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jeudi 30 mai 2024

L'apprentissage à Tout Âge Rajeunit le Cerveau – Le Quotidien et l'Utilisation de l'Intelligence Artificielle





C
e sentiment d’être trop vieux pour apprendre quoique ce soit de nouveau, beaucoup de personnes l’éprouvent. Mais est-il justifié ? Y a-t-il effectivement une limite d’âge à partir de laquelle notre cerveau n’est plus capable d’apprendre à jouer d’un instrument ou à parler une nouvelle langue ?

Apprendre, c’est en réalité l’activité de toute une vie. Dès le plus jeune âge, notre cerveau mobilise une grande partie de ses fonctions – attention, mémoire, vision, audition, motricité… – pour que nous puissions acquérir de nouveaux savoirs et savoir-faire. Quels sont les mécanismes qui nous permettent d’apprendre ? Et comment évoluent-ils avec le temps ?


Des connexions entre les neurones renforcées ou diminuées

L’apprentissage est un processus cognitif dynamique qui se déroule en deux étapes : l’acquisition d’une nouvelle information et son stockage en mémoire. Le résultat d’un apprentissage est en quelque sorte l’empreinte qui reste dans notre cerveau après que l’on ait vécu une expérience. Plus précisément, les neurones concernés par cette expérience ou l’acquisition d’une nouvelle information changent la manière dont ils dialoguent entre eux : leurs connexions – les synapses – se voient renforcées ou diminuées.

Parfois, la dynamique de nos apprentissages conduit purement et simplement à l’élimination de certaines connexions neuronales qui n’ont plus lieu d’être au profit d’autres connexions plus “utiles”. On parle, de manière imagée, d’un “élagage” synaptique (pruning en anglais), comme pour un arbre dont on coupe les branches encombrantes. Il se produit principalement durant l’enfance et ce grand chamboulement qu’est l’adolescence.

Ces modifications à l’échelle des neurones, en lien avec ce que nous apprenons, sont particulièrement intenses pendant l’enfance, alors même que nous acquérons une grande quantité de connaissances et développons de nouvelles compétences comme voir, toucher, marcher ou parler. Elles ont un impact à l’échelle du cerveau tout entier, en participant à la transformation des différents réseaux de neurones.

La plasticité cérébrale

Les apprentissages laissent dans notre cerveau une trace physique de leur survenue, et cette dynamique s’appelle la plasticité cérébrale. La découverte de ce mécanisme par les neuro-scientifiques a permis de comprendre une chose essentielle : rien n’est figé dans notre cerveau.

Les connexions entre les neurones sont la clé de nos apprentissages. Pour apprendre, il faut que des connexions neuronales pertinentes se créent. Et pour que les neurones se connectent les uns aux autres, il faut qu’ils s’activent ensemble, un peu comme une ampoule qui s’allume. Cette capacité du cerveau à modifier ses connexions neuronales s’appelle la plasticité cérébrale.

La plasticité cérébrale permet de remodeler le cerveau en permanence selon nos apprentissages. Ce remodelage est non seulement relativement rapide mais réversible. En effet, une équipe de chercheurs a trouvé que certaines régions du cerveau chez de jeunes adultes présentaient des modifications structurelles importantes après trois mois d’apprentissage à la jonglerie, par rapport à des personnes n’ayant pas suivi cet apprentissage ; et ces modifications disparaissaient quelques semaines après l’arrêt de cette activité. Voilà pourquoi les artistes s’entraînent tous les jours.

Cette plasticité cérébrale rend le cerveau malléable à tous les âges de la vie. C’est essentiel pour nous permettre de nous adapter. Il change, se transforme, sous l’effet de l’expérience, aussi bien lors de la petite enfance qu’à l’âge adulte.

Nous sommes en quelque sorte “programmés” pour apprendre. L’organisation de notre cerveau peut s’adapter et se reconfigurer à tout moment, en fonction des expériences que nous vivons dès le plus jeune âge.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre une nouvelle langue

Certaines périodes de la vie sont plus propices à certains apprentissages. La recherche en psychologie du développement a ainsi déterminé des “fenêtres temporelles” qui correspondent à des périodes durant lesquelles le cerveau a une capacité particulière à recevoir les informations de l’environnement. Par exemple, l’acquisition de la langue maternelle a fait l’objet de nombreuses études, et il semble qu’il existerait une fenêtre temporelle particulièrement propice à l’acquisition du langage. D’où cette idée répandue – à tort – que plus on vieillit, plus il est difficile d’apprendre une seconde langue. Même s’il semble en effet y avoir une période clé pour l’acquisition de la langue maternelle, c’est beaucoup moins clair pour une seconde langue.

Des chercheurs en psychologie à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, se sont intéressés à l’apprentissage d’une seconde langue chez des personnes adultes. Les chercheurs ont demandé à des non-hispanophones, un groupe de jeunes adultes et un groupe de personnes de plus de 65 ans, d’apprendre 100 mots en espagnol sur une période de trois semaines. Lors d’un test à l’issue de cet entraînement, les personnes âgées ont obtenu des temps de réponse et des nombres de bonnes réponses comparables aux jeunes adultes, montrant que les deux groupes ont des performances d’apprentissage similaires.

Et ce qui vaut pour le langage et les connaissances déclaratives – explicites –   vaut aussi pour les connaissances procédurales – implicites, en lien avec les gestes et les mouvement –. Ainsi, l’expérience de jonglage citée précédemment a été répliquée pour comparer, cette fois, la performance des personnes âgées par rapport aux jeunes. Les performances finales sont moindres chez les personnes âgées, cependant le même phénomène de plasticité a été observé. Autrement dit, l’apprentissage du jonglage a été moins efficace chez elles, mais les traces cérébrales de cet apprentissage sont bien présentes.

Certaines compétences sont modifiées par le vieillissement normal du cerveau. Un apprentissage plus long peut être nécessaire pour compenser l’effet de l’âge. Mais le mécanisme de plasticité cérébrale permettant d’apprendre est présent toute la vie.


Un apprentissage plus long chez les personnes âgées

Plusieurs études ont mesuré les conséquences du vieillissement cognitif en utilisant une combinaison de tests de performance mentale. Leurs résultats montrent que les personnes plus âgées ont en moyenne des temps de réaction plus longs, une mémoire moins fiable, une perception sensorielle altérée, et elles ont plus de difficultés à résoudre des problèmes. Ces déficits mesurés en laboratoire seraient un frein à l’acquisition d’informations nouvelles.

Mais de telles études occultent une dimension importante de l’avancée en âge : l’accumulation des expériences au cours de la vie augmente la quantité de connaissances stockées dans le cerveau. En effet, cette accumulation d’expériences et la complexité des connaissances qui y sont associées sont plus importantes chez les personnes âgées. Ce qui rendrait plus difficile l’acquisition de nouvelles connaissances.

Cette expertise constituerait donc un handicap et expliquerait les résultats inférieurs des personnes âgées par rapport aux jeunes cerveaux. Mais pourrait-elle avoir certains bénéfices ?

