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dimanche 27 septembre 2020

Trouble Borderline ou de la Personnalité Limite




Les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité limite activent différentes régions du cerveau pour contrôler leurs impulsions

Une équipe de chercheurs de l'Université autonome de Madrid, de l'hôpital clinique San Carlos et du Center for Biomedical Research in Mental Health Network, dont les travaux ont été publiés dans la revue internationale Biological Psychology en juin 2019, a révélé que des patients atteints d'un trouble borderline (BPD) activent certaines régions du cerveau pour inhiber leurs réponses motrices et contrôler leurs impulsions, différentes de celles utilisées par ceux qui ne souffrent pas de troubles médicaux ou psychologiques.

Plus précisément, les chercheurs ont examiné le contrôle inhibiteur de 40 personnes (20 avec DBP et 20 sans aucun type de trouble mental) à travers des mesures de l'activité cérébrale et des mesures comportementales.


Les auteurs soulignent que, alors que les personnes sans troubles médicaux, psychologiques ou psychiatriques activaient les régions préfrontales du cerveau – une zone généralement liée au contrôle inhibiteur –, les patients BPD activaient les régions postérieures, principalement le précuneus.

Cette activation atypique observée chez les patients atteints de DBP pourrait être un mécanisme compensatoire pour atténuer un dysfonctionnement dans les zones préfrontales du cerveau qui soutiennent le contrôle du comportement.

Par conséquent, ces résultats montrent l'importance d'évaluer, de concevoir et de mettre en œuvre des interventions pour améliorer le contrôle inhibiteur et les processus exécutifs chez les personnes atteintes de trouble borderline, selon les chercheurs.

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Le trouble borderline, également appelé trouble de la personnalité limite, est une maladie psychiatrique complexe, dont les manifestations sont très variables d'une personne à une autre.

Généralement, les personnes qui souffrent de cette maladie mentale présentent une instabilité affective et émotionnelle importante. Elles rencontrent des difficultés à gérer leurs émotions. Elles peuvent s'emporter facilement, de manière imprévisible, et avoir des comportements impulsifs. Les sautes d'humeur ou les sensations de vide sont fréquentes.

Hyper-émotives, ces personnes sont souvent dans l'excès. Elles ont en général une très mauvaise image d'elles-mêmes. Souvent instables sur le plan relationnel, elles peuvent s'auto-mutiler. Les comportements à risque – alcool, drogues, jeux, alimentation...– sont fréquents pour les personnes souffrant d'un trouble de la personnalité limite ; les tentatives de suicide aussi.

Le trouble borderline est parfois classé entre la névrose et la psychose. Il a un point commun avec les troubles bipolaires et l'hyper-activité : la cyclothymie – changement rapide de l'humeur –. Le trouble borderline peut entraîner une dépression. Il est souvent associé à d'autres troubles de la personnalité ou à d'autres maladies mentales comme le trouble anxieux, les troubles de l'alimentation, les troubles dépressifs ou le TDAH.

Il est difficile de partager le quotidien des personnes borderline du fait notamment des symptômes de la maladie. On peut avoir du mal à comprendre le comportement de la personne malade. Parfois, cette dernière réussit à cacher sa maladie à son entourage. Malgré des symptômes difficiles, les personnes atteintes peuvent vivre normalement et travailler, avec un traitement et un suivi adaptés. Dans certains cas, une hospitalisation se révèle nécessaire.

Ce trouble de la personnalité est à la frontière ou à la limite de la psychose, c'est pourquoi il reçoit le nom de limite ou borderline, qui lui a été donné en 1938 par le psychanalyste Adolf Stern.

Depuis quelques temps, des études ont confirmé la possibilité de soigner efficacement cette maladie psychiatrique. Il y a peu, le trouble borderline était considéré encore comme incurable, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Prévalence

Le trouble borderline toucherait 2% de la population. Il débuterait en général à la fin de l'adolescence, au début de l'âge adulte. Mais certaines études parlent de premiers symptômes bien plus précoces, durant l'enfance.

Complications

Le trouble borderline peut entraîner l'apparition d'autres maladies psychiatriques comme la dépression, les troubles bipolaires ou les troubles anxieux généralisés. Il peut aussi affecter le travail, la vie sociale, l'estime de soi. Les personnalités borderline ont souvent des conduites addictives. Le taux de suicide chez les personnes borderline est particulièrement élevé.

Personnes à risque

Les femmes sont atteintes plus souvent que les hommes (trois fois plus). Il a également été observé que les personnes ayant souffert d'un abandon, d'une séparation difficile, de carences affectives, de maltraitance ou d'un traumatisme durant l'enfance avaient des risques plus élevés de souffrir d'un trouble de la personnalité limite.

Facteurs de risque

Il existerait, dans le trouble borderline, une prédisposition génétique. Les risques de souffrir de cette maladie sont plus élevés si sa mère, son père ou sa sœur en souffre par exemple.

Causes

Les causes du trouble de la personnalité limite sont multiples et pas toutes bien établies. Il existe par exemple des causes biologiques, chimiques (manque de sérotonine notamment) mais aussi génétiques. Des anomalies au niveau cérébral, notamment dans la zone de régulation des émotions, pourraient être responsables d'apparition de ce trouble de la personnalité limite. Cette maladie serait en tout cas multifactorielle.

Génétique.
Bien qu'aucun gène spécifique n'ait été montré pour causer directement ce trouble, des études chez les jumeaux suggèrent que cette maladie a de forts liens héréditaires. Le trouble borderline est environ cinq fois plus fréquent chez les personnes qui ont un parent au premier degré atteint du trouble.

Facteurs environnementaux. Les personnes qui vivent des événements traumatisants dans leur vie, tels que des abus physiques ou sexuels pendant l'enfance ou la négligence et la séparation des parents, courent un risque plus élevé de développer le trouble.

