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mercredi 29 novembre 2023

Le Glyphosate – Dangereux pour l'Homme et pour l'Environnement




Le glyphosate est un herbicide non sélectif et systémique à large spectre d'action sur les végétaux utilisée en zones agricoles, forestières et non agricoles. N'importe quelle plante peut l'absorber par ses tissus. L'actif chimique empêche la plante affectée de produire les protéines nécessaires à sa croissance, ce qui conduit finalement à sa mort.

Sa fonction est de détruire les plantes considérées comme des “mauvaises herbes” ou des adventices par les agriculteurs, c'est-à-dire celles qui “volent” l'espace, la lumière, l'eau et les nutriments lors de la plantation. Il est généralement appliqué dans la préparation d’une monoculture, pour éviter l’apparition des “mauvaises herbes” et laisser libre passage aux cultures contrôlées.

Depuis quelques années, l’agriculture industrielle utilise le glyphosate juste avant les récoltes, afin de tuer et de dessécher la plante pour rendre la cueillette plus rapide.

Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Il doit sa prédominance à sa simplicité d’utilisation, son efficacité sur tous les types d’adventices (couramment appelées “mauvaises herbes”) annuelles ou vivaces et son faible coût par rapport aux autres herbicides. La molécule entre également dans la composition d’un large panel d’autres désherbants.


Origine et utilisation du glyphosate

Dans les années 1970, Monsanto, l’une des plus grandes sociétés agrochimiques au monde, a lancé le Roundup, un herbicide dont le glyphosate est l’ingrédient actif.

Jusqu’en 2000, Monsanto détenait le brevet, et après cette date, davantage d’entreprises se sont jointes à la fabrication de l’herbicide, comme Dow Chemical-Dupont et Syngenta-ChemChina.

Monsanto est également responsable du développement de variétés génétiquement modifiées (GM) de maïs, de soja et de coton résistantes au glyphosate. Ainsi, l'herbicide peut être utilisé même lorsque la culture contrôlée est déjà en croissance, sans l'endommager.

Cela est dû à sa résistance, même si elle endommage la végétation indigène, provoquant la destruction de tout autre type de plante qui tente de germer dans ce sol, ce qui entraîne des dommages environnementaux.

En France, les pesticides contenant du glyphosate sont interdits pour les particuliers depuis 2019 mais restent permis en agriculture. Ils sont principalement utilisés pour éradiquer toutes les plantes des champs avant d’y semer de nouvelles cultures (blé, maïs, colza, etc.) ou pour gérer les mauvaises herbes entre les rangs de vignes ou dans les vergers. Très peu chère et très efficace, la molécule est devenue après des dizaines d’années d’usage un incontournable de certains modes de culture à travers le monde.

Ailleurs, notamment en Amérique du Nord comme du Sud, les groupes agrochimiques ont l’autorisation de vendre des semences génétiquement modifiées résistantes aux herbicides à base de glyphosate, dites “Roundup Ready”.


Conséquences environnementales du glyphosate

Son utilisation a un coût élevé pour l’écosystème dans lequel il est utilisé. Pendant des années, l’idée a été défendue selon laquelle le glyphosate ne générait de résistance dans aucune plante. Cependant, de plus en plus d'études prouvent que plusieurs espèces (par exemple des genres Xanthium et Lolium) présentent déjà une résistance à cet élément, ce qui se traduit par des adventices “tolérantes”, puisque le glyphosate n'agit plus efficacement sur ces espèces et leur prolifération augmente.

L’abondance de mauvaises herbes résistantes a plusieurs effets négatifs, tant sur les cultures que sur l’environnement :

* Les coûts de production augmentent dans le contrôle des mauvaises herbes en augmentant la demande d'herbicides et de pratiques de contrôle.

* Une plus grande dépendance aux produits agro-chimiques.

* Dommages à la faune.

La conséquence immédiate de ce phénomène est que les agriculteurs décident d’augmenter les doses de glyphosate pour générer l’effet souhaité. De fortes concentrations de glyphosate exposent la flore et la faune des écosystèmes. Un exemple en est la destruction de la flore sauvage, qui sert d’abri et de nourriture à de nombreuses espèces d’insectes utiles.

Cela réduit leur population et leur capacité à lutter naturellement contre les ravageurs. Cela finit également par détruire les plantes qui nourrissent les abeilles, ce qui affecte leur cycle de vie et donc celui des humains.

Une autre utilisation du glyphosate a été la pulvérisation aérienne de ce produit chimique pour lutter contre les cultures de coca, de pavot et de marijuana, en particulier dans les pays d'Amérique latine comme la Colombie et le Brésil, ce qui a fini par affecter la biodiversité des zones de jungle, en ayant un impact au-delà des espèces et des cultures qui sont ciblés.

Cet herbicide s'est également révélé légèrement à modérément toxique pour les oiseaux sauvages (comme les cailles et les canards), certains amphibiens, les poissons et les invertébrés aquatiques.

Outre l’impact négatif sur la flore et la faune, le glyphosate a atteint l’eau utilisée pour la consommation humaine.


Le glyphosate et ses effets nocifs sur la santé humaine


Les études sur les risques de la molécule pour la santé s’accumulent. Elles interrogent des liens entre la substance herbicide et des maladies telles que le cancer, Parkinson, Alzheimer, ou encore l’impact possible sur les grossesses ou certaines malformations du fœtus.

La grande majorité des études sur l’effet cancérogène sont issues de l’industrie elle-même. Les études indépendantes sont peu nombreuses parce qu’elles coûtent cher.

L’une des grandes victoires en matière de réglementation et de réduction de l’utilisation du glyphosate s’est produite en mars 2015, lorsque le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé a conclu que le glyphosate était une substance probablement cancérigène.

