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mardi 30 avril 2024

Les Écrans Détruisent le Cerveau de nos Enfants


Des experts alertent les parents sur une utilisation abusive des écrans 
qui ne serait pas sans risque pour le développement de nos enfants

Depuis quelques années, des recherches sont menées sur la relation que l'utilisation des nouvelles technologies – tablettes, téléphones portables, consoles, jeux vidéo, ordinateurs – entretient avec le développement et l'apprentissage des enfants.

Aujourd'hui, le terme "digital natives" nous est déjà familier et désigne une génération qui, dès son plus jeune âge, est immergée dans un monde de plus en plus technologique. Il s'agit d'enfants habitués à interagir avec un écran, qui prennent en main un téléphone portable, une tablette ou un ordinateur et l'utilisent de manière intuitive, sans avoir besoin d'un apprentissage particulier ou d'une formation préalable.

Nous avons l'habitude de voir des adolescents et des adultes avec un téléphone portable à la main, jouant à des jeux vidéo ou consultant et recherchant des informations. Mais il est aussi de plus en plus fréquent de voir des enfants d'un ou deux ans regarder des dessins animés sur une tablette, "swiper" l'écran du mobile ou chercher des vidéos sur YouTube. Et cela s'est encore accentué pendant la période de confinement.

Nous pouvons nous justifier derrière le fait que ces dessins animés sont éducatifs, que les enfants sont divertis pendant que nous attendons quelque part ou qu'ils nous laissent un moment de tranquillité à la maison lorsque nous essayons d'accomplir une tâche ou de nous déconnecter du quotidien.

Mais... cette exposition aux écrans est-elle bonne pour les très jeunes enfants, et y a-t-il des risques lorsqu'ils jouent avec un téléphone portable ou une tablette ?

Dessins animés à la télévision, jeux sur smartphone ou tablette, jeux vidéo… Dès leur plus jeune âge, de nombreux enfants voient les écrans rythmer leur quotidien.

Une exposition croissante des enfants aux écrans

Pourquoi de plus en plus de parents laissent-ils leurs enfants passer de nombreuses heures sur les écrans ? Ignorent-ils les possibles dangers de cette exposition ? Croient-ils bien faire ? Le font-ils pour stimuler l’éveil de leurs enfants, leurs capacités cérébrales, développer leur agilité ou encore les préparer à une vie future au sein de laquelle les écrans occuperont, de fait, une place centrale ?

L’explication est plus subtile qu’il n’y paraît et est sans doute liée aux difficultés quotidiennes que bon nombre de parents rencontrent. Liens familiaux fragilisés, souffrance au travail, problèmes financiers… Si bon nombre de parents abandonnent leurs enfants aux écrans, c’est souvent parce qu’ils se sentent dépassés par un quotidien pénible, une charge familiale difficile à assumer.

Leur pratique excessive peut toutefois avoir de lourdes conséquences sur la santé, le bien-être et l’avenir de nos enfants :

Sur le développement du cerveau et l’apprentissage de compétences fondamentales. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Chaque heure supplémentaire passée devant la télévision par un enfant en bas âge diminue ses performances scolaires à l’âge de 10 ans : moindre intérêt pour l’école, moindre habileté au plan mathématique. Cette surexposition précoce entraîne également une moindre autonomie, une moindre persévérance et une intégration sociale plus difficile avec notamment un risque accru de souffrir d’une mise à l’écart par ses camarades de classe.

Sur les capacités d’attention et de concentration. Ceci est vrai même si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde.

Sur le bien-être et l’équilibre. Les enfants qui passent trop de temps devant les écrans seraient moins heureux, plus anxieux et plus déprimés que les autres. Au-delà de quatre heures par jour, le risque de voir apparaître des problèmes émotionnels et une mauvaise estime de soi seraient notamment considérablement accrus. Ce temps passé devant les écrans empièterait en outre sur le temps consacré à d’autres activités récréatives – sport, jeu avec des amis –, qui sont essentielles pour apprendre certaines valeurs – partage, respect de l’autre – et ont un impact positif reconnu sur le bien-être des enfants.

Sur le comportement. Les enfants qui passent beaucoup de temps devant des contenus violents – jeu vidéo ou télévision – sont plus agressifs et plus enclins à se battre, plus impulsifs. Par ailleurs, la surexposition des plus petits risque d’entraîner une attitude passive face au monde qui les entoure.

Sur la santé. Une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux peut alors entraîner une prise de poids. De même une exposition aux écrans à raison de plus de deux heures par jour entraîne un risque d’hypertension accru de 30% chez les enfants.

Cette exposition précoce n’est pourtant pas sans conséquence sur leur santé. Plusieurs études ont déjà pointé les risques d’obésité ou de diabète de type 2 engendrés par un temps trop important passé devant les écrans. Plusieurs spécialistes ont aussi noté des retards de langage et des troubles de l’autisme chez les enfants qui passaient plusieurs heures par jour les yeux rivés sur leur tablette ou l’écran de télévision.

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Les écrans modifieraient le cerveau des enfants


Les Instituts américains de la santé (NIH)
dans une vaste étude lancée en décembre 2018, démontrent que la surexposition des enfants aux écrans modifierait leur cerveau.

Afin d’en savoir plus sur l’impact réel de l’exposition prolongée aux écrans sur le cerveau des enfants, dans 21 centres de recherche aux États-Unis, ils ont commencé à examiner les cerveaux de 4.500 enfants de 9 et 10 ans. À terme, l'étude portera sur 11.000 enfants, suivis pendant 10 ans, pour voir si la consommation intense de jeux vidéo et le temps passé sur internet ont une influence sur leur développement.

Un amincissement du cortex

Les premiers résultats de cette étude menée à l'aide d'imagerie par résonance magnétique (IRM) montrent des “tracés différents” dans les cerveaux des enfants utilisant des smartphones, des tablettes et des jeux vidéo plus de 7 heures par jour. Les images montrent un amincissement prématuré du cortex, l'écorce cérébrale qui traite les informations envoyées au cerveau par les cinq sens.

Les scientifiques expliquent que l'amenuisement du cortex est considéré comme un processus de vieillissement, soulignant qu'il n'est pas certain que ce processus soit néfaste. L'étude montre que les enfants qui passent deux heures ou plus par jour devant un écran obtiennent de moins bons résultats aux tests de mémoire et de langage.

