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mercredi 31 mai 2023

Neurosciences du Plaisir




Le neuroscientifique d'Oxford Morten Kringelbach a présenté ses recherches en juillet 2021, menées afin d'étudier ce qui se passe dans le cerveau lorsque l'un des constituants les plus appréciés du bien-être est ressenti : le plaisir.

Le plaisir opère dans un cycle de trois étapes : désir, goût et apprentissage. Mais les résultats indiquent qu'une bonne vie implique de s'engager dans des activités significatives.

Pour découvrir pourquoi le système cérébral doit traverser ce cycle de changements de manière ordonnée, il fallait aller directement à la source : le cerveau. Pendant deux décennies, le scientifique a invité des participants à des examens d'imagerie cérébrale pour étudier ce qui se passe dans le cerveau. À ce jour, il a étudié la neuro-anatomie de la plupart des plaisirs – la nourriture, la drogue, la musique, regarder de jolis bébés, même le sexe – malgré les défis évidents.

Il s'avère que nous pouvons en apprendre beaucoup sur la condition humaine en étudiant le plaisir dans le cerveau. Par exemple, les neuro-scientifiques peuvent créer des schémas, ou des modèles cérébraux, de l'activité neuronale sous-jacente à différentes régions du cerveau dans divers états, alors que des milliards de neurones et de cellules gliales communiquent entre eux.

Ces connaissances, à leur tour, peuvent être appliquées dans le traitement des conditions qui affectent le fonctionnement des circuits du plaisir, y compris les troubles neuro-psychiatriques et les dépendances. En fin de compte, démêler les mécanismes cérébraux impliqués dans l'expérience du plaisir, du bonheur et de divers états significatifs pourrait indiquer ce que signifie vraiment le plaisir et aider les gens à en faire davantage l'expérience. Cet étude a été la principale motivation de ses recherches. C'est, selon ses propres mots, ce qu'il nous révèle sur la neuro-anatomie du plaisir.

Pas seulement une sensation

Le plaisir est une manière d'expérimenter le monde sensoriel. Lorsque vous voyez, entendez, sentez ou goûtez quelque chose qui est considéré comme agréable, l'information passe par les cortex sensoriels du cerveau. Mais ce n'est pas là que le plaisir est codé. Grâce à l'implication de diverses régions du cerveau, c'est quelque chose qui s'ajoute plus tard comme une lueur hédonique.

Ainsi, le plaisir n'est pas simplement une sensation ou une pensée. Le plaisir consiste en des cycles de désir, de goût et d'apprentissage. Une bonne vie dépend d'un système cérébral capable de traverser ce cycle de changements de manière ordonnée.


Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'on éprouve du plaisir ?

Pour le buveur de café, le cycle du plaisir commence avant même la première gorgée. Cela commence par l'attente et l'anticipation de l'événement. Aucune information – par exemple la vue, l'odorat, le goût – n'est jusqu'à présent entrée par les organes sensoriels. Cependant, il sent que le café est dehors et, sur la base de ses expériences précédentes, il a un désir.

À ce stade, une grande partie du cerveau est consacrée à essayer de trouver des moyens d'atteindre l'objectif. C'est comme si le cerveau disait qu'il y a quelque chose d'important dans l'environnement qui a besoin d'attention. Au fil du temps, le sujet se sentira de plus en plus motivé pour s'en occuper, jusqu'à ce qu'il se lève finalement et se fasse un café. Une fois que les expériences sensorielles de voir, sentir et goûter sont activées, les points chauds hédoniques du cerveau sont également activés et le plaisir est intensifié. L'étape du goût commence.

Au fur et à mesure que le café est bu, les attentes sont constamment mises à jour. L'étape d'apprentissage comprend la satisfaction des attentes. Quand quelque chose ne va pas et ce qui est attendu ne se réalise pas – par exemple, quand le café a mauvais goût – c'est un obstacle au plaisir. Si le réseau fonctionne sans problème, après un certain temps, il sera rassasié. Le cerveau apprendra de l'expérience en mettant à jour les associations et en faisant des prédictions futures. Alors, le cycle s'arrêtera et il passera à autre chose.

Si le plaisir fonctionne mal

Au lieu de passer par le cycle de désirer-goûter-apprendre où les choses se terminent naturellement et où l'on peut continuer sa journée, les personnes dépendantes sont coincées dans une boucle de répétition. Par exemple, ils peuvent éprouver une motivation extrême – désirer – sans la récompense – goûter – et revenir sans cesse au désir, car cela ne semble pas suffisant pour leur permettre de passer à l'étape de la jouissance et de la satiété.

Anhédonie

C'est l'incapacité à éprouver du plaisir, la perte d'intérêt ou de satisfaction dans presque toutes les activités de la vie qui étaient autrefois appréciées, de manger, écouter de la musique ou faire du sport aux relations sociales telles que rencontrer des amis et la famille, discuter, se promener ou aller au cinéma, à une soirée ou à un concert.

Cette affection est un symptôme clé des troubles neuro-psychiatriques. Une personne déprimée, par exemple, peut toujours être motivée à boire du café, mais lorsqu'elle le fait, elle peut ne pas en ressentir le plaisir. Cela peut aggraver les choses, car elle pourrait avoir l'impression qu’elle devrait ressentir de la joie, mais ce n'est pas le cas.


Intervention des régions du cerveau

Le cortex orbito-frontal – la partie du cerveau située derrière les yeux – est un acteur majeur dans la salle des machines du plaisir. D'autres régions, dont le noyau accumbens et le pallidum ventral, sont également importantes. Si certaines de ces régions sont retirées du cerveau des rats, ils ne montreront plus la réaction de plaisir avec leur bouche lors de l'administration d'eau fraîche. Presque comme un système de vote, toutes ces régions doivent s'engager les unes envers les autres pour que le plaisir se fasse sentir. Heureusement, le système est composé de plusieurs parties, de sorte qu'en cas de dysfonctionnement d'une région, les autres parties peuvent fonctionner ensemble et compenser.


Au fur et à mesure que le cycle du plaisir démarre, les neurones de ces régions commencent à “se parler” de manière synchronisée et désynchronisée. Les signaux électriques sont convertis en signaux chimiques au niveau de la jonction synaptique, avant d'être à nouveau convertis en signaux électriques et de continuer.

C'est un paysage dynamique, avec une myriade d'itinéraires empruntés par les signaux. Ce qui facilite ce mouvement constant, ce sont les neurotransmetteurs à la jonction synaptique. Ils facilitent ou compliquent le passage des signaux à travers les différentes régions. Par exemple, pendant un orgasme, en raison de la libération de neurotransmetteurs, il peut soudainement devenir beaucoup plus facile pour les signaux de voyager entre le cortex orbito-frontal et d'autres régions qui ne sont normalement pas directement liées.

