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mercredi 27 novembre 2024

L'activité Physique et la Santé Cérébrale Sont Étroitement Liées



La réalisation d’activités physiques régulières contribue à la santé et 
au développement du cerveau, tant chez le jeune que l’adulte vieillissant


L’exercice et la santé cérébrale sont étroitement liés. En effet, tout comme les muscles des bras et des jambes, le cerveau fonctionne de façon optimale quand on fait de l’exercice régulièrement. Malgré le fait qu’aucun appareil du gym ne fait travailler le cerveau, celui-ci tire tout de même des bienfaits de l’activité physique.

Au-delà des exercices physiques et sportifs, les activités de la vie quotidienne comme marcher, monter les escaliers ou encore faire le ménage peuvent aussi contribuer à la santé de notre cerveau.

En plus d’être bénéfique pour notre corps, l’activité physique joue aussi un rôle crucial, souvent insoupçonné, dans le développement et la modification de notre cerveau. À travers la naissance de nouveaux neurones – la neurogenèse – et la création de connexions entre les neurones – la synaptogenèse – et de vaisseaux sanguins qui améliorent l’irrigation du cerveau – angiogenèse –, l’activité physique sculpte le cerveau au même titre que le muscle et participe à améliorer nos capacités cognitives. Notre cerveau est le chef d’orchestre de notre corps, en organisant nos mouvements et nos actions.

Les chercheurs se concentrent actuellement sur la création d'une recette idéale et motivante pour l'entraînement des seniors qui combine à la fois des exercices physiques et cognitifs.

Se concentrer, acquérir des connaissances, raisonner, s’adapter et interagir avec les autres : toutes ces facultés qui permettent d’être en interaction avec l’environnement sont regroupées dans ce que l’on appelle les capacités cognitives. Elles jouent un rôle crucial dans les activités de la vie quotidienne et permettent de maintenir une bonne qualité de vie.

Leur détérioration, au même titre que celle des fonctions physiques, affecte la qualité de vie et perturbe le quotidien des personnes. Il est important de solliciter un maximum notre cerveau afin qu’il reste efficace le plus longtemps possible.

Cognition et bien-être améliorés grâce à l’activité physique

À travers ces modifications structurales – c’est-à-dire la neurogénèse, la synaptogenèse et l’angiogenèse –, les impacts de l’activité physique sont multiples.

Sur le plan cognitif, de nombreux travaux ont mis en lumière une amélioration significative de la mémoire, de l’attention, de la vitesse de traitement de l’information et même de la créativité chez les individus physiquement actifs. Ces changements fonctionnels sont le résultat direct des modifications structurelles et physiologiques induites par l’activité physique. Des effets bénéfiques ont également été observés sur la prévention du déclin cognitif lié à l’âge.

Une méta-analyse – un travail de recherche qui mène une analyse statistique en combinant les données de différentes études – comprenant 15 études longitudinales et totalisant 33 816 participants âgés de plus de 55 ans (sans antécédents de démence) a été conduite pour évaluer l’influence de l’activité physique sur le déclin cognitif. Les résultats montrent que les individus pratiquant une activité physique régulière et soutenue diminuaient de 38 % le risque de développer des troubles cognitifs comparés aux individus sédentaires.

Sur le plan émotionnel, l’activité physique influence également notre santé mentale, en réduisant les symptômes de la dépression et de l’anxiété, grâce à la régulation de certains neurotransmetteurs, tels que la sérotonine et la dopamine.

Des résultats récents ont par ailleurs mis en évidence que les bénéfices de l’activité physique sur le plan émotionnel étaient particulièrement importants chez des individus ayant un faible niveau d’activité physique antérieur.

De plus, étant donné que la dépression et l’anxiété nuisent à des aspects importants de notre cognition – comme l’attention, la concentration, la mémoire, la vitesse de traitement de l’information ou encore la prise de décision –, l’activité physique peut jouer un rôle protecteur pour les individus touchés par ces troubles.

Désormais, les mécanismes à l’œuvre au niveau cérébral quand on pratique une activité physique sont bien connus. Pour bénéficier pleinement de ces effets, il n’est pas nécessaire de devenir un athlète de haut niveau : une routine d’activité physique modérée mais régulière est suffisante.


Mécanismes cérébraux qui sont à l’œuvre


L’activité physique régulière ne se contente pas de remodeler notre silhouette, mais façonne également l’architecture même de notre cerveau. La recherche actuelle établit un lien entre l’exercice régulier et l’amélioration de la fonction cérébrale. Le fait de bouger aussi peu que de 30 à 45 minutes par jour suffit à déclencher une cascade de bienfaits pour le maintien de la mémoire.

La naissance de nouveaux neurones

La naissance de nouveaux neurones ou neurogenèse a été pendant longtemps considérée comme un processus se limitant à la période de développement embryonnaire. Toutefois, des études ont montré que l’exercice physique stimule la neurogenèse chez l’adulte, et ce particulièrement dans l’hippocampe, une structure clé dans les processus de mémorisation et d’apprentissage.

Parallèlement, les activités nécessitant un apport important en oxygène, comme la course à pied ou la natation, favorisent la libération de facteurs de croissance tels que le BDNF – Brain-Derived Neurotrophic Factor ou facteur neurotrophique dérivé du cerveau –, des protéines essentielles à la survie et à la croissance des neurones existants ainsi qu’au développement de nouvelles cellules cérébrales.

Protéines et neurotransmetteurs libérés pendant l'exercice

Le BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) est une protéine qui protège et favorise la croissance des neurones, les aidant à communiquer entre eux. Il contribue également à la construction et à l'entretien des circuits de notre cerveau.

Le VEGF (facteur de croissance de l'endothélium vasculaire) est une protéine qui favorise la santé des vaisseaux sanguins.

La dopamine est un neurotransmetteur que notre cerveau produit lorsque nous faisons quelque chose d'agréable, faisant ainsi partie de notre “système de récompense” qui nous motive à nous engager dans des activités. Elle joue un rôle dans la mémoire, l'attention, l'humeur, l'apprentissage, le comportement et la cognition.

De faibles niveaux de dopamine sont associés à de nombreuses maladies, notamment le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et la maladie de Parkinson. Des niveaux élevés de dopamine, en revanche, sont associés à la dépendance, à la manie et à l'obésité.

Lorsqu'il y a trop d'activité dopaminergique dans certaines régions du cerveau et pas assez dans d'autres, on parle de “dysrégulation dopaminergique”. La schizophrénie en est un exemple.

La norépinéphrine (noradrénaline) est un neurotransmetteur et une hormone liée à notre réaction de “lutte ou de fuite” qui aide à maintenir la tension artérielle et la vigilance en cas de stress. Elle agit également sur l'humeur, la mémoire, le cycle du sommeil et l'attention.

De faibles niveaux de noradrénaline sont associés à l'anxiété, à la dépression, au TDAH et à des problèmes de mémoire et de sommeil. Des niveaux élevés de noradrénaline sont associés à l'hypertension artérielle et à un risque accru de dommages au cœur, aux vaisseaux sanguins et aux reins.

La sérotonine est un neurotransmetteur et une hormone. En tant que neurotransmetteur, elle régule l'humeur, contribue à la qualité du sommeil et favorise la digestion. Nos “sensations instinctives” peuvent être dues à l'activité de la sérotonine dans notre tractus gastro-intestinal et notre cerveau. La sérotonine est également liée au contrôle des impulsions et à l'estime de soi. Un faible taux de sérotonine est fortement associé à la dépression et à l'anxiété.