La fonction du cerveau. Le fonctionnement du cerveau est souvent différent chez les personnes atteintes d'un trouble borderline, ce qui suggère qu'il existe une base neurologique pour certains des symptômes. Plus précisément, les zones du cerveau qui contrôlent les émotions et la prise de décision / le jugement pourraient ne pas bien communiquer entre elles.

Les symptômes

Ces symptômes commencent à se manifester à l'adolescence et deviennent plus fréquents au début de la vie adulte, où la personne peut ressentir des épisodes de colère, de dépression et d'anxiété qui peuvent durer quelques heures, voire quelques jours. À certaines occasions, ces symptômes sont confondus avec d'autres maladies comme la schizophrénie ou la maladie bipolaire, mais la durée et l'intensité des émotions sont différentes, et il est essentiel que l'individu soit évalué par un psychiatre pour savoir quel est le bon diagnostic et initier le traitement approprié.

Les symptômes sont très variables d'une personne à l'autre.

* sautes d'humeur

* colères intenses

* hyperémotivité envahissante

* difficultés à contrôler ses émotions

* comportements impulsifs

* comportements à risques

* comportements destructeurs (automutilation par exemple)

* anxiété

* dépression

* peur de la solitude, de l'abandon

* sensation de vide, de désespoir

* sentiment d'insécurité

* haine de soi

* toxicomanie

* suicide

Les porteurs de ce trouble ont peur que les émotions deviennent incontrôlables, montrant une tendance à devenir irrationnelle dans des situations de plus grand stress et créant une grande dépendance envers les autres pour être stables.

Dans certains cas plus graves, des comportements impulsifs et souvent dangereux tels que la toxicomanie, la conduite imprudente et l'automutilation et même le suicide peuvent se produire, en raison de l'énorme sensation d'inconfort intérieur.

Le trouble de la personnalité limite est finalement caractérisé par l'agitation émotionnelle qu'il provoque. Ils ressentent des émotions intensément et pendant de longues périodes, et il leur est plus difficile de revenir à une base stable après un épisode émotionnellement intense.

Toutes les personnes atteintes du syndrome borderline ne présentent pas tous les symptômes, de sorte que la gravité et la fréquence des symptômes et leur durée varient en fonction de l'individu et de sa maladie particulière.

Diagnostic


Le diagnostic du trouble borderline est difficile. Il se base sur une évaluation psychologique et une consultation avec un psychiatre. Les signes et symptômes de la maladie guident évidemment le diagnostic. Pour atteindre le diagnostic, au moins 5 symptômes doivent être rencontrés.

Durant cette phase de diagnostic, le praticien doit détecter en premier lieu l’existence éventuelle d’autres troubles psychiques (troubles de l’humeur, addictions, anxiété, hyperactivité, etc.) et ce, afin de pouvoir adapter le traitement médicamenteux en conséquence. Ce diagnostic est d’autant plus crucial qu’il concerne l’immense majorité des patients borderline, car presque 100% de ces patients souffrent de pathologies annexes. Des troubles qui, une fois pris en compte, nécessitent un ajustement de traitement.

Traitement

Médicamenteux

Désormais, il est établi qu'un traitement adapté peut soulager et aider les personnes souffrant d'un trouble borderline. Ce traitement passe généralement par la prescription d'antidépresseurs et d'anxiolytiques dans le but d'atténuer les symptômes de la dépression et des angoisses. Ce traitement ne s'attaque donc pas directement à la maladie mais aux symptômes générés par celle-ci. Des antipsychotiques (neuroleptiques) peuvent être prescrits dans certains cas de confusion de la pensée – état dans lequel la personne est désorientée, a des troubles de l'attention, ne reconnaît pas ses proches, a des troubles de la mémoire, a l'air absent... – ou contre la dysphorie, c'est-à-dire une perturbation de l'humeur. Enfin, des stabilisateurs de l'humeur, les thymorégulateurs, peuvent être prescrits.

Ce traitement médicamenteux est complété par une psychothérapie. Un travail de thérapie peut aider les personnes malades à mieux comprendre leur fonctionnement et ainsi à mieux gérer leurs émotions.

Psychothérapie

Ces dernières décennies, le recours à de nouvelles approches thérapeutiques a permis d’aboutir à de réelles avancées. Avant toute prescription de traitement, les recherches ont mis en évidence l’importance d’établir un diagnostic dans lequel le patient puisse se reconnaître en évitant de se sentir stigmatisé. Évoquer directement ce diagnostic permettrait en outre au patient de se sentir impliqué dans le processus de soin. Établir un dialogue autour de ses comportements extrêmes, et de l’automutilation notamment, aiderait enfin à soulager la souffrance psychique, mais contraindrait aussi le patient à se responsabiliser, et donc à se mobiliser plus concrètement dans sa démarche de soins.

De nouvelles approches psychothérapeutiques donnent des résultats encourageants dans la prise en charge du trouble borderline.

Thérapie comportementale dialectique (TCD)

S’inspire de la thérapie comportementaliste, du bouddhisme (acceptation de la réalité) et de la philosophie dialectique (le juste milieu). Elle se concentre sur La dysrégulation émotionnelle, comme problématique principale du trouble de la personnalité borderline. Cette approche propose, à travers ses différents aspects, d’apprendre à réguler ses affects. L’efficacité de cette prise en charge a permis de diminuer l’abandon de thérapie par les patients.

Thérapie fondée sur la mentalisation

Repose sur l’idée que les comportements d’un individu sont liés à des pensées, des désirs et des croyances dont il n’est pas conscient et qui parfois le fragilisent. Ce processus de soins consiste à développer les capacités de mentalisation, et donc de compréhension des émotions. Suivi individuel, groupé, plan d’action et de gestion de crise sont les différents modules utilisés dans le cadre de cette thérapie.

