont persisté après deux ans, une découverte inquiétante qui suggère un préjudice à long terme pour ceux qui ne dorment pas assez.

Les chercheurs ont trouvé que les effets du manque de sommeil sur la dépression, les problèmes de réflexion et d’intelligence, passaient par des connexions dans deux régions du cerveau : la zone cortico-basale et le lobe temporal antérieur.

Les participants qui dormaient suffisamment avaient tendance à dormir progressivement moins sur deux ans, ce qui est normal à mesure que les enfants grandissent. Mais les habitudes de sommeil de ceux qui dormaient insuffisamment n'ont pas beaucoup changé.


Le manque de sommeil augmente les risques de dépression et d’impulsivité chez l’enfant

Des chercheurs de l’université de Warwick (Canada) dans une étude, publiée par Neuroscience News en février 2020, ont découvert que la santé mentale des enfants est affectée par la durée du sommeil.

Dans le cadre d’une expérience menée auprès de 11.000 enfants âgés de 9 à 11 ans, des chercheurs ont examiné la relation entre la durée du sommeil et la structure du cerveau. Ils ont découvert que les mesures de la dépression, de l'anxiété, des comportements impulsifs et des mauvaises performances cognitives étaient plus importantes chez les jeunes qui dormaient peu. Par ailleurs, des problèmes dépressifs associés à une courte durée de sommeil étaient encore enregistrés un an plus tard.

Outre le lien entre l’état de santé mentale et le manque de sommeil, les chercheurs ont découvert grâce à une analyse de big data (méga-données : ensemble très volumineux de données sur un domaine précis) que certaines parties du cerveau des enfants dormant peu avaient des volumes inférieurs à la moyenne. Les zones qui semblent ainsi impactées par le manque de sommeil, sont les cortex orbitofrontal et préfrontal, le lobe temporal ainsi le précuneus et le gyrus supramarginal.

Les résultats ont montré que le score total des problèmes de comportement pour les enfants avec moins de 7 heures de sommeil était 53% plus élevé en moyenne et le score cognitif total était 7,8% plus bas en moyenne que ceux ayant dormi entre 9 et 11 heures. Cela souligne l'importance de dormir assez pour le développement et la santé mentale des enfants.

Les chercheurs rappellent également que la quantité de sommeil recommandée pour les enfants de 6 à 12 ans est de 9 à 12 heures. Cependant, les troubles du sommeil sont fréquents chez les enfants et les adolescents du monde entier en raison de la demande croissante de temps à l'école, de l'utilisation accrue du temps d'écran et activités sportives et sociales.

Ce sont des associations importantes qui ont été identifiées entre la durée du sommeil chez les enfants, la structure du cerveau et les mesures de santé cognitive et mentale. Les chercheurs reconnaissent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour découvrir les raisons sous-jacentes de ces relations.

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Les paramètres à surveiller pour garantir un bon sommeil


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La durée. Selon l’âge, la quantité de sommeil nécessaire varie. Les tout-petits ont besoin de davantage de sommeil que les enfants plus grands, et les adolescents ont leurs propres besoins qui peuvent vite évoluer.

* La qualité. Un sommeil de qualité, c’est un sommeil profond et réparateur, sans réveils fréquents. Veiller à ce que l’environnement de sommeil soit propice à une nuit paisible (calme, confort, température adéquate).

* La régularité. Se coucher et se lever à des heures régulières, même le week-end, aide à stabiliser l’horloge interne.

* L’endormissement. Le temps qu’il faut à l’enfant pour s’endormir est aussi un indicateur. Si c’est trop long il se peut que quelque chose le tracasse ou que son environnement n’est pas assez apaisant.

* Les réveils nocturnes. Se réveiller de temps en temps, c’est normal, mais si les réveils sont trop nombreux ou trop longs, c’est peut-être le signe d’un sommeil de moins bonne qualité.

