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mercredi 30 août 2023

Human Brain Project : Sommet Final – Réalisations et Avenir de la Recherche sur le Cerveau Numérique



Le sommet Human Brain Project (HBP) s'est tenu à Marseille en mars 2023. Il s'agissait du dernier sommet du projet qui s'achève en septembre, marquant les 10 ans du plus grand projet numérique de science du cerveau en Europe. Le Human Brain Project a été l'un des plus grands projets de recherche jamais soutenus par l'Union européenne.

Ce sommet a offert un forum d'échanges interdisciplinaires stimulants et de qualité dans un large éventail de domaines, des neurosciences à l'informatique, en passant par l'ingénierie, les mathématiques et la médecine. Le Human Brain Project Summit a mis en lumière les réalisations du projet Flagship.

Le Human Brain Project (HBP) est une initiative de recherche à long terme et à grande échelle qui est à l'avant-garde de la recherche sur le cerveau numérique. Il a été lancé en 2013 pour une durée de 10 ans. Il s'agit de l'un des plus grands projets de recherche en Europe et de l'un des fleurons européens des technologies futures et émergentes (FET). Il a impliqué plus de 500 scientifiques et ingénieurs dans plus de 150 universités, hôpitaux universitaires et centres de recherche à travers l'Europe. Le financement total, y compris les contributions des partenaires, s'élève à 607 millions d'euros, dont 406 millions d'euros provenant du financement de l'UE.

Il vise à acquérir une compréhension approfondie de la structure et de la fonction complexes du cerveau humain avec une approche interdisciplinaire unique à l'interface des neurosciences et de la technologie. Les scientifiques du HBP utilisent des méthodes très avancées issues de l'informatique, de la neuro-informatique et de l'intelligence artificielle pour mener des recherches de pointe sur le cerveau. Les connaissances acquises sont traduites en nouvelles applications en médecine et en avancées technologiques. Les chercheurs du HBP abordent également les implications sociales et éthiques découlant de la recherche sur le cerveau et de ses applications.

Dans sa phase finale, d'avril 2020 à septembre 2023, le Human Brain Project se concentre sur trois domaines scientifiques principaux – les réseaux cérébraux, leur rôle dans la conscience et les réseaux de neurones artificiels – ainsi que sur l'expansion de l'infrastructure innovante EBRAINS et de ses outils et services.

Le calcul haute performance au service de la recherche

Fort de ces avancées scientifiques, le HBP a également développé l'Infrastructure de Recherche EBRAINS. Cette infrastructure met le calcul haute performance à la disposition de la communauté de recherche sur le cerveau, permettant des expériences virtuelles rendant ainsi possible l'accélération des percées.

Le sommet s'est également penché sur l'avenir de l'infrastructure EBRAINS et de la recherche sur le cerveau numérique, et a discuté d'une vision scientifique pour la prochaine décennie de recherche sur le cerveau numérique, qui contribuera à la préparation d'un partenariat européen émergent pour la santé du cerveau.


INfrastructureS Européennes de Recherche sur le Cerveau (EBRAINS)


Description

EBRAINS est une Infrastructure Numérique distribuée à l'interface des neurosciences, de l'informatique et de la technologie. Il s'agit d'un “guichet unique” offrant aux scientifiques et aux développeurs de technologies les outils et services les plus avancés pour la recherche sur le cerveau, y compris les services de données FAIR, l'atlas du cerveau de nouvelle génération, les plateformes de simulation et l'analyse basée sur l'IA des méga-données. EBRAINS catalyse les nouvelles découvertes scientifiques et les technologies et l'informatique innovantes inspirées du cerveau pour aider à mieux comprendre le cerveau humain.

Au-delà des neurosciences, il renforcera un large éventail de biomédecine et d'autres recherches, y compris les travaux sur Covid-19. Il devrait également permettre des applications numériques tournées vers l'avenir à usage industriel et médical, au bénéfice des patients et de la société.

Entré dans la feuille de route ESFRI en 2021, EBRAINS est un résultat majeur du Human Brain Project EU FET Flagship et fournira le noyau de coordination de la structure post-FET. Il est alimenté par l’Infrastructure en tant que service (IaaS) du réseau Federated Exascale pour l'intégration et l'échange de données (Fenix), lui-même un modèle pour d'autres communautés de recherche. Depuis 2019, EBRAINS est une Association internationale sans but lucratif de droit belge (AISBL), dont les membres représentent actuellement sept pays européens.

EBRAINS AISBL agit comme une plaque tournante centrale pour les IR et les services de soutien répartis dans les États membres participants qui formeront prochainement les nœuds nationaux d'EBRAINS dans le but d'intégrer les ressources “les meilleures de leur catégorie”, de créer une synergie et de s'appuyer sur les développements scientifiques et efforts nationaux.

EBRAINS est un accélérateur des ambitions européennes dans la recherche pluridisciplinaire sur le cerveau, alliant neurosciences de pointe, calcul haute performance et intelligence artificielle. Il offre aux chercheurs une vaste gamme de données cérébrales et un environnement de recherche numérique qui relie de nombreux laboratoires, centres de calcul intensif, cliniques et centres technologiques parmi les plus avancés d'Europe dans un système intégré unique.

Comment les scientifiques utilisent EBRAINS


À l'aide de technologies de balayage du cerveau, les scientifiques peuvent créer des cartes montrant le câblage du cerveau, composé de fibres de matière blanche qui relient différentes parcelles de la matière grise du cerveau. Les parcelles les plus connectées, ou hubs, sont indiquées par des points bleus et blancs.

Cartographier le cerveau humain est un objectif noble, mais plutôt mal défini. C'est comme faire une carte des États-Unis. Vous pourriez simplement montrer les frontières politiques et les emplacements des villes. Ou vous pouvez représenter des caractéristiques géographiques comme des montagnes et des rivières. Ou les voies de transport, comme les autoroutes et les voies ferrées. Vous pourriez même aller sur Google Maps jusqu'au bout et montrer l'emplacement de chaque maison individuelle.