Ceci, malgré le fait que certaines agences, comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ont déclaré qu'il ne présentait pas de risque et que d'autres ont minimisé les dangers, à condition qu'il soit utilisé “de manière appropriée”, comme l'Agence de protection environnementale des États-Unis (US EPA).

Le CIRC a justement publié une méta-analyse sur le glyphosate. Pour la réaliser, 17 experts internationaux ont épluché plus de 1.000 études scientifiques. Ils ont décortiqué les résultats mais aussi les méthodologies. Leur conclusion ? Le glyphosate est “probablement cancérogène chez l’humain” et “cancérigène” chez les animaux.

Ce résultat a récemment été renforcé par une autre méta-analyse, réalisée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Cette expertise collective a été rendue publique le 30 juin 2021. Pour l’écrire, les 10 chercheurs et chercheuses ont examiné plus de 5.300 études scientifiques. Leur rapport indique que de nombreuses études mettent en évidence des dommages génotoxiques (cassures de l’ADN ou modifications de sa structure) liés au glyphosate. Ces dommages, s’ils ne sont pas réparés sans erreur par les cellules, peuvent conduire à l’apparition de mutations et déclencher ainsi un processus de cancérogenèse. L’Inserm relève également des effets potentiellement délétères du glyphosate sur certaines hormones et sur le microbiote intestinal. Il n’écarte pas non plus le risque perturbateur endocrinien.

En termes d'effets immédiats, l'utilisation du glyphosate provoque une irritation de la peau et des yeux, ainsi que des vertiges, des nausées, des problèmes respiratoires et une augmentation de la pression artérielle.

Ainsi, la substance est omniprésente : on en retrouve même dans les urines de personnes n'ayant jamais eu aucun contact direct avec elle.

En raison d'études de plus en plus nombreuses sur les effets nocifs du glyphosate sur la santé humaine, le débat sur les législations et réglementations nationales s'est intensifié. Ainsi, en 2019, l'Autriche a adopté une loi interdisant le glyphosate, le seul pays où la restriction de l'herbicide a été pleinement envisagée.

En 2020 on retrouve une présence élevée dans les cours d’eau dans 43% des échantillons et parfois sa présence est identifiée dans l’air. On retrouve également du glyphosate dans 20% des échantillons de sols analysés à travers l’Europe.

Plusieurs villes aux États-Unis, en Argentine, au Canada, en Écosse, en Espagne et en Nouvelle-Zélande ont également interdit l'utilisation de cet herbicide.

Le Malawi, le Sri Lanka, le Viêt Nam, Oman, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, les Bermudes, la Colombie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, la France, la Belgique, l'Italie, la République tchèque, le Danemark, le Portugal et les Pays-Bas appliquent des restrictions partielles à l'utilisation du glyphosate.

Du glyphosate dans la culture du café
L'Amérique latine est l'une des régions où le glyphosate a été utilisé en grandes quantités. En 2018, l'Argentine était en tête du classement mondial pour l'utilisation en plein champ. Au Mexique, le glyphosate est largement utilisé depuis 1981, date à laquelle l'agro-industrie a décollé dans le pays. La région où cet herbicide est le plus appliqué est le sud-est du Mexique, en raison de son climat tropical qui favorise la croissance accélérée de diverses espèces.

Au Pérou, l'Association des exportateurs (Adex) demande le retrait des pesticides déjà interdits dans les pays développés, afin de garantir la sécurité de l'approvisionnement national en ces deux produits et d'assurer leur accès à tous les marchés. Le chlorpyrifos continue d'être utilisé sur les cultures de cacao, ce qui ouvre la voie à son rejet par les importateurs. Il existe des témoignages de familles et d'espèces affectées en Amazonie en raison de l'exposition au glyphosate.

Un projet de loi a été présenté en avril 2023 pour interdire la fabrication, la commercialisation et l'utilisation des pesticides qui présentent un risque élevé pour la santé et l'environnement. Le projet de loi propose également que les locaux vendant des pesticides soient progressivement déplacés hors des zones urbaines. La liste comprend dix produits agrochimiques : le méthomyl, l'oxamyl, le chlorpyrifos, le glyphosate, le mancozèbe, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, la clothianidine, le fipronil et la cyperméthrine.

L’Union européenne veut autoriser l’utilisation du glyphosate pour dix ans, alors que de nombreuses études scientifiques pointent les dangers de ce pesticide pour la santé humaine. Bruxelles a proposé aux Etats membres de prolonger de 10 ans l’autorisation dglyphosate. Pourtant, l’herbicide, interdit en France pour les particuliers et restreint pour les agriculteurs, pourrait être dangereux pour l’Homme, selon plusieurs études.

Un danger pour la reproduction

S’ajoute à cela des risques sur les fonctions reproductives. l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), s’est concentrée sur les poulets pour son étude. Les coqs ont vu la mobilité de leurs spermatozoïdes réduite et les poules ont vu que leurs œufs étaient bien plus fragiles et que les embryons vivants avaient un retard de développement.

Du glyphosate dans nos aliments

Des données obtenues et analysées par Radio-Canada montrent que plus du tiers des échantillons testés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments entre 2015 et 2018 contenaient des résidus de glyphosate.

Entre 2015 et 2018, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a testé pas moins de 12.767 produits alimentaires de toutes sortes. Elle a obtenu et analysé ces résultats : 37% des échantillons contenaient des résidus de glyphosate, mais seulement 0,5% d’entre eux en contiennent au-delà des limites permises.

Le glyphosate se retrouve même parmi les produits biologiques. En effet, 24 % des échantillons biologiques testés contenaient des résidus de glyphosate. La contamination croisée serait une explication possible. Celle-ci serait causée par la proximité des champs conventionnels et biologiques ainsi que par l’eau des rivières et l’eau souterraine qui amènerait le glyphosate dans les champs biologiques.