Durée de sommeil recommandée pour les enfants

Dormir suffisamment est essentiel pour le cerveau, le travail scolaire et le bonheur des enfants. La National Sleep Foundation affirme que les enfants âgés de 6 à 13 ans ont besoin de 9 à 11 heures de sommeil par nuit. Mais de nombreux enfants n'en dorment pas suffisamment : 23% d'entre eux ne dorment que 8 heures et 8% dorment 7 heures ou moins.

La National Sleep Foundation a établi des règles de sommeil pour les enfants et les adolescents de tous âges :

* Nouveau-nés (0 à 3 mois) : 11 à 17 heures de sommeil par jour

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 Nourrissons (4 à 12 mois) : 12 à 16 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Tout-petits (1 à 2 ans) : 11 à 14 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Enfants d'âge préscolaire (3 à 5 ans) : 10 à 13 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Enfants d'âge scolaire (6 à 12 ans) : 9 à 12 heures de sommeil par jour

* Adolescents (13 à 18 ans) : 8 à 10 heures de sommeil par jour.

Ces durées de sommeil ne sont pas des règles strictes, mais plutôt des repères pour aider chaque enfant à bénéficier du repos dont il a besoin à chaque étape de sa croissance. Bien sûr, chaque enfant est unique, et certains peuvent avoir besoin d’un peu plus ou un peu moins de sommeil. L’important est d’écouter et d’observer les besoins individuels de chacun pour garantir des nuits réparatrices et des journées pleines d’énergie.


Comment reconnaître les troubles du sommeil chez l’enfant ?


Les troubles du sommeil chez l’enfant peuvent se manifester de bien des façons : difficultés à s’endormir, réveils fréquents pendant la nuit, sommeil agité, cauchemars récurrents…

Les petits signes à ne pas ignorer

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L’endormissement est un marathon. Si chaque soir ressemble à une négociation sans fin pour amener votre enfant au lit, ou s’il met généralement plus de 30 minutes à s’endormir, cela peut suggérer un déséquilibre, pouvant être lié à un manque de melatonine, au stress du quotidien…

* Des réveils en série. Se réveiller la nuit, c’est normal, mais si votre enfant a du mal à se rendormir ou s’il se lève plus fatigué qu’au coucher, c’est peut-être le signe que quelque chose perturbe son sommeil.

* Sommeil agité, grincements de dents, somnambulisme. Un sommeil qui n’a rien de paisible peut aussi cacher un trouble. En cas de doute, observez les mouvements et les bruits, ils vous en diront long sur la qualité du sommeil de votre enfant.

Comment agir ? Notez les heures de coucher et de lever, les réveils nocturnes, les siestes… Et surtout, parlez-en à votre pédiatre. Il pourra vous guider et, si besoin, vous orienter vers un spécialiste du sommeil.


Conseils pour améliorer la qualité du sommeil de votre enfant

Etablir des habitudes de sommeil saines

De bonnes habitudes de sommeil sont essentielles à la réussite scolaire de votre enfant. Une routine de sommeil régulière est importante. Cela signifie la même heure de coucher et de réveil tous les jours, même le week-end. Faites en sorte que la chambre à coucher soit propice au sommeil. Gardez-la fraîche, sombre et calme. Cela aidera votre enfant à mieux dormir.

Une routine régulière est essentielle à la réussite scolaire. Se coucher et se réveiller à la même heure tous les jours favorise le sommeil. Ne laissez pas votre enfant dormir plus longtemps le week-end. Cela perturbe son horaire de sommeil pour la semaine.

Environnement propice au sommeil

Un bon environnement de sommeil est également important. Évitez les lumières vives et les écrans avant de le coucher. Limitez également la caféine pour aider votre enfant à dormir. Des activités relaxantes, comme un bain chaud, peuvent également aider votre enfant à mieux dormir. Pour les enfants qui ont peur du noir ou qui se sentent anxieux au coucher, un doudou, une veilleuse ou une petite lampe peuvent aider.

