jeudi 30 mai 2024

L'apprentissage à Tout Âge Rajeunit le Cerveau – Le Quotidien et l'Utilisation de l'Intelligence Artificielle





C
e sentiment d’être trop vieux pour apprendre quoique ce soit de nouveau, beaucoup de personnes l’éprouvent. Mais est-il justifié ? Y a-t-il effectivement une limite d’âge à partir de laquelle notre cerveau n’est plus capable d’apprendre à jouer d’un instrument ou à parler une nouvelle langue ?

Apprendre, c’est en réalité l’activité de toute une vie. Dès le plus jeune âge, notre cerveau mobilise une grande partie de ses fonctions – attention, mémoire, vision, audition, motricité… – pour que nous puissions acquérir de nouveaux savoirs et savoir-faire. Quels sont les mécanismes qui nous permettent d’apprendre ? Et comment évoluent-ils avec le temps ?


Des connexions entre les neurones renforcées ou diminuées

L’apprentissage est un processus cognitif dynamique qui se déroule en deux étapes : l’acquisition d’une nouvelle information et son stockage en mémoire. Le résultat d’un apprentissage est en quelque sorte l’empreinte qui reste dans notre cerveau après que l’on ait vécu une expérience. Plus précisément, les neurones concernés par cette expérience ou l’acquisition d’une nouvelle information changent la manière dont ils dialoguent entre eux : leurs connexions – les synapses – se voient renforcées ou diminuées.

Parfois, la dynamique de nos apprentissages conduit purement et simplement à l’élimination de certaines connexions neuronales qui n’ont plus lieu d’être au profit d’autres connexions plus “utiles”. On parle, de manière imagée, d’un “élagage” synaptique (pruning en anglais), comme pour un arbre dont on coupe les branches encombrantes. Il se produit principalement durant l’enfance et ce grand chamboulement qu’est l’adolescence.

Ces modifications à l’échelle des neurones, en lien avec ce que nous apprenons, sont particulièrement intenses pendant l’enfance, alors même que nous acquérons une grande quantité de connaissances et développons de nouvelles compétences comme voir, toucher, marcher ou parler. Elles ont un impact à l’échelle du cerveau tout entier, en participant à la transformation des différents réseaux de neurones.

La plasticité cérébrale

Les apprentissages laissent dans notre cerveau une trace physique de leur survenue, et cette dynamique s’appelle la plasticité cérébrale. La découverte de ce mécanisme par les neuro-scientifiques a permis de comprendre une chose essentielle : rien n’est figé dans notre cerveau.

Les connexions entre les neurones sont la clé de nos apprentissages. Pour apprendre, il faut que des connexions neuronales pertinentes se créent. Et pour que les neurones se connectent les uns aux autres, il faut qu’ils s’activent ensemble, un peu comme une ampoule qui s’allume. Cette capacité du cerveau à modifier ses connexions neuronales s’appelle la plasticité cérébrale.

La plasticité cérébrale permet de remodeler le cerveau en permanence selon nos apprentissages. Ce remodelage est non seulement relativement rapide mais réversible. En effet, une équipe de chercheurs a trouvé que certaines régions du cerveau chez de jeunes adultes présentaient des modifications structurelles importantes après trois mois d’apprentissage à la jonglerie, par rapport à des personnes n’ayant pas suivi cet apprentissage ; et ces modifications disparaissaient quelques semaines après l’arrêt de cette activité. Voilà pourquoi les artistes s’entraînent tous les jours.

Cette plasticité cérébrale rend le cerveau malléable à tous les âges de la vie. C’est essentiel pour nous permettre de nous adapter. Il change, se transforme, sous l’effet de l’expérience, aussi bien lors de la petite enfance qu’à l’âge adulte.

Nous sommes en quelque sorte “programmés” pour apprendre. L’organisation de notre cerveau peut s’adapter et se reconfigurer à tout moment, en fonction des expériences que nous vivons dès le plus jeune âge.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre une nouvelle langue

Certaines périodes de la vie sont plus propices à certains apprentissages. La recherche en psychologie du développement a ainsi déterminé des “fenêtres temporelles” qui correspondent à des périodes durant lesquelles le cerveau a une capacité particulière à recevoir les informations de l’environnement. Par exemple, l’acquisition de la langue maternelle a fait l’objet de nombreuses études, et il semble qu’il existerait une fenêtre temporelle particulièrement propice à l’acquisition du langage. D’où cette idée répandue – à tort – que plus on vieillit, plus il est difficile d’apprendre une seconde langue. Même s’il semble en effet y avoir une période clé pour l’acquisition de la langue maternelle, c’est beaucoup moins clair pour une seconde langue.

Des chercheurs en psychologie à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, se sont intéressés à l’apprentissage d’une seconde langue chez des personnes adultes. Les chercheurs ont demandé à des non-hispanophones, un groupe de jeunes adultes et un groupe de personnes de plus de 65 ans, d’apprendre 100 mots en espagnol sur une période de trois semaines. Lors d’un test à l’issue de cet entraînement, les personnes âgées ont obtenu des temps de réponse et des nombres de bonnes réponses comparables aux jeunes adultes, montrant que les deux groupes ont des performances d’apprentissage similaires.

Et ce qui vaut pour le langage et les connaissances déclaratives – explicites –   vaut aussi pour les connaissances procédurales – implicites, en lien avec les gestes et les mouvement –. Ainsi, l’expérience de jonglage citée précédemment a été répliquée pour comparer, cette fois, la performance des personnes âgées par rapport aux jeunes. Les performances finales sont moindres chez les personnes âgées, cependant le même phénomène de plasticité a été observé. Autrement dit, l’apprentissage du jonglage a été moins efficace chez elles, mais les traces cérébrales de cet apprentissage sont bien présentes.

Certaines compétences sont modifiées par le vieillissement normal du cerveau. Un apprentissage plus long peut être nécessaire pour compenser l’effet de l’âge. Mais le mécanisme de plasticité cérébrale permettant d’apprendre est présent toute la vie.


Un apprentissage plus long chez les personnes âgées

Plusieurs études ont mesuré les conséquences du vieillissement cognitif en utilisant une combinaison de tests de performance mentale. Leurs résultats montrent que les personnes plus âgées ont en moyenne des temps de réaction plus longs, une mémoire moins fiable, une perception sensorielle altérée, et elles ont plus de difficultés à résoudre des problèmes. Ces déficits mesurés en laboratoire seraient un frein à l’acquisition d’informations nouvelles.

Mais de telles études occultent une dimension importante de l’avancée en âge : l’accumulation des expériences au cours de la vie augmente la quantité de connaissances stockées dans le cerveau. En effet, cette accumulation d’expériences et la complexité des connaissances qui y sont associées sont plus importantes chez les personnes âgées. Ce qui rendrait plus difficile l’acquisition de nouvelles connaissances.

Cette expertise constituerait donc un handicap et expliquerait les résultats inférieurs des personnes âgées par rapport aux jeunes cerveaux. Mais pourrait-elle avoir certains bénéfices ?