Le cerveau possède une diversité d'échelle similaire : deux hémisphères de matière grise alambiquée, chacun avec quatre lobes régionaux, traversés par des autoroutes de fibres de matière blanche communiquant avec des milliards de cellules individuelles. Ainsi, certaines cartes cérébrales se concentrent sur le contour des zones anatomiques, d'autres suivent le câblage de la substance blanche, d'autres encore divisent la matière grise en minuscules parcelles et enregistrent leur activité au cours de différentes tâches mentales. Mais finalement, les scientifiques veulent tout cartographier. Leur but ultime est un catalogue de toutes les connexions entre toutes les cellules et régions du cerveau, une carte maîtresse connue sous le nom de connectome.

Le projet Connectome humain

En principe, le connectome humain se compose littéralement de chaque lien entre chaque cellule nerveuse, ou neurone, du cerveau. Mais une carte aussi complète est technologiquement hors de portée pour le moment. Avec une population de neurones d'environ 85 milliards, chacun entretenant des milliers de connexions, le connectome comprend un réseau incroyablement vaste, avec des centaines de billions de liens. Ainsi, chez l'homme, la recherche sur le connectome se concentre sur les liens entre les régions anatomiques du cerveau ou simplement sur de petites parcelles de tissu cérébral.


Une décennie de réussite



Depuis sa création en 2013, le HBP a apporté des avancées scientifiques impressionnantes aux neurosciences. Par exemple, il a livré l'atlas le plus détaillé à ce jour du cerveau humain, contribué à mesurer la conscience elle-même, avancé la connaissance des mécanismes neuronaux sous-jacents à la vision ainsi qu'à la mémoire, amélioré la chirurgie de l'épilepsie avec des modèles cérébraux numériques, développé un implant cérébral pour aider les aveugles à voir, ainsi que des technologies neuro-dérivées développées pour rendre les machines plus intelligentes.

Le HBP a été un pionnier dans l'utilisation du big data et du super-calcul pour simuler des fonctions complexes du cerveau, tout en les comparant aux dernières théories des neurosciences. Aujourd'hui, le HBP construit le premier jumeau numérique du cerveau humain et a apporté une contribution majeure à notre compréhension du fonctionnement du cerveau.

L'un des principaux résultats du Human Brain Project est la capacité d'adapter et de personnaliser les modèles cérébraux. Le pouvoir prédictif de ces modèles a progressivement augmenté et peut être d'un avantage majeur dans la découverte de biomarqueurs précoces pour des maladies telles que la maladie d'Alzheimer.


L'étude du Human Brain Project offre un aperçu de l'organisation des récepteurs des neurotransmetteurs

Les chercheurs du Human Brain Project et des institutions collaboratrices ont fait des progrès significatifs dans la compréhension de la distribution des récepteurs dans le cerveau. Ils ont mené une étude cartographique complète, publiée dans Nature Neuroscience en juin 2023.

L'un des principaux défis des neurosciences est de comprendre comment le cerveau peut s'adapter à un monde en évolution malgré son anatomie relativement statique. La connectivité entre les différentes zones du cerveau, à la fois structurellement et fonctionnellement, joue un rôle crucial dans ce processus. Cependant, pour bien comprendre la dynamique et les fonctions du cerveau, il faut ajouter une autre pièce du puzzle : les récepteurs.

Les récepteurs sont des molécules vitales impliquées dans la transmission des signaux dans le cerveau. Alors que la transmission d'informations dans un neurone se fait par des signaux électriques le long de l'axone, la communication entre les neurones nécessite souvent la libération de molécules de neurotransmetteurs dans l'espace extra-cellulaire, où elles se lient aux récepteurs du neurone cible.

Les chercheurs du HBP ont utilisé l'autoradiographie pour examiner la densité des récepteurs de neurotransmetteurs sur de fines coupes de cerveau in vitro. Ils ont analysé la densité de 14 types différents de récepteurs de neurotransmetteurs dans 109 zones du cortex du macaque. Ces données ont ensuite été intégrées à divers paramètres structurels dans des modèles de neuro-imagerie.


Une nouvelle cartographie des récepteurs corticaux révèle une association entre
l'organisation micro-structurale et les systèmes fonctionnels du cerveau

L'équipe de recherche a découvert deux gradients distincts d'expression des récepteurs par neurone, ce qui leur a permis de cartographier les densités de récepteurs à travers le cortex. Cette percée a mis en lumière la relation entre l'organisation moléculaire et neuronale du cortex. Les deux principaux axes de l'organisation des récepteurs se sont avérés s'aligner sur deux systèmes fonctionnels différents : les réseaux cognitifs sensoriels et les cognitifs externes-internes. Cette association inédite n'avait jamais été décrite auparavant.

Pour approfondir leur enquête, les chercheurs ont intégré les données nouvellement acquises sur les récepteurs de neurotransmetteurs à plusieurs couches d'informations anatomiques et fonctionnelles, créant un espace cortical commun dans la surface corticale de Yerkes19, un modèle de primate non humain fréquemment utilisé.

Les données générées par cette étude sont mises à la disposition d'autres neuro-scientifiques computationnels, leur permettant de créer des modèles biologiquement informés. En fait, une partie des données a déjà été utilisée dans un modèle informatique étudiant comment la dopamine influence le flux d'informations au sein du réseau de mémoire de travail fronto-pariétal.

Les efforts des chercheurs pour cartographier la distribution des récepteurs dans le cerveau ont fourni des informations précieuses sur l'organisation et la fonctionnalité du cortex. Cette avancée dans la compréhension du paysage des récepteurs du cerveau pourrait ouvrir la voie à de nouvelles recherches et au développement de modèles informatiques plus précis, approfondissant finalement notre compréhension de l'adaptabilité et du fonctionnement du cerveau dans un monde en mutation.

