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dimanche 29 septembre 2024

Le Covid-19 Affecte le Cerveau et le Quotient Intellectuel chez les Persones Ayant Été Infectées



Le COVID devient un facteur de risque de plus dans l’apparition de la démence


Mise à jour : Mai 22, 2025

Dès les premiers temps de la pandémie de Covid-19 due au coronavirus SARS-CoV-2, des personnes apparemment remises de la phase aiguë de l’infection se sont plaintes d’être affectées par une sorte de “brouillard mental”. Décrit par les patients comme une sensation de lenteur mentale, de flou ou de manque de clarté intellectuelle, cet état s’est rapidement avéré constituer un problème de santé significatif.

Quatre ans plus tard, il est scientifiquement bien établi que l’infection par le SARS-CoV-2 peut affecter la santé de notre cerveau de diverses manières. En plus du brouillard cérébral, la maladie peut entraîner de nombreux autres troubles : maux de tête, convulsions, accidents vasculaires cérébraux (AVC), perturbation du sommeil, picotements et paralysies, ainsi que différents troubles de santé mentale.


Comment le Covid-19 imprime sa marque sur le cerveau




Voici ce que les chercheurs savent de la façon dont l’infection par le coronavirus SARS-CoV-2 peut affecter le cerveau, si l’on en croit les travaux scientifiques les plus solides publiés jusqu’à présent sur le sujet :

* Des analyses épidémiologiques de grande envergure ont montré que les personnes ayant eu le Covid-19 présentaient un risque accru de déficits cognitifs tels que des problèmes de mémoire ;

* Des études d’imagerie réalisées chez des personnes avant et après l’infection par le SARS-CoV-2 révèlent une réduction du volume cérébral et une altération de la structure du cerveau après l’infection ;

* Une étude sur des personnes ayant eu un Covid-19 léger à modéré a révélé l’existence d’une inflammation cérébrale prolongée, ainsi que de modifications que l’on estime correspondre à sept années de vieillissement cérébral normal ;

* Dans le cas où l’infection par le SARS-CoV-2 entraîne une forme sévère de la maladie nécessitant une hospitalisation ou des soins intensifs, le résultat peut être bien plus grave : les déficits cognitifs et autres dommages cérébraux peuvent alors équivaloir à 20 ans de vieillissement normal ;

* Des expériences de laboratoire menées sur des organoïdes cérébraux humains ou murins (de souris) – assemblages de cellules destinés à émuler certains aspects du fonctionnement du cerveau – ont révélé que l’infection par le SARS-CoV-2 déclenche la fusion des cellules cérébrales. Ces modifications court-circuitent l’activité électrique du cerveau, et compromettent certaines fonctions cérébrales ;

* Des autopsies de personnes ayant subi une forme sévère de Covid-19, mais décédées plus tard d’une autre cause ont démontré que le virus était encore présent dans le tissu cérébral, et ce des mois après l’infection. Cela prouve que le SARS-CoV-2 n’est pas seulement un virus respiratoire. Loin de s’attaquer seulement au tractus respiratoire, il peut aussi pénétrer dans d’autres organes, dont le cerveau chez certains individus. Cependant les scientifiques ignorent encore si la persistance du virus dans le cerveau est directement à l’origine de certains des problèmes observés chez les personnes ayant eu la maladie ;

* D’autres travaux ont révélé que même lorsque l’infection s’avère “bénigne” et que le virus reste principalement confiné dans les poumons, il peut malgré tout provoquer une inflammation au niveau du cerveau et altérer la capacité des cellules cérébrales à se régénérer ;

* Le Covid-19 peut également perturber la barrière hématoencéphalique et la rendre poreuse. Or, il s’agit du bouclier qui protège le système nerveux central – cerveau et moelle épinière –. Chez des patients hospitalisés suite au Covid-19 et souffrant de brouillard cérébral, des analyses par imagerie ont mis en évidence de tels problèmes ;

* Une analyse préliminaire de grande envergure regroupant des données issues de 11 études différentes – soit au total des données provenant de près d’un million de personnes ayant eu le Covid-19 et de plus de 6 millions d’individus non infectés – a montré que le Covid-19 augmentait le risque de développer une démence chez les personnes de plus de 60 ans.

Perte de quotient intellectuel

Plus récemment, des chercheurs ont évalué diverses capacités cognitives telles que la mémoire, la capacité à planifier, ou le raisonnement spatial chez près de 113 000 personnes ayant eu le Covid-19. Leurs résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine a révélé que ces patients présentaient des déficits significatifs en matière de mémoire et de performances dans les tâches exécutives.

Ce déclin a été mis en évidence non seulement parmi les personnes infectées au début de la pandémie, mais aussi chez celles qui sont tombées malades lorsque circulaient principalement les variants delta et omicron. Ces dernier point indique que le risque de déclin cognitif n’a pas diminué alors que le virus pandémique initial évoluait de la souche ancestrale vers le variant omicron.

Un déclin cognitif équivalent à une perte de trois points de quotient intellectuel (QI) a été mis en évidence chez des personnes ayant contracté des formes légères de Covid-19, et chez qui la maladie avait été guérie sans complication. En comparaison, les patients présentant des symptômes non résolus, ceux souffrant par exemple d’essoufflement persistant ou d’épuisement ont perdu six points de QI. Les individus qui avaient été admis en unité de soins intensifs ont quant à eux perdu neuf points de QI. La réinfection par le virus a contribué à une perte supplémentaire de deux points de QI, par rapport aux personnes n’ayant pas été réinfectées.

Le quotient intellectuel. Pour mettre en perspective les résultats de ces travaux, il faut savoir qu’en général, le QI moyen se situe aux alentours de 100. Les individus très doués ont habituellement des QI supérieurs à 130, tandis qu’un QI inférieur à 70 indique l’existence d’un handicap intellectuel justifiant un soutien sociétal significatif. D’après ces chiffres, un décalage de trois points vers le bas du QI ferait passer le nombre d’adultes américains ayant un QI inférieur à 70 de 4,7 millions à 7,5 millions. Autrement dit, le nombre d’adultes présentant un niveau de déficience cognitive considéré comme nécessitant un soutien sociétal significatif pourrait augmenter de 2,8 millions.

De lourdes implications potentielles

Dans l’ensemble, les résultats de ces études indiquent que le Covid-19 constitue un sérieux risque pour la santé cérébrale, y compris lorsque la maladie se présente sous une forme “légère”. Il semble que les conséquences de cette situation commencent à être décelables à l’échelle des populations.

Ainsi, aux États-Unis, la capacité à se souvenir, à se concentrer ou à prendre des décisions a été évaluée, dans le cadre de la Current Population Survey (CPS) – une enquête menée chaque mois par le Bureau du recensement auprès de ménages américains –. Résultat : si l’on compare avec les 15 ans qui ont précédé l’émergence du SARS-CoV-2, depuis la pandémie un nombre considérable d’enquêtés a affirmé éprouver de sérieuses difficultés dans ces domaines. Pas moins d’un million d’Américains en âge de travailler sont concernés, et le plus préoccupant est que cette situation affecte principalement des adultes jeunes, âgés de 18 à 44 ans.

Les données de l’Union européenne révèlent une tendance similaire – en 2022, 15 % des personnes interrogées résidant dans l’UE ont déclaré rencontrer des problèmes de mémoire et de concentration.


Le brouillard mental post-COVID-19 chez les enfants et les adolescents – Impact sur leur apprentissage



Les séquelles du COVID-19 ont surtout été décrites chez les adultes. Cependant, avec les nouvelles vagues d'infection, les enfants et les adolescents ont commencé à montrer qu'ils étaient également touchés par les conséquences de la maladie. Récemment, des classes européennes ont commencé à détecter que des enfants souffraient également d'un “brouillard mental”, ce qui rend leur apprentissage difficile pour les enseignants.

