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lundi 24 février 2025

Le Manque de Sommeil Peut Abîmer le Cerveau des Enfants



Le sommeil est indispensable au développement cognitif et à l’équilibre émotionnel des enfants


Dès la naissance, le cerveau se construit : les neurones établissent des connexions essentielles pour la mémoire, l’attention et les apprentissages. Or, ce processus nécessite un sommeil de qualité pour que les synapses – ces points de connexion entre neurones – se développent correctement. Si ce développement est perturbé par des réveils fréquents ou un sommeil instable, des effets négatifs durables peuvent survenir dans le comportement et le fonctionnement cérébral.

Le sommeil est bien plus qu’une simple pause dans la journée, surtout pour les enfants. C’est un élément fondamental de leur développement, agissant comme un super carburant pour leur croissance et leur éveil intellectuel. Il favorise notamment la croissance et le développement physique. Pendant le sommeil, le corps libère des hormones de croissance, essentielles chez les enfants. C’est également un moment clé pour la réparation et la régénération des tissus.

Le sommeil est un facteur clé de sa réussite. Les enfants âgés de 6 à 13 ans ont besoin de 9 à 11 heures de sommeil par nuit. Mais beaucoup n'en dorment pas suffisamment.

Un sommeil de qualité aide le corps et l'esprit de l’enfant à récupérer. Il favorise la croissance du cerveau et le contrôle émotionnel. Sans suffisamment de sommeil, l’enfant pourrait avoir des difficultés à se concentrer, à gérer son humeur et à effectuer plusieurs tâches à la fois.


Mieux comprendre l’impact du sommeil sur le Cerveau des enfants



Le sommeil favorise le développement du cerveau et les fonctions cognitives

Le sommeil est essentiel à la croissance du cerveau et à l’amélioration des capacités de réflexion. Des recherches montrent que les élèves souffrant de troubles du sommeil obtiennent souvent de moins bonnes notes en mathématiques, en lecture et en écriture. Des études montrent qu’un horaire de sommeil régulier est plus important que la durée du sommeil.

Sur le plan cognitif, le sommeil joue aussi un rôle majeur dans la consolidation de la mémoire et dans les processus d’apprentissage. Les informations acquises durant la journée sont traitées et stockées pendant le sommeil, permettant aux enfants de mieux retenir ce qu’ils apprennent à l’école ou lors de nouvelles expériences.

Le sommeil influence également l’humeur et le bien-être émotionnel. Un sommeil suffisant permet de mieux gérer le stress et les émotions.

Sommeil et consolidation de la mémoire

Un sommeil de qualité est essentiel pour traiter et stocker les souvenirs, qui sont essentiels à la réussite scolaire. Pendant le sommeil, le cerveau travaille dur pour mémoriser les nouvelles informations. Cela permet de transformer les souvenirs à court terme en souvenirs à long terme, ce qui facilite l'apprentissage et la mémorisation des choses.

Mais si le sommeil est perturbé, ce processus peut être interrompu. Il devient alors plus difficile de se souvenir de ce que l’enfant a appris pendant la journée.

Des études montrent que le sommeil peut améliorer la mémoire de 20 à 40%. Le sommeil profond, ou stade 3, est particulièrement important pour la mémoire. Les ondes cérébrales lentes de ce stade aident à déplacer les souvenirs de l'hippocampe vers un stockage plus sûr.


Conséquences du manque de sommeil chez les enfants

Le manque de sommeil peut entraîner des problèmes de concentration, de comportement et d’apprentissage. Il augmente également les risques d’accidents, d’hypertension artérielle, d’obésité, de diabète et de dépression chez les enfants et les adolescents.

Lorsque les enfants ne dorment pas suffisamment, ils sont confrontés à de nombreux problèmes. Les enfants privés de sommeil peuvent se comporter de manière plus violente, être trop actifs et avoir du mal à contrôler leurs actions. Ils ont également du mal à se concentrer et à réussir à l' école.

Sur le court terme, le manque de sommeil peut entraîner de l’irritabilité, des difficultés de concentration, ce qui peut parfois être confondu avec un TDAH (Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité).

À long terme, les risques sont encore plus préoccupants. Les études montrent qu’un sommeil insuffisant pendant l’enfance est associé à des problèmes de poids, des difficultés d’apprentissage et même à des troubles immunitaires. Des troubles du sommeil non traités pendant l’enfance peuvent également augmenter le risque de développer des maladies chroniques telles que le diabète de type 2 et l’hypertension à l’âge adulte.

Le sommeil et la réussite scolaire

Les recherches démontrent un lien étroit entre le sommeil et la réussite scolaire. Des études révèlent qu’une meilleure qualité et une meilleure quantité de sommeil conduisent à de meilleures notes et à de meilleurs résultats aux tests chez les enfants et les adolescents. D’un autre côté, un mauvais sommeil est lié à des capacités cognitives plus faibles et à des difficultés scolaires.

Pendant le sommeil, le cerveau travaille dur pour favoriser l'apprentissage, la mémoire et la concentration. Un sommeil suffisant aide l’enfant à rester vif et à réussir en classe.

Des résultats scolaires altérés

Les problèmes de sommeil peuvent également nuire au travail scolaire d'un enfant. Le manque de sommeil peut rendre difficile pour les enfants de prêter attention, de se souvenir des choses et de résoudre des problèmes. Cela peut entraîner des notes plus faibles et rendre plus difficile leur apprentissage et leur réussite scolaire.

Connaître les effets des troubles du sommeil sur les enfants aide les parents et les enseignants. Ils peuvent travailler ensemble pour aider les enfants à mieux dormir. Cela peut améliorer leur comportement, leurs sentiments et leur travail scolaire. Il est également important de créer une relation respectueuse et égalitaire avec votre enfant. Cela contribue à créer un environnement propice à un sommeil sain et à une croissance saine.

Les parents, les enseignants et les médecins doivent connaître et partager les règles de sommeil. Cela aide les enfants à réussir à l'école et à rester en bonne santé.


Que se passe-t-il dans le Cerveau de l’enfant quand il dort ?


La nuit, quand les enfants sont plongés dans les bras de Morphée, leur cerveau, lui, est loin de chômer. C’est une véritable ruche d’activités qui s’orchestre, toutes essentielles à leur développement et à leur bien-être.

Sommeil léger – les prémices d’une aventure cérébrale

La mise en scène. Le sommeil léger est l’ouverture de la symphonie du sommeil. Durant cette phase, le corps de l’enfant se détend, sa respiration et son rythme cardiaque ralentissent, préparant le terrain pour le travail nocturne du cerveau.

Bien que léger, ce sommeil est loin d’être négligeable. C’est le moment où le cerveau commence à traiter les informations de la journée à un niveau plus superficiel. Il trie les premières données, décidant de ce qui sera stocké temporairement et de ce qui sera approfondi durant les phases suivantes.

Sommeil profond – le cœur de l’œuvre cérébrale

Au cœur de l’action. Le sommeil profond est le moment de la réparation et de la consolidation. Le cerveau passe en mode “maintenance”, réparant les dommages de la journée et renforçant les voies neuronales.

Cette phase est indispensable pour la croissance et le développement du cerveau. Les ondes cérébrales ralentissent considérablement, permettant une consolidation des informations importantes en mémoire à long terme. Les apprentissages et les expériences de la journée sont intégrés de manière durable, favorisant le développement cognitif et intellectuel de l’enfant.

Sommeil paradoxal – le laboratoire onirique

Une scène de rêves. Le sommeil paradoxal est l’acte final et le plus vibrant de la symphonie nocturne. C’est le royaume des rêves, où l’imagination et la créativité prennent leur envol.

Cette phase est essentielle pour l’apprentissage émotionnel et la résolution créative des problèmes. Le cerveau traite et intègre les émotions vécues durant la journée, consolidant les apprentissages de manière plus abstraite et créative. C’est aussi un moment clé pour le développement de la pensée innovante et de la résilience émotionnelle.