Les 20 aliments contenant le plus de glyphosate

Son de blé, Pizzas, Farine de blé, Flocons d'avoine, Craquelins, Pâtes fraîches, Pâtes en conserve, Produits à base d'insectes, Biscuits, Pâtes sèches, Farine de seigle, Son d'avoine, Avoine, Mélanges à pâtisserie, Couscous, Farine de pois-chiche, Produits de blé, Nectars de fruits, Lentilles, Farine de haricot.


Les tactiques du lobby de l’agrochimie

Le lobby de l’agrochimie tente de brouiller les pistes sur la dangerosité du glyphosate. Emblème de ce lobbying, les révélations des Monsanto Papers en 2017 dans la presse. Ils dévoilent de vastes manœuvres pour dissimuler les effets sur la santé du glyphosate et influencer les agences étatiques chargées de la santé. L’objectif est d’empêcher une interdiction de la substance-phare du géant de l’agrochimie. Ils montrent aussi que Monsanto s’inquiétait déjà de la sureté de son produit en 1983 mais aurait étouffé l’information.

Des scientifiques sont payés pour écrire que le produit était sans danger mais aussi la création de la “Society of Toxicology” qui servirait de façade à des chercheurs européens pour soutenir la non-dangerosité du glyphosate, tout cela financé par Monsanto.

Dans une analyse publié en 2019 dans la revue Environmental Sciences Europe, des chercheurs ont montré que lors du renouvellement de l’autorisation du glyphosate aux Etats-Unis, seuls 2% des études réalisées par des industriels révélaient un effet géno-toxique, contre 68% des études scientifiques publiées dans des revues à comité de relecture et avec une indépendance scientifique bien plus forte.

En Europe, une évaluation scientifique autrichienne en juillet 2021 a démontré que 68% des études à la base du renouvellement de l’autorisation du glyphosate en 2017 n’étaient pas scientifiquement fiables selon les deux toxicologues de renommée internationale signant cette étude.

Malgré ces chiffres, les agences officielles d’évaluation s’appuient encore fortement sur les études fournies par les firmes elles-mêmes, souvent opaques et biaisées.

***

Le glyphosate est une substance active herbicide à large spectre d'action sur les végétaux utilisée en zones agricoles, forestières et non agricoles. Le renouvellement de son approbation est en cours de réexamen par l’Union européenne. L'Anses mène différents travaux sur le sujet.


Des travaux de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (l’Anses)

Renouvellement de l’approbation de la substance active glyphosate 2019-2023 au niveau européen

Le 10 mai 2019, par la voie d’un règlement de l’Union européenne, quatre États membres (France, Hongrie, Pays-Bas et Suède) ont été désignés rapporteurs dans le cadre d’un groupe d'évaluation AGG (Assessment Group on Glysophate). L’AGG a procédé à l'évaluation scientifique du dossier soumis pour le renouvellement de l'approbation du glyphosate. Son projet de rapport d'évaluation de renouvellement dRAR, (draft renewal assessment report) sur le renouvellement du glyphosate a été soumis à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) le 15 juin 2021.

Des scientifiques de l’Anses ont contribué à ce projet de rapport. Simultanément, l'AGG a envoyé le rapport sur la classification et l'étiquetage harmonisés du glyphosate à l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Comme pour toutes les évaluations de substances actives, une phase de consultation publique et une revue du projet de rapport par les pairs, à savoir les membres compétents pour l’évaluation scientifique dans chacun des États membres de l’Union, a été organisée par l’EFSA et l’ECHA de septembre à novembre 2021.

Délivrance des autorisations de mise sur le marché

L’approbation de la substance active glyphosate a été renouvelée dans l’Union européenne en 2017 pour cinq ans puis prolongée jusqu'au 15 décembre 2023. Les produits qui en contiennent peuvent être commercialisés, à condition d’obtenir une autorisation de mise sur le marché. Comme pour les autres produits phyto-pharmaceutiques. L’Anses évalue et délivre les autorisations de mise sur le marché en France dans le cadre de la législation, qui permet la prise en charge d’un dossier par l’autorité d’un Etat membre pour le compte des autres Etats membres de la zone (la France est dans la zone dite sud).

Évaluation comparative des alternatives non chimiques

L’Anses a mené une évaluation comparative des alternatives non chimiques au glyphosate. Elle a ainsi déterminé les situations pour lesquelles le glyphosate peut être substitué par une solution non chimique (principalement le désherbage mécanique), à condition que celle-ci soit couramment utilisée et qui ne pose pas de problème de mise en œuvre, comme le prévoit la législation. L’utilisation du glyphosate est désormais interdite dans ces situations, et restreinte dans les autres cas.


Publication de données issues du dispositif de phytopharmaco-vigilance

Afin de surveiller les éventuels effets indésirables des produits phytopharmaceutiques, l’Agence collecte un ensemble de données relatives à la présence de résidus de substances dans les milieux, les expositions et les impacts sur la santé humaine et les écosystèmes. Elle a publié en octobre 2019 une synthèse des données de surveillance relatives à la présence du glyphosate et de son principal métabolite, l’acide aminométhylphosphonique (ou AMPA), dans les eaux, l’alimentation et les niveaux d’imprégnation chez l’Homme.

Des recherches pour connaître l’impact du glyphosate sur les truites

À partir d'expérimentations menées sur plusieurs générations de poissons, une équipe de l'Anses a exploré les effets du glyphosate et d’herbicides à base de glyphosate sur la santé de la truite arc-en-ciel. Ces recherches ont montré que le glyphosate, pur ou intégré dans des herbicides, avait des effets immunitaires pouvant se répercuter sur plusieurs générations de cette espèce. L’Agence a soumis des publications scientifiques relatives à ces travaux lors de la phase de consultation publique sur le dossier d’évaluation en vue d’une éventuelle ré-approbation de la substance active glyphosate en 2021.