Le cerveau est une machine qui travaille tout le temps. Il existe de nombreux itinéraires qui peuvent l'activer. Certains sont hédoniques, liés au plaisir et à l'affect positif, comme le café ou le sexe. D'autres sont plus eudémoniques, ayant à voir avec le sens, l'engagement et la réalisation de soi, comme le bénévolat ou l'expression de gratitude. Souvent, les activités eudémoniques ne sont pas agréables sur le moment. En fait, elles peuvent même se sentir difficiles. Ce n'est que plus tard, rétrospectivement, et lorsque l'expérience est interprétée comme signifiante, que le plaisir peut en être déduit.


Douleur et plaisir

L'une des découvertes neuro-scientifiques les plus fascinantes est le lien étroit entre la douleur et le plaisir. Prenons l'exemple de la douleur du membre fantôme, qui est initialement signalée par environ 80% des personnes amputées. Au fil du temps, chez 10 à 25% des patients, la douleur des membres fantômes peut entraîner une douleur chronique, très difficile à traiter.

Lorsque les neurochirurgiens prennent des électrodes et effectuent une stimulation cérébrale profonde sur ces patients avec 20 Hz – la région cible reçoit 20 impulsions électriques par seconde – les patients rapportent un soulagement presque instantané. Mais lorsque les mêmes régions sont stimulées à 50 ou 100 Hz, la douleur s'aggrave. C'est le même réseau qui provoque un soulagement – le plaisir – et une douleur atroce, et celui activé par un inconfort intense lors d'un marathon devient soudainement la motivation d'un coureur.

Plus qu'accumuler des plaisirs



C'est un mythe que les hédonistes sont plus heureux que les autres. Ceux qui se retrouvent dans une poursuite sans fin du plaisir pour le plaisir sont souvent malheureux, prévient Sendaia Laiol, neuro-scientifique travaillant à la recherche sur le plaisir à l'Université de Californie. Avoir un sens et un objectif général est essentiel pour que les gens s'épanouissent. Le sens peut être dérivé des relations, de l'effort déployé dans diverses activités et même du dépassement des difficultés. L'affinité neuro-biologique entre la douleur et le plaisir dans notre cerveau peut être parallèle au lien poignant entre la souffrance et l'épanouissement dans nos vies, dit-elle.

La dopamine fait partie de la danse du plaisir. C'est ce qui vous motivera à vous lever et à boire le café auquel vous pensez sans cesse. Mais la dopamine n'est pas ce qui donne la récompense quand vous buvez du café, ce sont les opioïdes. Le plaisir ne concerne pas tant la dopamine et les opioïdes en soi, mais la façon dont le cerveau communique entre les différentes régions. Les neurotransmetteurs modifient le câblage des régions et leurs relations les unes avec les autres.

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Le cerveau recherche le plaisir



Des chercheurs de l'Institut Zuckerman de l'Université de Columbia, de l'Université de Californie à Berkeley et du Champalimaud Center for the Unknown, au Portugal, dans une étude publiée dans Science en mars 2018, ont observé chez la souris comment le cerveau apprend à répéter des schémas d'activité neuronale qui provoquent l'importante sensation de se sentir bien.

Cette recherche offre des informations clés sur la façon dont l'activité cérébrale est façonnée et raffinée lorsque les animaux apprennent à répéter des comportements qui évoquent un sentiment de plaisir.

Les résultats indiquent également de nouvelles stratégies pour détecter les troubles caractérisés par des comportements répétitifs anormaux, tels que la dépendance et le trouble obsessionnel-compulsif (TOC).


Les résultats révèlent que le cerveau apprend quels modèles d'activité conduisent à des sensations de bien-être et se recâble pour reproduire plus efficacement ces modèles.

Cette découverte peut aider à expliquer comment nous apprenons par cœur, et peut également éclairer des études sur des troubles tels que la dépendance et le TOC, dans lesquels la boucle de rétroaction qui lie une action à une récompense se décompose.

Normalement, faire quelque chose d'agréable provoque la libération par les neurones d'une substance chimique appelée dopamine. Cette libération déclenche ce sentiment de bien-être, évoque le désir de répéter une action encore et encore. Les jeux vidéo en sont un bon exemple.

Lorsque vous déplacez le contrôleur de jeu exactement dans le bon sens pour obtenir ce score élevé, votre cerveau se souvient de la façon dont vous avez effectué cette action : quels neurones se déclenchent et selon quel schéma, afin que votre cerveau puisse recréer ce même mouvement lorsque vous jouez au jeu la prochaine fois. Après des tentatives répétées, le cerveau s'améliore pour recréer ce modèle d'activité neuronale et s'améliore dans le jeu.

Pour l'équipe, cela a soulevé la question suivante : le cerveau pourrait-il être entraîné à apprendre le schéma correct d'activité neuronale normalement impliqué dans l'expérience de quelque chose d'agréable, puis à reproduire ce schéma à volonté pour déclencher une libération de dopamine ?

Implications pour la dépendance et le trouble obsessionnel-compulsif

Dans une série d'expériences sur des souris, les scientifiques ont développé un programme informatique qui connectait l'activité neuronale dans le cerveau des animaux aux notes de musique, de sorte que lorsqu'un groupe de neurones s'activait, une note de musique correspondante était jouée. Différents modèles d'activité neuronale ont produit différentes combinaisons de notes. Et lorsque les modèles d'activité neuronale ont déclenché l'arrangement correct des notes de musique, les scientifiques ont libéré manuellement de la dopamine dans le cerveau des animaux.

Les animaux ont rapidement appris quel arrangement musical, lorsqu'il était joué, provoquait une libération de dopamine et une sensation de bien-être. Leurs cerveaux ont alors commencé à se recâbler pour écouter cette chanson plus souvent, ce qui déclenche le coup de plaisir de la dopamine. Essentiellement, les souris ont appris à répéter le même schéma d'activité cérébrale qui avait été précédemment évoqué en entendant ces notes de musique.

Les chercheurs ont noté que ces résultats sont un exemple frappant de la loi de Thorndike : un principe de psychologie qui stipule que les actions qui conduisent à un renforcement positif sont répétées plus fréquemment. Cependant, ces découvertes représentent probablement la première fois que ce principe est observé directement dans le cerveau. Jusqu'à présent, les mécanismes cérébraux qui guident ce type d'apprentissage n'ont pas été directement mesurés.

Cette recherche a également des implications importantes pour la toxicomanie et le TOC. Si les schémas d'activité neuronale du cerveau sont en surcharge, comme c'est souvent le cas chez les personnes souffrant de dépendance ou de TOC, les chercheurs se demandent s'ils pourraient créer un programme informatique qui pourrait aider à entraîner leur cerveau à réduire cette activité. Ils l'explorent activement.


Étude sur la performance de l'expérience religieuse dans le cerveau

Des chercheurs de la faculté de médecine de l'Université de l'Utah, dans une étude publiée dans la revue Social Neuroscience en novembre 2016, ont vérifié que les zones cérébrales associées à la gratification, comme le noyau accumbens, agissent lorsqu'une personne se sent proche de Dieu.