Le cycle de sommeil

Un cycle de sommeil comprend l’ensemble de ces phases, depuis le sommeil léger jusqu’au sommeil paradoxal, et dure en moyenne entre 90 et 120 minutes chez l’enfant.  Au cours d’une nuit plusieurs cycles se succèdent, chacun jouant un rôle essentiel dans le processus de repos et de récupération du cerveau et du corps. Les premiers cycles de la nuit contiennent schématiquement davantage de sommeil profond, tandis que les derniers laissent davantage de place au sommeil léger et au sommeil paradoxal.

Le véritable rôle des rêves

Les rêves sont bien plus que de simples histoires nocturnes. Ils sont le théâtre où le cerveau, libéré des contraintes de la logique et de la réalité, explore, expérimente et traite les émotions. Cette activité onirique est fondamentale pour l’équilibre émotionnel et la santé mentale des enfants, leur permettant de naviguer dans leurs expériences avec une perspective renouvelée au réveil.

L’horloge biologique

L’horloge biologique, c’est comme un chef d’orchestre interne qui rythme notre vie. Située dans le cerveau, plus précisément dans l’hypothalamus, elle régule nos cycles de sommeil et d’éveil, mais aussi d’autres fonctions comme la faim, la température corporelle ou encore la production d’hormones.

Cette horloge fonctionne sur un cycle d’environ 24 heures, qu’on appelle le rythme circadien. Elle se synchronise principalement avec la lumière du jour, ce qui explique pourquoi nous avons tendance à être éveillés quand il fait jour et somnolents quand la nuit tombe.

Pour les enfants, cette horloge biologique joue un rôle clé dans le développement de bonnes habitudes de sommeil. En respectant des horaires réguliers de coucher et de lever, nous aidons cette horloge interne à se réguler, favorisant ainsi un sommeil de meilleure qualité et un réveil plus naturel.

Il est illusoire de croire que les enfants pourraient avoir une hygiène de sommeil efficace si on les couche à 3h du matin tous les week-end, mais qu’on se rattrape en les couchant tôt la semaine.

Jusqu’ici, la plupart des recherches sur le sommeil se sont concentrées sur les adolescents, qui sont particulièrement à risque de mal dormir. Cependant, les travaux suggèrent que les effets de notre environnement sur nos habitudes de sommeil se font sentir bien plus tôt, dès l’enfance. De ce fait, les interventions destinées à améliorer la qualité du sommeil devraient être mises en place au plus tôt pour être optimales.


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Recherche

Couchers tardifs et manque de sommeil peuvent abîmer le cerveau des enfants

Des neuro-scientifiques de l’Université d'État du Colorado dans une étude, publiée par Colorado State University News en juillet 2024, ce sont intéressés aux questions touchant à la réduction des disparités socioéconomiques qui peuvent influer sur le développement des enfants. À ce titre, leur objectif est de mieux comprendre comment de telles disparités affectent la qualité du sommeil et le développement du cerveau chez les plus jeunes.

Pour mener leurs travaux, ils ont recruté 94 enfants âgés de 5 à 9 ans vivant à New York, au sein de familles dont de statuts socioéconomiques variés. Parmi les foyers participants, environ 30 % percevaient des revenus inférieurs au montant considéré comme le seuil de pauvreté aux États-Unis.

Le sommeil a un impact sur l’amygdale

Afin de mesurer l’impact du manque de sommeil et des horaires de coucher sur le cerveau des enfants, les chercheurs ont demandé à leurs parents de leur décrire l’endroit où ils dormaient, ainsi que les diverses routines familiales et leur régularité. Ils leur ont également demandé de noter les heures de coucher et de réveil de leur enfant.

Par ailleurs, ils ont fait passer une IRM aux enfants, afin de déterminer la taille d’une région particulière du cerveau appelée l’amygdale, ainsi que la force de ses connexions avec d’autres régions cérébrales.

L’amygdale joue un rôle crucial dans le traitement des émotions et la quantité d’émotions négatives ressenties par une personne et on sait que le fait d’être confronté, tôt dans son existence, à des situations d’adversité peut affecter le fonctionnement de cette structure cérébrale.

Les scientifiques ont ainsi découvert que les enfants issus de familles disposant de peu de ressources économiques dormaient moins la nuit et se couchaient plus tard que les enfants de familles possédant davantage de ressources économiques. Ce sommeil plus court et ces couchers plus tardifs étaient associés à une réduction de la taille de l’amygdale et à des connexions plus faibles entre l’amygdale et d’autres régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions.

Ce lien entre désavantage socioéconomique, durée et horaires de sommeil, et taille et connectivité de l’amygdale a été observé chez des enfants dès l’âge de 5 ans.

Importance des résultats

Les résultats suggèrent que la durée et l’heure du sommeil sont importantes pour le fonctionnement des régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions.

Pendant l’enfance, le cerveau se développe rapidement. Les expériences vécues à cette période de l’existence peuvent avoir des effets à long terme sur le fonctionnement cérébral, qui dureront toute une vie.

Le manque de sommeil augmente notamment le risque de développer des problèmes de santé mentale et interfère avec la réussite scolaire. Par ailleurs, la réduction de la durée de sommeil peut compliquer la gestion du stress et des émotions.

Pourquoi les enfants socio-économiquement défavorisés dorment-ils plus mal ?

Les enfants issus de familles ou de quartiers avec peu de ressources socioéconomiques peuvent être plus à risque de problèmes de santé mentale liés au stress, en partie à cause des effets négatifs de leur environnement sur la qualité de leur sommeil.

Les données collectées par le scientifiques suggèrent que les parents qui peinent à joindre les deux bouts ont plus de difficulté à maintenir les routines familiales, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur la régularité des routines de coucher, aboutissant de ce fait à un sommeil moins réparateur pour les enfants.

Il est toutefois probable qu’il existe de multiples facteurs expliquant les liens entre moindre niveau socioéconomique et mauvaise qualité du sommeil. Des difficultés financières peuvent par exemple empêcher l’acquisition d’une literie confortable, forcer à dormir dans des chambres surpeuplées, trop chaudes, trop lumineuses, ou encore obliger à habiter dans un quartier bruyant, etc.

Les résultats obtenus plaident pour la mise en place de politiques garantissant que toutes les familles disposent de ressources économiques suffisantes pour subvenir aux besoins de leurs enfants. D’autres travaux ont montré qu’accorder des compléments de revenus aux familles dans le besoin peuvent améliorer non seulement les fonctions cérébrales des enfants, mais aussi leur santé mentale ainsi que leurs résultats scolaires.


Les effets négatifs de la perturbation du sommeil sur le développement précoce du cerveau

Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord dans une étude menée sur des souris, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences en octobre 2024, révèlent pourquoi le manque de sommeil chez les jeunes enfants perturbe leur développement cérébral.

La nouvelle étude, montre comment le manque de sommeil dans la petite enfance pourrait augmenter le risque de troubles comme celui du spectre de l’autisme (TSA). En menant des expériences sur de jeunes souris génétiquement vulnérables au TSA, ils ont découvert que la privation de sommeil entraîne des difficultés sociales sur le long terme. Plus surprenant encore, alors que les souris adultes compensent le manque de sommeil en dormant davantage par la suite, les plus jeunes n’ont pas cette capacité de "rattrapage de sommeil", ce qui rend leur cerveau encore plus sensible.

Les souris plus jeunes, en revanche, manquaient de rebondissement complet du sommeil. Cela a confirmé l'hypothèse des chercheurs que les souris plus jeunes pourraient être plus sensibles aux effets nocifs de la privation de sommeil. Ils ont également noté que la privation de sommeil chez les jeunes souris a complètement altéré leurs performances dans une tâche de mémoire d'apprentissage, alors que les adultes étaient beaucoup plus résilients après la perte de sommeil.

Ensuite, le laboratoire a déplacé son attention sur les effets de la privation de sommeil sur les synapses neuronales, qui assurent la communication entre les neurones et sont le principal emplacement pour la formation et le stockage de la mémoire. Ils sont également bien étudiés pour leur rôle central dans la santé du sommeil.

L'analyse a montré que la privation de sommeil chez les jeunes souris, mais pas les adultes, affectait fortement la formation de synapses, un aspect clé du développement du cerveau.