Autres travaux de l'Anses sur le glyphosate

Suite aux avis divergents sur les dangers du glyphosate pour la santé humaine, l’Anses avait été saisie en 2016 pour évaluer le potentiel cancérigène de la substance. Elle a conclu que le niveau de preuve de cancérogénicité chez l’animal et l’homme est relativement limité et ne permet pas de proposer un classement du glyphosate en tant que cancérogène avéré ou présumé pour l'être humain.


L'Union européenne va renouveler l'autorisation du glyphosate pour 10 ans

L'autorisation dans l'UE du glyphosate prend fin le 15 décembre 2023. La Commission, en collaboration avec les États membres de l'UE, va maintenant procéder au renouvellement de l'approbation du glyphosate pour une période de dix ans, sous réserve de certaines nouvelles conditions et restrictions. À l'appui de sa décision, l'exécutif européen met en avant le rapport d'un régulateur européen estimant que le niveau de risque ne justifiait pas d'interdire le glyphosate.

Elle prévoit quelques garde-fous et interdit l'usage de cette substance pour la dessiccation (épandage pour sécher une culture avant récolte).

Le 16 novembre, l'exécutif européen a annoncé que l'herbicide controversé serait autorisé pendant dix années supplémentaires dans l'Union. Comme lors d'un premier vote le 13 octobre, la majorité qualifiée requise pour valider ou rejeter la proposition de la Commission – soit 15 Etats sur 27, représentant au moins 65% de la population européenne – n'a pas été atteinte.

L'exécutif européen a expliqué avoir décidé de maintenir sa proposition initiale, sans y apporter de modifications, en raison de la date butoir du 15 décembre. La Commission a considéré que ce n'était plus possible d'arriver à un accord d'ici le délai qui lui est imparti pour prendre une décision.

Les ONG Foodwatch et Générations futures ont jugé que le renouvellement de l'autorisation allait à nouveau à l'encontre du principe de précaution alors que les preuves de la dangerosité du glyphosate pour l'homme et pour l’environnement continuent de s'accumuler.

Même si la substance active est approuvée au niveau de l'UE, chaque Etat reste chargé d'autoriser les produits contenant du glyphosate. Et pourrait donc adopter des restrictions selon les spécificités locales et effets potentiels sur l'environnement, dans le cadre des critères fixés par Bruxelles.


Comment remplacer le glyphosate ?

Alternatives au désherbage chimique
Les techniques de limitation de la pousse des mauvaises herbes ne manquent pas (faux semis, désherbage mécanique, paillage, enherbement…).

L’institut agronomique français (INRAE) a été chargé pour évaluer les alternatives au glyphosate ces derniers années. Son rapport remis en 2017 est clair : s’il existe encore des situations complexes, une grande partie des usages peut être dès aujourd’hui interdite. Certains le sont même déjà. Dernièrement l’INRAE a dévoilé avoir réussi à se passer de glyphosate en 3 ans dans toutes ses cultures agricoles, ouvrant la voie et montrant que les solutions existent en sortant de sa zone de confort.

Alternative écologique au Pérou

Grâce au projet "Emprende productor" promu par l'association Unacem et la coopération technique allemande, José Ramos, un agriculteur péruvien, est devenu le promoteur d'une alternative saine aux pesticides, en utilisant des répulsifs à base de fruits tels que le rocoto (piment épicé) et le kion (gingembre).

Une formule de répulsif naturel appliquée avec succès est celle obtenue en traitant un kilo de rocotos, divisés en quatre morceaux chacun, en les faisant tremper dans 20 litres d'eau et en les laissant macérer pendant 10 jours. Le liquide est ensuite pulvérisé sur les haricots, les pois, les épinards, les carottes et d'autres légumes.

L'eau de Kion. C'est un répulsif contre les mouches mineuses. On broie un kilo de kion, on le laisse reposer dans vingt litres d'eau et on le laisse macérer pendant une dizaine de jours. Il est ensuite filtré et un quart de litre est ajouté au sac de pulvérisation de 20 litres pour être pulvérisé sur la culture.

Le résultat est une alternative innovante et saine aux pesticides nocifs dans les champs qui tuent les pathogènes mais contaminent aussi les aliments. Un effort pour parvenir à une agriculture de plus en plus exempte de produits agro-chimiques synthétiques et de mauvaises pratiques agricoles qui endommagent le sol et génèrent des fruits qui peuvent affecter la santé humaine.

Il est nécessaire pour les modèles agricoles qui se sont construits autour du glyphosate de remettre à plat l’intégralité de leur système. Un changement complexe qui demande un accompagnement des agricultrices et agriculteurs, technique et financier, de la part de l’Etat. La “désintoxication” de l’agriculture à cette molécule demandera une modification profonde des pratiques agricoles, qui, selon l’INRAE sont en adéquation avec une réduction globale de l’usage de l’ensemble des pesticides. La tâche ne sera pas facile. Elle est pourtant vitale pour la santé des agriculteurs, des riverains, des consommateurs et la préservation de notre planète.



Au delà des pesticides, cuisiner maison et éviter les aliments ultra-transformés
 est le bon choix à faire pour votre santé


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lundi 1 mai 2023

Existe-t-il un Lien entre Pollution et Démence ? Et l'Alzheimer ?




La pollution de l’air est responsable d’environ 7 millions de morts en moyenne par an, d’après une étude de l’OMS. Les gaz d’échappement liés au trafic routier sont le premier responsable des émissions de particules fines et ultra-fines.