L’expérience humaine, un levier pour l’apprentissage

Dans l’expérience sur l’apprentissage de l’espagnol déjà citée, l’imagerie cérébrale des personnes âgées montre une activation particulière de certains réseaux de la mémoire qui n’est pas retrouvée chez les plus jeunes. Cette activation spécifique est celle de la mémoire dite “sémantique”, qui stocke notamment les connaissances générales sur le monde. Dans le contexte d’un défi cognitif, comme apprendre une seconde langue, les personnes âgées font appel à leur expérience personnelle comme ressource cognitive en plus. Le vécu plus fourni en expériences personnelles se révèle ainsi comme une aide à l’apprentissage.

En vieillissant, nous pouvons tirer profit de notre raisonnement plus entrainé pour apprendre de nouvelles informations, même s’il est parfois plus lent à se mettre en route. Le recrutement spécifique de certaines régions du cerveau chez les personnes âgées lors d’un apprentissage nouveau serait le reflet de cet appel à l’expertise.

Il ne faut pas pour autant minimiser le vieillissement cérébral. Celui-ci est bien réel, comme le montre notamment la diminution mesurable de l’épaisseur du cortex, et les modifications de certaines performances mentales. Cependant, ces dernières sont à nuancer car les tests psychométriques ne tiennent pas compte de la richesse de l’expérience humaine, ni de la façon dont la connaissance augmente avec l’expérience.

La plasticité du cerveau “s’entretient”

L’entretien de notre cerveau semble jouer un rôle clé pour le maintien de sa plasticité entre 30 et 60 ans. Cette capacité est affaiblie si et seulement si nous cessons d’apprendre et de maintenir un état de curiosité à la nouveauté. Une combinaison de facteurs peut être bénéfique pour le maintien de cette plasticité incluant l’activité physique, peu de stress, ne pas consommer de psychotropes, et avoir des relations sociales en plus d’une activité cognitive régulière.

À tout âge, si les circonstances sont propices et en l’absence de pathologies neurologiques, apprendre par l’expérience reste la principale activité de notre cerveau au quotidien. Même si les mécanismes de l’apprentissage sont moins performants à partir d’un certain âge, en termes de vitesse d’acquisition, la plasticité cérébrale perdure toute la vie si nous maintenons notre esprit ouvert et actif pour de nouvelles expériences. Contrairement à ce que la recherche a longtemps pensé, nous ne sommes pas enfermés dans un déterminisme biologique qui nous permettrait d’apprendre seulement jusqu’à un certain âge.

La capacité d’attention est essentielle dans nos apprentissages

Test sur votre capacité d’apprentissage avec ou sans distraction

Prenez un chronomètre.

Étape 1 : Regardez cette première série de 9 images différentes pendant 30 secondes sans distractions extérieures. Une fois les 30 secondes passées, vous avez 30 secondes pour écrire les images dont vous vous souvenez. Il est temps de vérifier vos résultats. Avez-vous réussi à retenir les 9 images ?

Étape 2 : Regardez cette nouvelle série de 9 images différentes pendant 30 secondes avec des distractions extérieures, par exemple de la musique ou encore la télévision allumée. Une fois les 30 secondes passées, vous avez 30 secondes pour écrire les images dont vous vous souvenez. Il est temps de vérifier vos résultats.

Avez-vous réussi à retenir autant d’images que la première fois ? Sans doute que non. La plupart des personnes mémoriseront moins d’images lorsqu’elles sont distraites par quelque chose.

Les scientifiques ont récemment montré que la simple présence de nos téléphones cellulaires sur le bureau pouvait suffire à réduire nos performances dans une tâche d’apprentissage.

Il est donc important de favoriser l’attention, et ce quels que soient nos défis d’apprentissage, et d’étudier dans un environnement calme, exempt de distraction. Vous serez alors plus efficace dans vos apprentissages et aurez finalement plus de temps pour faire toutes les autres activités quotidiennes, comme voir vos amis.

Source : Le Musée de la santé Armand-Frappier

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L’apprentissage rajeunit le cerveau à tout âge


Des chercheurs de l’université de Californie à Riverside dans une nouvelle étude, publiée dans la revue de la National Library of Medicine en novembre 2023, ont observé une amélioration de la cognition chez les personnes âgées qui ont appris plusieurs nouvelles tâches, et les progrès se sont améliorés avec le temps.

Les chercheurs ont montré que n’importe quel apprentissage à un âge avancé est non seulement possible, mais améliore aussi les facultés cognitives au point de retrouver celles d’un étudiant de premier cycle universitaire.

Pour le prouver, les chercheurs ont réalisé deux expériences indépendantes, mais similaires, d’abord avec 6 puis 27 personnes âgées en moyenne de 66 et 69 ans et ne souffrant d’aucun trouble cognitif pathologique autre que quelques difficultés rencontrées en vieillissant, comme une diminution de l’attention ou de la mémorisation, et que l’on nomme “déclin cognitif lié à l’âge”.

Au départ, chaque sujet passait des tests cognitifs évaluant ses fonctions exécutives – la mémoire à court terme, la planification, l’attention, le raisonnement, l’inhibition… – et sa mémoire à long terme dite “épisodique verbale”, puis apprenait, comme le ferait un enfant ou un étudiant, durant trois mois et à raison d’au moins six heures par semaine, trois nouvelles compétences qu’il avait choisies : une langue, le dessin, un instrument de musique, la photographie, l’utilisation d’une tablette numérique…

Résultat.
Tous les volontaires ont vu leurs fonctions cognitives s’améliorer, nombre d’entre eux multipliant même par deux ou trois leurs scores aux tests. Et ce dès la fin des trois mois d’apprentissage, mais aussi six mois et un an après, les bénéfices perdurant. Les performances de nombreuses personnes continuaient même à augmenter au fil du temps après l’arrêt des formations.

Cette étude est une première en situation réelle et sur le long terme : les participants étudiaient chez eux ou en prenant des cours durant les trois mois. Les conclusions de ce travail confirment que le cerveau reste plastique à tout âge, capable de se remodeler pour assimiler de nouvelles compétences, et que toute stimulation des neurones via l’acquisition d’une nouvelle compétence – linguistique, motrice, mentale – les rajeunit, ralentissant ainsi le déclin cognitif lié à l’âge.

La découverte confirme, selon les chercheurs, que les adultes plus âgés peuvent apprendre de nouvelles tâches et améliorer leur cognition dans le processus, s'ils abordent l'apprentissage comme le fait un enfant.


Un biomarqueur de la dégénescence cognitive identifié à partir de l'imagerie par résonance magnétique (IRM)

Des chercheurs chinois de la Beijing Normal University dans une étude, publiée dans la Revue Journal Radiology Society (RSNA) en juin 2021, ont développé un modèle de prédiction de l'âge du cerveau basé sur l'intelligence artificielle (IA) pour quantifier les écarts observés par rapport à une trajectoire saine de vieillissement cérébral chez les patients atteints de troubles cognitifs légers.