Leurs données montrent que les bébés et les enfants sont plus vulnérables aux effets négatifs de la perturbation du sommeil. Ils ont également découvert que la perte de sommeil pendant cette période cruciale peut interagir négativement avec le risque génétique sous-jacent de trouble du spectre autistique.

Une mission continue du laboratoire, informée grâce aux travaux moléculaires de cette étude actuelle, est de développer des médicaments de nouvelle génération basés sur le sommeil qui pourraient être utilisés chez les enfants. Au lieu d'agir comme un sédatif, ils espèrent créer un médicament qui peut cibler les synapses pour restaurer la fonction du sommeil, plutôt que de modifier le comportement du sommeil lui-même.


Sommeil, état nutritionnel et comportement alimentaire chez les enfants – une étude de synthèse

Des chercheurs de l’Université fédérale de Lavras (Brésil) dans une étude, publiée par la National Library of Medicine en septembre 2022, ont passé en revue la littérature actuelle sur la relation entre le sommeil, l’état nutritionnel et le comportement alimentaire, ainsi que les mécanismes associés à ces éléments chez les enfants.

La recherche bibliographique a été réalisée dans les bases de données PubMed, LILACS et Scopus, en utilisant les termes suivants : “Enfant” ; “État nutritionnel” ; “Sommeil” ; “Activité physique OU Exercice”. Les articles inclus étaient ceux qui répondaient à l’objectif de la recherche. Les articles de synthèse, les lettres aux auteurs ou les lignes directrices ont été exclus.

Au départ, 402 articles ont été trouvés dans la recherche documentaire. Après une analyse minutieuse du titre et du résumé, et l'application des critères d'inclusion, seules 24 études ont été incluses dans la présente revue. La plupart des études suggèrent qu'une courte durée de sommeil – moins de 9-10 heures par nuit – est associée au surpoids ou à l'obésité chez les enfants. Seules trois études n'ont pas montré d'association entre le surpoids/l'obésité et les variables du sommeil.

Une courte durée de sommeil est également associée à une mauvaise qualité de l'alimentation, à une consommation plus élevée de boissons gazeuses et stimulantes avant le coucher, ainsi qu'à une carence en micro-nutriments.

Conclusions

La durée du sommeil est liée au développement du surpoids et de l'obésité chez les nourrissons. Les changements dans les habitudes alimentaires sont également liés au manque de sommeil, étant l'un des mécanismes qui contribuent à la prise de poids excessive. Il est nécessaire que les professionnels de la santé comprennent l'importance de la qualité du sommeil dans le maintien de l'état nutritionnel des enfants.


Un sommeil insuffisant pendant l’enfance est associé à des troubles immunitaires

Des scientifiques du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans une étude longitudinale, publiée par Elsevier en mai 2022, ont étudié les trajectoires de durée du sommeil associées aux niveaux de cytokines sériques spécifiques à l'âge de 5 ans.

Le sommeil est essentiel au développement optimal de l'enfant et à sa santé tout au long de sa vie. Cependant, les troubles du sommeil sont fréquents dans la petite enfance et augmentent le risque de troubles cognitifs, métaboliques et inflammatoires tout au long de la vie. Le sommeil et l'immunité sont mutuellement liés, et les cytokines sécrétées par les cellules immunitaires pourraient servir de médiateur à cette interaction.

La modulation du sommeil par les cytokines a été étudiée principalement chez les adultes et les adolescents. Peu d'études se sont concentrées sur les enfants d'âge scolaire et aucune sur les enfants d'âge préscolaire.


Les chercheurs ont émis l'hypothèse que la durée du sommeil nocturne affecte les niveaux de cytokines chez les enfants d'âge préscolaire. Dans un échantillon de 687 enfants de la cohorte de naissance française EDEN, ils ont étudié les associations entre les trajectoires de durée du sommeil nocturne de l'âge de 2 à 5 ans et les concentrations sériques de quatre cytokines (facteur de nécrose tumorale, interleukine, interféron) à l'âge de 5 ans, en ajustant les covariables pertinentes.

Comparativement à la trajectoire de référence – ≈11h30/nuit de sommeil, 37,4% des enfants –, une trajectoire de durée de sommeil plus courte – < 10 h/nuit, 4,5% des enfants – et une trajectoire de durée de sommeil changeante – ≥ 11h30/nuit puis 10h30/nuit, 5,6% des enfants –. Ils n’ont trouvé aucune association entre les trajectoires de durée de sommeil et les taux d'IL-10 ou d'IFN-γ.

Cette première étude longitudinale chez des enfants âgés de 2 à 5 ans suggère un impact de la durée du sommeil sur l'activité immunitaire dans la petite enfance. L’étude justifie des études de réplication dans des cohortes plus importantes pour explorer plus avant si et comment l'activité immunitaire interagit avec les trajectoires de sommeil pour augmenter la sensibilité aux problèmes de santé.


Impact du manque de sommeil sur la construction du cerveau de l’enfant

Des chercheurs de l’Université du Maryland (USA) dans une étude, publiée par The Lancet Child & Adolescent Health en octobre 2022, mettent en évidence les effets néfastes et préoccupants du manque de sommeil sur la structure du cerveau en construction des enfants.

Cette étude a examiné les données de plus de 8.300 enfants âgés de 9 à 10 ans, provenant de 21 sites différents, et faisant tous partie de l’étude ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development). Les chercheurs ont examiné les images IRM, les dossiers médicaux et les sondages remplis par les participants et leurs parents au moment de l'inscription et lors d'une visite de suivi, deux ans plus tard, à l'âge de 11-12 ans.

Les chercheurs s’intéressaient à cette période de la pré-adolescence, car c’est un âge important pour le développement neuro-cognitif du cerveau. Ils ont fait une distinction entre ceux qui dormaient suffisamment et ceux qui manquaient de sommeil en plaçant la limite entre les deux groupes à 9 heures de sommeil par nuit.

En comparant les connections fonctionnelles des deux groupes, les chercheurs se sont rendus compte qu‘elles étaient moindres chez les enfants en manque de sommeil. Les nuits courtes bouleversent le fonctionnement des ganglions à la base du cerveau, ce qui induit un mauvais traitement de l’information. Ainsi les enfants dont le sommeil est insuffisant seraient davantage sujets à des troubles du comportement (impulsivité, dépression anxiété…). Ce sont les fonctions cognitives et affectives qui sont altérées dans ce cas.

Le second mécanisme influe sur ce qu’on appelle “l’intelligence cristallisée”, c’est-à-dire la capacité à utiliser son expérience et ses connaissances accumulées. Grâce à des mesures structurelles du lobe temporal les chercheurs ont mis en évidence le déficit de matière grise dans cette région du cerveau. La maturation du lobe temporal des enfants en manque de sommeil est retardée, ce qui perturbe la consolidation de leur mémoire et donc leur “l’intelligence cristallisée”.

Résultats. Les enfants qui dormaient moins de neuf heures par nuit avaient moins de matière grise ou un plus petit volume dans certaines zones du cerveau responsables de l'attention, de la mémoire et du contrôle de l'inhibition. Ces différences ont persisté après deux ans, une découverte inquiétante qui suggère un préjudice à long terme pour ceux qui ne dorment pas assez.

Les chercheurs ont trouvé que les effets du manque de sommeil sur la dépression, les problèmes de réflexion et d’intelligence, passaient par des connexions dans deux régions du cerveau : la zone cortico-basale et le lobe temporal antérieur.

Les participants qui dormaient suffisamment avaient tendance à dormir progressivement moins sur deux ans, ce qui est normal à mesure que les enfants grandissent. Mais les habitudes de sommeil de ceux qui dormaient insuffisamment n'ont pas beaucoup changé.


Le manque de sommeil augmente les risques de dépression et d’impulsivité chez l’enfant

Des chercheurs de l’université de Warwick (Canada) dans une étude, publiée par Neuroscience News en février 2020, ont découvert que la santé mentale des enfants est affectée par la durée du sommeil.