Cette étude est la première initiative du Religious Brain Project, un projet visant à comprendre le fonctionnement du cerveau chez les personnes ayant des croyances religieuses ou spirituelles profondes.

Tout comme l'amour, le sexe, le jeu, la drogue et la musique activent le circuit de récompense du cerveau, les expériences religieuses peuvent également l'activer. Le circuit de récompense est un groupe de structures neuronales dans notre cerveau, liées au désir, au plaisir et au renforcement positif.

Les chercheurs expliquent que ces dernières années, les technologies d'imagerie cérébrale ont progressé de telle manière qu'elles peuvent aborder des questions qui existent depuis des millénaires.

Plus précisément, ils ont cherché à déterminer quels réseaux de neurones sont impliqués dans la représentation des sentiments spirituels, et pour cela ils ont choisi un groupe de mormons dévots qui ont été soumis à une série de stimuli religieux.

Chaque sujet avait été formé entre 1,5 et 2 ans pour être capable d'identifier son “sentiment spirituel” en lui-même et de l'enseigner aux autres. Dans la pratique et la théologie mormones, ces sentiments sont d'une grande importance, car ils sont le principal moyen de communiquer avec Dieu, un élément fondamental de la prise de décision dans la vie et un renforcement de leur foi.

Au total, 19 sujets – sept femmes et 12 hommes – ont été sélectionnés, dont le cerveau a été surveillé pendant qu'ils effectuaient diverses tâches, telles que visionner des vidéos sur leur église, écouter des citations de divers chefs religieux, prier, lire des passages bibliques ou recevoir d'autres stimuli audiovisuels.

Pendant les tests, les participants ont été interrogés pour voir s'ils ‘ressentaient l'esprit’. Ils pouvaient répondre via une échelle allant de ‘ne pas le ressentir’ à ‘le ressentir fortement’, et avaient même un bouton à composer lorsqu'ils ressentaient un pic d'intensité spirituelle.

Un pic d'intensité spirituelle

Diverses zones du cerveau,
actives lors de l'expérience
religieuse des participants
Le pic d'intensité, accompagné d'une augmentation des fréquences cardiaque et respiratoire, s'est produit entre une et trois secondes avant que le bouton ne soit enfoncé, et ce schéma a été répété pour les différentes tâches.

Sur la base des scans, les scientifiques ont découvert que des sentiments spirituels intenses sont associés à l'activation du noyau accumbens. Constitué d'un groupe de neurones et d'un composant du striatum dit ventral, ledit noyau fait partie du striatum et est essentiel au système de récompense.

Outre les réseaux de neurones liés au système de récompense, les sentiments spirituels se sont également avérés être associés au cortex préfrontal médian - une zone cérébrale activée par des actions liées aux évaluations, aux jugements et au raisonnement moral - et à d'autres régions cérébrales associées à l'attention focalisée.


L'expérience religieuse est peut-être la partie la plus influente de la façon dont les gens prennent des décisions qui nous affectent tous, pour le meilleur et pour le pire. Comprendre ce qui se passe dans le cerveau pour contribuer à ces décisions est vraiment important, bien qu'on ne sache pas encore si les croyants d'autres religions réagiraient de la même manière.

Des recherches menées par d'autres experts montrent que le cerveau réagit différemment aux pratiques contemplatives et méditatives, caractéristiques de certaines religions orientales, mais jusqu'à présent, il y avait peu de connaissances neuro-scientifiques sur la spiritualité en Occident.

Il existe des différences et des similitudes entre ces résultats et les études sur la méditation, mais dans les deux cas, elles montrent le rôle des régions cérébrales associées à l'attention, bien que l'activation du système de récompense soit beaucoup plus importante dans cette étude.

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Les neurotransmetteurs protagonistes du plaisir



Nous sommes corps, âme et esprit. C'est pourquoi, pour prendre soin de notre santé de manière intégrale et maintenir une bonne qualité de vie, nous devons non seulement prêter attention à notre bien-être physique, mais aussi à notre composante émotionnelle.

Le cerveau humain a la capacité de produire quatre substances naturelles liées au bonheur, au plaisir, à la relaxation et au soulagement de la douleur physique et émotionnelle.

Endorphines

* Elles constituent un type de neurotransmetteur produit principalement dans l'hypothalamus et l'hypophyse.

* Elles sont un puissant stimulant naturel qui n'a pas d'effets secondaires et a la capacité de changer notre humeur.

* Elles agissent comme analgésiques et activent les centres du plaisir, créant des situations satisfaisantes qui aident à éliminer l'inconfort.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Fondamentalement, toutes les activités qui nous sont agréables sont convoquées : rire, atteindre des objectifs, faire des routines d'exercice, se détendre, écouter de la musique, danser, lire pour le plaisir et méditer. Ces activités facilitent la mémoire et l'attention, et provoquent des changements positifs dans notre attitude.

Le rire a une influence notable sur la chimie du cerveau et est donc la meilleure source d'endorphines. De nombreuses études ont montré que le rire diminue la douleur physique et renforce le système immunitaire.

Les caresses, les bisous et les câlins stimulent également la libération d'endorphines.

Sérotonine

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C'est un neurotransmetteur cérébral qui agit également en régulant la fonction gastro-intestinale. Près de 90% présent dans notre corps est produit dans l'intestin, mais on le retrouve aussi dans les plaquettes et dans le cerveau.

* Elle contrôle les émotions et les fonctions cognitives.

* Elle est connue comme l'hormone du bien-être, car elle génère des sentiments de détente et de satisfaction, et augmente la concentration et l'estime de soi.

* Dans le système digestif, elle favorise la sensation de satisfaction après avoir mangé et, dans le cerveau, elle influence l'humeur. Ele aide également à profiter d'un sommeil réparateur et démarre l'horloge interne du corps.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Pour la produire, il est nécessaire d'avoir du tryptophane, un acide aminé fondamental en nutrition que l'on retrouve dans les aliments suivants : œufs, pâtes, riz, produits laitiers, céréales, poulet, dinde et légumineuses, entre autres.

De plus, nous pouvons augmenter la quantité de sérotonine dans le cerveau en faisant de l'exercice physique et en recherchant des endroits ensoleillés et très lumineux.

Si le corps n'en produit pas en quantité suffisante, vous pourriez ressentir un sentiment de découragement et d'insomnie.

En revanche, un excès de sérotonine peut être dangereux. Certaines drogues illégales amènent le cerveau à déverser toute sa réserve de sérotonine dans la synapse en une seule fois, ce qui peut provoquer de la paranoïa, altérer le jugement et avoir un impact négatif sur la mémoire.

Dopamine

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 C'est un autre des neurotransmetteurs qui est présent dans diverses zones du cerveau et qui est particulièrement important pour la fonction motrice du corps.

* Elle inonde la synapse entre les neurones lorsque quelque chose de gratifiant se produit ; elle est responsable de cette effusion de joie lorsqu'un objectif est atteint ou qu'une tâche est réussie. La dopamine stimule le cerveau et produit des sensations agréables.