Selon les experts, il n'existe pas encore de données précises sur l'incidence du brouillard mental chez les jeunes, bien qu'ils aient averti que cette pathologie s'ajoute aux conséquences de l'isolement décrété par la pandémie dans plusieurs pays. Ils ont même souligné que cette situation pourrait devenir un tournant pour les écoles afin d'évaluer comment capter l'attention des enfants au milieu d'un monde en pleine mutation.


Comment détecter le brouillard mental chez les enfants et les adolescents ?

Chaque jour, un nouveau symptôme ou une nouvelle séquelle vient s'ajouter à la longue liste des COVID-19. Certains d'entre eux se sont concentrés presque exclusivement sur les adultes, l'un d'entre eux étant ce que l'on appelle le “mental fog“ (brouillard mental). Cette pathologie est principalement décrite dans les cas de COVID long ou COVID prolongé. C'est-à-dire lorsque les symptômes de la maladie persistent pendant un à trois mois après l'infection.

Brouillard mental


Il s'agit d'un terme utilisé pour décrire un ensemble de symptômes liés aux séquelles produites par COVID-19 et qui, fondamentalement, sont liés à la partie cognitive, aux difficultés de concentration et aux troubles de la mémoire, qui sont combinés à des séquelles organiques et physiques.

Le brouillard mental, qui est la sensation de confusion mentale, est surtout décrit chez les adolescents et peut se traduire par un manque de concentration, une altération de la mémoire à court terme, qui peut également s'accompagner de fatigue, de lassitude, de manque d'envie, de sautes d'humeur, de manque d'appétit ou encore d'insomnie, qui peut être associée à cette symptomatologie, car tous ces symptômes affectent également la capacité de concentration.

Ce terme est également associé à d'autres pathologies, et pas seulement au post-Covid-19. Il n'y a pas de pourcentage ou d'incidence chez les patients pédiatriques, mais on sait qu'elle touche une grande partie de la population.

Selon les scientifiques, cette pathologie est généralement détectée chez les patients d'âge moyen, bien que des cas soient également signalés chez les enfants et les adolescents. La cause n'est pas très claire. On suppose parfois que le virus persiste, mais s'il survient après le syndrome inflammatoire multisystémique, cette tempête inflammatoire qui se produit chez certains adolescents, on pense qu'il peut être responsable de la persistance des symptômes.

Le diagnostic est clinique et, pour le détecter, le médecin généraliste ou le pédiatre doit examiner les enfants et, grâce à des tests de laboratoire, exclure, par exemple, l'anémie, car nombre de ces symptômes peuvent également être associés à cette maladie.

Lorsqu'il travaille avec des enfants présentant des troubles de l'attention ou de la mémoire, le pédiatre est très attentif à leur stade d'apprentissage et recherche rapidement une alliance avec un psycho-pédagogue ou un psychologue pour pouvoir agir sur cette altération. Généralement, la première consultation est due à des informations familiales, à une altération du comportement ou à une remarque de l'école. Une évaluation neuro-psychologique ou neuro-cognitive est alors réalisée pour déterminer le type d'altération et aider l'enfant.

L'attention, la mémoire et la concentration en tant qu'éléments du développement

Les experts rappellent que l'attention, la mémoire et la concentration sont des facteurs cognitifs qui se développent dès la naissance. Ils se construisent au fil de la croissance et des relations sociales.

Le développement cognitif, principalement la formation des neurones et des connexions neuronales, est fortement influencé par les trois premières années de la vie, les fameux 1000 premiers jours. En raison du grand nombre de pathologies qui peuvent apparaître chez les jeunes enfants, une détérioration de la concentration, de l'attention ou de la mémoire peut être confondue avec des événements physiologiques spécifiques et secondaires à COVID-19.

Les fonctions d'attention et de mémoire se développent tout au long de la vie. Ce sont des systèmes fonctionnels qui se construisent en fonction des stimuli, du travail, du contexte et des relations.

Le brouillard mental post-COVID peut également être influencé par de nombreuses circonstances, comme, par exemple, les peurs ressenties pendant la maladie. Il n'est donc pas facile de dire s'il s'agit d'une conséquence directe ou d'une cause unique.

Parler de dysfonctionnement implique parler d'un mauvais fonctionnement, mais avec la pandémie, il y a eu un changement dans la systématisation de l'école. En 2020, il y avait une école en ligne ou virtuelle, puis on est passé progressivement au présentiel, mais la forme et les propositions ont été modifiées. Il y a eu une sélection des contenus, une priorisation des formes et des manières de les aborder, ce qui a également influencé l'attention et la mémoire.

La pandémie, en tant qu'événement inattendu et inexplicable, a également été considérée comme une perturbation de ces fonctions cognitives. Il était impensable d'être ‘enfermé’ pendant des mois, ce qui a engendré une peur de l'environnement et du retour dans le monde extérieur. Cela affecte l'attention et la concentration car l'enfant ou l'adolescent pense à la manière de se défendre et non à ce que l'enseignant lui propose. Pour apprendre, ils doivent être calmes.

Traitement ou accompagnement : un nouveau défi face au brouillard mental post COVID-19

Les spécialistes ont averti que cette pathologie n'a pas de traitement pharmacologique, mais qu'il est nécessaire de déployer un accompagnement fort de la part des experts, des familles et de l’école. Une fois le diagnostic posé par des tests formels, on peut rechercher les spécialistes adéquats.

Le brouillard mental peut affecter l'apprentissage, car pour apprendre, il faut être attentif, disposé et motivé. C'est pourquoi les pédiatres doivent être attentifs à détecter ce comportement, de même que les parents et les enseignants, afin de travailler de manière pluridisciplinaire.

Il n'existe pas de traitement spécifique efficace. Des améliorations peuvent être constatées lorsqu'un mode de vie sain est encouragé : au moins 8 heures de repos par jour, une alimentation saine, de l'activité physique et une limitation du temps passé devant les écrans.

Par ailleurs, les troubles de la mémoire et de l'attention ne sont pas seulement centrés sur une pathologie, mais sont également liés au système éducatif dispensé dans les écoles, et plus encore depuis que les salles de classe sont équipées d'écrans à domicile.

La pandémie a créé un avant et un après. Il semble que nous devions revenir au passé, mais avant, il y avait aussi des situations qui n'étaient pas appropriées pour les enfants et les adolescents. Les écoles doivent réfléchir à la qualité de l'éducation et à la quantité de connaissances qu'elles transmettent aux enfants. Les écoles sont souvent pressées de fournir des contenus et perdent de vue le fait que les contenus peuvent être révisés au cours des différentes années, car il s'agit d'un processus qui s'étend dans le temps.

Les spécialistes ont également déclaré que le brouillard mental ou le dysfonctionnement de l'attention ne devaient pas être considérés comme un problème central sans être replacés dans leur contexte, car cela ne donnerait lieu qu'à des solutions partielles. Les parents et les enseignants doivent être attentifs non seulement à voir cette situation, mais aussi à les accompagner et à établir un lien avec eux. Non pas d'un point de vue pathologique, qui relève de la médication, mais d'un point de vue d'écoute et d'accompagnement, car sinon cette situation sera aggravée par l'angoisse.

Les enfants d'aujourd'hui ne sont pas semblables à ceux d'il y a 30 ou 40 ans et tous les enfants ne peuvent pas avoir cette pathologie, nous devons donc parler d'un problème qui ouvre des questions et nous implique en tant que société parce que les voies cognitives ont été modifiées et lorsque l'on prête attention, on a besoin que l'autre nous rende cette attention. Non seulement dans les écoles, mais aussi dans la vie familiale et sociale.