La déficience cognitive amnésique légère (aMCI) est une phase de transition entre le vieillissement cérébral normal et la maladie d'Alzheimer (MA). Les personnes atteintes d'aMCI ont des déficits de mémoire qui sont plus graves que la normale pour leur âge et leur statut, mais pas assez graves pour affecter leur activité quotidienne.


Les chercheurs ont utilisé un algorithme d’apprentissage automatique pour former un modèle de prédiction de l'âge du cerveau basé sur des images IRM pondérées en T1 de 974 adultes en bonne santé âgés de 49,3 à 95,4 ans. Le modèle, une fois entraîné, a été appliqué pour estimer la différence d'âge prévue – âge prévu par rapport à l'âge réel – des patients aMCI de la Beijing Aging Brain Rejuvenation Initiative – 616 témoins sains et 80 patients aMCI – et de l'Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative – 589 témoins sains et 144 patients aMCI –.

Les chercheurs ont également examiné les associations entre la différence d'âge prévue et les troubles cognitifs, les facteurs de risque génétiques, les biomarqueurs pathologiques de la MA et la progression clinique chez les patients aMCI.

Les résultats ont montré que les patients aMCI avaient des trajectoires de vieillissement cérébral distinctes de la trajectoire de vieillissement normale typique, et le modèle de prédiction de l'âge cérébral proposé pourrait quantifier les écarts individuels par rapport à la trajectoire de vieillissement normale typique chez ces patients. La différence d'âge prédite s’est, d’autre part, avérée significativement associée à une déficience cognitive individuelle des patients aMCI dans plusieurs domaines, notamment la mémoire, l'attention et la fonction exécutive.

Ce travail indique que la différence d'âge prédite a le potentiel d'être un biomarqueur robuste, fiable et numérique pour le diagnostic précoce des troubles cognitifs et le suivi de la réponse au traitement.

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Seniors et l'intelligence artificielle



Intelligence artificielle, le terme peut effrayer car on a tendance à penser à une technologie intrusive qui va remplacer le naturel. Mais les objets connectés qui possèdent une intelligence artificielle sont conçus pour respecter la vie privée des utilisateurs. Dans le cas des séniors, ils sont destinés à apporter de l’aide pour pallier le manque de personnel aidant et surtout pour favoriser le maintien à domicile. L’usage de l’intelligence artificielle se démocratise de plus en plus dans la société actuelle car il apporte une assistance et une aide non négligeable aux personnes âgées dans une société où la population est vieillissante.

Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est constituée d’un ensemble de programmes et d’algorithmes complexes exécuté par un objet ou une machine. L’appareil peut reproduire ou simuler le comportement humain ou même de résoudre un problème.

C’est aussi une technologie qui ne peut se dissocier de l’informatique dont l’objectif principal est de recréer une technologie similaire à l’intelligence humaine. Une machine capable de réfléchir par elle-même. Dans le cadre du “bien-vieillir”, l’intelligence artificielle se développe sous forme de robots, d’assistance virtuelle, d’objets connectés, d’appareils d’apprentissage…


Une population vieillissante attentive au progrès de l’intelligence artificielle


Le vieillissement de la population touche la majorité des pays dans le monde. Face à une population vieillissante et aux enjeux économiques qui y sont associés, il devient important de concevoir des méthodes et des appareils qui permettent un meilleur soutien aux personnes âgées.

L’utilisation de l’intelligence artificielle qui a été simplifiée permet aux seniors de bénéficier des dernières innovations en matière de technologie.

Assiste-t-on à la naissance de l’ère des machines ?

Ce n’est plus un scénario de science-fiction, la robotique et la domotique commence à envahir petit à petit les habitations personnelles et les établissements spécialisés pour les personnes âgées. Grâce à des capteurs intégrés et une intelligence artificielle qui agit comme un vrai cerveau, les machines sont capables d’entretenir une conversation, de réagir face à une situation, d’analyser le son, d’étudier l’environnement, de reconnaître leur nom, de répondre aux besoins de l’utilisateur et d’interagir avec et d’anticiper les risques d’accidents. Toutefois, les machines ne remplacent pas l’interaction humaine car elles sont dépourvues d’émotions et de sensations mais elles restent une compagnie quotidienne pour les seniors et luttent contre l’isolement social.

L’intelligence artificielle au service des personnes âgées


L’intelligence artificielle travaille sur des machines capables d’apprendre de façon autonome et d’effectuer des tâches pour lesquelles elles ne sont pas spécialement programmées. Ces machines sont capables de faire des analyses et d’agir en conséquence selon l’environnement et la situation auxquels elles font face. Cet apprentissage est possible grâce à l’intégration d’un algorithme d’analyse de données : informations personnelles, capteurs, lasers, commandes vocales, images récupérées par caméra…

Rompre l’isolement social

Un des objectifs de l’intelligence artificielle est d’apporter une assistance mais aussi offrir une compagnie aux personnes âgées. Tout cela pour lutter contre l’isolement social dont les seniors sont souvent victimes. Les agents conversationnels ou chatbots assurent une communication permanente avec son utilisateur. Il compense la solitude pour une personne âgée habitant seule. Ces machines sont programmées pour simuler une conversation avec le langage choisi. Elles sont capables de rappeler à leur utilisateur l’heure pour prendre les médicaments, les rendez-vous importants, d’enregistrer des conversations pour les personnes qui ont un problème de mémoire (atteintes de la maladie d’Alzheimer par exemple), de distraire grâce à des activités et des jeux proposés.

Assurer une surveillance médicale

Les objets connectés sont souvent reliés à un serveur pour permettre une assistance à distance des personnes âgées. Ils n’assurent pas seulement la fonction de compagnon de conversation mais peuvent être très utiles en cas d’anomalies. Avec les capteurs et les données collectées, l’intelligence artificielle peut détecter si les habitudes de son utilisateur ont changé : s’il ne s’est pas levé à l’heure habituelle, s’il n’est pas rentré de la maison, s’il n’y a plus de mouvements dans la maison. Dans ces cas-là, une alerte est envoyée au serveur et l’assistance médicale est avertie pour une intervention.

Aider au quotidien

L’intelligence artificielle est conçue pour simplifier la vie des utilisateurs. La domotique par exemple est capable de faire des tâches ménagères ou de tenir le rôle d’assistant personnel : agenda personnel, heure pour dormir et pour se lever, ouverture et fermeture des portes, rappel de prise de médicaments, traitement d’appel téléphonique, de mail ou de données numériques… L’intelligence artificielle assure également la sécurité des seniors en donnant une alerte en cas de situations inhabituelles comme une entrée par effraction dans la maison.

Les Chatbots : facilitateur pour les personnes âgées


Pour maintenir une vie presque sociale et surtout pour une bonne santé physique et mentale, les bots sont des outils très pratiques pour aider les personnes âgées car ils peuvent devenir de véritables compagnons. En effet, les chatbots assurent une communication quotidienne avec les personnes âgées.