Dans le cadre d’une expérience menée auprès de 11.000 enfants âgés de 9 à 11 ans, des chercheurs ont examiné la relation entre la durée du sommeil et la structure du cerveau. Ils ont découvert que les mesures de la dépression, de l'anxiété, des comportements impulsifs et des mauvaises performances cognitives étaient plus importantes chez les jeunes qui dormaient peu. Par ailleurs, des problèmes dépressifs associés à une courte durée de sommeil étaient encore enregistrés un an plus tard.

Outre le lien entre l’état de santé mentale et le manque de sommeil, les chercheurs ont découvert grâce à une analyse de big data (méga-données : ensemble très volumineux de données sur un domaine précis) que certaines parties du cerveau des enfants dormant peu avaient des volumes inférieurs à la moyenne. Les zones qui semblent ainsi impactées par le manque de sommeil, sont les cortex orbitofrontal et préfrontal, le lobe temporal ainsi le précuneus et le gyrus supramarginal.

Les résultats ont montré que le score total des problèmes de comportement pour les enfants avec moins de 7 heures de sommeil était 53% plus élevé en moyenne et le score cognitif total était 7,8% plus bas en moyenne que ceux ayant dormi entre 9 et 11 heures. Cela souligne l'importance de dormir assez pour le développement et la santé mentale des enfants.

Les chercheurs rappellent également que la quantité de sommeil recommandée pour les enfants de 6 à 12 ans est de 9 à 12 heures. Cependant, les troubles du sommeil sont fréquents chez les enfants et les adolescents du monde entier en raison de la demande croissante de temps à l'école, de l'utilisation accrue du temps d'écran et activités sportives et sociales.

Ce sont des associations importantes qui ont été identifiées entre la durée du sommeil chez les enfants, la structure du cerveau et les mesures de santé cognitive et mentale. Les chercheurs reconnaissent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour découvrir les raisons sous-jacentes de ces relations.

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Les paramètres à surveiller pour garantir un bon sommeil


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La durée. Selon l’âge, la quantité de sommeil nécessaire varie. Les tout-petits ont besoin de davantage de sommeil que les enfants plus grands, et les adolescents ont leurs propres besoins qui peuvent vite évoluer.

* La qualité. Un sommeil de qualité, c’est un sommeil profond et réparateur, sans réveils fréquents. Veiller à ce que l’environnement de sommeil soit propice à une nuit paisible (calme, confort, température adéquate).

* La régularité. Se coucher et se lever à des heures régulières, même le week-end, aide à stabiliser l’horloge interne.

* L’endormissement. Le temps qu’il faut à l’enfant pour s’endormir est aussi un indicateur. Si c’est trop long il se peut que quelque chose le tracasse ou que son environnement n’est pas assez apaisant.

* Les réveils nocturnes. Se réveiller de temps en temps, c’est normal, mais si les réveils sont trop nombreux ou trop longs, c’est peut-être le signe d’un sommeil de moins bonne qualité.

Durée de sommeil recommandée pour les enfants

Dormir suffisamment est essentiel pour le cerveau, le travail scolaire et le bonheur des enfants. La National Sleep Foundation affirme que les enfants âgés de 6 à 13 ans ont besoin de 9 à 11 heures de sommeil par nuit. Mais de nombreux enfants n'en dorment pas suffisamment : 23% d'entre eux ne dorment que 8 heures et 8% dorment 7 heures ou moins.

La National Sleep Foundation a établi des règles de sommeil pour les enfants et les adolescents de tous âges :

* Nouveau-nés (0 à 3 mois) : 11 à 17 heures de sommeil par jour

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 Nourrissons (4 à 12 mois) : 12 à 16 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Tout-petits (1 à 2 ans) : 11 à 14 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Enfants d'âge préscolaire (3 à 5 ans) : 10 à 13 heures de sommeil par jour, siestes comprises

* Enfants d'âge scolaire (6 à 12 ans) : 9 à 12 heures de sommeil par jour

* Adolescents (13 à 18 ans) : 8 à 10 heures de sommeil par jour.

Ces durées de sommeil ne sont pas des règles strictes, mais plutôt des repères pour aider chaque enfant à bénéficier du repos dont il a besoin à chaque étape de sa croissance. Bien sûr, chaque enfant est unique, et certains peuvent avoir besoin d’un peu plus ou un peu moins de sommeil. L’important est d’écouter et d’observer les besoins individuels de chacun pour garantir des nuits réparatrices et des journées pleines d’énergie.


Comment reconnaître les troubles du sommeil chez l’enfant ?


Les troubles du sommeil chez l’enfant peuvent se manifester de bien des façons : difficultés à s’endormir, réveils fréquents pendant la nuit, sommeil agité, cauchemars récurrents…

Les petits signes à ne pas ignorer

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L’endormissement est un marathon. Si chaque soir ressemble à une négociation sans fin pour amener votre enfant au lit, ou s’il met généralement plus de 30 minutes à s’endormir, cela peut suggérer un déséquilibre, pouvant être lié à un manque de melatonine, au stress du quotidien…

* Des réveils en série. Se réveiller la nuit, c’est normal, mais si votre enfant a du mal à se rendormir ou s’il se lève plus fatigué qu’au coucher, c’est peut-être le signe que quelque chose perturbe son sommeil.

* Sommeil agité, grincements de dents, somnambulisme. Un sommeil qui n’a rien de paisible peut aussi cacher un trouble. En cas de doute, observez les mouvements et les bruits, ils vous en diront long sur la qualité du sommeil de votre enfant.

Comment agir ? Notez les heures de coucher et de lever, les réveils nocturnes, les siestes… Et surtout, parlez-en à votre pédiatre. Il pourra vous guider et, si besoin, vous orienter vers un spécialiste du sommeil.


Conseils pour améliorer la qualité du sommeil de votre enfant

Etablir des habitudes de sommeil saines

De bonnes habitudes de sommeil sont essentielles à la réussite scolaire de votre enfant. Une routine de sommeil régulière est importante. Cela signifie la même heure de coucher et de réveil tous les jours, même le week-end. Faites en sorte que la chambre à coucher soit propice au sommeil. Gardez-la fraîche, sombre et calme. Cela aidera votre enfant à mieux dormir.

Une routine régulière est essentielle à la réussite scolaire. Se coucher et se réveiller à la même heure tous les jours favorise le sommeil. Ne laissez pas votre enfant dormir plus longtemps le week-end. Cela perturbe son horaire de sommeil pour la semaine.

Environnement propice au sommeil

Un bon environnement de sommeil est également important. Évitez les lumières vives et les écrans avant de le coucher. Limitez également la caféine pour aider votre enfant à dormir. Des activités relaxantes, comme un bain chaud, peuvent également aider votre enfant à mieux dormir. Pour les enfants qui ont peur du noir ou qui se sentent anxieux au coucher, un doudou, une veilleuse ou une petite lampe peuvent aider.

Limiter les écrans avant de dormir

La lumière bleue émise par les écrans peut interférer avec l’endormissement. Essayez de limiter l’utilisation de ces appareils électroniques au moins 2 heures avant le coucher. Gardez les télévisions, ordinateurs et autres appareils électroniques hors de la chambre à coucher pour créer un environnement dédié au sommeil.

Inciter à une activité physique régulière

Encouragez votre enfant à être actif pendant la journée. L’exercice physique contribue à un meilleur sommeil, mais évitez les activités trop stimulantes juste avant le coucher.

Surveillez l’alimentation

Veillez à ce que votre enfant mange équilibré et évitez les repas lourds, les boissons sucrées ou caféinées, en particulier en fin de journée.

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Si votre enfant a du mal à s’endormir malgré tous vos efforts, essayez d’instaurer des récurrences dans le quotidien de l’enfant. Commencez par fixer une heure de coucher et de réveil constante. Puis, chaque soir, déroulez la même séquence d’activités apaisantes (bain, pyjama, histoire…) pour créer un rituel. Ce rituel deviendra un signal puissant pour le cerveau, indiquant qu’il est temps de passer en mode sommeil. La régularité et la prévisibilité peuvent grandement aider l’enfant à s’endormir plus facilement.

En adoptant ces quelques habitudes, vous offrez à votre enfant les clés d’un sommeil réparateur, essentiel pour son épanouissement intellectuel. N’oubliez pas, un enfant bien reposé est un enfant heureux et prêt à explorer le monde avec énergie et curiosité.