Une augmentation du volume cérébral à tous les âges

D’autres recherches ont montré que l’activité physique régulière modifie aussi la structure de notre cerveau : elle augmente le volume de certaines structures cérébrales, notamment de l’hippocampe et des régions préfrontales. L’hippocampe – situé dans le lobe temporal – est une structure essentielle pour la mémoire et l’apprentissage tandis que le cortex préfrontal est impliqué dans des fonctions dites exécutives – de haut niveau – telles que le raisonnement, la planification, l’inhibition, la prise de décision, la résolution de problèmes.

Ces changements ont été observés quel que soit l’âge des sujets, tant à l’âge adulte, dans l’enfance, l’adolescence et même chez les personnes âgées. Chez ces derniers, la pratique régulière d’une activité physique pourrait constituer un facteur neuroprotecteur du risque de développer des pathologies neurodégénératives. La réalisation d’activités physiques régulières contribue à la santé et au développement du cerveau, tant chez le jeune que l’adulte vieillissant.

Des travaux chez l’animal suggèrent que ces changements structurels pourraient s’accompagner d’une amélioration de la connectivité entre les différentes zones du cerveau – en créant de nouvelles synapses, ces régions où ont lieu les interactions entre cellules nerveuses –, ce qui rendrait la communication plus efficace entre neurones.

Une meilleure oxygénation et irrigation

L’activité physique améliore l’irrigation du cerveau. En augmentant le débit sanguin, l’activité physique – en particulier aérobie – stimule la création de nouveaux vaisseaux sanguins. Ce processus, nommé angiogenèse, améliore l’efficacité de l’apport d’oxygène et de nutriments aux neurones.

Un moteur de la plasticité cérébrale

En stimulant la création de nouveaux neurones et la formation de connexions synaptiques, l’activité physique agit comme un puissant moteur de la plasticité cérébrale. On nomme “plasticité cérébrale” la capacité du cerveau à se remodeler en réponse aux stimulations de l’environnement, en modifiant la force des connexions entre les neurones ou en formant de nouvelles voies neuronales.

Cette adaptabilité du cerveau est cruciale pour l’apprentissage, la mémoire, mais aussi la réorganisation après une lésion cérébrale. Cette capacité est essentielle tout au long de la vie, permettant des améliorations cognitives et une résilience accrue face au vieillissement et aux maladies neuro-dégénératives.

Dans le contexte de pathologies neurologiques telles que la sclérose en plaques, l’activité physique adaptée se révèle être un outil précieux, non seulement pour la réhabilitation motrice, mais aussi pour la réhabilitation cognitive.


Les bénéfices de l’activité physique sur les capacités cognitives après 60 ans



De nombreux travaux ont montré que l’activité physique améliorait les capacités cognitives, même après 60 ans. Gain de mémoire, meilleure réactivité, plus fortes capacités de planification : les bénéfices sont multiples.

Malgré cela, les seniors restent peu nombreux à pratiquer de l’activité physique adaptée à leur situation de santé, de manière suffisamment soutenue. Le manque d’envie, d’accessibilité et d’attractivité des pratiques font partie des barrières de l’engagement dans un style de vie actif.

L’offre d’activité physique ainsi que les recherches dans ce domaine ont longtemps tourné autour du même triptyque : gymnastique douce, marche, yoga. Cependant, la combinaison de différentes composantes à l’entraînement peut générer des gains supérieurs.

L’exercice fait augmenter la taille de l’hippocampe

L’hippocampe est la zone du cerveau responsable de l’apprentissage et de la mémoire verbale. Lorsque vous faites de l’exercice, le volume de l’hippocampe augmente : il croît, littéralement. Les neurones dans l’hippocampe se densifient et les connexions de cette région se renforcent grâce à l’activité physique.

L’hippocampe est la première zone du cerveau à perdre de la vigueur avec l’âge. L’exercice régulier aide à maintenir son acuité et le protège contre le déclin normal associé au vieillissement.

Il suffit d’à peine 10 minutes d’exercice léger à modéré pour renforcer les connexions entre les neurones et les régions du cerveau dédiées à la mémoire.

L’amélioration des connexions dans l’hippocampe peut mener à de meilleurs résultats aux tests de mémoire et de compétences cognitives. De brèves séances d’exercice peuvent même favoriser la mémorisation. Cela peut notamment signifier la capacité à vous rappeler où vous avez garé la voiture, ou quels sont vos rendez-vous pour la journée.

L’entraînement réduit la production d’hormones liées au stress qui inhibent l’activité cérébrale

Bon nombre de personnes se soulagent du stress en faisant une marche ou en allant courir. Lorsque vous êtes stressé, votre cerveau l’est également, et l’exercice est un outil puissant pour relaxer votre esprit.

L’activité physique entraîne une réduction de la production des hormones du stress – le cortisol et la norépinéphrine en particulier – qui s’accumulent dans votre cerveau lorsque vous avez des inquiétudes et que vous vivez de l’anxiété. Lorsqu’elles sont présentes en trop grande quantité, les hormones du stress peuvent entraîner de la léthargie et des difficultés de concentration, ce qui peut ralentir vos compétences cognitives et atténuer votre puissance cérébrale.

Les endorphines libérées dans votre cerveau après l’exercice le débarrassent des hormones du stress et améliorent votre humeur. L’exercice et les endorphines stimulent également la croissance de l’hippocampe.

L’exercice favorise un sommeil de qualité

L’exercice contribue à améliorer votre esprit en vous aidant à bien dormir la nuit. En effet, le fait de relever des défis physiques chaque jour facilite l’assoupissement.

Un sommeil réparateur améliore également la clarté mentale et les fonctions exécutives. Vous avez besoin d’un sommeil de qualité pour être en mesure de vous concentrer, prendre des décisions et gérer vos émotions. Même si le cerveau continue de travailler pendant que vous dormez, le sommeil lui procure une pause nécessaire en lui permettant de se reposer et de se préparer pour les tâches à venir.

Après une bonne nuit de sommeil, le cerveau est au maximum de sa capacité, les capacités cognitives sont aiguisées et la mémoire est renforcée.

L’exercice aérobique déclenche la libération des facteurs de croissance

La mémoire dépend des voies neuronales et des connexions profondes dans le cerveau. Le cerveau a besoin de protéines, appelées les facteurs de croissance, pour créer de nouvelles connexions et renforcer celles qui existent déjà.

Le mouvement déclenche la libération du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF). Cette protéine aide le cerveau à synthétiser de nouvelles cellules et à préserver celles qui vieillissent. Le BDNF est également responsable de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans le cerveau et autour de celui-ci, ce qui permet une circulation plus importante de nutriments et de sang dans cette région. Le taux de BDNF augmente chaque fois que vous faites de l’exercice, même pendant seulement quelques minutes.

L’exercice régulier ralentit le vieillissement cérébral

Le fait de vieillir ne veut pas nécessairement dire que le cerveau doit ralentir. Il y a des modifications que vous pouvez apporter à votre style de vie afin de préserver votre mémoire et votre acuité mentale. L’habitude de faire de l’exercice tout au long de la vie peut vous aider à garder un cerveau en santé plus tard.

La recherche montre que les adultes d’un certain âge qui ont fait régulièrement de l’exercice durant leur jeunesse ont constamment de meilleurs résultats que leurs pairs aux tests de mémoire et de capacités cognitives. En fait, leurs résultats sont comparables à ceux d’autres personnes qui ont jusqu’à dix ans de moins qu’eux.

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Routine d’activité physique à adopter

Les experts et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandent au moins 150 minutes d’activité aérobie d’intensité modérée par semaine ou 75 minutes d’activité plus intensive combinée à des exercices de musculation deux fois par semaine. Par jour, entre 5.000 et 7.000 pas sont recommandés chez l’adulte.