L’impact de la pollution de l’air sur la santé est plus important chez les enfants, dont le système nerveux est encore en développement, et donc plus sensible et vulnérable à l’air vicié que celui des adultes.

Notre cerveau est davantage exposé à la pollution

On connait le lien entre la pollution et les maladies respiratoires et cardiovasculaires mais ce que l'on sait moins, c'est qu'elle altère aussi le cerveau. Le cerveau est un organe clé, il faut prendre soin de lui tout au long de notre vie et pas seulement quand on commence à perdre la mémoire. D'autant que l'espérance de vie s'accroit et qu'il est donc exposé plus longtemps à de nombreux polluants.

Les riverains de zones d'intense trafic routier ont 40% de risques supplémentaires de déclarer une démence de type Alzheimer. Selon toute hypothèse, la pollution pourrait provoquer une réaction inflammatoire. Des chercheurs ont, en effet trouvé, des traces d'inflammation sur l'hippocampe de souris soumises à un air pollué qui présentaient, par ailleurs, des troubles de la mémoire et des signes d’anxiété et de dépression. Les particules fines pourraient aussi accélérer le vieillissement du cerveau en réduisant sa substance blanche.


D'autres polluants s'attaquent à notre matière grise. C'est le cas des substances chimiques dont certaines peuvent être très toxiques pour le cerveau. En 2009, l'Inserm a reconnu que l'exposition aux pesticides double le risque de maladie de Parkinson chez les agriculteurs. La maladie figure désormais sur la liste des maladies professionnelles. Mais si, aujourd'hui, tout le monde est en contact avec des polluants, à commencer par l'air intérieur des maisons, les plus vulnérables sont les enfants à cause de leur cerveau en développement. Notre cerveau n'a qu'une seule chance de se développer. Les dégâts subis par le cerveau d'un fœtus ou d'un enfant seront probablement irréversibles.



Particules fines: les PM2,5


Les PM2.5, également connues sous le nom de suie, sont constituées de particules en suspension de taille microscopique provenant de produits chimiques, de tuyaux d'échappement de véhicules, de poussière et d'autres agents polluants.

Les effets nocifs des polluants atmosphériques sur la santé, même à de faibles niveaux d’exposition sont bien documentés. De récentes recherches ont notamment suggéré qu’en plus d’accroître le risque de développer des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, la pollution de l’air pourrait accélérer le déclin cognitif, un des symptômes annonciateurs d’une pathologie neuro-dégénérative comme la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.

Un travail de l'Inserm a noté que les enfants qui présentaient les plus forts taux de pyréthrinoïdes – produit anti-poux et anti-moustiques – avaient plus de difficultés dans la compréhension verbale et la mémoire de travail que ceux qui en avaient moins. D'autres travaux montrent que des substances, désormais interdites mais très persistances dans l'environnement comme les PCB (utilisés dans les équipements électriques) et que l'on retrouve dans la chaîne alimentaire – à travers les poissons notamment – peuvent entraîner une baisse de la mémoire dès l'âge de 4 ans et des difficultés de concentration à l'âge de 11 ans lorsqu'ils sont décelés en quantité importante dans le cordon ombilical et, en proportion moindre, dans le lait maternel. En outre, ces expositions prénatales à de nombreux perturbateurs endocriniens pourraient être en cause dans les maladies neuro-comportementales : troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDHA) et du spectre autistique.

Depuis quelques années, la pollution de l’air est ainsi reconnue comme un facteur de risque “modifiable” de la démence, c’est-à-dire sur lequel il est possible d’agir via des changements à la réglementation qui encadre les niveaux de pollution tolérés.

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Le risque de démence augmente avec l'exposition aux particules fines



Selon des chercheurs de la University Of Western Ontario au Canada dans une étude, publiée dans la revue Neurology en octobre 2022, les personnes les plus exposées aux particules fines de la pollution de l'air seraient plus à risque de développer une démence que celles les moins touchées.

Respirer un air vicié par les polluants n’altère pas seulement les capacités respiratoires ou le bon fonctionnement cardiovasculaire. Cela serait aussi directement néfaste pour la santé de notre cerveau en favorisant les risques de déclin cognitif (démence, maladie d'Alzheimer...).

Les chercheurs se sont appuyés sur une méta-analyse compilant les 17 études disponibles sur le lien entre démence et pollution de l’air. Au total, 91 millions de personnes, toutes âgées d’au moins 40 ans, ont été passées à la loupe, et 5,5 millions d’entre elles, soit 6%, ont développé une démence au cours des années de suivi. Après avoir ajusté les données des participants en fonction de facteurs externes (âge, tabagisme, éducation...), les scientifiques ont alors comparé les niveaux d’exposition de chacun aux particules fines : les PM2.5, particules de moins de 2,5 microns de diamètre en suspension dans l’air, capables de pénétrer profondément dans les poumons et la circulation sanguine.

Résultat. Les personnes qui ne développaient pas de démence étaient aussi celles qui étaient le moins exposées aux polluants atmosphériques, par exemple en vivant loin des zones de trafic routier, premier responsable des émissions de particules fines. Dans le détail, l’étude révèle que le risque de démence augmentait de 3% pour chaque augmentation d’un microgramme par mètre cube d’exposition aux PM2.5, sachant que les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixent un seuil annuel sans danger à 5 µg/m3 (contre 12 µg/m3 chez les autorités américaines).

90% de la population est surexposée à la pollution de l'air. Selon les scientifiques bien que la méta-analyse ne prouve pas que la pollution de l'air cause la démence, elle montre une association. Comprenant le risque de démence lié à l'exposition à la pollution de l'air, les gens peuvent prendre des mesures pour réduire leur exposition, comme utiliser de l'énergie durable, choisir de vivre dans des zones moins polluées et plaider pour une réduction de la pollution routière dans les zones résidentielles.