Limiter les écrans avant de dormir

La lumière bleue émise par les écrans peut interférer avec l’endormissement. Essayez de limiter l’utilisation de ces appareils électroniques au moins 2 heures avant le coucher. Gardez les télévisions, ordinateurs et autres appareils électroniques hors de la chambre à coucher pour créer un environnement dédié au sommeil.

Inciter à une activité physique régulière

Encouragez votre enfant à être actif pendant la journée. L’exercice physique contribue à un meilleur sommeil, mais évitez les activités trop stimulantes juste avant le coucher.

Surveillez l’alimentation

Veillez à ce que votre enfant mange équilibré et évitez les repas lourds, les boissons sucrées ou caféinées, en particulier en fin de journée.

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Si votre enfant a du mal à s’endormir malgré tous vos efforts, essayez d’instaurer des récurrences dans le quotidien de l’enfant. Commencez par fixer une heure de coucher et de réveil constante. Puis, chaque soir, déroulez la même séquence d’activités apaisantes (bain, pyjama, histoire…) pour créer un rituel. Ce rituel deviendra un signal puissant pour le cerveau, indiquant qu’il est temps de passer en mode sommeil. La régularité et la prévisibilité peuvent grandement aider l’enfant à s’endormir plus facilement.

En adoptant ces quelques habitudes, vous offrez à votre enfant les clés d’un sommeil réparateur, essentiel pour son épanouissement intellectuel. N’oubliez pas, un enfant bien reposé est un enfant heureux et prêt à explorer le monde avec énergie et curiosité.


Le sommeil est très important pour la réussite scolaire de votre enfant. Bien dormir 
aide son cerveau à se développer, apprendre et mieux mémoriser. Il favorise la mémoire,
 la concentration et les capacités de réflexion. Cela se traduit par des meilleures notes et  des
 moyennes générales plus élevées. Cela l'aide également à contrôler ses émotions et à réussir à l’école.


Voir aussi…


dimanche 15 mai 2016

Recherche sur les Facteurs Environnementaux Liés au TDAH





Nous savons déjà que le TDAH a une part génétique et une part environnementale. C’est-à-dire que le TDAH est un trouble en partie héréditaire; l’héritabilité de ce trouble est d’environ 80%. La composante environnementale, et donc résultant de notre histoire de vie, est toutefois non négligeable.

L’épigénétique – branche de la génétique qui étudie les changements dans les gènes qui ne peuvent être expliqués par des changements dans l’ADN – explique comment des événements peuvent modifier les gènes, c’est-à-dire comment les gènes peuvent être “sculptés” par le milieu environnemental. Ces gènes modifiés sont ensuite transmissibles de génération en génération. Nos gènes et notre environnement se modèlent l’un l’autre.


Plusieurs facteurs de risques augmentent la possibilité de développer un TDAH


Prénataux et périnataux :


* Consommation de tabac par la mère in utero (plus la quantité de cigarettes consommées est grande, plus les manifestations sont grandes)
* Consommation d’alcool et/ou de drogues in utero
* Poids faible à la naissance
* Complications durant la grossesse et/ou à l’accouchement : on a constaté que plusieurs personnes avec un TDAH ont eu des complications prénatales ou périnatales.
* Stress sévère durant la grossesse

Exposition à des toxines :


* Pesticides
* Biphényles polychlorés
* Plomb

Nutritionnels :


* Déficits sévères en zinc, magnésium, acides gras polyinsaturés

Psychosociaux :


* Adversités vécues par la famille
* Faible revenu
* Conflits parent-enfant
* Négligence, carence précoce sévère

Les enfants nés de mères qui ont fumé pendant leur grossesse sont plus susceptibles :


* de manifester des symptômes d’inattention;
* d’avoir un faible rendement scolaire;
* d’échouer aux tests de raisonnement visuo-spatial.
C’est plus fréquent chez les enfants qui ont été exposés à la nicotine et l’alcool avant leur naissance.