Au-delà des exercices physiques et sportifs, correspondant à toutes activités aérobiques, qui nécessitent un apport important en oxygène comme la course à pied ou la natation, ou musculaires planifiées, structurées et répétitives, avec ou sans compétitions, l’activité physique comprend également les activités de la vie quotidienne : marcher, monter les escaliers, tondre la pelouse, jardiner, faire le ménage…

Courir, nager, danser – mais aussi tondre la pelouse, promener son chien, ou prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur – sont autant d’activités accessibles qui peuvent contribuer à la santé de notre cerveau.

Trois ingrédients pour entraîner le cerveau des seniors

* Intégrer une stimulation physique et motrice complexe d’intensité au moins modérée

Une activité physique d’endurance, avec une intensité d’effort au moins modérée, peut non seulement améliorer la santé cardiorespiratoire mais aussi rendre le cerveau plus performant. Elle génère une amélioration de l’aptitude cardiovasculaire, ce qui permet au cerveau de recevoir plus d’oxygène. Des travaux de recherche ont montré que cela peut également s’accompagner de la création de nouveaux neurones dans l’hippocampe, siège de la mémoire.

Il est nécessaire de combiner les programmes qui excellent pour améliorer les fonctions cognitives à des exercices de renforcement musculaire, de souplesse et d’équilibre pour entraîner des bénéfices supérieurs. De plus, les chercheurs insistent sur l’intérêt d’ajouter des situations nécessitant des habiletés motrices complexes et de la coordination car elles solliciteraient notablement les fonctions cognitives : la mémoire, l’attention ou la flexibilité mentale, notamment chez les personnes âgées.

* Intégrer une stimulation cognitive dans l’entraînement

C’est la stimulation qui fait appel aux fonctions cognitives, comme retenir une information pendant un temps et l’exécuter, anticiper des actions, mettre en place une stratégie, etc. Lorsque la stimulation cognitive est associée à l’activité physique, cela peut produire des effets synergiques et, de ce fait, être plus efficient sur les fonctions cognitives.

* Intégrer des activités collectives qui entraînent des interactions sociales


Le fait de pratiquer au sein d’un groupe susciterait une augmentation de l’observance à un programme, c’est-à-dire de l’assiduité dans le suivi de ce programme. L’attractivité inhérente aux activités physiques proposées doit être un levier pour engager les personnes dans la pratique physique.

Deux types de pratiques pourraient s’avérer intéressantes et font actuellement l’objet de recherche auprès des seniors :

Opter pour des sports collectifs de coopération et d’opposition

Les sports collectifs offrent bien plus que de simples séances d’exercice physique. Ils sollicitent l’endurance cardiorespiratoire mais engagent également l’ensemble de la condition physique. Ils peuvent convenir même après 60 ans, s’ils sont réalisés et encadrés de manière adaptée.

Sur le plan cognitif
, ces activités créent des situations toujours nouvelles, riches et stimulantes. Cette double combinaison de stimulations s’appelle l’entraînement simultané. Plusieurs chercheurs mettent en lumière l’importance de cet engagement cognitif dans les sports collectifs et encouragent leur pratique, en particulier chez les personnes âgées.

Des études récentes, comme celle menée en 2022 par des chercheuses françaises, ont montré que la participation à des sports collectifs améliorait la mémoire visuo-spatiale, qui permet, par exemple, de se rappeler l’emplacement de certains objets pendant un temps limité à court terme et les capacités de planification chez les personnes âgées.

Pratiquer les jeux vidéo qui font bouger le corps : les Exergames

Ces jeux vidéo appelés “exergames” nécessitent que les joueurs bougent leur corps pour interagir avec les jeux. Ils portent ce nom en référence à la contraction d’“exercise” (exercice) et “games” et ont été popularisés depuis les années 2000 avec des consoles comme la Wii et la Switch de Nintendo ou la Kinect de Microsoft.

Ils sont conçus pour solliciter différents aspects de la condition physique, comme l’équilibre, l’endurance, la force et la coordination, tout en stimulant simultanément les fonctions cognitives. Chez les seniors, plusieurs recherches montrent que ce type d’entraînement est efficace pour améliorer de nombreuses capacités physiques et cognitives.

Courant 2020, une nouvelle génération d’exergames est apparue, utilisant des murs interactifs pour créer une expérience de jeu encore plus immersive, telle que Neo-One de Neo Xperiences, l’ExerCube de Sphery ou l’Aire interactive de Lü. Dans ces jeux qui mêlent mondes réels et virtuels, des objets physiques, comme des ballons, et numériques coexistent et interagissent en temps réel.

Une étude récente a comparé un programme d’exergames assisté par un mur immersif à un programme de marche et de renforcement musculaire. Ses résultats suggèrent que cette nouvelle génération d’exergames peut se révéler plus efficace sur les capacités cognitives que des entraînements classiques.

Choisissez l’exercice aérobique ou anaérobique pour avoir un cerveau en bonne santé

Les activités énergiques comme le tennis, le vélo, la natation et le soccer font monter la fréquence cardiaque au-dessus de sa fréquence normale au repos. Les mouvements de ce type entrent dans la catégorie des exercices aérobiques et sont excellents pour faire circuler le sang rapidement dans tout l’organisme. L’exercice aérobique et la santé cérébrale vont de pair.

Les mouvements au rythme rapide font augmenter le flux sanguin dans la tête et le cou, fournissant ainsi au cerveau de l’oxygène et des nutriments en abondance.

L’exercice anaérobique donne des résultats similaires. Les exercices qui travaillent la force et la résistance sont également d’excellents entraînements pour le cerveau.

Il n’est même pas nécessaire de se donner à fond pour récolter des bienfaits pour votre cerveau. En fait, des activités comme le yoga, le tai-chi et d’autres sports à faible impact accroissent la capacité de concentration tout en abaissant le niveau de stress.

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Effets de l’intervention avec l’exercice sur les fonctions cognitives dans des populations en bonne santé

Des chercheurs de l’Université du sport de Shanghai ont effectué une méta-analyse, publiée dans Elsevier en décembre 2023, pour évaluer les effets de l’exercice sur les fonctions cognitives dans des populations en bonne santé.

L'intervention par l'exercice chronique est une thérapie non pharmacologique suggérée pour améliorer la fonction cognitive dans diverses populations. Cependant, peu de méta-analyses ont évalué les bénéfices cognitifs associés à toutes les variables FITT-VP (fréquence de l'exercice , intensité , durée de l' exercice , type , volume ou durée totale de l'intervention et progression) dans des populations en bonne santé selon l'âge.

Ainsi, cette méta-analyse a évalué les effets de chaque variable FITT-VP sur la fonction cognitive chez les enfants, les adultes et les personnes âgées en bonne santé. Cette étude a suivi les directives PRISMA. Après avoir effectué des recherches dans PubMed et le Web of Science, les chercheurs ont inclus 54 essais contrôlés randomisés pour examiner les effets des variables FITT-VP sur cinq domaines cognitifs : la cognition globale, la fonction exécutive, la mémoire, l'attention et le traitement de l'information.

Les analyses de modération ont évalué les effets par âge et par chaque variable d'exercice. L'exercice a bénéficié à la cognition globale et à tous les domaines sous-cognitifs. Les exercices d'aérobie et de résistance ont montré respectivement les plus grands avantages sur la cognition globale et la fonction exécutive, tandis que les exercices corps-esprit ont bénéficié à la mémoire. Parmi toutes les populations, les personnes âgées ont montré les plus grands bénéfices de l'exercice sur la cognition globale, la fonction exécutive et la mémoire par rapport aux témoins.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets de l'exercice sur l'attention et le traitement de l'information. Cette méta-analyse offre de nouvelles informations sur les relations entre la cognition et les variables d'exercice FITT-VP dans des populations en bonne santé.