Améliorer le taux de réussite chirurgicale des patients épileptiques


Les chercheurs simulent une version numérique du cerveau de chaque patient à l'aide de The Virtual Brain – un outil de calcul disponible sur EBRAINS – qui peut ensuite refléter la propagation de l'activité épileptique dans le cerveau d'un patient. Cette connaissance permet ensuite aux neurochirurgiens de cibler plus précisément les zones épileptogènes lors de la chirurgie.

Enseigner la vision et le toucher aux robots

Sur la nouvelle infrastructure de recherche EBRAINS, des neuroscientifiques cognitifs, des modélisateurs informatiques et des roboticiens travaillent désormais ensemble pour apporter un nouvel éclairage sur les mécanismes neuronaux sous-jacents, en créant des robots dont le fonctionnement interne imite le cerveau.

Pour comprendre la cognition, ils doivent explorer comment le cerveau agit en tant que partie du corps dans un environnement. Les neurosciences cognitives et la robotique ont beaucoup à gagner l'une de l'autre à cet égard. Le Human Brain Project a réuni ces communautés, et maintenant avec son infrastructure permanente, il est plus facile que jamais de collaborer.

Pour accélérer ces recherches, le robot a été recréé en simulation sur la Plateforme Neuro-robotique de l'infrastructure de recherche EBRAINS. Tous les outils de code et d'analyse des travaux sont ouverts sur EBRAINS, afin que les chercheurs puissent mener leurs propres expériences.

Complexité cérébrale et conscience

Simulation du cerveau complet, montrant différents états cérébraux et niveaux de conscience, intégrant des éléments méso- et micro-corticaux.

Si la physique explique tous les phénomènes de l'univers, et si la conscience fait partie de l'univers, alors il semble que la physique puisse expliquer la conscience. Nous avons besoin de mieux comprendre comment le cerveau crée des modèles : du monde, d'un moi dans le monde et d'un moi expérimentant subjectivement le monde.

Perception d'objet et mémoire

La compréhension des objets et des scènes implique de déterminer, à tout le moins, ce qu'il y a dans une image et où se trouvent les choses. De plus, les chercheurs veulent connaître des informations sur la scène et comment les objets qui s'y trouvent sont spatialement liés. Les paradigmes dominants traitent cela principalement comme un problème de reconnaissance de formes qui implique l'apprentissage d'une représentation d'images basée sur un filtre qui facilite le problème de détection et de classification. En revanche, les travaux sur la reconnaissance apportent souvent des connaissances 3D sur les objets de diverses manières.

La compréhension de la scène, contrairement à la reconnaissance des objets, tente d'analyser les objets dans leur contexte en ce qui concerne la structure 3D de la scène, sa disposition et les relations spatiales, fonctionnelles et sémantiques entre les objets. Les recherches dans ce domaine combinent la détection/reconnaissance d'objets avec la reconstruction 3D et le raisonnement spatial. Les scientifiques pensent que l'analyse intégrée des caractéristiques d'image de bas niveau, associée à des modèles d'objets sémantiques et 3D de haut niveau, permettra une solide compréhension de la scène dans des environnements complexes et ambigus et fournira la base d'un raisonnement plus approfondi.

Neuroprothèse visuelle intégrale Neurolight

Environnement matériel/logiciel pour 
l'expérimentation de neuroprothèses visuelles


La recherche a abouti aux premiers implants cérébraux intra-corticaux testés chez des personnes aveugles. Une rétine artificielle encode les schémas visuels des images capturées par les lunettes de caméra et les envoie sous forme de signaux neuronaux au cerveau via une prothèse implantée dans le cortex visuel, générant des perceptions visuelles utiles, telles que des formes et des lettres, chez les personnes aveugles.

L'objectif est d'aider les personnes aveugles à retrouver, même partiellement, leur vision fonctionnelle grâce à des implants cérébraux. Il en résulte que la rétine artificielle est capable de prédire le niveau d'activation des neurones ganglionnaires d'une rétine biologique lors de la perception d'images. Ce niveau d'activation neuronale est transformé en paramètres de stimulation électrique pour l'électrode implantée dans le cerveau.


Prochaines étapes


S'appuyant sur les succès du projet sur le cerveau humain, la Commission travaille actuellement avec les États membres sur une initiative plus large. Notamment, les États membres ont demandé davantage de collaborations et de coordination pour la recherche sur la santé cérébrale par le biais d'un partenariat stratégique qui renforcerait certainement la position de l'Europe sur la scène mondiale de la recherche sur le cerveau. Digital Brain Research jouera un rôle important dans le cadre d'un tel partenariat.

La prochaine décennie de recherche sur le cerveau numérique – Une vision des neurosciences à l'intersection de la technologie et de l'informatique

La recherche sur le cerveau est incontestablement entrée ces dernières années dans une nouvelle ère, portée par des avancées méthodologiques substantielles et l'intégration et la modélisation de données numériques à plusieurs échelles – des molécules à l'ensemble du système. Des avancées majeures émergent à l'intersection des neurosciences avec la technologie et l'informatique.

Cette nouvelle science du cerveau intègre une recherche fondamentale de haute qualité, une intégration systématique des données à plusieurs échelles, une nouvelle culture de collaboration à grande échelle et une traduction en applications. Une approche systématique, à l'instar du projet européen sur le cerveau humain, sera essentielle pour relever les défis médicaux et technologiques urgents de la prochaine décennie.

Les travaux ont été lancés par le Conseil des sciences et de l'infrastructure du Human Brain Project. Le manuscrit est un document vivant qui est développé plus avant dans un processus participatif. Désormais, toute la communauté de la recherche est invitée à contribuer à façonner la vision en soumettant des commentaires.

Les objectifs de ce document sont

* Développer un concept pour la prochaine décennie de recherche sur le cerveau numérique.