Les enfants sécrètent de la dopamine devant les écrans

Un autre phénomène rapporté est l'effet addictif que peuvent avoir les smartphones. Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe a scanné le cerveau d'adolescents pendant qu'ils regardaient leur fil Instagram. Il s'avère que le temps passé devant un écran stimule la libération de dopamine, l'hormone du plaisir. Cela suffit pour que les jeunes deviennent littéralement dépendants aux écrans.

L'objectif des chercheurs est de savoir si le temps passé devant les écrans est responsable du changement dans le cerveau des enfants, ou si c'est cette différence qui les pousse à passer du temps devant les écrans.


Une étude révèle les effets négatifs des smartphones et des tablettes sur le développement de la parole chez les enfants


Les zones rouges montrent l'augmentation de la matière blanche
organisée dans les centres linguistiques du cerveau

Des chercheurs de l'Université de Toronto et du Children's Hospital ont examiné en profondeur, dans une étude présentée lors de la réunion en 2017 des Pediatric Academic Societies, le lien entre le temps passé par les jeunes enfants devant des appareils portables et le développement de la parole.

Au total, 894 enfants âgés de 6 mois à 2 ans ont participé à l'étude. Parallèlement, les chercheurs ont créé un outil appelé "liste de contrôle de l'enfant", qui leur a permis de mesurer le développement de la parole en fonction des différentes étapes du langage, des objectifs que les enfants doivent atteindre à chaque étape de leur vie.

L'exposition moyenne à l'écran enregistrée était de 28 minutes par jour, 20% des enfants ayant passé au moins une demi-heure devant un écran à l'âge de 18 mois.

Les spécialistes ont observé que ces enfants commençaient à parler plus tard que prévu, qu'ils avaient des difficultés à transformer les sons en mots, qu'ils avaient une faible fluidité verbale lorsqu'ils racontaient une histoire et qu'ils avaient une compréhension médiocre pour leur âge chronologique.

On observe non seulement des difficultés linguistiques, mais aussi des problèmes de comportement tels que l'inattention et, chez les enfants plus âgés, un risque accru d'obésité et de troubles du sommeil en raison de l'exposition à la lumière des écrans. L'abus d'écran affecte les fonctions exécutives – qui, pour simplifier, peuvent être décrites comme les fonctions qui nous aident à apprendre et à mûrir –, qui sont altérées et ont donc un impact sur le développement cognitif de l'enfant.

Les spécialistes en pédiatrie recommandent aux parents de "revenir aux sources" et d'équilibrer l'utilisation des appareils portables par des activités plus anciennes mais plus enrichissantes pour la parole, y compris quelque chose d'aussi simple qu'une conversation – même à sens unique – et de faire de la lecture d'un livre une partie intégrante du processus éducatif.

L'étude n'a pas permis de déterminer si le type de contenu auquel les enfants étaient exposés pendant cette demi-heure par jour influençait plus ou moins le développement du langage, ni d'analyser l'influence de la présence ou non des parents.



Plus de deux heures d'écran affecte les capacités intellectuelles des enfants

Le bleu montre l'énorme sous-développement et la désorganisation
de la substance blanche d'un enfant d'âge préscolaire utilisant des écrans

Des chercheurs de l’Institut CHEO, de l'université d'Ottawa, de Carleton University dans une étude, publiée en novembre 2019 dans la revue Lancet Child and Adolescent Health, ont établi un lien direct entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances cognitives des enfants.

L’étude a porté sur 4.520 enfants de 8 à 11 ans sur 20 sites à travers les États-Unis. Les enfants qui passent plus de deux heures par jour sur les écrans ont de moins bonnes capacités cognitives que ceux dont l'exposition est plus limitée.

En moyenne, ces enfants passaient 3,6 heures par jour collés sur un écran – téléphone portable, tablette, ordinateur, télévision – au-delà des recommandations canadiennes préconisant moins de 2 heures d'écran, 9 à 11 heures de sommeil et au moins une heure d'activité physique par jour. Sur la totalité des enfants participant à l'enquête, seulement un petit Américain sur 20 (5%) coche les trois cases des recommandations canadiennes. Presque un sur trois (29%) n'en remplit aucune : sommeil suffisant, temps d'écran limité et activité physique.

Un développement cognitif appauvri

La moitié seulement (51%) des enfants dorment suffisamment, 37% passent moins de deux heures sur les écrans et 18% seulement pratiquent une heure d'activité physique par jour, selon les questionnaires remplis par les familles. Après des tests cognitifs portant sur le langage, la mémoire, la réactivité, la concentration, etc., l'étude relève un lien très net entre le temps passé sur les écrans, le sommeil et les performances des enfants.

Les chercheurs ont trouvé que plus de deux heures d'écran chez les enfants appauvrit leur développement cognitif et incitent les pédiatres, parents, éducateurs et décideurs à limiter le temps d'exposition des enfants à l'écran et à faire du sommeil une question prioritaire.

Sur les trois critères – sommeil, écran et activité physique–, le temps passé à dormir et l'exposition aux écrans sont les plus directement liés aux facultés intellectuelles des enfants, tandis que l'activité physique à elle seule n'avait pas d'impact sur la capacité cognitive, tout en étant le facteur le plus important pour une bonne santé physique de l'enfant.


Association entre le temps passé devant un écran et les diagnostics d’anxiété et de dépression chez les jeunes

Selon des psychologues de l'Université de San Diego State et de l'Université de Géorgie W. Keith Campbell, dans leur étude, publié en octobre 2018 dans la revue Preventive Medicine Reports, les jeunes âgés de 2 à 17 ans et passant plus de sept heures par jour devant un écran ont plus de risque de souffrir de dépression et d’anxiété.

Les scientifiques ont en effet constaté que le temps passé devant les écrans a une influence sur la santé mentale des jeunes. Après seulement une heure d’écran par jour, les enfants et les adolescents éprouvaient moins de curiosité, avaient moins confiance en eux, moins de stabilité émotionnelle et présentaient une plus grande incapacité à terminer des tâches.

Deux fois plus de risque de dépression et d’anxiété

Les recherches précédentes sur les associations entre le temps passé devant un écran et le bien-être psychologique des enfants et des adolescents étaient contradictoires, ce qui a amené les chercheurs à s'interroger sur les limites du temps passé à l'écran suggérées par les organisations de médecins.

Pour mieux comprendre ce lien entre temps passé devant les écrans et bien-être psychologique, les professeurs ont utilisé les données de l’Enquête américaine sur la santé des enfants, qui date de 2016. Ils ont analysé un échantillon aléatoire de plus de 40.300 enquêtes menées auprès de personnes en charge d’enfants âgés de 2 à 17 ans.