* Elle a de nombreux aspects positifs, comme favoriser la vigilance ou aider le pancréas à libérer la bonne quantité d'insuline après avoir mangé.

* D'autre part, la dopamine coordonne le cerveau et le corps pour produire des mouvements volontaires. Certaines activités comme écrire votre nom et conduire une voiture sont possibles grâce à cela.

Comment sa production est-elle stimulée ?

Ce produit chimique est déclenché à la fois lorsque vous faites le premier pas vers un objectif et lorsque vous l'atteignez.

La meilleure façon d'augmenter la dopamine est donc de fixer des objectifs à court terme ou de décomposer les objectifs à plus long terme en petits objectifs et de célébrer lorsque vous les atteignez.

La carence de ce produit chimique est liée à la maladie de Parkinson.

Pour stimuler la sécrétion de ce neurotransmetteur et augmenter son taux, il est nécessaire de consommer des aliments riches en tyrosine : chocolat, pastèque, amandes, viande, thé vert, produits laitiers, myrtilles, soja.

L'ocytocine

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 Elle est produite dans l'hypothalamus cérébral, est stockée dans la neurohypophyse et est libérée dans la circulation sanguine pour atteindre divers organes où elle exerce ses fonctions.

* Elle déclenche et soutient les contractions dans l'accouchement et dilate le col de l'utérus. Elle joue un rôle fondamental dans l'allaitement en générant le lien mère-enfant, notre première expérience d'amour pur et de pleine confiance.

* Elle augmente l'empathie et la confiance, régule le rythme cardiaque, abaisse la tension artérielle, le stress et la prédisposition aux dépendances (nourriture, drogues, alcool, jeu, etc.).

Comment sa production est-elle stimulée ?

L'ocytocine, appelée “hormone de l'amour”, est libérée lors de moments agréables de la vie, comme lors d'une rencontre entre amis, et lors de simples contacts physiques (massages, câlins) qui établissent des liens d'attachement.

Conseils pour maintenir les niveaux d'ocytocine

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 Maintenir une sexualité active dans le couple.
* Hug nos proches.
* Rire tous les jours.
* Obtenir des massages.
* Profiter de moments de loisirs et de déconnexion.
* Éliminer les relations toxiques de votre vie.
* Générer moins de liens, mais plus profonds et durables.


Relation entre le plaisir et le cerveau

L'hédonisme dans le cerveau

Diverses parties du cerveau sont impliquées dans la sensation de plaisir que nous éprouvons. Parmi ceux qui sont les plus liés au plaisir figurent le cortex préfrontal, orbito-frontal, insulaire et cingulaire, et en tant que régions sous-corticales, entre autres, le noyau accumbens, le noyau pâle central et l'amygdale.


Nous savons depuis longtemps que dans toute circonstance qui implique du plaisir - qu'il soit naturel – comme manger un repas appétissant – ou artificiellement – comme lorsque le cerveau est stimulé électriquement ou qu'une drogue addictive est consommée, le neurotransmetteur dopamine est libéré. Pour cette raison, pendant un certain temps, il a été considéré comme le neurotransmetteur ou le produit chimique de la récompense et du plaisir dans le cerveau.

Cependant, selon de nouvelles études, ce n'est pas vrai. Ce que l'on sait maintenant, c'est que la dopamine libérée dans le système méso-limbique dopaminergique augmente les composantes motivationnelles du renforcement, sa valeur incitative, et produit du désir sans provoquer de goût ni avoir un véritable impact hédonique. C'est-à-dire : la dopamine, plutôt que de provoquer directement du plaisir, ce qu'elle fait, c'est augmenter notre désir de le ressentir.

Des produits chimiques activent les régions qui rendent le plaisir possible



Ce sont les enképhalines et les endorphines, également appelées opioïdes endogènes. Ce sont des substances produites et omniprésentes dans une grande partie du cerveau. Sa fonction naturelle est de générer du plaisir, de la même manière que la morphine et d'autres substances dérivées de l'opium le font lorsqu'elles sont consommées. Autrement dit, les enképhalines et les endorphines facilitent l'activation des structures cérébrales qui génèrent des perceptions agréables.

Il a été prouvé que sa stimulation artificielle en injectant des substances qui reproduisent ses effets, les soi-disant agonistes opioïdes, dans des régions spécifiques du cerveau, comme le noyau accumbens, augmente, voire double, l'impact hédonique que nous ressentons en consommant le sucre du saccharose, mesurée par les réactions à sa consommation. Ainsi le plaisir est assimilé à l'hédonisme, le mot grec pour plaisir qui, à son tour, dérive du mot utilisé pour sucré.

Utiliser le plaisir pour renforcer notre cerveau

Les humains sont des chercheurs permanents de plaisir. Comme d'autres espèces animales, nous pouvons y parvenir de plusieurs façons : boire, manger, se reposer, chauffer ou refroidir notre corps, avec des massages et des caresses, soulager toute douleur ou inconfort somatique et satisfaire les motivations sexuelles.

Mais, contrairement aux autres espèces, nous pouvons aussi l'obtenir cognitivement, c'est-à-dire mentalement et intellectuellement. Le développement du cortex cérébral humain nous permet de profiter de l'amour et de la compagnie de notre famille et de nos amis ; de créations et de découvertes artistiques, littéraires ou scientifiques ; de succès dans nos relations sociales ; des réalisations au travail ou de l'économie ; de compétitions sportives, d’activités ludiques et de jeux en général.

Tout cela peut aussi produire beaucoup de plaisir. Mais ce n'est pas tout. Les humains peuvent profiter du présent même en imaginant le bien qui peut arriver dans le futur.

Profiter avec l'esprit

La capacité du cerveau et de l'esprit humains à imaginer les conséquences positives de notre comportement nous permet également de profiter activement du présent et pour cette raison, nous pouvons également profiter davantage dans le présent du bien qui peut se produire dans le futur.

C'est ce qui nous fait éprouver du plaisir à imaginer à quel point nous nous sentirons bien lorsque nous serons en vacances sur une plage, lorsque nous aurons obtenu le travail auquel nous aspirons, si nous gagnons un gros lot à la loterie ou encore en imaginant une fontaine à eau fraîche lorsque nous avons soif.

L'activation naturelle des systèmes cérébraux de motivation et de plaisir fait partie de la régulation homéostatique de l'organisme. Savourer et ressentir le plaisir de manger lorsque les besoins énergétiques de l'organisme l'exigent est quelque chose de nécessaire et biologiquement établi.

De nombreux plaisirs incitatifs, comme ceux de nature intellectuelle, peuvent également avoir un rôle bénéfique pour le bien-être somatique et mental des personnes, puisqu'ils réduisent le stress et sont à l'origine des motivations qui nous poussent à nous comporter de manière convenable afin de ne pas nuire à notre organisme.