Impact d’un programme d’activité physique de coopération et d’opposition sur les fonctions cognitives de personnes âgées

Des chercheuses de l’Université Paris Cité ont réalisé une étude, publiée dans Elsevier en juin 2022, afin d’évaluer si l’activité physique de coopération avec un ou plusieurs partenaires et d’opposition avec un ou plusieurs adversaires peut générer des bénéfices cognitifs chez les personnes âgées.

La méthode pré-test – entraînement (3 mois) – post-test a été utilisée, comparant un groupe intervention à un groupe contrôle passif. Les sujets ont réalisé une batterie de tests évaluant leurs fonctions cognitives et leurs capacités fonctionnelles afin d’évaluer l’impact cognitif et physique du programme.

L’étude a été réalisée auprès de 15 personnes âgées. Le groupe contrôle comportait 8 femmes et le groupe intervention 6 femmes et 1 homme.

La première étape de l’analyse a consisté à vérifier si les deux groupes ne présentaient pas de différences avant le programme. Pour l’ensemble des tests – fonctions cognitives et capacités fonctionnelles – et des variables indépendantes.

Les scores de progrès – résultats post-test – pré-test – ont été calculés pour les deux groupes. Une amélioration de la planification et de la mémoire visuo-spatiale à court terme a été constatée pour le groupe intervention. Il n’y a pas eu de modification de la mémoire de travail visuo-spatiale, de l’inhibition et de la flexibilité mentale. L’équilibre dynamique est conservé pour le groupe intervention, alors qu’il est détérioré chez les sujets du groupe contrôle.

Cette étude exploratoire a montré des améliorations significatives sur deux fonctions cognitives – planification et mémoire visuo-spatiale à court terme – pour les sujets ayant suivis le programme de coopération et d’opposition. Les recherches à propos des bénéfices chroniques de l’activité physique montrent une relation positive entre la pratique d’une activité physique régulière et la vitalité cognitive des personnes âgées. Le travail cognitif et l’environnement riche émanant de la coopération et de l’opposition peuvent être à l’origine de l’amélioration des fonctions cognitives.

Ces résultats laissent présager que la coopération et l’opposition pourraient être des leviers intéressants à inclure dans un programme de stimulations afin d’améliorer certaines fonctions cognitives chez les personnes âgées. Seules de futures expérimentations permettront de le confirmer.


Les effets à long terme de l'exercice sur la cognition pour les individus en bonne santé

Des chercheurs de l’Université de Bâle ont publié, dans Nature Human Behaviour en mars 2020, une revue systématique et méta-analyse portant sur les modérateurs des effets à long terme de l'exercice sur la cognition pour les individus en bonne santé.

La fonction cognitive étant liée à la réussite scolaire, à la réussite professionnelle et à la santé mentale, il est nécessaire de comprendre comment les avantages cognitifs de l’exercice à long terme peuvent être optimisés.

La méta-régression comprenait 80 essais contrôlés randomisés et examinait les modérateurs des effets de l'exercice sur la cognition chez des individus en bonne santé. L’effet résumé était faible et ne différait pas entre les domaines cognitifs.

Des bénéfices plus élevés de l’exercice sur la fonction cognitive ont été constatés après un exercice de coordination par rapport à d’autres types d’exercice. Avec une durée d'intervention plus longue, la taille de l'effet augmentait avec la durée de la séance. L'exercice était moins efficace chez les femmes que chez les hommes, et la relation dose-réponse différait entre les sexes.

Les résultats suggèrent un effet général de l'exercice sur la cognition, plutôt que spécifique à un domaine  qui est influencé par le sexe, le type d'exercice et les relations réciproques entre les paramètres de dose. Les chercheurs formulent des recommandations spécifiques au sexe sur la manière dont les bénéfices cognitifs peuvent être optimisés en fonction de l'intensité de l'exercice, de sa progression et du type d'exercice.


L'efficacité de l'exercice aérobique et de l'entraînement en résistance pour les troubles et les constructions liés à l'anxiété

Des chercheurs du Département de psychologie de l’Université de Regina au Canada, ont publiée, dans Elsevier en décembre 2017, un essai contrôlé randomisé sur l'efficacité des différentes modalités d'exercice et des prédicteurs de changement.

Au total, 48 personnes souffrant de troubles liés à l'anxiété ont été randomisées pour suivre des exercices d'aérobie, un entraînement en résistance ou une liste d'attente. Les symptômes des troubles liés à l'anxiété, les concepts associés et le plaisir de l'exercice ont été évalués avant l'intervention et chaque semaine pendant l'intervention de 4 semaines. Les participants ont été évalués en outre 1 semaine et 1 mois après l'intervention.

Les deux modalités d’exercice se sont révélées efficaces pour améliorer l’état des troubles. De plus, l’exercice aérobique a amélioré la détresse psychologique générale et l’anxiété, tandis que l’entraînement en résistance a amélioré les symptômes spécifiques au trouble, la sensibilité à l’anxiété, la tolérance à la détresse et l’intolérance à l’incertitude. La condition physique prédisait une réduction de la détresse psychologique générale pour les deux types d’exercice et une réduction du stress pour l’exercice aérobique.

Les résultats mettent en évidence l’efficacité de différentes modalités d’exercice pour traiter de manière unique les symptômes et les concepts des troubles liés à l’anxiété.

Les objectifs du présent essai étaient les suivants :

* Quantifier les effets de l'exercice aérobique et de l'entraînement en résistance sur l'état, les symptômes et les concepts des troubles liés à l'anxiété, y compris les troubles anxieux, le trouble obsessionnel-compulsif et le trouble de stress post-traumatique.

* Évaluer si les deux modalités d'exercice étaient équivalentes.

* Déterminer si le plaisir de l'exercice et la forme physique sont associés à la réduction des symptômes.

Le présent essai est le premier à étudier l'efficacité de différents types d'exercices sur les troubles liés à l'anxiété et les concepts associés et à utiliser une conception contrôlée randomisée. L’exercice aérobique et l’entraînement en résistance semblent tous deux efficaces pour améliorer les symptômes des troubles liés à l’anxiété et les concepts associés. Bien que le plaisir de faire de l’exercice ne semble pas prédire l’efficacité de l’exercice, une condition physique moindre est associée à une plus grande réduction des activités spécifiques.


L'entraînement physique augmente la taille de l'hippocampe et améliore la mémoire

Des chercheurs de l’Instituto Beckman et de la Université de l’Illinois dans une étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) en janvier 2011, montrent que l'entraînement physique augmente la taille de l'hippocampe et améliore la mémoire.

L’hippocampe rétrécit à la fin de l’âge adulte, entraînant des troubles de la mémoire et un risque accru de démence. Les volumes de l'hippocampe et du lobe temporal médial sont plus importants chez les adultes en meilleure forme physique, et l'entraînement à l'activité physique augmente la perfusion hippocampique, mais la mesure dans laquelle l'entraînement par exercices aérobiques peut modifier le volume de l'hippocampe à la fin de l'âge adulte reste inconnue. Marcher pendant 40 minutes, plusieurs fois par semaine, permettrait de préserver la mémoire et protégerait du déclin des capacités mentales lié au vieillissement.

Les chercheurs montrent dans un essai contrôlé randomisé portant sur 120 personnes âgées, que l’entraînement aérobique augmente la taille de l’hippocampe antérieur, conduisant à des améliorations de la mémoire spatiale. L'entraînement physique a augmenté le volume de l'hippocampe de 2 %, inversant ainsi la perte de volume liée à l'âge de 1 à 2 ans.

Ils démontrent également qu'une augmentation du volume de l'hippocampe est associée à des taux sériques plus élevés de BDNF – un médiateur de la neurogenèse dans le gyrus denté –. Le volume de l'hippocampe a diminué dans le groupe témoin, mais une forme physique plus élevée avant l'intervention a partiellement atténué cette baisse, ce qui suggère que la forme physique protège contre la perte de volume. Les volumes du noyau caudé et du thalamus n’ont pas été affectés par l’intervention.