* En discuter avec l'ensemble de la communauté de la recherche, dans le but d'identifier des points de convergence et des objectifs communs.

* Fournir un cadre scientifique pour le développement actuel et futur d'EBRAINS.

* Informer et engager les parties prenantes, les organismes de financement et les instituts de recherche concernant les futures recherches sur le cerveau numérique.

* Identifier et traiter les principaux enjeux éthiques et sociétaux.

Bien que l'équipe ne prétende pas qu'il existe une approche "taille unique" pour aborder ces aspects, elle est convaincue que les discussions autour du thème de la recherche sur le cerveau numérique contribueront à faire progresser le domaine plus large des neurosciences.


Voir aussi…


mardi 8 octobre 2019

Nanotechnologie et Cerveau







Biotechnologie

La biotechnologie traditionnelle consiste à utiliser des êtres vivants simples – bactéries et levures – et des cellules eucaryotes en culture, dont le métabolisme et la capacité biosynthétique sont utilisés pour la fabrication de substances spécifiques pouvant être utilisées par l'homme.

La biotechnologie moderne permet, grâce à l'application intégrée des connaissances et des techniques de la biochimie, de la microbiologie, du génie chimique et surtout du génie génétique, de tirer parti des propriétés des microorganismes et des cultures cellulaires sur le plan technologique. Cela permet de produire un grand nombre de substances et de composés à partir de ressources renouvelables et abondamment disponibles.

Grâce à la biotechnologie, les scientifiques cherchent des moyens de tirer parti de la "technologie biologique" du vivant, pour produire des aliments plus sains, de meilleurs médicaments, des matériaux plus résistants ou moins polluants, des cultures plus productives, des sources d'énergie renouvelables et même des systèmes pour éliminer la pollution.

Biotechnologie rouge : s'applique à l'utilisation de la biotechnologie dans les processus médicaux. Certains exemples sont la conception d'organismes produisant des antibiotiques, la mise au point de vaccins plus sûrs et de nouveaux médicaments, les diagnostics moléculaires, les thérapies régénératives et le développement du génie génétique pour soigner les maladies par la manipulation génique.

Il y a eu une nette avancée dans ce domaine, la biotechnologie traditionnelle étant clairement différenciée du moderne. La biotechnologie traditionnelle utilisait des micro-organismes, tels que des bactéries, des levures et des moisissures, pour produire différents aliments, tels que du pain, du fromage, du vin ou de la bière. Aujourd'hui, au lieu de cela, elle utilise des microorganismes génétiquement modifiés, en utilisant des techniques d'ingénierie génétique.

Génie génétique

C'est une partie de la biotechnologie qui s'appuie sur la manipulation de gènes pour obtenir des substances spécifiques utilisables par l'homme. Il s'agit d'isoler le gène qui produit la substance et de l'introduire dans un autre être vivant plus simple et moins coûteux à manipuler ; ce qui est réalisé, c'est de modifier les caractéristiques héréditaires d'un organisme de manière dirigée par l'homme, en modifiant son matériel génétique.

Une des applications les plus prometteuses en médecine est la thérapie génique, qui permet de traiter les personnes atteintes de maladies génétiques. Grâce à ce type de traitement, les maladies dues à la présence d’un gène défectueux peuvent être guéries. La technique utilisée consiste à introduire le gène sain chez l'individu, puis ses cellules produisent la protéine dont elles ont besoin. Dans le domaine des nanotechnologies, il est possible d’accéder à de nouveaux traitements locaux qui n’affectent pas l’organisme tout entier, par exemple dans les greffes de moelle osseuse, la recherche sur les cellules souches.


La nanotechnologie

Un cheveu humain mesure
autour
 cent mille nanomètres
La nanotechnologie, terme qui a été mentionné pour la première fois en 1959 par Richard Feman, est une technologie qui étudie le tout petit, car elle fait référence aux sciences et aux techniques au niveau atomique et moléculaire, c'est-à-dire aux travaux à l'échelle nano-métrique.

Le terme nano signifie nain (du latin nanus). C'est une unité de mesure qui équivaut à un millionième. Un nanomètre équivaut à 1/1000 microns, soit environ 1/80000 du diamètre d'un cheveu humain.

Nano-robotique : petite science

La nano-robotique est le domaine de la nanotechnologie chargé d'étudier la robotique à l'échelle nano-métrique ; mais non seulement les robots dont les dimensions sont nano-métriques sont étudiés, mais également les gros robots capables de manipuler des objets de dimensions nano-métriques. La nano-robotique est un domaine multidisciplinaire dans la mesure où il fait appel à la chimie, à l'informatique, à l'ingénierie, à la biologie et à d'autres sciences connexes, afin de contrôler ou de modifier les propriétés ou la forme et la taille des nano-objets et des nano-structures.

Les nano-robots sont des systèmes intelligents de dimensions nano-métriques allant de 1 à 100nm, ils sont conçus pour effectuer des tâches spécifiques. Cette discipline travaille sur la conception d’une armée d’appareils d’un millionième de millimètre.

Applications des nano-robots

Il y a plusieurs applications dans des domaines tels que l’ingénierie spatiale, la biologie, l’industrie manufacturière, la médecine.

Dans le domaine de la médecine

Les nano-robots médicaux sont des dispositifs de dimensions nano-métriques développés pour être utilisés dans diverses branches de la médecine. Ils sont constitués de nano-composants, conçus pour permettre de nouvelles méthodologies en matière de diagnostic, de traitements médicaux et de chirurgie peu invasive.

Les nano-robots sont développés dans le but de pouvoir diagnostiquer, surveiller et traiter des maladies dans des parties spécifiques du corps. En outre, ils peuvent effectuer des tâches prédéfinies dans certaines procédures médicales.