Compañero
emocionalmente inteligente
À San Fransisco, un dispositif appelé “Elliq“ fait partie des vedettes concernant les chatbots. Elliq dispose d’une intelligence e-learning (apprentissage électronique) pour analyser les préférences de l’utilisateur afin de lui suggérer des activités après. Elliq communique à travers le langage mais également avec des formes de communication non-verbales. Par exemple si un membre de la famille envoie une photo sur les réseaux sociaux, Elliq les affiche sur l’écran et tourne la tête vers la personne afin “de vivre ce moment” comme si c’était le petit-fils en personne qui montre les photos à ses grands-parents. Ce dispositif lutte contre l’isolement social en partageant des expériences diverses. Il ne s’agit pas de former une relation concrète avec la machine mais de rendre accessibles aux personnes âgées des données importantes qui les rapprochent de leurs familles. Le but est de s’assurer que la personne âgée se sente moins seule en utilisant Elliq.

La domotique

Pour les seniors, la domotique apporte des solutions concrètes. Elle permet de vieillir chez soi en toute sécurité. Contrôle de l'éclairage à distance, détecteur de fumée, vidéosurveillance... Sa technologie et ses équipements permettent en effet de faciliter le quotidien des plus de 60 ans.


Du latin “domus” qui signifie “maison”, la domotique désigne l’ensemble des systèmes informatiques, de télécommunication et électroniques, destiné à rendre une maison “intelligente”.

La domotique a pour but de faciliter le quotidien, mais également d'assurer la sécurité d’un logement et de réduire sa consommation d’énergie.

Elle requiert l'installation de plusieurs équipements ou d'appareils connectés. Ils sont mis en service par des sociétés qui se doivent de protéger les données personnelles de leurs utilisateurs. Cette technologie permet à l'habitat de se gérer en totale autonomie, en fonction des habitudes de vie de ses occupants ou d'un scénario domotique programmé à l'avance. Des objets connectés permettent également de commander l'habitat à distance et instantanément.

Les appareils liés à la domotique permettent par exemple de contrôler à distance l'ouverture des volets, la température du logement et de bénéficier d'un service de télé-assistance. Ces équipements se règlent le plus souvent via une application mobile, par commande vocale ou en toute autonomie grâce à des détecteurs.

Ainsi, la domotique au service des seniors est en plein développement. En apportant du confort et de la sécurité, elle les aide à bien vieillir et à rester chez eux le plus longtemps possible.

La domotique est de plus en plus recommandée par les professionnels pour prévenir les accidents de la vie courante. Elle est utile pour donner l'alerte aussi bien en cas de chute que de fuite de gaz ou d'intrusions. C'est une solution rassurante pour la personne âgée, mais aussi pour sa famille.

Télé-assistance

Des objets connectés comme des bracelets ou des montres ont fait leur apparition pour garantir la sécurité des seniors. Ils sont équipés d'un bouton SOS et d'un détecteur de chute. Ainsi, un appel d'urgence peut être envoyé à un membre de la famille ou à un service de télé-assistance qui peut intervenir au domicile ou solliciter les secours.

Vidéosurveillance

L'idéal est d'être équipé d'une caméra avec détecteur de mouvement. Avec ce système complet, il est possible de visualiser ce qui se passe à l'intérieur ou à l'extérieur du logement. Si la personne âgée n'est pas en mesure de réagir face à une situation stressante, mieux vaut qu'un de ses proches en assure la gestion. Cet équipement donne l'alerte en cas d'intrusion, mais aussi de chute. Les capteurs de mouvements peuvent être reliés à un chemin lumineux qui facilite les déplacements nocturnes.

Détecteurs de gaz, de fumée et de fuite d'eau

Un détecteur de gaz connecté permet d'agir rapidement en cas de fuite. Certains modèles intègrent également un détecteur de fumée et donnent l'alerte grâce à une sirène, un éclairage rouge ou en appelant un proche. Un détecteur de fuite d'eau localise les anomalies et déclenche une alarme en cas d'inondation.

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Plus de personnes âgées que de personnes plus jeunes dans le monde

Selon les Nations unies le nombre de personnes de 65 ans et plus devrait doubler dans le monde d’ici à 2050 selon un article publié sur le site de l’INED (Institut national d'études démographiques) en septembre 2021. C’est un phénomène planétaire puisqu’une personne sur six (16%) aura plus de 65 ans en 2050 (une sur onze en 2019 (9%) d’après le rapport Perspectives de la population mondiale. Depuis fin 2018, il y a désormais dans le monde plus de personnes âgées que de personnes plus jeunes (environ 705 millions de personnes de plus de 65 ans et environ 680 millions chez les 0-4 ans en 2018).

Quelle place allons-nous donner aux seniors dans cette société vieillissante ? Allons-nous cantonner cette partie importante de la population à vivre dans son passé et ses souvenirs, ou bien la considérer pour ce qu’elle est, capable d’évoluer et d’apprendre ? Les données de la recherche en sciences cognitives peuvent servir d’outils concrets pour rendre la formation accessible tout au long de la vie.

Adopter de saines habitudes de vie

Pour apprendre efficacement, il est essentiel de prendre soin de ce précieux organe qu’est notre cerveau. Pour cela, il ne faut pas hésiter à bouger, se cultiver, se mettre au défi, bien s’alimenter et dormir suffisamment. Et ce qu’il y a de fabuleux, c’est que ces saines habitudes favorables à notre cerveau sont aussi favorables à tout notre corps.

Le sommeil est en effet un allié précieux pour apprendre. Lorsqu’on dort, il se produit une réactivation spontanée et inconsciente des neurones liés aux apprentissages de la journée. Et des neurones qui s’activent ensemble… ce sont des neurones qui se connectent, et un apprentissage qui se fait.

Du vélo aux tables de multiplication, des souvenirs de vacances à la capacité d’évaluer un danger, le cerveau garde une trace de nos apprentissages durant des décennies, voire toute notre vie. Ainsi, nous sommes capables de mieux nous adapter à tout ce qui nous entoure et se produit dans la vie.


Apprendre, c’est un peu comme tracer un sentier dans une forêt. 
À force de marcher toujours au même endroit, le tracé du sentier se définit.
 Ainsi, pour faire remonter à la surface un souvenir, 
nous devons emprunter le bon sentier dans la forêt de neurones.



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jeudi 30 décembre 2021

L'Importance des Émotions dans l'Apprentissage




Il n’y a pas si longtemps, on pensait qu’apprendre était un processus strictement rationnel dans lequel les émotions n’avaient pas grand-chose à voir. Une croyance qui s’est cristallisée avec une certaine définition de l’intelligence dérivée des “fameux” tests de QI, pourtant conçus pour détecter les difficultés d’apprentissage chez les enfants. On sait aujourd’hui que les émotions tiennent un rôle à ce point important dans la cognition qu’elles peuvent servir de levier ou, au contraire, devenir un frein.

Nos émotions

Une émotion peut être définie comme une réaction de l’organisme à un événement extérieur, et qui comporte des aspects physiologiques, cognitifs et comportementaux. Le terme “émotion” vient du latin “emovere” qui veut dire “mettre en mouvement”.