Le sommeil est très important pour la réussite scolaire de votre enfant. Bien dormir 
aide son cerveau à se développer, apprendre et mieux mémoriser. Il favorise la mémoire,
 la concentration et les capacités de réflexion. Cela se traduit par des meilleures notes et  des
 moyennes générales plus élevées. Cela l'aide également à contrôler ses émotions et à réussir à l’école.


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samedi 29 juin 2024

Effets des Écrans sur le Cerveau – Smartphones


Passer trop de temps devant un écran augmente le risque de troubles cognitifs,
 notamment des problèmes de concentration et une perturbation du sommeil

Les smartphones ont révolutionné le monde de la télécommunication permettant de rester connecté quasiment n’importe où et de communiquer avec n’importe qui, sous toutes les formes, à travers le monde. En à peine quelques décennies, nous sommes en effet passés des téléphones fixes à des téléphones portables toujours plus performants, qui désormais ne se limitent plus à la communication directe. Offrant toujours plus de confort et de capacités, que ce soit dans le cadre du divertissement ou du travail, les smartphones sont perçus comme étant si “indispensables” qu’ils se vendent à plus de 1 milliard chaque année.

Cependant, les nombreuses heures passées devant un écran de smartphone ne sont nullement sans conséquences pour notre santé. Ceux qui se servent intensément des touches (comme les joueurs de jeux vidéo) peuvent être victimes de tendinites ou parfois du syndrome du canal carpien – engendré par l’utilisation excessive des trois premiers doigts de la main –. Et comme l’on a souvent tendance à baisser la tête afin de pouvoir visualiser correctement l’écran, cela peut provoquer des problèmes aux cervicales.

Pour le cerveau adulte : le premier danger lié à une surconsommation d'écrans est celui de “l'attention multitâche”. Lors des activités sur écrans, le cerveau peut être attiré par des sources d'information plurielles et volatiles et aura du mal à se focaliser sur une dimension particulière.

Les conséquences d’un usage excessif des écrans


S’ils sont généralement utilisés pour procurer bien-être, liberté et plaisir, les écrans peuvent générer de nombreux désordres au plan physique, psychologique et social, en cas de pratique excessive.

Le cerveau humain ne va pas se modifier parce que nous passons de plus en plus de temps devant son écran de télé, de tablette ou de smartphone. L’adaptation à l’échelle individuelle n’existe pas.

En revanche il a été démontré qu’une consommation excessive d’écrans et la masse d’informations qui en découle, perturbait la formation de certaines synapses et pouvait perturber l’apprentissage chez l’enfant. Passer trop de temps devant un écran augmente également le risque de troubles cognitifs, notamment des problèmes de concentration et une perturbation du sommeil. Et en ce qui concerne notre façon de penser et d’agir, ce n’est pas probablement pas l’utilisation massive qui serait responsable d’un changement, mais plutôt ce qui se dit derrière tous ces écrans.


Un impact sur le plan psychologique et social

Sur le plan social

Un risque de désocialisation qui contribue à augmenter les risques dépressifs, et peut compromettre une carrière ou des études.

Si les écrans rapprochent les gens à travers le monde via notamment les réseaux sociaux, ils peuvent en même temps générer un éloignement physique : les hyperconnectés tendent à se replier sur eux-mêmes, à se couper du réel pour se réfugier dans le monde virtuel, à se désintéresser de tout ce qui est extérieur aux écrans, à se désinvestir de la relation avec leurs proches, la mettant ainsi en danger. Les écrans deviennent centraux dans leur vie au détriment de tout le reste.

Sur le plan psychologique

Les écrans peuvent aussi avoir des conséquences négatives sur la santé mentale notamment lorsque l’individu dépasse un niveau de “consommation acceptable”. Une surconsommation peut ainsi générer de la culpabilité. A contrario un éloignement des écrans peut générer chez l’individu hyper-connecté de la tristesse, un sentiment de vide, de l’anxiété, voire un mal être pouvant déboucher sur un comportement agressif. Pour faire face à ce sentiment de mal être, il n’a pas d’autre choix alors que de se reconnecter, entrant ainsi dans un cercle vicieux ou le manque d’écrans génère un malaise qui est compensé par une surconsommation d’écrans.

Une pratique excessive des écrans aurait également un impact sur le stress, les troubles de l’humeur et l’hyper-activité.

Toute la difficulté réside dans le fait de savoir si ce sont les écrans qui génèrent ce type de troubles ou si ces troubles préexistent, entretenant le besoin irrépressible de se connecter.


Les dangers du téléphone mobile pour la santé



Alors que leur utilisation ne cesse d’augmenter, les smartphones restent des appareils potentiellement dangereux. La nocivité des ondes électromagnétiques ainsi que les conséquences sur le cerveau, les yeux, le cou ou les doigts sont démontrés par les recherches scientifiques.

Un usage abusif et incontrôlable des écrans peut aussi avoir un retentissement majeur sur la santé, entraînant différents problèmes :

Des mauvaises postures prolongées
 pouvant être sources de douleurs voire déclencher des troubles musculo-squelettiques (TMS) qui affectent principalement les muscles et tendons de la région lombaire, de la nuque, des épaules, des poignets et des mains.

Des déséquilibres alimentaires pouvant à terme favoriser l’apparition de problèmes de perte de poids, de surpoids ou d’obésité : selon une étude menée sur cinq ans par des chercheurs du National Institutes of Health (NIH) auprès de 43.722 femmes âgées de 35 à 74 ans, celles qui avaient pour habitude de s’endormir devant la télévision ont pris en moyenne cinq kilos en cinq ans et avaient 30% de risques en plus de devenir obèses. En cause notamment l’exposition à la lumière artificielle la nuit qui peut altérer différents processus biologiques – notamment le système hormonal – et augmenter le risque d’obésité.

Un manque d’activité physique
 qui, associé à une alimentation déséquilibrée, augmente significativement le risque cardio-vasculaire.

Des troubles du sommeil. Les activités nocturnes sur écrans peuvent empiéter sur le temps de sommeil, ce qui peut à terme dérégler le rythme biologique et générer un épuisement et une fatigue chronique. De même, la lumière bleue émise par les écrans bloque l’hormone du sommeil et stimule l’éveil.


Effets sur le cerveau

C’est un débat qui secoue la communauté scientifique depuis des années. La nocivité des ondes électromagnétiques et plus particulièrement leur éventuel lien avec les cancers du cerveau a été analysée par plusieurs équipes de chercheurs. La dernière étude en date est celle du National Toxicology Program, un programme de recherche américain. Dans les résultats les scientifiques expliquent avoir observé une augmentation importante des cancers du cerveau et du cœur chez le rat ayant été exposé de façon intense aux ondes de différentes puissances.

Pour l’instant, ce lien de causalité entre l’exposition aux ondes et les effets sur la santé n’a pas été prouvé clairement, indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Par ailleurs, les dernières expertises de l’Anses ont fait apparaître, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’être humain ou chez l’animal dont certains avaient déjà été rapportés dans une précédente expertise publiée en 2009 : ils peuvent concerner le sommeil, la fertilité mâle chez l’animal ou encore les performances cognitives.

Certaines publications évoquent néanmoins une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones mobiles, raison pour laquelle le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) a classé les radiofréquences comme “cancérogène possible”.

Les réseaux sociaux augmenteraient le risque de dépression


Grâce au smartphone, nous pouvons désormais rester connectés partout et tout le temps. Un de nos passe-temps favoris, c'est de communiquer sur les réseaux sociaux. Pourtant, ces derniers ont un impact sur la santé mentale. Des études lient l'utilisation fréquente des réseaux sociaux à l'anxiété, à la dépression voire aux troubles alimentaires.


Effets sur les yeux

Une surexposition aux écrans peut affecter la santé de l’œil : elle peut provoquer des maux de tête, de la fatigue oculaire, des démangeaisons, une sécheresse oculaire et parfois une vision trouble. Mais parfois, les conséquences peuvent être plus graves.

Une fatigue visuelle. La lumière émise par les écrans des smartphones favoriserait également la myopie, en impactant le cristallin de l’œil.