Le TDAH et les produits chimiques présents dans l’environnement


Certains produits chimiques interviennent dans le comportement et l’apprentissage. Les chercheurs pensent que ces produits, dont le plomb et les biphényles polychlorés (BPC), contribuent au développement du TDAH. La recherche effectuée au cours des dernières décennies a démontré que ces produits ont des effets néfastes sur la santé.

Plomb et TDAH


Le plomb est naturellement présent dans l’environnement. Depuis les années 1970, l’exposition au plomb a diminué puisqu’on a cessé d’utiliser l’essence et la peinture au plomb. Même en très petites quantités, le plomb est dangereux, surtout pour les enfants.

Sources de plomb potentielles :

* poussière et sol contaminés;
* éclats de peinture provenant des maisons anciennes;
* poussières des usines telles que les fonderies et usines d’affinage (que les travailleurs rapportent sur leurs vêtements jusqu’à chez eux);
* eau potable provenant d’installations de plomberie anciennes contenant du plomb;
* produits de grande consommation tels que les bijoux à bas prix et les rideaux en PVC;
* verrerie ou céramiques, surtout celles qui sont achetées à l’étranger;
* les petits soldats de plomb, souvent objets de collection.

L’exposition au plomb est associée à :

* un QI plus faible;
* des problèmes de lecture et des troubles d’apprentissage;
* un comportement perturbateur en classe;
* une capacité réduite à prêter attention;
* un risque plus prononcé de comportement antisocial et délinquant durant l’enfance;
* un risque plus prononcé de comportement criminel à l’âge adulte.

BPC et TDAH


Les biphényles polychlorés (BPC, autrement nommés polychlorobiphényles, PCB) sont des produits industriels chimiques utilisés auparavant dans la fabrication des équipements électriques, des systèmes hydrauliques et autres. Toutefois, ils sont très persistants, ce qui signifie qu’ils restent présents dans l’environnement et le corps pendant longtemps.

Les enfants peuvent être exposés aux BPC :

* avant leur naissance, étant donné que les BPC traversent le placenta;
* par l’ingestion de poissons et d’aliments gras contenant des BPC.

On associe l’exposition à de hauts niveaux de BPC à :

* un QI global et verbal plus bas;
* des problèmes d’attention;
* des problèmes de mémoire.


Recherche


Un faible taux de folates maternel associé au risque d'hyperactivité

Une équipe de l'université de Southampton, dans une étude publiée dans The Journal of Child Psychology and Psychiatry en novembre 2009, souligne qu’un faible taux maternel de folates est associé à un plus grand risque pour l'enfant de développer une hyperactivité et des troubles relationnels.

Un déficit en folates a été associé au risque d'anomalies de fermeture du tube neural. En revanche, le rôle des folates dans le développement cérébral du fœtus et le comportement de l'enfant est moins clair.

Les auteurs ont analysé la concentration de folates dans les globules rouges à 14 semaines de grossesse, la consommation totale de folates de l'alimentation et des suppléments en début et en fin de grossesse, au sein d'une cohorte prospective de 139 mères.

Un taux maternel plus faible de folates dans les globules rouges et de consommation totale de folates en début de grossesse était significativement associé à l'hyperactivité et aux problèmes relationnels avec les pairs chez l'enfant.

Les auteurs ont aussi constaté que le taux de folates dans les globules rouges pendant la grossesse était corrélé positivement au périmètre crânien à la naissance.

L'association directe entre le taux de folates dans les globules rouges en début de grossesse et l'hyperactivité était atténuée lorsque la croissance crânienne fœtale était prise en compte. Ces résultats suggèrent que l'association entre le taux de folates dans les globules rouges en début de grossesse et l'hyperactivité/inattention pendant l'enfance passe par la croissance crânienne fœtale.