L’expérience humaine, un levier pour l’apprentissage

Dans l’expérience sur l’apprentissage de l’espagnol déjà citée, l’imagerie cérébrale des personnes âgées montre une activation particulière de certains réseaux de la mémoire qui n’est pas retrouvée chez les plus jeunes. Cette activation spécifique est celle de la mémoire dite “sémantique”, qui stocke notamment les connaissances générales sur le monde. Dans le contexte d’un défi cognitif, comme apprendre une seconde langue, les personnes âgées font appel à leur expérience personnelle comme ressource cognitive en plus. Le vécu plus fourni en expériences personnelles se révèle ainsi comme une aide à l’apprentissage.

En vieillissant, nous pouvons tirer profit de notre raisonnement plus entrainé pour apprendre de nouvelles informations, même s’il est parfois plus lent à se mettre en route. Le recrutement spécifique de certaines régions du cerveau chez les personnes âgées lors d’un apprentissage nouveau serait le reflet de cet appel à l’expertise.

Il ne faut pas pour autant minimiser le vieillissement cérébral. Celui-ci est bien réel, comme le montre notamment la diminution mesurable de l’épaisseur du cortex, et les modifications de certaines performances mentales. Cependant, ces dernières sont à nuancer car les tests psychométriques ne tiennent pas compte de la richesse de l’expérience humaine, ni de la façon dont la connaissance augmente avec l’expérience.

La plasticité du cerveau “s’entretient”

L’entretien de notre cerveau semble jouer un rôle clé pour le maintien de sa plasticité entre 30 et 60 ans. Cette capacité est affaiblie si et seulement si nous cessons d’apprendre et de maintenir un état de curiosité à la nouveauté. Une combinaison de facteurs peut être bénéfique pour le maintien de cette plasticité incluant l’activité physique, peu de stress, ne pas consommer de psychotropes, et avoir des relations sociales en plus d’une activité cognitive régulière.

À tout âge, si les circonstances sont propices et en l’absence de pathologies neurologiques, apprendre par l’expérience reste la principale activité de notre cerveau au quotidien. Même si les mécanismes de l’apprentissage sont moins performants à partir d’un certain âge, en termes de vitesse d’acquisition, la plasticité cérébrale perdure toute la vie si nous maintenons notre esprit ouvert et actif pour de nouvelles expériences. Contrairement à ce que la recherche a longtemps pensé, nous ne sommes pas enfermés dans un déterminisme biologique qui nous permettrait d’apprendre seulement jusqu’à un certain âge.

La capacité d’attention est essentielle dans nos apprentissages

Test sur votre capacité d’apprentissage avec ou sans distraction

Prenez un chronomètre.

Étape 1 : Regardez cette première série de 9 images différentes pendant 30 secondes sans distractions extérieures. Une fois les 30 secondes passées, vous avez 30 secondes pour écrire les images dont vous vous souvenez. Il est temps de vérifier vos résultats. Avez-vous réussi à retenir les 9 images ?

Étape 2 : Regardez cette nouvelle série de 9 images différentes pendant 30 secondes avec des distractions extérieures, par exemple de la musique ou encore la télévision allumée. Une fois les 30 secondes passées, vous avez 30 secondes pour écrire les images dont vous vous souvenez. Il est temps de vérifier vos résultats.

Avez-vous réussi à retenir autant d’images que la première fois ? Sans doute que non. La plupart des personnes mémoriseront moins d’images lorsqu’elles sont distraites par quelque chose.

Les scientifiques ont récemment montré que la simple présence de nos téléphones cellulaires sur le bureau pouvait suffire à réduire nos performances dans une tâche d’apprentissage.

Il est donc important de favoriser l’attention, et ce quels que soient nos défis d’apprentissage, et d’étudier dans un environnement calme, exempt de distraction. Vous serez alors plus efficace dans vos apprentissages et aurez finalement plus de temps pour faire toutes les autres activités quotidiennes, comme voir vos amis.

Source : Le Musée de la santé Armand-Frappier

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L’apprentissage rajeunit le cerveau à tout âge


Des chercheurs de l’université de Californie à Riverside dans une nouvelle étude, publiée dans la revue de la National Library of Medicine en novembre 2023, ont observé une amélioration de la cognition chez les personnes âgées qui ont appris plusieurs nouvelles tâches, et les progrès se sont améliorés avec le temps.

Les chercheurs ont montré que n’importe quel apprentissage à un âge avancé est non seulement possible, mais améliore aussi les facultés cognitives au point de retrouver celles d’un étudiant de premier cycle universitaire.

Pour le prouver, les chercheurs ont réalisé deux expériences indépendantes, mais similaires, d’abord avec 6 puis 27 personnes âgées en moyenne de 66 et 69 ans et ne souffrant d’aucun trouble cognitif pathologique autre que quelques difficultés rencontrées en vieillissant, comme une diminution de l’attention ou de la mémorisation, et que l’on nomme “déclin cognitif lié à l’âge”.

Au départ, chaque sujet passait des tests cognitifs évaluant ses fonctions exécutives – la mémoire à court terme, la planification, l’attention, le raisonnement, l’inhibition… – et sa mémoire à long terme dite “épisodique verbale”, puis apprenait, comme le ferait un enfant ou un étudiant, durant trois mois et à raison d’au moins six heures par semaine, trois nouvelles compétences qu’il avait choisies : une langue, le dessin, un instrument de musique, la photographie, l’utilisation d’une tablette numérique…

Résultat.
Tous les volontaires ont vu leurs fonctions cognitives s’améliorer, nombre d’entre eux multipliant même par deux ou trois leurs scores aux tests. Et ce dès la fin des trois mois d’apprentissage, mais aussi six mois et un an après, les bénéfices perdurant. Les performances de nombreuses personnes continuaient même à augmenter au fil du temps après l’arrêt des formations.

Cette étude est une première en situation réelle et sur le long terme : les participants étudiaient chez eux ou en prenant des cours durant les trois mois. Les conclusions de ce travail confirment que le cerveau reste plastique à tout âge, capable de se remodeler pour assimiler de nouvelles compétences, et que toute stimulation des neurones via l’acquisition d’une nouvelle compétence – linguistique, motrice, mentale – les rajeunit, ralentissant ainsi le déclin cognitif lié à l’âge.

La découverte confirme, selon les chercheurs, que les adultes plus âgés peuvent apprendre de nouvelles tâches et améliorer leur cognition dans le processus, s'ils abordent l'apprentissage comme le fait un enfant.


Un biomarqueur de la dégénescence cognitive identifié à partir de l'imagerie par résonance magnétique (IRM)

Des chercheurs chinois de la Beijing Normal University dans une étude, publiée dans la Revue Journal Radiology Society (RSNA) en juin 2021, ont développé un modèle de prédiction de l'âge du cerveau basé sur l'intelligence artificielle (IA) pour quantifier les écarts observés par rapport à une trajectoire saine de vieillissement cérébral chez les patients atteints de troubles cognitifs légers.



La déficience cognitive amnésique légère (aMCI) est une phase de transition entre le vieillissement cérébral normal et la maladie d'Alzheimer (MA). Les personnes atteintes d'aMCI ont des déficits de mémoire qui sont plus graves que la normale pour leur âge et leur statut, mais pas assez graves pour affecter leur activité quotidienne.


