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mercredi 31 mai 2023

Neurosciences du Plaisir




Le neuroscientifique d'Oxford Morten Kringelbach a présenté ses recherches en juillet 2021, menées afin d'étudier ce qui se passe dans le cerveau lorsque l'un des constituants les plus appréciés du bien-être est ressenti : le plaisir.

Le plaisir opère dans un cycle de trois étapes : désir, goût et apprentissage. Mais les résultats indiquent qu'une bonne vie implique de s'engager dans des activités significatives.

Pour découvrir pourquoi le système cérébral doit traverser ce cycle de changements de manière ordonnée, il fallait aller directement à la source : le cerveau. Pendant deux décennies, le scientifique a invité des participants à des examens d'imagerie cérébrale pour étudier ce qui se passe dans le cerveau. À ce jour, il a étudié la neuro-anatomie de la plupart des plaisirs – la nourriture, la drogue, la musique, regarder de jolis bébés, même le sexe – malgré les défis évidents.

Il s'avère que nous pouvons en apprendre beaucoup sur la condition humaine en étudiant le plaisir dans le cerveau. Par exemple, les neuro-scientifiques peuvent créer des schémas, ou des modèles cérébraux, de l'activité neuronale sous-jacente à différentes régions du cerveau dans divers états, alors que des milliards de neurones et de cellules gliales communiquent entre eux.

Ces connaissances, à leur tour, peuvent être appliquées dans le traitement des conditions qui affectent le fonctionnement des circuits du plaisir, y compris les troubles neuro-psychiatriques et les dépendances. En fin de compte, démêler les mécanismes cérébraux impliqués dans l'expérience du plaisir, du bonheur et de divers états significatifs pourrait indiquer ce que signifie vraiment le plaisir et aider les gens à en faire davantage l'expérience. Cet étude a été la principale motivation de ses recherches. C'est, selon ses propres mots, ce qu'il nous révèle sur la neuro-anatomie du plaisir.

Pas seulement une sensation

Le plaisir est une manière d'expérimenter le monde sensoriel. Lorsque vous voyez, entendez, sentez ou goûtez quelque chose qui est considéré comme agréable, l'information passe par les cortex sensoriels du cerveau. Mais ce n'est pas là que le plaisir est codé. Grâce à l'implication de diverses régions du cerveau, c'est quelque chose qui s'ajoute plus tard comme une lueur hédonique.

Ainsi, le plaisir n'est pas simplement une sensation ou une pensée. Le plaisir consiste en des cycles de désir, de goût et d'apprentissage. Une bonne vie dépend d'un système cérébral capable de traverser ce cycle de changements de manière ordonnée.


Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'on éprouve du plaisir ?

Pour le buveur de café, le cycle du plaisir commence avant même la première gorgée. Cela commence par l'attente et l'anticipation de l'événement. Aucune information – par exemple la vue, l'odorat, le goût – n'est jusqu'à présent entrée par les organes sensoriels. Cependant, il sent que le café est dehors et, sur la base de ses expériences précédentes, il a un désir.

À ce stade, une grande partie du cerveau est consacrée à essayer de trouver des moyens d'atteindre l'objectif. C'est comme si le cerveau disait qu'il y a quelque chose d'important dans l'environnement qui a besoin d'attention. Au fil du temps, le sujet se sentira de plus en plus motivé pour s'en occuper, jusqu'à ce qu'il se lève finalement et se fasse un café. Une fois que les expériences sensorielles de voir, sentir et goûter sont activées, les points chauds hédoniques du cerveau sont également activés et le plaisir est intensifié. L'étape du goût commence.

Au fur et à mesure que le café est bu, les attentes sont constamment mises à jour. L'étape d'apprentissage comprend la satisfaction des attentes. Quand quelque chose ne va pas et ce qui est attendu ne se réalise pas – par exemple, quand le café a mauvais goût – c'est un obstacle au plaisir. Si le réseau fonctionne sans problème, après un certain temps, il sera rassasié. Le cerveau apprendra de l'expérience en mettant à jour les associations et en faisant des prédictions futures. Alors, le cycle s'arrêtera et il passera à autre chose.

Si le plaisir fonctionne mal

Au lieu de passer par le cycle de désirer-goûter-apprendre où les choses se terminent naturellement et où l'on peut continuer sa journée, les personnes dépendantes sont coincées dans une boucle de répétition. Par exemple, ils peuvent éprouver une motivation extrême – désirer – sans la récompense – goûter – et revenir sans cesse au désir, car cela ne semble pas suffisant pour leur permettre de passer à l'étape de la jouissance et de la satiété.

Anhédonie

C'est l'incapacité à éprouver du plaisir, la perte d'intérêt ou de satisfaction dans presque toutes les activités de la vie qui étaient autrefois appréciées, de manger, écouter de la musique ou faire du sport aux relations sociales telles que rencontrer des amis et la famille, discuter, se promener ou aller au cinéma, à une soirée ou à un concert.

Cette affection est un symptôme clé des troubles neuro-psychiatriques. Une personne déprimée, par exemple, peut toujours être motivée à boire du café, mais lorsqu'elle le fait, elle peut ne pas en ressentir le plaisir. Cela peut aggraver les choses, car elle pourrait avoir l'impression qu’elle devrait ressentir de la joie, mais ce n'est pas le cas.


Intervention des régions du cerveau

Le cortex orbito-frontal – la partie du cerveau située derrière les yeux – est un acteur majeur dans la salle des machines du plaisir. D'autres régions, dont le noyau accumbens et le pallidum ventral, sont également importantes. Si certaines de ces régions sont retirées du cerveau des rats, ils ne montreront plus la réaction de plaisir avec leur bouche lors de l'administration d'eau fraîche. Presque comme un système de vote, toutes ces régions doivent s'engager les unes envers les autres pour que le plaisir se fasse sentir. Heureusement, le système est composé de plusieurs parties, de sorte qu'en cas de dysfonctionnement d'une région, les autres parties peuvent fonctionner ensemble et compenser.


Au fur et à mesure que le cycle du plaisir démarre, les neurones de ces régions commencent à “se parler” de manière synchronisée et désynchronisée. Les signaux électriques sont convertis en signaux chimiques au niveau de la jonction synaptique, avant d'être à nouveau convertis en signaux électriques et de continuer.