Ces résultats théoriquement importants indiquent que l’entraînement aérobique est efficace pour inverser la perte de volume de l’hippocampe à la fin de l’âge adulte, ce qui s’accompagne d’une amélioration de la fonction de mémoire.

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L’augmentation de la fréquence cardiaque active le cerveau. Bien sûr, le fait de bouger est bénéfique pour la maîtrise du poids et la mémoire, mais le cerveau bénéficie également de l’augmentation de la circulation sanguine qui découle d’un exercice régulier.

Lorsqu’il a accès à une grande quantité de sang et de nutriments, le cerveau est prêt à donner un rendement optimal. Bouger au quotidien permet également aux nouveaux neurones de se développer tout en renforçant les voies neuronales. L’exercice améliore la mémoire et favorise le maintien de la santé cognitive au fil du vieillissement.

L'hippocampe reste plastique à la fin de l'âge adulte et un exercice modéré suffit à améliorer son volume. Cela se traduit par une amélioration de la fonction de mémorisation et une augmentation de la concentration en BDNF. Ces résultats indiquent clairement que l'exercice aérobie est neuro-protecteur et qu'il est utile de l'entreprendre à l'âge adulte pour améliorer ou augmenter la cognition ou le volume cérébral.



L’exécution de mouvements variés est bonne pour le corps et pour le cerveau. Votre objectif devrait être
 de mettre au point des entraînements qui comprennent une variété de mouvements dont certains font
 travailler la force, d’autres l’équilibre, tandis que d’autres sont de type aérobique ou à faible impact


Voir aussi…

mardi 29 mars 2022

De Nouveaux Neurones dans le Cerveau – Vieillissant Normalement – Grâce à l'Exercice Aérobie

Le renforcement des voies neuronales les plus utilisées – du comportement, de la cognition ou de l'émotion – 
est un phénomène qui accompagne l'individu depuis avant la naissance jusqu'à son lit de mort


Nous savons tous qu'en vieillissant, notre cerveau perd des neurones et des synapses - les mécanismes de communication entre eux –. Jusqu'à il y a quelques années, on croyait que les adultes ne pouvaient pas développer de nouveaux neurones ; cependant, on sait maintenant que c'est possible. Le processus de production de nouveaux neurones chez l'adulte s'appelle la neurogenèse.

La neurogenèse

La neurogenèse est l'une des découvertes les plus importantes en neurobiologie et son étude ouvre de nouvelles voies de recherche pour le traitement des maladies neuro-dégénératives, des troubles comme l'autisme, ainsi que la mémoire et l'apprentissage, entre autres domaines.

Selon des neurologues qui travaillent sur l'étude de la neurogenèse, de nouveaux neurones se forment exclusivement dans certaines zones du cerveau : dans le bulbe olfactif et dans l'hippocampe, une région cérébrale clé pour l'apprentissage qui est aussi impliquée dans la mémoire, l'humeur, l'état d’esprit et les émotions. De même, tout semble indiquer que les nouveaux neurones de l'hippocampe sont essentiels à l'apprentissage temporaire de la réalisation de tâches complexes.

L'exercice semble être autant une activité cognitive que physique

Pendant des décennies, on pensait que le cerveau mature était incapable de développer de nouveaux neurones. Une fois qu'un individu atteint l'âge adulte, le cerveau commence à perdre des neurones au lieu d'en gagner. Celui-ci a été compris comme une entité statique et immuable qui a simplement dégénéré avec l'âge ou en raison de lésions cérébrales.

Or, à partir des expériences de la biologiste de l'université de Berkeley Marian Diamond, il a été démontré en 1964 que le cerveau adulte était plastique et adaptatif. Cette étude a été pionnière dans l'identification de la manière dont les caractéristiques environnementales affectaient directement la croissance et le développement du cerveau. L'expérience réalisée avait une cage grande et spacieuse avec douze rats qui grandissaient dans un environnement enrichi (éléments pour jouer ou courir sur le rouet, compagnie, nourriture diversifiée), ainsi que douze autres rats qui étaient dans une petite cage, isolés, sans stimuli sociaux ou ludiques.

Après quatre-vingts jours, leurs cerveaux ont été analysés et il a été constaté que le cortex cérébral avait changé dans le groupe à environnement enrichi. Dans ceux-ci, le cortex cérébral était plus étendu, du fait de la croissance des épines dendritiques des neurones, on observait une angiogenèse – un plus grand nombre de vaisseaux sanguins –, le niveau du neurotransmetteur acétylcholine était augmenté, ainsi que celui du facteur neurotrophique dérivé du cerveau, connu sous son acronyme en anglais BDNF, une protéine qui s'exprime notamment dans le cortex cérébral et l'hippocampe, domaines essentiels pour des processus tels que l'apprentissage et la mémoire.

Dans les années 1990, des chercheurs annoncent une série de découvertes qui vont bouleverser un principe fondamental des neurosciences.

Lorsque des chercheurs du Salk Institute for Biological Studies de La Jolla, en Californie, dans une expérience particulièrement surprenante avec des souris, ont découvert que le simple fait de courir sur un tapis roulant entraînait la naissance de nouveaux neurones dans l'hippocampe, une structure cérébrale associée à la mémoire. Ils ont noté que ce processus semblait être lié à la production de la protéine appelée facteur neurotrophique (BDNF).

Le BDNF est produit dans tout le corps et dans le cerveau, favorisant à la fois la croissance et la survie des neurones naissants.

Il a été démontré que la neurogenèse induite par l'exercice était associée à de meilleures performances sur les tâches liées à la mémoire chez les rongeurs. Les résultats de ces études sont surprenants car l'atrophie de l'hippocampe est largement associée à des troubles de la mémoire au cours du vieillissement humain en bonne santé et survient davantage chez les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d'Alzheimer. Les découvertes sur les rongeurs ont fourni un premier aperçu de la façon dont l'exercice pourrait contrecarrer ce déclin.

Suite à ces travaux chez l'animal, les chercheurs ont mené une série d'investigations qui ont déterminé que chez l'homme comme chez les rongeurs, l'exercice aérobie conduit à la production de BDNF et augmente la structure, c'est-à-dire la taille et la connectivité, de zones clés du cerveau, dont l'hippocampe. Dans un essai randomisé mené à l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, 12 mois d'exercice aérobie ont entraîné une augmentation des niveaux de BDNF, une augmentation de la taille de l'hippocampe et une amélioration de la mémoire chez les personnes âgées.

Des chercheurs de l'Université de l'Iowa ont découvert que l'activité physique stimule l'angiogenèse ; c'est-à-dire la formation de vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants. Comme le cerveau consomme beaucoup d'oxygène, le fait qu'il ait plus de vaisseaux sanguins et un plus grand débit sanguin ne peut qu'être bénéfique et améliorer les fonctions cognitives.

Il a été constaté que l'activité physique augmente non seulement le flux sanguin pendant l'exercice, mais que cet effet se maintient tout au long de la journée. Dans différentes expériences, il a été constaté que lorsque les personnes qui menaient une vie sédentaire commençaient à faire de l'exercice, le flux sanguin vers le cerveau augmentait rapidement, lequel se maintenait même lorsqu'elles se reposaient.

D'autres chercheurs ont trouvé des associations entre l'exercice et l'hippocampe dans une variété d'études d'observation.