Et c'est un problème pour ceux qui, en raison de l'hérédité, de la maladie ou du vieillissement, ont moins de capacité à ressentir du plaisir. Nous avons besoin de ressentir du plaisir pour nous sentir bien et atteindre le bien-être. Son influence est également très importante pour l'adaptation de l'organisme à l'environnement dans le contrôle du comportement motivé, la prise de décision, l'apprentissage et la mémoire.

Ce qui se passe, c'est que les décisions que nous prenons au quotidien ne sont pas toujours, bien que cela puisse paraître, un exercice de pure rationalité. Chez la plupart d'entre elles, sans qu'on s'en aperçoive à peine, il y a une influence émotionnelle importante qui n'est pas exempte de sensations agréables.

Utiliser le plaisir pour prendre de meilleures décisions

Pensons, par exemple, à l'anticipation mentale de l'excitation et du plaisir de maigrir ou d'avoir une meilleure apparence et forme physique. Cette anticipation du plaisir peut influencer la décision de restreindre l'apport calorique. Non moins certaine est l'influence qu'elle peut avoir sur la décision de sauver le sentiment de plaisir anticipé qui vient de profiter d'une nouvelle voiture ou de vacances dans un endroit de rêve.

Comme nous le voyons avec ces exemples et dans d'autres possibles, le plaisir guide nos décisions quotidiennes. Et il fait bien plus que ce que nous pensons.

L'expérience commune nous dit que nous avons tendance à répéter les comportements qui ont des conséquences positives. Si nous avons aimé un certain plat dans un restaurant, nous le commanderons à nouveau à de nouvelles occasions.

L'administration de stimuli agréables après les comportements que nous voulons promouvoir est un puissant moyen de moduler ou de changer le comportement des gens. C'est ce que fait un père quand il donne à son fils un ballon ou un ordinateur après avoir obtenu une bonne note à un examen.


Aucun stimulus n'a autant d'effets sur les neurones que l'écoute de la musique

La musique, quelque chose de si naturel pour les gens, est le résultat de mécanismes neuronaux complexes qui finissent par engager presque tout le cerveau à la produire, à l'écouter, à l'interpréter et à la ressentir.

Des études suggèrent que l'influence de la musique sur le cerveau humain est née de la capacité des rythmes et de la sonorité à s'impliquer intimement dans des domaines dédiés aux émotions, au langage et au mouvement, au point qu'elle parvient à les faire agir simultanément.

La musique est l'un des facteurs qui produit le plus de plaisir, conditionné par un circuit cérébral qui gère les réponses physiologiques aux stimuli émotionnels, mesurées par la dopamine, une hormone liée aux soi-disant récompenses cérébrales.

Le rythme agit sur les cortex frontal gauche et pariétal gauche, et sur le cervelet droit ; la tonalité impacte le cortex pré-frontal, le cervelet et le lobe temporal ; et la parole, dans les aires (du langage) de Broca et de Wernicke, les noyaux caudé et accumbens, et dans l'aire pré-frontale, tous liés aux émotions.

Tout commence dans l'oreille lors de l'écoute d'une chanson, le stimulus est transmis par le tronc cérébral, il atteint le cortex auditif et, de là, il est distribué aux zones décrites ci-dessus et aux zones de stockage musical, car la réponse cérébrale aux sons est conditionnée par ce qui a été entendu auparavant. C'est comme s'il y avait une grande base de données avec toutes les mélodies reçues et connues.

Ordonner et guérir

Les effets de la musique sur différentes zones du cerveau simultanément ont également permis à ces stimuli d'améliorer des fonctions détériorées dans le champ neuronal, sur la base de processus physiologiques et émotionnels.

Certaines images cérébrales ont montré que l'activation multiple des régions cérébrales favorise la plasticité neuronale qui peut compenser les déficiences après certains dommages. Pour cette raison, la musique est une bonne aide dans les processus de rééducation, car elle induit des états d'esprit positifs et favorise la genèse des mouvements.

Avec l'utilisation thérapeutique de la musique, des améliorations ont été observées chez les personnes ayant des problèmes de mouvement, des difficultés d'élocution, de démence, etc.

Émotions, communication et attention

C'est apaisant. Il a été démontré qu'écouter de la musique agit directement sur l'hypothalamus et d'autres centres responsables de la stimulation des zones de récompense et de plaisir dans le cerveau, et qu'elle augmente également la production d'oxyde nitrique, qui ouvre les vaisseaux sanguins et améliore la circulation cérébrale, en plus à libérer de la sérotonine et à réduire les niveaux de cortisol. Tout cela se traduit par une diminution significative de l'anxiété et des effets relaxants quasi immédiats.

C'est une tristesse qui réconforte. La musique triste produit une sensation agréable et du plaisir chez certaines personnes car, diverses études ont montré qu'en l'écoutant, le cerveau libère de la prolactine, une hormone qui produit en fait des sensations d'apaisement et de soulagement.

Communication. Il a déjà été constaté que la musique est capable de produire des réactions similaires dans des groupes de personnes qui se trouvent dans les mêmes conditions, ce qui permet des connexions émotionnelles entre elles, c'est pourquoi les gens dansent, assistent à des concerts ou effectuent des exercices synchronisés. En plus de cela, c'est un élément de fusion convergent pour la défense et l'attaque. En raison de ce qui précède, on parle de tambours de guerre ou de musique martiale, utilisés par les armées. Sur cette base, on dit que la musique est un langage universel.

Planification des mouvements. Il a été démontré que le cerveau fait naturellement en sorte que la musique active les centres de mouvement pour produire des actions rythmiques traduites en danse ou en mouvements harmoniques de certaines parties du corps, même apparemment immobiles : la tête, les mains ou le claquettes.



Des siècles après que les plus grands philosophes du monde aient réfléchi aux secrets d'une bonne vie, la science moderne a fait d'énormes progrès interdisciplinaires dans la compréhension de l'épanouissement humain.

Le plaisir est un sentiment agréable et positif, dont la gamme va du bien-être – comme la satisfaction d’un besoin fondamental : la faim, la soif – aux sensations euphoriques d’épanouissement individuel ou de joie, selon sa raison d’être, son intensité et sa durée dans le temps.


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dimanche 30 janvier 2022

Développement de la Petite Enfance


Connaître les périodes d'apprentissage intense durant l'enfance pourraient aider
 pour corriger les troubles neurologiques et psychiatriques à l'âge adulte


Importance du développement de la petite enfance

Les premières années de la vie sont fondamentales pour le développement intégral de la personne et définissent la capacité des filles et des garçons à être des citoyens sains, responsables et productifs pour eux-mêmes, leur famille et la société. Par conséquent, il est important de s'assurer qu'ils aient un accouchement sain, qu'ils parviennent à un attachement sûr, qu'ils aient un état nutritionnel adéquat, qu'ils parviennent à une communication verbale efficace, qu'ils apprennent à marcher seuls, qu'ils régulent leurs émotions et leurs comportements et qu'ils développent la capacité de représenter leurs expériences.