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Cependant, s’il existe aujourd’hui de nombreuses preuves indiquant que le SARS-CoV-2 imprime sa marque indélébile sur nos cerveaux, les voies spécifiques par lesquelles il le fait restent à déterminer, et les traitements curatifs doivent encore être mis au point. Mais les recherches scientifiques se poursuivent, et récemment encore, deux nouvelles études publiées dans le prestigieux New England Journal of Medicine éclairent d’un jour nouveau les profondes conséquences du Covid-19 sur la santé cognitive.


Cognición y memoria del covid-19 en una gran comunidad




Des chercheurs de l'Imperial College London (ICL) ont décidé, dans une étude publiée dans le New England Journal of Medicine en février 2024, d'évaluer le fonctionnement cognitif chez des adultes ayant vécu le COVID-19.

Selon les auteurs, certains déficits cognitifs associés au COVID-19 ont commencé à être signalés dès 2020. Ces premiers cas ont été qualifiés de “brouillard mental”, avec des symptômes tels qu'une mauvaise mémoire, des troubles de la concentration et des difficultés à réfléchir. Cependant, bien que ce phénomène soit désormais confirmé, on manque encore d'informations sur sa persistance dans le temps et sur les domaines du fonctionnement cognitif qui peuvent être les plus touchés.

Les chercheurs ont analysé la relation entre les déficits cognitifs observés et d'autres variables telles que la sévérité et la durée de la maladie. Pour ce faire, ils ont mené une étude de cohorte sur la prévalence de l'infection par le SRAS-CoV-2 chez 3.099.386 personnes âgées de 18 ans et plus. L'échantillon final comprenait 141.583 participants, dont 112.964 ont complété la batterie de 8 tests cognitifs. Ces personnes ont été comparées à des personnes n'ayant pas connu le COVID-19.

Les résultats montrent que le COVID-19 est associé à des déficits cognitifs mesurables, qui peuvent persister à long terme. Les données soutiennent également l'hypothèse des auteurs selon laquelle les personnes présentant des symptômes prolongés de COVID-19 présentent des troubles plus évidents de la mémoire et des fonctions exécutives, notamment un brouillard mental et une mauvaise mémoire.

Les auteurs notent que la souche semble influencer les troubles cognitifs associés en l'absence de traitements efficaces dans les premiers stades. En outre, les réinfections semblent n'avoir aucun effet, tandis que la vaccination (en particulier deux doses ou plus) peut atténuer l'impact des troubles cognitifs.

En raison des limites possibles du biais de l'échantillon, les auteurs encouragent la communauté scientifique à mener d'autres études pour fournir des informations sur les implications à plus long terme de ces résultats.

En conclusion, l'étude fournit des informations cruciales sur les effets possibles à long terme de COVID-19 sur les fonctions cognitives des patients. Il est essentiel de comprendre ces effets pour fournir des soins appropriés et développer des stratégies d'intervention pour les personnes qui présentent des symptômes cognitifs persistants après avoir récupéré de COVID.


La déficience cognitive causée par une infection prolongée par le COVID peut être mesurée




Des chercheurs de l'Imperial College London (ICL) ont constaté dans une étude, publiée dans le New England Journal of Medicine en février 2024, que les personnes atteintes d'un COVID persistant obtenaient des résultats plus faibles aux tests de QI que celles qui n'avaient jamais été infectées.

Dans le cadre de l'étude, près de 113.000 personnes ont passé un test cognitif en ligne au cours des cinq derniers mois de l'année 2022. Le test consistait en huit tâches conçues pour évaluer des compétences telles que la planification spatiale, le raisonnement verbal, la définition des mots et la mémoire. L'étude a mesuré les performances à un moment donné, de sorte qu'il était impossible de savoir si d'autres facteurs de stress dans la vie des personnes avaient joué un rôle dans leurs résultats.

L'étude a révélé que les personnes souffrant de COVID persistant avaient un QI inférieur de six points à celui des personnes n'ayant jamais été infectées par le virus. Même les personnes qui n'ont pas souffert de symptômes persistants après un épisode de COVID ont obtenu des résultats légèrement inférieurs à ceux des personnes qui n'ont jamais été infectées, dans ce cas de 3 points de QI.

Cependant, les différences de scores étaient minimes et les experts ont souligné que les résultats ne signifiaient pas que le COVID entraînait des déficits profonds de la pensée et de la mémoire. Ces résultats émergents et coalescents soulignent globalement que des troubles cognitifs surviennent chez les survivants à long terme de la COVID.

Heureusement, l'étude suggère que si les symptômes de COVID à long terme disparaissent d'eux-mêmes, les troubles de la pensée qui y sont liés peuvent également être atténués. Les volontaires de l'étude qui ont souffert de COVID pendant des mois avant de finalement se rétablir, ont obtenu des résultats aux tests similaires à ceux des personnes ayant connu une guérison rapide.

Il est important de noter que la variation standard d'un score de QI est d'environ 15 points, de sorte qu'un changement de 3, voire 6 points, n'est généralement pas considéré comme significatif.

En général, les scores les plus bas ont été observés chez les personnes ayant contracté des infections au début de la pandémie, avant que les vaccins et les traitements antiviraux ne soient disponibles. Par ailleurs, les personnes vaccinées ont obtenu des résultats légèrement meilleurs que les autres.


Le COVID peut provoquer des changements dans le cerveau même dans les cas bénins



Des chercheurs du Nuffield Department of Clinical Neurosciences de l'Université d'Oxford ont constaté, dans une étude publiée dans la revue Nature en mars 2022, que l'infection provoque des effets à long terme, tels que des troubles cognitifs accrus. En outre, ils ont observé des altérations dans les zones liées à l'odorat et une réduction de la taille des organes cérébraux.

Les études précédentes portant sur l'impact de COVID-19 sur le cerveau se sont principalement concentrées sur les patients hospitalisés souffrant d'une maladie grave et se sont limitées à des données post-infection. Jusqu'à présent, les effets du SRAS-CoV-2 sur le cerveau de patients plus légers et plus courants étaient inconnus, et l'étude de ces cas pourrait révéler des mécanismes possibles contribuant à la maladie ou aux lésions cérébrales.

Les scientifiques ont étudié les changements survenus dans le cerveau de 785 participants à la UK Biobank, une base de données biomédicales à grande échelle et une ressource pour la recherche. Les participants étaient âgés de 51 à 81 ans et ont subi deux scanners cérébraux, à 38 mois d'intervalle en moyenne, ainsi que des tests cognitifs.

L'étude a mis en évidence un certain nombre d'effets chez les participants infectés par le SRAS-CoV-2, en moyenne 4,5 mois après l'infection, notamment une réduction plus importante de l'épaisseur de la matière grise dans les régions du cerveau associées à l'olfaction.

Les participants ont montré des signes de lésions tissulaires accrues dans les régions liées au cortex olfactif primaire, une zone liée à l'odorat, et une réduction de la taille du cerveau entier.

En moyenne, les participants ont également montré une plus grande déficience cognitive entre leurs deux scanners, associée à l'atrophie d'une partie spécifique du cervelet, une structure cérébrale liée à la cognition.

Les chercheurs ont constaté que 96% des participants présentaient une perte de volume de matière grise et des lésions tissulaires plus importantes. Ils ont également constaté un déclin plus important de leurs capacités mentales à effectuer des tâches complexes, et ce déclin mental était en partie lié à ces anomalies cérébrales. Tous ces effets négatifs étaient plus marqués à un âge avancé.

Ces résultats pourraient permettre de mieux comprendre les caractéristiques de la propagation dégénérative de COVID-19, que ce soit par les voies liées à l'odorat, à l'inflammation ou à la réponse immunitaire du système nerveux, ou par le manque d'informations sensorielles dû à la perte d'odorat. La vulnérabilité future des régions cérébrales affectées chez ces participants doit faire l'objet de recherches plus approfondies.