Psychothérapie focalisée sur le transfert (TFP)

C'est le troisième axe de soin envisagé. Se rapprochant de la psychanalyse classique, elle se concentre néanmoins sur les difficultés spécifiques rencontrées par le patient borderline. Tout en maintenant le principe de neutralité, le thérapeute prend en compte les aspects concrets de la vie du patient (relations sociales, enjeux socio-professionnels, etc.).

Toutes ces thérapies ont plusieurs principes communs. Tout d’abord, une attitude du thérapeute plus active et une volonté d’adaptation continue de la thérapie à la situation réelle vécue. Mais aussi l’aspect concret de ces pratiques, qui s’appuient avant tout sur le principe du “ici et maintenant”. Garantie de pérennité, la modularité de ces thérapies, qui s’adaptent à l’imprévisibilité du comportement, nécessite en outre une condition préalable : en amont de la thérapie, “un contrat de soin” doit être passé entre le thérapeute et le patient, une sorte de pacte thérapeutique qui permette de préciser les limites à ne pas franchir afin de pouvoir restaurer de bonnes conditions de travail thérapeutique le cas échéant.

L’hospitalisation

Lorsque la psychothérapie et les médicaments ne suffisent pas, une hospitalisation peut être nécessaire. Un hôpital peut offrir un environnement sûr à une personne atteinte de trouble borderline qui se fait du mal ou qui a des pensées suicidaires.

Co-morbidité

Une personne atteinte d'un trouble de la personnalité limite peut avoir des troubles supplémentaires qui doivent être traités ensemble, tels que:

* Troubles anxieux, tels que le trouble de stress post-traumatique

* Trouble bipolaire

* Dépression

* Troubles de l'alimentation, en particulier la boulimie mentale

* Autres troubles de la personnalité

* Abus de substance


Trouble de la personnalité limite chez les enfants

Les symptômes les plus courants chez les enfants atteints de trouble borderline ont tendance à présenter une grande incertitude sur eux-mêmes, comme s'ils ne se connaissaient pas bien, de sorte que leurs intérêts, leurs objectifs, leurs valeurs et leurs opinions sur les autres peuvent changer radicalement en peu de temps. Ils ont également tendance à voir les situations en termes extrêmes, en noir ou en blanc.

Ils ont une grande peur de l'abandon et de la solitude. Ils ont tendance à se sentir soudainement submergés par des sentiments de vide et d'ennui. Ils subissent des accès de colère irrationnels, pas nécessairement violents, mais désespérés.

Ils ont tendance à être impulsifs, ce qui peut entraîner des relations instables, des relations sexuelles non protégées, l'utilisation de substances dangereuses et d'autres activités à risque. Après ces accès de colère et d'impulsivité, ils ressentent souvent de la honte et de la culpabilité.

Les états de dépression, d'irritabilité et d'anxiété sont fréquents. Ils peuvent durer des heures ou des jours. Son image de soi est déformée, ce qui affecte gravement son humeur. Parfois, cela conduit à l'automutilation, à des tentatives de suicide ou à des troubles de l'alimentation – boulimie mentale –. Et le plus et ce qui donne son nom au trouble, c'est le sentiment de “sortir du corps”, la soi-disant dissociation de l'identité.

Diagnostic

La personnalité des enfants étant encore en formation, le trouble est dans la plupart des cas diagnostiqué à l'âge adulte. Cependant, il est possible de détecter certains signes dans l'enfance ou l'adolescence.

La détection précoce de ce trouble est détectée grâce à une observation clinique par un professionnel.

Bien que le trouble de la personnalité limite en tant que tel ne puisse être diagnostiqué qu'après 18 ans, des symptômes tels que se sentir vide ou submergé par des émotions très intenses, avec des sautes d'humeur fréquentes, des accès de colère et une incapacité à communiquer correctement, indiquent déjà un développement anormal de la personnalité. Le moyen de résoudre ces sensations intenses se produit dans de nombreux cas par l'automutilation, des coupures, des brûlures ou des coups. Avec cela, ceux qui en souffrent essaient de réguler leurs émotions, de se punir ou d'exprimer leur douleur. Les premières manifestations apparaissent à l'adolescence et se produisent dans une proportion plus élevée chez les femmes.

Signaux d’alerte pour les parents et les enseignants

* Diminution des performances scolaires
* Crises de colère constantes et impulsives
* Nervosité, apathie, trop d’énergie
* Faible estime de soi
* Ce sont des enfants très influents
* Changement d'humeur très brusque
* Impulsivité
* Des comportements difficiles apparaissent
* Plaintes d'autres camarades de classe ou d'enseignants concernant le mauvais comportement de l'enfant.

Traitement



Un plan de traitement typique et complet comprend la psychothérapie et le soutien des amis et de la famille. Il est déconseillé d'utiliser un traitement pharmacologique sauf dans des cas extrêmes, tels qu'une dépression sévère, un comportement paranoïaque ou une colère très incontrôlée.

La psychothérapie est la pierre angulaire du traitement. Faire attention aux enfants qui ont une combinaison de problèmes émotionnels et comportementaux.


Une souffrance partagée

Les tempêtes d’émotions dans lesquelles sont prises les personnes concernées n’épargnent pas leurs proches. Les tentatives de suicide et les automutilations ont souvent un effet culpabilisant sur l’entourage. Une relation de co-dépendance risque de se développer, par exemple lorsque l’humeur des proches ne dépend plus que du bien-être de la personne concernée. Les proches peuvent cependant apprendre à établir des relations secourables.