Nos émotions ont longtemps été considérées comme sans importance, si ce n’est honteuses ou encombrantes. On sait maintenant qu’elles jouent un rôle essentiel dans notre équilibre individuel et dans nos relations sociales. Ainsi, s’il a déjà été de bon ton de les taire ou de les cacher, la tendance est désormais d’y être à l’écoute, de les apprivoiser, de les exprimer et d’apprendre à mieux les gérer.

Il est normal que, dans une certaine mesure, nos émotions fluctuent puisque c’est de cette façon qu’elles remplissent leur rôle, soit celui d’un système de protection hyper sophistiqué. Celui-ci a d’ailleurs contribué à assurer la survie de notre espèce en nous aidant à identifier dans notre environnement les éléments pouvant nous affecter, de manière favorable ou non, puis en nous guidant sur la façon d’y réagir pour préserver notre intégrité ou notre bien-être. Nos émotions jouent toujours ce rôle, même si notre environnement est différent.

Les émotions protègent notre intégrité ou notre bien-être

La qualité – positive ou négative – et l’intensité – forte ou faible – de l’émotion indiquent la présence d’un événement ou d’une situation pouvant avoir un impact – soit positif ou négatif, fort ou faible – sur notre intégrité ou notre bien-être. La nature de l’émotion (joie, peur, tristesse, colère, etc.) fournit quant à elle des indices sur l’action ou l’ajustement nécessaire pour retrouver ou protéger notre intégrité ou notre bien-être.

Ainsi, bien que certaines émotions soient dites positives parce qu’elles sont ressenties comme étant agréables, et que d’autres sont qualifiées de négatives parce qu’elles sont désagréables, toutes les émotions ont leur utilité.

Quatre types d’émotions ayant une influence dans l’apprentissage


Émotions d’accomplissement.
Elles sont liées à des activités comportant un objectif ainsi que de la réussite ou de l’échec de ses activités. Exemples : avoir du plaisir à apprendre, avoir peur de l’échec, espérer réussir, etc.

Émotions épistémiques. Elles sont déclenchées par des problèmes d’ordre cognitif. Exemples : être surpris, motivé ou perplexe par rapport à un exercice proposé, être satisfait après avoir relevé un défi avec brio, etc.

Émotions thématiques. Qu’elles soient positives ou négatives, celles-ci sont liées à un sujet d’étude précis. Exemples : avoir une aversion pour les mathématiques, s’emballer lors de discussions sur la politique, etc.

Émotions sociales. Positives ou négatives, elles prennent racine dans les interrelations que l’apprenant entretient avec l’enseignant et avec ses pairs. Exemples : appréciation, admiration, attentes, anxiété sociale, envie, etc.


L’apprentissage et les émotions

Apprendre implique de remettre en question ce qu’on croyait savoir, de s’ouvrir à de nouvelles idées et à davantage de complexité, et de déployer des efforts sans en connaître forcément l’aboutissement. C’est une démarche déstabilisante qui, bien qu’elle comporte son lot d’émotions positives, ne peut préserver de ressentir toute émotion négative. Il est primordial de rappeler ce fait à l’apprenant, de l’encourager à s’exprimer sur ce qui le déstabilise dans son parcours et de lui donner les ressources nécessaires pour l’aider.

C’est d’autant plus important puisque de nier ou de réprimer ses émotions ne les fait pas disparaître… au contraire, cela risque de les amplifier.

Phénomène qui comporte une grande part de subjectivité, d’impalpable, les émotions vécues dans un groupe varient d’un apprenant à l’autre. Cette différence peut s’expliquer par plusieurs facteurs propres à un groupe d’individus : l’origine ethnique, la culture, le genre, le sentiment d’appartenance vis-à-vis de l’institution d’enseignement, etc. Des études ont, par exemple, confirmé que l’anxiété liée aux examens était plus élevée chez les étudiants de certaines régions du monde.

Malgré l’influence que peuvent avoir ces facteurs, ce sont les différences proprement individuelles qui ont le plus de poids : notre physiologie et notre génétique, notre vécu, nos valeurs personnelles, etc. À ces particularités intrinsèques, il faut ajouter des éléments tels que la confiance en soi, l’intérêt personnel pour une matière en particulier et le fait que l’état émotionnel de chacun évolue de façon distincte au fil du temps.

Moteur ou frein au processus d’apprentissage

Les émotions peuvent affecter l’apprenant à différents stades du processus d’apprentissage. Comme cela a été démontré, elles peuvent avoir un impact soit positif soit négatif sur son attention, sa motivation, ses stratégies d’apprentissage et sa capacité à auto-réguler son apprentissage.

Parmi les émotions négatives susceptibles d’entraver à un moment ou à un autre le processus d’apprentissage on compte :

* l’anxiété
* la peur de l’échec
* l’embarras
* l’incapacité à comprendre un exercice
* le découragement
* l’ennui

Du côté des émotions positives qui ont une incidence bénéfique sur ce processus, on retrouve principalement :

* le plaisir d’apprendre en général
* le plaisir d’apprendre sur une matière en particulier
* l’enthousiasme vis-à-vis du matériel d’apprentissage
* l’espoir de réussir
* la fierté attribuable à des accomplissements

Émotion positive pas si bénéfique et émotion négative pas si néfaste

Ce n’est pas parce qu’une émotion est positive, au sens large, qu’elle est forcément bénéfique au processus d’apprentissage. Pour être utile à ce processus, elle doit être liée à l’apprentissage ou à des tâches d’apprentissage ; autrement, elle peut nuire à l’attention et affecter la performance.

En parallèle – même s’il n’est pas question d’encourager l’émergence d’émotions négatives chez l’apprenant –, ce n’est pas parce qu’une émotion est négative qu’elle représente en toutes circonstances un frein pour l’apprenant : l’anxiété, l’embarras ou la colère peuvent motiver l’apprenant à redoubler d’efforts, à condition que celui-ci veuille réussir et qu’il croit en ses chances d’y parvenir. Bien entendu, l’intensité et la fréquence de l’émotion ressentie auront aussi une incidence ; si elle est trop forte ou récurrente, l’apprenant risque d’être submergé par le sentiment d’impuissance.

Les émotions positives facilitent l’apprentissage

Le rôle bénéfique des émotions positives apparaît comme une évidence. Il est d’ailleurs possible de créer des émotions positives dans le cadre des formations pour motiver les apprenants, notamment à l’aide des stratégies suivantes : stimuler l’intérêt de l’individu pour un sujet, lui montrer qu’il peut atteindre les objectifs fixés, décourager la concurrence entre les apprenants et utiliser des exemples concrets. Toutes ces méthodes contribueront à améliorer le taux de réussite de la formation.

Les émotions négatives peuvent être une source de motivation

Les émotions négatives peuvent permettre de mettre les échecs en perspective pour progresser. Elles peuvent pousser à apprendre, par exemple, en surmontant le trac avant de faire un discours devant toute l’entreprise. Par opposition, certaines émotions positives peuvent distraire et faire oublier les objectifs à atteindre. Exemple : rêver du week-end qui approche.


Émotions et mémoire


La mémoire est à ce point cruciale pour l’apprentissage que les deux notions sont souvent confondues. Alors que l’apprentissage est le processus qui permet de modifier un comportement, la mémoire est cette capacité à stocker de l’information et à y faire appel.