L’exposition à la lumière fluorescente et à la télévision affecte négativement les enfants

John Nash Ott, photobiologue et pionnier de la recherche sur les effets des différents types de lumière sur les plantes, les animaux et les hommes, a découvert que l'exposition à la lumière fluorescente et à la télévision affecte négativement les enfants, dénaturant le fonctionnement cérébral et nerveux. Ott a constaté que les élèves étaient peu coopératifs, irritables, hyperactifs, peu attentifs, sous la lumière fluorescente ; mais ils étaient plus calmes et plus attentifs lorsqu'ils travaillaient sous la lumière du plein spectre (lumière du jour). La lumière intermittente de la télévision aggrave les symptômes de l'hyperactivité.

Selon John Nash Ott, ce n’est pas seulement la quantité de lumière qui est important, mais le genre de lumière à laquelle nous sommes exposés. Selon ses recherches, la meilleure lumière pour maintenir la santé est la lumière du soleil ou celle qui contient le même spectre lumineux que celle-ci.

Une étude réalisée en 1980 montre que la lumière intérieure conventionnelle augmente les niveaux d'hormones de stress, l'ACTH et le Cortisol, provoquant l'agitation mentale, fatigue, irritabilité et hyperactivité et les problèmes d'attention et d'apprentissage chez les enfants et adultes.



Tabagisme maternel pendant la grossesse


Des équipes de l’Université de York, UK et de l’Univerité de L’illinois, Chicago, Etats-Unis dans une étude (Millenium Cohort Study) publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health en 2009, apportent des résultats très solides concernant les conséquences du tabagisme maternel pendant la grossesse sur le comportement futur de l’enfant.

En grandissant, l'enfant dont la mère a fumé pendant la grossesse sera plus susceptible de souffrir de retards de développement physiologique ou mental, ainsi que de troubles de l'attention et d'hyperactivité.

Ils ont analysé les associations entre le tabagisme maternel et le comportement de 13.000 enfants, garçons et filles âgés de 3 ans. Le tabagisme des mères a été classé d’après leurs déclarations. On retrouvait 10% de grosses fumeuses, 12,5% de fumeuses modérées, 12,4% de femmes ayant arrêté de fumer au moment de la grossesse, les autres étant non fumeuses. On leur a demandé d’évaluer selon un questionnaire, le comportement de leur enfant à l’âge de 3 ans, ainsi que les éventuels déficits d’hyperactivité et d’inattention.

L’étude révèle que deux fois plus de garçons nés de mères fumeuses ont des problèmes comportementaux, soit une augmentation de 100% par rapport aux mères non fumeuses. Les garçons de femmes fumant moins de 10 cigarettes ne sont pas épargnés, l’augmentation des troubles de l’attention couplés à une hyperactivité étant dans ce cas de 80% par rapport aux enfants de mères non fumeuses.

Les filles nées de mères fumeuses ont également un risque plus élevé de présenter les mêmes désordres comportementaux.

En revanche, les enfants nés de femmes ayant cessé de fumer au moment de leur grossesse ne présentent pas cet accroissement des risques comportementaux.


Les bébés nés avant terme à cause de la pollution aux particules fines ont davantage de risques de souffrir d'hyperactivité


Une étude menée conjointement par l’Université de Cincinnati et le Cincinnati Children's Hospital Medical Center, publiée dans la revue Environmental Health en janvier 2016, montre que la pollution aux particules fines pouvait provoquer des naissances prématurées, surtout lorsque la future maman y est exposée en fin de grossesse.

La prématurité a des conséquences à long terme sur la santé de l'enfant. Les bébés nés avant terme ont davantage de risques de souffrir d'hyperactivité, de troubles de l'attention  du développement et du comportement, d'infections bactériennes.

Les chercheurs ont étudié les rapports concernant 225.000 naissances survenues dans l'état de l'Ohio entre 2007 et 2010. Parmi les 19.000 naissances prématurées recensées, 97% avaient eu lieu dans des villes fortement touchées par la pollution aux particules fines. Les scientifiques en ont conclu que lorsque la future maman vivait son troisième trimestre de grossesse dans un environnement fortement pollué, le risque de prématurité augmentait de 19%.