Un usage excessif des téléphones mobiles et des écrans en général impacte le cristallin de l’œil et favorise la myopie. Plus grave encore : deux femmes britanniques âgées de 22 à 40 ans auraient souffert d’une cécité temporaire de quelques mois à cause de cette mauvaise habitude. Les deux vérifiaient constamment leur smartphone le soir dans leur lit avec un seul œil, l’autre étant couvert par l’oreiller, car elles étaient sur un côté. Cette différence de lumière a provoqué une asymétrie et la perte de la vision.

Effets sur le sommeil

Un des effets du téléphone portable qui a été démontré à plusieurs reprises est la conséquence néfaste de la lumière bleue sur le sommeil.

Notre horloge biologique étant basée sur la lumière, l’exposition aux écrans le soir peut provoquer des insomnies ou des difficultés à l’endormissement. Regarder cette lumière claire la nuit empêche en effet le cerveau de produire de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Non seulement vous aurez des difficultés à vous endormir mais, de surcroît, votre sommeil ne sera pas réparateur.

Pour vous assurer de bien dormir, éteignez les appareils électroniques environ une heure et demie avant d’aller vous coucher. Gardez si possible votre portable en dehors de la chambre à coucher, ou sinon, mettez-le en mode avion.

Effets sur le cou et les doigts

Ce problème concerne en particulier les adolescents. Rester courbé vers l’avant est très mauvais en période de pleine croissance et peut provoquer des douleurs cervicales associées à des tensions ou des contractures au niveau de la nuque. Les médecins qui ont remarqué une hausse de ce problème lié à une mauvaise posture l’ont baptisé “text-neck”.

Les accros aux textos savent que le mouvement des doigts sur le clavier du téléphone peut provoquer des tendinites, notamment au pouce. Tout comme dans le cas de la manette de jeu pour console, répéter toujours le même geste pendant des heures n’est pas bon pour nos doigts.


Effets de la surexposition aux écrans chez les enfants



Tous les experts sont unanimes : l’exposition des très jeunes enfants aux écrans ne leur apporte aucun bénéfice et les expose même à certains dangers. L’American Academy of Pediatrics et l’Organisation mondiale de la santé déconseillent toute activité sur écrans avant l’âge de 2 ans. Les écrans peuvent avoir des effets sur les fonctions cognitives, sur la mémoire, sur les capacités d’attention et de coordination. Ils peuvent faire apparaître fatigue, troubles du sommeil, stress et anxiété chez les plus jeunes.

C'est l'une des principales préoccupations des parents, bien conscients que cette activité n'est pas la meilleure pour leur progéniture : limiter le temps passé devant les écrans.

Le cerveau du bébé et du jeune enfant étant en construction, il n’a pas les mêmes capacités que celui des adultes. La télévision, les smartphones, ordinateurs ou autres tablettes envoient énormément d’informations au cerveau de l’enfant que celui-ci n’est pas encore en capacité de traiter.

La lumière bleue des écrans et la fréquence des images diffusées vont avoir un effet très excitant sur l’enfant et provoquer :

* Difficulté à s’endormir

* Décharge motrice et émotionnelle au moment de l’extinction de l’écran.

Une utilisation excessive des écrans peut également :

* Gêner les apprentissages

* Avoir un impact sur les relations sociales car les écrans ne développent pas l’intelligence émotionnelle et sont bien souvent une activité solitaire.

Les écrans empêchent les apprentissages et le développement des jeunes enfants

Pour apprendre et développer ses compétences l’enfant a besoin de :

Bouger. C’est en bougeant et en étant actif dans ses découvertes que l’enfant va créer de nouvelles connexions neurologiques et apprendre et développer des nouvelles compétences. La passivité inhérente aux écrans est le premier faux-ami des enfants.

Echanger. Combien d’émissions enfantines, d’applications, de jeux se targuent de participer activement au développement du langage de l’enfant. Les neurosciences ont prouvé qu’il n’en est rien et même qu’une utilisation excessive des écrans ralentissait le développement du langage. Pour apprendre à parler et enrichir son vocabulaire – même dans une langue étrangère – l’enfant a besoin d’avoir des échanges en face à face avec une autre personne bien vivante. Il décode les mouvements de tous les muscles impliqués dans la production des mots, il nourrit ses compétences sociales et affectives en ayant des réponses à ses questions ou commentaires, il apprend le tour de rôle nécessaire à tout échange. Les tous petits sont vite frustrés face à un personnage de dessin animé qui leur pose une question mais n’écoute jamais la réponse.

Créer, imaginer.
Une des principales sources d’apprentissage et de développement de l’enfant va être sa capacité de rêverie et son énergie créative. En fournissant des contenus tout faits, des réponses préprogrammées, les écrans diminuent progressivement la capacité de création de l’enfant et peuvent, dans une utilisation trop élevée, appauvrir leur imaginaire les empêchant alors de mettre en action leurs questionnements intérieurs, de trouver des solutions à des problèmes encore jamais rencontrés ou encore de jouer seul.

Effets sur le cerveau des tout-petits

L'exposition excessive et inappropriée aux écrans peut avoir des conséquences néfastes sur la santé et le cerveau des tout-petits.

Développement cognitif altéré.
Les tout-petits ont besoin d'interactions sociales réelles et d'expériences sensorielles pour développer leurs compétences cognitives. Passer trop de temps devant un écran peut réduire les opportunités d'interactions sociales significatives et d'exploration du monde réel, ce qui peut entraver leur développement cognitif.

Retard de langage. L'exposition excessive aux écrans peut avoir un impact négatif sur le développement du langage chez les tout-petits. Lorsqu'ils regardent la télévision ou des vidéos, ils sont moins susceptibles de communiquer et d'interagir verbalement avec d'autres personnes, ce qui peut retarder l'acquisition du langage et de la communication.

Problèmes d'attention.
Les écrans, en particulier les contenus très stimulants et rapides, peuvent entraîner une surcharge sensorielle et captiver l'attention des tout-petits de manière excessive. Cela peut nuire à leur capacité à se concentrer sur d'autres activités plus calmes et à développer leur attention soutenue.

Sommeil perturbé. L'utilisation des écrans avant le coucher peut perturber le sommeil des tout-petits. La lumière bleue émise par les écrans peut interférer avec la production de mélatonine, l'hormone responsable de la régulation du sommeil. Cela peut entraîner des difficultés d'endormissement et de sommeil de mauvaise qualité, ce qui peut avoir un impact sur leur développement global.

Risques pour la santé mentale. Des études suggèrent que l'exposition excessive aux écrans chez les jeunes enfants peut être associée à un risque accru de problèmes de santé mentale tels que l'anxiété, la dépression et les troubles du comportement. Cependant, la nature exacte de cette relation nécessite encore davantage de recherche pour être mieux comprise.

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Les avancées technologiques en matière de téléphonie mobile ont probablement atteint le point culminant avec l’avènement du smartphone. Capable d’une grande autonomie et permettant d’effectuer un grand nombre de tâches, le monde en est devenu dépendant. Parallèlement, les scientifiques s’inquiètent depuis quelques années des effets de leur utilisation sur notre santé. Si l’on sait aujourd’hui qu’ils peuvent engendrer des effets néfastes au niveau du cerveau, une nouvelle recherche suggère que la dépendance aux smartphones impacterait d’autres aspects de la santé, notamment psychologiques (l’estime de soi) et cognitifs.


La dépendance aux smartphones entraîne des déficits des capacités cognitives et de l’estime de soi

Des chercheurs du Department of Economy de l’Université de Messina (Italie) dans une étude, parue dans la revue International Journal of Environmental Research and Public Health en juin 2022, explorent les conséquences de la “nomophobie” : la peur de se passer de son smartphone.

Selon les chercheurs la dépendance aux smartphones serait liée à des troubles de l’estime de soi, dont une plus forte tendance à ressentir de la solitude, ou à éprouver des déficits de maîtrise de soi. Les résultats de la recherche montrent également que les personnes affichant une forte dépendance aux smartphones obtiennent des résultats cognitifs inférieurs à la normale.