Les proches n’échappent pas à la dynamique provoquée par le trouble de la personnalité borderline. Tout comme les personnes concernées, ils éprouvent également des sentiments d’attachement, d’affection, de dépendance, de colère, de haine ou de déception très intenses. Si cette intensité émotionnelle contribue à la richesse des relations avec les personnes concernées, elle risque également d’amener leurs proches au bord de l’épuisement et du désespoir. Il convient en effet de rappeler que le trouble borderline signifie un rapport perturbé avec soi-même et autrui et qu’il se manifeste avant tout dans les relations interpersonnelles. Les personnes concernées ont par exemple profondément peur d’être abandonnées par les personnes auxquelles elles attachent beaucoup d’importance et font de grands efforts pour éviter ces abandons réels ou imaginés. Tandis qu’une personne se mettra en colère lorsqu’elle se sent abandonnée, une autre n’aura pas d’autre moyen que de s’infliger des blessures ou de faire une tentative de suicide.

Beaucoup de proches souffrent profondément des blessures psychiques ou physiques que les personnes concernées leur infligent ou s’infligent à elles-mêmes. Ils se sentent souvent responsables des difficultés éprouvées par l’autre et font de leur mieux pour l’aider à résoudre ses problèmes. Le risque est alors grand que le partenaire, les parents ou les amis s’oublient et ne vivent plus que pour l’autre. Les professionnels parlent dans ce cas de relation de co-dépendance, par exemple, lorsque l’humeur des membres de l’entourage dépend exclusivement de l’état de la personne concernée.

Sentiment de culpabilité

Les proches souffrent souvent de forts sentiments de culpabilité. Les parents se demandent si leur enfant est devenu malade parce qu’ils ne lui ont pas donné assez d’amour ou parce que leur éducation n’était pas la bonne. Les partenaires ou les collègues se demandent si c’est leur comportement qui a amené l’autre à s’infliger des blessures. Mais ce sont surtout les tentatives de suicide qui ont un effet culpabilisant sur les proches, alors que, dans la plupart des cas, les reproches qu’ils se font sont tout à fait injustifiés. Les sentiments de culpabilité sont de mauvais conseillers. Ils lient souvent les proches aux personnes concernées de manière défavorable et risquent de provoquer une co-dépendance.

Les proches ont aussi souvent l’impression que la personne concernée se comporte volontairement d’une certaine manière pour les obliger à se comporter comme elle le souhaite. Se sentant manipulés ou ayant l’impression que l’on se sert d’eux, les proches perdent confiance ou se mettent en colère. Ces réactions sont normales et compréhensibles. Le comportement des personnes concernées l’est aussi, puisqu’il exprime souvent une réaction de détresse profonde. Si une personne ne supporte pas d’être seule, elle est prête à faire beaucoup de choses pour éviter cette situation et peut, par exemple, menacer de se suicider pour se protéger contre la solitude. Il est donc important que les proches soient en mesure de comprendre la cause de son comportement. Lorsqu’elles traversent une période sans crise, les personnes concernées sont souvent capables de raconter ce qui leur arrive et de fournir ainsi à leurs proches les éléments qui leur permettront de mieux déchiffrer le langage du borderline.


Comment établir une bonne relation avec la personne souffrante ?

La meilleure réponse à la maladie consiste à se comporter en faisant preuve de compréhension et en établissant des limites claires. Car les personnes concernées par le trouble de la personnalité borderline ont beau être les premières à souffrir de leur comportement, elles n’arrivent souvent pas à le contrôler en situation de crise. Établir des limites claires est donc important pour se protéger et protéger la personne contre des comportements dommageables. Dans les situations de crise, il est rarement possible de résoudre les conflits en discutant. La peur et la logique s’accordent mal l’une à l’autre.

Les proches ont souvent tout intérêt à d’abord se retirer et à ne parler des problèmes qu’une fois la crise passée. Lorsque la personne concernée risque visiblement de se faire mal ou de se mettre en danger, il est nécessaire de faire appel à une aide extérieure. Dans de telles situations, les proches ne doivent pas hésiter à appeler un médecin d’urgence ou à encourager la personne concernée à prendre contact avec son thérapeute ou à se rendre dans une clinique.

Il est fréquent que les proches et les personnes concernées jugent certains symptômes complètement différemment. Des comportements d’automutilation, par exemple, auront un effet dramatique sur les proches, surtout s’ils les découvrent pour la première fois. Pour beaucoup de personnes concernées, il s’agit au contraire d’un moyen de faire cesser des états émotionnels extrêmement pénibles à supporter, et même si ce moyen n’est pas idéal, ils l’acceptent malgré tout.

Une fois la crise terminée, les proches et les personnes concernées devraient convenir de la meilleure réaction à avoir en cas de nouvelle crise, de manière à prévoir le comportement adéquat qui leur permettra de faire face à certains symptômes ou à certains types de sentiments. Ce faisant, il est nécessaire de veiller à ce que le comportement des proches ne renforce pas ces symptômes, ce qui est par exemple le cas quand un homme trouve seulement du temps pour son amie lorsqu’elle ne se sent pas bien et dit ressentir un besoin de se faire mal.


Il existe des maladies où la souffrance des proches dépasse parfois celle de 
la personne atteinte. Le trouble de la personnalité borderline en fait partie.

Voir aussi…

mercredi 8 février 2017

Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)



Le mal-être et la recherche de la perfection esthétique sont 
caractéristiques dans les troubles du comportement alimentaire

L’alimentation est une fonction vitale qui apporte les éléments nutritionnels indispensables à une bonne santé, en quantité et en qualité. Santé physique mais aussi psychologique, affective et sociale. Un équilibre doit être trouvé entre exigences personnelles, culturelles et métaboliques. L’alimentation est aussi une pratique sociale, familiale et culturelle qui permet à la personne de prendre une place dans son environnement.  L’équilibre entre des exigences personnelles, culturelles et métaboliques est nécessaire, mais peut être difficile à trouver. Parfois cette difficulté peut se traduire par des troubles du comportement alimentaire.