Les chercheurs ont utilisé un algorithme d’apprentissage automatique pour former un modèle de prédiction de l'âge du cerveau basé sur des images IRM pondérées en T1 de 974 adultes en bonne santé âgés de 49,3 à 95,4 ans. Le modèle, une fois entraîné, a été appliqué pour estimer la différence d'âge prévue – âge prévu par rapport à l'âge réel – des patients aMCI de la Beijing Aging Brain Rejuvenation Initiative – 616 témoins sains et 80 patients aMCI – et de l'Alzheimer's Disease Neuroimaging Initiative – 589 témoins sains et 144 patients aMCI –.

Les chercheurs ont également examiné les associations entre la différence d'âge prévue et les troubles cognitifs, les facteurs de risque génétiques, les biomarqueurs pathologiques de la MA et la progression clinique chez les patients aMCI.

Les résultats ont montré que les patients aMCI avaient des trajectoires de vieillissement cérébral distinctes de la trajectoire de vieillissement normale typique, et le modèle de prédiction de l'âge cérébral proposé pourrait quantifier les écarts individuels par rapport à la trajectoire de vieillissement normale typique chez ces patients. La différence d'âge prédite s’est, d’autre part, avérée significativement associée à une déficience cognitive individuelle des patients aMCI dans plusieurs domaines, notamment la mémoire, l'attention et la fonction exécutive.

Ce travail indique que la différence d'âge prédite a le potentiel d'être un biomarqueur robuste, fiable et numérique pour le diagnostic précoce des troubles cognitifs et le suivi de la réponse au traitement.

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Seniors et l'intelligence artificielle



Intelligence artificielle, le terme peut effrayer car on a tendance à penser à une technologie intrusive qui va remplacer le naturel. Mais les objets connectés qui possèdent une intelligence artificielle sont conçus pour respecter la vie privée des utilisateurs. Dans le cas des séniors, ils sont destinés à apporter de l’aide pour pallier le manque de personnel aidant et surtout pour favoriser le maintien à domicile. L’usage de l’intelligence artificielle se démocratise de plus en plus dans la société actuelle car il apporte une assistance et une aide non négligeable aux personnes âgées dans une société où la population est vieillissante.

Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est constituée d’un ensemble de programmes et d’algorithmes complexes exécuté par un objet ou une machine. L’appareil peut reproduire ou simuler le comportement humain ou même de résoudre un problème.

C’est aussi une technologie qui ne peut se dissocier de l’informatique dont l’objectif principal est de recréer une technologie similaire à l’intelligence humaine. Une machine capable de réfléchir par elle-même. Dans le cadre du “bien-vieillir”, l’intelligence artificielle se développe sous forme de robots, d’assistance virtuelle, d’objets connectés, d’appareils d’apprentissage…


Une population vieillissante attentive au progrès de l’intelligence artificielle


Le vieillissement de la population touche la majorité des pays dans le monde. Face à une population vieillissante et aux enjeux économiques qui y sont associés, il devient important de concevoir des méthodes et des appareils qui permettent un meilleur soutien aux personnes âgées.

L’utilisation de l’intelligence artificielle qui a été simplifiée permet aux seniors de bénéficier des dernières innovations en matière de technologie.

Assiste-t-on à la naissance de l’ère des machines ?

Ce n’est plus un scénario de science-fiction, la robotique et la domotique commence à envahir petit à petit les habitations personnelles et les établissements spécialisés pour les personnes âgées. Grâce à des capteurs intégrés et une intelligence artificielle qui agit comme un vrai cerveau, les machines sont capables d’entretenir une conversation, de réagir face à une situation, d’analyser le son, d’étudier l’environnement, de reconnaître leur nom, de répondre aux besoins de l’utilisateur et d’interagir avec et d’anticiper les risques d’accidents. Toutefois, les machines ne remplacent pas l’interaction humaine car elles sont dépourvues d’émotions et de sensations mais elles restent une compagnie quotidienne pour les seniors et luttent contre l’isolement social.

L’intelligence artificielle au service des personnes âgées


L’intelligence artificielle travaille sur des machines capables d’apprendre de façon autonome et d’effectuer des tâches pour lesquelles elles ne sont pas spécialement programmées. Ces machines sont capables de faire des analyses et d’agir en conséquence selon l’environnement et la situation auxquels elles font face. Cet apprentissage est possible grâce à l’intégration d’un algorithme d’analyse de données : informations personnelles, capteurs, lasers, commandes vocales, images récupérées par caméra…

Rompre l’isolement social

Un des objectifs de l’intelligence artificielle est d’apporter une assistance mais aussi offrir une compagnie aux personnes âgées. Tout cela pour lutter contre l’isolement social dont les seniors sont souvent victimes. Les agents conversationnels ou chatbots assurent une communication permanente avec son utilisateur. Il compense la solitude pour une personne âgée habitant seule. Ces machines sont programmées pour simuler une conversation avec le langage choisi. Elles sont capables de rappeler à leur utilisateur l’heure pour prendre les médicaments, les rendez-vous importants, d’enregistrer des conversations pour les personnes qui ont un problème de mémoire (atteintes de la maladie d’Alzheimer par exemple), de distraire grâce à des activités et des jeux proposés.

Assurer une surveillance médicale

Les objets connectés sont souvent reliés à un serveur pour permettre une assistance à distance des personnes âgées. Ils n’assurent pas seulement la fonction de compagnon de conversation mais peuvent être très utiles en cas d’anomalies. Avec les capteurs et les données collectées, l’intelligence artificielle peut détecter si les habitudes de son utilisateur ont changé : s’il ne s’est pas levé à l’heure habituelle, s’il n’est pas rentré de la maison, s’il n’y a plus de mouvements dans la maison. Dans ces cas-là, une alerte est envoyée au serveur et l’assistance médicale est avertie pour une intervention.

Aider au quotidien

L’intelligence artificielle est conçue pour simplifier la vie des utilisateurs. La domotique par exemple est capable de faire des tâches ménagères ou de tenir le rôle d’assistant personnel : agenda personnel, heure pour dormir et pour se lever, ouverture et fermeture des portes, rappel de prise de médicaments, traitement d’appel téléphonique, de mail ou de données numériques… L’intelligence artificielle assure également la sécurité des seniors en donnant une alerte en cas de situations inhabituelles comme une entrée par effraction dans la maison.

Les Chatbots : facilitateur pour les personnes âgées


Pour maintenir une vie presque sociale et surtout pour une bonne santé physique et mentale, les bots sont des outils très pratiques pour aider les personnes âgées car ils peuvent devenir de véritables compagnons. En effet, les chatbots assurent une communication quotidienne avec les personnes âgées.