La nano-robotique médicale comporte de grands défis pour sa construction, mais elle apporterait de grands avantages pour le traitement des maladies grâce au fait qu'elle fonctionne au niveau atomique, en traitant le problème depuis la cellule ou à des endroits spécifiques du corps. Les dispositifs seraient essentiellement conçus pour reconnaître les agents pathogènes à l'aide de leurs nano-capteurs afin de collecter des informations et aider à diagnostiquer les maladies. Ils pourraient également fournir des médicaments d'une manière très précise, facilitant le traitement de différentes maladies.

Nano-robots naviguant avec bio-capteurs

Les nano-robots pourraient être introduits dans notre corps par le système vasculaire ou par d'autres cavités et voyager librement dans le corps humain. La portée de cette technologie pourrait atteindre le point où les nano-robots ont la capacité de prendre leurs propres décisions sans avoir besoin d'aucun élément externe, donc d'adapter et de traiter tout problème de santé des personnes.

Des centres spécialisés, des universités et des instituts de recherche du monde entier investissent massivement dans la nano-robotique, ce qui a permis de développer des travaux qui confirment les possibilités futures de cette discipline.

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Des nano-robots pour voyager dans le cerveau

Des scientifiques de l'Université de Montréal au Canada, selon un article publié dans ScienceDirect en mars 2015, ont mis au point un groupe “d'agents nano-robotiques” capables de pénétrer la barrière hémato-encéphalique et de voyager profondément dans le cerveau, dans le but de libérer des molécules thérapeutiques, par exemple, pour le traitement des tumeurs.

La barrière hémato-encéphalique est une formation dense de cellules endothéliales et gliales entre les vaisseaux sanguins et le système nerveux central qui protège le cerveau, empêchant ainsi le passage de nombreuses substances toxiques, tout en permettant le passage des nutriments et de l'oxygène. Cependant, cela empêche également environ 98% des molécules thérapeutiques d'atteindre le cerveau.

Si cette barrière n'existait pas, de nombreuses substances nocives atteindraient le cerveau, ce qui en altérerait le fonctionnement et rendrait l'organisme non-viable.

Dans le cas de ces agents nano-robotiques, leurs nanoparticules sont exposées à la radiofréquence, ce qui provoque une augmentation de leur température, ce qui entraîne une dissipation thermique.

Cette chaleur génère un stress mécanique sur la barrière hémato-encéphalique, qui provoque son ouverture temporaire – pendant environ deux heures –, ce qui permet une ouverture temporaire et localisée de la barrière pour la diffusion d'agents thérapeutiques dans le cerveau.

Les progrès sont importants car, à présent, ce point ne peut être atteint que par la chirurgie. Mais parfois, cela ne suffit pas non plus, car certains types de tumeurs se trouvent dans le tronc cérébral, entre les nerfs, ce qui rend impossible leur atteinte.

Bien que de nombreux obstacles restent à surmonter avant de pouvoir utiliser cette technologie pour le traitement des êtres humains, l’équipe de recherche est optimiste : bien que leurs résultats actuels soient prometteurs à un stade précoce, ils sont en voie de réaliser l’objectif de développement d’un mécanisme d'administration locale de médicaments capables de traiter les troubles oncologiques, psychiatriques, neurologiques et neuro-dégénératifs, entre autres.


Des micro-robots à l’assaut des tumeurs cérébrales

Deux équipes de chercheurs du Centre de recherche Inserm de l'Université d'Angers et de l'Institut national des sciences appliquées (INSA) Centre-Val de Loire, coordonnent un projet – sélectionné en octobre 2018 pour recevoir des fonds du Plan de lutte contre le cancer de l’Inserm pour trois années – et vont associer leurs savoir-faire afin de développer une solution thérapeutique innovante contre le glioblastome multiforme.

Le glioblastome multiforme est un cancer du cerveau très agressif dont on ne peut véritablement guérir à l’heure actuelle. Mais demain, il sera peut-être soigné par des nanoparticules magnétiques dirigées à distance pour le détruire de l’intérieur.

Les micro-robots, une fois injectés dans le sang, sont téléguidés vers le cerveau pour atteindre une tumeur cérébrale. Ils pénètrent alors dans les cellules cancéreuses et y déposent un traitement qui les détruit de l’intérieur.

L’origine de ce projet ambitieux remonte aux travaux de l’équipe Inserm sur des éléments essentiels du cytosquelette des neurones : les neurofilaments. Ces chercheurs ont notamment mis en évidence qu’un constituant de certains neurofilaments, un peptide composé d’une quinzaine d’acides aminés, pénètre les cellules de glioblastome in vitro mais aussi in vivo dans des modèles expérimentaux de ce cancer du cerveau. Ce peptide s’introduit dans les cellules cancéreuses mais il ne pénètre pas dans les neurones sains.

Le peptide (en vert) dans la cellule de glioblastome (au centre)
 provoque une destruction du réseau de micro-tubules (en rouge)

Les chercheurs ont eu l’idée de l’utiliser pour injecter des produits anticancéreux spécifiquement dans les cellules de glioblastome et ainsi épargner les tissus non touchés. Dans ce but, les chercheurs ont développé des nano-capsules.

Ces sortes de gélule de taille nano-métrique – soit mille fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu – sont composées d’une enveloppe de lipides qui renferment des substances thérapeutiques. L’ajout du peptide à leur surface leur permet de pénétrer plus facilement les cellules du glioblastome. Des travaux sur des souris modèles de ce type de cancer ont d’ailleurs confirmé que lorsque ces nano-capsules présentent ce peptide à leur surface, un plus grand nombre d’entre elles pénètrent les cellules cancéreuses, ce qui réduit d’autant plus la taille des tumeurs de ces rongeurs.

L’équipe cherche à conférer des propriétés magnétiques aux nano-capsules qu’ils ont développées pour qu’elles puissent être téléguidées dans la circulation sanguine. Ce qui peut être fait en intégrant par exemple au cœur de celles-ci de la magnétite, un oxyde de fer naturellement aimanté.