Ce nouvel aperçu des effets néfastes de COVID-19 contribuera à la compréhension globale de la manière dont la maladie se propage dans le système nerveux central. La question de savoir si ces effets persistent à long terme ou s'ils sont partiellement inversés est une autre question qui doit faire l'objet de recherches plus approfondies.


Une étude montre un lien entre les ventes d'alcool et les admissions à l'hôpital liées à l'alcool pendant la pandémie de COVID-19



Des chercheurs du Centre des sciences de la santé Sunnybrook et de l'Université de Toronto dans une étude, publiée dans la revue NEJM Evidence en février 2025, ont analysé le lien entre les ventes d'alcool et les admissions à l'hôpital liées à l'alcool pendant la pandémie de COVID-19.

Lorsque la pandémie de COVID-19 a été déclarée il y a cinq ans, la distanciation sociale, les restrictions de rassemblement et l'incertitude étaient monnaie courante. Il en était de même pour les achats de réserves de nourriture en conserve, de papier hygiénique et, comme le montre cette étude, d'alcool.

Cette étude a analysé six années de données sur les ventes d’alcool en Ontario, au Canada, afin de comparer les tendances pré-pandémiques et pandémiques des ventes, ainsi que des visites aux urgences liées à l’alcool, des admissions à l’hôpital et des décès par intoxication.

Les chercheurs ont effectué une analyse transversale des séries chronologiques des ventes d’alcool et des événements indésirables liés à l’alcool. Ils ont analysé six années de données sur les ventes d’alcool et le nombre mensuel de visites aux urgences liées à l’alcool, d’hospitalisations et de décès. À l’aide de modèles mixtes linéaires et d’une régression de Poisson, ils ont comparé les ventes d’alcool et les événements indésirables avant et pendant la pandémie de COVID-19.

Les résultats indiquent une tendance à une augmentation significative de la consommation d'alcool et des méfaits liés à l'alcool au cours des deux premières années de la pandémie, ainsi que le potentiel de conséquences négatives persistantes et à long terme sur la santé pour les années à venir.

L’étude s’appuie sur une étude publiée en 2021 qui montre les mêmes augmentations des achats d’alcool, mais avec une diminution marginale des visites aux urgences liées à l’alcool au cours des quatre premiers mois de la pandémie.

Au cours de la première année de la pandémie seulement, les ventes d’alcool en Ontario ont augmenté de plus d’un demi-milliard de dollars, ce qui équivaut à environ 1,5 million de dollars d’achats excédentaires d’alcool chaque jour dans toute la province.

À partir des données du ministère de la Santé de l'Ontario sur les visites aux urgences et les hospitalisations liées à l'alcool, ainsi que des données sur les ventes d'alcool de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO), l'équipe de recherche a comparé la période de mars 2020 à février 2022 à la période de quatre ans précédant la pandémie. Outre une hausse significative des ventes d'alcool, l'équipe de recherche a constaté une hausse de 7% des visites aux urgences liées à l'alcool au cours des deux premières années de la pandémie, ainsi qu'une hausse de 21% des hospitalisations liées à l'alcool et de 33% des décès par intoxication alcoolique.

Au-delà des résultats mesurables de la consommation d’alcool pendant la pandémie, les chercheurs ont exprimé leur inquiétude quant aux risques liés à la consommation d’alcool à long terme, tels que les troubles liés à la consommation d’alcool, les lésions organiques et certains cancers, qui peuvent n’apparaître qu’après plusieurs années de consommation accrue d’alcool.

Selon les chercheurs il s’agit d’une période préoccupante de deux ans au cours de laquelle ils ont constaté une augmentation des achats d’alcool, une augmentation des méfaits liés à l’alcool, et ils ne savent pas ce qui va se passer à l’avenir, si ces habitudes de consommation d’alcool ont persisté ou ont entraîné des effets différés sur la santé.


Un consortium international pour découvrir comment le virus COVID-19 parvient à affecter le cerveau

Des chercheurs de l’Alzheimer's Association aux États-Unis étudient l’apparition de signes de démence chez certains patients de 60 ans et plus.

L’anxiété ainsi que des signes de psychose et de démence font partie d’une longue liste de pathologies et de symptômes persistants chez des personnes atteintes du syndrome post-COVID-19. Ces effets mettent en lumière la nature complexe du coronavirus, qui ne se contente pas d’attaquer les voies respiratoires.

Les données actuelles montrent qu’environ 20 % des patients de plus de 60 ans qui ont eu le COVID ont éprouvé des symptômes de démence, comme des pertes de mémoire ou de la confusion.

Cet organisme sans but lucratif américain s’est joint en 2023, à des chercheurs provenant de plus de 30 pays – avec l’appui technique de l’Organisation mondiale de la santé – pour mettre sur pied un consortium international. L’objectif de cet imposant effort scientifique est de comprendre comment le virus de la COVID réussit à pénétrer dans le cerveau, mais surtout d’évaluer le risque qu’il y engendre, à moyen ou long terme, des atteintes durables, notamment des maladies neuro-dégénératives comme l’Alzheimer.

Le docteur Gabriel de Erausquin, neurologue, psychiatre et chercheur dans le domaine des maladies neuro-dégénératives à l’Université du Texas, dirige ce consortium, qu’il a mis sur pied. Pour lui, le COVID deviendra un facteur de risque de plus dans l’apparition des démences.

Depuis le début de la pandémie, les chercheurs ont en effet confirmé par des autopsies que le virus pénètre par la cavité nasale et s’infiltre dans les neurones jusqu’au bulbe olfactif, situé dans le cerveau, une porte d’entrée vers le reste des structures. On a démontré qu’il pourrait également faire son chemin depuis le sang jusque dans le système nerveux, car il s’attaque à la barrière hémato-encéphalique. Cette barrière naturelle bloque l’entrée de toxines et de pathogènes du sang vers les cellules du cerveau. Le virus COVID causerait une réaction inflammatoire qui la rendrait moins imperméable.

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La pandémie de SRAS-CoV-2 a entraîné dans son sillage des millions de personnes touchées par le COVID persistant, dont certaines ont souffert ou souffrent actuellement de troubles cognitifs. Il est essentiel de mieux comprendre la biologie du dysfonctionnement cognitif consécutif à l'infection par le SRAS-CoV-2 et la meilleure façon de le prévenir et de le traiter pour répondre aux besoins des personnes touchées et préserver la santé cognitive des populations.

À l’avenir, il sera donc crucial d’identifier quels sont les individus les plus à risque. Mieux comprendre comment cette situation pourrait affecter les résultats scolaires des enfants et des jeunes, ainsi que la productivité économique des adultes en âge de travailler, sera également primordial. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que l’épidémiologie de la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies menant à la démence pourraient être affectées, bien que l’on ignore encore dans quelle mesure.

Une chose est certaine : un nombre croissant de recherches confirme désormais que le Covid-19 doit être considéré comme un virus ayant un impact significatif sur le cerveau. Les implications d’un tel constat sont vastes, et concernent non seulement la santé des individus, mais aussi celle des populations et de nos sociétés, de par l’impact potentiel sur l’économie.



Lever le voile sur les causes de ces troubles cognitifs, et en particulier sur l’origine du brouillard cérébral, nécessitera des années, voire des décennies d’efforts concertés, associant des chercheurs du monde entier. Malheureusement, confrontés à cette situation sans précédent, tant que le virus continuera à circuler, nous serons tous des cobayes

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mercredi 31 juillet 2024

L'Effet de l'Art sur Notre Cerveau




Les arts plastiques améliorent la capacité de concentration,
 la plasticité du cerveau et le quotient intellectuel


L'art dans toutes ses manifestations est une caractéristique essentielle qui identifie l'être humain, il a permis la transmission de la culture dans toute son extension et a été et est fondamental pour sa survie.