Ils se sont alors aperçus que les adolescents qui passaient plus de sept heures par jour devant un écran étaient deux fois plus susceptibles que ceux qui passaient une heure de recevoir un diagnostic d'anxiété ou de dépression. Dans l'ensemble, les liens entre le temps passé devant un écran et le bien-être étaient plus importants chez les adolescents que chez les jeunes enfants.

Des jeunes plus agités, moins curieux et moins concentrés

Les adolescents ne sont cependant pas les seuls à voir leur bien-être psychologique impacté par les écrans. Ainsi, parmi les enfants en âge préscolaire – avant 3 ans –, ceux passant beaucoup de temps devant la télévision, une tablette ou un smartphone étaient deux fois plus susceptibles de perdre leur sang-froid et 46% plus susceptibles de ne pas pouvoir se calmer lorsqu’ils étaient excités.

Plus excités et moins enclins à savoir contrôler leurs émotions quand ils sont enfants, les jeunes ont aussi plus de mal à se concentrer et à éprouver de la curiosité quand ils grandissent. Ainsi, environ 9% des jeunes âgés de 11 à 13 ans qui passaient une heure par jour avec des écrans ne souhaitaient pas apprendre de nouvelles choses, contre 13,8% qui ont passé quatre heures à l'écran et 22,6% qui ont passé plus de sept heures avec des écrans.

Tous les âges sont concernés puisque parmi les adolescents de 14 à 17 ans, 42,2% de ceux qui passaient plus de sept heures par jour à l'écran ne terminaient pas leurs tâches, contre 16,6% pour ceux passant une heure par jour et 27,7% pour ceux qui travaillaient pendant quatre heures à l'écran.

Une solution : la modération

Pour les chercheurs, il est indispensable de modérer le temps passé par nos enfants devant les écrans : pas plus de deux heures par jour, quel que soit leur âge et pas d’écrans avant l’âge de 3 ans.

En termes de prévention, ils concluent aussi qu’il est particulièrement important d’établir les causes et les conséquences d’un faible bien-être psychologique chez les enfants et les adolescents. La moitié des problèmes de santé mentale se développent à l'adolescence. Il est donc absolument nécessaire d'identifier les facteurs liés aux problèmes de santé mentale susceptibles d'intervention dans cette population, car la plupart des antécédents sont difficiles, voire impossibles à influencer. Et le temps passé devant les écrans doit impérativement être compris parmi ces facteurs. Par rapport à ces antécédents plus difficiles à résoudre en matière de santé mentale, la manière dont les enfants et les adolescents passent leur temps libre est plus susceptible de changer.


Plus de deux heures par jour d’écrans augmenterait le risque d’hypertension chez les enfants

Une équipe des chercheurs de l’Université de Saragosse et de Sao Paulo ont mené une étude, publiée dans la revue International Journal of Cardiology de novembre 2014, soulignant désormais l’effet d’une surconsommation d’écrans chez l’enfant sur le risque d’hypertension.

Cette étude s’appuie sur la cohorte d’IDEFICS (Identification and Prevention of Dietary- and Lifestyle-induced Health Effects in Children and Infants), impliquant 8 pays européens, avec près de 5200 enfants âgés de 2 à 10 ans.

Selon l’analyse conduite sur 2 ans, l’incidence cumulée de tension artérielle élevée est très importante dans cette population: 110 sur 1000 individus. Les auteurs ont calculé que la présence devant un écran – télévision, ordinateur, console – pendant plus de 2 heures d’affilée augmente le risque relatif de développer une hypertension de près de 30%. Des chiffres inquiétants car ils confirment non seulement que la sédentarité est fréquente aujourd’hui chez l’enfant et cette consommation d’écrans prédispose à des complications plus tard dans la vie, dont l’hypertension.

Pour contrecarrer ce phénomène, les auteurs préconisent la pratique d’une heure d’activité physique par jour chez l’enfant et la limitation des écrans à moins de 2 heures par jour. Et pour étayer ces recommandations, ils prennent pour point d’attention leur observation d’une augmentation du risque d’hypertension de 50% chez les enfants n’atteignant pas cet objectif quotidien.


L’exposition aux appareils numériques modifient la structure et le fonctionnement du cerveau des enfants




Des chercheurs de l’Université d’éducation de Hong Kong, de l’Université normale de Shanghai en Chine et de l’Université Macquarie en Australie ont effectué une analyse de 33 études utilisant la technologie de neuro-imagerie pour mesurer l’impact de la technologie numérique sur le cerveau des enfants de moins de 12 ans, publiée dans la revue Early Education and Development en novembre 2023.

Une revue de 23 années de recherche en neuro-imagerie indique que le temps passé par les enfants à regarder la télévision ou à jouer à des jeux informatiques peut avoir des effets significatifs et durables sur leur fonction cérébrale. Cette recherche met en évidence à la fois les impacts négatifs et positifs.

Les données de 33 études de neuro-imagerie réalisées entre 2000 et 2023 ont été regroupées

Les 33 études de neuro-imagerie analysées par les chercheurs regroupent les données de plus de 30.000 participants. Les chercheurs se sont principalement concentrés sur les enfants âgés de 12 ans et moins. Ils ont d’abord cherché les études pertinentes dans les bases de données de recherches publiées en ligne.

Les chercheurs préviennent que l’échantillon de leur étude est de petite taille puisque seulement 33 études ont été faites en deux décennies. Cette petite taille d’échantillon pourrait être due au fait que ce sujet est nouveau et émergent, et que les technologies de recherche évoluent également. Ils ont néanmoins remarqué que le cerveau des enfants est de plus en plus impacté au fil des ans, ce qui correspond à la croissance de l’utilisation des écrans depuis 2000.

Les enfants qui ont participé à ces études consommaient différents types de médias numériques de manière passive comme la télévision ou activement avec les applications sur les smartphones. Viennent ensuite les jeux vidéo en deuxième position. Les tablettes, les liseuses électroniques, l’utilisation d’Internet, le montage vidéo et la réalité virtuelle sont aussi inclus dans certaines des 33 études.

Les compétences cognitives impactées par le temps passé devant les écrans

Au total, trois conclusions majeures ont été tirées de cette étude. La première est que l’exposition aux appareils impacte à la fois la structure et la composition du cerveau des plus jeunes, mais ce n’est pas toujours négatif. La deuxième conclusion est que certaines régions du cerveau sont davantage touchées que d’autres. Enfin, cette étude indique que les changements dans le cerveau semblent persister à long terme.

