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mardi 30 avril 2024

Les Écrans Détruisent le Cerveau de nos Enfants


Des experts alertent les parents sur une utilisation abusive des écrans 
qui ne serait pas sans risque pour le développement de nos enfants

Depuis quelques années, des recherches sont menées sur la relation que l'utilisation des nouvelles technologies – tablettes, téléphones portables, consoles, jeux vidéo, ordinateurs – entretient avec le développement et l'apprentissage des enfants.

Aujourd'hui, le terme "digital natives" nous est déjà familier et désigne une génération qui, dès son plus jeune âge, est immergée dans un monde de plus en plus technologique. Il s'agit d'enfants habitués à interagir avec un écran, qui prennent en main un téléphone portable, une tablette ou un ordinateur et l'utilisent de manière intuitive, sans avoir besoin d'un apprentissage particulier ou d'une formation préalable.

Nous avons l'habitude de voir des adolescents et des adultes avec un téléphone portable à la main, jouant à des jeux vidéo ou consultant et recherchant des informations. Mais il est aussi de plus en plus fréquent de voir des enfants d'un ou deux ans regarder des dessins animés sur une tablette, "swiper" l'écran du mobile ou chercher des vidéos sur YouTube. Et cela s'est encore accentué pendant la période de confinement.

Nous pouvons nous justifier derrière le fait que ces dessins animés sont éducatifs, que les enfants sont divertis pendant que nous attendons quelque part ou qu'ils nous laissent un moment de tranquillité à la maison lorsque nous essayons d'accomplir une tâche ou de nous déconnecter du quotidien.

Mais... cette exposition aux écrans est-elle bonne pour les très jeunes enfants, et y a-t-il des risques lorsqu'ils jouent avec un téléphone portable ou une tablette ?

Dessins animés à la télévision, jeux sur smartphone ou tablette, jeux vidéo… Dès leur plus jeune âge, de nombreux enfants voient les écrans rythmer leur quotidien.

Une exposition croissante des enfants aux écrans

Pourquoi de plus en plus de parents laissent-ils leurs enfants passer de nombreuses heures sur les écrans ? Ignorent-ils les possibles dangers de cette exposition ? Croient-ils bien faire ? Le font-ils pour stimuler l’éveil de leurs enfants, leurs capacités cérébrales, développer leur agilité ou encore les préparer à une vie future au sein de laquelle les écrans occuperont, de fait, une place centrale ?

L’explication est plus subtile qu’il n’y paraît et est sans doute liée aux difficultés quotidiennes que bon nombre de parents rencontrent. Liens familiaux fragilisés, souffrance au travail, problèmes financiers… Si bon nombre de parents abandonnent leurs enfants aux écrans, c’est souvent parce qu’ils se sentent dépassés par un quotidien pénible, une charge familiale difficile à assumer.

Leur pratique excessive peut toutefois avoir de lourdes conséquences sur la santé, le bien-être et l’avenir de nos enfants :

Sur le développement du cerveau et l’apprentissage de compétences fondamentales. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Chaque heure supplémentaire passée devant la télévision par un enfant en bas âge diminue ses performances scolaires à l’âge de 10 ans : moindre intérêt pour l’école, moindre habileté au plan mathématique. Cette surexposition précoce entraîne également une moindre autonomie, une moindre persévérance et une intégration sociale plus difficile avec notamment un risque accru de souffrir d’une mise à l’écart par ses camarades de classe.

Sur les capacités d’attention et de concentration. Ceci est vrai même si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde.

Sur le bien-être et l’équilibre. Les enfants qui passent trop de temps devant les écrans seraient moins heureux, plus anxieux et plus déprimés que les autres. Au-delà de quatre heures par jour, le risque de voir apparaître des problèmes émotionnels et une mauvaise estime de soi seraient notamment considérablement accrus. Ce temps passé devant les écrans empièterait en outre sur le temps consacré à d’autres activités récréatives – sport, jeu avec des amis –, qui sont essentielles pour apprendre certaines valeurs – partage, respect de l’autre – et ont un impact positif reconnu sur le bien-être des enfants.

Sur le comportement. Les enfants qui passent beaucoup de temps devant des contenus violents – jeu vidéo ou télévision – sont plus agressifs et plus enclins à se battre, plus impulsifs. Par ailleurs, la surexposition des plus petits risque d’entraîner une attitude passive face au monde qui les entoure.

Sur la santé. Une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux peut alors entraîner une prise de poids. De même une exposition aux écrans à raison de plus de deux heures par jour entraîne un risque d’hypertension accru de 30% chez les enfants.

Cette exposition précoce n’est pourtant pas sans conséquence sur leur santé. Plusieurs études ont déjà pointé les risques d’obésité ou de diabète de type 2 engendrés par un temps trop important passé devant les écrans. Plusieurs spécialistes ont aussi noté des retards de langage et des troubles de l’autisme chez les enfants qui passaient plusieurs heures par jour les yeux rivés sur leur tablette ou l’écran de télévision.

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Les écrans modifieraient le cerveau des enfants


Les Instituts américains de la santé (NIH)
dans une vaste étude lancée en décembre 2018, démontrent que la surexposition des enfants aux écrans modifierait leur cerveau.

Afin d’en savoir plus sur l’impact réel de l’exposition prolongée aux écrans sur le cerveau des enfants, dans 21 centres de recherche aux États-Unis, ils ont commencé à examiner les cerveaux de 4.500 enfants de 9 et 10 ans. À terme, l'étude portera sur 11.000 enfants, suivis pendant 10 ans, pour voir si la consommation intense de jeux vidéo et le temps passé sur internet ont une influence sur leur développement.

Un amincissement du cortex

Les premiers résultats de cette étude menée à l'aide d'imagerie par résonance magnétique (IRM) montrent des “tracés différents” dans les cerveaux des enfants utilisant des smartphones, des tablettes et des jeux vidéo plus de 7 heures par jour. Les images montrent un amincissement prématuré du cortex, l'écorce cérébrale qui traite les informations envoyées au cerveau par les cinq sens.

Les scientifiques expliquent que l'amenuisement du cortex est considéré comme un processus de vieillissement, soulignant qu'il n'est pas certain que ce processus soit néfaste. L'étude montre que les enfants qui passent deux heures ou plus par jour devant un écran obtiennent de moins bons résultats aux tests de mémoire et de langage.

Les enfants sécrètent de la dopamine devant les écrans

Un autre phénomène rapporté est l'effet addictif que peuvent avoir les smartphones. Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe a scanné le cerveau d'adolescents pendant qu'ils regardaient leur fil Instagram. Il s'avère que le temps passé devant un écran stimule la libération de dopamine, l'hormone du plaisir. Cela suffit pour que les jeunes deviennent littéralement dépendants aux écrans.

L'objectif des chercheurs est de savoir si le temps passé devant les écrans est responsable du changement dans le cerveau des enfants, ou si c'est cette différence qui les pousse à passer du temps devant les écrans.


Une étude révèle les effets négatifs des smartphones et des tablettes sur le développement de la parole chez les enfants


Les zones rouges montrent l'augmentation de la matière blanche
organisée dans les centres linguistiques du cerveau

Des chercheurs de l'Université de Toronto et du Children's Hospital ont examiné en profondeur, dans une étude présentée lors de la réunion en 2017 des Pediatric Academic Societies, le lien entre le temps passé par les jeunes enfants devant des appareils portables et le développement de la parole.

Au total, 894 enfants âgés de 6 mois à 2 ans ont participé à l'étude. Parallèlement, les chercheurs ont créé un outil appelé "liste de contrôle de l'enfant", qui leur a permis de mesurer le développement de la parole en fonction des différentes étapes du langage, des objectifs que les enfants doivent atteindre à chaque étape de leur vie.