Les émotions ont une influence considérable sur la mémoire. C’est ce qui fait notamment qu’on se rappelle mieux des événements chargés sur le plan émotif. C’est une manifestation de ce que l’on appelle le phénomène des souvenirs-flashs (Flashbulb memory phenomenon).

Dernièrement, les neurosciences ont révélé que pour encoder un apprentissage, le cerveau a besoin de rétroactions sur ses prédictions, plus précisément d’un signal d’erreur qui doit entraîner chez l’apprenant un sentiment de surprise. C’est principalement sur la consolidation à long terme que les émotions agissent.

Plus une situation nous concerne de près et qu’elle touche à l’un de nos besoins fondamentaux – pyramide de Maslow publiée en 1943 –, plus elle est susceptible de nous interpeller émotionnellement.

Théorie de la motivation et des besoins

Maslow s'est intéressé principalement aux motivations supérieures de l'Homme dans sa hiérarchie. Sa hiérarchie des besoins signifie que l'Homme n'atteint le plein développement de son psychisme que s'il est satisfait sur tous les plans : physiologie, sécurité, amour (appartenance), estime (reconnaissance) et accomplissement de soi (créativité). Malgré l'apparence rigide de la pyramide faite d'étapes fixes pour la progression, les besoins humains sont dynamiquement fluides, avec plusieurs de ces besoins présents dans une personne simultanément.

Cette hiérarchie est généralement représentée sous la forme d'une pyramide qui, de la base au sommet, distingue cinq niveaux de besoins :

* à la base, les besoins physiologiques (tels que la faim, la soif) ;

* ensuite, les besoins de sécurité et de protection (tels que le désir d'un toit ou d'une bonne assurance). Ces deux aspects assurent la survivance physique d'une personne ;

* puis viennent les besoins d'appartenance, besoins sociaux qui reflètent la volonté de faire partie d'une famille, d'un groupe, d'une tribu ;

* ensuite arrivent les besoins d'estime de soi (qui permettent de se regarder dans le miroir le matin) pour les besoins psychologiques ;

* enfin, apparaissent au sommet de la hiérarchie, les besoins de s'accomplir.

La contagion émotionnelle

L’état affectif de l’enseignant peut avoir une influence considérable sur l’apprenant. Un effet de contagion du stress de l’enseignant aux étudiants a été mis au jour dans une vaste étude canadienne. Bien que l’expérience se soit déroulée dans des classes du primaire, il n’est pas impossible que le phénomène puisse aussi survenir dans des classes d’apprenants adultes.

Cette manifestation entre dans la grande famille de la “contagion émotionnelle”, un processus déjà connu, en partie génétique impliquant nos neurones miroirs, par lequel nous nous imprégnons inconsciemment des émotions des autres.

En raison de nos différences psychophysiologiques et de nos expériences personnelles, ce phénomène varie en intensité d’une personne à une autre. Malgré qu’il s’agisse d’un mécanisme involontaire, le simple fait de connaître son existence, de savoir que les émotions, positives comme négatives, peuvent se propager aussi facilement dans notre entourage, peut inciter l’enseignant à évaluer son état d’esprit avant de donner un cours et à tenter de le changer, si nécessaire.

L’enseignement empathique

L'empathie est une notion complexe, – à la différence de la contagion émotionnelle – constituée d’une dimension émotionnelle et d’une dimension cognitive. Ces deux dimensions, lorsqu’elles sont combinées, forment l’empathie mature qui permet à la fois de ressentir et de comprendre l’émotion d’autrui.

L'empathie provient des neurones miroirs. Ces neurones nous permettent, entre autres, d'imiter les comportements que nous percevons chez les autres et même de pouvoir ressentir ce qu'ils ressentent. C'est un trait qui a permis à l'intelligence de se développer plus rapidement chez l'homme. On dit qu'il fait partie de notre évolution et a commencé à se développer au fur et à mesure que notre maîtrise de l'environnement naturel a conduit à la création de civilisations et s'est orientée vers l'adaptabilité de l'environnement social.

Les découvertes de neurophysiologie ont montré que le processus d'empathie repose sur deux composants majeurs :

* Le premier est une disposition innée et non consciente qui permet de ressentir que les autres sont comme nous et qui se développe dès le premier âge de l'enfant par l’activation de neurones miroirs à la simple observation d’une action chez un autre individu.

* Le second s'acquiert plus tardivement, avec le développement des capacités de manipulation des représentations mentales, et permet de pouvoir se mettre mentalement à la place d'autrui. Nos capacités d'empathie sont par ailleurs modulées par notre attention et notre motivation.

Cette habileté fait partie intégrante du concept d’intelligence émotionnelle, c’est l’une des clés d’une communication efficace. Puisque tout enseignant a déjà été apprenant, chacun peut faire cet exercice empathique de se remémorer les émotions qui ont marqué son parcours scolaire, les situations qui en sont à l’origine et les attitudes des enseignants qui ont eu un impact significatif sur celles-ci.

La réalité virtuelle pour stimuler l’empathie

Cette solution est de plus en plus intégrée aux formations où l’immersion peut réellement servir l’apprentissage. Puisque la réalité virtuelle donne l’impression de vivre une situation réelle dans un environnement qui existe pour vrai, c’est l’outil par excellence pour générer chez l’apprenant les émotions auxquelles il serait confronté s’il apprenait sur le terrain. L’avantage est qu’il peut expérimenter tant et aussi longtemps que nécessaire sans se mettre en danger ou mettre en danger autrui.

Selon une expérience menée par l’université Stanford, la réalité virtuelle pourrait être utilisée pour stimuler de manière positive l’empathie. La technologie pourrait peut-être nous aider à devenir plus humains, et que l’empathie est bien une qualité qu’il est possible de développer.

Les atouts de la formation en ligne

Certains outils de la formation en ligne sont d’un grand intérêt pour créer un environnement propice à l’éclosion d’émotions positives et favoriser des échanges interpersonnels constructifs à chaque étape du processus d’apprentissage. Le forum de discussion, les séances en direct et les réseaux sociaux représentent trois options de choix. Elles peuvent servir à prendre le pouls des apprenants sur les difficultés rencontrées, à lancer sur une base régulière des discussions sur les défis les plus déstabilisants qu’ils doivent relever ou encore à les inviter à proposer des thèmes de discussion et à lancer eux-mêmes les échanges.

La formation en ligne dispose aussi d’un outil fort efficace pour tirer le maximum de la relation étroite qui existe entre émotions et mémoire : les scènes-vidéos. Pour réussir cette opération, il faut s’assurer que les mises en situation interpellent l’apprenant, et maintenir son intérêt en répartissant de façon équilibrée les scènes et les interventions explicitement pédagogiques – questions et explications.