Les particules fines sont des microparticules polluantes qui mesurent moins de 0,25 micromètre de diamètre, et qui sont généralement produites par les moteurs des véhicules ainsi que par certains rejets atmosphériques industriels. Ces particules pénètrent dans les poumons et peuvent provoquer des troubles respiratoires (de l'asthme, par exemple) et cardiovasculaires (athérosclérose...).



Les additifs alimentaires


Une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Southampton au Royaume-Uni, publiée dans la revue Lancet en 2007, suggère qu’il existe un lien sur l’effet de deux associations de certains colorants alimentaires et du conservateur benzoate de sodium sur l’hyperactivité chez les enfants.

Les produits de consommation préférés des enfants sont justement ceux qui présentent le plus d’additifs : bonbons, pâtisserie industrielle, sodas…

Cette étude a été menée sur 298 enfants de trois, huit et neuf ans. Les enfants touchés par ce fléau souffriraient : de suractivité, d'impulsivité, d'inattention et de difficultés d'apprentissage.


Selon les chercheurs l'influence de ces additifs serait en fonction des quantités absorbées, probablement plus grave qu'on ne le croit. En particulier pour le E211 (appelé également acide benzoïque), soupçonné de perturber les mécanismes de la dopamine et d'agir sur les neurotransmetteurs cérébraux.


Déficience en acides gras essentiels


Une déficience en acides gras essentiels dans l'hyperactivité a déjà été décrite il y a plus de 20 ans, ouvrant la porte à une nouvelle approche thérapeutique. Depuis, plusieurs travaux ont confirmé cette déficience.

Les acides gras essentiels, dont l’acide gamma-linolénique (AGL) de la famille des oméga-6 et l’acide eicosapentaénoïque (AEP) de la famille des oméga-3, entrent dans la composition des membranes qui entourent les neurones.

Des études ont trouvé un taux sanguin plus faible d’acides gras essentiels chez des personnes atteintes de TDAH. De plus, les symptômes étaient plus prononcés chez les personnes dont le taux était le plus bas. Ce qui a mené certains scientifiques à émettre l’hypothèse que la prise de suppléments d’acides gras essentiels (par exemple, d’huile d’onagre ou d’huiles de poisson) pourrait contribuer au traitement du TDAH.

Ce trouble peut être provoqué par une carence ou un déséquilibre en acides gras essentiels. Il s’agit des acides gras oméga-3 et oméga-6, qui sont largement disponibles dans les viandes, les poissons et les œufs. Les humains sont incapables de fabriquer ces graisses naturellement à partir d’autres sources alimentaires. Bien que les oméga-6 soient également présentes dans l’huile végétale, les oméga-3 ne sont abondantes que dans les graisses animales, en particulier des poissons d’eau froide.


Exposition aux métaux lourds




Les métaux lourds, en s’accumulant dans l’organisme, ont une action inhibitrice sur une classe d’enzymes, les peptidases, destinées à la dégradation complète d’un ensemble de protéines alimentaires provenant du gluten – les céréales et la plupart des produits alimentaires : conserves de viande, charcuterie, moutarde, mayonnaise, sauces, bière, chocolats, mais aussi certains médicaments –. Et de la caséine – présente dans les produits laitiers et dans la viande de veau et de bœuf –.

Chez certains enfants, génétiquement prédisposés, et atteints de troubles graves du comportement ou d’autisme, on a identifié une carence de ces mêmes enzymes. De nombreux chercheurs en déduisent que, lorsque ces enzymes sont inhibées par excès de métaux lourds, des psychopathologies lourdes, ou une hyperactivité constante, ou une dépression grave peuvent apparaître chez des enfants jusqu’alors sains.

En occupant et en saturant les récepteurs opiacés, les peptides provenant du gluten et de la caséine vont alors entraîner des dérèglements du comportement, et favoriser le développement de maladies envahissantes du comportement.