Alors qu’un récent rapport de l’OMS a montré que plus de 90% de la population mondiale vit dans des zones où les niveaux de pollution de l'air sont supérieurs aux recommandations, les chercheurs concluent en plaidant pour une action au niveau politique. Leurs résultats fournissent davantage de preuves pour l'application des réglementations sur la qualité de l'air et l'accélération de la transition des combustibles fossiles aux énergies durables.

Privilégier les moyens de transport moins polluants. En attendant une réglementation plus stricte des niveaux de pollution tolérés, les auteurs encouragent chacun d’entre nous à prendre des mesures pour limiter cette exposition, notamment en choisissant des modes de transports moins polluants, lorsque c’est possible.


La pollution est susceptible d'augmenter le risque de démence, selon des experts du gouvernement britannique

Des chercheurs de l’Imperial College of London, participent à un rapport, publié par UK Health Security Agency (UKHSA) en juillet 2022, soulignant comment la pollution de l'air contribue à la démence et au déclin des capacités mentales.

Le déclin cognitif chez les personnes âgées serait susceptible d'être accéléré par l'exposition aux polluants atmosphériques comme les particules fines, selon une synthèse de 70 études présentée sous forme de rapport publié par l'agence gouvernementale britannique. Ses auteurs insistent sur le fait que les preuves s’accumulent dans ce domaine, alors que les cas de démence progressent dans le monde.

Les effets nocifs des polluants atmosphériques sur la santé, même à de faibles niveaux d’exposition sont de plus en plus documentés. Des recherches ont notamment suggéré qu’en plus d’accroître le risque de développer des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, la pollution de l’air pourrait accélérer le déclin cognitif, un des symptômes annonciateurs d’une pathologie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.

Le rapport étude commandé par le ministère de la Santé du gouvernement britannique tend ainsi à confirmer que la pollution de l’air devrait être reconnue comme un facteur de risque “modifiable” de la démence, c’est-à-dire sur lequel il est possible d’agir via des changements dans la réglementation qui encadre les niveaux de pollution tolérés. Le rapport en question a été rédigé par le Comité sur les effets médicaux des polluants atmosphériques (COMEAP). Son objectif était d’analyser les dernières preuves disponibles sur les impacts négatifs dans le cerveau liés à la pollution de l'air.

Pour ce faire, le COMEAP a passé en revue près de 70 études sur des populations humaines (études épidémiologiques) ayant examiné les liens possibles entre la pollution de l'air et le déclin des capacités mentales et la démence chez les personnes âgées. L’organisme a également pris en compte des travaux portant sur la manière dont la pollution de l'air pourrait affecter le cerveau.

Le rapport de 291 pages conclut que la pollution de l'air est susceptible d'augmenter le risque de “déclin cognitif accéléré” et de “développement de la démence” chez les personnes âgées. Les experts estiment que le mécanisme en cause n’est autre que l'impact des polluants capables de pénétrer dans le système circulatoire, notamment le flux sanguin vers le cerveau.

Résultats. Les preuves épidémiologiques examinées rapportent de manière assez cohérente des associations entre l'exposition chronique à la pollution de l'air et une cognition globale réduite et une altération des capacités visuo-spatiales ainsi qu'un déclin cognitif et un risque accru de démence. Les résultats sont hétérogènes en ce qui concerne d'autres domaines cognitifs tels que les fonctions exécutives, l'attention, la mémoire, le langage et les troubles cognitifs légers.

Les études de neuro-imagerie prises en compte pour cette recherche ont par ailleurs mis en avant une association entre l'exposition à la pollution de l'air et l'atrophie de la substance blanche du cerveau. Les auteurs du rapport ne sont pas parvenus à identifier précisément le polluant le plus associé à ces effets, même si de nombreuses recherches menées dans ce domaine ont déjà évoqué le rôle des particules fines, notamment celles d’un diamètre inférieur à 2,5 microns – PM2.5 μm, provenant notamment des gaz d'échappement des véhicules –, capables d'atteindre de nombreux organes parmi lesquels le système nerveux.

En guise de conclusion, le COMEAP s’est prononcé pour le lancement de nouvelles recherches afin d’obtenir des preuves plus précises dans ce domaine, en mesurant de manière encore plus claire les effets de la pollution de l'air sur la démence.

Les chercheurs ayant participé à cette enquête ont tenu à insister sur le fait que ce nouveau rapport met en évidence à quel point les preuves de cette association de risque se sont multipliées au cours des dernières décennies. La démence est l'un des plus grands, sinon le plus grand, défi mondial pour la santé et les services sociaux au 21e siècle. Les chercheurs soulignent que s'il n'est actuellement pas possible de mesurer directement l'impact de la pollution de l'air sur le déclin cognitif ou la démence, il peut être possible de développer une méthode indirecte pour quantifier les effets sur le cerveau. Ces résultats éclaireront les lignes directrices internationales sur la qualité de l'air et la politique sur les objectifs en matière de particules.


Être exposé à la pollution atmosphérique augmenterait le risque d’avoir de moins bonnes performances cognitives

Des chercheurs de l’Inserm, de l’université de Rennes 1 et de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) à l’Irset dans une étude, publiée en mars 2022 dans The Lancet Planetary Health, ont identifié un lien entre une exposition à de plus fortes concentrations de polluants et un niveau plus faible des performances cognitives.