Petite enfance : le meilleur investissement

Investir dans le développement humain dans les premières années de la vie est très rentable. Il a été démontré que l'investissement dans des interventions axées sur les enfants – envisagées dès le stade de la gestation – génère des revenus plus élevés pour les familles. Pour cette raison, un pays qui investit dans les cinq premières années de la vie de ses citoyens réalisera des économies plus importantes en raison de dépenses futures plus faibles pour les interventions de relance – de 4 à 9 dollars pour chaque dollar investi.

Une intervention opportune et adéquate dans les premières années de la vie réduit les risques de maladies, de décrochage scolaire, de criminalité et d'aide de l'État par le biais de programmes sociaux. Il est à noter que le développement de la fille et du garçon dans leurs premières années prédit leur progression scolaire.


Quand commence le développement du cerveau ?

Le développement du cerveau commence par la formation et la fermeture du tube neural, le premier tissu nerveux qui ressemble à un gros ver s'étendant sur toute la partie dorsale de l'embryon.

Le tube neural est formé à partir de la plaque neurale, qui commence à se former 16 jours après la conception. Cette plaque s'allonge et commence à se plier, formant un sillon à environ 18 jours, qui commence alors à fusionner environ 22 jours après la conception. À 27 jours, le tube est complètement fermé et sa transformation a déjà commencé dans le cerveau et la moelle épinière de l'embryon.

Le cerveau humain met du temps à se développer, la nature a donc veillé à ce que les circuits nerveux responsables de la plupart des fonctions du corps – respiration, rythme cardiaque, circulation, sommeil, succion et déglutition – soient en bon état de fonctionnement lorsque le bébé sort de la protection du ventre de sa mère. Le reste du développement du cerveau peut se dérouler à un rythme plus lent, maximisant la possibilité pour l'expérience et l'environnement d'un bébé de façonner cet esprit émergent.


Qu'est-ce qu'une “période cruciale” dans le développement du cerveau ?

L'élagage ou la sélection des circuits neuronaux actifs ont lieu tout au long de la vie, mais c’est beaucoup plus abondant dans la petite enfance. Bon nombre des mêmes périodes cruciales semblent être les mêmes dans le développement humain, sans connaître avec certitude leur durée exacte.

Par conséquent, les bébés ont également besoin d'un apport visuel normal ou ils peuvent souffrir de déficiences permanentes ; Les enfants nés avec un strabisme ne pourront pas développer une acuité visuelle complète et une perception de la profondeur si le problème n'est pas corrigé rapidement. Les compétences linguistiques dépendent de manière cruciale de l'apport verbale – ou du langage des signes, pour les bébés malentendants – au cours des premières années, sinon certaines compétences, en particulier la grammaire et la prononciation, peuvent être affectées de manière permanente. La période cruciale pour l'apprentissage des langues commence à se terminer vers l'âge de cinq ans et se termine près de la puberté. C'est pourquoi les personnes qui apprennent une nouvelle langue après la puberté parlent presque toujours avec un accent étranger.

Que suggère la science du développement sur les mille premiers jours ?

La science du développement désigne un ensemble de disciplines scientifiques humaines, sociales et biologiques qui cherchent à décrire, expliquer et optimiser les changements intra et interindividuels tout au long du cycle de vie.

Des études menées sur plusieurs décennies montrent l'importance de contrôler la santé maternelle pendant la grossesse pour prévenir les retards de croissance chez les enfants. La science contemporaine du développement soutient également l'importance d'un apport nutritionnel adéquat dès la conception et pendant les premières années de développement après la naissance. Il ne fait aucun doute que les mille premiers jours de la vie sont une étape très importante dans laquelle il est nécessaire d'assurer la nutrition et les soins des mères et de leurs enfants pour protéger le développement adéquat de leurs potentialités.

Au cours des années 1990, l'intégration de ces types de preuves a donné naissance à une notion du développement du cerveau selon laquelle les mille premiers jours sont une période critique pendant laquelle il est nécessaire de déployer les plus grands efforts pour assurer une nutrition et une stimulation adéquates pour l'apprentissage des enfants, avant la fin de cette étape. Une fois terminée, il ne serait pas possible de générer des changements dans les systèmes neuronaux qui n'ont pas été suffisamment nourris ou stimulés auparavant.

En d'autres termes, cette notion soutient que ce qui n'a pas été réalisé ou ce qui a été affecté par le manque de stimulus pendant cette période ne peut pas être modifié ou qu'il est très coûteux de le faire. Ces notions suggèrent une conception du développement du cerveau dans laquelle il existe des facteurs déterminants principaux qui génèrent une dynamique avec peu de degrés de liberté pour le changement.

Les connaissances accumulées au cours des cinq dernières décennies dans les disciplines de la psychologie et des neurosciences cognitives du développement permettent d'affirmer que, dès la conception et tout au long de la vie, le système nerveux s'organise et se modifie en fonction de l'interaction dynamique entre les caractéristiques individuelles et contextuelles de chaque personne. Ces processus de développement sont modulés par une grande diversité de mécanismes moléculaires, cellulaires, psychologiques, sociaux et culturels.

Au cours du développement neuronal, il y a des moments d'organisation maximale de différentes fonctions qui sont appelés périodes critiques, et qui se produisent à des moments différents pour différents réseaux de neurones.

Au cours des premières années, les principaux développements des connexions synaptiques se produisent, ce qui signifie qu'il existe des liens neuronaux qui sont vitaux à partir de cette étape de la vie pour les âges plus avancés.

Dans le cas de processus plus complexes tels que l'autorégulation, une telle organisation dépend de l'intégration progressive de différents réseaux de neurones qui traitent plus d'une modalité d'information et qui se développent à des moments différents pendant au moins les deux ou trois premières décennies de la vie. Au niveau neuronal, cette intégration nécessite différents types de nutriments et d'expériences qui incluent, mais s'étendent également bien au-delà des mille premiers jours.

Du point de vue contemporain du développement neuronal, les mille premiers jours sont extrêmement insuffisants pour prédire le développement d'un cerveau humain typique. Le développement neuronal est modélisé comme un processus probabiliste multi-déterminé par des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux qui modèrent sa trajectoire tout au long du cycle de vie.

Par conséquent, il n'est pas possible d'affirmer que les mille premiers jours de la vie soient une période critique pour le développement de processus complexes tels que l'autorégulation et l'apprentissage, ni que les privations précoces génèrent nécessairement des déficits immuables, ou l'arrêt du développement. Ces dernières notions nous amènent à représenter le développement comme un phénomène beaucoup plus figé et moins dynamique que ce que l'évidence empirique nous permet réellement de soutenir.

Il faut garder à l'esprit que les neurosciences commencent tout juste à clarifier les mécanismes génétiques, neuronaux, endocriniens et immunologiques qui peuvent expliquer les processus de développement typiques et les implications à long terme d'une exposition précoce à des soins adéquats ou à l'adversité. Dans tous les cas, les preuves disponibles suggèrent qu'il est possible d'améliorer le développement de l'enfant après les mille premiers jours.