C'est un paysage dynamique, avec une myriade d'itinéraires empruntés par les signaux. Ce qui facilite ce mouvement constant, ce sont les neurotransmetteurs à la jonction synaptique. Ils facilitent ou compliquent le passage des signaux à travers les différentes régions. Par exemple, pendant un orgasme, en raison de la libération de neurotransmetteurs, il peut soudainement devenir beaucoup plus facile pour les signaux de voyager entre le cortex orbito-frontal et d'autres régions qui ne sont normalement pas directement liées.

Le cerveau est une machine qui travaille tout le temps. Il existe de nombreux itinéraires qui peuvent l'activer. Certains sont hédoniques, liés au plaisir et à l'affect positif, comme le café ou le sexe. D'autres sont plus eudémoniques, ayant à voir avec le sens, l'engagement et la réalisation de soi, comme le bénévolat ou l'expression de gratitude. Souvent, les activités eudémoniques ne sont pas agréables sur le moment. En fait, elles peuvent même se sentir difficiles. Ce n'est que plus tard, rétrospectivement, et lorsque l'expérience est interprétée comme signifiante, que le plaisir peut en être déduit.


Douleur et plaisir

L'une des découvertes neuro-scientifiques les plus fascinantes est le lien étroit entre la douleur et le plaisir. Prenons l'exemple de la douleur du membre fantôme, qui est initialement signalée par environ 80% des personnes amputées. Au fil du temps, chez 10 à 25% des patients, la douleur des membres fantômes peut entraîner une douleur chronique, très difficile à traiter.

Lorsque les neurochirurgiens prennent des électrodes et effectuent une stimulation cérébrale profonde sur ces patients avec 20 Hz – la région cible reçoit 20 impulsions électriques par seconde – les patients rapportent un soulagement presque instantané. Mais lorsque les mêmes régions sont stimulées à 50 ou 100 Hz, la douleur s'aggrave. C'est le même réseau qui provoque un soulagement – le plaisir – et une douleur atroce, et celui activé par un inconfort intense lors d'un marathon devient soudainement la motivation d'un coureur.

Plus qu'accumuler des plaisirs



C'est un mythe que les hédonistes sont plus heureux que les autres. Ceux qui se retrouvent dans une poursuite sans fin du plaisir pour le plaisir sont souvent malheureux, prévient Sendaia Laiol, neuro-scientifique travaillant à la recherche sur le plaisir à l'Université de Californie. Avoir un sens et un objectif général est essentiel pour que les gens s'épanouissent. Le sens peut être dérivé des relations, de l'effort déployé dans diverses activités et même du dépassement des difficultés. L'affinité neuro-biologique entre la douleur et le plaisir dans notre cerveau peut être parallèle au lien poignant entre la souffrance et l'épanouissement dans nos vies, dit-elle.

La dopamine fait partie de la danse du plaisir. C'est ce qui vous motivera à vous lever et à boire le café auquel vous pensez sans cesse. Mais la dopamine n'est pas ce qui donne la récompense quand vous buvez du café, ce sont les opioïdes. Le plaisir ne concerne pas tant la dopamine et les opioïdes en soi, mais la façon dont le cerveau communique entre les différentes régions. Les neurotransmetteurs modifient le câblage des régions et leurs relations les unes avec les autres.

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Le cerveau recherche le plaisir



Des chercheurs de l'Institut Zuckerman de l'Université de Columbia, de l'Université de Californie à Berkeley et du Champalimaud Center for the Unknown, au Portugal, dans une étude publiée dans Science en mars 2018, ont observé chez la souris comment le cerveau apprend à répéter des schémas d'activité neuronale qui provoquent l'importante sensation de se sentir bien.

Cette recherche offre des informations clés sur la façon dont l'activité cérébrale est façonnée et raffinée lorsque les animaux apprennent à répéter des comportements qui évoquent un sentiment de plaisir.

Les résultats indiquent également de nouvelles stratégies pour détecter les troubles caractérisés par des comportements répétitifs anormaux, tels que la dépendance et le trouble obsessionnel-compulsif (TOC).


Les résultats révèlent que le cerveau apprend quels modèles d'activité conduisent à des sensations de bien-être et se recâble pour reproduire plus efficacement ces modèles.

Cette découverte peut aider à expliquer comment nous apprenons par cœur, et peut également éclairer des études sur des troubles tels que la dépendance et le TOC, dans lesquels la boucle de rétroaction qui lie une action à une récompense se décompose.

Normalement, faire quelque chose d'agréable provoque la libération par les neurones d'une substance chimique appelée dopamine. Cette libération déclenche ce sentiment de bien-être, évoque le désir de répéter une action encore et encore. Les jeux vidéo en sont un bon exemple.

Lorsque vous déplacez le contrôleur de jeu exactement dans le bon sens pour obtenir ce score élevé, votre cerveau se souvient de la façon dont vous avez effectué cette action : quels neurones se déclenchent et selon quel schéma, afin que votre cerveau puisse recréer ce même mouvement lorsque vous jouez au jeu la prochaine fois. Après des tentatives répétées, le cerveau s'améliore pour recréer ce modèle d'activité neuronale et s'améliore dans le jeu.

Pour l'équipe, cela a soulevé la question suivante : le cerveau pourrait-il être entraîné à apprendre le schéma correct d'activité neuronale normalement impliqué dans l'expérience de quelque chose d'agréable, puis à reproduire ce schéma à volonté pour déclencher une libération de dopamine ?

Implications pour la dépendance et le trouble obsessionnel-compulsif

Dans une série d'expériences sur des souris, les scientifiques ont développé un programme informatique qui connectait l'activité neuronale dans le cerveau des animaux aux notes de musique, de sorte que lorsqu'un groupe de neurones s'activait, une note de musique correspondante était jouée. Différents modèles d'activité neuronale ont produit différentes combinaisons de notes. Et lorsque les modèles d'activité neuronale ont déclenché l'arrangement correct des notes de musique, les scientifiques ont libéré manuellement de la dopamine dans le cerveau des animaux.