Tirer profit de l’environnement d’apprentissage

Parce qu’il est propice aux échanges stimulants et au dépassement de soi, un environnement d’apprentissage est en général un terrain formidable pour développer ses compétences émotionnelles. C’est vrai pour les plus jeunes, mais aussi pour les adultes, puisqu’on n’arrête jamais d’évoluer sur le plan des émotions. Ce contexte peut permettre à chacun d’améliorer ses aptitudes sociales ainsi que ses capacités à collaborer, à faire valoir son point de vue, à prendre des initiatives, à se mettre à l’écoute des autres, etc.

L’apprenant doit, bien entendu, être disposé à développer ces compétences. Néanmoins, certaines approches d’enseignement ou activités peuvent aussi stimuler cette dimension, en plus de transmettre les notions au programme.

La méthode RULER

La méthode RULER est une démarche pour développer l’intelligence émotionnelle en lien avec la formation. En formation, l’intelligence émotionnelle concourt à la réussite d’un individu.

L’intelligence émotionnelle entre en résonance avec les autres formes d’intelligence, elle aide à leur expression. Pour la développer la méthode RULER propose une démarche en 5 étapes.

* La première étape (R) consiste à reconnaître l’émotion, chez soi et chez les autres.

* La seconde (U) se concentre sur la compréhension. Quelle est l’origine de cette émotion ? Quelles peuvent être les conséquences pour moi, ou dans ma relation aux autres.

* La lettre L (Label) évoque le fait de nommer les émotions. Le modèle est accompagné de grilles et de tableaux. Le Yale Center for Emotional Intelligence propose quatre cadrans selon l’énergie et l’aspect plaisant ou non de l’émotion. Dans chaque cadran, des listes de mots sont classées pour aider les apprenants à formuler leur ressenti. L’hypothèse est qu’un vocabulaire nuancé met à distance les émotions, et évite ainsi de se laisser submerger.

* La lettre  E  nous invite à exprimer, et à laisser les autres exprimer leurs émotions.

* Enfin, le  R concerne la régulation des émotions.

La méthode RULER ne se limite pas à une simple liste. Elle se propose de former les équipes d’enseignants, d’apporter une information et des repères aux parents, et d’outiller l’ensemble des parties prenantes.

Les familles, comme les enseignants et les élèves sont amenés à réfléchir sur leurs émotions. Comment les nommer, comment les exprimer, à quel moment ? Comment elles se manifestent par le langage non verbal ?

Les tenants de cette approche défendent l’opinion que l’on obtient un meilleur climat émotionnel, une plus grande intelligence émotionnelle et également de meilleurs résultats.

La Discipline Positive

Cette méthode basée sur les philosophies d’Alfred Adler (1870-1937) et de Rudolf Dreikurs (1897-1972), tous deux psychiatres autrichiens, est fondée sur une approche globale de l'individu, qui tient compte du ressenti, des pensées et des actions de l’individu mais aussi de son contexte familial, social et professionnel.

La discipline positive propose notamment un outil qui permet de décrypter les cinq besoins fondamentaux d’un enfant, les croyances cachées derrière le comportement et les objectifs mirages de l'enfant : la grille d'identification des besoins.

* Aider les enfants à avoir le sentiment d’être connectés et développer le sentiment d’appartenance et d’importance.

* Se baser sur le respect mutuel et l’encouragement avec à la fois bienveillance et fermeté.

* Être efficace à long terme.

* Enseigner des compétences sociales et des compétences de vie importantes : Le respect, l’attention aux autres, la résolution de problèmes et la coopération ainsi que la capacité à participer à la vie de la famille, de l’école ou de la communauté au sens large.

* Inviter les enfants à découvrir leurs capacités et développer ainsi leur autonomie et leur estime de soi.

Cette méthodologie permet d'appréhender différemment les comportements inadaptés des enfants, et de les considérer plutôt comme des besoins de reconnaissance ou d'appartenance à un groupe. Cela permet également de repenser le statut de l'erreur qui favorise l'apprentissage au lieu de le limiter.

La roue des émotions


C’est un outil, notamment inspirée de la psychologie positive, qui permet d'identifier le besoin qui s’exprime à travers l’émotion. Les neurosciences et les techniques poussées d’imagerie cérébrale ont prouvé que pour les enfants et les adolescents, cette compétence favorise les apprentissages. Ainsi, en nommant leurs émotions et leurs besoins, ils peuvent en prendre soin, les mettre à distance, se rendant plus disponibles aux apprentissages et activités cognitives et intellectuelles.

Les deux grandes alliées de l’apprenant

Avoir confiance en soi et accorder de la valeur aux tâches que l’on accomplit sont deux dispositions que l’apprenant a avantage à cultiver. Elles sont essentielles pour que se manifeste chez lui l’ensemble des émotions positives liées à l’apprentissage et pour prévenir ou réduire l’apparition des émotions négatives. Puisque l’adulte est responsable de gérer ses émotions, il est opportun qu’il prenne le temps de s’arrêter et d’évaluer son état quant à ces deux facteurs. S’il lui apparaît souhaitable de faire des changements, c’est à lui de voir quelles actions il peut entreprendre ou quelle aide peut-il solliciter.

L’enseignant peut aussi avoir une influence sur ces deux alliées de l’apprenant, entre autres en mettant l’accent sur les forces de ce dernier plutôt que sur ses lacunes, en stimulant son intérêt pour les tâches liées au cours et en instaurant dans son enseignement une culture où les erreurs sont considérées comme des occasions d’apprendre plutôt que des échecs. Pour maintenir l’intérêt de l’apprenant adulte, il faut aussi lui exposer clairement les applications concrètes et bénéfices qu’il pourra tirer des connaissances apprises.

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Les émotions au cœur du processus d’apprentissage


Selon les auteurs de l’université de Genève et de Dalhousie University (Canada), d’un article intitulé “Les émotions au cœur du processus d’apprentissage”, publié dans la revue Neurosciences et Pédagogie spécialisée en avril 2017, une même région cérébrale peut être caractérisée de cognitive ou d’émotionnelle.

Cet article s’intéresse aux émotions comme processus qui, étant donné leurs implémentations cérébrales en lien avec les systèmes impliqués dans la motivation, l’attention et la mémoire, sont au cœur des apprentissages. Des recherches suggèrent que les compétences émotionnelles sont bénéfiques à la fois au bien-être et aux performances scolaires.

Les émotions dans le cerveau

Grâce aux technologies d’imagerie cérébrale récentes, il semble que non seulement les structures cérébrales liées aux émotions ou à la cognition ne sont pas isolées, mais qu’une même région est souvent caractérisée de cognitive ou d’émotionnelle.

Par exemple, l’amygdale, logée au cœur du cerveau, est considérée comme émotionnelle, car elle est impliquée dans la détection des événements ayant une pertinence affective pour l’individu, mais elle est aussi considérée comme un élément clé pour les processus cognitifs que sont l’attention et la mémoire. Un autre exemple est le cortex préfrontal dorso-latéral qui est classiquement considéré comme étant impliqué dans les fonctions exécutives, notamment l’inhibition, mais qui est aussi une région clé dans les processus de régulation des émotions.