Une étude en trois phases

Les chercheurs ont recruté 111 volontaires âgés de 18 à 65 ans, dont 28% étaient encore étudiants et le reste des salariés. Une application a ensuite été utilisée pour récolter les données des participants, incluant l’utilisation de réseaux sociaux tels que TikTok, Facebook, Instagram et WhatsApp. Ces données ont ensuite été analysées selon une échelle de dépendance au smartphone, un indice de bien-être psychologique général, l’échelle de la peur de manquer quelque chose (FOMO) et celle de la procrastination – tendance à remettre systématiquement à plus tard des actions –.

L’étude comportait également trois phases : une phase de pré-test évaluant l’utilisation de base avant l’expérience, une autre expérimentale où l’on invitait les participants à restreindre leur utilisation à une heure par jour pendant trois jours, et une dernière post-test où on les autorisait à utiliser leurs téléphones à leur guise pendant sept jours. Au cours de la première et de la dernière phase, les volontaires ont été évalués sur la mémoire de travail, l’attention, le contrôle exécutif, le temps de réaction auditive, le temps de réaction visuelle, la capacité d’inhiber la réponse motrice et l’inhibition comportementale.

Résultats

Les participants montrant les plus hauts niveaux de dépendance ont passé plus de temps sur leurs smartphones malgré l’invitation à la restriction au cours de la phase expérimentale. Ce groupe de participants a également présenté un niveau plus bas de mémoire de travail, de vitesse de réaction visuelle et auditive et de contrôle de capacité motrice et comportementale. Chez ces participants (les plus dépendants aux smartphones), l’indice de bien-être psychologique général était aussi inférieur à ceux qui en étaient moins dépendants. Leurs indices de “peur de manquer quelque chose” (FOMO) et de procrastination étaient supérieurs.

Toutefois, il faut garder à l’esprit que l’expérience ne concerne qu’un petit groupe de volontaires et les résultats pourraient ne pas pouvoir être généralisés. De plus, certains participants ont abandonné l’expérience dès qu’ils ont su qu’ils ne pouvaient passer qu’une heure sur leurs téléphones durant trois jours. Bien qu’il puisse s’agir d’une limite de l’étude, cela peut également démontrer l’importance de la dépendance.


Fuite des cerveaux : la simple présence de notre propre smartphone réduit les capacités cognitives disponibles

Selon des chercheurs de l'université du Texas à Austin dans une étude, publiée à The University of Chicago Press Journals en juin 2017, la simple proximité de notre smartphone, même éteint, suffit à occuper une partie de nos ressources cognitives et de fait, à amoindrir nos performances intellectuelles.

Nos smartphones permettent et encouragent une connexion constante à l'information, au divertissement. Ils mettent le monde à portée de main et nous quittent rarement. Bien que ces dispositifs aient un immense potentiel pour améliorer le bien-être, leur présence persistante peut avoir un coût cognitif.

Dans cette recherche, ils ont testé l'hypothèse de la “fuite des cerveaux” selon laquelle la simple présence de notre propre smartphone peut occuper des ressources cognitives à capacité limitée, laissant ainsi moins de ressources disponibles pour d'autres tâches et réduisant les performances cognitives.

Près de 800 personnes ont été soumises à une série de tests exigeant une certaine concentration. Les sujets d'un premier groupe gardaient leur smartphone sur la table tandis que ceux d'un deuxième les rangeaient dans leur poche. Enfin, ceux d'un troisième les abandonnaient dans une autre pièce. Ce sont ces derniers qui ont obtenu des résultats significativement meilleurs que ceux du premier groupe, et même un peu au-dessus que ceux du deuxième.

Selon les chercheurs la seule possibilité d'accéder rapidement à notre smartphone suffit à réduire nos capacités cognitives. Sans doute parce que dans ce cas, une partie de notre cerveau est mobilisée par une envie, plus ou moins irrépressible, de consulter nos messages. La bonne nouvelle, c'est que les sujets se déclarant les plus dépendants à leur smartphone ont obtenu des résultats comparables aux moins dépendants lorsque leur appareil restait dans une autre pièce.

Les résultats de deux expériences indiquent que même lorsque les gens réussissent à maintenir une attention soutenue, comme lorsqu'ils évitent la tentation de vérifier leur téléphone, la simple présence de ces appareils réduit la capacité cognitive disponible. De plus, ces coûts cognitifs sont les plus élevés pour les personnes les plus dépendantes des smartphones.


Altération des capacités d'apprentissage et de langage des enfants causée par les écrans

Des scientifiques du Cincinnati Children's Hospital Reading and Literacy Center, dans une étude, publiée dans le JAMA Pediatrics de novembre 2019, ont trouvé un lien entre le temps passé par les enfants devant les écrans et le développement du cerveau.

Leurs résultats montrent que les enfants qui passent plus de temps devant un écran ont une intégrité structurelle de la matière blanche plus faible dans les régions du cerveau qui jouent un rôle important dans le langage et d'autres compétences émergentes en matière de lecture et d'écriture.

L'étude a porté sur 47 enfants en bonne santé – 27 filles et 20 garçons – âgés de 3 à 5 ans, ainsi que sur leurs parents. Les enfants ont passé des tests cognitifs standard suivis d'une imagerie par résonance magnétique du tenseur de diffusion (tractographie), qui fournit une estimation de l'intégrité de la matière blanche dans le cerveau. Ils ont également remis aux parents un outil de mesure composite, appelé ScreenQ, qui a été développé et validé ces dernières années et qui reflète les recommandations de l'American Academy of Paediatrics (AAP).

Les chercheurs expliquent qu'il s'agit d'une étude transversale, d'un instantané de ces cerveaux en développement à un moment donné, et qu'elle montre donc, par définition, une association et non un lien de cause à effet. S'il existe un lien direct, il pourrait être moins lié aux écrans eux-mêmes qu'à ce que le temps d'écran peut remplacer dans la vie des enfants.

Ces résultats soulignent la nécessité de comprendre les effets du temps passé devant un écran sur le cerveau, en particulier pendant les phases dynamiques du développement cérébral de la petite enfance, afin que les prestataires de soins, les décideurs politiques et les parents puissent fixer des limites saines.


Les champs électromagnétiques de radio-fréquences classés comme peut-être cancérogènes pour l’homme

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS en 2011 a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme peut‐être cancérogènes pour l’homme sur la base d’un risque accru de gliome, un type de cancer malin du cerveau, associé à l’utilisation du téléphone sans fil.

Depuis quelques années, on note une préoccupation croissante pour de possibles effets néfastes sur la santé de l’exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquences, tels que ceux qui sont émis par les appareils de communication sans fil.

Le Groupe de Travail des Monographies du CIRC a discuté et évalué la littérature scientifique disponible sur les catégories d’exposition suivantes, impliquant toutes une exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquences :

* expositions professionnelles aux radars et aux micro‐ondes ;

* expositions environnementales associées à la transmission des signaux de radio, de télévision et aux communications sans fil ;

* expositions individuelles associées à l’utilisation de téléphones sans fil.

Les données ont été passées en revue de façon critique, et évaluées dans leur ensemble comme étant limitées chez les utilisateurs de téléphones sans fil pour le gliome et le neurinome de l’acoustique, et insuffisantes pour être concluantes pour les autres types de cancers.

Conclusions. Les données, qui ne cessent de s’accumuler, sont suffisantes pour conclure à la classification en 2B. Cette classification signifie qu’il pourrait y avoir un risque, et qu’il faut donc surveiller de près le lien possible entre les téléphones portables et le risque de cancer.


L’utilisation intensive des réseaux sociaux participe au développement de troubles alimentaires



De nombreux travaux ont montré que les médias traditionnels (magazines, télévision, etc.) véhiculent de fortes pressions incitant à essayer d’atteindre des idéaux corporels idéalisés et parfois irréalistes, tant pour les hommes que pour les femmes. Les images du corps qu’ils diffusent, inatteignables et irréalistes – notamment parce que retouchées – mènent à l’internalisation de l’idéal “mince et musclé” – l’idéal d’attractivité physique social actuel –, puis à l’insatisfaction vis-à-vis de sa propre image corporelle.