Électroaimants utilisés pour téléguider les
 
particules magnétisées dans les modèles
 
expérimentaux du laboratoire de l’INSA

En parallèle, une équipe de l’INSA Centre-Val de Loire de Tours développe un autre type de nanoparticules à base de silicium poreux, un élément bio-compatible qui se dissout lentement dans l’organisme. Le silicium présente l’avantage d’être photo-luminescent, ce qui permet de le localiser dans les tissus par une méthode non invasive. Et à l’image des nano-capsules lipidiques, leurs propriétés magnétiques peuvent être ajustées grâce à des particules de fer.

Grâce à ces études sur des modèles expérimentaux, les chercheurs sauront prochainement si ces micro-robots pourront remplir pleinement leur mission. Dans ce cas, le degré de toxicité du peptide devra alors être établi avant d’envisager des essais cliniques. D’ici trois années, ils pensent apporter leur contribution au combat contre ce cancer. Mais pas seulement. Car si ce concept fait ses preuves, ils pourront trouver de nombreuses applications en médecine, par exemple dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer ou dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC).


Un robot à ADN commande des molécules 'pas à pas'

Les ingénieurs du California Institute of Technology (Caltech) ont créé un nano-robot à ADN doté d'une main pour prélever des molécules et de deux pieds pour les emmener à l'endroit souhaité. Les détails du système, qui pourrait à l'avenir être utilisé pour assembler des composés chimiques ou réorganiser des nanoparticules dans des circuits, ont été publiés dans la revue Science de septembre 2017.

Le nano-robot est fabriqué avec une seule chaîne d'ADN et peut ‘marcher’ de manière autonome, en collectant des molécules dans une zone d'une surface et en les plaçant dans une autre. Pour le moment, il est un peu lent, puisqu'il faut cinq minutes pour faire un petit pas de 6 nanomètres, mais ses créateurs espèrent accélérer ce nouveau système, qui pourrait un jour fonctionner à l'intérieur du corps humain.

Les chercheurs aimeraient envoyer ces robots moléculaires dans de minuscules endroits où les humains ne peuvent pas voyager, comme le sang. Plus précisément, leur objectif était de concevoir et de construire ce nano-robot afin d’exécuter une tâche sophistiquée : la commande d’une cargaison – des molécules dans ce cas –.

Pour assembler le robot à ADN, les chercheurs ont construit trois pièces : une sorte de "jambe" avec deux "pieds" pour marcher, un "bras" avec une "main" pour soulever la charge et un troisième segment reconnaissant un point spécifique où la laisser, en demandant à la “main” de la relâcher. Chacun de ces composants est constitué de quelques nucléotides dans un seul brin d’ADN.

En principe, ces blocs de construction modulaires pourraient être assemblés de différentes manières pour effectuer différentes tâches. Par exemple, un robot à ADN à plusieurs bras et mains pourrait être utilisé pour transporter plusieurs molécules à la fois.

Mais, pour le moment, les auteurs ont fabriqué un nano-robot qui explore une surface moléculaire dans laquelle il peut collecter deux types de molécules : un colorant jaune fluorescent et un rose – également fluorescent –, puis les répartir dans deux régions différentes.

L'utilisation de molécules fluorescentes a permis aux auteurs de vérifier que les molécules finissaient chacune à sa place. Le robot a commandé avec succès six molécules dispersées (trois roses et trois jaunes) dans leurs zones correctes en 24 heures. Si plus de robots étaient mis à la surface, le temps serait raccourci et la tâche serait terminée plus tôt. Globalement, la probabilité que chaque robot ait livré le chargement avec succès était d'environ 80%.

Nano-board

D'autre part, en utilisant les mêmes principes physico-chimiques, l'équipe a conçu non seulement des robots, mais également des "terrains de jeu" moléculaires pour les tester. Dans cette étude, ils ont travaillé avec une planche carrée de 58 nanomètres sur le côté, dans laquelle, comme s'il s'agissait de chevilles, des brins individuels d'ADN complémentaires de ceux de la jambe et du pied du robot ont été insérés.

Cela est joint à une "cheville" avec sa jambe et un de ses pieds. L'autre pied flotte librement et lorsque des fluctuations moléculaires aléatoires font que ce pied libre trouve une cheville à proximité, il tire le robot vers lui et l'autre pied est libéré. Ce processus se poursuit avec le robot se déplaçant dans une direction aléatoire à chaque étape.


Dans l'image : un robot à ADN classifiant deux types de charges (à gauche) et une paire de robots à ADN collectant des molécules fluorescentes et les plaçant sur un autre côté en fonction de leur couleur (à droite).

Cela peut prendre une journée entière au robot pour explorer toute la planche. En cours de route, lorsque des molécules de charge sont attachées aux chevilles, il les saisit avec la main et les porte jusqu'à ce qu'il détecte le signal du point de descente. Le processus est lent, mais il permet une conception très simple de nano-machines avec une consommation d'énergie chimique très faible.

D'autres chercheurs devraient utiliser ces principes pour des applications intéressantes, telles que l'utilisation d'un robot à ADN pour synthétiser un produit chimique thérapeutique à partir de ses composants dans une usine de fabrication de molécules artificielles, l'administration d'un médicament uniquement lorsqu'un signal spécifique est activé dans la cellule ou flux sanguin, ou même de classer les composants moléculaires jetables pour les recycler.


Les nano-robots peuvent voyager à l'intérieur du corps humain

Des chercheurs de l'EPFL et de l'ETH Zurich ont réussi à développer des nano-robots offrant l'incroyable qualité de pouvoir transformer leur propre forme afin de s'adapter aux situations et à l'environnement. Autrement dit, si ces robots doivent opter pour une forme en spirale dans une certaine partie de notre circulation sanguine, ils peuvent le faire sans problème.