Dans une expérience menée auprès d'adultes âgés au Royaume-Uni et publiée en 2019 dans la revue Brain Imaging and Behavior, il a été démontré que les personnes qui passaient plus de temps à pratiquer une activité physique de modérée à vigoureuse avaient des volumes plus importants de leurs hippocampes respectifs. Des liens clairs ont également été trouvés entre l'exercice aérobie et les avantages pour d'autres parties du cerveau, y compris l'expansion du cortex préfrontal. L'augmentation dans cette région a été liée à des fonctions cognitives exécutives plus aiguës, où les aspects de planification, de prise de décision et de multitâche sont inclus, des compétences similaires à la mémoire avec une tendance à diminuer avec le vieillissement progressif, encore plus dégradées dans l'implantation complète de la maladie d'Alzheimer.

Les scientifiques soupçonnent que l'augmentation des connexions entre les neurones existants, plutôt que la naissance de nouveaux neurones, est responsable des effets bénéfiques de l'exercice sur le cortex préfrontal et d'autres régions du cerveau au-delà de l'hippocampe.

Mais la recherche a soulevé une question clé : pourquoi l'exercice affecte-t-il le cerveau ? L'activité physique améliore la fonction de nombreux systèmes d'organes dans le corps, mais les effets sont généralement liés à de meilleures performances sportives. Par exemple, lorsque vous marchez ou courez, vos muscles demandent plus d'oxygène et, avec le temps, votre système cardiovasculaire réagit en augmentant la taille de votre cœur et en construisant de nouveaux vaisseaux sanguins. Les changements cardiovasculaires sont principalement une réponse aux défis physiques de l'exercice, ce qui peut améliorer l'endurance.

Raison anthropologique sur les bienfaits de l'exercice sur le cerveau

Selon David Raichlen, anthropologue et professeur dans le domaine de la biologie humaine et évolutive à l'Université de Californie du Sud, il existe une relation évolutive entre le cerveau et le corps il y a des millions d'années, lorsque les hominidés ont développé une série d'adaptations anatomiques et comportementales qui nous distinguent des autres primates. Deux de ces changements évolutifs en particulier lient l'exercice à la fonction cérébrale d'une manière que les gens peuvent utiliser aujourd'hui.

Premièrement, nos ancêtres sont passés de la marche à quatre pattes à la marche debout sur leurs seules pattes arrière. Cette posture bipède signifie qu'il y a des moments où notre corps s'équilibre de manière précaire sur un pied au lieu de deux ou plusieurs membres comme chez les autres singes. Pour accomplir cette tâche, notre cerveau doit coordonner une grande quantité d'informations et, ce faisant, ajuster l'activité musculaire dans tout le corps pour maintenir notre équilibre. Dans la coordination de ces actions, nous devons également être à l'affût des obstacles environnementaux. En d'autres termes, simplement parce que nous sommes bipèdes, nos cerveaux peuvent être plus sollicités sur le plan cognitif que ceux de nos ancêtres quadrupèdes.

Deuxièmement, les modes de vie des hominidés ont changé pour intégrer des niveaux plus élevés d'activité aérobie. Il y a environ deux millions d'années, alors que les habitats s'asséchaient par temps froid, au moins un groupe d'anciens humains a commencé à se nourrir d'une nouvelle manière, chassant les animaux et cueillant des aliments végétaux.

La chasse et la cueillette ont dominé les stratégies de subsistance humaines pendant près de deux millions d'années jusqu'à l'avènement de l'agriculture et de l'élevage il y a environ 10.000 ans. Des demandes accrues sur le cerveau ont accompagné ce passage à une routine plus active physiquement. Lorsqu'ils recherchent de la nourriture au loin, les chasseurs-cueilleurs doivent inspecter leur environnement pour s'assurer qu'ils savent où ils se trouvent. Ce type de navigation spatiale repose sur l'hippocampe, la même région du cerveau qui bénéficie de l'exercice et qui a tendance à s'atrophier avec l'âge. De plus, ils doivent scanner le paysage à la recherche de signes de nourriture, en utilisant les informations sensorielles de leurs systèmes visuels et auditifs. Ils doivent se rappeler où ils ont été auparavant et quand certains types de nourriture étaient disponibles.

Le cerveau utilise ces informations pour la mémoire à court et à long terme, ce qui permet aux gens de prendre des décisions et de planifier leurs itinéraires, des tâches cognitives soutenues par l'hippocampe et le cortex pré-frontal, entre autres régions.

Cette perspective évolutive des neurosciences sur l'exercice et le cerveau a de profondes implications pour les humains d'aujourd'hui. Dans notre société moderne, nous n'avons pas besoin de nous engager dans des activités physiques aérobies pour trouver de la nourriture pour survivre. L'atrophie cérébrale et les déclins cognitifs concomitants qui surviennent fréquemment au cours du vieillissement peuvent être en partie liés à nos habitudes sédentaires.


Neurogenèse et exercice physique

Depuis les études pionnières sur la neuro-plasticité, de multiples preuves scientifiques ont montré comment des facteurs tels que l'alimentation, la diversité de l'activité cognitive, l'environnement social, la nouveauté et l'exercice physique sont des éléments qui favorisent incontestablement ce phénomène.

L'exercice physique régulier peut
contribuer à la neurogenèse
Les multiples bienfaits de l'exercice physique régulier ont été largement démontrés dans des modèles humains et animaux. Nous savons qu'il peut contribuer à la neurogenèse, tout en jouant un rôle important dans l'inversion et la réparation des dommages neuraux existants, tant chez les mammifères que chez les poissons. Le cerveau moyen contient environ 100 milliards de cellules cérébrales, dont la plupart se sont formées avant la naissance. Dans les premiers stades de l'enfance, de nouvelles cellules cérébrales continuent d'être générées à un rythme accéléré.

Au fil des ans, la neurogenèse diminue progressivement, mais le processus ne s'arrête pas même à un âge avancé. Les facteurs neurotrophiques aident à stimuler et à contrôler ce processus, le BDNF étant le plus important.

Entre 700 et 1.500 nouveaux neurones sont produits par jour. C'est particulièrement vrai pour le gyrus denté de l'hippocampe, même s'il existe d'autres régions cérébrales qui produisent également de nouvelles cellules cérébrales.

L'exercice parvient à accélérer la
 maturation des cellules souches en
cellules adultes pleinement fonctionnelles
Ainsi, alors que la plupart des cerveaux peuvent développer de nouvelles cellules, l'objectif de la science est maintenant de trouver les meilleures façons de le faire. L'idée serait que si l’on pouvait augmenter encore plus le nombre de neurones grâce à la neurogenèse, cela pourrait intensifier la fonction principale de l'hippocampe et améliorer la façon dont les gens apprennent de nouvelles informations et accèdent à la mémoire à court et à long terme.

En plus de produire du BDNF, l'exercice aérobie peut aider à augmenter la production hépatique d'une enzyme (Gpld1), qui peut également aider à la neurogenèse.

Nous savons que l'exercice accélère la maturation des cellules souches en cellules adultes pleinement fonctionnelles et favorise le principal mécanisme cellulaire existant pour l'apprentissage et la mémoire, appelé apprentissage à long terme. Tous ces éléments sont essentiels pour favoriser l'apprentissage et la mémoire.


Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous faisons de l'exercice


Pendant l'activité physique, il y a une contraction des muscles impliqués. Cette contraction génère une libération de substances dites messagères dans le sang, qui le parcourent et agissent sur différents organes, dont le cerveau. Ces substances atteignent le cerveau et induisent des processus, l’un d’eux est la libération de neurotransmetteurs, dont la fonction est de transférer des informations d'un neurone à un autre.

Parmi ces neurotransmetteurs libérés figurent la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline, chacune étant impliquée dans un processus spécifique. La dopamine, par exemple, aide à réguler les processus de stress et de récompense ; c'est-à-dire qu'il influence la façon dont nous répondons aux stimuli que nous considérons positifs, comme la nourriture, le sommeil ou le sexe.