Compañero
emocionalmente inteligente
À San Fransisco, un dispositif appelé “Elliq“ fait partie des vedettes concernant les chatbots. Elliq dispose d’une intelligence e-learning (apprentissage électronique) pour analyser les préférences de l’utilisateur afin de lui suggérer des activités après. Elliq communique à travers le langage mais également avec des formes de communication non-verbales. Par exemple si un membre de la famille envoie une photo sur les réseaux sociaux, Elliq les affiche sur l’écran et tourne la tête vers la personne afin “de vivre ce moment” comme si c’était le petit-fils en personne qui montre les photos à ses grands-parents. Ce dispositif lutte contre l’isolement social en partageant des expériences diverses. Il ne s’agit pas de former une relation concrète avec la machine mais de rendre accessibles aux personnes âgées des données importantes qui les rapprochent de leurs familles. Le but est de s’assurer que la personne âgée se sente moins seule en utilisant Elliq.

La domotique

Pour les seniors, la domotique apporte des solutions concrètes. Elle permet de vieillir chez soi en toute sécurité. Contrôle de l'éclairage à distance, détecteur de fumée, vidéosurveillance... Sa technologie et ses équipements permettent en effet de faciliter le quotidien des plus de 60 ans.


Du latin “domus” qui signifie “maison”, la domotique désigne l’ensemble des systèmes informatiques, de télécommunication et électroniques, destiné à rendre une maison “intelligente”.

La domotique a pour but de faciliter le quotidien, mais également d'assurer la sécurité d’un logement et de réduire sa consommation d’énergie.

Elle requiert l'installation de plusieurs équipements ou d'appareils connectés. Ils sont mis en service par des sociétés qui se doivent de protéger les données personnelles de leurs utilisateurs. Cette technologie permet à l'habitat de se gérer en totale autonomie, en fonction des habitudes de vie de ses occupants ou d'un scénario domotique programmé à l'avance. Des objets connectés permettent également de commander l'habitat à distance et instantanément.

Les appareils liés à la domotique permettent par exemple de contrôler à distance l'ouverture des volets, la température du logement et de bénéficier d'un service de télé-assistance. Ces équipements se règlent le plus souvent via une application mobile, par commande vocale ou en toute autonomie grâce à des détecteurs.

Ainsi, la domotique au service des seniors est en plein développement. En apportant du confort et de la sécurité, elle les aide à bien vieillir et à rester chez eux le plus longtemps possible.

La domotique est de plus en plus recommandée par les professionnels pour prévenir les accidents de la vie courante. Elle est utile pour donner l'alerte aussi bien en cas de chute que de fuite de gaz ou d'intrusions. C'est une solution rassurante pour la personne âgée, mais aussi pour sa famille.

Télé-assistance

Des objets connectés comme des bracelets ou des montres ont fait leur apparition pour garantir la sécurité des seniors. Ils sont équipés d'un bouton SOS et d'un détecteur de chute. Ainsi, un appel d'urgence peut être envoyé à un membre de la famille ou à un service de télé-assistance qui peut intervenir au domicile ou solliciter les secours.

Vidéosurveillance

L'idéal est d'être équipé d'une caméra avec détecteur de mouvement. Avec ce système complet, il est possible de visualiser ce qui se passe à l'intérieur ou à l'extérieur du logement. Si la personne âgée n'est pas en mesure de réagir face à une situation stressante, mieux vaut qu'un de ses proches en assure la gestion. Cet équipement donne l'alerte en cas d'intrusion, mais aussi de chute. Les capteurs de mouvements peuvent être reliés à un chemin lumineux qui facilite les déplacements nocturnes.

Détecteurs de gaz, de fumée et de fuite d'eau

Un détecteur de gaz connecté permet d'agir rapidement en cas de fuite. Certains modèles intègrent également un détecteur de fumée et donnent l'alerte grâce à une sirène, un éclairage rouge ou en appelant un proche. Un détecteur de fuite d'eau localise les anomalies et déclenche une alarme en cas d'inondation.

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Plus de personnes âgées que de personnes plus jeunes dans le monde

Selon les Nations unies le nombre de personnes de 65 ans et plus devrait doubler dans le monde d’ici à 2050 selon un article publié sur le site de l’INED (Institut national d'études démographiques) en septembre 2021. C’est un phénomène planétaire puisqu’une personne sur six (16%) aura plus de 65 ans en 2050 (une sur onze en 2019 (9%) d’après le rapport Perspectives de la population mondiale. Depuis fin 2018, il y a désormais dans le monde plus de personnes âgées que de personnes plus jeunes (environ 705 millions de personnes de plus de 65 ans et environ 680 millions chez les 0-4 ans en 2018).

Quelle place allons-nous donner aux seniors dans cette société vieillissante ? Allons-nous cantonner cette partie importante de la population à vivre dans son passé et ses souvenirs, ou bien la considérer pour ce qu’elle est, capable d’évoluer et d’apprendre ? Les données de la recherche en sciences cognitives peuvent servir d’outils concrets pour rendre la formation accessible tout au long de la vie.

Adopter de saines habitudes de vie

Pour apprendre efficacement, il est essentiel de prendre soin de ce précieux organe qu’est notre cerveau. Pour cela, il ne faut pas hésiter à bouger, se cultiver, se mettre au défi, bien s’alimenter et dormir suffisamment. Et ce qu’il y a de fabuleux, c’est que ces saines habitudes favorables à notre cerveau sont aussi favorables à tout notre corps.

Le sommeil est en effet un allié précieux pour apprendre. Lorsqu’on dort, il se produit une réactivation spontanée et inconsciente des neurones liés aux apprentissages de la journée. Et des neurones qui s’activent ensemble… ce sont des neurones qui se connectent, et un apprentissage qui se fait.

Du vélo aux tables de multiplication, des souvenirs de vacances à la capacité d’évaluer un danger, le cerveau garde une trace de nos apprentissages durant des décennies, voire toute notre vie. Ainsi, nous sommes capables de mieux nous adapter à tout ce qui nous entoure et se produit dans la vie.


Apprendre, c’est un peu comme tracer un sentier dans une forêt. 
À force de marcher toujours au même endroit, le tracé du sentier se définit.
 Ainsi, pour faire remonter à la surface un souvenir, 
nous devons emprunter le bon sentier dans la forêt de neurones.



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mardi 30 avril 2024

Les Écrans Détruisent le Cerveau de nos Enfants


Des experts alertent les parents sur une utilisation abusive des écrans 
qui ne serait pas sans risque pour le développement de nos enfants

Depuis quelques années, des recherches sont menées sur la relation que l'utilisation des nouvelles technologies – tablettes, téléphones portables, consoles, jeux vidéo, ordinateurs – entretient avec le développement et l'apprentissage des enfants.

Aujourd'hui, le terme "digital natives" nous est déjà familier et désigne une génération qui, dès son plus jeune âge, est immergée dans un monde de plus en plus technologique. Il s'agit d'enfants habitués à interagir avec un écran, qui prennent en main un téléphone portable, une tablette ou un ordinateur et l'utilisent de manière intuitive, sans avoir besoin d'un apprentissage particulier ou d'une formation préalable.

Nous avons l'habitude de voir des adolescents et des adultes avec un téléphone portable à la main, jouant à des jeux vidéo ou consultant et recherchant des informations. Mais il est aussi de plus en plus fréquent de voir des enfants d'un ou deux ans regarder des dessins animés sur une tablette, "swiper" l'écran du mobile ou chercher des vidéos sur YouTube. Et cela s'est encore accentué pendant la période de confinement.