L'exposition moyenne à l'écran enregistrée était de 28 minutes par jour, 20% des enfants ayant passé au moins une demi-heure devant un écran à l'âge de 18 mois.

Les spécialistes ont observé que ces enfants commençaient à parler plus tard que prévu, qu'ils avaient des difficultés à transformer les sons en mots, qu'ils avaient une faible fluidité verbale lorsqu'ils racontaient une histoire et qu'ils avaient une compréhension médiocre pour leur âge chronologique.

On observe non seulement des difficultés linguistiques, mais aussi des problèmes de comportement tels que l'inattention et, chez les enfants plus âgés, un risque accru d'obésité et de troubles du sommeil en raison de l'exposition à la lumière des écrans. L'abus d'écran affecte les fonctions exécutives – qui, pour simplifier, peuvent être décrites comme les fonctions qui nous aident à apprendre et à mûrir –, qui sont altérées et ont donc un impact sur le développement cognitif de l'enfant.

Les spécialistes en pédiatrie recommandent aux parents de "revenir aux sources" et d'équilibrer l'utilisation des appareils portables par des activités plus anciennes mais plus enrichissantes pour la parole, y compris quelque chose d'aussi simple qu'une conversation – même à sens unique – et de faire de la lecture d'un livre une partie intégrante du processus éducatif.

L'étude n'a pas permis de déterminer si le type de contenu auquel les enfants étaient exposés pendant cette demi-heure par jour influençait plus ou moins le développement du langage, ni d'analyser l'influence de la présence ou non des parents.



Plus de deux heures d'écran affecte les capacités intellectuelles des enfants

Le bleu montre l'énorme sous-développement et la désorganisation
de la substance blanche d'un enfant d'âge préscolaire utilisant des écrans

Des chercheurs de l’Institut CHEO, de l'université d'Ottawa, de Carleton University dans une étude, publiée en novembre 2019 dans la revue Lancet Child and Adolescent Health, ont établi un lien direct entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances cognitives des enfants.

L’étude a porté sur 4.520 enfants de 8 à 11 ans sur 20 sites à travers les États-Unis. Les enfants qui passent plus de deux heures par jour sur les écrans ont de moins bonnes capacités cognitives que ceux dont l'exposition est plus limitée.

En moyenne, ces enfants passaient 3,6 heures par jour collés sur un écran – téléphone portable, tablette, ordinateur, télévision – au-delà des recommandations canadiennes préconisant moins de 2 heures d'écran, 9 à 11 heures de sommeil et au moins une heure d'activité physique par jour. Sur la totalité des enfants participant à l'enquête, seulement un petit Américain sur 20 (5%) coche les trois cases des recommandations canadiennes. Presque un sur trois (29%) n'en remplit aucune : sommeil suffisant, temps d'écran limité et activité physique.

Un développement cognitif appauvri

La moitié seulement (51%) des enfants dorment suffisamment, 37% passent moins de deux heures sur les écrans et 18% seulement pratiquent une heure d'activité physique par jour, selon les questionnaires remplis par les familles. Après des tests cognitifs portant sur le langage, la mémoire, la réactivité, la concentration, etc., l'étude relève un lien très net entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances des enfants.

Les chercheurs ont trouvé que plus de deux heures d'écran chez les enfants appauvrit leur développement cognitif et incitent les pédiatres, parents, éducateurs et décideurs à limiter le temps d'exposition des enfants à l'écran et à faire du sommeil une question prioritaire.

Sur les trois critères – sommeil, écran et activité physique–, le temps passé à dormir et l'exposition aux écrans sont les plus directement liés aux facultés intellectuelles des enfants, tandis que l'activité physique à elle seule n'avait pas d'impact sur la capacité cognitive, tout en étant le facteur le plus important pour une bonne santé physique de l'enfant.


Association entre le temps passé devant un écran et les diagnostics d’anxiété et de dépression chez les jeunes

Selon des psychologues de l'Université de San Diego State et de l'Université de Géorgie W. Keith Campbell, dans leur étude, publié en octobre 2018 dans la revue Preventive Medicine Reports, les jeunes âgés de 2 à 17 ans et passant plus de sept heures par jour devant un écran ont plus de risque de souffrir de dépression et d’anxiété.

Les scientifiques ont en effet constaté que le temps passé devant les écrans a une influence sur la santé mentale des jeunes. Après seulement une heure d’écran par jour, les enfants et les adolescents éprouvaient moins de curiosité, avaient moins confiance en eux, moins de stabilité émotionnelle et présentaient une plus grande incapacité à terminer des tâches.

Deux fois plus de risque de dépression et d’anxiété

Les recherches précédentes sur les associations entre le temps passé devant un écran et le bien-être psychologique des enfants et des adolescents étaient contradictoires, ce qui a amené les chercheurs à s'interroger sur les limites du temps passé à l'écran suggérées par les organisations de médecins.

Pour mieux comprendre ce lien entre temps passé devant les écrans et bien-être psychologique, les professeurs ont utilisé les données de l’Enquête américaine sur la santé des enfants, qui date de 2016. Ils ont analysé un échantillon aléatoire de plus de 40.300 enquêtes menées auprès de personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans.

Ils se sont alors aperçus que les adolescents qui passaient plus de sept heures par jour devant un écran étaient deux fois plus susceptibles que ceux qui passaient une heure de recevoir un diagnostic d'anxiété ou de dépression. Dans l'ensemble, les liens entre le temps passé devant un écran et le bien-être étaient plus importants chez les adolescents que chez les jeunes enfants.

Des jeunes plus agités, moins curieux et moins concentrés

Les adolescents ne sont cependant pas les seuls à voir leur bien-être psychologique impacté par les écrans. Ainsi, parmi les enfants en âge préscolaire – avant 3 ans –, ceux passant beaucoup de temps devant la télévision, une tablette ou un smartphone étaient deux fois plus susceptibles de perdre leur sang-froid et 46% plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils étaient excités.

Plus excités et moins enclins à savoir contrôler leurs émotions quand ils sont enfants, les jeunes ont aussi plus de mal à se concentrer et à éprouver de la curiosité quand ils grandissent. Ainsi, environ 9% des jeunes âgés de 11 à 13 ans qui passaient une heure par jour avec des écrans ne souhaitaient pas apprendre de nouvelles choses, contre 13,8% qui ont passé quatre heures à l'écran et 22,6% qui ont passé plus de sept heures avec des écrans.

Tous les âges sont concernés puisque parmi les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2% de ceux qui passaient plus de sept heures par jour à l'écran ne terminaient pas leurs tâches, contre 16,6% pour ceux passant une heure par jour et 27,7% pour ceux qui travaillaient pendant quatre heures à l'écran.

Une solution : la modération

Pour les chercheurs, il est indispensable de modérer le temps passé par nos enfants devant les écrans : pas plus de deux heures par jour, quel que soit leur âge et pas d’écrans avant l’âge de 3 ans.

En termes de prévention, ils concluent aussi qu’il est particulièrement important d’établir les causes et les conséquences d’un faible bien-être psychologique chez les enfants et les adolescents. La moitié des problèmes de santé mentale se développent à l'adolescence. Il est donc absolument nécessaire d'identifier les facteurs liés aux problèmes de santé mentale susceptibles d'intervention dans cette population, car la plupart des antécédents sont difficiles, voire impossibles à influencer. Et le temps passé devant les écrans doit impérativement être compris parmi ces facteurs. Par rapport à ces antécédents plus difficiles à résoudre en matière de santé mentale, la manière dont les enfants et les adolescents passent leur temps libre est plus susceptible de changer.