Lorsque nous sommes confrontés à une production artistique, notre cerveau travaille pour donner forme et sens à l'information qui nous parvient. En d'autres termes, nous avons une capacité innée à organiser les formes et les modèles de manière à ce qu'ils aient un sens.

Il est indéniable que l'art a un impact profond sur les gens. Il peut simplement nous attirer de manière superficielle, mais il a aussi un fort pouvoir de stimulation pour attirer un souvenir de notre mémoire vers notre centre de conscience. Les réactions de chacun sont différentes.

Même la création de son propre art aide à faire face aux situations stressantes et difficiles qui surviennent dans notre vie quotidienne. Il n'est pas nécessaire d'être un artiste renommé pour créer de l'art. Au contraire, c'est en suivant le processus créatif sans attentes que l'on peut en profiter pleinement.

La créativité

Les arts enseignent aux enfants que les problèmes réels ont souvent plus d'une solution possible, qu'il est nécessaire d'analyser les tâches sous différentes perspectives, que l'imagination est un guide puissant dans le processus de résolution ou qu'il n'y a pas toujours de règles précises lorsqu'ils doivent prendre des décisions.

Lorsque les disciplines artistiques sont intégrées dans les pratiques pédagogiques, la pensée créative et divergente des élèves est encouragée, et non seulement cela, mais ils développent également une pensée plus profonde. Un exemple de ce dernier point est le programme Artful Thinking développé par le Project Zero de Harvard, qui utilise le pouvoir des images visuelles, telles que les œuvres d'art, pour stimuler chez les élèves des processus tels que la curiosité, l'observation, la comparaison ou la relation entre les idées, qui sont essentiels pour le développement de la pensée créative et de l'apprentissage.

Le Projet Zéro étudie les processus d'apprentissage des enfants, des adultes et des organisations. Sa mission est de comprendre et d'améliorer les processus de pensée cognitive d'ordre supérieur.

Pourquoi le cerveau humain a-t-il besoin de l'art ?

L'art, sous ses diverses formes, est un produit du cerveau humain qui a développé, au cours de l'évolution, des voies neuronales spécifiques. Celles-ci semblent plus résistantes aux pathologies cérébrales vasculaires, traumatiques et neuro-dégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et les démences apparentées.

La complexité du cerveau humain et sa restructuration continue exigent de l'art. Dès la petite enfance, l'enfant joue, chante, danse, dessine et toutes ces activités sont essentielles à son bon développement sensoriel, moteur, cognitif, émotionnel, bref cérébral, qui lui permettra d'apprendre à apprendre. Et en faisant toutes ces activités, l'enfant s'amuse, montre fièrement ses résultats aux autres, cherche à s'améliorer et c'est un moyen efficace de former l'une des grandes vertus de l'être humain : la maîtrise de soi.

L'éducation artistique est une nécessité, non pas parce qu'elle nous rend plus intelligents, mais parce qu'elle nous permet d'acquérir toute une série de compétences et de routines mentales qui sont pleinement conformes à la nature sociale des êtres humains et qui sont essentielles à l'apprentissage de tout contenu curriculaire. Et cela est utile à tous les élèves, ce qui en fait un excellent moyen de prendre en compte la diversité dans la classe.

Clase de biología convertida
 en galería de arte

Il est indéniable que les activités artistiques sont ancrées dans le développement même de l'être humain dès sa naissance et qu'elles constituent une récompense cérébrale naturelle nécessaire à l'apprentissage. En effet, la pratique de n'importe quelle manifestation artistique est associée à une composante émotionnelle qui nous motive et nous permet de contempler le monde qui nous entoure d'un point de vue différent, plus esthétique et plus profond. L'éducation artistique est essentielle car elle permet aux élèves d'acquérir toute une série de compétences socio-émotionnelles de base pour leur développement personnel et qui les rendent également plus heureux. Et c'est là le véritable apprentissage, celui qui les prépare à la vie. Le cerveau humain, qui est un organe complexe en perpétuelle restructuration, apprécie les défis et a besoin de l'art.

Le cerveau a besoin d'activités artistiques

Le cerveau des personnes qui pratiquent des activités artistiques est structurellement différent et présente un meilleur contrôle moteur et une meilleure “mémoire procédurale” que celui des personnes qui ne pratiquent pas d'activités artistiques.

Certaines structures du cortex auditif ne réagissent qu'aux sons musicaux, une partie importante du cerveau et le cervelet sont impliqués dans la coordination de toutes sortes de mouvements, comme la danse : pendant les représentations théâtrales, certaines régions du cerveau responsables de la production du langage oral sont connectées au système limbique, fournissant ainsi la composante émotionnelle, ou lorsque nous observons un spectacle d'art visuel, notre système de traitement visuel génère des images réelles ou fictives avec la même facilité.

Outre le plaisir esthétique que nous procure la beauté ou l'expressivité de l'art, diverses études ont montré qu'il a des effets neurologiques très positifs sur notre cerveau. Différentes parties de notre cerveau sont activées en fonction de l'activité artistique que nous pratiquons et toutes renforcent notre créativité et notre intellect. Les arts visuels améliorent notre capacité de concentration, notre plasticité cérébrale et notre quotient intellectuel. D'autre part, l'art nous rend plus tolérants, moins impulsifs, réduit le stress et nous donne une plus grande clarté mentale dans toute situation ou problème à résoudre. Le fait que l'art soit bénéfique pour le cerveau signifie qu'il a un impact positif sur notre comportement et notre qualité de vie, ce qui favorise également nos relations avec les autres.


Comment l'art peut influencer le cerveau



L'art, que ce soit sous forme de peinture, de musique, de danse ou de toute autre expression créative, a un effet étonnant sur notre esprit et nos émotions. L'art peut activer et stimuler des zones spécifiques du cerveau liées à l'empathie, à la créativité et à la mémoire.

Plusieurs études montrent les effets bénéfiques de l'art sur le cerveau. Il peut contribuer à améliorer nos capacités cognitives, à accroître notre bien-être émotionnel et à réduire le stress. Lorsque nous nous immergeons dans une œuvre d'art, nous nous déconnectons de nos soucis quotidiens et nous nous concentrons sur le moment présent. En outre, l'art peut activer des zones du cerveau liées à la perception visuelle, à l'émotion et au langage.

Lorsque nous sommes confrontés à une œuvre d'art, notre cerveau s'active dans différentes zones, impliquant à la fois l'hémisphère gauche et l'hémisphère droit. Le côté gauche s'occupe de l'interprétation et de la compréhension de l'œuvre, tandis que le côté droit se concentre sur les émotions et les sensations qu'elle produit en nous.

Dans l'ensemble, l'art peut apporter des bienfaits physiques, mentaux et émotionnels – tels que l'augmentation de l'activité cérébrale dans le cortex frontal, l'amélioration de la mémoire et de la concentration, et la réduction de la tension artérielle et du rythme cardiaque – à ceux qui l'apprécient et le créent.

L'activité cérébrale change radicalement lorsque nous nous engageons dans des activités créatives. La zone située à l'avant du cerveau – le cortex préfrontal – où s'exercent le contrôle de soi et l'autocritique devient inopérante. La zone située juste derrière, le cortex préfrontal médian, responsable de la mémoire et des émotions, est activée.

C'est pourquoi l'art est un outil puissant pour stimuler la créativité et l'imagination. Il nous invite à explorer de nouvelles idées et à voir les choses sous des angles différents, ce qui nous aide à élargir notre esprit et à sortir de notre zone de confort.