40% des cas de démences pourraient être évités ou retardés en agissant sur des facteurs modifiables, facteurs au sein desquels figure la pollution de l’air. Pour aller plus loin et obtenir des données précises sur ce facteur de risque, les chercheurs ont voulu identifier l’impact sur les performances cognitives de trois polluants liés au trafic routier – particules fines de diamètre inférieur à 2,5 microns, dioxyde d’azote et carbone suie –. Ils ont ainsi comparé les résultats de tests cognitifs d’un large échantillon de personnes selon leur niveau d’exposition à ces différents polluants. Les résultats de l’étude suggèrent un lien entre une exposition à de plus fortes concentrations de polluants et un niveau plus faible des performances cognitives, lien qui diffère selon les polluants.

L’équipe de recherche s’est appuyée sur les données de plus de 61.000 participants de la Cohorte épidémiologique Constances âgés de 45 ans et plus. Tous ont participé à une série de tests mesurant leurs performances cognitives dans trois grands domaines de la cognition : la mémoire, la fluidité d’expression orale (ou fluence verbale) et la capacité à prendre des décisions (ou fonctions exécutives). Les chercheurs ont établi un score des performances cognitives pour chacun des tests, en tenant compte du sexe, de l’âge et du niveau d’étude de chaque participant.

Pour mesurer l’exposition de chaque participant à la pollution, l’équipe de recherche a utilisé des cartes dites “d’exposition” qui estiment la concentration de polluants à l’adresse du domicile. Ces cartes prennent en compte plusieurs variables comme la densité du trafic routier ou encore la proximité du domicile aux routes. Trois polluants liés au trafic routier ont été considérés dans le cadre de l’étude : les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 microns (PM2,5), le dioxyde d’azote (NO2) et le carbone suie.

En croisant les résultats des tests cognitifs avec le niveau d’exposition aux trois polluants atmosphériques, l’étude indique que l’exposition à de plus grandes concentrations de ces polluants serait associée significativement à un plus bas niveau de performances dans les trois domaines cognitifs étudiés.

Les capacités les plus impactées sont la fluence verbale et les fonctions exécutives. Le dioxyde d’azote et les particules PM2,5 impactent d’avantage la fluence verbale, tandis que le carbone suie a un plus grand impact sur les fonctions exécutives.

La prochaine étape de leurs recherches consiste à observer l’évolution dans le temps des fonctions cognitives de ces adultes, afin de voir si l’exposition à la pollution est aussi associée à une baisse du fonctionnement cognitif avec le temps, baisse qui peut refléter les premiers signes de démences, tant de la maladie d’Alzheimer que d’autres formes de démences du sujet âgé.


La qualité de l'air peut avoir un impact sur le développement de maladies neuro-dégénératives




Selon une étude épidémiologique menée par des experts de l'Université de Londres, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) en mars 2021, il est confirmé que la qualité de l'air pourrait également être liée au développement de troubles de la mémoire et avoir un impact sur le développement de maladies neuro-dégénératives.

Lien et exposition

La recherche a trouvé le lien suivant : les adultes plus âgés vivant dans les zones de Londres avec la concentration annuelle la plus élevée de pollution atmosphérique avaient un risque ultérieur plus élevé de démence par rapport à la population adulte dont les maisons se trouvaient dans des zones où la qualité de l'air était meilleure.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé les dossiers de santé contenus dans une base de données CPRD (Clinical Practice Research Datalink), qui depuis 1987 enregistre les données des centres médicaux dans différents quartiers des villes du Royaume-Uni. Plus précisément, les chercheurs se sont concentrés sur un échantillon de moins de 131.000 patients âgés de 50 à 79 ans au moment de la réalisation de cette étude, qui n'avaient jamais reçu de diagnostic de démence et étaient inscrits dans des cliniques généralistes situées dans l'anneau de la M25 à Londres.

Quels paramètres ont été pris en compte ?

Sur la base des codes postaux résidentiels des patients de l'échantillon, les chercheurs ont calculé les expositions annuelles pour les paramètres de qualité de l'air suivants :

* Dioxyde d'azote (NO2)
* Particules fines PM2.5
* Oxone (O3)

Cependant, d'autres paramètres ont également été pris en compte, comme la proximité du trafic routier et les niveaux sonores de celui-ci, en utilisant des méthodes de modélisation validées et certifiées avec des mesures enregistrées.

Données de recherche

Au cours de la période de suivi, qui a duré 8 ans, 1,7% des personnes de l'échantillon (2.181) ont été diagnostiquées avec un type de maladie neuro-dégénérative : 39% avec la maladie d'Alzheimer et 29% avec une démence résultant d'accidents cardiovasculaires et cérébro-vasculaires.

Les chercheurs ont associé les diagnostics aux niveaux environnementaux de NO2 et de PM2.5 estimés au domicile des patients au début de l'enquête.

Les patients qui vivaient dans des quartiers soumis à des niveaux élevés de NO2 (41,5 µg/m3) ont enregistré un risque élevé de 40% de diagnostic de démence, par rapport à ceux qui vivaient dans d'autres zones avec des niveaux inférieurs de polluant. Un lien similaire a également été trouvé avec les niveaux de PM2.5. Pas avec l'O3 cependant.

Les chercheurs ont insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une étude observationnelle et que les résultats ne s'appliquaient qu'à Londres. Cependant, cette recherche invite à réfléchir sur les gains de santé publique si la qualité de l'air était meilleure.


La pollution de l'air pourrait augmenter le risque de maladie d'Alzheimer et d'autres démences




Des scientifiques de l'Université de Californie du Sud dans une étude, publiée dans la revue Neurology en février 2021, montrent que les femmes âgées qui vivent dans des endroits où les niveaux de PM2.5 sont élevés souffrent de pertes de mémoire et de réductions du volume cérébral similaires à celles causées par la maladie d'Alzheimer en une plus grande proportion que les femmes âgées qui vivent dans des endroits où l'air est le plus pur.