La composition de ces robots le permet. Les micro-robots sont constitués de couches d'hydrogel bio-compatible pliées comme l'origami (technique de pliage du papier), stratégie qui, en plus d'avoir été vue auparavant dans le monde de la bio-robotique, est souvent utilisée dans la robotique généralisée. Les minuscules particules magnétiques sont noyées dans le matériau et peuvent donc être expulsées de l'extérieur du corps par le biais d'un champ électromagnétique variable.

Ces robots changent de forme en fonction de l'environnement dans lequel ils se trouvent ; ils peuvent être pliés et déployés à volonté, de manière à pouvoir exercer leurs fonctions plus efficacement. L'un des exemples découverts par les chercheurs a clairement montré que pour naviguer dans un liquide à faible viscosité, la forme idéale était celle d'un corps en forme de tube et d'une queue plate. Si le liquide est plus visqueux, l’idéal est que la forme du corps soit en hélice. Pour permettre au robot de passer d’une forme à l’autre, l’équipe l’a conçu pour s’activer avec une concentration plus élevée de saccharose.

Les robots ont une composition et une structure spéciales qui leur permettent de s’adapter aux caractéristiques du fluide dans lequel ils se déplacent. Par exemple, s’ils constatent un changement de viscosité ou de concentration osmotique, ils modifient leur forme pour conserver leur vitesse et leur maniabilité sans perdre le contrôle de la direction du mouvement.

Pour tester les environnements dans lesquels les nano-robots devaient se déplacer, les chercheurs ont soumis les dispositifs en les faisant passer à travers de minces tubes en verre conçus pour imiter les vaisseaux sanguins, où ils nageaient dans des fluides de différentes viscosités qui s'écoulaient à des vitesses différentes.

Cette réalisation est très importante pour diverses raisons. Pour commencer, l'offre de médicaments s'améliorerait grandement en raison de la possibilité que ces robots atteignent toutes les parties de notre anatomie. Même dans un avenir très lointain, ils pourraient pratiquer des chirurgies invasives. Une avancée qui pourrait éventuellement jeter de nouvelles bases dans l'industrie des bio-robotiques.


Médicaments intelligents : voyage dans le corps humain

Dans le domaine médical, les nanotechnologies ont permis la soi-disant libération contrôlée de médicaments. Ainsi, le principe actif recherché pour atteindre une région du corps rejoint un dispositif de taille nano-métrique qui le dirige au bon endroit. Cela augmente son efficacité et prévient les effets secondaires dans d'autres parties du corps.

Les nano-tubes de carbone sont
utilisés comme véhicules
 dans
 les médicaments intelligents
Toutefois, ce "nano-véhicule" doit répondre à plusieurs exigences, telles que la résistance aux milieux biologiques, une vie moyenne relativement élevée et, bien entendu, le manque de toxicité.

Quand cela fonctionne, le tandem sophistiqué – substance active du médicament et du véhicule qui le transporte –est capable de traverser les capillaires, les pores et les membranes cellulaires. En d’autres termes, les médicaments intelligents fonctionnent comme un missile qui capte la chaleur jusqu’à ce qu’elle atteigne sa cible. Dans ce cas, le médicament se déplace dans le sang ou à l'intérieur des cellules jusqu'à ce qu'il atteigne sa destination et libère totalement ou partiellement son principe actif.

Nano-véhicule
Pour cela, on utilise des nano-transporteurs tels que les dendrimères – des molécules artificielles encapsulant un médicament – ou des nano-tubes de carbone – de minuscules conduits de feuilles d'atomes de carbone laminées à travers lesquelles le médicament circule –. Ces “véhicules” incorporent des substances, par exemple des protéines, qui reconnaissent d'autres protéines spécifiques de la cellule ou du tissu malade. Dans d'autres cas, si le nano-transporteur est magnétique, il peut être guidé vers la zone touchée par des champs magnétiques externes, tout comme nous déplaçons un clip sur une surface de papier avec un aimant.

Bien que cette stratégie ressemble à de la science-fiction, environ 200 médicaments utilisant divers types de véhicules nano-métriques pour administration orale, intraveineuse, inhalée ou topique sont déjà commercialisés.

Il existe d'autres propositions telles que les thérapies thermiques à base de nanoparticules ou la médecine régénérative à partir de nouveaux biomatériaux.


Des nanomètres pour peser les virus et les bactéries dans la détection des maladies

Chaque virus et chaque bactérie a une masse différente. Le simple fait de pouvoir les peser nous permettrait de les identifier et de les distinguer et, ainsi, de détecter très tôt les maladies qu’ils causent. Les progrès récents en nanotechnologie ont permis la création de nouveaux dispositifs, des capteurs nano-mécaniques, qui agissent comme des échelles à l'échelle nano-métrique, permettant de détecter ces objets avec une précision bien supérieure aux méthodes classiques de diagnostic de ces maladies.

La détection de ces particules par des capteurs nano-mécaniques est obtenue en étudiant l'évolution de leurs vibrations. Ces capteurs vibrent comme les cordes d'une guitare : lorsque l'on appuie sur une corde d'une guitare, celle-ci vibre et les ondes sont transmises dans l'air, ce que nous percevons comme un son. De plus, si nous attachons un objet à la corde, elle pèsera davantage et, par conséquent, son mouvement sera plus lent, ce qui conduira à un son plus grave. Cette différence dans le ton du son peut être directement liée à la masse de l'objet attaché.

De la même manière, les capteurs nano-mécaniques vibrent plus lentement lorsqu'une particule (virus ou bactérie) leur est attachée. Ceci est facilement vérifié en collant un petit aimant sur un diapason. Cependant, dans ces capteurs, les vibrations ne sont pas perceptibles à l'oreille et des méthodes optiques très sophistiquées sont nécessaires –similaires à celles utilisées pour la détection des ondes gravitationnelles, mais à une échelle nano-métrique – pour détecter ces modifications de la vibration du capteur.