Le pouvoir du cerveau du nourrisson


Le cerveau du nourrisson fait mûrir sa vision et d'autres fonctions pendant les périodes critiques, au cours desquelles il est prêt à subir des changements durables en réponse à des apports sensoriels et sociaux.

Les périodes critiques commencent à des moments précis de l'enfance et de l'adolescence afin de modifier les connexions neuronales. Une telle capacité est appelée plasticité cérébrale.

Mieux connaître les molécules qui commencent et terminent les périodes critiques nous a permis d'acquérir un certain contrôle du moment où elles se produisent et, avec cela, de récupérer une partie de la plasticité dans la vie adulte.

L'étude de la régulation du développement précoce pourrait conduire à des médicaments ou des méthodes qui relancent les périodes critiques des années plus tard afin de corriger les problèmes qui se posent à ce stade.

L'enfance et l'adolescence sont les périodes les plus influentes dans la vie d'une personne. Les premiers souvenirs et expériences sont essentiels pour forger le caractère et influencer profondément tout ce qui suit.

Les découvertes des neurosciences au cours des quinze dernières années ont révélé plus clairement comment se forment les circuits cérébraux des enfants et des bébés, et comment les manipuler pour traiter les maladies neurologiques et psychiatriques les plus graves.

Pendant des mois ou même des années de développement intensif, appelés périodes critiques, les connexions correctes sont établies dans le cerveau. La plupart surviennent pendant l'enfance, mais certaines surviennent plus tard, à l'adolescence. Des périodes critiques ont été identifiées pour la vue, l'ouïe, le langage et diverses formes d'interaction sociale. Au cours de chaque période, le cerveau de l'enfant éprouve une connexion intime avec le monde extérieur. Les ondes sonores et les photons qui l'atteignent servent de signal à la machinerie moléculaire du cerveau pour créer et sélectionner les connexions neuronales qui dureront jusqu'à la vie adulte et jusqu'à un âge avancé.


Si une période critique est avancée ou retardée trop longtemps ou n'est pas terminée à temps, les conséquences peuvent être désastreuses. L'enfant peut être partiellement aveugle ou prédisposé à des troubles tels que l'autisme. Un bébé atteint d'une cataracte héréditaire qui l'empêche de voir perdra la vision dans l'œil atteint car les connexions neuronales ne seront pas établies correctement pendant une période critique qui commence lorsqu'il allaite et se ferme progressivement jusqu'à la fin de l'âge de 8 ans. Une fois terminé, l'enfant a une chance négligeable de voir un jour normalement avec cet œil.

Ces phases formatrices ont été découvertes il y a plus d'un demi-siècle. (Torsten N. Wiesel et feu David H. Hubel ont reçu le prix Nobel en 1981 pour leur contribution à leur découverte.) Depuis lors, la croyance générale a soutenu que les périodes critiques étaient éphémères et qu'une fois qu'elles étaient passées, il n'y avait pas de retour en arrière. De nouvelles techniques moléculaires appliquées à leur étude ont permis de réfuter nombre de ces idées dominantes. Des expérimentations animales et certaines études humaines ont montré qu'il est possible de rouvrir une période critique longtemps après pour réparer un cerveau qui fonctionne mal.

Cela ouvre une gamme surprenante d'options. Peut-être pourrons-nous un jour modifier les interrupteurs chimiques qui réinitialisent des intervalles cruciaux, permettant au cerveau de réorganiser ses circuits, et ainsi traiter les troubles neurologiques et psychiatriques, de l'amblyopie (œil paresseux) à la psychose. Comprendre ce qui se passe dans le cerveau du bébé pourrait faire plus que simplement proposer de nouveaux médicaments. Il pourrait fournir aux éducateurs, psychologues et décideurs politiques des connaissances fondamentales sur les processus de base du développement de l'enfant ou les conséquences de la négligence parentale, ce qui les aiderait à adapter la scolarité aux capacités de chaque enfant à chaque étape du développement cérébral.

Le cerveau change tout le temps, pas seulement pendant l'enfance. Les neuroscientifiques appellent cela la plasticité. Lorsque vous apprenez à jongler ou à utiliser une nouvelle application téléphonique, des variations subtiles se produisent dans les synapses – des points de connexion entre les neurones –. Perfectionner une nouvelle compétence entraîne des changements biochimiques dans les neurones, entraînant des transmissions plus ou moins fortes entre les synapses.


Développement précoce du cerveau

Les enfants naissent prêts à apprendre et ont de nombreuses compétences à apprendre pendant de nombreuses années. Une attention particulière pour l'esprit est cruciale pour le cerveau. Les enfants grandissent et apprennent mieux dans un environnement sûr où ils sont protégés de la négligence et du stress extrême ou chronique, et avec de nombreuses opportunités de jouer et d'explorer.

Pour apprendre et grandir correctement, le cerveau d'un bébé doit être sain et protégé contre les maladies et autres risques. La promotion du développement sain du cerveau peut commencer avant même la grossesse. Par exemple, une alimentation saine et les bons nutriments, comme suffisamment d'acide folique, favoriseront une grossesse en bonne santé et un système nerveux sain chez le bébé en pleine croissance. Les vaccins peuvent protéger les femmes enceintes des infections qui peuvent affecter le cerveau du bébé à naître.

Pendant la grossesse, le cerveau peut être affecté par de nombreux types de risques, tels que les maladies infectieuses (par exemple, du cytomégalovirus ou du virus Zika), l'exposition à des toxines (y compris celles dues au tabagisme ou à l'alcool) ou les risques de stress, de traumatismes chez les femmes enceintes, ou des troubles mentaux tels que la dépression. Les soins médicaux de routine pendant la grossesse peuvent aider à prévenir les complications, y compris les naissances prématurées, qui peuvent affecter le cerveau du bébé. L'examen d'un nouveau-né peut détecter des conditions potentiellement dangereuses pour le cerveau du bébé, telles que la phénylcétonurie (accumulation d'un acide aminé appelé “phénylalanine”).

La croissance saine du cerveau pendant l'enfance continue de dépendre de soins et d'une nutrition appropriés. Parce que le cerveau des enfants continue de grandir, ils sont particulièrement vulnérables aux traumatismes crâniens, aux infections ou aux toxines telles que le plomb. Les vaccins infantiles, tels que celui pour la rougeole, peuvent protéger les enfants de complications dangereuses telles que l'enflure du cerveau. Veiller à ce que les parents aient accès à des aliments sains et à des lieux de vie et de jeu sains et sûrs pour leurs enfants peut les aider à fournir des soins plus bénéfiques.

Comment la nutrition affecte-t-elle le développement du cerveau ?

Le développement du cerveau est plus sensible à la nutrition d'un bébé entre la mi-gestation et les deux ans.