Ces bénéfices sont maintenus après une activité physique. Les endorphines sont libérées pendant l'exercice qui ont des effets positifs même pendant des heures après. Les effets sont produits au niveau cellulaire et moléculaire du système nerveux central, permettant des communications plus efficaces et plus rapides entre les différentes zones du cerveau.

Trois protéines sont libérées pendant l'exercice

* BDNF, associé à la survie des moto-neurones et de l'hippocampe, à la plasticité et au développement du système nerveux.

* VGEF, qui provoque la naissance de nouveaux capillaires qui facilitent l'arrivée du sang au cerveau.

* IGF1, qui aide à réparer le tissu nerveux, à avoir plus de connexions dans le cerveau et donc à mieux fonctionner.

L'exercice stimule la neurogenèse, qui, en termes simples, est la génération de nouveaux neurones, principalement dans l'hippocampe, la zone du cerveau associée à l'apprentissage et à la mémoire.

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Qu'arrive-t-il au cerveau lorsque vous ne faites pas d'activité physique ?

Une recherche de la Boston University School of Medicine, publiée dans l'American Academy of Neurology en avril 2016, a étudié la relation entre la forme physique et la taille du cerveau.

Le travail a été effectué sur 1.583 personnes de 40 ans qui n'avaient aucune maladie. Les participants ont été testés sur un tapis roulant, répétés deux décennies plus tard, puis leur cerveau a été scanné.

L'étude a révélé que les personnes ayant de faibles performances sur le tapis roulant – qui n'avaient pas l'habitude de faire de l'exercice – avaient un cerveau plus petit qu'il y a deux décennies.

De plus, parmi les personnes ayant de faibles performances, deux groupes ont été trouvés. Ceux qui n'avaient pas de problèmes cardiaques, et qui n'utilisaient donc pas de médicaments contre l'hypertension, avaient l'équivalent d'un an de vieillissement cérébral accéléré. En revanche, ceux qui souffraient d'une maladie cardiaque ou prenaient des médicaments avaient l'équivalent de deux ans de vieillissement cérébral accéléré.

La capacité d'exercice de chaque personne a été mesurée par le temps passé sur le tapis roulant avant que sa fréquence cardiaque n'atteigne un certain niveau. Les chercheurs ont mesuré la fréquence cardiaque et la pression artérielle à différents stades pour obtenir une bonne image du niveau de forme physique de chaque participant.

Les scientifiques ont trouvé une corrélation directe entre le fait d'être hors de forme et le volume du cerveau des décennies plus tard. Ils ont pu voir comment cela produisait un vieillissement accéléré du cerveau.

Ils ont en outre découvert qu'être en forme à l'âge moyen peut être particulièrement important pour des millions de personnes dans le monde, qui présentent déjà des signes de maladie cardiaque.

Les chercheurs ont également découvert que les personnes souffrant d'hypertension artérielle et de fréquence cardiaque pendant l'exercice étaient plus susceptibles d'avoir un cerveau plus petit 20 ans plus tard.

Les personnes ayant une mauvaise condition physique générale ont une pression artérielle et une fréquence cardiaque plus élevées à de faibles niveaux d'exercice, par rapport aux personnes qui font de l'exercice plus souvent.

Les auteurs concluent que leur étude ne prouve pas directement que l'exercice entraîne une perte de volume cérébral. Cela prouve seulement l'existence d'une association.


Débit sanguin hippocampique et cérébral après arrêt de l'exercice chez les sportifs

Selon des chercheurs du Département de kinésiologie de l'Université du Maryland, dans une étude publiée dans Frontiers in Aging Neuroscience en août 2016, les effets de l'exercice physique ne durent pas éternellement. Titre original : Hippocampal and Cerebral Blood Flow after Exercise Cessation in Master Athletes.

L'étude a été menée auprès d'athlètes ayant passé au moins les 15 dernières années de leur vie à s'entraîner en moyenne 4 heures par semaine. Les résultats ont été surprenants.

Cette recherche a montré qu'après 10 jours d'inactivité, le flux sanguin diminuait dans huit régions différentes du cerveau, dont le gyrus temporal inférieur, qui joue un rôle fondamental dans le traitement visuel, la mémoire sémantique et la reconnaissance des objets complexes, des visages et des nombres.

Le lobe pariétal inférieur, qui nous permet de détecter les émotions en regardant les visages des gens et nous aide à interpréter les informations des sens, est également une autre zone touchée. De plus, le gyrus fusiforme était touché, lié à la reconnaissance des mots et des visages, ainsi que l'hippocampe, qui était la zone la plus compromise. L'hippocampe joue un rôle fondamental dans la mémoire et il est l'une des structures les plus touchées dans les démences.

Les neuroscientifiques disent que s'ils voyaient ces changements en seulement 10 jours d'inactivité, une période plus longue serait désastreuse. Par conséquent, il n'est pas surprenant qu'un mode de vie sédentaire ait été associé à un risque accru de maladies neuro-dégénératives.

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L'exercice aérobie stimule la fonction cérébrale

Qu'est-ce que l'aérobie ?

“Aérobie” provient du grec “avec de l'air”. Lorsque vous faites des exercices aérobies, ceci signifie que vous inspirez une grande quantité d'air et donnez beaucoup d'oxygène à votre cœur et vos muscles.

Quelles sont les activités d'aérobie ? Pratiquement toutes les activités que vous faites peuvent être de l'aérobie. Marcher, courir, faire de la bicyclette, nager, danser, patiner, sauter à la corde, et autres activités sont de l'aérobie si vous pouvez maintenir l'activité confortablement pour plus de quelques minutes. “Maintenir” est le mot clé à retenir en ce qui concerne les exercices d'aérobie. Une règle à retenir lorsque vous faites des exercices d'aérobie est que vous vous sentiez “réchauffé et sensiblement hors de souffle” lorsque vous les faites.

Le cerveau est plastique : il est possible de créer différentes connexions et même dans certaines régions, comme l'hippocampe, de nouveaux neurones peuvent naître.

L'hippocampe a la forme d'un cheval de mer (appelé familièrement) et il est l'un des responsables de notre mémoire et de notre capacité spatiale. Les recherches sur cette zone du cerveau ont commencé avec des rats auxquels on a montré diverses images qu'ils ont dû apprendre à différencier. Lorsque les rongeurs y sont parvenus, il a été observé que de nouveaux neurones avaient été générés dans leur hippocampe. Mais si l'animal arrêtait de faire l'exercice, les jeunes neurones disparaissaient. S'il reprenait l'activité ils réapparaissaient, c'est-à-dire : la pratique répétée permet de générer de nouveaux neurones dans l'hippocampe. Dans le cas de l'homme, le sport est le meilleur traitement anti-âge de la masse grise.

On savait que faire du sport était un moyen de prendre soin de son corps et de réduire le stress grâce à l'activation de la dopamine, de la sérotonine et de la noradrénaline. Des recherches plus récentes montrent que l'exercice physique améliore également la sécrétion du facteur neurotrophique cérébral – qui influence positivement la mémoire et un état d'esprit plus positif – et permet la naissance de nouveaux neurones dans notre hippocampe.

L'activité aérobie est très bénéfique pour le cerveau. Ce type d'exercice facilite la neurogenèse, qui remplacera les neurones qui meurent chaque jour, de sorte que les connexions neuronales ne soient pas trop affectées et que nous puissions continuer à penser, à nous souvenir et à mettre en pratique les habitudes que nous avons apprises.