Les troubles des conduites alimentaires se caractérisent par un trouble en rapport à l'alimentation. Cette psychopathologie qui se présente sous des formes diverses peut apparaître à tout âge mais touche principalement les adolescents et les enfants, notamment les filles. Les plus connus sont l’anorexie et la boulimie, mais il en existe d’autres.

Les troubles du comportement alimentaire sont reconnus comme de véritables maladies, plus spécifiquement, comme “un trouble mental”, c’est-à-dire un ensemble de comportements, d’attitudes et de réactions émotionnelles qui font souffrir la personne malade et son entourage.

Les troubles du comportement alimentaire sont tous l’expression d’un mal-être qui dépasse de loin la simple volonté de maigrir ou la difficulté de construire son rapport à la nourriture. Ils sont bien souvent le symptôme d’une souffrance réelle, qui ne peut s’exprimer autrement.

Dans la plupart des cas, le trouble survient suite à un évènement dit déclencheur, le plus souvent un traumatisme. Les personnes qui souffrent de TCA ont en outre des caractéristiques psychologiques assez semblables : ils souffrent de manque de confiance et d’estime de soi, d’excès de perfectionnisme ou encore de besoin de tout maîtriser. Les TCA enferment leurs victimes dans une souffrance solitaire dont il est très difficile de sortir sans l’aide de spécialistes. Ils nécessitent une approche qui soit à la fois nutritionnelle, comportementale et psychologique.

La détresse psychologique (par exemple, les symptômes dépressifs et une faible estime de soi) est un facteur de risque important pour l'aggravation de troubles alimentaires. De même, les adolescents inquiets par leur poids ou insatisfaits par l'image qu'ils ont de leur corps sont plus enclins à développer des troubles, tout comme ceux victimes de moqueries de la part de leurs pairs ou ayant au moins un de leurs amis démarrant un régime. L’hyperactivité physique se traduit par de multiples heures de danse et de gymnastique pour les filles, des exercices de musculation, courses à pied et abdominaux pour les garçons.


Chez l’enfant


Le nombre de nouveaux cas par an d’anorexie mentale de l’adolescent et du jeune adulte reste stable, mais on constate une augmentation des conduites anorexiques chez l’enfant, parallèlement à des pratiques alimentaires chaotiques et à une augmentation préoccupante de l’obésité. L’anorexie de l’enfant correspond aux mêmes critères diagnostiques que l’anorexie mentale de l’adolescente ou de l’adulte.

Dès le plus jeune âge, les enfants traversent une phase normale d’aversion envers certains aliments que l’on nomme néophobie alimentaire. Il s’agit d’un processus normal qui débute généralement vers deux ans et arrive à son apogée entre 4 et 7 ans. Mais si elle persiste au-delà d’un certain âge, la néophobie alimentaire peut véritablement devenir pathologique.

Deux signes spécifiques marquent la population des enfants anorexiques par rapport aux adolescents : une restriction hydrique pouvant aboutir à une déshydratation, et le ralentissement, voire l’arrêt, de la croissance avec cassure de la courbe et mise en jeu du pronostic de taille.


Facteurs favorisants des troubles du comportement alimentaire 

Il n’y a pas de cause unique mais le comportement alimentaire dépend de facteurs génétiques et psychologiques individuels, mais il est également influencé par des facteurs environnementaux, familiaux et socioculturels.

Les troubles des conduites alimentaires sont la résultante de facteurs multiples :

Facteurs génétiques


La fréquence de l'anorexie mentale est plus élevée chez les apparentés au premier degré de femmes anorexiques (parents, fratrie, enfants). Les travaux récents montrent que les TCA pourraient être liés à des processus biologiques ou à une vulnérabilité génétique. Concrètement, les gènes affecteraient l’humeur, le contrôle des comportements, les mécanismes de récompense, le métabolisme et l’appétit.

Facteurs psychologiques


Les troubles de l’alimentation cohabitent souvent avec des troubles affectifs, des troubles anxieux et des troubles du contrôle des impulsions. Parfois, les troubles de l’alimentation coexistent aussi avec des problèmes de contrôle du comportement, de l’émotivité négative, de l’autocritique ou du perfectionnisme inadapté. Épisodes dépressifs, troubles de la personnalité, baisse de l’estime de soi, perfectionnisme sont plus souvent présents chez les personnes présentant des troubles du comportement alimentaire.

Facteurs biologiques


Les modifications neurologiques et métaboliques  facteurs endocriniens  des systèmes de régulation de l’appétit peuvent influer sur les troubles du comportement alimentaire et leur chronicité.

Facteurs sociaux

Le rôle des facteurs socioculturels est difficile à mettre en évidence. Plusieurs études ont montré que les pathologies alimentaires étaient plus fréquentes dans certains milieux où le corps idéalisé est au centre de l’activité professionnelle (danseurs, mannequins, sportifs de haut niveau). On a toujours véhiculé un modèle idéal de beauté, mais avec les années, ce modèle est devenu de plus en plus mince, voire maigre. Les médias contribuent à véhiculer plusieurs clichés et normes qui font pression sur les femmes et les poussent souvent à suivre des régimes draconiens néfastes pour leur santé.


Anorexie mentale

L’anorexie mentale est une perturbation de la relation à l’alimentation, qui survient habituellement chez une adolescente ou une jeune femme, ou chez un adolescent ou un jeune homme (environ 1 garçon pour 10 filles), ou chez un enfant proche de la puberté.

L’anorexie peut apparaître seule ou accompagnée d’épisodes de boulimie, associés à une horrible sensation de perte de contrôle, de profond sentiment de culpabilité, de dépression et d’angoisses, suivis d’une purge des calories absorbées (vomissements, abus de laxatifs et de diurétiques).