Les enfants sont particulièrement vulnérables parce quel la barrière de protection du sang qui arrive au cerveau n'a pas encore atteint sa maturité et, par conséquent, les éléments toxiques (comme le plomb et autres métaux lourds) affectent directement le cerveau

Les troubles envahissants de comportement causés par la dégradation partielle du gluten et de la caséine ont été mis en lumière dans plusieurs publications médicales, rédigées notamment par le professeur Reichelt de l’Institut de recherche pédiatrique de l’Université d’Oslo. Les chercheurs ont décelé l’accumulation de peptides dans les urines (gluten et caséine).


Le TDAH pourrait être dû à une alimentation trop riche en sucres raffinés


La quasi-absence de graisse, couplée avec une surabondance d’aliments à indice glycémique élevé, conduit à un apport alimentaire très instable dans le sang. Les niveaux de glucose dans le sang montent en flèche immédiatement après un repas, ce qui déclenche une forte augmentation de la production d’insuline par le pancréas pour traiter le glucose. Toutefois, aussi longtemps que la concentration en insuline dans le sang reste élevé, les graisses qui sont stockées dans les cellules adipeuses restent inaccessibles et ne sont pas libérées dans le sang.

Beaucoup de cellules de l’organisme peuvent utiliser soit du glucose soit des graisses comme combustible. Le cerveau, lui, ne peut pas utiliser les graisses comme carburant, mais il a absolument besoin de graisses comme matière première pour la construction de son réseau de fibres nerveuses. Ceci est particulièrement vrai pour un enfant qui grandit avec un cerveau en plein développement. Le cerveau a besoin de la présence simultanée de glucose et de graisses en quantités suffisantes et adéquates, ce qui est très difficile à réaliser lorsque l’alimentation est pauvre en acides gras essentiels mais riche en aliments à indice glycémique élevé.

Dans le cas du TDAH, la génétique détermine la façon dont le corps gère l’homéostasie lorsqu’il est confronté à des glucides en excès, avec des carences alimentaires en acides gras essentiels. En matière de nutrition, le terme homéostasie se réfère au maintien d’un apport stable en glucose et en acides gras dans le sang, dans des conditions variables d’apport alimentaire.

S’il y a beaucoup de glucose et très peu de graisses dans les aliments consommés, les muscles et le cerveau consomment du glucose, mais le cerveau est privé d’un apport suffisant en graisses pour construire des connexions neuronales de grande qualité sur de longues distances. Il a été découvert que les enfants atteints de TDAH ont une substance blanche rétrécie dans certaines parties du cerveau qui sont impliquées dans le centre de l’attention et l’apprentissage de nouvelles connaissances.

Des taux anormaux de sucre dans le sang


O'Shea et Porter, Doris Rapp, New York Institute for Child Development, hôpital pour enfants de l'Alberta ont confirmé que 75% des enfants hyperactifs et avec des troubles d'apprentissage ont des allergies et des taux anormaux de sucre dans le sang.

Grâce à l'amélioration de l'alimentation, à l'élimination des allergènes alimentaires, de suppléments, l’hôpital pour enfants de l'Alberta a réussi à :

* améliorer les habitudes de sommeil,
* réduire les maux de tête et les éruptions cutanées,
* augmenter l’attention,
* éliminer ou diminuer les comportements répétitifs,
* améliorer l'obéissance,
* améliorer la coordination motrice fine,
* disparaître l'énurésie.



Les médicaments


Des médicaments qui bloquent le système nerveux central sont souvent prescrits pour parvenir à un comportement plus acceptable. Les principaux médicaments prescrits sont : Ritalin, Dexedrine, Melleril, Cylert, Thorazine, Tofranil, Benadryl ou Vistaril.

Les médicaments ne sont pas curatifs : ils atténuent les symptômes sans modifier les causes. Le principe du traitement est de stimuler l'activité cognitive de l'enfant, car son hyperactivité et son inattention résultent d'un défaut (et non d'un excès) de contrôle, donc d'activité neurale.