Les animaux ont rapidement appris quel arrangement musical, lorsqu'il était joué, provoquait une libération de dopamine et une sensation de bien-être. Leurs cerveaux ont alors commencé à se recâbler pour écouter cette chanson plus souvent, ce qui déclenche le coup de plaisir de la dopamine. Essentiellement, les souris ont appris à répéter le même schéma d'activité cérébrale qui avait été précédemment évoqué en entendant ces notes de musique.

Les chercheurs ont noté que ces résultats sont un exemple frappant de la loi de Thorndike : un principe de psychologie qui stipule que les actions qui conduisent à un renforcement positif sont répétées plus fréquemment. Cependant, ces découvertes représentent probablement la première fois que ce principe est observé directement dans le cerveau. Jusqu'à présent, les mécanismes cérébraux qui guident ce type d'apprentissage n'ont pas été directement mesurés.

Cette recherche a également des implications importantes pour la toxicomanie et le TOC. Si les schémas d'activité neuronale du cerveau sont en surcharge, comme c'est souvent le cas chez les personnes souffrant de dépendance ou de TOC, les chercheurs se demandent s'ils pourraient créer un programme informatique qui pourrait aider à entraîner leur cerveau à réduire cette activité. Ils l'explorent activement.


Étude sur la performance de l'expérience religieuse dans le cerveau

Des chercheurs de la faculté de médecine de l'Université de l'Utah, dans une étude publiée dans la revue Social Neuroscience en novembre 2016, ont vérifié que les zones cérébrales associées à la gratification, comme le noyau accumbens, agissent lorsqu'une personne se sent proche de Dieu.

Cette étude est la première initiative du Religious Brain Project, un projet visant à comprendre le fonctionnement du cerveau chez les personnes ayant des croyances religieuses ou spirituelles profondes.

Tout comme l'amour, le sexe, le jeu, la drogue et la musique activent le circuit de récompense du cerveau, les expériences religieuses peuvent également l'activer. Le circuit de récompense est un groupe de structures neuronales dans notre cerveau, liées au désir, au plaisir et au renforcement positif.

Les chercheurs expliquent que ces dernières années, les technologies d'imagerie cérébrale ont progressé de telle manière qu'elles peuvent aborder des questions qui existent depuis des millénaires.

Plus précisément, ils ont cherché à déterminer quels réseaux de neurones sont impliqués dans la représentation des sentiments spirituels, et pour cela ils ont choisi un groupe de mormons dévots qui ont été soumis à une série de stimuli religieux.

Chaque sujet avait été formé entre 1,5 et 2 ans pour être capable d'identifier son “sentiment spirituel” en lui-même et de l'enseigner aux autres. Dans la pratique et la théologie mormones, ces sentiments sont d'une grande importance, car ils sont le principal moyen de communiquer avec Dieu, un élément fondamental de la prise de décision dans la vie et un renforcement de leur foi.

Au total, 19 sujets – sept femmes et 12 hommes – ont été sélectionnés, dont le cerveau a été surveillé pendant qu'ils effectuaient diverses tâches, telles que visionner des vidéos sur leur église, écouter des citations de divers chefs religieux, prier, lire des passages bibliques ou recevoir d'autres stimuli audiovisuels.

Pendant les tests, les participants ont été interrogés pour voir s'ils ‘ressentaient l'esprit’. Ils pouvaient répondre via une échelle allant de ‘ne pas le ressentir’ à ‘le ressentir fortement’, et avaient même un bouton à composer lorsqu'ils ressentaient un pic d'intensité spirituelle.

Un pic d'intensité spirituelle

Diverses zones du cerveau,
actives lors de l'expérience
religieuse des participants
Le pic d'intensité, accompagné d'une augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire, s'est produit entre une et trois secondes avant que le bouton ne soit enfoncé, et ce schéma a été répété pour les différentes tâches.

Sur la base des scans, les scientifiques ont découvert que des sentiments spirituels intenses sont associés à l'activation du noyau accumbens. Constitué d'un groupe de neurones et d'un composant du striatum dit ventral, ledit noyau fait partie du striatum et est essentiel au système de récompense.

Outre les réseaux de neurones liés au système de récompense, les sentiments spirituels se sont également avérés être associés au cortex préfrontal médian - une zone cérébrale activée par des actions liées aux évaluations, aux jugements et au raisonnement moral - et à d'autres régions cérébrales associées à l'attention focalisée.


L'expérience religieuse est peut-être la partie la plus influente de la façon dont les gens prennent des décisions qui nous affectent tous, pour le meilleur et pour le pire. Comprendre ce qui se passe dans le cerveau pour contribuer à ces décisions est vraiment important, bien qu'on ne sache pas encore si les croyants d'autres religions réagiraient de la même manière.

Des recherches menées par d'autres experts montrent que le cerveau réagit différemment aux pratiques contemplatives et méditatives, caractéristiques de certaines religions orientales, mais jusqu'à présent, il y avait peu de connaissances neuro-scientifiques sur la spiritualité en Occident.

Il existe des différences et des similitudes entre ces résultats et les études sur la méditation, mais dans les deux cas, elles montrent le rôle des régions cérébrales associées à l'attention, bien que l'activation du système de récompense soit beaucoup plus importante dans cette étude.

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Les neurotransmetteurs protagonistes du plaisir



Nous sommes corps, âme et esprit. C'est pourquoi, pour prendre soin de notre santé de manière intégrale et maintenir une bonne qualité de vie, nous devons non seulement prêter attention à notre bien-être physique, mais aussi à notre composante émotionnelle.

Le cerveau humain a la capacité de produire quatre substances naturelles liées au bonheur, au plaisir, à la relaxation et au soulagement de la douleur physique et émotionnelle.

Endorphines

* Elles constituent un type de neurotransmetteur produit principalement dans l'hypothalamus et l'hypophyse.

* Elles sont un puissant stimulant naturel qui n'a pas d'effets secondaires et a la capacité de changer notre humeur.

* Elles agissent comme analgésiques et activent les centres du plaisir, créant des situations satisfaisantes qui aident à éliminer l'inconfort.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Fondamentalement, toutes les activités qui nous sont agréables sont convoquées : rire, atteindre des objectifs, faire des routines d'exercice, se détendre, écouter de la musique, danser, lire pour le plaisir et méditer. Ces activités facilitent la mémoire et l'attention, et provoquent des changements positifs dans notre attitude.