Plus de deux heures par jour d’écrans augmenterait le risque d’hypertension chez les enfants

Une équipe des chercheurs de l’Université de Saragosse et de Sao Paulo ont mené une étude, publiée dans la revue International Journal of Cardiology de novembre 2014, soulignant désormais l’effet d’une surconsommation d’écrans chez l’enfant sur le risque d’hypertension.

Cette étude s’appuie sur la cohorte d’IDEFICS (Identification and Prevention of Dietary- and Lifestyle-induced Health Effects in Children and Infants), impliquant 8 pays européens, avec près de 5200 enfants âgés de 2 à 10 ans.

Selon l’analyse conduite sur 2 ans, l’incidence cumulée de tension artérielle élevée est très importante dans cette population: 110 sur 1000 individus. Les auteurs ont calculé que la présence devant un écran – télévision, ordinateur, console – pendant plus de 2 heures d’affilée augmente le risque relatif de développer une hypertension de près de 30%. Des chiffres inquiétants car ils confirment non seulement que la sédentarité est fréquente aujourd’hui chez l’enfant et cette consommation d’écrans prédispose à des complications plus tard dans la vie, dont l’hypertension.

Pour contrecarrer ce phénomène, les auteurs préconisent la pratique d’une heure d’activité physique par jour chez l’enfant et la limitation des écrans à moins de 2 heures par jour. Et pour étayer ces recommandations, ils prennent pour point d’attention leur observation d’une augmentation du risque d’hypertension de 50% chez les enfants n’atteignant pas cet objectif quotidien.


L’exposition aux appareils numériques modifient la structure et le fonctionnement du cerveau des enfants




Des chercheurs de l’Université d’éducation de Hong Kong, de l’Université normale de Shanghai en Chine et de l’Université Macquarie en Australie ont effectué une analyse de 33 études utilisant la technologie de neuro-imagerie pour mesurer l’impact de la technologie numérique sur le cerveau des enfants de moins de 12 ans, publiée dans la revue Early Education and Development en novembre 2023.

Une revue de 23 années de recherche en neuro-imagerie indique que le temps passé par les enfants à regarder la télévision ou à jouer à des jeux informatiques peut avoir des effets significatifs et durables sur leur fonction cérébrale. Cette recherche met en évidence à la fois les impacts négatifs et positifs.

Les données de 33 études de neuro-imagerie réalisées entre 2000 et 2023 ont été regroupées

Les 33 études de neuro-imagerie analysées par les chercheurs regroupent les données de plus de 30.000 participants. Les chercheurs se sont principalement concentrés sur les enfants âgés de 12 ans et moins. Ils ont d’abord cherché les études pertinentes dans les bases de données de recherches publiées en ligne.

Les chercheurs préviennent que l’échantillon de leur étude est de petite taille puisque seulement 33 études ont été faites en deux décennies. Cette petite taille d’échantillon pourrait être due au fait que ce sujet est nouveau et émergent, et que les technologies de recherche évoluent également. Ils ont néanmoins remarqué que le cerveau des enfants est de plus en plus impacté au fil des ans, ce qui correspond à la croissance de l’utilisation des écrans depuis 2000.

Les enfants qui ont participé à ces études consommaient différents types de médias numériques de manière passive comme la télévision ou activement avec les applications sur les smartphones. Viennent ensuite les jeux vidéo en deuxième position. Les tablettes, les liseuses électroniques, l’utilisation d’Internet, le montage vidéo et la réalité virtuelle sont aussi inclus dans certaines des 33 études.

Les compétences cognitives impactées par le temps passé devant les écrans

Au total, trois conclusions majeures ont été tirées de cette étude. La première est que l’exposition aux appareils impacte à la fois la structure et la composition du cerveau des plus jeunes, mais ce n’est pas toujours négatif. La deuxième conclusion est que certaines régions du cerveau sont davantage touchées que d’autres. Enfin, cette étude indique que les changements dans le cerveau semblent persister à long terme.

En ce qui concerne les régions du cerveau les plus touchées, les chercheurs notent que la zone la plus vulnérable est le cortex préfrontal et sa fonction exécutive associée. Cela correspond aux compétences cognitives de haut niveau telles que la résolution de problèmes, la planification, la prise de décisions, la mémorisation d’informations, etc.

Certaines recherches prouvent que le temps passé devant les écrans impacte négativement les fonctions cérébrales comme l’attention et la cognition. Les connexions qui permettent aux différentes zones du cerveau de communiquer sont aussi touchées. Plus précisément, les jeux vidéo pourraient causer une diminution du volume cérébral. L’utilisation de tablettes chez les enfants pourrait avoir un effet négatif sur le fonctionnement cérébral et la résolution de problèmes.

Les écrans et les jeux vidéo ont aussi du positif pour le cerveau des enfants

Tous les résultats ne sont pas négatifs. Certaines recherches publiées ces dernières années ont également trouvé des aspects positifs liés à l’utilisation des écrans. Ces derniers peuvent effectivement améliorer le développement des enfants, notamment en ce qui concerne leur concentration et leur apprentissage. Une étude spécifique affirme ainsi que les jeux vidéo peuvent améliorer les compétences cognitives et les fonctions exécutives.

En fin de compte, cette étude ne noircit pas complètement le tableau. Les écrans peuvent incontestablement avoir un effet négatif sur le développement du cerveau, mais ils peuvent également apporter des bienfaits. Selon les chercheurs la solution n’est pas forcément de limiter le temps passé devant les écrans. Cela risque en plus de causer des conflits avec ses enfants. Des stratégies plus innovantes, conviviales et pratiques pourraient être développées et mises en œuvre. Ils suggèrent que l’utilisation du numérique par les enfants devrait être mieux encadrée. Les adultes devraient aussi recevoir un soutien et des conseils appropriés.

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Les résultats de ces études confirment qu'un temps d'écran excessif peut avoir des conséquences sur le développement des enfants, et que plus les enfants de moins de 3 ans passent de temps devant des écrans, plus ils risquent d'avoir des retards dans le développement du langage et de la parole.

La communauté médicale (pédiatres, neuro-pédiatres, psychologues et orthophonistes) déconseille tous les types d'écrans avant l'âge de 3 ans, mais les téléphones portables et les tablettes sont encore plus nocifs car l'adulte perd le contrôle de ce que l'enfant regarde. Dans le cas de la télévision, il est plus facile de les surveiller et surtout d'interagir avec eux.

Entre 3 et 6 ans, il est conseillé d'introduire des contenus éducatifs et un maximum d'une heure de télévision ou d'appareils électroniques par jour.

Priver les enfants de l'accès aux écrans n'est pas la solution, car ils font partie de notre vie quotidienne ; de plus, une bonne utilisation des écrans peut être positive, et peut également les aider dans leur apprentissage :

* l’amélioration des réflexes,
* la coordination visuo-motrice,
* la résolution de problèmes,
* le raisonnement logique,
* l'orientation dans l'espace et de la stratégie.

Sans vouloir être alarmiste, mais en faisant appel à la réflexion et au bon sens, il est important de s'informer et d'essayer d'appliquer une utilisation modérée et responsable. Nous devrions doser le temps et l'utilisation des appareils technologiques, ainsi que la sélection de contenus ludiques et éducatifs, en les accompagnant toujours et sous surveillance numérique au moins jusqu'à l'âge de 6 ans.

Nous savons que les trois premières années sont fondamentales pour le développement de la parole et du langage, et que cela s'apprend en interagissant avec d'autres personnes. Les écrans ne remplacent pas cette interaction personnelle.