Nous pouvons nous justifier derrière le fait que ces dessins animés sont éducatifs, que les enfants sont divertis pendant que nous attendons quelque part ou qu'ils nous laissent un moment de tranquillité à la maison lorsque nous essayons d'accomplir une tâche ou de nous déconnecter du quotidien.

Mais... cette exposition aux écrans est-elle bonne pour les très jeunes enfants, et y a-t-il des risques lorsqu'ils jouent avec un téléphone portable ou une tablette ?

Dessins animés à la télévision, jeux sur smartphone ou tablette, jeux vidéo… Dès leur plus jeune âge, de nombreux enfants voient les écrans rythmer leur quotidien.

Une exposition croissante des enfants aux écrans

Pourquoi de plus en plus de parents laissent-ils leurs enfants passer de nombreuses heures sur les écrans ? Ignorent-ils les possibles dangers de cette exposition ? Croient-ils bien faire ? Le font-ils pour stimuler l’éveil de leurs enfants, leurs capacités cérébrales, développer leur agilité ou encore les préparer à une vie future au sein de laquelle les écrans occuperont, de fait, une place centrale ?

L’explication est plus subtile qu’il n’y paraît et est sans doute liée aux difficultés quotidiennes que bon nombre de parents rencontrent. Liens familiaux fragilisés, souffrance au travail, problèmes financiers… Si bon nombre de parents abandonnent leurs enfants aux écrans, c’est souvent parce qu’ils se sentent dépassés par un quotidien pénible, une charge familiale difficile à assumer.

Leur pratique excessive peut toutefois avoir de lourdes conséquences sur la santé, le bien-être et l’avenir de nos enfants :

Sur le développement du cerveau et l’apprentissage de compétences fondamentales. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Chaque heure supplémentaire passée devant la télévision par un enfant en bas âge diminue ses performances scolaires à l’âge de 10 ans : moindre intérêt pour l’école, moindre habileté au plan mathématique. Cette surexposition précoce entraîne également une moindre autonomie, une moindre persévérance et une intégration sociale plus difficile avec notamment un risque accru de souffrir d’une mise à l’écart par ses camarades de classe.

Sur les capacités d’attention et de concentration. Ceci est vrai même si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde.

Sur le bien-être et l’équilibre. Les enfants qui passent trop de temps devant les écrans seraient moins heureux, plus anxieux et plus déprimés que les autres. Au-delà de quatre heures par jour, le risque de voir apparaître des problèmes émotionnels et une mauvaise estime de soi seraient notamment considérablement accrus. Ce temps passé devant les écrans empièterait en outre sur le temps consacré à d’autres activités récréatives – sport, jeu avec des amis –, qui sont essentielles pour apprendre certaines valeurs – partage, respect de l’autre – et ont un impact positif reconnu sur le bien-être des enfants.

Sur le comportement. Les enfants qui passent beaucoup de temps devant des contenus violents – jeu vidéo ou télévision – sont plus agressifs et plus enclins à se battre, plus impulsifs. Par ailleurs, la surexposition des plus petits risque d’entraîner une attitude passive face au monde qui les entoure.

Sur la santé. Une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux peut alors entraîner une prise de poids. De même une exposition aux écrans à raison de plus de deux heures par jour entraîne un risque d’hypertension accru de 30% chez les enfants.

Cette exposition précoce n’est pourtant pas sans conséquence sur leur santé. Plusieurs études ont déjà pointé les risques d’obésité ou de diabète de type 2 engendrés par un temps trop important passé devant les écrans. Plusieurs spécialistes ont aussi noté des retards de langage et des troubles de l’autisme chez les enfants qui passaient plusieurs heures par jour les yeux rivés sur leur tablette ou l’écran de télévision.

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Les écrans modifieraient le cerveau des enfants


Les Instituts américains de la santé (NIH)
dans une vaste étude lancée en décembre 2018, démontrent que la surexposition des enfants aux écrans modifierait leur cerveau.

Afin d’en savoir plus sur l’impact réel de l’exposition prolongée aux écrans sur le cerveau des enfants, dans 21 centres de recherche aux États-Unis, ils ont commencé à examiner les cerveaux de 4.500 enfants de 9 et 10 ans. À terme, l'étude portera sur 11.000 enfants, suivis pendant 10 ans, pour voir si la consommation intense de jeux vidéo et le temps passé sur internet ont une influence sur leur développement.

Un amincissement du cortex

Les premiers résultats de cette étude menée à l'aide d'imagerie par résonance magnétique (IRM) montrent des “tracés différents” dans les cerveaux des enfants utilisant des smartphones, des tablettes et des jeux vidéo plus de 7 heures par jour. Les images montrent un amincissement prématuré du cortex, l'écorce cérébrale qui traite les informations envoyées au cerveau par les cinq sens.

Les scientifiques expliquent que l'amenuisement du cortex est considéré comme un processus de vieillissement, soulignant qu'il n'est pas certain que ce processus soit néfaste. L'étude montre que les enfants qui passent deux heures ou plus par jour devant un écran obtiennent de moins bons résultats aux tests de mémoire et de langage.

Les enfants sécrètent de la dopamine devant les écrans

Un autre phénomène rapporté est l'effet addictif que peuvent avoir les smartphones. Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe a scanné le cerveau d'adolescents pendant qu'ils regardaient leur fil Instagram. Il s'avère que le temps passé devant un écran stimule la libération de dopamine, l'hormone du plaisir. Cela suffit pour que les jeunes deviennent littéralement dépendants aux écrans.

L'objectif des chercheurs est de savoir si le temps passé devant les écrans est responsable du changement dans le cerveau des enfants, ou si c'est cette différence qui les pousse à passer du temps devant les écrans.


Une étude révèle les effets négatifs des smartphones et des tablettes sur le développement de la parole chez les enfants


Les zones rouges montrent l'augmentation de la matière blanche
organisée dans les centres linguistiques du cerveau

Des chercheurs de l'Université de Toronto et du Children's Hospital ont examiné en profondeur, dans une étude présentée lors de la réunion en 2017 des Pediatric Academic Societies, le lien entre le temps passé par les jeunes enfants devant des appareils portables et le développement de la parole.

Au total, 894 enfants âgés de 6 mois à 2 ans ont participé à l'étude. Parallèlement, les chercheurs ont créé un outil appelé "liste de contrôle de l'enfant", qui leur a permis de mesurer le développement de la parole en fonction des différentes étapes du langage, des objectifs que les enfants doivent atteindre à chaque étape de leur vie.

L'exposition moyenne à l'écran enregistrée était de 28 minutes par jour, 20% des enfants ayant passé au moins une demi-heure devant un écran à l'âge de 18 mois.

Les spécialistes ont observé que ces enfants commençaient à parler plus tard que prévu, qu'ils avaient des difficultés à transformer les sons en mots, qu'ils avaient une faible fluidité verbale lorsqu'ils racontaient une histoire et qu'ils avaient une compréhension médiocre pour leur âge chronologique.