Les modèles actuels suggèrent que les émotions et les fonctions cognitives agissent de pair et de manière diffuse, avec un soubassement cérébral fortement distribué au sein de réseaux de neurones. C’est notamment la raison pour laquelle les processus dits “cognitifs” et “affectifs” sont typiquement touchés de manière conjointe lors de pathologies.

Cette vision informe que les émotions soutiennent l’attention, la mémoire de travail, l’encodage, la consolidation en mémoire ou encore des processus liés au contrôle exécutif (p. ex. l’inhibition). Ces processus cognitifs sont également nécessaires aux apprentissages scolaires. Les émotions accompagnent les élèves au sein de la classe, et peuvent interférer avec les apprentissages ou les faciliter.

La vie socio-émotionnelle de l’enfant âgé de quatre à seize ans se passe majoritairement en contexte scolaire et est en lien direct avec sa capacité d’apprendre ; la composante sociale serait à l’origine même de nombreux apprentissages. Nous anticipons le plaisir de la récompense sociale et des nouveaux acquis, que nous pourrons utiliser à notre tour au sein d’un groupe.


Pour ce faire, l’enfant doit être capable d’identifier et reconnaître ses propres émotions et celles des autres. Cela s’acquiert de pair avec l’apparition de la conscience de soi, l’acquisition du langage et le développement de la théorie de l’esprit.

Parallèlement, les émotions se doivent d’être régulées. Ainsi, l’enfant développe et entraîne son contrôle inhibiteur, sa capacité de mémoire de travail, sa flexibilité mentale, qui seront autant d’outils nécessaires à sa régulation.

Des résultats suggèrent que plus l’élève tend à s’auto-réguler, plus ses performances académiques seront élevées. Le fait qu’un enfant puisse s’auto-réguler résulte d’un processus lent, lié à la réalité biologique de la maturation cérébrale, et ne s’opérera qu’au travers d’une mise en pratique quotidienne.

Conclusion

Les recherches sur les émotions, leurs bases cérébrales et leurs fonctions, invitent à remettre en cause l’idée selon laquelle les émotions entravent les apprentissages scolaires ; au contraire, même si les émotions peuvent en effet parfois interférer avec les apprentissages, les résultats expérimentaux suggèrent que bien souvent elles facilitent les processus cognitifs tels que l’attention et la mémoire, qui sont essentiels pour les apprentissages. De plus, le fait que les émotions soient centrales aux processus d’apprentissages suggère qu’il est important que l’élève soit en mesure de les connaître, de les réguler et de les utiliser, en et hors contexte scolaire.


Contagion du stress dans les salles de classe

Selon des chercheurs de l’Université de Colombie britannique, Canada, dans un article publié dans Social Science & Medicine en juin 2016, le burnout dont sont victimes certains professeurs et le stress des élèves seraient intimement liés. Titre de l’étude en anglais : “Stress contagion in the classroom? The link between classroom teacher burnout and morning cortisol in elementary school students” (Contagion du stress en classe ? Le lien entre l'épuisement professionnel des enseignants et le cortisol matinal chez les élèves du primaire).

Ces chercheurs ont recueilli des échantillons de salive de plus de 400 enfants issus d’écoles primaires. Ainsi ont-ils pu mesurer leur niveau de cortisol, une hormone sécrétée pour faire face au stress.

Résultat, ils ont constaté que dans les classes où les enseignants ont connu des épisodes d’épuisement émotionnel, les niveaux de cortisol des écoliers étaient les plus élevés. Des taux également corrélés à de plus grandes difficultés d’apprentissage.

Les auteurs expliquent qu’il est néanmoins difficile de savoir lequel de ces stress – celui du professeur ou celui des élèves – est responsable de l’autre. Ils estiment qu’il s’agit en fait d’un problème cyclique.

Pour autant, les chercheurs avancent deux idées. La première selon laquelle un climat stressant pourrait être le reflet d’un manque de soutien – de la part des parents ou de leur direction – ressenti par les enseignants. Lesquels éprouveraient les plus grandes difficultés à gérer leur classe. Autre hypothèse, des jeunes de plus en plus anxieux, avec des besoins spéciaux qui conduiraient les enseignants à se sentir “dépassés”.

Les chercheurs concluent qu’il est clair, au regard des récentes études, que l’enseignement est l’une des professions les plus stressantes. Les professeurs ont besoin des ressources suffisantes afin de combattre l’épuisement et d’atténuer le stress. Si les professeurs n’obtiennent pas le soutien nécessaire, nous risquons de graves dommages collatéraux, concernant la santé des élèves.


La réalité virtuelle peut aider à retrouver de l’empathie

Des chercheurs de l’Université de Stanford dans une étude, parue dans la revue Plos One en octobre 2018, ont tenté de démontrer que la réalité virtuelle (VR) était capable de raviver l’empathie des individus. L’étude consistait à placer les participants dans la peau d’une autre personne par le biais d’un casque VR.

Il y a quelques années, des chercheurs avaient mené des travaux ayant pour but de prouver que la réalité virtuelle est capable de rendre les humains plus empathiques. Selon eux, la réalité virtuelle pourrait remédier à la perte d’empathie engendrée par la technologie d’une manière générale.

À l’aide des nouvelles technologies et en particulier des réseaux sociaux, il est aujourd’hui bien plus facile de communiquer avec les autres. Néanmoins, en passant un temps considérable devant les écrans, qui plus est très souvent de façon anonyme, il est possible de perdre sa propension à l’empathie, soit la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions d’un autre individu.

Une immersion plus intense grâce à la VR

Dans le cadre de cette expérimentation, les chercheurs ont mis au point une application de réalité virtuelle qu’ils ont appelée Becoming Homeless (Devenir sans-abri) consistant à immerger les participants – munis d’un casque de RV – dans l’univers d’une personne qui est graduellement exclue de la société jusqu’à devenir sans abri. Cette même histoire a été présentée à un autre groupe de participants sous forme de texte ou de scénario 2 D. Tous ont ensuite été invités à signer une pétition en faveur de logements abordables. Dans la première étude, 82% de ceux qui ont été immergés dans l’histoire grâce à l’application de RV ont signé cette pétition contre 67% pour les autres participants. Dans la seconde étude, les proportions ont été respectivement de 85 et 63%.

Les chercheurs ont mesuré l’impact psychologique de l’expérience en question et ont observé le développement d’une certaine compassion des participants envers les sans-abris. Ceux-ci deviennent alors davantage susceptibles de les aider.

Vivre la situation des autres dans la réalité virtuelle génère chez les gens juste plus d’empathie et de comportements pro-sociaux après avoir vécu l’expérience, par rapport au simple fait d’imaginer ce que serait d’être à la place de quelqu’un d’autre.

Selon les chercheurs, la réalité virtuelle permet en effet une immersion bien plus importante que n’importe quel autre support. La nature de cette expérience VR permet ainsi de réduire fortement, voire d’éliminer complètement la distance que génère la technologie.




Dans un contexte très anxiogène d'apparition et de propagation du Coronavirus, de confinement et de procédure de déconfinement appliquée dans les établissements scolaires, il apparaît indispensable d'aider les élèves à gérer leur stress et à développer leur intelligence émotionnelle.


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