Le rire a une influence notable sur la chimie du cerveau et est donc la meilleure source d'endorphines. De nombreuses études ont montré que le rire diminue la douleur physique et renforce le système immunitaire.

Les caresses, les bisous et les câlins stimulent également la libération d'endorphines.

Sérotonine

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C'est un neurotransmetteur cérébral qui agit également en régulant la fonction gastro-intestinale. Près de 90% présent dans notre corps est produit dans l'intestin, mais on le retrouve aussi dans les plaquettes et dans le cerveau.

* Elle contrôle les émotions et les fonctions cognitives.

* Elle est connue comme l'hormone du bien-être, car elle génère des sentiments de détente et de satisfaction, et augmente la concentration et l'estime de soi.

* Dans le système digestif, elle favorise la sensation de satisfaction après avoir mangé et, dans le cerveau, elle influence l'humeur. Ele aide également à profiter d'un sommeil réparateur et démarre l'horloge interne du corps.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Pour la produire, il est nécessaire d'avoir du tryptophane, un acide aminé fondamental en nutrition que l'on retrouve dans les aliments suivants : œufs, pâtes, riz, produits laitiers, céréales, poulet, dinde et légumineuses, entre autres.

De plus, nous pouvons augmenter la quantité de sérotonine dans le cerveau en faisant de l'exercice physique et en recherchant des endroits ensoleillés et très lumineux.

Si le corps n'en produit pas en quantité suffisante, vous pourriez ressentir un sentiment de découragement et d'insomnie.

En revanche, un excès de sérotonine peut être dangereux. Certaines drogues illégales amènent le cerveau à déverser toute sa réserve de sérotonine dans la synapse en une seule fois, ce qui peut provoquer de la paranoïa, altérer le jugement et avoir un impact négatif sur la mémoire.

Dopamine

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 C'est un autre des neurotransmetteurs qui est présent dans diverses zones du cerveau et qui est particulièrement important pour la fonction motrice du corps.

* Elle inonde la synapse entre les neurones lorsque quelque chose de gratifiant se produit ; elle est responsable de cette effusion de joie lorsqu'un objectif est atteint ou qu'une tâche est réussie. La dopamine stimule le cerveau et produit des sensations agréables.

* Elle a de nombreux aspects positifs, comme favoriser la vigilance ou aider le pancréas à libérer la bonne quantité d'insuline après avoir mangé.

* D'autre part, la dopamine coordonne le cerveau et le corps pour produire des mouvements volontaires. Certaines activités comme écrire votre nom et conduire une voiture sont possibles grâce à cela.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Ce produit chimique est déclenché à la fois lorsque vous faites le premier pas vers un objectif et lorsque vous l'atteignez.

La meilleure façon d'augmenter la dopamine est donc de fixer des objectifs à court terme ou de décomposer les objectifs à plus long terme en petits objectifs et de célébrer lorsque vous les atteignez.

La carence de ce produit chimique est liée à la maladie de Parkinson.

Pour stimuler la sécrétion de ce neurotransmetteur et augmenter son taux, il est nécessaire de consommer des aliments riches en tyrosine : chocolat, pastèque, amandes, viande, thé vert, produits laitiers, myrtilles, soja.

L'ocytocine

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 Elle est produite dans l'hypothalamus cérébral, est stockée dans la neurohypophyse et est libérée dans la circulation sanguine pour atteindre divers organes où elle exerce ses fonctions.

* Elle déclenche et soutient les contractions dans l'accouchement et dilate le col de l'utérus. Elle joue un rôle fondamental dans l'allaitement en générant le lien mère-enfant, notre première expérience d'amour pur et de pleine confiance.

* Elle augmente l'empathie et la confiance, régule le rythme cardiaque, abaisse la tension artérielle, le stress et la prédisposition aux dépendances (nourriture, drogues, alcool, jeu, etc.).

Comment sa production est-elle stimulée ?

L'ocytocine, appelée “hormone de l'amour”, est libérée lors de moments agréables de la vie, comme lors d'une rencontre entre amis, et lors de simples contacts physiques (massages, câlins) qui établissent des liens d'attachement.

Conseils pour maintenir les niveaux d'ocytocine

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 Maintenir une sexualité active dans le couple.
* Hug nos proches.
* Rire tous les jours.
* Obtenir des massages.
* Profiter de moments de loisirs et de déconnexion.
* Éliminer les relations toxiques de votre vie.
* Générer moins de liens, mais plus profonds et durables.


Relation entre le plaisir et le cerveau

L'hédonisme dans le cerveau

Diverses parties du cerveau sont impliquées dans la sensation de plaisir que nous éprouvons. Parmi ceux qui sont les plus liés au plaisir figurent le cortex préfrontal, orbito-frontal, insulaire et cingulaire, et en tant que régions sous-corticales, entre autres, le noyau accumbens, le noyau pâle central et l'amygdale.


Nous savons depuis longtemps que dans toute circonstance qui implique du plaisir - qu'il soit naturel – comme manger un repas appétissant – ou artificiellement – comme lorsque le cerveau est stimulé électriquement ou qu'une drogue addictive est consommée, le neurotransmetteur dopamine est libéré. Pour cette raison, pendant un certain temps, il a été considéré comme le neurotransmetteur ou le produit chimique de la récompense et du plaisir dans le cerveau.

Cependant, selon de nouvelles études, ce n'est pas vrai. Ce que l'on sait maintenant, c'est que la dopamine libérée dans le système méso-limbique dopaminergique augmente les composantes motivationnelles du renforcement, sa valeur incitative, et produit du désir sans provoquer de goût ni avoir un véritable impact hédonique. C'est-à-dire : la dopamine, plutôt que de provoquer directement du plaisir, ce qu'elle fait, c'est augmenter notre désir de le ressentir.

Des produits chimiques activent les régions qui rendent le plaisir possible



Ce sont les enképhalines et les endorphines, également appelées opioïdes endogènes. Ce sont des substances produites et omniprésentes dans une grande partie du cerveau. Sa fonction naturelle est de générer du plaisir, de la même manière que la morphine et d'autres substances dérivées de l'opium le font lorsqu'elles sont consommées. Autrement dit, les enképhalines et les endorphines facilitent l'activation des structures cérébrales qui génèrent des perceptions agréables.