On observe non seulement des difficultés linguistiques, mais aussi des problèmes de comportement tels que l'inattention et, chez les enfants plus âgés, un risque accru d'obésité et de troubles du sommeil en raison de l'exposition à la lumière des écrans. L'abus d'écran affecte les fonctions exécutives – qui, pour simplifier, peuvent être décrites comme les fonctions qui nous aident à apprendre et à mûrir –, qui sont altérées et ont donc un impact sur le développement cognitif de l'enfant.

Les spécialistes en pédiatrie recommandent aux parents de "revenir aux sources" et d'équilibrer l'utilisation des appareils portables par des activités plus anciennes mais plus enrichissantes pour la parole, y compris quelque chose d'aussi simple qu'une conversation – même à sens unique – et de faire de la lecture d'un livre une partie intégrante du processus éducatif.

L'étude n'a pas permis de déterminer si le type de contenu auquel les enfants étaient exposés pendant cette demi-heure par jour influençait plus ou moins le développement du langage, ni d'analyser l'influence de la présence ou non des parents.



Plus de deux heures d'écran affecte les capacités intellectuelles des enfants

Le bleu montre l'énorme sous-développement et la désorganisation
de la substance blanche d'un enfant d'âge préscolaire utilisant des écrans

Des chercheurs de l’Institut CHEO, de l'université d'Ottawa, de Carleton University dans une étude, publiée en novembre 2019 dans la revue Lancet Child and Adolescent Health, ont établi un lien direct entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances cognitives des enfants.

L’étude a porté sur 4.520 enfants de 8 à 11 ans sur 20 sites à travers les États-Unis. Les enfants qui passent plus de deux heures par jour sur les écrans ont de moins bonnes capacités cognitives que ceux dont l'exposition est plus limitée.

En moyenne, ces enfants passaient 3,6 heures par jour collés sur un écran – téléphone portable, tablette, ordinateur, télévision – au-delà des recommandations canadiennes préconisant moins de 2 heures d'écran, 9 à 11 heures de sommeil et au moins une heure d'activité physique par jour. Sur la totalité des enfants participant à l'enquête, seulement un petit Américain sur 20 (5%) coche les trois cases des recommandations canadiennes. Presque un sur trois (29%) n'en remplit aucune : sommeil suffisant, temps d'écran limité et activité physique.

Un développement cognitif appauvri

La moitié seulement (51%) des enfants dorment suffisamment, 37% passent moins de deux heures sur les écrans et 18% seulement pratiquent une heure d'activité physique par jour, selon les questionnaires remplis par les familles. Après des tests cognitifs portant sur le langage, la mémoire, la réactivité, la concentration, etc., l'étude relève un lien très net entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances des enfants.

Les chercheurs ont trouvé que plus de deux heures d'écran chez les enfants appauvrit leur développement cognitif et incitent les pédiatres, parents, éducateurs et décideurs à limiter le temps d'exposition des enfants à l'écran et à faire du sommeil une question prioritaire.

Sur les trois critères – sommeil, écran et activité physique–, le temps passé à dormir et l'exposition aux écrans sont les plus directement liés aux facultés intellectuelles des enfants, tandis que l'activité physique à elle seule n'avait pas d'impact sur la capacité cognitive, tout en étant le facteur le plus important pour une bonne santé physique de l'enfant.


Association entre le temps passé devant un écran et les diagnostics d’anxiété et de dépression chez les jeunes

Selon des psychologues de l'Université de San Diego State et de l'Université de Géorgie W. Keith Campbell, dans leur étude, publié en octobre 2018 dans la revue Preventive Medicine Reports, les jeunes âgés de 2 à 17 ans et passant plus de sept heures par jour devant un écran ont plus de risque de souffrir de dépression et d’anxiété.

Les scientifiques ont en effet constaté que le temps passé devant les écrans a une influence sur la santé mentale des jeunes. Après seulement une heure d’écran par jour, les enfants et les adolescents éprouvaient moins de curiosité, avaient moins confiance en eux, moins de stabilité émotionnelle et présentaient une plus grande incapacité à terminer des tâches.

Deux fois plus de risque de dépression et d’anxiété

Les recherches précédentes sur les associations entre le temps passé devant un écran et le bien-être psychologique des enfants et des adolescents étaient contradictoires, ce qui a amené les chercheurs à s'interroger sur les limites du temps passé à l'écran suggérées par les organisations de médecins.

Pour mieux comprendre ce lien entre temps passé devant les écrans et bien-être psychologique, les professeurs ont utilisé les données de l’Enquête américaine sur la santé des enfants, qui date de 2016. Ils ont analysé un échantillon aléatoire de plus de 40.300 enquêtes menées auprès de personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans.

Ils se sont alors aperçus que les adolescents qui passaient plus de sept heures par jour devant un écran étaient deux fois plus susceptibles que ceux qui passaient une heure de recevoir un diagnostic d'anxiété ou de dépression. Dans l'ensemble, les liens entre le temps passé devant un écran et le bien-être étaient plus importants chez les adolescents que chez les jeunes enfants.

Des jeunes plus agités, moins curieux et moins concentrés

Les adolescents ne sont cependant pas les seuls à voir leur bien-être psychologique impacté par les écrans. Ainsi, parmi les enfants en âge préscolaire – avant 3 ans –, ceux passant beaucoup de temps devant la télévision, une tablette ou un smartphone étaient deux fois plus susceptibles de perdre leur sang-froid et 46% plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils étaient excités.

Plus excités et moins enclins à savoir contrôler leurs émotions quand ils sont enfants, les jeunes ont aussi plus de mal à se concentrer et à éprouver de la curiosité quand ils grandissent. Ainsi, environ 9% des jeunes âgés de 11 à 13 ans qui passaient une heure par jour avec des écrans ne souhaitaient pas apprendre de nouvelles choses, contre 13,8% qui ont passé quatre heures à l'écran et 22,6% qui ont passé plus de sept heures avec des écrans.

Tous les âges sont concernés puisque parmi les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2% de ceux qui passaient plus de sept heures par jour à l'écran ne terminaient pas leurs tâches, contre 16,6% pour ceux passant une heure par jour et 27,7% pour ceux qui travaillaient pendant quatre heures à l'écran.

Une solution : la modération

Pour les chercheurs, il est indispensable de modérer le temps passé par nos enfants devant les écrans : pas plus de deux heures par jour, quel que soit leur âge et pas d’écrans avant l’âge de 3 ans.

En termes de prévention, ils concluent aussi qu’il est particulièrement important d’établir les causes et les conséquences d’un faible bien-être psychologique chez les enfants et les adolescents. La moitié des problèmes de santé mentale se développent à l'adolescence. Il est donc absolument nécessaire d'identifier les facteurs liés aux problèmes de santé mentale susceptibles d'intervention dans cette population, car la plupart des antécédents sont difficiles, voire impossibles à influencer. Et le temps passé devant les écrans doit impérativement être compris parmi ces facteurs. Par rapport à ces antécédents plus difficiles à résoudre en matière de santé mentale, la manière dont les enfants et les adolescents passent leur temps libre est plus susceptible de changer.