Les enfants qui souffrent de malnutrition – pas seulement ceux qui ont du mal à manger mais ceux qui manquent vraiment de calories et de protéines adéquates dans leur alimentation – ne grandissent pas correctement pendant cette période, que ce soit physiquement ou mentalement. Leurs cerveaux sont plus petits que la normale en raison d'une croissance dendritique réduite, d'une myélinisation réduite et d'une production moindre de glies – des cellules de soutien dans le cerveau qui continuent à se former après la naissance et sont responsables de la production de myéline –. Une croissance cérébrale inadéquate explique pourquoi les enfants qui ont été mal nourris en tant que fœtus et nourrissons souffrent souvent de déficits comportementaux et cognitifs de longue durée, tels qu'un développement plus lent du langage et de la motricité fine, un QI inférieur et de mauvais résultats scolaires.

Le poids à la naissance d'un bébé – et la taille de son cerveau – dépendent de la qualité de l'alimentation de sa mère pendant la grossesse. Les femmes enceintes devraient gagner environ 20 pour cent de leur poids idéal avant la grossesse pour assurer une croissance fœtale adéquate.

Après la naissance, la croissance du cerveau dépend de manière critique de la qualité de la nutrition de l'enfant. Le lait maternel offre le meilleur mélange de nutriments pour favoriser la croissance du cerveau, tant que les bébés allaités reçoivent une forme de suppléments de fer à partir de l'âge de six mois environ. La carence en fer a été clairement liée à des déficits cognitifs chez les jeunes enfants. Le fer est crucial pour maintenir un nombre adéquat de globules rouges transportant l'oxygène, qui à son tour est nécessaire pour alimenter la croissance du cerveau.

En raison du taux rapide de myélinisation au début de la vie, les enfants ont besoin d'un niveau élevé de graisse dans leur alimentation – 50 pour cent des calories totales qu'ils reçoivent – jusqu'à environ deux ans. Les bébés devraient tirer la majeure partie de cette graisse du lait maternel ou du lait maternisé au cours de leur première année de vie ; et le lait maternel reste une excellente source de nutrition liquide jusqu'à l'âge des tout-petits. Cependant, le lait de vache entier peut être introduit après la première année et constitue une excellente source de matières grasses et de protéines pour les jeunes enfants dès la deuxième année. Après deux ans, les enfants devraient commencer à passer à un niveau de graisse alimentaire plus sain pour le cœur (pas plus de 30 pour cent des calories totales), y compris du lait de vache à faible teneur en gras (1% ou 2%).

Comment nourrir le cerveau des bébés

L'UNICEF appelle les entreprises et les gouvernements de différents pays à s'impliquer pleinement dans cette première étape de l'enfance des enfants, en soutenant leurs familles afin qu'elles puissent leur apporter amour, soins, éducation et nutrition.

Selon l'UNICEF, le cerveau est la chose la plus importante que possèdent les enfants, mais on ne s'en occupe pas de la même manière que l'on s'occupe de leur corps, en particulier dans la petite enfance, lorsque la science montre que le cerveau des enfants et leur avenir vont rapidement prendre forme. Par conséquent, et à partir de cette prémisse :

Comment les parents peuvent-ils prendre soin du cerveau de leurs enfants ?



* L'importance du contact physique. Toucher nos enfants, les étreindre et les élever avec amour et respect générera de l'ocytocine qui les aidera à devenir calmes, détendus, confiants et à se sentir aimés.

Cela provoquera un plus grand désir d'explorer leur monde, d'apprendre, de profiter et de mieux s'identifier à leur environnement, en plus de leur fournir des outils qui leur permettront de faire face à différentes situations et défis de la vie, ce qui aura un impact positif sur leur vie adulte.

* Parlez-leur et souriez-leur car, selon les recherches, ce type d'interaction avec les figures d'attachement dès le plus jeune âge nourrit le bébé et stimule son développement émotionnel, si important pour la société dans laquelle nous vivons.

* Passez autant de temps que possible avec eux. Durant les premières années de la vie, les enfants établissent les premières relations avec leur entourage familial le plus proche, la relation affective et physique la plus intense étant celle créée avec leurs parents et, surtout, avec leur mère.

Ce lien d'attachement provoque chez l'enfant une série de sentiments qui le font grandir en sachant qu'il est important pour quelqu'un et, par conséquent, favorisant sa sécurité et son estime de soi.

* Ne les laissez pas pleurer. Le cerveau et le stress ne sont pas de bons compagnons. Lorsque l'enfant perçoit une menace – de quelque nature que ce soit – il va générer du cortisol, une hormone qui restera à des niveaux élevés si la menace persiste, c'est-à-dire si l'environnement ou le type de parentalité ne sont pas adaptés.

Grandir dans un environnement de stress et de menaces engendrera des enfants craintifs, méfiants et nerveux, qui auront moins confiance en eux et qui porteront cette vigilance tout au long de leur vie adulte.

Pour cette raison, les experts soulignent l'importance de s'occuper des pleurs du bébé ou des états d'angoisse ou de stress que peut manifester le jeune enfant. Le calmer, le réconforter et l'aider à comprendre ses émotions par l'accompagnement et la confiance sont les clés d'un bon développement émotionnel.

* L'importance du jeu. Jouer n'est pas seulement un droit pour l'enfant, mais grâce au jeu libre, il apprendra à connaître et à interagir avec le monde qui l'entoure, il améliorera ses capacités psychomotrices et son langage et, à terme, cela aura un impact positif sur ses capacités cognitives, sociales et éducatives.

* Une alimentation correcte. Il est connu de tous que "nous sommes ce que nous mangeons" donc, il est essentiel que pour que l'enfant grandisse fort, sain et puisse se développer correctement, son alimentation soit adéquate.

Seuls 15 pays dans le monde s'occupent de la petite enfance de l'enfant

Avec le rapport "La petite enfance compte", l'UNICEF veut alerter sur la situation d'environ 85 millions d'enfants de moins de 5 ans dans le monde, dont les pays n'offrent pas à leurs familles ni d'éducation préscolaire gratuite, ni de permis d'allaitement pour leurs mères, ou un congé parental juste et rémunéré qui peut avoir un impact positif sur leurs premières années de vie.

Le rapport souligne que Cuba, la France, le Portugal, la Russie et la Suède font partie des pays qui garantissent des mesures plus importantes pour que les familles prennent soin de leurs enfants, tandis que 40% des 85 millions d'enfants touchés se trouvent au Bangladesh et aux États-Unis.

C'est pourquoi l'UNICEF appelle les gouvernements et les entreprises à investir davantage dans des politiques qui donnent aux pères, et à toutes les mères, le temps et le soutien dont ils ont besoin pour s'occuper de leurs bébés. Les 1.000 premiers jours ont un effet considérable sur l'avenir d'un enfant. Nous n'avons qu'une seule chance de bien faire les choses.




Au cours des 1.000 premiers jours, le cerveau d'un bébé forme de nouvelles connexions à un rythme qui ne se répète plus. 
Avec chaque câlin et chaque baiser, avec chaque aliment nutritif et avec chaque jeu, vous aidez à développer le cerveau de votre bébé. 
La petite enfance compte et chaque instant compte

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