En ce qui concerne les régions du cerveau les plus touchées, les chercheurs notent que la zone la plus vulnérable est le cortex préfrontal et sa fonction exécutive associée. Cela correspond aux compétences cognitives de haut niveau telles que la résolution de problèmes, la planification, la prise de décisions, la mémorisation d’informations, etc.

Certaines recherches prouvent que le temps passé devant les écrans impacte négativement les fonctions cérébrales comme l’attention et la cognition. Les connexions qui permettent aux différentes zones du cerveau de communiquer sont aussi touchées. Plus précisément, les jeux vidéo pourraient causer une diminution du volume cérébral. L’utilisation de tablettes chez les enfants pourrait avoir un effet négatif sur le fonctionnement cérébral et la résolution de problèmes.

Les écrans et les jeux vidéo ont aussi du positif pour le cerveau des enfants

Tous les résultats ne sont pas négatifs. Certaines recherches publiées ces dernières années ont également trouvé des aspects positifs liés à l’utilisation des écrans. Ces derniers peuvent effectivement améliorer le développement des enfants, notamment en ce qui concerne leur concentration et leur apprentissage. Une étude spécifique affirme ainsi que les jeux vidéo peuvent améliorer les compétences cognitives et les fonctions exécutives.

En fin de compte, cette étude ne noircit pas complètement le tableau. Les écrans peuvent incontestablement avoir un effet négatif sur le développement du cerveau, mais ils peuvent également apporter des bienfaits. Selon les chercheurs la solution n’est pas forcément de limiter le temps passé devant les écrans. Cela risque en plus de causer des conflits avec ses enfants. Des stratégies plus innovantes, conviviales et pratiques pourraient être développées et mises en œuvre. Ils suggèrent que l’utilisation du numérique par les enfants devrait être mieux encadrée. Les adultes devraient aussi recevoir un soutien et des conseils appropriés.

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Les résultats de ces études confirment qu'un temps d'écran excessif peut avoir des conséquences sur le développement des enfants, et que plus les enfants de moins de 3 ans passent de temps devant des écrans, plus ils risquent d'avoir des retards dans le développement du langage et de la parole.

La communauté médicale (pédiatres, neuro-pédiatres, psychologues et orthophonistes) déconseille tous les types d'écrans avant l'âge de 3 ans, mais les téléphones portables et les tablettes sont encore plus nocifs car l'adulte perd le contrôle de ce que l'enfant regarde. Dans le cas de la télévision, il est plus facile de les surveiller et surtout d'interagir avec eux.

Entre 3 et 6 ans, il est conseillé d'introduire des contenus éducatifs et un maximum d'une heure de télévision ou d'appareils électroniques par jour.

Priver les enfants de l'accès aux écrans n'est pas la solution, car ils font partie de notre vie quotidienne ; de plus, une bonne utilisation des écrans peut être positive, et peut également les aider dans leur apprentissage :

* l’amélioration des réflexes,
* la coordination visuo-motrice,
* la résolution de problèmes,
* le raisonnement logique,
* l'orientation dans l'espace et de la stratégie.

Sans vouloir être alarmiste, mais en faisant appel à la réflexion et au bon sens, il est important de s'informer et d'essayer d'appliquer une utilisation modérée et responsable. Nous devrions doser le temps et l'utilisation des appareils technologiques, ainsi que la sélection de contenus ludiques et éducatifs, en les accompagnant toujours et sous surveillance numérique au moins jusqu'à l'âge de 6 ans.

Nous savons que les trois premières années sont fondamentales pour le développement de la parole et du langage, et que cela s'apprend en interagissant avec d'autres personnes. Les écrans ne remplacent pas cette interaction personnelle.

Passer plus de temps avec les enfants, interagir avec eux, lire des histoires, parler, jouer, faire n'importe quelle activité de loisir en dehors de la maison, et même utiliser des appareils technologiques ensemble, contribuera à renforcer leurs compétences linguistiques et à améliorer leur vocabulaire :

* Rechercher des programmes éducatifs de haute qualité, ceux qui s'adressent directement aux enfants sont utiles pour apprendre de nouveaux mots et de nouveaux sons.

* Diriger l'attention sur un contenu spécifique et poser des questions ouvertes sur ce qu'ils regardent, ce qui se passe et renforcer les concepts pour stimuler leur apprentissage.

* Utiliser les appareils pour discuter par vidéo avec la famille, les amis et les camarades de classe. Utiliser ces connexions sociales pour encourager l'expression verbale. Même les enfants de moins de 18 mois peuvent profiter de ces moments pendant un certain temps.

Ne pas interdire mais accompagner l’usage des écrans

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif. Même chez les bébés de moins de trois ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans.

On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition passive, comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques.

Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'auto-réguler. Quant aux jeux vidéo en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois pathologiques, ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.


Comment protéger ses enfants d’un usage excessif ?

Les écrans ne sont pas mauvais par nature. C’est leur usage qui peut l’être. L’enjeu n’est donc pas de les bannir mais d’apprendre à nos enfants à les gérer en fixant dès leur plus jeune âge des règles de bon usage. Ces règles doivent bien sûr être définies à la maison, par les parents, mais elles doivent aussi être enseignées à l’école.

Certains conseils peuvent aider les parents dans leur rôle d’éducation au bon usage des écrans :

* Limiter le temps d’exposition aux écrans. L’enjeu n’est pas de définir un temps limite de façon autoritaire et unilatérale mais d’impliquer l’enfant dans un processus d’autorégulation afin de le rendre autonome et de limiter ses risques de perte de contrôle à l’âge adulte. Serge Tisseron suggère ainsi aux parents d’inciter leurs enfants, dès l’âge de 9 ans, à reporter dans un petit carnet le temps passé devant les écrans. L’avantage est que cela permet à l’enfant de prendre conscience du temps réel passé devant les écrans car ce temps est souvent sous-estimé.

* S’intéresser à la pratique numérique de ses enfants en engageant avec eux un dialogue et en les accompagnant dans leurs découvertes. Cela consiste à parler avec eux de ce qu’ils découvrent à travers les écrans pour les aider à développer leur intelligence narrative. Mais il s’agit aussi de les accompagner dans le choix des programmes et jeux. Le plus grand danger est de laisser un enfant seul face aux écrans.