Qu'il s'agisse de peinture, de musique, de littérature ou de toute autre forme d'expression créative, n'hésitez pas à vous y plonger et à laisser votre esprit s'épanouir et se libérer. L'art est une expression créative et puissante qui peut être appréciée par des personnes de tous âges et de toutes cultures. Depuis des temps immémoriaux, les expressions artistiques ont été utilisées pour communiquer, rechercher la beauté, surprendre, émouvoir, dénoncer, protester et transmettre des connaissances.

La capacité de l'art à influencer notre psychisme est indéniable. La musique, par exemple, a la capacité de nous émouvoir, de nous faire ressentir une large gamme de sentiments, de l'euphorie à la tristesse. La peinture, la sculpture, la photographie et les autres arts visuels ont un impact sur notre cerveau de multiples façons, stimulant différentes zones cérébrales et permettant une expérience esthétique inoubliable.

L'art possède également une capacité thérapeutique unique. Les expressions artistiques peuvent servir de forme d'expression personnelle, ce qui peut faciliter l'identification et le traitement des émotions. La musique, la danse, le théâtre et d'autres formes d'art sont également utilisés en thérapie pour améliorer l'estime de soi, réduire le stress et l'anxiété et améliorer la qualité de vie.

Outre ses vertus thérapeutiques, l'art peut également favoriser la créativité et l'esprit critique. Ceci est particulièrement important dans un monde de plus en plus complexe et changeant, où la capacité à innover et à trouver des solutions originales et créatives est de plus en plus valorisée.

L'art améliore les fonctions cérébrales

Chaque expression artistique active différentes parties du cerveau et constitue donc un excellent moyen de stimuler notre intellect et notre créativité. Les capacités de résolution de problèmes des enfants sont améliorées, de même que leur mémoire et leur capacité d'apprentissage.

En outre, chaque expression artistique possède des qualités qui améliorent nos performances dans d'autres domaines. La recherche montre que les enfants qui reçoivent une éducation musicale obtiennent de meilleurs résultats en mathématiques, en langue et en compréhension de la lecture. La musique améliore également la posture du corps et les réactions motrices, car elle accroît la connectivité entre les zones sensorielles et motrices du cerveau, tout en améliorant la circulation sanguine. De plus, ces avantages perdurent tout au long de la vie.

Les arts visuels, quant à eux, présentent également de grands avantages : ils améliorent la plasticité du cerveau, le quotient intellectuel et la capacité d'attention. Ils réduisent également l'impulsivité et améliorent le comportement des enfants.

Même la pratique du théâtre a de multiples conséquences positives : elle améliore le vocabulaire, la maîtrise de soi, l'estime de soi, favorise la mémoire kinésique, nous permet de convertir des concepts abstraits en concepts concrets, favorise la tolérance et améliore également l'apprentissage dans le domaine de la littérature.

L'art améliore nos qualités humaines. L'appréciation de l'art et les visites de musées augmentent la tolérance et le simple fait d'être exposé à une œuvre d'art libère dans le cerveau les mêmes substances que lorsque nous tombons amoureux.

L'art est thérapeutique

Peindre, dessiner, prendre des photos, faire des mandalas, sont des moyens efficaces de réduire le niveau de stress et d'avoir plus de clarté mentale. En fait, la thérapie par l'art et la thérapie par le théâtre, entre autres applications, ont été utilisées, par exemple, pour réduire les terribles effets du stress post-traumatique chez les vétérans de guerre.

En outre, les effets de l'amélioration des capacités cognitives et de la mémoire sont visibles même chez les personnes atteintes de graves maladies neuro-dégénératives. Par exemple, dans le cas des patients atteints de la maladie d'Alzheimer et de démence sénile – une maladie qui implique une perte progressive de la mémoire, de l'anxiété, de la dépression, de l'agressivité, de l'insomnie et d'autres symptômes – le traitement médicamenteux rend généralement les symptômes moins visibles, mais ne les élimine pas et n'arrête pas leur progression. En revanche, en leur faisant pratiquer l'art, on constate une amélioration de leur comportement social, de leur estime de soi et, en outre, une réduction des symptômes psychiatriques.

Il n'est pas nécessaire d'avoir une maladie mentale pour faire de l'art-thérapie ou de la thérapie par l'art, car cela soulage des situations telles que le stress, les problèmes d'apprentissage, les maladies chroniques, les difficultés d'adaptation à l'école, etc.

Le simple fait de pratiquer une activité artistique ou créative a des effets bénéfiques non seulement pour nous, mais aussi pour tous ceux qui nous entourent. Il peut même ne pas s'agir d'une activité apparemment “artistique”, mais d'un hobby, comme le jardinage, le tricot ou la menuiserie. L'important est de se donner la possibilité de développer son imagination, car c'est ainsi que l'on nourrit non seulement son cerveau, mais aussi son âme.

L'art-thérapie

L'art-thérapie fait référence aux arts visuels, les autres arts tels que le théâtre ou la musique pouvant être utilisés par cette discipline portant des noms spécifiques tels que le drama-thérapie ou la musicothérapie. La créativité exposée à travers l'expression artistique est un moyen de réguler les émotions et de les travailler aussi bien dans des environnements thérapeutiques que dans des espaces ludiques.

L'art-thérapie utilise la création artistique dans le cadre d'une relation thérapeutique pour favoriser le bien-être, la connaissance de soi, le lien et l'expression émotionnelle. C'est une discipline qui se situe dans un champ intermédiaire entre l'art et la psychologie.

Elle favorise la conscience émotionnelle de soi et la régulation du comportement. Elle est utile dans des domaines tels que la rééducation, l'éducation et la santé mentale. Elle contribue à améliorer la qualité de vie. Elle est très efficace avec les personnes qui souffrent de problèmes d'adaptation sensorielle, physique, motrice ou sociale.

Il existe différents types d'art-thérapie

Danse.
Les mouvements de danse permettent d'intégrer les émotions au corps physique. La danse accède à des parties de l'esprit que la communication verbale n'atteint pas. Il est possible de lire tout ce que le corps exprime à travers la danse. Les thérapeutes doivent être capables de traduire et d'analyser les mouvements que le patient exécute dans la danse.

Dessin et peinture. Le dessin ou la peinture peuvent servir d'exutoire à des sentiments et des désirs cachés. L'objectif principal est de permettre au patient de suivre spontanément ses impulsions par le biais de textures, de traits, de couleurs ou de formes.

Musique.
La musicothérapie est très efficace. Le patient et le thérapeute jouent d'un instrument ou chantent. Tous deux doivent s'écouter mutuellement afin de créer leur propre chanson ou mélodie au cours de l'une des séances. Peu importe que le patient ait des connaissances musicales ou non, ce qui est intéressant, c'est que le thérapeute reconnaisse l'intonation et le tempo afin de comprendre les souhaits ou les émotions qui ne sont pas exprimés verbalement.

Théâtre. Le théâtre permet d'obtenir des résultats efficaces en déclenchant la prise de conscience et la connaissance des richesses intérieures. Les peurs sont éliminées, l'acceptation individuelle est atteinte et les relations interpersonnelles sont améliorées. L'outil principal est l'improvisation théâtrale qui permet de “jouer” les histoires réelles de la vie, créant ainsi des personnages qui se manifestent à partir de l'inconscient.

Avantages

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Tous les individus ont la capacité de s'exprimer de manière créative.
* Aucune expérience ou compétence artistique préalable n'est nécessaire.
* Elle utilise le processus créatif au profit de l'individu.
* Le produit est aussi important que l'implication dans le processus créatif.
* La subjectivité, la créativité, la connaissance et le plaisir sont impliqués.
* Il s'appuie sur des supports visuels et plastiques.

Art-thérapie et cours de peinture en groupe

Ces deux types d'activités sont de plus en plus répandus. Les cours d'art en groupe organisés dans des studios locaux et même dans des bars vous permettent de vous retrouver entre amis tout en créant une belle œuvre d'art. Il existe même des livres de coloriage pour adultes. Ils permettent de se détendre et d'évacuer la tension d'une journée stressante.