Il a été prouvé que sa stimulation artificielle en injectant des substances qui reproduisent ses effets, les soi-disant agonistes opioïdes, dans des régions spécifiques du cerveau, comme le noyau accumbens, augmente, voire double, l'impact hédonique que nous ressentons en consommant le sucre du saccharose, mesurée par les réactions à sa consommation. Ainsi le plaisir est assimilé à l'hédonisme, le mot grec pour plaisir qui, à son tour, dérive du mot utilisé pour sucré.

Utiliser le plaisir pour renforcer notre cerveau

Les humains sont des chercheurs permanents de plaisir. Comme d'autres espèces animales, nous pouvons y parvenir de plusieurs façons : boire, manger, se reposer, chauffer ou refroidir notre corps, avec des massages et des caresses, soulager toute douleur ou inconfort somatique et satisfaire les motivations sexuelles.

Mais, contrairement aux autres espèces, nous pouvons aussi l'obtenir cognitivement, c'est-à-dire mentalement et intellectuellement. Le développement du cortex cérébral humain nous permet de profiter de l'amour et de la compagnie de notre famille et de nos amis ; de créations et de découvertes artistiques, littéraires ou scientifiques ; de succès dans nos relations sociales ; des réalisations au travail ou de l'économie ; de compétitions sportives, d’activités ludiques et de jeux en général.

Tout cela peut aussi produire beaucoup de plaisir. Mais ce n'est pas tout. Les humains peuvent profiter du présent même en imaginant le bien qui peut arriver dans le futur.

Profiter avec l'esprit

La capacité du cerveau et de l'esprit humains à imaginer les conséquences positives de notre comportement nous permet également de profiter activement du présent et pour cette raison, nous pouvons également profiter davantage dans le présent du bien qui peut se produire dans le futur.

C'est ce qui nous fait éprouver du plaisir à imaginer à quel point nous nous sentirons bien lorsque nous serons en vacances sur une plage, lorsque nous aurons obtenu le travail auquel nous aspirons, si nous gagnons un gros lot à la loterie ou encore en imaginant une fontaine à eau fraîche lorsque nous avons soif.

L'activation naturelle des systèmes cérébraux de motivation et de plaisir fait partie de la régulation homéostatique de l'organisme. Savourer et ressentir le plaisir de manger lorsque les besoins énergétiques de l'organisme l'exigent est quelque chose de nécessaire et biologiquement établi.

De nombreux plaisirs incitatifs, comme ceux de nature intellectuelle, peuvent également avoir un rôle bénéfique pour le bien-être somatique et mental des personnes, puisqu'ils réduisent le stress et sont à l'origine des motivations qui nous poussent à nous comporter de manière convenable afin de ne pas nuire à notre organisme.

Et c'est un problème pour ceux qui, en raison de l'hérédité, de la maladie ou du vieillissement, ont moins de capacité à ressentir du plaisir. Nous avons besoin de ressentir du plaisir pour nous sentir bien et atteindre le bien-être. Son influence est également très importante pour l'adaptation de l'organisme à l'environnement dans le contrôle du comportement motivé, la prise de décision, l'apprentissage et la mémoire.

Ce qui se passe, c'est que les décisions que nous prenons au quotidien ne sont pas toujours, bien que cela puisse paraître, un exercice de pure rationalité. Chez la plupart d'entre elles, sans qu'on s'en aperçoive à peine, il y a une influence émotionnelle importante qui n'est pas exempte de sensations agréables.

Utiliser le plaisir pour prendre de meilleures décisions

Pensons, par exemple, à l'anticipation mentale de l'excitation et du plaisir de maigrir ou d'avoir une meilleure apparence et forme physique. Cette anticipation du plaisir peut influencer la décision de restreindre l'apport calorique. Non moins certaine est l'influence qu'elle peut avoir sur la décision de sauver le sentiment de plaisir anticipé qui vient de profiter d'une nouvelle voiture ou de vacances dans un endroit de rêve.

Comme nous le voyons avec ces exemples et dans d'autres possibles, le plaisir guide nos décisions quotidiennes. Et il fait bien plus que ce que nous pensons.

L'expérience commune nous dit que nous avons tendance à répéter les comportements qui ont des conséquences positives. Si nous avons aimé un certain plat dans un restaurant, nous le commanderons à nouveau à de nouvelles occasions.

L'administration de stimuli agréables après les comportements que nous voulons promouvoir est un puissant moyen de moduler ou de changer le comportement des gens. C'est ce que fait un père quand il donne à son fils un ballon ou un ordinateur après avoir obtenu une bonne note à un examen.


Aucun stimulus n'a autant d'effets sur les neurones que l'écoute de la musique

La musique, quelque chose de si naturel pour les gens, est le résultat de mécanismes neuronaux complexes qui finissent par engager presque tout le cerveau à la produire, à l'écouter, à l'interpréter et à la ressentir.

Des études suggèrent que l'influence de la musique sur le cerveau humain est née de la capacité des rythmes et de la sonorité à s'impliquer intimement dans des domaines dédiés aux émotions, au langage et au mouvement, au point qu'elle parvient à les faire agir simultanément.

La musique est l'un des facteurs qui produit le plus de plaisir, conditionné par un circuit cérébral qui gère les réponses physiologiques aux stimuli émotionnels, mesurées par la dopamine, une hormone liée aux soi-disant récompenses cérébrales.

Le rythme agit sur les cortex frontal gauche et pariétal gauche, et sur le cervelet droit ; la tonalité impacte le cortex pré-frontal, le cervelet et le lobe temporal ; et la parole, dans les aires (du langage) de Broca et de Wernicke, les noyaux caudé et accumbens, et dans l'aire pré-frontale, tous liés aux émotions.

Tout commence dans l'oreille lors de l'écoute d'une chanson, le stimulus est transmis par le tronc cérébral, il atteint le cortex auditif et, de là, il est distribué aux zones décrites ci-dessus et aux zones de stockage musical, car la réponse cérébrale aux sons est conditionnée par ce qui a été entendu auparavant. C'est comme s'il y avait une grande base de données avec toutes les mélodies reçues et connues.