* Utiliser les écrans pour développer leur créativité en orientant ses enfants vers des activités de création – apprendre à dessiner, à faire des photographies, des origamis…

* Donner le bon exemple en s’imposant également une autodiscipline : comment expliquer à ses enfants la nécessité de s’auto-réguler si l’on est soi-même suspendu en permanence à son téléphone ou à sa tablette ? Pensez à vous déconnecter le soir à la maison, ou à table en famille, pour votre bien et celui de vos enfants. On sait en effet que le développement d’un enfant se structure autour de ses capacités d’imitation et d’attention à l’autre. Si ses parents sont captivés par leur téléphone, il aura tendance à s’y intéresser également. De même, manipuler son téléphone tout en s’occupant de son enfant, contribue à appauvrir les échanges avec celui-ci.

Il est indispensable de fixer un cadre et de définir des limites adaptées à chaque période de la vie. De même que la diversification alimentaire doit se faire en douceur, l’introduction des écrans dans la vie des enfants doit se faire de façon progressive en tenant compte des besoins propres à chaque âge.

Avant 3 ans : évitez la télévision et les écrans non interactifs car ils contribuent à renforcer la passivité des jeunes enfants et à les éloigner de ceux dont ils ont fondamentalement besoin à cet âge : interagir avec leur environnement en utilisant leurs sens – toucher, voir, entendre, bouger… Les tablettes tactiles, interactives par nature, peuvent être introduites mais ne doivent en aucun cas se substituer aux jeux traditionnels ni être manipulées par les enfants sans accompagnement.

A partir de 3 ans : la télévision peut être introduite mais avec modération. Elle ne doit en particulier pas être placée dans la chambre de l’enfant, les programmes doivent être choisis avec les enfants, en respectant les âges recommandés sur les programmes et la durée d’exposition doit être fixée au préalable.

Entre 3 et 6 ans : n’offrez pas de console de jeu personnelle à votre enfant. Evitez également de placer un ordinateur ou un poste de télévision dans la chambre de votre enfant. Limitez le temps d’écran en fixant des règles claires sur le moment durant lequel ils peuvent être utilisés et la durée d’utilisation. Privilégiez le jeu à plusieurs ou en famille plutôt que de laisser votre enfant seul face à son écran, au risque que son attitude devienne compulsive et qu’il se réfugie dans les écrans pour fuir le monde réel.

Entre 6 et 9 ans : fixez un temps d’écran autorisé et laissez la liberté à l’enfant de le répartir comme il le souhaite. Veillez à ce qu’il continue à consacrer du temps à des activités hors écrans. Commencez à lui parler de la notion de droit à l’image et de droit à l’intimité.

A partir de 9 ans : initiez votre enfant à Internet. Accompagnez-le dans cette découverte et expliquez-lui les dangers d’Internet en insistant notamment sur le fait que tout ce qui est mis sur le web peut tomber dans le domaine public, ne peut pas être effacé et n’est pas nécessairement vrai. Continuez à fixer une durée autorisée en laissant l’enfant la répartir comme il souhaite entre les différents écrans. Informez-le de l’âge à partir duquel il pourra disposer de son propre téléphone portable.

Après 12 ans : vous pouvez laisser votre enfant naviguer seul sur le web à condition qu’il ait bien intégré les risques liés à cette pratique et que vous définissiez un cadre : fixez ensemble les moments de connexion autorisés, en évitant les connexions nocturnes et illimitées depuis sa chambre. Informez-le sur les dangers de la pornographie et du harcèlement, discutez avec lui de ce que la loi autorise en terme de téléchargement, apprenez-lui à respecter la signalétique PEGI (Pan European Game Information) qui attribue à chaque jeu un âge spécifique.



Dans un monde où les parents passent bien plus de 30 minutes par jour devant l'écran de leur téléphone 
– que ce soit pour le travail ou pour de simples loisirs – le défi parental consistant à trouver l'équilibre 
entre le divertissement technologique des enfants et leur développement intellectuel,
 représente probablement l'un des plus grands défis de notre époque


Voir aussi…

samedi 7 janvier 2017

Les Enfants et les Adolescents Ont Besoin de Sommeil



Les troubles du sommeil de l’enfant agissent sur l’activité cérébrale 
et peuvent donner lieu à des problèmes de comportement et d’échec scolaire


Sans sommeil, les neurones peuvent devenir si faibles en énergie ou tellement  pollués par les produits dérivés des activités cellulaires normales qu’ils commencent à mal fonctionner. Le sommeil peut aussi donner au cerveau une chance d’exercer d’importantes connexions neuronales qui autrement pourraient se détériorer à cause d’un manque d’activité.

Le sommeil profond correspond à la sécrétion de l’hormone de croissance chez les enfants et les adolescents.  Plusieurs  cellules du corps augmentent leur production et leurs protéines pendant le sommeil profond.


Troubles du sommeil chez les enfants

Un enfant qui ne dort pas assez, ou qui dort mal, qui a un manque de sommeil est un enfant qui ne parvient pas à restaurer ses ressources et qui aura d’importantes difficultés à mener à bien les activités de la journée. L’enfant, a des besoins en sommeil très importants pour achever le développement de son système nerveux.

Les troubles de l’attention et de la concentration sont également les conséquences fréquentes d’un trouble du sommeil ou d’un manque de sommeil.

Les troubles du sommeil des enfants pendant la nuit peuvent se manifester dés le plus jeune âge et peuvent aussi parfois inquiéter les parents. Angoisses, terreurs nocturnes, cauchemars, peur du noir, somnambulisme… l’enfant peut être touché par ce type de trouble du sommeil.

Quelques chiffres sur les troubles du sommeil chez l’enfant :

* 1 à 3% des jeunes enfants de moins de 6 ans ont un syndrome de l’apnée du sommeil.
* Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% présentent des troubles du sommeil des enfants.


Les causes principales des troubles du sommeil des enfants


* Des infections ou des troubles digestifs.
* Un mauvais respect du rythme naturel de l’enfant ou encore des horaires irrégulières : contraintes horaires des parents, conditions d’endormissement.
* Des difficultés à l’école ou dans la famille.
* Des problèmes de relations entre l’enfant et les parents.


Caractéristiques des principaux troubles du sommeil des enfants


L’enfant :

* a du mal à rester longtemps attentif,
* à diriger toutes ses facultés vers un même objet,
* à l’école, il va avoir tendance à décrocher, à ne pas suivre l’intégralité de la leçon, ou à laisser son esprit vagabonder.

Certains jeunes enfants ont parfois l’air un peu obnubilé, le regard vague, s’attachant habituellement à des tâches réservées à des plus petits qu’eux. Un enfant de 2 ans va ainsi rester assis au lieu d’explorer la pièce.