Passer plus de temps avec les enfants, interagir avec eux, lire des histoires, parler, jouer, faire n'importe quelle activité de loisir en dehors de la maison, et même utiliser des appareils technologiques ensemble, contribuera à renforcer leurs compétences linguistiques et à améliorer leur vocabulaire :

* Rechercher des programmes éducatifs de haute qualité, ceux qui s'adressent directement aux enfants sont utiles pour apprendre de nouveaux mots et de nouveaux sons.

* Diriger l'attention sur un contenu spécifique et poser des questions ouvertes sur ce qu'ils regardent, ce qui se passe et renforcer les concepts pour stimuler leur apprentissage.

* Utiliser les appareils pour discuter par vidéo avec la famille, les amis et les camarades de classe. Utiliser ces connexions sociales pour encourager l'expression verbale. Même les enfants de moins de 18 mois peuvent profiter de ces moments pendant un certain temps.

Ne pas interdire mais accompagner l’usage des écrans

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif. Même chez les bébés de moins de trois ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans.

On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition passive, comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques.

Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'auto-réguler. Quant aux jeux vidéo en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois pathologiques, ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.


Comment protéger ses enfants d’un usage excessif ?

Les écrans ne sont pas mauvais par nature. C’est leur usage qui peut l’être. L’enjeu n’est donc pas de les bannir mais d’apprendre à nos enfants à les gérer en fixant dès leur plus jeune âge des règles de bon usage. Ces règles doivent bien sûr être définies à la maison, par les parents, mais elles doivent aussi être enseignées à l’école.

Certains conseils peuvent aider les parents dans leur rôle d’éducation au bon usage des écrans :

* Limiter le temps d’exposition aux écrans. L’enjeu n’est pas de définir un temps limite de façon autoritaire et unilatérale mais d’impliquer l’enfant dans un processus d’autorégulation afin de le rendre autonome et de limiter ses risques de perte de contrôle à l’âge adulte. Serge Tisseron suggère ainsi aux parents d’inciter leurs enfants, dès l’âge de 9 ans, à reporter dans un petit carnet le temps passé devant les écrans. L’avantage est que cela permet à l’enfant de prendre conscience du temps réel passé devant les écrans car ce temps est souvent sous-estimé.

* S’intéresser à la pratique numérique de ses enfants en engageant avec eux un dialogue et en les accompagnant dans leurs découvertes. Cela consiste à parler avec eux de ce qu’ils découvrent à travers les écrans pour les aider à développer leur intelligence narrative. Mais il s’agit aussi de les accompagner dans le choix des programmes et jeux. Le plus grand danger est de laisser un enfant seul face aux écrans.

* Utiliser les écrans pour développer leur créativité en orientant ses enfants vers des activités de création – apprendre à dessiner, à faire des photographies, des origamis…

* Donner le bon exemple en s’imposant également une autodiscipline : comment expliquer à ses enfants la nécessité de s’auto-réguler si l’on est soi-même suspendu en permanence à son téléphone ou à sa tablette ? Pensez à vous déconnecter le soir à la maison, ou à table en famille, pour votre bien et celui de vos enfants. On sait en effet que le développement d’un enfant se structure autour de ses capacités d’imitation et d’attention à l’autre. Si ses parents sont captivés par leur téléphone, il aura tendance à s’y intéresser également. De même, manipuler son téléphone tout en s’occupant de son enfant, contribue à appauvrir les échanges avec celui-ci.

Il est indispensable de fixer un cadre et de définir des limites adaptées à chaque période de la vie. De même que la diversification alimentaire doit se faire en douceur, l’introduction des écrans dans la vie des enfants doit se faire de façon progressive en tenant compte des besoins propres à chaque âge.

Avant 3 ans : évitez la télévision et les écrans non interactifs car ils contribuent à renforcer la passivité des jeunes enfants et à les éloigner de ceux dont ils ont fondamentalement besoin à cet âge : interagir avec leur environnement en utilisant leurs sens – toucher, voir, entendre, bouger… Les tablettes tactiles, interactives par nature, peuvent être introduites mais ne doivent en aucun cas se substituer aux jeux traditionnels ni être manipulées par les enfants sans accompagnement.

A partir de 3 ans : la télévision peut être introduite mais avec modération. Elle ne doit en particulier pas être placée dans la chambre de l’enfant, les programmes doivent être choisis avec les enfants, en respectant les âges recommandés sur les programmes et la durée d’exposition doit être fixée au préalable.

Entre 3 et 6 ans : n’offrez pas de console de jeu personnelle à votre enfant. Evitez également de placer un ordinateur ou un poste de télévision dans la chambre de votre enfant. Limitez le temps d’écran en fixant des règles claires sur le moment durant lequel ils peuvent être utilisés et la durée d’utilisation. Privilégiez le jeu à plusieurs ou en famille plutôt que de laisser votre enfant seul face à son écran, au risque que son attitude devienne compulsive et qu’il se réfugie dans les écrans pour fuir le monde réel.

Entre 6 et 9 ans : fixez un temps d’écran autorisé et laissez la liberté à l’enfant de le répartir comme il le souhaite. Veillez à ce qu’il continue à consacrer du temps à des activités hors écrans. Commencez à lui parler de la notion de droit à l’image et de droit à l’intimité.

A partir de 9 ans : initiez votre enfant à Internet. Accompagnez-le dans cette découverte et expliquez-lui les dangers d’Internet en insistant notamment sur le fait que tout ce qui est mis sur le web peut tomber dans le domaine public, ne peut pas être effacé et n’est pas nécessairement vrai. Continuez à fixer une durée autorisée en laissant l’enfant la répartir comme il souhaite entre les différents écrans. Informez-le de l’âge à partir duquel il pourra disposer de son propre téléphone portable.

Après 12 ans : vous pouvez laisser votre enfant naviguer seul sur le web à condition qu’il ait bien intégré les risques liés à cette pratique et que vous définissiez un cadre : fixez ensemble les moments de connexion autorisés, en évitant les connexions nocturnes et illimitées depuis sa chambre. Informez-le sur les dangers de la pornographie et du harcèlement, discutez avec lui de ce que la loi autorise en terme de téléchargement, apprenez-lui à respecter la signalétique PEGI (Pan European Game Information) qui attribue à chaque jeu un âge spécifique.



Dans un monde où les parents passent bien plus de 30 minutes par jour devant l'écran de leur téléphone 
– que ce soit pour le travail ou pour de simples loisirs – le défi parental consistant à trouver l'équilibre 
entre le divertissement technologique des enfants et leur développement intellectuel,
 représente probablement l'un des plus grands défis de notre époque


Voir aussi…

dimanche 31 décembre 2023

Conscience et Cerveau – Y a-t-il une Vie après la Mort ?



Quelle est la différence entre le cerveau et la conscience ?

Le cerveau étant considéré comme un simple système de traitement de l'information, la conscience serait alors ce qui pilote son fonctionnement. Il existe des propriétés de la matière que les scientifiques n'ont pas encore découvertes et qui peuvent expliquer le phénomène de la conscience.


La conscience

Comment le cerveau, une structure biologique complexe, fait-il naître cette expérience intime que l’on appelle la conscience ? La recherche n’est pas encore en mesure d’expliquer physiquement la conscience.

L’étymologie latine du mot conscience, “cum scientia” signifie “savoir avec”, savoir que l’on sait. Ainsi, lorsque j’ai conscience d’une douleur, j’ai aussi conscience de la ressentir : la conscience de quelque chose est aussi la conscience d’en avoir conscience. Avoir conscience, c’est s’apercevoir que l’on perçoit et donner un sens à ces perceptions.