Face à cette insatisfaction corporelle, deux types de réactions peuvent émerger. Certaines personnes s’imposent un contrôle alimentaire strict, en ouvrant la porte notamment à des troubles de l’alimentation. D’autres se lancent dans une pratique excessive de l’exercice physique, tout en manquant de cadre et de préparation physique.

En plus du contenu commercial qui y est diffusé, les médias sociaux permettent aux usagers de contribuer au contenu (photos, vidéos, etc.). Ces médias sont également interactifs, en ce sens qu’ils permettent aux usagers de recevoir et poster des commentaires.

En se focalisant sur la satisfaction corporelle et en activant ainsi des émotions fortes, les posts des réseaux sociaux réduisent la capacité à faire des choix orientés vers des comportements favorables à la santé.

Ainsi, les réseaux sociaux peuvent participer aux liens déjà connus entre les troubles de l’image du corps, la gestion des émotions et les comportements alimentaires.

Les conséquences pathologiques du surinvestissement de l’apparence physique

Il existe principalement trois troubles des conduites alimentaires : l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique.

L’anorexie mentale correspond à une perte significative de poids par rapport à la taille et l’âge d’un patient, assortie d’une peur intense de prendre du poids. Elle aboutit à un amaigrissement et une dénutrition qui peut être sévère.

La boulimie nerveuse est caractérisée par une peur intense de prendre du poids et de devenir gros, qui se traduit par des épisodes récurrents de compulsions alimentaires et des comportements compensatoires inappropriés : vomissements provoqués, ingestion de laxatifs, exercices physiques intenses, etc.

L’hyperphagie boulimique correspond à des épisodes récurrents de compulsions alimentaires sans comportement compensatoire. La boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique peuvent concerner des personnes en surpoids ou qui souffrent d’obésité, et avoir des répercussions physiques importantes.

L’un des facteurs communs entre ces trois pathologies concerne l’importance excessive accordée au poids, à l’alimentation ou à la forme du corps, même si l’origine de ces troubles est multi-factorielle. Ils sont particulièrement invalidants, conduisant à une faible qualité de vie, non seulement pour les personnes concernées, mais également pour leurs proches.

Comment réduire l’impact émotionnel des réseaux sociaux ?

Pour limiter le risque de développer des troubles des conduites alimentaires, plusieurs stratégies peuvent être mises en place.

Limiter l’exposition aux réseaux sociaux, afin de se protéger des pressions liées à l’apparence. C'est une stratégie évidente.

Exercer sa pensée “critique” est un bon moyen de limiter l’impact délétère des réseaux sociaux. Il est important de se rappeler que les images qui y circulent sont largement irréalistes, filtrées, et choisies en visant la promotion du soi ou d’un produit. Photos et vidéos sont généralement le résultat d’un nombre considérable de prises de vues et de retouches. Vous vous sentez insatisfait ? C’est normal, c’est l’effet recherché.

Il faut savoir écouter son corps, notamment avec des pratiques telles que la méditation pleine conscience, qui permet de se centrer davantage sur ses perceptions corporelles. De cette façon, il est possible d’améliorer ses capacités d’intéroception et de mieux tenir compte de ses besoins physiologiques.

En définitive, il est important de tendre vers une “acceptation de soi tel que l’on est” : être à l’écoute de ses besoins physiologiques, agir en cohérence avec ses valeurs et faire des choix qui nous correspondent, sans céder à la pression extérieure. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est le prix à payer pour diminuer son stress et améliorer sa santé mentale…

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Conseils pour gérer l'utilisation des écrans avec votre enfant

Si votre enfant utilise un ou plusieurs types d’écrans, voici quelques conseils à mettre en place quand vous êtes parents :

* Limiter le temps d’utilisation le plus possible et avoir un œil très vigilant sur le contenu des programmes proposé et limiter les heures d'utilisation des écrans par jour.

* Privilégier les écrans “actifs”. (jeux sur tablette, smartphone) aux écrans “passifs” (télévision, dessins animés…).

* Privilégier les programmes contrôlables plutôt que la télévision. Un DVD se séquence facilement grâce aux chapitres par exemple.

* Alterner expérimentation virtuelle et réelle. Le dessin sur tablette (qui ralentit le développement de la motricité fine à la base de l’écriture) avec le dessin réel. Le dessin animé avec le livre, le jeux sur tablette avec le puzzle réel etc…

* Présence d’un adulte avec l’enfant jusqu’à 9 ans, quand il est face aux écrans.

Un enfant absorbé par un écran n’est pas un enfant concentré. La rapidité des images et le rétroéclairage des écrans créent un effet hypnotique sur notre cerveau et encore plus sur celui de l’enfant. L’enfant est réellement hypnotisé par les écrans et ne peut s’extraire par lui-même des images qu’il reçoit.

Rien ne vaut le monde réel pour grandir. N’oubliez pas.

Des alternatives préférées aux écrans quand on n’est pas chez soi

Voici quelques idées à emporter partout :

* L’ardoise magique plutôt que la tablette

* L’aqua doodle qui permet de dessiner partout sans salir. On aime la version voyage.

* Les albums photos en tissu plutôt que les photos sur le téléphone.

*Un répertoire de comptines bien fourni.

* Des livres et des cahiers d’activités pour tous petits.

* Sans oublier ses jeux préférés.

Comment tirer le meilleur des réseaux sociaux

Lieux d’échange et de partage, les "social networks" ouvrent un champ de possibilités quasi infini. Toutefois, ils ont leurs mauvais côtés, tant sur le plan privé que professionnel. Les réseaux sociaux sont un excellent moyen de rester en contact avec nos proches tout en s'informant et partageant des informations. Mais lorsqu'on en abuse, ils peuvent également nous entraîner dans une spirale émotionnelle épuisante et chronophage. Dans certains cas, ils peuvent même s'avérer dangereux.

Gardez l’esprit critique, en vous ouvrant sur ce qui se dit sur un sujet similaire, chez les voisins, sur des forums, ou dans des livres, bref, ailleurs que ce que vous propose d’emblée le réseau.

Vérifiez, questionnez, croisez les sources. Au moindre doute. Tout ce qui se dit sur les réseaux et internet n’est pas la vérité.

Une dimension prethérapeutique. Espaces d’expression plus que de prosélytisme, éléments d’information et de soutien. C’est une manière d’extérioriser leur ressenti, tout en se protégeant.

Le danger principal de ces sites n’est pas dans leur radicalité, mais dans leur exclusion. La censure a rompu le dialogue avec les professionnels de santé, les associations et les familles. Dans les forums généralistes, il y aurait un très grand intérêt à ouvrir des permanences médicales ou à faire de la médiation à distance.

10 règles d'or à suivre lorsque l'on surfe sur les réseaux sociaux

1) Choisir l’outil avec lequel on se sent à l’aise.

2) Savoir pourquoi on interagit sur tel réseau ou à tel évènement.

3) Donner de soi, les autres donnent en retour.

4) Séparer vie privée et vie professionnelle.

5) S’interdire de surenchérir, afin d’éviter le clash.

6) Réfléchir avant d’envoyer un post ou une photo, difficile à effacer plus tard.

7) Vérifier le mode de publication : public ou privé.

8) Verrouiller et contrôler ses paramètres de confidentialité.

9) Garder une preuve en cas d’injure ou de menace : capture d’écran ou impression où apparaît la date.

10) Savoir décrocher, le monde tournera quand même sans vous.


Une utilisation raisonnée des écrans est nécessaire




Préparons dès maintenant l’utilisation qu’auront nos enfants des écrans. C’est en grande partie par imitation que l’enfant va se construire ce qui, concernant les écrans, nous oblige à remettre en question notre propre utilisation des nouvelles technologies.

Pourquoi allume-t-on la télévision ? Avons-nous notre portable à table ? Regardons-nous nos messages, mails pendant que notre enfant, notre conjoint ou collègue nous parle ? Sortons-nous notre smartphone dès que nous ne faisons rien ? Utilisons-nous les écrans avant d’aller dormir ? Autant de questions à se poser pour montrer le bon exemple et peut-être batailler un peu moins à l’adolescence en tant que parents.