Ces comportements font souvent l’objet d’un signalement par les professionnels de la crèche ou de école, l’enfant ayant des difficultés à s’intégrer aux activités avec les autres. Le manque de sommeil sera souvent détecté par les structures qui accueillent l’enfant.

Les terreurs nocturnes et surtout les cauchemars sont des troubles du sommeil chez les enfants assez courants.

Les terreurs nocturnes


Si l’enfant semble très perturbé en pleine nuit, pendant son sommeil, il est possible qu’il ne soit pas en train de faire un cauchemar banal; il est probablement en train de vivre quelque chose de plus sérieux : les terreurs nocturnes.

Les terreurs nocturnes vont se produire plutôt au début de la nuit pendant le sommeil profond. A la différence des cauchemars, l’enfant reste endormi, il n’est pas réveillé. C’est un trouble du sommeil chez les enfants qui passe assez rapidement et l’enfant ne s’en souviendra même pas le lendemain et il est conseillé de ne pas lui en parler.

Il ne faut pas confondre les terreurs nocturnes et les cauchemars.

Les cauchemars


A l’inverse, les cauchemars surviennent plus tard dans la nuit pendant le sommeil paradoxal. C’est dans cette phase du sommeil que le cerveau est en pleine activité, avec notamment la construction des rêves  et des cauchemars aussi.

Pendant ce trouble du sommeil des enfants, il faut rassurer l’enfant qui est réveillé, surtout s’il a du mal à s’endormir ou s’il se met à pleurer. Le lendemain, on peut lui en parler avec des mots simples.

Il n’est pas rare que l’enfant se souvienne de ses rêves et de ses cauchemars. il s’agira simplement de le rassurer mais si les cauchemars surviennent régulièrement et sont plus intenses, cela peut être le signe d’une anxiété plus importante.

Le somnambulisme


Le somnambulisme est en général observé chez les enfants de 3 à 10 ans. C’est un trouble du sommeil des enfants  particulièrement handicapant dans la vie de tous les jours. Cette pathologie d’origine neurologique est assez fréquente chez les enfants, plus rare chez les adultes.


Fatigue suite à un manque de sommeil


La fatigue est bien sûr un symptôme courant à la suite de troubles de sommeil récurrents. L’enfant :

* est plus fatigable,
* il ne veut pas marcher au parc,
* n’a pas la force d’aller jouer dans la cour de récréation,
* il s’endort n’importe où, n’importe quand, la tête sur sa table en classe ou dans le canapé du salon alors que ce n’est pas l’heure de se coucher.


Le manque de sommeil peut provoquer de l’hyperactivité


L’une des conséquences fréquentes des troubles du sommeil est aussi l’hyperactivité. Cela peut sembler paradoxal, mais un enfant qui est en manque de sommeil est souvent agité, il compense son épuisement et l’angoisse liée à l’endormissement par des manifestations bruyantes et parfois dangereuses.

Il se peut par exemple :

* qu’il pousse de cris perçants, même à un âge avancé, ce qui est rapidement insupportable par son entourage.
* il courre, il glisse, saute dans l’appartement,
* sollicite l’adulte à tout propos,
* et passe très rapidement du rire aux larmes.

Il peut avoir également des comportements dangereux, comme escalader des fauteuils ou tirer la nappe d’une table au risque de faire tomber une lampe sur la tête.

Ces attitudes épuisantes pour lui comme pour les parents visent essentiellement à attirer l’attention de ces derniers, et manifestent une lutte effrénée contre l’angoisse liée à l’abandon qu’implique l’état de sommeil.

Ces enfants restent hyperactifs comme pour résister au sommeil, pour ne pas y céder tant ils en ont peur.



Un manque de sommeil provoque de l’irritabilité


Un enfant en manque de sommeil est très irritable. C’est une indication possible pour repérer un trouble du sommeil non aperçu. Nourrisson il pleure, s’agace facilement, refuse de se laisser manipuler.

Plus grand, il se montre intolérant à la frustration, jette les objets ou s’énerve pour un rien.

Suite à ce manque de sommeil, la fatigue qu’il ressent le rend plus vulnérable, il a du mal à réguler les tensions du quotidien, et le moindre problème l’irrite.

C’est un phénomène qu’on observe aisément lorsqu’un enfant de 2 ou 3 ans n’a pas fait sa sieste, et qu’en fin de journée il se montre insupportable. Le manque de sommeil lui rend très difficile :

* le contact avec autrui,
* l’attention que demande une relation,
* des échanges,
* et il va s’énerver à tout propos.


Agir suite à un manque de sommeil chez l’enfant


De la grande fatigue à l’extrême agitation, les répercussions d’un trouble du sommeil ou d’un manque de sommeil sont donc très variées.

Pour la famille et l’entourage, de telles manifestations sont rapidement intolérables. L’enfant qui ne se concentre pas a l’air de ne pas écouter ce qu’on lui dit, d’être détaché de tout.

Il est important de comprendre qu’un tel comportement marque une souffrance chez l’enfant, et que celui-ci exprime par là une difficulté.

Il ne faut pas hésiter à demande de l’aide, auprès des structures de crèches ou d’écoles élémentaires par exemple, pour savoir ce qu’elles ont repéré, ou auprès des centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour un enfant plus jeune.


Le sommeil à l’adolescence

A l’adolescence, le sommeil est souvent négligé. Les adolescents finissent par entasser des dettes de sommeil qui détériorent leurs conditions sportive et intellectuelle, et entravent leur réussite scolaire.

Les modifications du cycle du sommeil à l’adolescence


Les adolescents ont bien souvent la réputation de se coucher trop tard, et de s’endormir en classe. Des analyses récentes prouvent que les habitudes de sommeil à l’adolescence diffèrent vraiment des adultes ou des plus jeunes.

Ces études prouvent que, au cours de l’adolescence, le sommeil est modifié : le rythme circadien du corps est pendant le temps de l’adolescence prévu pour s’endormir plus tard et se réveiller plus tard.

Les changements dans les cycles du sommeil. Le sommeil, qui se compose de deux phases, est perturbé à l’adolescence : le sommeil lent, plus réparateur, a tendance à diminuer alors que le sommeil paradoxal, celui des rêves, reste constant.