L’anorexie survient souvent à la suite d’une déception scolaire ou sentimentale, d’un deuil ou d’un régime amaigrissant commencé suite à une remarque “vexante” sur le physique de la personne. Un début plus progressif est également possible. Pendant un moment, ces symptômes passent inaperçus de l’entourage, qui a pu encourager le régime au début.

Symptômes


* Perte de poids intentionnelle, induite et maintenue par le patient, associée à la peur de grossir et d’avoir un corps flasque.

* Maintien d’un poids faible, en dessous des normes pour l’âge et la taille.

* Dénutrition de gravité variable, s’accompagnant de modifications endocriniennes et métaboliques secondaires et de perturbations des fonctions physiologiques, notamment aménorrhée (arrêt des règles).

* Restriction des choix alimentaires.

* Pratique excessive d’exercices physiques.

* Vomissements provoqués et utilisation de laxatifs, coupe-faims et diurétiques.


Boulimie

La boulimie est un trouble complexe, multi-factoriel qui se caractérise concrètement par des crises compulsives où la prise alimentaire prend des proportions incontrôlables.

Ce trouble à des points communs avec l’anorexie : préoccupation excessive par les formes corporelles et le poids. Les vomissements répétés peuvent provoquer des perturbations électrolytiques et des complications somatiques. Dans les antécédents on peut retrouver un épisode d’anorexie mentale, survenu quelques mois ou plusieurs années plus tôt.


Symptômes


* Accès répétés d’hyperphagie (absorption de grandes quantités de nourriture en peu de temps).

* Préoccupation excessive du contrôle du poids corporel, conduisant à une alternance d’hyperphagie et de vomissements ou d’utilisation de laxatifs.


Des comportements de dépendance

Les troubles du comportement alimentaire sont des conduites de dépendance. La personne est dépendante de sa maladie comme d’autres le sont d’une substance  alcool, drogues, médicaments, jeux  ou une dépendance affective à une autre personne. La personne anorexique ou boulimique est dans l’urgence du besoin et de la satisfaction comme c’est le cas dans d’autres dépendances.

Elle perd le contrôle de son comportement, est dans le déni par rapport à la gravité de sa maladie et en constante recherche de sensations fortes. Au travers de ce comportement addictif, la personne qui souffre d’anorexie ressent un certain plaisir lié au fait de jeûner et celle qui souffre de boulimie, un état d’euphorie avant, pendant et/ou immédiatement après la crise.

Les parallèles avec un comportement de dépendance sont plus visibles avec la boulimie : la personne, comme celle souffrant d’une dépendance à l’alcool ou à la drogue, sent le besoin pressant et l’obsession de manger. Elle peut dépenser des sommes astronomiques pour se procurer sa nourriture allant jusqu’à s’endetter. Quand la crise et le besoin de manger surviennent, elle entre dans une sorte d’état second et il est extrêmement difficile d’empêcher la perte de contrôle.


Conséquences des troubles du comportement alimentaire

La dangerosité de l’anorexie mentale est souvent sous-estimée, voire niée. Des sites Internet, des sectes et des personnes vantant les médecines parallèles valorisent même l’extrême minceur. L’enfant ou l’adolescent anorexique est en danger, parfois pour sa vie et toujours pour sa croissance et son devenir d’homme ou de femme.

Conséquences immédiates


* Détérioration de l’état général. Fonte musculaire, chute de la température corporelle, déshydratation, troubles hormonaux, constipation résistante.

* Retentissement sur le système cardio-vasculaire grave, voire mortel. Hypotension, troubles du rythme cardiaque.

* Anomalies cérébrales, parfois incomplètement réversibles après ré-alimentation.

Conséquences à plus long terme


* Somatiques. Retard de puberté, problème de fertilité, fausses couches, prématurité, enfant dysmature, retard ou blocage de croissance, atteinte osseuse, ostéopénie exposant au risque d’ostéoporose.

* Psychologiques.  Dépression, anxiété, trouble obsessionnel compulsif.

* Sociales.  Restriction des sorties, contacts, échanges et activités.


Traitement

Étant donné les aspects bio-psychosociaux complexes des troubles de l’alimentation chez les adolescents, l’évaluation et la prise en charge constante de ces troubles semblent optimales lorsqu’y participe une équipe interdisciplinaire composée de professionnels des secteurs médicaux, infirmiers, nutritionnels et psychothérapeutiques. La physiothérapie et l’ergothérapie peuvent représenter des ajouts utiles au traitement.

Comme dans toute autre dépendance, il est très difficile, voire impossible de se sortir seul(e) de ces comportements. C’est pourquoi, il est primordial de demander de l’aide et de ne pas rester seul face à sa maladie.

Prise en charge


Il faut en premier lieu consulter le médecin traitant habituel (généraliste ou pédiatre) qui fera le premier diagnostic, prescrira les examens nécessaires et conseillera sur le choix d’un confrère ou d’une équipe hospitalière. Il sera également le médecin de référence pour assurer le suivi.

Différents niveaux d'intervention


Suivi médical. Surveillance du poids, de l’état général physique, prescription des examens complémentaires nécessaires, mise en place des traitements adjuvants éventuels (vitamines, fer…).

Suivi psychiatrique. Évaluation de l’état psychique, recherche d’autres troubles psycho-pathologiques associés, évaluation de la reconnaissance du trouble et d’un besoin d’aide, afin d’établir une alliance thérapeutique.

Suivi nutritionnel. Mise en place d'un programme de ré-alimentation progressive négocié, afin d’aboutir à un contrat décrivant les différentes étapes pour le retour à une vie normale. Les parents y sont associés.