Bien sûr, ces nouvelles cellules nerveuses permettent également de créer de nouvelles connexions neuronales, ce qui signifie apprendre de nouvelles choses. En fait, on a vu que l'exercice aérobie améliore la formation des cellules gliales, qui remplissent une fonction de soutien pour les neurones et sont impliquées dans le traitement cérébral de l'information. Tout cela se produit principalement parce qu'il augmente le flux sanguin vers le cerveau.

Cependant, il n'est pas clair quel type d'exercice aérobie fonctionne le mieux, et combien de temps et quelle intensité est suffisant. Il existe des données qui suggèrent entre 120 et 150 minutes recommandées d'exercice d'intensité modérée par semaine.

Les recherches dans ce domaine suggèrent que 150 minutes d'exercice aérobie par semaine suffiraient pour rester en forme et prendre soin de notre santé.

Des études indiquent que la natation est l'un des sports les plus complets. Il favorise un bénéfice cognitif clair (améliorations des processus attentionnels, flexibilité cognitive, mémoire) chez les jeunes comme chez les personnes âgées.

Nonobstant, tout exercice physique qui accélère notre rythme cardiaque, comme l'utilisation d'un tapis roulant, le vélo ou la marche rapide, est idéal. Le cerveau en mouvement apprend plus vite.

Cependant, ce n'est pas une bonne idée de condenser l'exercice en une seule journée, l'idéal serait d'y consacrer au moins une demi-heure trois jours par semaine. En fait, si l'objectif est d'obtenir des changements significatifs au niveau du cerveau, il est essentiel d'être constant.

Cinq avantages de l'exercice en amenant le cerveau au maximum de ses capacités

* Meilleure performance intellectuelle des enfants.

* De nouveaux neurones qui pourraient réparer les lésions cérébrales.

* Un antidote à la dépression et à l'anxiété.

* Moins de risque d'Alzheimer.

* Augmentation de l'espérance de vie.


Comment garder le cerveau jeune ?

Dans la cognition, la capacité d'apprentissage et la mémoire

Parallèlement à la perte neuronale qui accompagne le vieillissement, l'effet des antiolytiques, de la marijuana, des antidépresseurs et d'autres médicaments, des toxines de l'air, de la nourriture et de l'environnement, du stress et de nombreuses autres situations consomment progressivement la marge que notre cerveau nous laisse pour rester dans cette fourchette de bien-être et santé que nous recherchons dans nos vies.

Le stress suffit à provoquer des pertes de mémoire dues à l'augmentation du cortisol – l'hormone que nous produisons pour pouvoir faire face aux situations dans lesquelles nous nous sentons menacés –. Des études IRM montrent une atrophie de l'hippocampe, la partie du cerveau liée à la mémoire, dont les neurones sont endommagés par le cortisol, altérant les connexions entre eux et, finalement, provoquant leur mort.

Or, il a été démontré récemment que ces altérations sont réversibles : les techniques visant à soulager le stress – respiration, relaxation, méditation…– agissent à ce niveau, améliorant son fonctionnement.

Le poids de l'âge sur la santé neuronale

Les troubles de la mémoire qui font partie du processus de vieillissement, surtout après l'âge de 50 ans, peuvent être de gravité différente. Des troubles de la mémoire liés à l'âge (AMRE) ou des troubles cognitifs légers (LCA) – une perte de mémoire qui permet des activités quotidiennes normales –, les plus courants, jusqu'à la démence, un tableau clinique caractérisé par des oublis et des problèmes d'attention et de concentration, dans lesquels les capacités émotionnelles de la personne sont également affectées.

Savoir que la démence est une maladie chronique a un côté positif : cela nous permet d'influencer son évolution par des changements de mode de vie.

Un processus d'adaptation constant

Notre cerveau compte plus de cent milliards de neurones connectés les uns aux autres. Lorsque nous arrêtons d'utiliser une série de connexions, le réseau qui prend en charge cette fonction est perdu. Au lieu de cela, les utiliser à plusieurs reprises le renforce. Le vieillissement normal du cerveau n'empêche pas la génération de nouvelles connexions synaptiques ; cela nous donne la capacité d'apprendre à tout âge et d'avoir la possibilité de modifier nos croyances et notre intelligence par le mécanisme plastique de l'adaptation neuronale.

Le renforcement des voies neuronales les plus utilisées – du comportement, de la cognition ou de l'émotion – est un phénomène qui accompagne l'individu depuis avant la naissance jusqu'à son lit de mort.

L'une des expériences qui modifie le plus la structure de notre cerveau consiste à concentrer délibérément notre attention sur ce que nous vivons.

C'est le fondement des techniques visant à renforcer les connexions synaptiques, une forme d'activation neuronale basée sur la répétition, l'excitation, la concentration et la nouveauté. Le développement de l'attention consciente et focalisée est capable d'influencer des régions entières du cerveau, dans une sorte de réhabilitation neurale.

La pleine conscience. L'exercice continu de pleine conscience, induire un état de calme ancré dans le cœur ou faire des exercices de conscience corporelle sont des moyens de cibler une zone précise du cerveau, en orientant à volonté le centre d'attention.

L'exercice aérobie, une nouvelle activité ou un voyage, ou l'excitation d'un nouveau défi augmentent également la neuro-plasticité.

Faites un plan pour prendre soin de votre cerveau



Une approche intégrative de la prévention et du traitement du déclin de la fonction cognitive chez les personnes devrait accorder une attention particulière à : la nutrition, y compris peut-être la prise de certains suppléments ; l'exercice physique et cognitif, ainsi que la réduction du stress, avec des changements dans les habitudes quotidiennes et l'utilisation de techniques qui réduisent le cortisol et améliorent la fonction cognitive.

1. Changements de régime

Le régime alimentaire occidental, comme on le sait, est très riche en matières grasses et riche en calories. Cet apport calorique élevé favorise les dommages oxydatifs et les maladies neurologiques, comme la démence.

Ainsi, si nous voulons prévenir les effets négatifs, nous devons réduire les graisses à 15-20% de l'alimentation et limiter l'apport calorique.

C'est aussi une bonne idée de prendre un supplément d'oméga 3, un excellent allié pour la santé cognitive et cérébrale. Ces deux initiatives ont été démontrées dans des études scientifiques comme ayant un effet positif sur l'espérance de vie et les niveaux cognitifs et de bien-être.

2. Un corps en forme

L'exercice physique et les mouvements corporels génèrent une augmentation du flux sanguin cérébral et l'activation de certains gènes qui aident à prendre soin de la santé du cerveau. Lorsque les muscles bougent lors de la marche ou de tout type d'activité physique, comme le vélo ou la natation, ils commencent à synthétiser une série de protéines qui, par le sang, atteignent le cerveau. Là, ils augmentent la création de nouvelles connexions synaptiques, notamment dans l'hippocampe, nécessaires à l'apprentissage et à la mémoire.

3. Plus d'activité mentale

La stimulation cognitive – toute activité qui éveille l'intérêt de notre appareil cognitif, comme l'analyse de l'actualité du jour, les mots croisés, les échecs, la musique, l'art…– est l'équivalent d'un exercice physique, mais sur le plan mental. Elle améliore les connexions entre les neurones et joue un rôle prépondérant dans la promotion de la plasticité neuronale du système nerveux, permettant un bon niveau de qualité de vie.

4. Réduire le stress

Les exercices de respiration, les techniques de relaxation et la méditation sont des techniques utiles pour se débarrasser du stress redouté, réduire le taux de cortisol dans le sang et limiter la perte neuronale, en particulier au cours du processus de vieillissement, une étape dans laquelle la vulnérabilité au stress augmente et, par conséquent, la lésion de l'hippocampe produite par cette hormone.



Les liens évolutifs entre l'activité physique et la santé mentale augmentent en période de coronavirus, lorsque
 les restrictions de sortie augmentent et que la dépression et la peur augmentent lorsque nous restons enfermés.


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