Définition

La conscience est un état multidimensionnel qui concerne la capacité d’un individu à accéder à une information mémorisée ou à un état mental. Elle est liée au traitement intégré des informations provenant de canaux différents (acoustiques, visuels, tactiles…) et à la transmission de l’information sélectionnée vers des processus cognitifs basés sur des compétences perceptives, attentionnelles, mnésiques (liées à la mémoire), émotionnelles et évaluatives. L’activation et l’interaction entre les niveaux fonctionnels constitués par ces compétences créent la conscience, un système dynamique finalisé qui produit des interprétations et des intentionnalités.

Le terme conscience désigne trois réalités distinctes

*  la conscience morale : être conscient de ses actes ;
*  la conscience comme éveil : être présent à la réalité ;
*  la conscience comme savoir : par opposition à l'ignorance.

La notion de conscience recouvre trois cas de figures différents

*  la conscience de soi désigne la capacité de réflexion qui caractérise la subjectivité ;

*  la conscience d'objet signifie la faculté du sujet à se représenter les choses extérieures ;

*  la conscience morale désigne une capacité non plus théorétique.


Phénomènes de conscience

Au niveau subjectif, la conscience se manifeste par différents phénomènes :

*  Les sensations et les émotions

*  Les différentes mémoires : mémoire procédurale (habitudes et caractère), mémoire sémantique et mémoire épisodique.

La conscience est souvent appréhendée selon deux aspects :

*  Le niveau de conscience, qui concerne l’éveil ou la vigilance ;

*  le contenu de la conscience, qui se réfère à la perception consciente de l’information sensorielle interne et externe, des pensées, des décisions ou de la métacognition (évaluation de ses connaissances).

Ces deux aspects sont connectés et varient selon un continuum. Un contenu conscient riche est généralement observé en phase d’éveil (sauf pour les rêves, par exemple).


Les différents niveaux de conscience

Conscience d’accès

C’est la conscience de son environnement. Elle se réfère à la capacité à créer des représentations mentales qui serviront à la mise en place d’une action ou d’une pensée contrôlée rationnellement. Autrement dit, elle rend l’information, riche et flexible, accessible à un traitement cognitif. Elle permet par exemple la création de “cartes mentales”, comme dans le cas d’un chien qui marque son territoire. Le sens fonctionnel de ce type de conscience est différent de l’aspect qualitatif des autres états de conscience. Sous cette définition, la conscience peut être étendue jusqu’aux invertébrés, par exemple les insectes sociaux ou les céphalopodes (pieuvres etc.).

Conscience phénoménale

C’est l’expérience subjective et qualitativequalia – des propriétés de l’environnement : l’herbe est verte, la pomme est ronde, la fleur est sucrée, le tonnerre fait du bruit… Elle concerne le “ressenti” : les sentiments, les perceptions, les pensées, les désirs et les émotions mais pas la cognition ou l’intentionnalité ou ce qui pourrait être codé dans un programme informatique.

Les consciences d’accès (A) et phénoménale (P) peuvent interagir, mais l’une peut éventuellement exister sans l’autre : des animaux peuvent avoir P sans A et un robot pourrait avoir A, mais pas P.

Cette théorie est encore très débattue, et pour certains, l’expérience subjective n’est a priori pas suffisante pour affirmer qu’un individu est “conscient” car cela nécessite également une expérience cognitive complexe (A). Le tout permettrait d’être conscient d’une représentation mentale dans un “espace de travail global” (global workspace) qui intègre à la fois les informations mnésiques, attentionnelles et de contrôle exécutif.

Conscience de soi

La conscience s’accompagne de souvenirs, de sentiments, de jugements, de sensations et de savoir que nous rapportons à une réalité intérieure que nous nommons moi. Cette conscience est appelée conscience de soi, et elle est structurée par la mémoire et l’entendement.

Elle est en ce sens une unité synthétique sous-jacente à tous nos comportements volontaires. Les éléments qu’elle contient – souvenirs, sentiments, jugements – dépendent d’un contexte culturel, ce qui fait de la conscience de soi une réalité empirique changeante et multiple. L’unité et la permanence du moi ne sont donc pas garanties par l’unité, peut-être seulement nominale, de la conscience.

Les interrogations sur le mode d’existence de la conscience, l’esprit ou l’âme sont aussi anciennes que la philosophie. On s’est demandé au cours des siècles comment expliquer ces phénomènes : de quoi sont-ils l’effet ? Du corps ? D’une autre substance ? De l’unité du corps et de l’esprit ?

Comment définir et localiser la conscience ?

Les progrès de la neuro-imagerie ont laissé penser que la réponse était accessible. Pourtant, elle échappe encore aux scientifiques.

Il y a plus de trois milliards d’années apparaissaient les premières cellules procaryotes (des micro-organismes unicellulaires dont la structure ne comporte pas de noyau), c’est-à-dire la base première de vie. Aujourd’hui, le cerveau humain contient plus de cent mille milliards de connexion synaptiques.

Prenez une cellule vivante, une cellule de votre corps, par exemple. Son existence est régie par un mécanisme dépourvu d’esprit. Elle est en quelque sorte semblable à un microrobot doté d’une large autonomie mais pas plus conscient qu’une levure. Autrement dit, quelle que soit cette cellule et d’où qu’elle provienne, elle ne sait nullement qui vous êtes ni ne s’en soucie. Et qu’êtes-vous en définitive, si ce n’est un assemblage de milliards de milliards de cellules de ce type ?

Entretemps a émergé la “capacité de penser et de ressentir, d’aimer et de haïr, de craindre et d’espérer, de sacrifier et de vénérer, d’imaginer et de créer”… Bref, une conscience. Cent kilos de levure ne s’émerveillent pas devant une toile de Braque ; vous si, et pourtant, vous êtes fait de cellules qui, fondamentalement, sont du même genre que ces cellules de levure, à cette différence près que les unes et les autres accomplissent des tâches différentes.

D’où vient la conscience ?

Aujourd’hui, les neurosciences cognitives reprennent ces anciennes questions pour tenter de leur apporter des réponses fondées sur l’expérimentation. Leur principe de base est qu’à tout “état mental” – vécu, subjectif – correspond un “état neural” – une configuration du cerveau, observable, objective –. Leur programme de recherche consiste à identifier les corrélats neuronaux de la conscience, c’est-à-dire les processus physiques qui accompagnent telle ou telle manifestation de la conscience.

Les neurosciences ont progressé depuis les années 1990. Il est désormais possible de repérer les flux sanguins qui alimentent l’activité neuronale grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, d’insérer des électrodes qui détectent les impulsions électriques émises par des neurones individuels ou encore de surveiller les ondes électromagnétiques qui balayent le cerveau par électroencéphalogrammes…

Dans cette perspective, l’étude des processus de la vision a été particulièrement féconde, donnant lieu à de multiples études, dont celle, particulièrement intéressante, de ce qu’on a appelé la “vision aveugle”. Les sujets atteints de certaines lésions aux cortex visuels primaires ont certaines parties de leur champ visuel totalement obscurcies. Pourtant, si l’on présente un signal lumineux dans ces zones et qu’on les interroge sur la présence ou l’absence d’une lumière, ils “tombent juste” dans la plupart des cas. Autrement dit, ils ont bien vu le signal lumineux, mais sans en avoir aucune conscience perceptive. Ils ont vu sans voir. Cette expérience de la “vision aveugle” semble ainsi permettre de conclure qu’il existe dans le cerveau des régions nécessaires à la survenue de la conscience, mais indépendantes des structures assurant la transmission “brute” des signaux. En l’occurrence, les informations visuelles atteignaient bien les premiers relais sous-corticaux, mais restaient déconnectées du cortex visuel primaire, ce qui les privait d’un accès à la conscience perceptive. L’étude de la perception visuelle témoigne ainsi d’une corrélation importante entre l’activité de certaines régions cérébrales et la conscience des perceptions.