Prise en charge familiale. Les familles, en souffrance, doivent être aidées et impliquées dans les soins. Les entretiens familiaux construisent une alliance avec la famille, pour lui apporter soutien et écoute, et pour apprécier l’impact du trouble dans la famille et les dysfonctionnements qui participent au maintien du trouble.

La psychothérapie de l’enfant ou adolescent. En fonction de la personne, de son âge, de la gravité du trouble et de sa reconnaissance ou pas, une psychothérapie peut être proposée. En groupe ou en individuel, psychanalytique ou cognitivo-comportementaliste et pratiquée par un praticien expérimenté.


Prévention

* Éviter le sujet de l’alimentation : ne pas parler des valeurs nutritionnelles des aliments, essayer d’éviter de commenter ses portions ou celles des autres à la table.

* Valoriser les repas, vrais moments de rencontre et d’échange, sans se focaliser sur la nourriture prise par l’enfant.

* Éviter de proposer aux enfants des idéaux de réussite impossibles à atteindre, ou des contraintes éducatives excessives pour “leur bien”. Les aider à assouplir leurs exigences vis-à-vis d’eux-mêmes.

* Se méfier des idées reçues sur le plan alimentaire.

* Éviter d’encombrer les enfants avec les difficultés alimentaires ou de poids des adultes.

* Respecter les désirs et les choix des enfants, pour les aider plus efficacement, en favorisant leur autonomie.

* Favoriser pour l’enfant les loisirs et plaisirs partagés avec des enfants de son âge, l’aider à ne pas s’isoler.

* Etre positif dans les exigences parentales, plutôt que d'assommer les enfants de critiques.


Les autres troubles du comportement alimentaire

Compulsion alimentaire ou de l’obsession de manger


Le besoin d’absorber impulsivement et abondamment une nourriture, notamment sucrée, est la manifestation d’une souffrance bien réelle et l’individu qui mange tente de se libérer des émotions négatives, telles que la colère, les angoisses, la peur, la sensation de vide.

Physiologiquement, le fait de manger libère dans le cerveau des substances antalgiques qui entraîne une satisfaction et un apaisement immédiats. Il est possible d’être dépendant de cet état et de rechercher dans la nourriture ce dont on se sent privé (manque affectif, manque de confiance, etc.).

L’aliment est choisi, apprécié et apporte également un plaisir gustatif. Au terme de la compulsion, la personne n’a pas recours à des comportements compensatoires même si une honte se fait ressentir, telle que celle de n’avoir pas pu résister. C’est d’ailleurs sur cet élément qu’est mesurée la gravité de ce comportement, selon la dépendance de l’individu et la souffrance qui en résulte.

Orthorexie


L’orthorexie est une manière de s’alimenter suivant des règles très strictes sans désir d’amaigrissement et dont un écart peut bouleverser la personne qui s’isole peu à peu pour poursuivre sa diète astreignante.

Dans le souci de “bien manger”, la personne contrôle sa nourriture et écarte de son régime tous aliments qui selon elle lui sont néfastes ou sales. Ainsi, un individu peut limiter sa consommation en refusant des produits qu’il considère trop sucrés, trop gras, trop cuits et n’absorber que des aliments blancs ou clairs, d’une seule couleur, d’une certaine consistance ou que des fruits ou des légumes, etc.
Ce trouble du comportement alimentaire entraîne des carences et selon la gravité du trouble, la personne si angoissée de bien faire peut perdre jusqu’à l’appétit.

La notion de plaisir est ici totalement absente, les aliments ne sont pas sélectionnés pour leur goût mais seulement pour leurs vertus. L’othorexique rejette en bloc tout ce qui est mauvais pour la santé, se basant notamment sur ce que disent médias, comme les graisses, la charcuterie, la viande ou encore le fromage, ce qui entraîne de nombreuses carences en nutriments.

Sa vie sociale en est très affectée, elle ne va ni à la cantine de son travail, ni au restaurant et refuse les invitations. Elle se jette sans hésiter sur tous les produits censés être “bons pour la santé” : vitamines, compléments alimentaires, extraits de protéines ou d’algues… Elle ressent un fort sentiment d’autosatisfaction et de contrôle lorsqu’elle parvient à ses objectifs, mais beaucoup de culpabilité lorsqu’elle déroge aux règles. Elle méprise ceux qui ne respectent pas les dogmes de la diététique.

Grignotage pathologique


Le grignotage désigne l’habitude de manger s’en vraiment s’en rendre compte, tout au long de la journée, en petites quantités et sans faim des aliments choisis, salés, ou sucrés.

Il devient pathologique dès lors que ces quantités forment en fin de compte un gros volume d’aliments, entraînant un surpoids notable, et qu’il est le symptôme d’un réel mal-être. La consommation alimentaire devant la télévision de produits choisis et aimés en grandes quantités en est le dérapage type. Le malade n’a aucune notion des quantités qu’il ingère. L’une des bases du traitement est d’ailleurs de lui en faire prendre conscience. Le grignotage pathologique est souvent révélateur d’un état dépressif et angoissé.

Mérycisme


L’individu souffrant de mérycisme régurgitera sa nourriture juste après l’avoir mâchée ou avant que celle-ci ne soit digérée. Les aliments sont mastiqués et ensuite crachés et jetés ou sont ré-ingérés de sorte qu’ils peuvent être ruminés pendant des heures.

Ce trouble du comportement alimentaire s’observe majoritairement chez les jeunes enfants mais il est parfois associé à l’anorexie ou la boulimie.

Potomanie


La potomanie consiste à boire, sans soif et énormément tout au long de la journée, le plus souvent de l’eau dans le but de purifier, de débarrasser l’organisme de “déchets” ou pour occuper l’espace de l’estomac pour éviter la prise alimentaire ou la réduire.