Effets secondaires


Il existe de nombreuses études qui ont testé l'efficacité de ces médicaments chez les enfants, et aujourd'hui, son utilisation est très répandue dans le cadre du traitement. Malgré ces résultats positifs, il convient de noter le problème de la présence d'effets secondaires associés à la prise du médicament.

Les psychostimulants ont plusieurs effets secondaires fréquents : baisse de l'appétit, insomnie, anxiété, irritabilité, nervosité, tics, dyskinésies, maux de tête, maux de ventre.

Malgré les recherches actuelles, il n’existe pas un facteur-clé comme le seul responsable du TDAH. On sait que dans la genèse du problème il y a probablement un croisement de divers facteurs de risque qui plus ou moins vont générer des symptômes. C'est pourquoi il est nécessaire une évaluation approfondie de tous les facteurs de risque.


Une alimentation saine et équilibrée


Dans une étude réalisée par l'École de médecine de l'Université Northwestern de Chicago, publiée dans la revue Pediatrics en janvier 2012, des médecins expliquent qu'une alimentation saine et équilibrée peut contribuer à améliorer le comportement des enfants souffrant de TDAH. Les interventions nutritionnelles doivent être considérées comme une méthode secondaire ou alternatif pour traiter le THADA, non pas comme une première option.

La bonne nutrition suggérée par l'étude doit inclure l'ingestion de divers groupes  de nourriture dans les repas quotidiens. Parmi eux, du poisson, des légumes, fruits et grains entiers. L’apport devrait être quotidien.

Une plus grande attention à l'éducation des parents et des enfants afin qu'ils suivent un régime alimentaire sain, absent d'éléments qui semblent prédisposer au TDAH, est peut-être le traitement complémentaire ou alternatif au TDAH le plus prometteur et pratique.

Les directives de traitement de l'American Association of Pediatrics et les directives NICE au Royaume-Uni en ce qui concerne les compléments alimentaires, évaluent fondamentalement 3 éléments.

1. Supplémentation en acides gras oméga 3 et 6, dont les niveaux bas dans le sang ont été décrits plus fréquemment chez les patients atteints de TDAH par rapport aux témoins sains.  Des suppléments de 300 à 600 mg/jour d'oméga-3 et 30-60 mg/j d'oméga-6 ont montré une diminution de l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité chez les enfants atteints de TDAH.

2. Zinc. Certaines études ont lié le faible niveau de zinc avec le TDAH. Cette relation pourrait être due à ce que le zinc fonctionne comme cofacteur pour le métabolisme de certains neurotransmetteurs et régule le métabolisme de la dopamine, qui est cruciale dans le TDAH.

3. Fer. Des niveaux bas de ferritine, ont été décrits chez les enfants atteints de TDAH comparativement aux témoins. Une relation inverse entre la sévérité des symptômes du TDAH et les taux de ferritine dans le sang a été décrite, établissant comme point de coupure, des niveaux de ferritine inférieurs à 45 µg/L et une amélioration des symptômes après un traitement avec du fer. La relation pourrait être due à qu’une carence en fer produit un dysfonctionnement du système de la dopamine, comme dans le syndrome des jambes sans repos, qui est étroitement lié à la pathophysiologie du TDAH.

Il est très difficile d'interdire complètement à un enfant des bonbons et des sodas, mais il est possible de limiter sa consommation pour prendre soin de sa santé. De cette manière non seulement les symptômes de l'hyperactivité seront diminués mais d’autres problèmes de santé comme l'obésité, diabète, caries, etc. seront prévenus. Dans tous les cas, l'hyperactivité chez les enfants peut être contrôlée naturellement avec une bonne alimentation et de l’exercice régulier.

Les meilleurs résultats thérapeutiques ont été atteints lorsque l'utilisation de médicaments est combinée avec une intervention psychologique au niveau comportemental. L'efficacité de cette combinaison s'est avérée être supérieur à un traitement basé uniquement sur la drogue ou seulement sur des techniques psychologiques.