Peut-on localiser la conscience ?

De façon plus générale, de nombreux chercheurs ont proposé des localisations cérébrales de la conscience : aires visuelles du cortex, hippocampe, liaisons entre thalamus et cortex.

L’étude de la conscience en deux plans distincts présente des difficultés : expliquer l’effet que cela fait d’être soi.

Le “problème facile” consiste à trouver les processus cérébraux qui sous-tendent des phénomènes comme la perception, la mémoire, l’attention. Et le “problème difficile“ est celui qui découle de l’aspect phénoménologique de la conscience.

Mais une chose est de repérer des circuits et des processus cérébraux associés à des phénomènes mentaux, autre chose est d’expliquer le fait même d’être conscient, le vécu subjectif de la conscience.

Il ne s’agit alors plus seulement de repérer les circuits nerveux qui nous permettent par exemple d’être informé d’une douleur dans le pied (problème facile), mais d’expliquer comment naît l’impression subjective de la douleur.

L’accès aux perceptions sous leur forme consciente n’est en effet possible que du point de vue de la première personne, telles que je les ressens, tandis que ce que décrit la science, les configurations neuronales, ne sont accessibles que du point de vue d’un tiers, d’un observateur extérieur, telles qu’il les voit.

Ce contenu subjectif de l’expérience mentale, le “ressenti brut” de l’expérience de la vie et du monde, propre à chaque individu et donc incommunicable, est ce que l’on nomme les qualia – et c’est bien leur insaisissable nature qui pose problème. L’on peut par exemple expliquer la douleur, ses mécanismes neurologiques et ses rôles évolutifs… mais il y a aussi expliquer ce que cela fait de sentir, aspect phénoménal qui résiste à toute réduction fonctionnelle. La douleur a donc une propriété physique mais aussi une propriété consciente, le sentiment douloureux : la matière aurait un “dualisme des propriétés”.

La conscience pose aux neurosciences cognitives un sérieux problème dans l’équation qui résume leur approche : à tout état mental – perçu et subjectif – correspond un état neural – un état physique du cerveau, observable et mesurable –.

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Y a-t-il une vie après la mort ?



Depuis plusieurs siècles, la science se substitue progressivement à la religion pour expliquer les grands mécanismes de la vie. La reproduction, l’évolution, les maladies, l’hérédité, le vieillissement : les cartes se dévoilent une à une et s’associent pour former un château d’une improbable complexité. Mais l’édifice s’élève de plus en plus haut en dépit d’un problème de fondation criant : les deux plus grands mystères de l’humanité restent toujours inexpliqués. Pourquoi sommes-nous là ? Qu’est-ce que la mort nous réserve ? Nous l’ignorons. Et ce sont ces lacunes qui poussent des milliards de personnes à croire encore en Dieu.

Des chiffres édifiants qui témoignent de l’impuissance des sciences devant certains phénomènes troublants.

L’expérience de mort imminente (EMI)

Partout dans le monde, des millions de personnes rapportent des témoignages incroyables après s’être trouvées dans un état de mort clinique et avoir miraculeusement repris conscience. Une lumière blanche au bout d’un tunnel, des êtres lumineux, une vie qui défile, un bien-être intense, la sensation de sortir de son propre corps… Les récits se ressemblent. Au-delà des cultures, des âges et des croyances, la séquence événementielle de l’expérience reste étonnement très conservée. On dit que ces gens qui semblent revenir de l’outre-tombe font l’expérience de la mort imminente.

Et ces traits communs qui sont retrouvés dans la plupart des EMI ont été étudiés par plusieurs chercheurs qui prennent désormais ces témoignages très au sérieux. Il faut dire que les progrès de la réanimation ont fait exploser le nombre des EMI et qu’il est désormais difficile de les accuser tous de charlatanisme. D’autant que parmi eux se trouvent des scientifiques émérites comme le professeur de neurochirurgie Eben Alexander qui a radicalement changé d’avis après avoir vécu lui-même l’expérience et le docteur Raymond Moody qui a consacré un ouvrage au sujet en recueillant des témoignages dans son hôpital.

Ce retour en arrière prenait la forme d’images mentales, disons, mais c’était des images beaucoup plus vives qu’en temps normal. Je ne revoyais que les moments importants. Cela passait à toute vitesse comme si je feuilletais le livre de ma vie entière en quelques secondes. Cela se déroulait devant moi comme un fil prodigieusement accéléré. Tout en me permettant de tout voir et de tout comprendre”.  C’est un témoignage comme on en retrouve des dizaines dans le recueil du docteur Moody. Et tous comportent cette teinte un peu mystique qui fascine autant qu’elle rend perplexe.

Pourquoi ces expériences posent-elles problème ?

Le premier problème posé par l’expérience de mort imminente est la définition même de la mort. Certains des individus qui ont expérimenté l’EMI étaient déclarés morts par le corps médical. Or, si nous considérons, comme l’indiquent les théories scientifiques matérialistes actuelles, que la conscience est inextricablement liée au corps humain, le phénomène décrit par ces personnes est totalement impossible. Soit les personnes ne sont pas vraiment mortes, soit le paradigme scientifique dominant de notre époque est faux. Dans un cas, comme dans l’autre, il y a quelque chose qui nous échappe.

A partir de quand une équipe médicale peut affirmer qu’une personne est morte ? C’est une question qui peut paraître évidente mais dont les réponses diffèrent en fonction des époques et des cultures. Pendant des siècles, le seul critère de la mort utilisé par les médecins fut le constat de la cessation d’activité cardiaque et respiratoire, autrement dit l’arrêt cardio-respiratoire. C’était un critère extrêmement lisible, plein de bon sens et qui validait nos représentations collectives de la mort.

Mais avec les progrès de la médecine, nous sommes parvenus à “faire revenir” des personnes qu’on croyait définitivement parties. Et les frontières de la mort ont dû être repoussées. Non, les personnes en arrêt cardiorespiratoire ne sont pas forcément mortes. Les soins avancés en réanimation, les respirateurs artificiels, les défibrillateurs ont montré que le cerveau était parfois capable de se ressaisir et de reprendre le contrôle des fonctions vitales.

Aujourd’hui, en France, le constat de la mort ne peut désormais être établi que si 3 critères sont réunis :

*  L’absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée.

*  L’abolition de tous les réflexes du tronc cérébral.

*  L’absence de toute respiration spontanée.

Les médecins s’appuient sur des examens et des observations pour certifier que chaque critère est bien rempli. Mais l’un de ces critères interpelle. Que savons-nous vraiment de la conscience alors que la communauté scientifique elle-même peine à établir une définition qui fait l’unanimité ? Et il faudrait prouver que des personnes en sont dépourvues ? En cas de doute, le médecin utilise un examen qui mesure l’activité électrique du cerveau : l’électroencéphalogramme (EEG). On place des électrodes sur le cuir chevelu du patient et l’appareil d’enregistrement convertit les impulsions électriques en tracés graphiques. Si le tracé obtenu est plat, on estime qu’il ne subsiste plus aucune activité électrique dans le cerveau et qu’on fait face à une absence totale de conscience. Un deuxième EEG attestera un peu plus tard que l’absence de conscience constatée est irréversible. La méthode semble infaillible.

Une étude publiée, dans la revue PLOS ONE en 2011, a semé le doute. Des chercheurs de l’université de Montréal sont parvenus à démontrer qu’une activité cérébrale inconnue pouvait survenir chez des personnes dans le coma qui présentaient un électroencéphalogramme plat. Ces ondes électriques insoupçonnées et baptisées “complexes Nu” ont mis fin à une croyance érigée en dogme selon laquelle au-delà d’un EEG plat, il n’existait plus d’activité cérébrale possible. Cela prouve que le cerveau est capable de survivre à un stade extrêmement profond de coma. Et cela prouve surtout que nous n’avons pas encore une conception claire de la mort. Nous essayons d’interpréter les signes physiologiques que nous sommes capables de déceler.