Ces dispositifs permettent également de mesurer une autre propriété très intéressante des particules déposées : la rigidité. Connaître la rigidité des particules biologiques (virus, bactéries ou cellules) peut s'avérer très utile, car d'une part, la rigidité associée à la masse permet une identification encore plus précise des différents virus ou bactéries. Cela pourrait également permettre de différencier les cellules saines des cellules cancéreuses, car il a été constaté que bien que les deux aient une masse similaire – ce qui ne leur permet pas de se distinguer par leur masse – elles présentent une rigidité différente : les cellules cancéreuses sont moins rigides que les cellules saines. Enfin, la mesure de la rigidité des virus permet de distinguer leur état de maturation et de connaître leur capacité infectieuse.

Dans un avenir pas si lointain, ce type de capteurs sera implanté directement dans notre corps, prêt à détecter toute infection en même temps qu’il le contractera, ce qui lui permettra d’agir contre elle beaucoup plus efficacement.


Comment installer des micro-laboratoires à l'intérieur de cellules vivantes

Un groupe de chercheurs du Centre de recherche biologique (CSIC), en Espagne, dont les résultats ont été publiés dans le magazine Small en 2010, a montré dans une série d'expériences que la technologie actuelle permet déjà de créer des puces de silicium, plus petites que les cellules vivantes, les introduire à leur intérieur et interagir avec elles.

Le développement de techniques et d'instruments de laboratoire pour analyser le fonctionnement des cellules et des tissus a évolué à une vitesse vertigineuse au cours des 50 dernières années. Ainsi, nous avons appris comment fonctionnent les cellules et comment elles se détériorent avec la maladie ou avec l’âge.

Micro-puces à l'intérieur
de cellules humaines
Au cours des dernières années, des scientifiques et des technologues de divers domaines – physiciens, chimistes, biologistes, médecins, ingénieurs... – se sont unis pour atteindre un objectif commun : intégrer des équipements de laboratoire dans la cellule vivante et effectuer ainsi l'analyse des processus qui ont lieu au fil du temps dans la même cellule.

Les chercheurs ont mis au point des micro-puces en silicium, telles que celles sur ordinateur, conçues et structurées avec précision pour inclure, par exemple, des dispositifs mécaniques qui répondent à différentes forces ou stimuli. Ou déposer sur eux, de manière ordonnée, différentes molécules chimiques qui agissent comme capteurs, pouvant réagir avec d'autres molécules présentes dans la cellule et fournir des informations.

Le prochain défi a été de prendre ces micro-équipements, 20 à 50 fois plus petits que l'épaisseur d'un cheveu, dans des cellules vivantes, sans impliquer la mort de la cellule ou en altérant son fonctionnement normal.

Jusqu'à présent, cela n'a été réalisé que par des expériences avec des cellules sur plaque de culture et au microscope. Cependant, son application en médecine pourrait être possible dans les années à venir, au fur et à mesure de l'évolution des appareils capables de lire les informations qu'ils fournissent lors de leur introduction dans le corps humain.

Les prochaines années verront le développement de ces micro-puces nano-structurées parallèlement aux instruments de détection, de sorte qu'il sera possible d'insérer un réseau de puces capables de détecter, par exemple, l'apparition du glaucome dans l'œil bien avant la perte de cellules rétiniennes ; ou introduire, dans une tumeur inopérable, des puces nous informant en temps réel de l'efficacité du traitement appliqué.

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Dangers et risques de la Nanotechnologie

Malgré les progrès que la Nanotechnologie apporte à notre vie, elle présente également d'énormes dangers pour les êtres vivants. Les industriels travaillant à partir de ces nouvelles technologies sont les premiers touchés. Ces dernières vont affecter dans les années à venir beaucoup plus de personnes, car la nanotechnologie est une science du futur : tout le monde aura la possibilité de l'exploiter. Les conséquences de ces nouvelles technologies mettent en place de nombreux débats où divers avis s'opposent entre progrès et environnement.
Ce schéma d'une partie du corps humain présente
 les principales zones d'accès aux nanoparticules

Les principales entrées dans le corps d'un être humain sont la peau, les voies respiratoires (donc les alvéoles pulmonaires) ainsi que les organes irrigués comme le foie, les reins, etc. Et pour les nanoparticules les plus petites, de l'ordre de 1nm, elles peuvent passer les barrières naturelles du cerveau et ainsi atteindre différentes zones de ce dernier. Chez des femmes enceintes, les nanotechnologies peuvent atteindre la zone placentaire et ainsi avoir des conséquences sur le fœtus.

Cette nouvelle technologie pourra aider dans le domaine médical mais il faudra que celle-ci soit parfaitement maîtrisée pour éviter tout type d'accident comme un non contrôle de ces robots dans le cerveau qui pourraient faire d'énormes dégâts.

D'autres études ont été faites pour établir les risques que présente cette nouveauté, par exemple avec l'inhalation de nano-tube de carbone (ces nano-tubes se définissent comme étant un filament présentant une résistance 100 fois supérieure à celle de l'acier, et cela avec une résistance peu commune aux hautes températures). L'AFSSET (L'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail) a démontré que l’inhalation de nano-tubes de carbone supprimait certaines fonctions immunitaires chez des souris. Pendant quatorze jours, à mesure de six heures par jour, des souris ont été respectivement exposées à des concentrations de nano-tubes de carbone de 1 mg/m3.

Ces individus soumis à cette dose ont présenté une perte de leurs défenses immunitaires. Même si le système immunitaire de l'homme est certainement plus résistant, on déduit que le système immunitaire peut être plus résistant. Mais si le nano-tube de carbone se’ dégrade il pourra ainsi laisser passer plusieurs sortes de virus, infections, etc.

Il serait important de développer parallèlement à ces nanotechnologies des systèmes de contrôle afin d'en garder la maîtrise. C'est également le sujet de nombreux débats aujourd’hui.

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