Ordonner et guérir

Les effets de la musique sur différentes zones du cerveau simultanément ont également permis à ces stimuli d'améliorer des fonctions détériorées dans le champ neuronal, sur la base de processus physiologiques et émotionnels.

Certaines images cérébrales ont montré que l'activation multiple des régions cérébrales favorise la plasticité neuronale qui peut compenser les déficiences après certains dommages. Pour cette raison, la musique est une bonne aide dans les processus de rééducation, car elle induit des états d'esprit positifs et favorise la genèse des mouvements.

Avec l'utilisation thérapeutique de la musique, des améliorations ont été observées chez les personnes ayant des problèmes de mouvement, des difficultés d'élocution, de démence, etc.

Émotions, communication et attention

C'est apaisant. Il a été démontré qu'écouter de la musique agit directement sur l'hypothalamus et d'autres centres responsables de la stimulation des zones de récompense et de plaisir dans le cerveau, et qu'elle augmente également la production d'oxyde nitrique, qui ouvre les vaisseaux sanguins et améliore la circulation cérébrale, en plus à libérer de la sérotonine et à réduire les niveaux de cortisol. Tout cela se traduit par une diminution significative de l'anxiété et des effets relaxants quasi immédiats.

C'est une tristesse qui réconforte. La musique triste produit une sensation agréable et du plaisir chez certaines personnes car, diverses études ont montré qu'en l'écoutant, le cerveau libère de la prolactine, une hormone qui produit en fait des sensations d'apaisement et de soulagement.

Communication. Il a déjà été constaté que la musique est capable de produire des réactions similaires dans des groupes de personnes qui se trouvent dans les mêmes conditions, ce qui permet des connexions émotionnelles entre elles, c'est pourquoi les gens dansent, assistent à des concerts ou effectuent des exercices synchronisés. En plus de cela, c'est un élément de fusion convergent pour la défense et l'attaque. En raison de ce qui précède, on parle de tambours de guerre ou de musique martiale, utilisés par les armées. Sur cette base, on dit que la musique est un langage universel.

Planification des mouvements. Il a été démontré que le cerveau fait naturellement en sorte que la musique active les centres de mouvement pour produire des actions rythmiques traduites en danse ou en mouvements harmoniques de certaines parties du corps, même apparemment immobiles : la tête, les mains ou le claquettes.



Des siècles après que les plus grands philosophes du monde aient réfléchi aux secrets d'une bonne vie, la science moderne a fait d'énormes progrès interdisciplinaires dans la compréhension de l'épanouissement humain.

Le plaisir est un sentiment agréable et positif, dont la gamme va du bien-être – comme la satisfaction d’un besoin fondamental : la faim, la soif – aux sensations euphoriques d’épanouissement individuel ou de joie, selon sa raison d’être, son intensité et sa durée dans le temps.


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jeudi 1 décembre 2022

Développement Neuronal de Grands Prématurés





La prématurité, qui représente environ 15 millions de cas par an dans le monde, est préoccupante car elle est associée à une variété de complications à long terme, et en particulier des troubles neuro-développementaux. La naissance prématurée perturbe la maturation normale du cerveau pendant une période critique de la croissance du cerveau fœtal, exposant le cerveau en développement à une variété d'événements stressants dans l'unité de soins intensifs néonatals et privant les nourrissons d'apports sensoriels importants pour l'activité de développement du cerveau normal.

Les bébés prématurés sont ceux nés avant 37 semaines de gestation et présentent des altérations du comportement, caractérisées par un manque d'attention, de l'anxiété et des problèmes socio-émotionnels, où 25% d'entre eux ont un risque plus élevé de développer un trouble déficitaire de l'attention et une hyperactivité, des troubles du spectre autistique et la dépression. D'autant plus s'ils sont très prématurés, c'est-à-dire ceux nés avant la semaine 32.

Ces troubles apparaissent parce qu'à leur naissance, leur cerveau n'est pas formé et doit être construit en dehors de l'utérus maternel, et sans les stimuli qu'ils y reçoivent, les connexions neuronales et la myélinisation – un processus par lequel les neurones sont recouverts de myéline, une graisse qui fait que les messages arrivent plus rapidement – ce qui influence le développement neuronal.

En particulier, il est décrit depuis 2015 par des chercheurs suisses que les bébés prématurés présentent des altérations cérébrales structurelles dans des régions censées servir au traitement émotionnel et qui sont liées à des déficits socio-émotionnels ultérieurs, qui, par exemple, rendent difficile traiter ou comprendre la peur. Ces altérations comprennent des volumes réduits de l'amygdale, de l'hippocampe, du cortex orbitofrontal, de l'insula et du cortex cingulaire postérieur. Il s'agit des “zones cérébrales de socio-émotion”.

Aux âges plus avancés comme l'enfance et l'âge adulte, le cerveau d'un individu né prématurément est structurellement différent de celui d'un individu né à terme.

Écouter de la musique pourrait avoir le potentiel de moduler les réseaux de neurones qui sont affectés par la prématurité dans le développement précoce, en particulier ceux impliqués dans le traitement socio-émotionnel.


La musique aide le développement du cerveau chez les bébés très prématurés




Des chercheurs des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), en collaboration avec des hôpitaux et universités anglais et nord-américains, ont mené une expérience avec de très bons résultats pour favoriser le développement neuronal des bébés grands prématurés, en leur faisant jouer une musique spécialement composée pour eux. Les résultats ont été publiés dans la revue Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS) de mai 2019.

Les bébés nés prématurément doivent passer du temps dans les unités néonatales de soins intensifs (USIN). Bien qu'ils soient destinés à être des lieux silencieux – comme l'est l'intérieur du ventre de la mère –, il y a généralement des stimuli tels que des bruits (alarmes, portes...) et des lumières pour lesquels le système sensoriel de ces petits n'est pas préparé.

Exposer des bébés très prématurés à une musique spécialement composée pour eux renforce le développement de leurs réseaux cérébraux et pourrait limiter les fréquents retards neuro-développementaux que subissent ces bébés.