Ils ont cherché à savoir si les PM2.5 pouvaient accélérer les processus de vieillissement cérébral au stade pré-clinique, c'est-à-dire pendant la phase "silencieuse" de la maladie, avant l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer ou d'autres démences apparentées.

Ils ont précédemment mené une enquête qui est devenue la première étude, publiée dans la revue Translational Psychiatry en janvier 2017, dans laquelle des données provenant à la fois de personnes et d'animaux ont été utilisées, et dans laquelle il a été démontré que la pollution de l'air aggrave les processus de vieillissement cérébral, ce qui augmente le risque de démence.

Cette première étude a été menée à l'échelle nationale aux États-Unis sur les liens entre l'exposition aux particules PM2.5 et les troubles cognitifs. Là, ils ont démontré que les femmes âgées qui avaient vécu dans des endroits avec des niveaux de PM2.5 dans des espaces ouverts supérieurs à la norme établie par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) étaient deux fois plus susceptibles de souffrir de troubles cognitifs cliniquement pertinents que les femmes âgées qui avaient vécu dans des endroits moins contaminés par l'environnement. Ils ont également pu prendre en compte d'autres facteurs de risque de démence tels que le tabagisme, le manque d'exercice ou les traitements hormonaux.

Atrophies cérébrales causées par la maladie d'Alzheimer



Dans cette nouvelle étude, ils ont étudié les types de changements survenus dans le cerveau des personnes âgées lorsqu'elles avaient été exposées à différents niveaux de PM2.5 au cours des années précédant le début des symptômes d'Alzheimer.

Ils ont suivi l'évolution d'un groupe de 712 femmes âgées dont l'âge moyen était de 78 ans. Elles n'étaient pas atteintes de démence au début de l'étude et avaient subi des IRM cérébrales il y a au moins cinq ans.

Ils ont constaté que ces femmes âgées étaient plus susceptibles de subir une réduction de la taille du cerveau similaire à celle observée chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Et lorsqu'ils ont comparé les scanners cérébraux des femmes âgées provenant d'endroits où les niveaux de PM2.5 étaient plus élevés avec les scanners de celles qui avaient vécu dans des endroits moins pollués, ils ont constaté que les premières étaient 24% plus susceptibles de souffrir de démence dans les cinq ans suivants.

Les changements que la maladie d'Alzheimer provoque dans notre cerveau



Mais ce qui était peut-être plus inquiétant, c'est que les femmes âgées qui n'avaient pas de problèmes de mémoire présentaient également des modifications cérébrales similaires à celles causées par la maladie d'Alzheimer. Le rétrécissement de leurs masses cérébrales était plus important dans le cas de celles qui avaient vécu plus exposées aux particules PM2.5 dans des espaces ouverts, même dans des endroits où les niveaux de ces particules étaient conformes aux normes actuelles de l'EPA.

Ils ont également examiné la mémoire épisodique, qui englobe les souvenirs d'événements spécifiques et se détériore au cours des premiers stades de la maladie d'Alzheimer. Ils ont découvert qu'il existait une relation directe entre le fait de vivre dans des endroits où les niveaux de PM2.5 sont élevés dans des espaces ouverts et la détérioration de la mémoire épisodique. Environ 10 à 20% des pertes de mémoire pourraient être attribuées à une réduction de la masse cérébrale semblable à celle de la maladie d'Alzheimer.

Étant donné que l'on pense que la phase silencieuse de la démence commence des décennies avant l'apparition des symptômes, les résultats de ses recherches les plus récentes ont soulevé des inquiétudes quant à savoir si l'exposition à la pollution de l'air au cours des premiers stades - entre l'enfance et l'âge adulte - pourrait être tout aussi nocive ou même pire que l'exposition dans la vieillesse.

Les gènes semblent également jouer un rôle dans ce processus. Ces recherches ont montré qu'un gène clé du développement de la maladie d'Alzheimer, APOE4, interagit avec les particules environnementales et accélère ainsi le vieillissement cérébral. Ils ont constaté que le risque environnemental lié à l'exposition aux particules PM2,5 était deux à trois fois plus élevé chez les femmes âgées avec deux copies d'APOE4 que chez celles sans le gène.

La maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence. Elle détruit progressivement la mémoire, la capacité d'avoir une pensée cohérente et la capacité de se comporter de manière appropriée, empêchant éventuellement le patient d'effectuer même les tâches les plus simples.

Alors que la recherche se poursuit pour trouver un remède à cette maladie, les connaissances sur les facteurs génétiques et environnementaux qui peuvent augmenter le risque de développer la maladie d'Alzheimer tardive et les démences apparentées ont augmenté.

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà prévenu que la pollution de l'air est aux niveaux les plus élevés : 9 habitants sur 10 respirent un air toxique et plus de 8 millions de personnes meurent de maladies sur lesquelles la qualité de l'air a une incidence. Pour cette raison, il est très important que les Smart Cities adoptent des solutions de surveillance de la qualité de l'air telles que celles installées par ENVIRA, une stratégie à prendre en compte par les gouvernements pour tenter de réduire ces chiffres.

A noter que l’OMS estime que 50 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde et qu’il apparaît chaque année près de 10 millions de nouveaux cas. La maladie d’Alzheimer est la cause la plus courante de démence et serait à l’origine de 60-70% des cas.


Plusieurs maladies liées à la démence, comme l’Alzheimer, sont causées par des facteurs génétiques. Toutefois, notre mode de vie et notre environnement immédiat jouent aussi un rôle important. Il est difficile d’associer un élément déclencheur spécifique aux dommages du cerveau dans les cas de démence. Ces facteurs sont nombreux, mais les identifier avec précision permettrait d’intervenir de façon préventive et efficace.