Comment interprète-t-on scientifiquement ces expériences ?

Le cerveau est un organe fondamental du corps humain. C’est l’organe de l’esprit. Pour fonctionner, il a besoin d’être constamment alimenté en oxygène et en glucose. Lorsqu’on le prive de l’un des deux éléments, en bloquant la respiration ou la circulation sanguine, il subit rapidement une altération de ses fonctions. Et c’est exactement ce qui se produit en cas d’attaque cardiaque : le cœur n’est plus capable de distribuer le sang jusqu’au cerveau qui manque alors cruellement d’oxygène.

Mais que se passe-t-il entre l’arrêt du cœur et l’arrêt définitif du cerveau ? Est-ce que c’est au cours de cet intervalle de temps que se produit l’expérience de mort imminente ? Combien de temps peut s’écouler entre les deux événements ? Il y a encore quelques années, les chercheurs estimaient que le cerveau s’arrêtait une quinzaine de secondes après l’arrêt du cœur. Mais en 2013, une expérience conduite sur des rats a montré que le cerveau enregistrait encore une activité 30 secondes après l’arrêt cardiaque. Et que cette activité témoignait d’un état d’éveil particulièrement intense. Plusieurs publications dont la célèbre étude AWARE chiffrent aujourd’hui la période durant laquelle un état de conscience est possible malgré l’arrêt cardiaque à 3 minutes, et ce même lorsqu’on constate une activité électrique nulle. Le cerveau ne s’arrête pas quand le cœur s’arrête de battre. Au contraire, il augmente son activité. Il se débat. Pour les scientifiques matérialistes, c’est au cours de cette période que se produit l’EMI.

Privé d’oxygène, le cerveau met tout en œuvre pour faire face à ce drame biologique inédit. Il tente de réguler la communication devenue difficile entre les cellules en libérant massivement du glutamate, une substance très active vis-à-vis de la mémoire. Et pour enrayer le dérèglement des teneurs en calcium auquel conduit l’excès de glutamate, le cerveau produit également une substance proche de la kétamine, reconnue pour ses effets hallucinogènes et sa capacité à provoquer une déconnexion du niveau sensoriel. Mais la partie du cerveau qui serait surtout impliquée dans l’EMI serait celle des lobes temporaux, connus pour jouer un rôle dans les cas d’épilepsie, d’émotions intenses, de rappel de souvenirs et de dépersonnalisation. Leur lente agonie participerait activement à l’expérience. Le tunnel lui-même trouve son explication : l’excitation aléatoire du cortex visuel produirait un effet de lumière brillante au centre du champ visuel et un fondu vers l’obscurité en périphérie.

Et ce qui ressort de ces théories, c’est que la mort n’est pas un événement ponctuel mais un processus qui se produit en plusieurs étapes. Plusieurs étapes au cours desquels se produisent des phénomènes neurobiologiques impliquant la conscience, les souvenirs, les perceptions passées. Des phénomènes dont nous ignorons encore presque tout

Le paradigme matérialiste de la conscience est-il vraiment valide ?

Certains chercheurs n’adhèrent pas à la conception matérialiste dominante de la conscience. Pour eux, ces expériences montrent que la conscience est sans doute détachée du corps humain. Ce sont les dualistes.

Ils estiment comme le chercheur Pim van Lommel que le cerveau peut très bien n’être qu’un récepteur comme un poste de télévision qui retransmet les émissions qu’il reçoit. Si le poste tombe en panne, la télévision elle continue d’exister. Les dualistes opposent deux arguments principaux aux matérialistes. Environ 20% des personnes réanimées après une attaque cardiaque rapportent une expérience de mort imminente. Et cette faible proportion pour eux n’est pas compatible avec la thèse des matérialistes. Avec une explication purement physiologique comme l’anoxie cérébrale pour l’expérience de mort imminente, la plupart des patients qui ont été cliniquement morts devraient en rapporter l’expérience.

Mais il se pourrait qu’une proportion beaucoup plus élevée de gens aient des expériences du même genre, mais ne s’en souviennent pas. C’est précisément ce qui se produit chez des milliers de personnes qui connaissent de grands traumatismes comme un accident de voiture ou une chute d’escalade. Ils enregistrent le traumatisme mais celui-ci devient inaccessible momentanément et parfois même définitivement. Il existe une statistique qui renforce ce contre-argument. Plus les sujets sont jeunes, et plus l’incidence de l’expérience de mort imminente est élevée : de 85% chez les enfants, on passe à 48% chez les quadragénaires et à 18% chez les plus de 60 ans. Et nous savons aussi que les capacités de rappel d’un souvenir diminuent avec l’âge… Il est donc possible que nous expérimentions tous ce genre de phénomène à l’approche d’une mort imminente.

Un autre point pose problème aux dualistes. Les matérialistes sont parvenus à expliquer plus ou moins les différentes sensations de l’EMI excepté l’une d’entre eux. Comment, alors que l’absence d’activité électrique corticale semble rendre impossible toute perception sensorielle, les “expérienceurs” (personne ayant vécu une expérience de mort imminente) peuvent-ils entendre et voir les personnes qui les entourent ? Certains d’entre eux prétendent même avoir des possibilités de conscience supérieures à celles qu’ils connaissent habituellement comme se déplacer dans l’espace hors de leur corps et avoir accès à des informations pourtant inaccessibles depuis leur point de vue corporel.

De nombreux chercheurs ont réussi à reproduire les expériences de sortie du corps en stimulant des zones particulières du cerveau comme le gyrus angulaire ou le lobe temporal droit. Mais aucun d’entre eux n’a réussi à reproduire la médiumnité parfois rapportée par les personnes. Des chercheurs dualistes ont conduit une étude visant à attester du pouvoir de voyance des expérienceurs au cours de l’EMI. Puisqu’ils prétendent pouvoir visualiser leur corps depuis une source extérieure alors qu’ils sont cliniquement déclarés morts, ils devraient pouvoir visualiser des objets particuliers disséminés dans la pièce et autour du corps. Les chercheurs ont donc placé photos, souvenirs et objets de valeur sentimentale sans qu’aucun des expérienceurs n’en mentionnent leur présence dans leur récit.

Imaginent-ils une autre scène basée sur les dernières mesures sensorielles qu’ils ont pu effectuer ? Comment expliquer dans ce cas que leur récit corresponde à celui des médecins ? Peut-il s’agir de simples coïncidences ?

Nous ne connaissons pas la vérité. La science n’a pas de vérité. “Il n’y a pas de vérité qui soit scientifique, il y a des vérités provisoires qui se succèdent, où la seule vérité c’est d’accepter cette règle et cette recherche” disait le philosophe Edgar Morin. Et aujourd’hui, la vérité provisoire appartient aux matérialistes.

Pourquoi les EMI sont-ils si religieux ?

Incontestablement, nous retrouvons dans les récits, les légendes et les croyances du monde, les thématiques de sorties de corps, d’ascension, de tunnel et de lumière éblouissante, de retrouvailles avec des présences humaines au moment de la mort. Et à nouveau, des similitudes apparaissent.

Est-ce que ce sont ces représentations collectives et symboliques qui influencent les expériences des personnes qui frôlent la mort ? Les mythes dans lesquels elles ont baigné depuis tout petit ont-ils façonné leurs interprétations de l’expérience ?