Cette modification parait être dû au fait que la mélatonine, hormone du sommeil, fabriqué par le cerveau, est produite plus tard à l’adolescence que pour les enfants et les personnes majeures. Il en résulte un endormissement plus tard dans la soirée. C’est cette hormone indique au corps humain le moment de dormir. Or, chez l’adolescent, ces sécrétions sont décalées. Alors que chez les adultes et les enfants, le corps la libère en début de nuit, celui des adolescents la déclenche en fin d’après-midi ou tard le soir.

À l’âge de l’adolescence, la température du corps chute plus tard dans la soirée. Or, la température corporelle doit baisser légèrement pour provoquer un endormissement.

Il est tout à fait normal que le sommeil soit troublé à l’adolescence puisque qu’un adolescent se couche plus tard car ses rythmes sont décalés. La tendance s’inversera tout doucement lorsqu’il arrivera à l’âge adulte et il retrouvera un rythme de sommeil normal.


Le sommeil à l’adolescence perturbé par une surcharge de travail et d’activités


Les adolescents ont énormément de contraintes scolaires et environnementales. Ils apprécient partir, se distraire, regarder la télévision, autant d’intérêts qu’ils exercent la plupart du temps à l’adolescence à défaut de leur sommeil ou au moment normalement réservé à leurs devoirs.

Face à une réduction d’influence parentale typique à l’adolescence, ils s’organisent eux-mêmes pour leur emploi du temps. Les contraintes scolaires les imposent à veiller tard le soir, autrement, ils consacrent toujours plus de moments aux inédites technologies : ordinateur, internet, téléphones et Texto, consoles de jeux vidéo, télévision.

Ordinateurs, tablettes tactiles, portables, Smartphones perturbent à ‘l’adolescence leur sommeil par les écrans.

A l’adolescence, le sommeil n’est pas une priorité. Ils connaissent mal l’utilisation du rythme veille/sommeil et le rôle important du sommeil pour une bonne récupération. Résultat, les horaires, la qualité et quantité de sommeil à l’adolescence ne sont pas en adéquation pour avoir une bonne condition sportive et intellectuelle adéquate pour leur scolarité.

Leurs facultés d’apprentissage, leur concentration diminuent, tandis qu’ils deviennent somnolents la journée, à la maison et/ou en classe, voire déprimés.


Conseils pour aider les adolescents dans leur sommeil


Si on constate que l’adolescent souffre de réelles insomnies durant la nuit, il faudra consulter un médecin. En effet, la dépression peut être la raison de ces troubles du sommeil et discuter avec un professionnel de santé aidera à éclaircir la situation.

* Sur l’heure pour s’endormir. Même si ce n’est pas toujours facile, tenter d’ouvrir le dialogue avec l’adolescent. La principale cause de l’insomnie est l’angoisse. Le lycée, les études, l’argent, l’amitié et l’amour. Sa tête est toujours en proie aux doutes, au stress et aux  questions et tout cela peut l’empêcher de trouver le sommeil une fois la nuit venue.

* Pour aider l’adolescent à récupérer un rythme de sommeil plus sain. Lui conseiller de se coucher quinze à vingt minutes plus tôt que d’habitude, chaque soir. Pour réapprendre peu à peu à se coucher tôt pendant la semaine, oublier les grasses matinées excessives le week-end et tout particulièrement le dimanche matin.

* Console de jeux vidéos, télévision et internet sont à éviter quand l’heure de se coucher approche le soir venu, diminuer l’intensité de la lumière et créer une ambiance plus tamisée.

* Éviter le café, sodas, alcool, boissons énergétiques ou très sucrées. Toutes ces substances, généralement riches en caféine, empêchent de dormir et peuvent dérégler le sommeil. Alors après 17h, interdiction de les consommer.

* Pour qu’il soit fatigué le soir venu, l’encourager à pratiquer une activité sportive après l’école. Du foot, du tennis ou bien de la gym, le sport le fatiguera et lui permettra de s’endormir plus facilement une fois la nuit venue.

D’autre part, de nombreuses méthodes douces et alternatives existent pour aider les adolescents à trouver le sommeil. L’homéopathie, la phytothérapie ou bien les remèdes de grand-mère pourront peut-être suffire.

Toutefois, il ne faut pas oublier que pour le sommeil à l’adolescence, on a encore besoin de beaucoup de sommeil pour sa croissance. Il est donc nécessaire de trouver un compromis avec lui.

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Surpoids et hyperactivité de l'enfant induits par un manque de sommeil


Une étude de l’université Montréal, présentée au symposium ELDEQ (Étude longitudinale du développement des enfants du Québec) en 2008, révèle que plus d'un quart (26%) des petits de deux ans et demi qui dorment moins de 10 heures par nuit sont en surpoids à l’âge de 6 ans. En revanche, la proportion ne dépasse pas 15% chez les enfants qui dorment 10 heures par nuit et tombe même à 10% chez ceux s'offrant des nuits de 11 heures. L’étude a été menée sur 1.138 enfants de 2 à 6 ans.

Cette augmentation du risque de surpoids chez les enfants qui dorment trop peu aurait une explication hormonale. Lorsque nous dormons moins, nous produisons plus de ghreline, une hormone secrétée par l’estomac et qui stimule l’appétit.

L'étude démontre également que la sieste ne remplace pas le temps de sommeil nocturne perdu. En effet, les enfants qui dorment moins la nuit ont aussi tendance à faire des siestes plus courtes.

La même étude montre aussi que le manque de sommeil est lié à l'hyperactivité de l'enfant. Parmi les sujets dormant moins de 10 heures à l’âge de deux ans et demi, 22% étaient hyperactifs à six ans, soit deux fois plus que le taux observé chez ceux qui dormaient 10 ou 11 heures par nuit.

C'est bien le manque de sommeil qui induit l'hyperactivité, et non l'inverse. Contrairement à l'effet produit chez l'adulte, une nuit trop courte provoque chez l'enfant, en général, un état d'excitation plus grand.


Les nuits tardives épuisent la puissance cérébrale des enfants


Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Londres, publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health en juillet 2013, les enfants qui vont au lit à des heures irrégulières ou après 21 heures ont tendance à se dégrader en lecture et en mathématiques.

Plus de 11.000 enfants ont participé à une étude longitudinale qui a révélé des horaires de sommeil irréguliers et de fréquentes nuits tardives, ce qui a entraîné une détérioration des performances des tests de lecture et des capacités mathématiques. L'étude a examiné les enfants à trois ans, cinq ans, et sept afin de suivre leur rendement scolaire par rapport à leurs bedtimes. Les filles qui ne se couchaient pas régulièrement ont montré un plus grand préjudice à leur performance globale que les garçons.