Plus de deux heures par jour d’écrans augmenterait le risque d’hypertension chez les enfants

Une équipe des chercheurs de l’Université de Saragosse et de Sao Paulo ont mené une étude, publiée dans la revue International Journal of Cardiology de novembre 2014, soulignant désormais l’effet d’une surconsommation d’écrans chez l’enfant sur le risque d’hypertension.

Cette étude s’appuie sur la cohorte d’IDEFICS (Identification and Prevention of Dietary- and Lifestyle-induced Health Effects in Children and Infants), impliquant 8 pays européens, avec près de 5200 enfants âgés de 2 à 10 ans.

Selon l’analyse conduite sur 2 ans, l’incidence cumulée de tension artérielle élevée est très importante dans cette population: 110 sur 1000 individus. Les auteurs ont calculé que la présence devant un écran – télévision, ordinateur, console – pendant plus de 2 heures d’affilée augmente le risque relatif de développer une hypertension de près de 30%. Des chiffres inquiétants car ils confirment non seulement que la sédentarité est fréquente aujourd’hui chez l’enfant et cette consommation d’écrans prédispose à des complications plus tard dans la vie, dont l’hypertension.

Pour contrecarrer ce phénomène, les auteurs préconisent la pratique d’une heure d’activité physique par jour chez l’enfant et la limitation des écrans à moins de 2 heures par jour. Et pour étayer ces recommandations, ils prennent pour point d’attention leur observation d’une augmentation du risque d’hypertension de 50% chez les enfants n’atteignant pas cet objectif quotidien.


L’exposition aux appareils numériques modifient la structure et le fonctionnement du cerveau des enfants




Des chercheurs de l’Université d’éducation de Hong Kong, de l’Université normale de Shanghai en Chine et de l’Université Macquarie en Australie ont effectué une analyse de 33 études utilisant la technologie de neuro-imagerie pour mesurer l’impact de la technologie numérique sur le cerveau des enfants de moins de 12 ans, publiée dans la revue Early Education and Development en novembre 2023.

Une revue de 23 années de recherche en neuro-imagerie indique que le temps passé par les enfants à regarder la télévision ou à jouer à des jeux informatiques peut avoir des effets significatifs et durables sur leur fonction cérébrale. Cette recherche met en évidence à la fois les impacts négatifs et positifs.

Les données de 33 études de neuro-imagerie réalisées entre 2000 et 2023 ont été regroupées

Les 33 études de neuro-imagerie analysées par les chercheurs regroupent les données de plus de 30.000 participants. Les chercheurs se sont principalement concentrés sur les enfants âgés de 12 ans et moins. Ils ont d’abord cherché les études pertinentes dans les bases de données de recherches publiées en ligne.

Les chercheurs préviennent que l’échantillon de leur étude est de petite taille puisque seulement 33 études ont été faites en deux décennies. Cette petite taille d’échantillon pourrait être due au fait que ce sujet est nouveau et émergent, et que les technologies de recherche évoluent également. Ils ont néanmoins remarqué que le cerveau des enfants est de plus en plus impacté au fil des ans, ce qui correspond à la croissance de l’utilisation des écrans depuis 2000.

Les enfants qui ont participé à ces études consommaient différents types de médias numériques de manière passive comme la télévision ou activement avec les applications sur les smartphones. Viennent ensuite les jeux vidéo en deuxième position. Les tablettes, les liseuses électroniques, l’utilisation d’Internet, le montage vidéo et la réalité virtuelle sont aussi inclus dans certaines des 33 études.

Les compétences cognitives impactées par le temps passé devant les écrans

Au total, trois conclusions majeures ont été tirées de cette étude. La première est que l’exposition aux appareils impacte à la fois la structure et la composition du cerveau des plus jeunes, mais ce n’est pas toujours négatif. La deuxième conclusion est que certaines régions du cerveau sont davantage touchées que d’autres. Enfin, cette étude indique que les changements dans le cerveau semblent persister à long terme.

En ce qui concerne les régions du cerveau les plus touchées, les chercheurs notent que la zone la plus vulnérable est le cortex préfrontal et sa fonction exécutive associée. Cela correspond aux compétences cognitives de haut niveau telles que la résolution de problèmes, la planification, la prise de décisions, la mémorisation d’informations, etc.

Certaines recherches prouvent que le temps passé devant les écrans impacte négativement les fonctions cérébrales comme l’attention et la cognition. Les connexions qui permettent aux différentes zones du cerveau de communiquer sont aussi touchées. Plus précisément, les jeux vidéo pourraient causer une diminution du volume cérébral. L’utilisation de tablettes chez les enfants pourrait avoir un effet négatif sur le fonctionnement cérébral et la résolution de problèmes.

Les écrans et les jeux vidéo ont aussi du positif pour le cerveau des enfants

Tous les résultats ne sont pas négatifs. Certaines recherches publiées ces dernières années ont également trouvé des aspects positifs liés à l’utilisation des écrans. Ces derniers peuvent effectivement améliorer le développement des enfants, notamment en ce qui concerne leur concentration et leur apprentissage. Une étude spécifique affirme ainsi que les jeux vidéo peuvent améliorer les compétences cognitives et les fonctions exécutives.

En fin de compte, cette étude ne noircit pas complètement le tableau. Les écrans peuvent incontestablement avoir un effet négatif sur le développement du cerveau, mais ils peuvent également apporter des bienfaits. Selon les chercheurs la solution n’est pas forcément de limiter le temps passé devant les écrans. Cela risque en plus de causer des conflits avec ses enfants. Des stratégies plus innovantes, conviviales et pratiques pourraient être développées et mises en œuvre. Ils suggèrent que l’utilisation du numérique par les enfants devrait être mieux encadrée. Les adultes devraient aussi recevoir un soutien et des conseils appropriés.

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Les résultats de ces études confirment qu'un temps d'écran excessif peut avoir des conséquences sur le développement des enfants, et que plus les enfants de moins de 3 ans passent de temps devant des écrans, plus ils risquent d'avoir des retards dans le développement du langage et de la parole.

La communauté médicale (pédiatres, neuro-pédiatres, psychologues et orthophonistes) déconseille tous les types d'écrans avant l'âge de 3 ans, mais les téléphones portables et les tablettes sont encore plus nocifs car l'adulte perd le contrôle de ce que l'enfant regarde. Dans le cas de la télévision, il est plus facile de les surveiller et surtout d'interagir avec eux.

Entre 3 et 6 ans, il est conseillé d'introduire des contenus éducatifs et un maximum d'une heure de télévision ou d'appareils électroniques par jour.

Priver les enfants de l'accès aux écrans n'est pas la solution, car ils font partie de notre vie quotidienne ; de plus, une bonne utilisation des écrans peut être positive, et peut également les aider dans leur apprentissage :

* l’amélioration des réflexes,
* la coordination visuo-motrice,
* la résolution de problèmes,
* le raisonnement logique,
* l'orientation dans l'espace et de la stratégie.