Ou bien serait-ce le contraire ? Des expériences ancestrales de personnes ayant frôlé la mort ont-ils pu construire un ensemble de croyances aux quatre coins du globe de manière indépendante. Leurs récits ont-ils alimenté ces légendes qu’on raconte encore aujourd’hui et qui se traduisent dans les textes sacrés et dans des milliers d’œuvres d’art ?

Les deux théories sont possibles et certainement pas incompatibles. D’autant que les EMI existaient déjà dans les temps reculés. Les Grecs anciens les appelaient “Deuteropotmos” tandis qu’on parlait de Las Dog” chez les tibétains pour désigner les personnes mortes qui seraient revenues du paradis pour raconter leurs histoires. Et comme à notre époque, les individus qui racontaient le même genre d’expérience, avec le même genre de sensations, avaient beaucoup de difficultés à être crues. Mais certains ont pu l’être et nourrir les récits les plus légendaires…

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Est-ce que la conscience vit après la mort ?



Oui, la survivance de la conscience après la mort est évidente et appuyée par les recherches scientifiques de ces 45 dernières années portant sur les “expériences périmortelles”. Il s'agit d'expériences survenant juste avant, pendant, et après la mort.

La vie après la mort étudiée par les chercheurs

Tout au long de l'histoire, la mort a été considérée en fonction d’une convention sociale selon laquelle il y avait une ligne entre la vie et la mort et qu'une fois qu'elle était franchie, il n'y avait pas de retour en arrière possible.

Au cours des 60 dernières années, cela a été remis en question parce que la découverte de la réanimation cardio-pulmonaire a ramené à la vie certaines personnes qui, d'un point de vue biologique, étaient entrées dans la mort.

Les scientifiques basent leurs analyses sur les témoignages de personnes ayant vécu différentes expériences liées à la mort.

Or, une étude scientifique sans précédent vient de démontrer que la conscience d'une personne ne s'éteint pas immédiatement lorsque le cœur s'arrête de battre et a prouvé que des expériences telles que voir sa vie défiler devant ses yeux ou avoir la sensation de quitter son propre corps sont différentes des hallucinations. Ils sont plus réels que nous ne l'aurions cru.

La vie après la mort – un mythe ou une réalité?

L'étude menée par la Grossman School of Medicine de l'Université de New York (NYU), présentée lors des récentes sessions scientifiques 2022 de l'American Heart Association à Chicago, a révélé qu'une personne sur cinq qui survit à une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) après un arrêt cardiaque peut décrire des expériences de mort lucide survenues alors qu'elle était apparemment inconsciente et sans battement de cœur.

Alors que les médecins ont toujours supposé qu’il y a peu ou pas d’activité cérébrale après environ 10 minutes d’arrêt cardiaque, cette étude viendrait prouver le contraire. Il y a des signes d’activité cérébrale normale et presque normale jusqu’à une heure après la réanimation.

Les chercheurs ont non seulement pu montrer les marqueurs de la conscience lucide, mais également pu montrer que ces expériences sont uniques et universelles. Elles sont différentes des rêves, des illusions et des délires.

L’enquête a été menée auprès de 53 patients ayant survécu à un arrêt cardiaque dans 25 hôpitaux, situés notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Près de 40% d’entre eux ont affirmé avoir des souvenirs de ce qui s’était passé pendant qu’ils étaient “morts”.

Il existe un arc narratif chez les personnes qui vivent une expérience de mort imminente. Leur conscience devient plus vive, plus vive et plus aiguisée, l’expérience la plus courante serait un état de conscience de 360 degrés de l’espace entourant la personne en arrêt cardiaque.

Dans la mort, ils ont la perception qu’ils sont séparés de leur corps et ils peuvent alors se déplacer. Mais ils sont dans cette salle d’hôpital et ils collectent des informations. Ils sentaient qu’ils étaient pleinement conscients.

L’étude a également permis de confirmer que certaines personnes voient leur vie défiler devant leurs yeux. D’une manière ou d’une autre, dans la mort, leur vie entière passe au premier plan. Il s’agit d’une réévaluation profonde, utile et significative de leur vie. Il s’agit d’un phénomène universel qui se produit partout dans le monde, bien que chaque expérience soit unique en soi.

Les scientifiques concluent que ce ne sont pas des hallucinations. Ce sont des expériences bien réelles qui se produisent dans la mort.

Enquête sur la continuité de la conscience après la mort

“Cette vie... et au-delà”. Étude publiée par Christophe Fauré en janvier 2023. Expériences de mort imminente (EMI), expériences de mort partagée, VSCD (Vécu subjectif de contact avec un défunt), états de conscience accrue au seuil de la mort… Certains phénomènes humains semblent contredire l’idée que la conscience n’est qu’une simple production de notre cerveau. Dans la communauté scientifique elle-même de nombreuses voix remettent en question ce postulat.

Pour aborder l’hypothèse de la continuité de la conscience après la mort, Christophe Fauré s’appuie sur tous les travaux scientifiques – de plus en plus nombreux – et combine sa vision de médecin en unité de soins palliatifs – où les récits de ces phénomènes sont pléthores – à sa connaissance des traditions spirituelles (bouddhistes, hindouistes) ayant un discours extrêmement précis sur la nature de la conscience qui fait écho à ce que nous enseigne la physique quantique.

Porté par un médecin, son étude pourra apporter du réconfort non seulement à ceux qui accompagnent un proche en fin de vie et aux endeuillés, mais aussi à nous tous tant cette interrogation est universelle.

Une autre vie nous attendrait 

Les personnes qui ont raconté leurs expériences n’ont pas été ramenées de la mort, mais ont été sauvés à un point très proche de la mort. Personne ne peut donc affirmer qu’elles indiquent ce qui nous attend tous à l’étape ultime de la mort. Mais elles peuvent nous donner une idée de ce qui nous attend avant ce moment fatidique, et tout indique qu’il y aurait une vie après la vie.

Une vie qui retracerait les souvenirs de la première tout en se nourrissant de nos facultés sensorielles, perceptives et imaginatives. Une vie intérieure faisant apparaître d’autres temporalités que notre confrontation au monde extérieur. Et cette vie ne serait pas forcément brève mais simplement affranchie du temps.

Le temps n’a pas d’existence en tant que tel. Ce sont les choses, et leur écoulement qui rendent sensibles le passé, le présent, l’avenir précise Aristote. L’horloge mentale qui est en nous, qui bat la régularité de l’écoulement du temps et qui en permet l’existence, semble se détraquer dans certaines situations très particulières. Beaucoup ont rapporté que le temps s’arrêtait lorsqu’ils croyaient mourir. Les quelques secondes qui séparent l’anticipation d’une collision avec un véhicule et la collision elle-même durerait une éternité. Des auteurs ont montré que cette impression de ralenti était due au fonctionnement de notre mémoire. Face à un événement potentiellement fatal ou très inattendu, la mémoire enregistrerait un maximum d’informations de manière à rappeler plus facilement des souvenirs ressemblant à la situation fatale et nous permettant d’y survivre. C’est cet enregistrement massif d’informations qui nous donnerait l’illusion que l’événement dure plus longtemps. Et puisqu’il n’existe rien de plus fatal, de plus inattendu que la mort elle-même, il est permis de croire que le temps se dilate encore davantage à son approche, nous livrant à une réverbération sans fin de nous-même où se déploient perceptions conscientes et inconscientes. Un voyage pluridimensionnel, entre mémoire et souvenirs. Entre nostalgie et attente. Entre la vie et la mort.


Il y aurait bien une conscience phénoménale qui résisterait à une explication purement physique


Voir aussi…

Neurosciences

L'optogénétique – la nouvelle révolution dans l'étude du cerveau

Neurotransmetteur glutamate et l'acide glutamique

“Shifting” – la science décrypte ce phénomène de voyage mental vers un monde imaginaire