Les chercheurs ont mené l'expérience en double aveugle (ni les parents ni les chercheurs ne savaient quel bébé écoutait de la musique) avec 30 bébés prématurés, dont seulement la moitié recevaient de la musique avec la permission de leurs parents, et leurs résultats ont été comparés à ceux de 15 bébés qui sont arrivés à terme avant leur naissance. Le plus intéressant est que la musique jouée dans l'unité de soins intensifs néonatals correspondait à l'état de veille du bébé. S'ils dormaient, c'était un morceau de musique calme et très semblable à une berceuse, tandis que lorsqu'ils étaient éveillés ou voulaient s’endormir, il s'agissait de mélodies différentes. Les séances ne duraient pas plus de 8 minutes, une fois par jour et 5 jours par semaine.

Les chercheurs ont vérifié avec des techniques d'imagerie que les connexions neuronales des bébés nés entre 24 et 32 semaines de grossesse – soit près de quatre mois plus tôt que prévu pour certains d'entre eux – qui avaient écouté cette musique se développaient beaucoup mieux, notamment toute la zone qui affecte les fonctions sensorielles et cognitives.

Selon les chercheurs suisses, puisque le développement neuronal plus faible des bébés prématurés est dû en partie à ces perceptions stressantes pendant qu'ils sont dans l'incubateur, et au manque de stimuli sensoriels adéquats pour leur physiologie cérébrale immature, ils ont proposé un autre type de stimuli aux prématurés, mais adaptés à ce nombre réduit de neurones et de connexions entre eux. Ils pensaient que la musique, puisque l'ouïe est l'un des sens qui commence à fonctionner en premier, pourrait être le meilleur moyen de les aider.

Pour leur objectif, ils ont demandé au compositeur musical Andreas Vollenweider de composer des chansons spécifiques pour ces petits lorsqu'ils sont éveillés, une autre pour dormir et une troisième pour interagir avec eux, d'une durée de huit minutes chacune.

Les instruments choisis pour en jouer étaient la harpe, les cloches et le punji – la flûte indienne qui apparaît habituellement dans les scènes des charmeurs de serpents – car ils ont observé que leur son était celui qui les calmait le plus et leur permettait de se concentrer sur la musique.

Les pièces musicales comprennent une harmonie entre des sons de harpe, de flûte charmeuse de serpent et de cloches, qui créent ensemble une mélodie interactive et des tons subtils que vous pouvez écouter en cliquant ici.

L'imagerie par résonance magnétique multimodale, l'imagerie du tenseur de diffusion et la tractographie de la région d'intérêt, des techniques non invasives qui permettent au chercheur de mesurer le volume des structures cérébrales, de mesurer le développement neuronal et de vérifier la connectivité fonctionnelle entre différents points du cerveau, ont été utilisées conjointement afin d'étudier les aires cérébrales de la socio-émotion.

L'équipe a examiné 20 endroits différents à l'aide de la technique du tenseur de diffusion, pour quantifier le nombre de molécules d'eau pouvant traverser la substance blanche – un type de tissu neuronal dans le cerveau –, où, grâce à d'innombrables équations physiques et mathématiques, il est possible d'évaluer la croissance neuronale et le développement de caractéristiques aussi importantes que la myéline, une substance qui entoure et protège les axones des neurones et dont la fonction principale est d'augmenter la vitesse de transmission de l'influx nerveux.

Ce qu'ils ont découvert, c'est que les nourrissons prématurés présentent une diminution globale de la maturation de la substance blanche par rapport aux nouveau-nés dans plusieurs régions socio-émotionnelles et auditives, où il a été constaté que les molécules d'eau traversaient plus facilement la matière blanche chez les bébés prématurés par rapport aux bébés nés à terme.

Ceci est directement lié à la maturation de ces zones, car la croissance des neurones rend difficile le passage des molécules d'eau à travers les tissus, car une plus grande facilité dans le passage de l'eau signifie un plus petit nombre de neurones ou des neurones plus petits et donc une croissance neuronale moindre.

Cependant, ce qui était surprenant, c'est que les enfants prématurés exposés aux séances musicales présentaient une diffusion de l'eau plus proche de celle des enfants nés à terme et donc une maturation fonctionnelle plus proche. C'est le manque de myéline dans les neurones de la substance blanche en développement (qui se caractérise par le fait de n'avoir que des fibres myélinisées) qui a affecté la maturation des zones socio-émotionnelles chez les prématurés.

Quant à l'amygdale, une structure cérébrale classiquement associée à la coordination des émotions et qui a été décrite comme ayant un volume plus faible chez les prématurés, elle pourrait être liée à certaines difficultés rencontrées par ces bébés tout au long de leur croissance, comme la difficulté à réguler la peur et colère à 12 mois, difficulté à reconnaître les expressions faciales des émotions à 24 mois et plus grandes difficultés à reconnaître le contenu émotionnel et à réguler le comportement social à 5-7 ans.

De plus, dans ceux-ci les connexions ont augmenté entre le réseau cérébral de proéminence – celui qui nous permet de discerner l'importance des stimuli – et les réseaux auditif, sensori-moteur, frontal, thalamus et précuneus – une partie du cerveau qui permet à l'information extérieure d’être apparentée à celui des sens –. A tel point que l'organisation des réseaux de neurones était très similaire à celle des bébés nés à terme. Peut-être parce que l'écoute des trois chansons leur a permis de se concentrer sur leur rythme physiologique, d'une manière très similaire à l'harmonie que le fœtus entretient avec sa mère. En revanche, les bébés prématurés qui n'écoutaient pas cette musique particulière n'associaient pas un stimulus, comme le bip d'une alarme, à un contexte physiologique spécifique.

Il a été constaté dans cette étude que les nourrissons prématurés traités avec de la musique avaient un volume amygdalien plus similaire à celui d'un nourrisson né à terme, et bien que le volume en soi ne soit pas indicatif d'une meilleure connectivité neuronale, il ouvre un champ d'investigation nouveau et intéressant.

En conclusion, ces résultats suggèrent un effet structurel de maturation de l'intervention musicale proposée sur les voies neuronales de traitement auditif et socio-émotionnel des prématurés au cours d'une période clé du développement cérébral.