Sans vouloir être alarmiste, mais en faisant appel à la réflexion et au bon sens, il est important de s'informer et d'essayer d'appliquer une utilisation modérée et responsable. Nous devrions doser le temps et l'utilisation des appareils technologiques, ainsi que la sélection de contenus ludiques et éducatifs, en les accompagnant toujours et sous surveillance numérique au moins jusqu'à l'âge de 6 ans.

Nous savons que les trois premières années sont fondamentales pour le développement de la parole et du langage, et que cela s'apprend en interagissant avec d'autres personnes. Les écrans ne remplacent pas cette interaction personnelle.

Passer plus de temps avec les enfants, interagir avec eux, lire des histoires, parler, jouer, faire n'importe quelle activité de loisir en dehors de la maison, et même utiliser des appareils technologiques ensemble, contribuera à renforcer leurs compétences linguistiques et à améliorer leur vocabulaire :

* Rechercher des programmes éducatifs de haute qualité, ceux qui s'adressent directement aux enfants sont utiles pour apprendre de nouveaux mots et de nouveaux sons.

* Diriger l'attention sur un contenu spécifique et poser des questions ouvertes sur ce qu'ils regardent, ce qui se passe et renforcer les concepts pour stimuler leur apprentissage.

* Utiliser les appareils pour discuter par vidéo avec la famille, les amis et les camarades de classe. Utiliser ces connexions sociales pour encourager l'expression verbale. Même les enfants de moins de 18 mois peuvent profiter de ces moments pendant un certain temps.

Ne pas interdire mais accompagner l’usage des écrans

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif. Même chez les bébés de moins de trois ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans.

On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition passive, comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques.

Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'auto-réguler. Quant aux jeux vidéo en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois pathologiques, ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.


Comment protéger ses enfants d’un usage excessif ?

Les écrans ne sont pas mauvais par nature. C’est leur usage qui peut l’être. L’enjeu n’est donc pas de les bannir mais d’apprendre à nos enfants à les gérer en fixant dès leur plus jeune âge des règles de bon usage. Ces règles doivent bien sûr être définies à la maison, par les parents, mais elles doivent aussi être enseignées à l’école.

Certains conseils peuvent aider les parents dans leur rôle d’éducation au bon usage des écrans :

* Limiter le temps d’exposition aux écrans. L’enjeu n’est pas de définir un temps limite de façon autoritaire et unilatérale mais d’impliquer l’enfant dans un processus d’autorégulation afin de le rendre autonome et de limiter ses risques de perte de contrôle à l’âge adulte. Serge Tisseron suggère ainsi aux parents d’inciter leurs enfants, dès l’âge de 9 ans, à reporter dans un petit carnet le temps passé devant les écrans. L’avantage est que cela permet à l’enfant de prendre conscience du temps réel passé devant les écrans car ce temps est souvent sous-estimé.

* S’intéresser à la pratique numérique de ses enfants en engageant avec eux un dialogue et en les accompagnant dans leurs découvertes. Cela consiste à parler avec eux de ce qu’ils découvrent à travers les écrans pour les aider à développer leur intelligence narrative. Mais il s’agit aussi de les accompagner dans le choix des programmes et jeux. Le plus grand danger est de laisser un enfant seul face aux écrans.

* Utiliser les écrans pour développer leur créativité en orientant ses enfants vers des activités de création – apprendre à dessiner, à faire des photographies, des origamis…

* Donner le bon exemple en s’imposant également une autodiscipline : comment expliquer à ses enfants la nécessité de s’auto-réguler si l’on est soi-même suspendu en permanence à son téléphone ou à sa tablette ? Pensez à vous déconnecter le soir à la maison, ou à table en famille, pour votre bien et celui de vos enfants. On sait en effet que le développement d’un enfant se structure autour de ses capacités d’imitation et d’attention à l’autre. Si ses parents sont captivés par leur téléphone, il aura tendance à s’y intéresser également. De même, manipuler son téléphone tout en s’occupant de son enfant, contribue à appauvrir les échanges avec celui-ci.

Il est indispensable de fixer un cadre et de définir des limites adaptées à chaque période de la vie. De même que la diversification alimentaire doit se faire en douceur, l’introduction des écrans dans la vie des enfants doit se faire de façon progressive en tenant compte des besoins propres à chaque âge.

Avant 3 ans : évitez la télévision et les écrans non interactifs car ils contribuent à renforcer la passivité des jeunes enfants et à les éloigner de ceux dont ils ont fondamentalement besoin à cet âge : interagir avec leur environnement en utilisant leurs sens – toucher, voir, entendre, bouger… Les tablettes tactiles, interactives par nature, peuvent être introduites mais ne doivent en aucun cas se substituer aux jeux traditionnels ni être manipulées par les enfants sans accompagnement.

A partir de 3 ans : la télévision peut être introduite mais avec modération. Elle ne doit en particulier pas être placée dans la chambre de l’enfant, les programmes doivent être choisis avec les enfants, en respectant les âges recommandés sur les programmes et la durée d’exposition doit être fixée au préalable.

Entre 3 et 6 ans : n’offrez pas de console de jeu personnelle à votre enfant. Evitez également de placer un ordinateur ou un poste de télévision dans la chambre de votre enfant. Limitez le temps d’écran en fixant des règles claires sur le moment durant lequel ils peuvent être utilisés et la durée d’utilisation. Privilégiez le jeu à plusieurs ou en famille plutôt que de laisser votre enfant seul face à son écran, au risque que son attitude devienne compulsive et qu’il se réfugie dans les écrans pour fuir le monde réel.

Entre 6 et 9 ans : fixez un temps d’écran autorisé et laissez la liberté à l’enfant de le répartir comme il le souhaite. Veillez à ce qu’il continue à consacrer du temps à des activités hors écrans. Commencez à lui parler de la notion de droit à l’image et de droit à l’intimité.

A partir de 9 ans : initiez votre enfant à Internet. Accompagnez-le dans cette découverte et expliquez-lui les dangers d’Internet en insistant notamment sur le fait que tout ce qui est mis sur le web peut tomber dans le domaine public, ne peut pas être effacé et n’est pas nécessairement vrai. Continuez à fixer une durée autorisée en laissant l’enfant la répartir comme il souhaite entre les différents écrans. Informez-le de l’âge à partir duquel il pourra disposer de son propre téléphone portable.

Après 12 ans : vous pouvez laisser votre enfant naviguer seul sur le web à condition qu’il ait bien intégré les risques liés à cette pratique et que vous définissiez un cadre : fixez ensemble les moments de connexion autorisés, en évitant les connexions nocturnes et illimitées depuis sa chambre. Informez-le sur les dangers de la pornographie et du harcèlement, discutez avec lui de ce que la loi autorise en terme de téléchargement, apprenez-lui à respecter la signalétique PEGI (Pan European Game Information) qui attribue à chaque jeu un âge spécifique.



Dans un monde où les parents passent bien plus de 30 minutes par jour devant l'écran de leur téléphone 
– que ce soit pour le travail ou pour de simples loisirs – le défi parental consistant à trouver l'équilibre 
entre le divertissement technologique des enfants et leur développement intellectuel,
 représente probablement l'un des plus grands défis de notre époque


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