Il n’y a pas un minimum ou un maximum convenable lorsqu’il s’agit d’apprécier la potomanie car le besoin d’eau de l’organisme diffère selon les individus, mais certains considèrent que la potomanie est avérée lorsque la consommation de liquide dépasse 4 à 5 litres par jour sachant que des personnes boivent jusqu’à 20 litres quotidiennement.

A ce niveau, le corps risque de nombreuses complications dont la polyurie  sécrétion d’urine en quantité abondante, augmentation du volume urinaire  allant pour les cas les plus graves à des œdèmes (poumons, cerveau) ou jusqu’au coma potentiellement mortel.

Bigorexie ou dysmorphie musculaire


Le terme “big”, tiré de l’anglais, est à prendre ici au sens de musclé plutôt que gros/gras. La bigorexie se traduit par un besoin pathologique de pratiquer un sport, le plus souvent, du culturisme ou du running, dans le but de développer sa masse musculaire.

La population est représentée surtout par des hommes relativement jeunes, entre 25 et 45 ans, qui s’adonnent quotidiennement à la pratique intensive d’un sport, environ plusieurs heures par jour.

Tout comme la drogue ou l’alcool, le sport entraîne la libération d’endorphines, des molécules qui contribuent à la sensation de bien-être. Mais à outrance, il peut aussi avoir des effets délétères sur la santé.

Les personnes souffrant de bigorexie soumettent leur corps à un régime très strict, composé essentiellement de protéines, voire de gainers, un supplément nutritionnel, et de sucres lents. Leur alimentation hyper contrôlée peut s’apparenter à de l’orthorexie, puisqu’il n’y a plus de place pour les “aliments-plaisirs”, bannis car considérés comme inutiles, voire contre-productifs.

La quête d’un corps idéal, tout en muscle, menée sans un suivi professionnel, psychologue et diététicien, peut conduire à des risques réels : dépression, carences nutritionnelles, fractures osseuses, ruptures ligamentaires, problèmes rénaux par alimentation hyper-protéinée.

Permarexie


Ce trouble concerne les personnes qui enchaînent les régimes. Dès lors qu’un régime ne présente pas de résultats immédiats, la personne touchée par ce trouble va changer de régime, et ainsi de suite.

Quand un régime ne lui convient plus, la personne va en chercher un nouveau, et le respecter de manière stricte. D’autre part, en suivant tous ces régimes, elle cherche à atteindre des objectifs de perte de poids très difficiles à atteindre, ce qui est incompatible avec son bien-être.

Cela provoque frustration, dépression, baisse de l’estime de soi et de l’amour propre, et surtout des déséquilibres physiques dus à la non-consommation de certains nutriments, ou bien à la seule ingestion d’infusions durant une longue période.

Pica ou l’obsession de manger des substances non comestibles


Le pica se définit par l’ingestion répétée pendant une période d’au moins 1 mois de substances non nutritives et/ou habituellement non comestibles pouvant nuire au développement normal de l’individu. Les substances ingérées varient selon l’âge et la disponibilité

Substances non nutritives et/ou non comestibles. Papier, tissu, cendres, ficelle, savon, cheveux, argile, laine, craie, peinture, métal, terre, cailloux, poudre de talc, charbon/charbon de bois, glace.

Le pica peut survenir autant chez les hommes que chez les femmes. Par contre, les groupes de personnes les plus susceptibles de développer un pica sont les femmes enceintes, les enfants (particulièrement de peuples africains) et les personnes présentant une anémie avec déficience en fer.

Trouble de l’alimentation nocturne ou night eating syndrome


Combinaison entre les troubles du sommeil et les troubles du comportement alimentaire, le trouble de l’alimentation nocturne concerne les personnes qui durant un épisode de somnambulisme vont manger de grandes quantités de nourriture sans en garder un souvenir précis le lendemain. C’est en retrouvant des paquets ou sachets alimentaires que l’individu réalise son comportement.

De même qu’il en est pour la boulimie et les compulsions alimentaires, on retrouve parmi les patients qui souffrent de ce trouble de l’alimentation nocturne, des angoisses d’être, un stress évident et des difficultés à gérer les émotions.

Prégorexie


La prégorexie se définit par une phobie de prendre du poids pendant la grossesse, amenant avec elle tous les comportements pouvant y être associés : restriction alimentaire grave, exercices physiques intensifs, vomissements, etc. Tout cela dans le but de limiter le plus possible la prise de poids, pourtant plus que normale pendant la grossesse.

Cette pratique peut engendrer des fausses couches, des bébés prématurés ou de faible poids de naissance.





Puisque beaucoup d’habitudes qui vont influencer la santé physique et mentale à l’âge adulte, sont acquises au cours de l’enfance et l’adolescence, une évaluation nutritionnelle correcte par les parents et les pédiatres dans ces étapes de la vie est très importante. Les parents peuvent aider leurs enfants à ne développer pas ce type de troubles en favorisant le développement de l’estime de soi et des attitudes saines en ce qui concerne la nourriture et l’apparence physique.

Voir aussi…

L'isolement social
chez l'enfant cause
 des déficiences cognitives
 et de comportement

Dépression
chez l'enfant


Troubles du comportement
chez l'enfant et l'adolescent


Dépression chez l'adolescent

Stress et anxiété
 chez l'adulte
Anxiété et stress
 chez l'enfant


Obésité et surpoids
 chez l'adolescent

Les réseaux sociaux
 dépriment

Obésité infantile







La malbouffe

Alcool – dommages sur
le cerveau de l'adolescent


Microbiote intestinal
 et santé




Rééducation alimentaire
comment reprogrammer
son corps pour
aimer ce qui est sain
La spiruline
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L'alimentation
des adolescents



Neurosciences du
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Effets des écrans
 sur le cerveau