L'art appliqué à la thérapie est un outil de projection très efficace. Le développement des compétences artistiques améliore considérablement l'attention, la conscience et l'estime de soi.

L’intelligence artificielle peut-elle créer de l’art ?

Les systèmes d’IA d’aujourd’hui peuvent créer n’importe quelle image dans n’importe quel style, de l’impressionnisme au cubisme en passant par le pop art. Tout ce dont ils ont besoin, c’est d’un code détaillé.

Le nouveau domaine de “l’IA générative” donne aux machines la capacité de créer des œuvres totalement nouvelles, en s’inspirant de l’immense quantité de données et de connaissances en ligne accumulées au fil des siècles.

L’incursion de l’IA dans les arts soulève des questions sur l’importance de la contribution humaine dans le processus de création. L’art peut-il exister sans artiste ? Si une œuvre est créée par une machine, à qui appartient-elle ? Quels sont les dangers cachés pour la société et l’Humanité ?

La conclusion générale est que l’industrie de la création n’a pas d’autre choix que d’adopter l’IA. Plutôt que d’évincer les artistes humains, la nouvelle technologie collaborera avec eux pour créer de nouveaux types d’œuvres, en poussant encore plus loin leur inventivité et leur créativité et en créant ensemble quelque chose d’entièrement nouveau.

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Les bienfaits infinis de l'art sur notre cerveau selon la science

Des études ont établi un lien entre l'effet de l'art sur notre cerveau et l'augmentation de la connectivité fonctionnelle dans le cerveau, ainsi que l'activation accrue du cortex visuel. Les chercheurs comparent la création artistique à de l'exercice pour le cerveau et suggèrent même que, comme l'exercice physique aide le corps, la création artistique peut aider à garder l'esprit vif et lucide à un âge avancé.

Au-delà de la récréation esthétique et de l'activité pour connaisseurs, l'art est un ingrédient dont notre esprit a besoin pour être et se sentir bien meilleur.

Ces résultats suggèrent que regarder des peintures n'affecte pas seulement les systèmes impliqués dans la représentation visuelle et la reconnaissance des objets, mais aussi les structures sous-jacentes des émotions et des cognitions internes.


Le lien entre l'art, la guérison et la santé publique : une revue de la littérature actuelle

Des chercheurs du Pennsylvania State University College of Medicine et de la Harvard School of Public Health démontrent dans une étude, publiée dans la National Library of Medicine (NLM) en février 2010, que l'art a des effets positifs sur la santé physique et psychologique des malades chroniques.

Selon l'étude, l'art réduit les effets du stress en diminuant la quantité de l'hormone cortisol dans le sang, diminue la sensation de douleur physique et les effets physiologiques de l'anxiété, augmente l'estime de soi et le sens positif de l'identité, c'est-à-dire qu'ils se définissent en termes positifs plutôt que négatifs ; en particulier, ils cessent de se définir en termes de maladie et commencent à se définir en termes de ce qu'ils ressentent ou de ce qu'ils sont.

Ils ont également davantage le sentiment de maîtriser les événements, ce qui est essentiel pour les patients chroniques, qui ont l'impression que leur vie échappe peu à peu à tout contrôle. Enfin, et c'est le plus intéressant, elle accélère la guérison d'une maladie chronique ou catastrophique.

Cette étude explore la relation entre l'engagement dans les arts créatifs et les effets sur la santé, en particulier les effets sur la santé de l'engagement musical, de la thérapie par les arts visuels, de l'expression créative basée sur le mouvement et de l'écriture expressive. Bien qu'il soit prouvé que les interventions artistiques sont efficaces pour réduire les effets physiologiques et psychologiques négatifs, la mesure dans laquelle ces interventions améliorent l'état de santé est largement inconnue.

Selon les chercheurs, leur espoir est d'établir une base pour des recherches plus approfondies sur ce sujet et de susciter davantage d'intérêt pour l'étude des complexités de l'engagement dans les arts et la santé.


Nous sommes faits pour apprécier l'art

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Toronto et publiée dans la National Library of Medicine de juin 2014, l'appréciation de l'art semble être un processus biologique naturel, pour lequel notre cerveau est conçu. L'étude consistait en un examen de diverses recherches liées à l'analyse de l'activité cérébrale liée à l'art.

Les chercheurs ont constaté que l'observation de peintures et la formation d'une opinion à leur sujet activent de nombreuses parties du cerveau, telles que les zones liées à la reconnaissance des objets et des scènes, ainsi que les zones liées aux expériences émotionnelles, à l'apprentissage et à la régulation des mouvements.

En examinant de près la manière dont ces parties du cerveau sont activées, les chercheurs ont constaté que cela se produisait d'une manière similaire et prédéterminée. Les scientifiques parlent d'«activation dans un système distribué», ce qui suggère qu'il s'agit d'une conception prédéterminée dans la structure de notre cerveau.


Association entre l'éducation musicale, l'intelligence et l'orthographe à l'école primaire


Des chercheurs du Transfercenter for Neuroscience and Learning de l'université d'Ulm (Allemagne) dans une étude, publiée en 2011 dans Advances in Cognitive Psychology, suggèrent une association entre l'éducation musicale et les capacités cognitives générales, ainsi qu'un lien spécifique avec le langage.

L'éducation musicale a un effet bénéfique sur les fonctions cognitives supérieures, mais des questions se posent quant à savoir si les associations entre les cours de musique et les capacités cognitives sont spécifiques à un domaine ou générales.

Les chercheurs ont testé 194 élèves de troisième année, mesurant leurs performances en lecture et en orthographe ainsi que leur intelligence non verbale, et ont interrogé les parents sur leurs activités musicales depuis l'âge préscolaire. Les données du questionnaire ont montré que 53% des enfants avaient appris à jouer d'un instrument de musique.

L'intelligence était plus élevée chez les enfants qui jouaient d'un instrument. Pour contrôler les effets non spécifiques, ils ont exclu les familles sans instrument. L'effet sur l'intelligence s'est maintenu. En outre, les enfants qui jouaient d'un instrument avaient de meilleures performances en orthographe que ceux qui n'en jouaient pas, même si des membres de leur famille jouaient d'un instrument. Cet effet a été observé indépendamment du QI.

La valeur éducative des sorties scolaires dans les musées

Des chercheurs des universités de l'Arkansas, du Missouri et du Texas A&M ont constaté, dans une étude publiée dans le Podcast EdNext de novembre 2016, que les élèves assignés par tirage au sort à une visite de musée améliorent leur capacité à réfléchir de manière critique sur l'art.

L'ouverture en 2011 du Crystal Bridges Museum of American Art dans le nord-ouest de l'Arkansas a été l'occasion de réaliser cette étude. Crystal Bridges est le premier grand musée d'art construit aux États-Unis au cours des quarante dernières années, avec plus de 50.O00 mètres carrés de galeries et une dotation de plus de 800 millions de dollars. La visite est entièrement gratuite pour les écoles et Crystal Bridges a été construit dans une région qui n'avait jamais eu de musée d'art auparavant, ce qui explique la forte demande de visites scolaires.

Résultats

Rappel des détails de la visite

Les recherches suggèrent que les élèves retiennent un grand nombre d'informations factuelles de leurs visites. Les élèves qui ont bénéficié d'une visite guidée du musée ont été capables de se souvenir de détails sur les peintures qu'ils avaient vues à des taux très élevés. Étant donné qu'il n'y avait aucune garantie que ces faits seraient évoqués lors des discussions menées par les élèves, et que les élèves n'avaient aucune raison particulière de se souvenir de ces détails – il n'y avait pas d'examen ou de note associée aux visites – il est impressionnant qu'ils aient été capables de se souvenir d'informations historiques et sociologiques à des taux aussi élevés.