Aujourd'hui, les premiers nourrissons à entendre cette musique personnalisée ont 6 ans, ce qui est généralement l'âge auquel certains problèmes cognitifs commencent à se manifester. C'est pourquoi les chercheurs prévoient de réaliser sur eux une évaluation cognitive et socio-émotionnelle pour vérifier si les effets positifs se sont maintenus dans le temps.


Très grands prématurés : la survie de ces nourrissons s’améliore




Des chercheurs d'une équipe américaine, dans une étude publiée dans la revue JAMA Network en janvier 2022, ont révélé que les très grands prématurés, soit les nourrissons nés avant la 28ème semaine de grossesse, ont plus de chances de survivre de nos jours.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques se sont appuyés sur les données de 19 centres médicaux recueillies entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2018. Ils ont analysé les informations de 10.877 bébés nés entre la 22ème et la 28ème semaine de grossesse. Les données ont été comparées à une cohorte similaire de nourrissons nés de 2008 à 2012.

Une hausse des taux de survie chez les très grands prématurés

D’après les résultats, 78,3% des très grands prématurés ont survécu jusqu'à leur sortie de l’hôpital. Ce chiffre a augmenté par rapport à un taux historique de 76% pour les nourrissons nés entre 2008 et 2012. Selon les travaux, la survie jusqu'à la sortie de l’établissement de santé était de 10,9% pour les nourrissons nés à la 22ème semaine de grossesse et de 94% pour les bébés nés à la 28ème semaine. La survie chez les nouveau-nés traités activement était de 30% à la 22ème semaine de grossesse et de 55,8% à la 23ème semaine. Parmi les nourrissons nés avant la 27ème semaine de grossesse qui ont survécu et ont été suivis pendant deux ans, 49,9% ont été de nouveau hospitalisés et 21,2% ont présenté des troubles graves du développement neurologique.

Une amélioration collective des soins

Les chercheurs ont déclaré que cette amélioration des résultats pour les très grands prématurés peut être attribuée à de multiples facteurs. Les centres médicaux universitaires ont adopté de meilleures pratiques, les ont appliquées et les ont partagés à un groupe de plus en plus large au niveau national. Il y a des éléments où ils ont collectivement progressé, comme la ventilation, la nutrition et l'hydratation. L'accouchement imminent d'un enfant extrêmement prématuré est un facteur de stress intense pour les familles. Pour aider les parents à faire face à cette situation, il est important de leur présenter les données dont ils disposent et de leur faire savoir à quoi s'attendre à long terme.

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Les progrès de la médecine ont considérablement amélioré les taux de survie des enfants prématurés, même chez les grands prématurés (moins de 28 semaines), mais la transition vers l'alimentation par voie digestive à la naissance représente un défi de taille pour le tube digestif de ces bébés en raison de leurs fonctions digestives et immunitaires immatures.

Oligosaccharides
Cette immaturité expose à des complications néonatales comme le sepsis et l'entérocolite nécrosante qui est une maladie inflammatoire intestinale pouvant conduire à la nécrose et à la perforation de l’intestin. Ces complications peuvent également faire le lit de différentes maladies plus tard dans la vie, notamment un développement neurologique perturbé, des maladies allergiques et une rétinopathie.

Chez les prématurés, l’alimentation par le lait maternel est essentielle pour l’adaptation du tube digestif à l’alimentation mais tous les laits maternels ne sont probablement pas identiques.

Les oligosaccharides contenus dans le lait maternel seraient importants pour l’alimentation des enfants prématurés car ils contribuent à prévenir les troubles digestifs et les problèmes de santé ultérieurs.

Prématurité et immaturité intestinale

L'immaturité intestinale chez les prématurés qui viennent de naître entraîne de fréquentes difficultés pour tolérer l'alimentation par voie digestive – alimentation entérale – avec des laits maternisés. D’autre part, la colonisation bactérienne physiologique à ce stade peut se faire de façon anormale avec un risque élevé d’entérocolite nécrosante, notamment lorsque le lait maternel est insuffisant.

Bénéfice des oligosaccharides

Les oligosaccharides du lait maternel ont été crédités dans plusieurs études d’un bénéfice sur la prévention de ces troubles. Ces bénéfices de l'allaitement maternel pour la santé seraient en partie expliqués par l'abondance et, surtout, la variété des oligosaccharides dans le lait maternel, ceux-ci servant de prébiotiques et d'immuno-modulateurs. La concentration en oligosaccharides dans le lait maternel est très variable et le microbiote intestinal est également d’une grande variabilité après une naissance prématurée. La supplémentation en oligosaccharides du lait maternel peut devenir importante pour la protection de l'intestin chez le nouveau-né prématuré, en particulier lorsque l'intestin a atteint une phase plus mature.


Prématurés : le lait maternel et ses oligosaccharides contre les troubles digestifs et les problèmes de santé

 


Selon les chercheurs de la Faculté Sciences Médicales et de Santé de l’Université de Copenhague, dont leur étude parue dans Nutrients d’octobre 2018, la différence de composition en oligosaccharides dans le lait maternel pourrait expliquer en partie pourquoi certains nouveau-nés prématurés développent une entérocolite nécrosante alors qu’ils sont nourris exclusivement avec du lait maternel.

L’intérêt des oligosaccharides du lait maternel semble bien étayé pour stimuler l'adaptation intestinale du prématuré à l’alimentation et réduire la fréquence de l'entérocolite nécrosante.

Le but de cette étude était de mesurer la concentration de 15 oligosaccharides du lait humain (HMO) dominants dans le lait maternel au cours de la période néonatale et d’étudier les corrélations entre leurs niveaux et la survenue d’entérocolite, de sepsis et de retard de croissance chez 106 prématurés, avec un poids de naissance extrêmement faible (inférieur à 1000 g), exclusivement nourris avec du lait maternel.

Il apparaît que la diversité des oligosaccharides du lait humain et les taux de Lacto-N-difucohexaose I étaient plus faibles dans les échantillons des mères en cas d’entérocolite, par rapport aux prématurés qui n’ont pas eu d’entérocolite. Or, le lacto-N-difucohexaose I est uniquement produit par des mères Lewis positives, c’est-à-dire celles qui sont génétiquement programmées pour le faire.


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