Selon les chercheurs les routines semblent vraiment être importantes pour les enfants. De facteurs externes tels que les ménages instables et les familles peuvent conduire à de mauvaises performances.

Les enfants qui avaient des ménages moins stables tendent à être moins favorisés socialement et regardent souvent la télévision tard dans la nuit, tandis que les enfants dont les familles ont une structure plus rigide lisent souvent avant d’aller au lit.

Quand un enfant ne reçoit pas le bon sommeil à intervalles réguliers chaque nuit, la capacité de son cerveau de stocker de nouvelles informations devient affaiblie.

Bedtimes erratiques étaient les plus courantes à l'âge de trois ans, quand environ un sur cinq des enfants sont allés au lit à divers moments. À l'âge de sept ans, plus de la moitié des enfants allaient au lit régulièrement entre 19 h 30 et 20 h 30.

Lorsque la fonction cérébrale est en jeu, il est probablement préférable d'établir un bon rythme de coucher au début de l'enfance.


Le manque sommeil bloque irréversiblement la plasticité du cerveau


Étude publiée par des chercheurs de la New York University et de l'Université de Pékin dans la revue Science en juin 2014.

Les travaux des scientifiques américains et chinois, menés sur la souris, autorisée ou privée de sommeil, montrent l’impact d’une privation sur la formation de nouvelles dendrites, les portes d'entrées des neurones qui traitent et relayent l'information d'un neurone à l'autre. Alors que la formation de nouvelles dendrites est associée à l'apprentissage et à la plasticité du cerveau, le rôle essentiel du sommeil sur ces nouvelles connexions est à nouveau confirmé et documenté.

Les chercheurs ont entraîné des souris à exécuter une tâche – marcher sur une tige –, puis, certaines ont été autorisées à dormir après, d’autres ont été privées de sommeil. Les cerveaux des souris ont ensuite été examinés pour voir comment le sommeil pouvait influencer les connexions entre les cellules nerveuses dans le cerveau.


Le manque de sommeil accroîtrait les risques d'obésité


Des chercheurs de l’hôpital St Luke’s – Roosevelt et de l’Université de Columbia de New York, dont les résultats ont été présentés lors d'une réunion de l'Association nord-américaine pour l'étude de l'obésité en 2004, ont étudié l’activité cérébrale de personnes privées de sommeil regardant des images de nourriture saine et de nourriture de mauvaise qualité – trop grasse, trop sucrée ou trop salée.

25 hommes et femmes de poids normal ont participé à cette expérience de cinq jours. Les scientifiques ont comparé les résultats de scans du cerveau pris après des nuits de quatre heures avec ceux de scans pris après des nuits normales allant jusqu’à neuf heures de sommeil ininterrompu. Ils ont observé que les deux types de nourriture – saine ou malsaine – activaient des régions différentes du cerveau et que les régions du cerveau associées à l’envie de malbouffe étaient plus actives en cas de restriction du sommeil.

Les chercheurs ont trouvé que la vue d’images de nourriture de type junk food stimule davantage certaines zones du système de récompense du cerveau chez les personnes privées de sommeil. Le système de récompense ou système de renforcement fait partie des centres du plaisir du cerveau : il fournit la motivation nécessaire à la réalisation d’actions et de comportements alimentaires notamment.

Ces résultats suggèrent que les personnes succombent plus facilement à la tentation de consommer des aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés lorsqu’elles n’ont pas dormi assez longtemps. Ils confirment le lien entre manque de sommeil et surpoids.

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Le temps de sommeil nécessaire varie considérablement d’une personne à l’autre. Il diminue généralement à mesure que l’on avance en âge. Le nourrisson dort presque tout le temps entre ses repas, les enfants ont besoin de dix à douze heures de sommeil par jour et les adultes, de six à neuf heures.

Le sommeil permet la récupération de la fatigue physique et nerveuse accumulée dans la journée ; il favorise la croissance, le renouvellement cellulaire et le maintien d’innombrables autres fonctions essentielles de l’organisme. Un sommeil de qualité aide aussi à conserver le poids d’équilibre.

Le manque de sommeil, le travail de nuit et les décalages horaires peuvent provoquer des dérèglements de notre horloge biologique et des modifications de notre métabolisme. Par ailleurs, un excès de fatigue constitue un obstacle au bon déroulement de la digestion des aliments, ce qui peut avoir des répercussions sur le stockage des graisses.

Moyens naturels pour améliorer la qualité du sommeil


Mais avant tout, il faut tenter de prendre certaines bonnes habitudes. Par exemple, ne pas prendre le dernier repas de la journée trop tard – au plus tard deux heures avant de vous coucher – et éviter les repas du soir trop lourds ou trop arrosés. Éviter le café et le thé en soirée et même à partir de 15 heures si on a des difficultés à s’endormir et prendre plutôt une tisane avant de se mettre au lit.

Un peu d’exercice avant le coucher – une promenade digestive ou de la gymnastique douce, par exemple – peut aider à dormir. Un effort physique trop intense juste avant d’aller au lit stimulera et empêchera de dormir.

Ne pas passer pas trop de temps devant l’ordinateur ou la télévision en soirée car cela peut engendrer nervosité et agitation, peu propices au sommeil de qualité.

Diverses techniques de relaxation – respirations profondes, méditation, auto-massages – peuvent aider à mieux dormir en réduisant les tensions et les pensées négatives ou obsessionnelles. Les médecines douces – phytothérapie, homéopathie, acupuncture – offrent également diverses solutions.

Les remèdes de grand-mère pour un bon sommeil sans somnifère


Un verre de lait. Grâce aux effets apaisants du tryptophane, le lait chaud facilite le sommeil. A prendre tranquillement au coucher, juste avant de s’endormir.
Une infusion de plante. Réputées pour leurs vertus soporifiques, la camomille, le tilleul ou à la fleur d'oranger  sont des valeurs sures.
Un bain. Rien n'est plus relaxant qu'un bain moussant tiède qui conditionne avant le coucher en facilitant la détente.
La lavande. C'est une plante bienfaitrice, très relaxante. Déposer un sachez de lavande sous l’oreiller ou quelques gouttes d'huile essentielle dessus.
Des fruits. Certains fruits, comme la banane ou la pomme favorisent la détente car elles contiennent l'acide aminé le tryptophane.
L’améthyste. Cette pierre semi-précieuse apaiserait les problèmes d’insomnie. A placer sous l’oreiller.