Ces résultats suggèrent que l'art pourrait être un outil important pour transmettre efficacement un contenu académique traditionnel, mais cette analyse ne peut pas le prouver. Le taux élevé de mémorisation d'informations factuelles par les élèves qui ont visité le musée montre que les visites ont fait impression. Les élèves ont pu se souvenir de détails importants sur ce qu'ils ont vu et l'ont commenté. Ils ont amélioré leurs capacités de réflexion critique sur l'art de 9% d'écart-type par rapport au groupe témoin.

Les élèves qui ont suivi une visite guidée ont été plus observateurs et ont remarqué plus de détails dans les images. Être observateur et prêter attention aux détails est une compétence importante et très utile que les élèves acquièrent lorsqu'ils étudient et commentent des œuvres d'art. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si l'amélioration de la pensée critique lors de l'analyse d'une œuvre d'art se traduirait par une amélioration de la pensée critique sur d'autres sujets, non liés à l'art.

Empathie historique.
Les visites de musées d'art influencent également les valeurs des élèves. La visite d'un musée d'art expose les élèves à une diversité d'idées, de personnes, de lieux et d'époques. L'empathie historique est la capacité de comprendre et d'apprécier ce qu'était la vie des personnes qui ont vécu à une époque et dans un lieu différents. Il s'agit d'un objectif central de l'enseignement de l'histoire, car il permet aux élèves d'avoir une vision plus claire de leur propre époque et de leur propre lieu de vie.

Intérêt pour les musées d'art. Le résultat le plus important d'une visite scolaire est peut-être de cultiver l'intérêt des élèves à revenir dans les institutions culturelles à l'avenir.


Comment le cerveau transforme-t-il l'art en émotions ?



Une équipe multidisciplinaire de scientifiques de l'Institut de physiologie cellulaire et du Centre des sciences de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM) dans une étude, publiée dans la Gazette de l'UNAM de janvier 2021, explique comment se déroule le processus complexe par lequel le cerveau perçoit l'art visuel et passe de la capture d'une image à une représentation interne qui inclut des émotions.

Les chercheurs ont effectué des tests en laboratoire et avec des assistants humains sur un échantillon d'art préhispanique pour voir, par exemple, comment la couleur dans la représentation d'une peinture murale définit les émotions et met en évidence la beauté ou la violence dans la même œuvre.

Pour percevoir une image dans notre cerveau, il y a deux étapes : la première, à partir du mécanisme essentiel de notre vision ; la seconde, dans la manière dont nous percevons, c'est-à-dire que nous donnons un sens interne à l'image, nous en générons une compréhension, une émotivité, une interprétation.

Pour la première étape, les scientifiques ont utilisé l'œil, avec la rétine et les connexions qui amènent l'image à notre cerveau visuel, qui se trouve dans le cortex occipital – situé à l'arrière de la tête –, de sorte que ces connexions traversent le cerveau. C'est là que commence le traitement de l'image et que se propage le mécanisme de la perception, c'est-à-dire la conversion de la vision en compréhension et en interprétation de ce qui est observé.

La couleur définit les émotions et
 met en évidence la violence ou la
beauté dans une même œuvre d'art
Les progrès des neurosciences au  cours des 50 dernières années ont permis de comprendre en détail les bases neurologiques de la vision. La plupart de ces progrès ont été réalisés grâce à la recherche animale, qui permet d'étudier des régions spécifiques du cerveau, même au niveau d'une seule cellule. Pour étudier de manière approfondie le processus complexe de la perception visuelle de l'art, les scientifiques des neurosciences travaillent avec des artistes visuels, des anthropologues, des neurobiologistes, des psychologues, des physiciens, des mathématiciens et des ingénieurs pour compléter ces études.

Le processus visuel commence lorsque la lumière traverse le cristallin pour atteindre la rétine, une fine couche de cellules neuronales hautement spécialisées située à l'arrière de l'œil. La lumière y stimule les cellules photo-réceptrices, appelées bâtonnets et cônes, qui transforment les caractéristiques de la lumière en signaux électriques.

Cacaxtla
Les cônes sont divisés en trois types en fonction des pigments qu'ils contiennent et qui leur permettent d'absorber la lumière. Chaque pigment absorbe la lumière dans une plage différente du spectre visible. Ainsi, un type de cône réagit mieux aux courtes longueurs d'onde – la région bleue du spectre –, un autre réagit aux longueurs d'onde moyennes – la lumière verte – et le troisième réagit aux grandes longueurs d'onde – la lumière rouge –. Par ailleurs, un autre type de cellules photo-réceptrices, les bâtonnets, possèdent un pigment qui détecte la lumière verte-jaune, générant ainsi la vision monochromatique caractéristique de la nuit.

C'est précisément cette gamme de couleurs bleu, vert, rouge et jaune – qui a été utilisée dans deux œuvres préhispaniques, les peintures murales de Cacaxtla et la déesse verte de Tetixtla, qui ont été observées par des assistants pour l'expérience des spécialistes. L'exposition a montré comment le changement de couleur à l'arrière-plan de la peinture murale de la bataille de Cacaxtla conduit à une interprétation différente, mettant en évidence la beauté par rapport à la violence qui domine normalement la perception de l'œuvre.

Belleza y violencia
Mécanisme neurologique complexe

Bien que dans le mécanisme neurologique complexe de la vision, la contribution des couleurs soit universelle parmi les humains et qu'il n'y ait pas de différences significatives, les facteurs culturels jouent également un rôle dans la perception, en contribuant et en nuançant ce que les personnes de différentes latitudes perçoivent.


L'OMS appelle à l'intégration des arts dans les systèmes de santé pour lutter contre les maladies non transmissibles

Un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) datant de novembre 2023 en Europe, issu de la conférence “Learning from the Arts” qui s'est tenue à Budapest (Hongrie), propose d'intégrer les arts dans les systèmes de santé afin de compléter le traitement et la prévention des maladies non transmissibles (MNT), qu'il s'agisse de maladies cardiovasculaires ou de cancers.

Selon l'OMS, il est de plus en plus évident que les arts peuvent être utilisés comme un complément efficace au traitement médical et à la guérison. Ils ne sont pas invasifs et présentent peu de risques.

Les arts peuvent compléter les produits pharmaceutiques

L'OMS Europe étudie le potentiel des arts pour compléter la prévention et le traitement des maladies non transmissibles, la plus grande menace sanitaire dans la Région européenne, où les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies respiratoires chroniques, le cancer et d'autres maladies non transmissibles représentent 90% de l'ensemble des décès.

Il est d'espérer que ce rapport fera connaître la valeur des projets artistiques et sanitaires dans la région et, surtout, qu'il encouragera leur application dans le monde réel, en particulier au niveau politique.

L'OMS note que les systèmes de santé sont aujourd'hui prêts à exploiter le potentiel des interventions artistiques. Ils commencent à réaliser qu'ils peuvent utiliser ce que l'on appelle la prescription sociale pour recommander aux patients des thérapies artistiques spécifiques, fondées sur des données probantes, qui peuvent être inclusives, rassembler jeunes et vieux et créer un pont entre la culture et la santé qui peut enrichir la vie de tous.

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En bref, l'art est un outil de transformation qui peut avoir un impact significatif sur notre vie émotionnelle, cognitive et spirituelle. En recherchant une expérience artistique, nous ne recherchons pas seulement quelque chose de beau ou d'attrayant, nous enrichissons notre vie et ouvrons notre cerveau à de nouveaux stimuli et expériences.


Le cerveau humain, qui est un organe complexe en constante restructuration,
 accueille les défis et a besoin de l'art. L'art transforme les 
esprits et les émotions et produit des changements positifs dans le cerveau


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